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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 29 septembre 2011 38 minAutoproduitFond programmatiqueÉducation & rechercheInstitutions & électionsSolidarités & familleImmigration & asile

Marine Le Pen : « Comment redresser l'école de la république ? »

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:36Invité politiqueChiffre
    « Quand 200 écoles maternelles fournissent 95% des élèves admis en grandes écoles, comme c'est le cas aujourd'hui en France, il y a effectivement un très grave problème. »
  • 23:18Invité politiqueChiffre
    « La France enregistra en particulier en mathématiques la plus forte baisse des scores obtenus au sein de l'OCDE depuis dix ans, je l'ai dit. »
  • 26:59Invité politiqueChiffre
    « arrivant en sixième près de 20% d'élèves qui ne maîtrisent pas les savoirs de base et notamment la langue française »
  • 28:49Invité politiquePromesse
    « je refuserai tout contrôle continu en lieu et place du baccalauréat »
  • 30:50Invité politiqueFait
    « en dehors de Marine Le Pen plus personne ne défend la laïcité au sein de la gauche »
  • 35:33Invité politiquePromesse
    « on rétablira d'un coup de baguette magique les 70 000 postes supprimés »
  • 35:58Invité politiqueFait
    « à mettre fin à l'absurde règle du 1 sur 2 »
  • 36:04Invité politiquePromesse
    « on remplacera à partir de la rentrée 2012 l'ensemble des départs à la retraite »
  • 36:55Invité politiqueFait
    « les inspecteurs ne doivent pas être les courroies de transmission de toutes les dérives nuisibles de l'école »
  • 37:11Invité politiqueFait
    « je pense à l'inspection des enseignants fondée sur l'évaluation des élèves et la formation continue des professeurs »

Temps de parole

  • Marine Le Pen100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Marine Le Pen

Bien, chers amis, je suis évidemment très heureuse de conclure ce deuxième colloque organisé par IDN qui démontre que le débat est bien de chez nous et que mois après mois, semaine après semaine, nous engageons un dialogue de plus en plus fructueux avec la société civile. J'en profite pour saluer chaleureusement les milliers d'internautes qui, une nouvelle fois, peuvent nous suivre en direct sur la toile. Désolée, Paul-Marie. Ça sert quand même un peu de temps en temps.

Il me revient donc la lourde charge de conclure cet après-midi de débats après toutes ces interventions que, personnellement, j'ai trouvées, comme vous, de très grande qualité et qui nous ont, cet après-midi, qui nous a permis de voir toute l'étendue du sujet que nous traitons aujourd'hui, l'école. Marie-Christine Arnautu l'a dit, nous ne parlons pas, nous n'avons pas parlé de l'université de l'enseignement supérieur aujourd'hui parce que je crois qu'effectivement, c'est un sujet à part qui recouvre trop de problématiques pour ne pas faire l'objet d'un traitement particulier. Alors, bien sûr, je remercie l'ensemble des intervenants pour leurs excellentes contributions.

Un petit salut particulier à Bertrand Duteil de La Rochère, récemment venu d'une autre rive, comme on dit, celle des amis de Jean-Pierre Chevènement. Applaudissements dont, Jean-Pierre Chevènement, dont je sais que la candidature en 2002 avait suscité un enthousiasme chez de nombreux patriotes. Le soutien public de Bertrand Duteil de La Rochère à ma candidature présidentielle, qui succède à celle de Paul-Marie Couteau, président du RIF et ancien député au Parlement européen, témoigne de la très grande dynamique qui se renforce chaque jour dans notre camp, qui n'est autre que le camp de la France.

Applaudissements Avec beaucoup de pudeur, avec parfois de l'humour, j'ai entendu cet après-midi tout de même beaucoup de souffrance, beaucoup d'inquiétude, beaucoup de déception. Il serait fou de prétendre, c'est vrai, que l'école va bien, que les professeurs en sont satisfaits, que les résultats sont là et que l'égalité des chances est assurée. Il faut au contraire faire ce diagnostic. L'école se porte mal, le malaise est grandissant et le quinquennat que nous venons de vivre n'aura fait qu'aggraver les choses. Mais cet après-midi, j'ai aussi entendu, j'ai aussi perçu beaucoup d'espoir, une certitude unanimement partagée qu'on peut s'en sortir, que le redressement de l'école reste possible.

C'est cette espérance que je prends. C'est elle qui inspire l'ensemble de mon projet pour la France et c'est elle qui me guidera pour vous exposer les grandes lignes de mon projet pour l'école. Je ne m'étendrai pas sur le diagnostic. Les intervenants ont très bien montré les problèmes de l'école et les Français, enseignants, parents d'élèves, étudiants, savent très bien ce qu'il en est. On sait, l'école de la République ne joue plus son rôle d'ascenseur social. Elle n'assure plus l'égalité des chances. Elle ne transmet plus les savoirs, aussi bien qu'elle devrait le faire.

Elle ne parvient plus à remplir une autre de ses missions essentielles, faire émerger cet honnête homme, ce citoyen français intéressé par les choses du monde et de son pays. Quand 200 écoles maternelles fournissent 95% des élèves admis en grandes écoles, comme c'est le cas aujourd'hui en France, il y a effectivement un très grave problème. Il n'y a évidemment pas suffisamment de fils et filles d'ouvriers, de fils et filles d'employés, de fils et filles de petits fonctionnaires ou d'agriculteurs dans nos filières d'excellence.

La diversité sociale se réduit comme peau de chagrin, ce qui se traduit par une homogénéisation sociale et idéologique dans les milieux dirigeants à tous les niveaux, administratifs, politiques, médiatiques, économiques. Et cela n'est pas sain. Ce n'est pas la conception que je me fais de la méritocratie républicaine qui constitue ma boussole. Je ne m'étendrai pas sur ce diagnostic parce qu'il est maintenant plus que temps d'agir. On ne cesse de réformer l'école depuis 30 ans, mais en réalité, on ne fait que reculer. On ne fait qu'aller de compromission en compromission. C'est avec cette logique qu'il faut rompre. Car ne nous voilons pas la face.

Tous les problèmes de l'école ne sont pas liés à l'école. L'école de la République ne vit pas à l'écart du monde et du pays. Elle en subit toutes les évolutions. Et quand le pays va mal, l'école va mal. Je le dis donc très clairement parce que je fais œuvre de vérité. On ne réglera pas tous les problèmes de l'école en changeant simplement l'école. Le problème du chômage de masse, de l'insécurité, de l'immigration non contrôlée, de l'assimilation ratée, de la ségrégation territoriale, de la crise économique, de la crise des valeurs dépassent très largement l'école. Et c'est bien tout l'enjeu de 2012.

Présenter aux Français un projet d'ensemble cohérent qui permette de traiter tous ces problèmes. L'école est souvent un concentré des mots terrifiants qui frappent notre pays. Elle n'a pas les clés pour tous les résoudre. L'école ne pourra se redresser que si le pays lui-même se redresse. Ceci posé, je refuse l'attitude qui consiste à penser qu'on ne peut rien faire. L'attitude du renoncement, de la fatalité, qui imprègne sans qu'elle ne l'avoue vraiment aux Français l'action de nos élites. Non. Il est parfaitement possible de s'atteler dès maintenant au redressement de l'école de la République. Parce que des choix absurdes ont été faits et que d'autres choix peuvent être faits demain.

Parce que les talents sont là, innombrables, parmi les professeurs des écoles, les professeurs certifiés et agrégés, les chefs d'établissement, les personnels d'encadrement. La petite société que constitue l'école recèle en elle de formidables potentialités parce qu'elle réunit des gens de bonne volonté, ayant à cœur l'intérêt général et le souci de l'élève. Si vous me le permettez, je conclurai d'ailleurs tout à l'heure mon intervention en m'adressant directement aux enseignants de France dont je pense qu'ils seront et qu'ils devront être les hussards noirs de notre République française du XXIe siècle. Alors commençons par le commencement. Qu'est-ce que l'école ?

L'école doit-elle être un lieu de vie, pour reprendre l'expression couramment employée par les ministres de l'Éducation nationale qui se sont succédés depuis 30 ans ? Eh bien, comme un certain nombre d'intervenants aujourd'hui, je ne le crois pas. L'école est un lieu à part dans la République. Ce n'est pas un simple appendice de la société. Il faut donc d'abord en revenir à ce principe simple. À l'école, tout le monde n'est pas au même niveau. Le professeur est au-dessus de l'élève. Et le parent d'élève n'est pas le client du professeur. L'école est un lieu à part dans la République. C'est le lieu où beaucoup, où parfois tout se joue.

L'école, c'est avant tout un lieu de savoir, de travail et de récompense du mérite. De là découle un deuxième principe essentiel. L'école doit être une sorte de sanctuaire, mettant à l'abri des modes et des lubies l'exigence de transmission des savoirs, des connaissances et du goût de l'effort. À cet effet, il faut chasser de nos écoles le spectre de Philippe Mérieux et des pédagogistes qui continuent d'y roder, le diaclanguisme et toutes ces salades encore aujourd'hui colportées par le sarcosisme qui ont tant coûté à notre pays et à nos enfants depuis des années.

De cette conception qui me semble évidente de l'école mais qui manifestement ne l'est plus dans la tête de ces élites imbibées de l'esprit de 68 qui ont trop souvent transformé nos enfants en cobayes. De méthodes inefficaces et déstructurantes découlent une série de principes et de règles que je réaffirmerai sans complexe. D'abord, comme je l'ai dit, l'élève n'est pas l'égal du professeur. Il lui doit obéissance et respect. Cela passe par des choses très simples. Se lever quand le professeur entre en classe, bannir formellement, et je donnerai les consignes pour que ce soit le cas dans tous les établissements scolaires, le tutoiement par l'élève de l'enseignant.

Mais de son côté, je n'hésite pas à le dire, le professeur doit être un modèle pour le jeune, ce qui suppose une tenue générale et vestimentaire impeccable, ce qui suppose également, et cela a été dit tout à l'heure, une excellente maîtrise du français sur laquelle il faudra davantage mettre l'accent dans la formation. L'élève n'a rien à apprendre au professeur. Il doit tout recevoir de lui. On ne fait pas grandir un enfant. On ne fait pas devenir cet honnête homme que j'évoquais tout à l'heure sans lui donner des règles claires. Lui laisser toute la liberté du monde est le pire cadeau qu'on puisse lui faire.

C'est le vouer à l'échec et le priver de toute chance de construire une vie personnelle et professionnelle heureuse, enrichissante et épanouie. C'est pour cette raison que je redonnerai toute sa place à la valeur centrale de discipline, dans la formation des maîtres, mais aussi dans les instructions données aux enseignants par le ministère de l'Éducation nationale. Je veillerai à ce que les principes de base de la discipline soient défendus et valorisés au sein des établissements scolaires.

Les punitions, mais je ne parle évidemment pas des châtiments corporels, mais les punitions devront être autorisées et devront pouvoir être appliquées avec le soutien de la hiérarchie administrative, puisque ça n'est plus le cas aujourd'hui. Et les règles de courtoisie et de respect défendues à tous les niveaux, ce n'est pas être ringard que de dire cela. C'est au contraire faire preuve de bon sens. Et aujourd'hui, il faut revenir à ce bon sens qu'on a trop oublié. Une fois ces fondations solidement réaffirmées, on ne pourra les poser qu'à la condition élémentaire d'assurer la sécurité à l'école.

La sécurité est une problématique annexe de l'école, mais elle est malheureusement devenue centrale dans nombre d'établissements qui peuvent avoir les meilleures idées et volontés du monde, mais ne rien faire de bon à cause des violences scolaires. L'insécurité à l'école doit être traitée de la même manière que l'insécurité tout court. Tolérance zéro ! S'il faut pour cela équiper les établissements les plus dangereux de portiques de détection des métaux, même temporainement, je sais que c'est malheureux, mais il faudra le faire.

S'il faut demander à la police de faire des rondes de temps en temps, eh bien il faudra le faire, sans faiblesse, parce que ni les professeurs, ni les surveillants n'ont vocation à se frotter et à gérer la délinquance ou même parfois la criminalité. S'il faut punir au portefeuille les parents d'élèves gravement perturbateurs, ces élèves dont on ne s'occupe manifestement pas assez ou plus du tout à la maison, faisons-le sans hésitation, parce qu'il n'est pas admissible de laisser la majorité des élèves perturbés dans leur apprentissage par des sauvageons ou par des voyous.

Il est intolérable, et je dis même proprement scandaleux, de voir des professeurs tapés, violentés, parfois même poignardés par un élève ou un parent d'élève. J'alourdirais considérablement les peines pour les personnes coupables d'avoir agressé un enseignant. Je le ferais également en cas d'insulte. Insulter un professeur, c'est un qualifiable. Le professeur, c'est l'autorité, l'adulte, celui à qui on doit le respect. Et comme le disait tout à l'heure, Bertrand, il ne représente pas que lui-même, cet instituteur. Il est le symbole de l'autorité. Ah !

Oui, je sais bien, ces mesures ne ramèneront pas seul le calme à l'école, parce qu'il faudra toute une politique de sécurité que je développe par ailleurs dans mon projet. Mais elles auront l'immense mérite de remettre les pendules à l'heure et de rompre avec des décennies de dérives, de laisser aller et de laisser faire. Une école restaurée dans ses principes intangibles, rassurée, dans un environnement apaisé, c'est un préalable fondamental. Mais allons plus loin dans la réflexion, mes chers amis. L'école est confrontée à un défi qui la dépasse assez largement, mais sur lequel elle peut agir, bien sûr.

Je parle de la responsabilité des familles et des parents dans l'éducation et le suivi de leurs enfants. Beaucoup d'entre nous, parents d'élèves, et j'en sais quelque chose, moi qui ai mis mes enfants dans l'enseignement public, ont à cœur de suivre leurs enfants le mieux possible. Ils font tout pour aider celui qui a un peu plus de mal, pour remettre dans le droit chemin celui qui part un peu à la dérive. Mais il faut avouer que les choses ne sont pas toujours simples pour les parents non plus.

Quand chaque année, les programmes bougent, quand les termes utilisés par l'enseignement pour désigner des réalités intangibles de la grammaire changent tous les cinq ans, comment faire pour aider son enfant ? Comment l'aider à faire ses devoirs quand on ne maîtrise pas le jargon pédagogiste utilisé ? Quand votre bonne vieille règle de Troie est désormais proscrite, c'est un vrai problème que c'est remis en cause de fait de la transmission des savoirs entre générations. Pour cela, il faudra fixer une bonne fois pour toutes les termes et les mots employés et veiller à ne pas sans cesse complexifier les choses pour le plaisir de les complexifier. Et puis, il y a les parents des missionnaires.

Nous devons en parler parce qu'ils existent et parce qu'ils sont considérés par nombre d'enseignants comme un véritable fléau pour le bon fonctionnement de l'école et pour la réussite des enfants concernés. Je parle de tous ces parents qui ne se rendent pas aux réunions organisées par les enseignants. Je parle de tous ces parents qui envoient leurs enfants à l'école en retard un matin sur deux quand ils n'oublient pas de l'y amener tout simplement. Je parle de ces parents dont les enfants ne dendent pas assez à la maison ou qui vont à l'école dans un état d'hygiène douteux, parfois malade, sans que les parents ne s'en préoccupent.

Je parle de ces parents qui laissent le soir leurs enfants devant la télévision au lieu de les inciter ou à la place de leur devoir. Je parle en somme de tous ces parents qui ont perdu de vue l'intérêt suprême de l'instruction de leurs enfants. De tous ceux pour qui l'école ne représente plus grand-chose. Eh bien, c'est ce constat que font nombre d'enseignants. Quand les parents baissent les bras, l'école ne peut plus grand-chose et l'enfant en perdition ne trouvera jamais dans les salles de classe l'affection et l'attention qu'il n'a pas à la maison.

Je sais que des établissements rivalisent d'astuces pour essayer de faire venir les parents démissionnaires, s'entretenir avec eux du travail de leurs enfants, chercher à améliorer la situation, recréer du dialogue. Mais bien souvent, les enseignants se heurtent à une attitude d'évitement de la part de ces parents et cela pose de très sérieux problèmes. Quelle tâche difficile ! Il faut avoir la lucidité de reconnaître que la démission de certains parents tient aux évolutions même de la société.

Somme face à un problème de société beaucoup plus large qui impose, comme je l'ai déjà dit, de penser l'école dans la société et de dire que beaucoup pourraient être fait pour l'école à condition qu'on ait de la société elle-même à évoluer dans le bon sens. Quelle tâche difficile, mais quel objectif essentiel et passionnant de recréer tout le lien nécessaire entre l'éducation à la maison et l'instruction à l'école. Il faut évidemment avant tout remettre à l'honneur la valeur travail. Vous vous souvenez quand Nicolas Sarkozy s'est contenté de promesses très vite trahies après 2007. Le goût de l'effort est indispensable pour susciter l'intérêt pour l'école.

Et comme souvent, on en revient à ce problème central, celui de l'emploi et de la vitalité économique du pays, des individus en perdition sociale font bien souvent des parents moins attentifs, moins ambitieux. Je le redis, la situation de l'école dépendra pour beaucoup de la situation du pays dans son ensemble et l'école seule ne peut pas tout. C'est en ce sens que mon projet cohérent, global pour la présidentielle est un projet d'espérance. Parce qu'il ne passe rien sous silence. Parce qu'il va, lui, au fond des choses. Je propose aussi qu'on prévoie des cours de français obligatoires pour les parents qui ne maîtrisent pas notre langue nationale.

parce qu'étrangers ou d'origine étrangère notamment. C'est souvent pour cette raison qu'ils ne franchissent jamais le seuil de l'école. L'école que je dessine est une école exigeante. Elle ne pourra réussir sa mission qu'à condition de mettre l'accent dès la maternelle et plus encore à l'école élémentaire sur l'apprentissage des savoirs fondamentaux, le français et le calcul. Il faudra ainsi augmenter le nombre d'heures consacrées à ces matières qui n'a eu de cesse de baisser depuis les années 1960. L'école qui se disperse dans les matières moins essentielles est une école de l'injustice sociale.

Parce que l'enfant de riche pourra toujours compenser par des cours particuliers hors de prix les lacunes essentielles de l'école alors que l'enfant des milieux populaires mais aussi de plus en plus de la classe moyenne n'a que l'école ne peut compter que sur ce service public de la nation. Ah si, il n'est pas utile de remplir le cerveau de nos tout-petits d'anglais ou d'autres langues étrangères dès la maternelle. On le voit bien d'ailleurs, le niveau des jeunes français en anglais ne progresse pas. Je préférerais le financement par l'éducation nationale au collège d'un voyage long en immersion totale à l'étranger de deux ou trois mois en classe de quatrième ou de troisième.

Ce n'est qu'ainsi qu'on apprend vraiment une langue étrangère et ce n'est qu'ainsi qu'on assure l'égalité des chances. On cessera les aventures pédagogistes. La méthode syllabique doit être obligatoire en CP. L'histoire doit être apprise de façon chronologique tout au long de la scolarité. Évidemment, mais vous voyez compte tenu de la situation que ça va sans dire mais que ça va quand même beaucoup mieux en le disant. Oui, Paul-Marie Couteau, la géographie enseignait sur des cartes et la carte de France bien connue, nos fleuves, nos montagnes, nos départements.

Bien sûr, mes chers amis, on remettra au cœur des programmes scolaires l'apprentissage de l'histoire de France parce que il est totalement fou de ne plus apprendre les grands noms de notre histoire, de notre glorieuse histoire à nos enfants. Clovis, Henri IV, Louis XIV, Napoléon doivent être enseignés. Je m'engage, mes chers amis, à réparer cette folie du gouvernement de Nicolas Sarkozy enclenchée sous Lionel Jospin mais qui s'est considérablement aggravée dans les cinq dernières années. Je m'engage à réparer ce crime contre l'histoire de France. On cessera aussi de modifier les programmes tous les ans, de tester sans cesse des innovations toutes plus hasardeuses les unes que les autres.

Les enfants, les parents d'élèves et plus encore les enseignants ont besoin de stabilité, de règles claires et solides. L'école maternelle, je m'y arrête, mes amis, parce qu'elle est une chance, je crois, pour la France. Une magnifique réussite que le monde nous envie. Elle est une chance pour notre natalité. Démanteler l'un des seuls points qui marche à l'école m'apparaît donc être une absurdité. L'école primaire, quant à elle, doit être réformée en profondeur. Il faut en particulier revoir le statut de l'école, créer un nouveau type d'établissement public doté de la personnalité juridique et d'une autonomie administrative et financière.

C'est vrai, on en parle depuis longtemps mais rien ne bouge. Eh bien, je le ferai. Soumis à l'autorité des acteurs institutionnels, l'État, le directeur d'école souffre en outre d'un manque cruel de légitimité, parfois les collectivités territoriales d'ailleurs comme on l'a dit tout à l'heure. Ce directeur d'école souffre en outre d'un manque cruel de légitimité pour assurer les responsabilités qui sont les siennes. Il est possible d'agir dès maintenant pour renforcer le pilotage local de la politique éducative en rénovant, en créant le statut de directeur d'école.

Il doit avoir ce rôle de véritable manager chargé d'impulser le projet pédagogique de l'école en dialogue permanent avec l'ensemble des acteurs de la communauté éducative, professeur des écoles, parents, communes, ministères. Son nouveau statut devra lui donner les moyens d'accomplir complètement ses missions. Quant à l'école élémentaire, je pense qu'elle doit être la priorité de notre action comme je vous le disais. Vous le voyez, l'échec scolaire s'aggrave. En particulier, les élèves en difficulté avant leur arrivée au CP restent par la suite presque tous en difficulté. Et ce gaspillage des talents se trouve dans la population active où un trop grand nombre arrive sous-qualifié.

Le plus inquiétant, vous l'avez vu, est le recul de la lecture, du calcul. La France enregistra en particulier en mathématiques la plus forte baisse des scores obtenus au sein de l'OCDE depuis dix ans, je l'ai dit. Le recul des connaissances, mathématiques en fin de primaire pourrait aggraver assez vite le déficit d'ingénieurs déjà constaté depuis plusieurs années. Ce recul est un obstacle à la croissance dans l'économie de la connaissance qui est la nôtre, dans cette économie mondiale où je souhaite que la France se réarme. Et moi, je pense que donner ce statut au directeur d'école est capable d'impulser une nouvelle énergie à cette école élémentaire.

Ça passera aussi par une revalorisation de la rémunération et une amélioration du régime de décharge parce que je pense qu'ils sont indispensables pour pallier les problèmes actuels de recrutement qui sont très graves et très préoccupants. On vous en parlait tout à l'heure. On a de plus en plus de mal à recruter des directeurs d'école, à recruter des professeurs. et certains, on nous l'explique quotidiennement, abandonnent au bout de quelques mois totalement dégoûtés par les conditions de travail qui sont les leurs. Quant à la réforme des rythmes scolaires de Nicolas Sarkozy, elle était évidemment condamnée à l'échec puisqu'elle allait contre le rythme biologique des enfants.

Elle s'est traduite en fait par une basse manipulation comptable pour réduire les cours de deux heures par semaine dans le but assez mesquins de faire quelques économies de bout de chandelle de supprimer par exemple les postes d'enseignants spécialisés. Double effet négatif puisque les élèves en échec ont leur journée allongée par l'aide personnalisée qui de fait devient inefficace puisque ce sont souvent les mêmes élèves qui ont les plus gros problèmes de concentration. Il faudra donc également y revenir. Et puis, que penser de cette reculade permanente tellement démagogique sur le front de l'évaluation de l'élève ?

Le smiley issu de l'univers MSN eh bien n'avrez de le rappeler il ne remplacera jamais la note.

J'assurerai le maintien obligatoire de la note à l'école parce que que le PS tombe encore un peu plus bas dans la démagogie en proposant la suppression de la note à l'école n'étonnera évidemment personne mais quand l'UMP envisage de mettre la même mesure dans son programme de 2012 pour le collège via le député Jacques Grosperrin je me dis que nous avons mille fois raison de les mettre dans le même sac celui de l'UMPS et de dire haut et fort que nous sommes la seule alternative dont a besoin le pays je vous l'ai dit le redressement de l'école passera en particulier par l'école primaire j'en ferai le centre la priorité de ma politique éducative on ne peut pas tout faire tout de suite et je pense que la priorité doit à l'évidence être le primaire quant au collège et au lycée je l'ai dit c'est là que se concentre l'essentiel des problèmes de violence scolaire quoique d'ailleurs parce que on descend en âge de plus en plus et bien on s'y attaquera sans faiblesse comme je vous l'ai dit tout à l'heure rappelons qu'aujourd'hui si le collège est affaibli c'est bien parce que l'école élémentaire l'est encore plus c'est bien parce que arrivant en sixième près de 20% d'élèves qui ne maîtrisent pas les savoirs de base et notamment la langue française consolider l'école primaire c'est donc aider le collège c'est là aussi qu'il ne faut pas céder à la démagogie et à la facilité tout le monde est capable du meilleur que ce soit dans le domaine manuel ou intellectuel tout le monde doit donc être soumis aux mêmes exigences de niveau sur l'ensemble du territoire national je refuse que certains de nos jeunes parce qu'ils vivent dans tel ou tel quartier qu'on a laissé se transformer en ghetto sous l'effet d'une immigration massive et d'une crise économique sans fin n'est pour seul destin offert que le football le rap ou pôle emploi concernant le collège je proposerai la fin du collège unique qui a été on doit maintenant le dire clairement un terrible échec le collège unique c'était la démonstration de tout le mépris de nos élites pour les métiers manuels les filières techniques et manuels doivent être revalorisées et le seront sous ma présidence dans les faits et dans les têtes parce que le collège unique rime trop souvent avec l'échec pour des enfants qui végètent dans des filières qui ne sont pas faites pour eux et en sortent toujours ou presque toujours avec une image d'eux-mêmes définitivement dévalorisée cette revalorisation des filières techniques et manuelles doit se poursuivre au lycée et puisque je parle du lycée je ne peux manquer de m'arrêter un instant sur le baccalauréat ce bloc de granit de notre histoire nationale qui doit rester qui doit retrouver son caractère de sélectivité je le dis sans détour je refuserai tout contrôle continu en lieu et place du baccalauréat parce que je suis très attaché à l'égalité que l'examen seul permet je suis attaché à cet événement que constitue le baccalauréat dans la vie du jeune français l'égalité c'est aussi l'égalité sur les territoires nous ne remettrons pas en cause la décentralisation des collèges et des lycées aux départements et aux régions qui datent de 1981 mais nous veillerons à mettre en place les mécanismes de péréquation nécessaires à une vraie égalité entre les élèves sur le territoire national il n'est pas normal que certains élèves aient moins parce qu'ils sont dans un territoire moins favorisé moins riche l'égalité l'égalité c'est aussi la neutralité politique qui est une exigence trop souvent oubliée mais aussi bien sûr la neutralité religieuse dans l'école publique à savoir la laïcité trop d'écoles sont aujourd'hui confrontées notamment au travers des cantines scolaires aux exigences de plus en plus pressantes et même parfois menaçantes des exigences religieuses en matière alimentaire repas sans porc puis exigences de repas halal se généralisent et les chefs d'établissement sont laissés seuls aux prises avec ces exigences accusées de racisme s'ils osent exiger le respect de la laïcité dans leurs établissements ceci n'est plus admissible il faut donc non seulement rappeler fermement ces principes mais exiger la suppression de toutes les entorses à la laïcité c'est le rôle de l'État je ne peux évidemment à ce moment de mon intervention que féliciter la lucidité exprimée par Elisabeth Badinter dans un article publié dans le monde des religions dans lequel elle a déclaré en dehors de Marine Le Pen plus personne ne défend la laïcité au sein de la gauche le combat a été complètement abandonné si ce n'est par Manuel Valls qui à mon avis n'aura pas un grand espoir dans les primaires et elle continue la gauche a laissé s'installer l'équation suivante défense de la laïcité égale racisme et bien elle a raison on ne leur accorde pas souvent de satisfaits il n'y a pas de raison de ne pas le faire de temps en temps alors les collègues et les lycées mes chers amis sont aussi des espaces qui assurent la vie la vitalité et la jeunesse de nos campagnes les oubliés des campagnes françaises méritent toute notre attention on ne parle jamais de nos campagnes et pourtant l'échec scolaire y est souvent très élevé beaucoup trop élevé la décision absurde du gouvernement Sarkozy de fermer les petits collèges de moins de 200 élèves à la campagne devra être revue je ne crois pas au succès assuré des méga structures la proximité a des immenses vertus et il n'est pas normal d'infliger à nos enfants à nos jeunes dans nos villages parfois jusqu'à 1h30 de transport le matin pour rejoindre leur collège ou leur lycée réparer l'ascenseur social se fera aussi et peut-être même d'abord au bénéfice des français des zones rurales le mépris des élites actuelles pour les campagnes pour ces français des campagnes doit cesser je veillerai ainsi à ce que le ministère de l'éducation nationale fasse une place toute particulière aux problématiques rurales dans son organisation interne et à ce que les intérêts ruraux soient largement représentés dans les cabinets ministériels avant de conclure mes chers amis je souhaiterais me tourner solennellement vers les enseignants c'est à vous enseignants de France que je m'adresse directement je le sais longtemps il y a eu un malentendu entre nous longtemps nous avons donné le sentiment de vous regarder en ennemis longtemps nous n'avons pas su parler trouver les mots et comprendre à quel point vous étiez attachés à l'intérêt général longtemps nous avons commis l'erreur de penser que vous étiez complices ou passifs face à la destruction de l'école pour l'immense majorité d'entre vous c'était une erreur et cette époque est révolue dans les rangs du public ou du privé dans les rangs du public ou du privé puisque cette vieille guéguerre est derrière nous vous avez pour la plupart choisi ce noble métier comme on épouse un engagement celui de servir le bien commun je sais que beaucoup d'entre vous sont désabusés ils me le disent ils me l'écrivent de plus en plus nombreux mais je sais aussi que tous vous aspirez au redressement de l'école de la république que tous vous gardez l'espoir qu'on puisse enfin changer les choses et je pense que le projet que j'ai dessiné devant vous aujourd'hui vous confortera dans cette opinion vous voyez que l'alternative la vraie est possible je suis avec tous ceux qui se battent pour l'avenir et le rayonnement de notre nation et vous en faites partie l'enseignant le professeur doit bénéficier d'un statut social supérieur dans notre société à mes yeux vous n'êtes pas des profs à qui on dit tu en classe vous n'êtes pas un job qui doit être soumis à toute la violence physique ou verbale de notre société vous n'êtes pas une profession qu'on doit sans cesse baloter de réformette en réformette de promesse en promesse vous êtes la transmission du savoir de la connaissance le garant des valeurs et d'une certaine morale qui se délite vous serez protégé par la loi dans votre intégrité physique et morale si je suis élu j'en prends l'engagement aujourd'hui on cessera aussi de vous considérer comme une variable d'ajustement budgétaire oui je le sais vous avez souffert de l'affaiblissement accéléré de l'institution scolaire sous Nicolas Sarkozy je ne vous ferai pas de fausses promesses je ne vous dirai pas qu'on rétablira d'un coup de baguette magique les 70 000 postes supprimés parce que ce serait vous mentir vous mentir comme le font les autres non je ne vous tromperai pas parce que vous connaissez la situation dramatique dans laquelle les gouvernements UMP et PS ont laissé nos finances publiques et notre dette mais je m'engage en revanche à mettre fin à l'absurde règle du 1 sur 2 cette règle imbécile pour reprendre les mots de François de Closet on remplacera à partir de la rentrée 2012 l'ensemble des départs à la retraite c'est le mieux que je puisse vous dire si je souhaite rester franche avec vous d'autant que tous nous savons qu'il y a des postes administratifs qui eux ne sont jamais atteints par les réformes notamment en administration centrale au ministère de l'éducation nationale c'est là qu'on pourra agir ce n'est pas à l'école aux enseignants aux élèves et finalement au génie de notre pays de payer pour l'incompétence budgétaire des gouvernements successifs je vous l'ai dit on redressera l'école à tous les niveaux et je veillerai notamment à redonner un vrai sens au métier d'inspection les inspecteurs ne doivent pas être les courroies de transmission de toutes les dérives nuisibles de l'école de toutes ces folles dérives la mission de l'inspecteur de l'éducation nationale notamment doit se concentrer sur des objectifs pédagogiques je pense à l'inspection des enseignants fondée sur l'évaluation des élèves et la formation continue des professeurs des écoles je veillerai à ce que votre formation soit repensée dans le sens des impératifs que j'ai défini dans mon discours respect de l'autorité du maître transmission des savoirs fondamentaux français notamment apprentissage de notre histoire nationale et des valeurs de la république des règles de la morale publique oui chers enseignants je vous demanderai d'être exigeant vis-à-vis des élèves vis-à-vis de vous-même comme je demanderai à la société française de vous respecter ensemble professeurs des écoles professeurs parents d'élèves français je sais que nous aurons à coeur de redresser l'école pour redresser la France vive l'école de la république vive la France merci