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Discours / meetingLa France insoumise (sur YouTube)· 10 septembre 2026 33 minAutoproduitFond programmatiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsTravail & emploiÉconomie & entreprises

Présentation du nouveau livre de Clémence Guetté, Pour une politique de l’amitié | Fête de l'Huma

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 8:45Invité politiqueFait
    « Quand il y a trois enfants sur une sur dans chaque classe de CM2 dans ce pays qui a subi des violences incuelles, quand on voit que autant de femmes subissent des violences conjugales, on peut se dire intuitivement que non, la cellule familiale n'est pas que une cellule de protection, d'amour, de douceur, de lien réconfortant. »
  • 10:58Invité politiqueChiffre
    « la famille est une instance principale de reproduction des inégalités et l'instance où les femmes continuent de s'apauvrir. Je parle là du couple. Je ne sais pas si vous savez par exemple qu'au moment d'un divorce, c'est une femme sur 5 qui basculent dans la pauvreté. »
  • 13:06Invité politiqueChiffre
    « au moment d'un divorce, c'est une femme sur 5 qui basculent dans la pauvreté. Donc c'est 20 % des femmes alors même qu'aujourd'hui on divorce beaucoup plus souvent que qu'auparavant. »
  • 20:52Invité politiqueChiffre
    « dans notre pays, il y a une personne sur quatre qui te qui se dit seul quotidiennement ou très régulièrement. 25 % des Français et 750000 personnes qui se disent en situation de mort sociale. »
  • 23:48Invité politiqueChiffre
    « les plus pauvres se privent 25 fois plus que les plus riches dans notre pays. Pas les plus riches, pas les 0 20 % les plus riches au-dessus du salaire médian, de pouvoir aller boire un verre ou aller au restaurant avec des amis dans la semaine. »
  • 28:03Invité politiqueChiffre
    « 45 % des malades du cancer, c'est-à-dire presque une personne sur deux, fait quotidiennement appel à un ou une amie pour venir l'aider, pour venir l'accompagner, pour venir passer du temps avec elle ou lui et lutter encore mieux contre la maladie. »
  • 29:06Invité politiqueChiffre
    « neuf français sur 10 sont ébranlés voire terrassés après la mort d'un ami ou d'une amie proche dans leur existence n'est absolument pas pris en compte. »

Temps de parole

  • Clémence Guetté99 %

≈ 1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

2:38
Clémence Guetté

[applaudissements][acclamation]

2:43
Non speech

[applaudissements]

2:43
Clémence Guetté

[acclamation] Bonjour à toutes et tous. J'espère que vous allez bien. Merci beaucoup d'être venu aussi nombreuses et nombreux. Euh je vous préviens juste, j'ai amené mes lunettes de soleil parce que j'ai fait un fond d'œil et que potentiellement je ne vois absolument rien avec les lumières. Euh mais je vois que vous êtes très nombreux et nombreuses. Je vous demande de l'indulgence si jamais je vois mal mes papiers et que et que je me perds. Mais normalement ça va aller. Alors on est là sur le stand de la France insoumise. Euh moi, je viens vous présenter mon nouveau bouquin qui s'appelle donc pour une politique de l'amitié qui est sortie le 27 août.

Et je voulais remercier avant tout les équipes de l'Institut Laboessie qui vont être là pour la séance de dédicace juste après et qui m'ont beaucoup accompagné dans ce livre. les équipes du siège pour le stand, le service d'ordre, tous les camarades volontaires de la fête de l'humanité pour nous permettre de passer un aussi beau moment, toutes et tous ensemble.

3:41
Non speech

[applaudissements]

3:42
Clémence Guetté

[acclamation] Et je veux bien le timer qui est à 1250 mais j'ai pas encore parlé de 1250. Donc euh je vous présente ce livre. C'est euh un ouvrage que j'ai mis plusieurs mois à écrire et en réalité il y a eu différentes phases de travail. On a commencé à l'Assemblée nationale par avoir l'idée de faire une proposition de loi qui visait à accorder davantage de droits nouveaux, de droit fondé sur la volonté de rétablir de l'égalité matérielle et de reconnaître différentes formes de solidarité affective et matérielle qui aujourd'hui sont méprisées.

En écrivant cette proposition de loi, je me suis rendu compte qu'il y avait déjà un corpus assez important sur la question de l'amitié et donc j'ai voulu rendre hommage à celles et ceux qui ont pensé cette question bien avant moi. Et donc, on a organisé un colloque à l'Assemblée nationale où il y avait Geoffroy de Laaganerie, où il y avait Alice Rbo, où il y avait Hélè Janekini et plein d'autres à qui je veux rendre hommage parce que véritablement, ils ont pour moi ouvert une voix intellectuelle, un chemin intellectuel qui m'a permis ensuite de faire mon travail.

Et puis au moment où je me suis dit que ça pouvait faire un livre, on a posé un questionnaire sur mes réseaux sociaux et on a eu 7000 réponses en 24 heures. Peut-être il y en a parmi vous qui ont participé à ce questionnaire. Euh et quand j'ai reçu ces 7000 réponses, on avait laissé de la place pour que les gens puissent s'exprimer. Je me suis rendu compte du fait que au-delà d'une intuition politique, il y avait peut-être une vraie question politique et que cette question, elle était traversée par beaucoup de sentiments d'injustice, de souffrance qui avait pu être vécu dans les trajectoir les trajectoires individuelles des uns et des autres.

Et quand il y a de l'injustice et de la souffrance, il me semble que la gauche radicale doit s'en emparer et doit pouvoir proposer des réponses. Donc c'est venu confirmer une intuition et c'est venu pour moi aussi nourrir de chair humaine, de récits humains, tout ce que je pouvais pressentir avec des témoignages absolument magnifiques. Et donc voilà, je voulais rendre aussi hommage à ces 7000 personnes qui m'ont permis finalement d'écrire le livre avec leur voix et avec leurs mains.

Et donc, je me suis rendu compte qu'il y avait à la fois des théoriciens de l'amitié qui avaient pu ouvrir ce chemin là et à la fois des artisans et artisanes de l'amitié qui dans leur vie ont mis en pratique ce que j'essaie de de saisir dans ce livre. C'est-à-dire que ils et elles ont décidé, et ça depuis très longtemps, d'organiser leurs existences différemment de ce qui correspond au modèle dominant, c'est-à-dire le couple euh hétérosexuel bien sûr et la famille biologique nucléaire bien entendu aussi. Ce modèle dominant, il a été questionné et donc il y a des gens qui depuis très longtemps bricolent, voilà, essayent avec des chemins de traverse d'organiser leur vie différemment.

Et je me suis nourrie de ça pour écrire ce livre en me disant que il me semblait que il fallait aujourd'hui je vais pas vous résumer le livre hein parce que sinon vous vous ne prendriez pas la peine de le lire par la suite mais je je vous donne j'essaie de vous donner envie de le lire. Il fallait que je je puisse expliciter dans ce livre pourquoi je me suis saisie de cette question. Euh je critique la famille dans ce livre. Les réactionnaires de tout poil ne s'y sont pas trompés depuis quelques semaines que le livre est sorti. Donc j'ai eu les réactions absolument éclairées de madame Génie Bastier, de monsieur Bruno Rota du JDD.

Ouais, du JDD qui m'a accusé de d'ouvrir un chemin vers le totalitarisme puisqueils sont toujours très nuancés dans ce qu'ils proposent. Valeur actuelle, le point, tout ce que vous voulez, tout y est passé.

Je me suis dit qu'il y avait là une une véritable panique morale qui s'ouvrait et que donc il y avait une intuition qui avait été la bonne qui était de dire que je touche avec ce sujet à des grands tabous de la société française à savoir la famille comme institution économique notamment de reproduction des inégalités à savoir aussi la norme dominante je l'ai dit et que donc peut-être il y avait un chemin progressiste à à poursuivre et donc voilà je je voulais à la fois critiquer la famille et à la fois ne pas faire de l'amitié dans ce livre, un espace totalement idéalisé.

Celles et ceux parmi les journalistes qui n'ont pas lu le livre, je le vois immédiatement parce que il m'accuse de mièvrerie, d'une grande naïveté et cetera. Alors que je prends, je crois beaucoup de pré de précautions pour dire que nous sommes toutes et tous insérés dans une structure sociale et que l'amitié comme le reste dépend de rapport de force, de rapports genrés, d'homophilie sociale. Ça veut dire qu'on est amis principalement avec des gens qui sont du même milieu social que nous. euh et que on peut par ailleurs avec ce lien tout autant qu'avec un lien romantique, amoureux, familial subir des ruptures, que c'est un lien qui peut aussi faire souffrir.

Donc je suis très loin d'une idéalisation de l'amitié mais euh comme ils n'ont pas lu le livre, euh ils pensent que je fais ce que eux veulent faire, c'est-à-dire hiérarchiser, en l'occurrence renverser une forme de hiérarchisation que eux opèrent, c'est-à-dire faire supplanter les liens amicaux par rapport aux liens familiaux. C'est pas du tout le propos du livre. Je respecte profondément le fait que les liens familiaux amoureux, biologiques comptent et rendent heureux plein de gens.

Malgré tout, ce que je constate, c'est que quand il y a trois enfants sur une sur dans chaque classe de CM2 dans ce pays qui a subi des violences incuelles, quand on voit que autant de femmes subissent des violences conjugales, on peut se dire intuitivement que non, la cellule familiale n'est pas que une cellule de protection, d'amour, de douceur, de lien réconfortant. Et donc, je veux questionner ça et je veux proposer un contreemodèle. Et c'est la première raison pour laquelle j'ai écrit ce livre. Il me semble que l'amitié est à elle seule porteuse d'un horizon anticapitaliste, antifasciste, progressiste et que les inégalités dont on peut être victime peuvent être pensées à cette zone là.

J'ai voulu montrer qu'à la fois l'amitié peut être un refuge, un abri pour plein de gens, je vais y revenir juste après, mais que pour moi, beaucoup plus puissamment encore, c'est véritablement un contemodèle idéologique à aborder et à promouvoir dans la société réactionnaire en voie d'extrême droitisation, homophobe, transphobe, raciste que les gouvernants aujourd'hui veulent nous imposer. Donc c'est un livre offensif qui fait une véritable proposition et j'espère pouvoir vous en convaincre à l'instant. Premier point donc un livre sur l'anticapitalisme. L'amitié dans la sphère productive est un lien qui échappe à la marchandisation en partie.

Elle échappe à la marchandisation parce que c'est un lien souple, un lien gratuit, un lien aussi où les gens font sécession d'un système marchandisé. il troquent des choses, ils se rendent des services, ils se donnent des conseils. Euh tout ça est et échappe en quelque sorte à la marchandisation. Au niveau reproductif dans la sphère capitaliste, toujours. Là aussi, l'amitié est une forme de relation qui qui propose autre chose, qui propose un refuge et qui propose un contremodèle. puisque vous le savez sans doute mais la famille est une instance principale de reproduction des inégalités et l'instance où les femmes continuent de s'apauvrir. Je parle là du couple.

Je ne sais pas si vous savez par exemple qu'au moment d'un divorce, c'est une femme sur 5 qui basculent dans la pauvreté. Donc c'est 20 % des femmes alors même qu'aujourd'hui on divorce beaucoup plus souvent que qu'auparavant. Et donc ébranler la conjugalité comme une évidence, la famille comme une évidence est aussi une façon pour moi de résister au capitalisme et au système implacable qui s'abat sur nous. Le deuxième point c'est la résistance antifasciste. Aujourd'hui, les personnes qui sont les plus menacées par l'extrême droite et l'extrême droitisation d'ailleurs sont les personnes LGBT, sont les personnes racisées, sont les personnes migrantes, sont les femmes aussi évidemment.

Et donc ce sont des communautés qui pour moi sont déjà très largement dépendantes de l'amitié et les mettent en avant dans leurs existences. C'est très souvent la base de la sécurité, de la vie affective de la communauté LGBT par exemple qui a promu depuis très longtemps les familles choisies. L'amitié, [grognement] c'est aussi un contemodèle à la famille traditionnelle qui est celle qui est fantasmée par l'extrême droite, pas celle qui existe réellement, mais celle qui est fantasmée par l'extrême droite. Dans le programme du Rassemblement national, il y a toujours la promotion de politique nataliste, généralement avec un fond xénophobe.

C'est-à-dire que les enfants qui doivent être faits sont les enfants qui ont au moins deux parents français. Elle propose régulièrement à l'Assemblée nationale que les enfants qui bénéficient enfin dont les parents bénéficient d'aide sociale pour participer à à à renverser les inégalités soit des parents qui ont deux des enfants qui ont deux parents français. Et donc ces politiques natalies sur fond xénophobe n'ont jamais comme base de questionnement les causes de pourquoi les gens font moins d'enfants. Pourquoi peut-être les femmes aujourd'hui faire des enfants, ça signifie très souvent interrompre une carrière ? signifie très souvent avoir des baisses de salaires.

Pourquoi l'incertitude avec le changement climatique qui nous attend sans doute hésiter des gens à faire des enfants ? Pourquoi le problème massif de la fertilité dans notre pays qui n'est absolument pas pris en compte là aussi peut freiner l'envie d'avoir des enfants ? Tout ça, ce sont des questions que l'extrême droite ne se pose évidemment jamais. Et ça va aussi de paire avec le processus d'extrême droitisation de la société qu'on a déjà décrit à plusieurs reprises.

Quand monsieur Macron a parlé de réarmement démographique, quand il s'est permis d'envoyer une lettre à tous les jeunes de 29 ans pour leur dire de fait des de faire des enfants, il participe de ce phénomène de réaction et de remettre au devant de la scène la famille traditionnelle. Et donc faire une politique de l'amitié qui promeut d'autres liens, qui promut d'autres solidarités, qui promeut d'autres façons d'organiser son existence, c'est aussi opposer une résistance très ferme à l'extrême droitisation de notre société. Et enfin, [applaudissements] [acclamation] et enfin troisème point, c'est une évidence mais c'est un horizon progressiste.

Les féministes qui ont participé moi à mon éducation politique nous ont toujours dit que le privé était politique. Et donc se saisir de ces liens qui sont relégués à la sphère intime, privée, domestique dont on ne parle pas et s'en emparer politiquement fait aussi partie pour moi de ce chemin féministe qu'on doit continuer à poursuivre même si celles et ceux qui enfin celles qui nous ont précédé on ont on ont évidemment mené des combats extrêmement difficiles. et en réalité venir subvertir à tout le moins questionner l'ordre patriarcal des choses et cette reproduction de la de la domination des hommes envers les femmes.

Et donc pour moi porter une politique de l'amitié, c'est porter un projet d'émancipation pour toutes et tous.

15:03
Non speech

[applaudissements]

15:07
Clémence Guetté

La deuxième raison pour laquelle j'ai voulu me saisir de ce sujet, c'est que j'estime qu'en fait je parle d'une situation qui est déjà là, qui est déjà importante pour plein de gens dans la façon dont ils configurent leurs existences. vous le savez, on aspire à gouverner et donc évidemment quand on est parlementaire, j'ai le sentiment qu'on est toujours en retard par rapport à voilà ce qui ce qui existe déjà, mais que notre devoir c'est de le formaliser, de le transcrire pour le rendre universel et pour formaliser ce qui peut ce qui peut être des nouveaux droits.

Et donc dans la vie des Français aujourd'hui, les liens alternatifs à ceux de la famille biologique traditionnelle sont déjà absolument fondamentaux. Quand on voit les bouleversements anthropologiques qu'on a vécu en 70 ans, c'est absolument massif. Par exemple, le fait qu'aujourd'hui une majorité de la population n'habite plus dans le même département que celui de sa naissance, que celui de ses parents et donc que le département de là où on a grandi en étant. Ça provoque de fait un changement des configurations puisque au 19e siècle c'était deux personnes sur 10 seulement qui avaient connu cet exode, cet éloignement, cette distance géographique.

Donc ça provoque évidemment des nouveaux liens qui sont importants dans le quotidien des gens. Deuxème point, on ne se marie plus nécessairement pour avoir des enfants et on divorce beaucoup plus souvent qu'avant. C'est six personnes sur 10 désormais qui sont des enfants nés hors mariage. Dans les années 80, c'était une personne sur 10. Donc, on voit à quel point ce phénomène est allé extrêmement vite, c'est-à-dire que le mariage comme institution centrale, comme passage obligé dans l'existence et cetera n'est déjà plus euh dans la société française. Et le nombre de divorce à lui multiplié par 3 dans les 50 dernières années.

Et aujourd'hui, on est dans une situation où les façons de faire famille sont déjà extrêmement différentes. Un/4 des familles françaises sont des familles monoparentales où le couple n'est déjà plus le quotidien des gens. Et donc, il me semble qu'on doit se saisir de ce déjà là en disant il existe, il faut le reconnaître, il faut le permettre et il faut l'accompagner. Et pour moi, le code civil tel qu'il est aujourd'hui, je vais y venir après, est complètement archaïque en cette matière pour accompagner les existences des gens.

Ensuite, et j'avais à cœur de de de mettre un focus là-dessus dans le livre, il me semble que l'amitié permet de saisir le fait que si elle est déjà là dans les existences des gens pour pour plein de gens dans la population française, elle prend une valeur absolument primordiale et fondamentale, parfois même jusqu'à la survie, pour celles et ceux qui sont déjà les premières victimes du néolibéralisme et du système économique de la compétition, de tous contre tous, de l'individu ualisation de l'atomisation des individus. Je parle là par exemple des personnes qui habitent dans des quartiers populaires.

Il y a des études qui ont montré que c'était trois fois plus d'ouvriers et d'employés qui habitent dans des quartiers populaires que de cadres qui ont trouvé leur emploi actuel grâce à des amis, grâce à leur réseau de sociabilité, grâce à leur réseau d'interconnaissance. Et donc on voit que le capital économique ou culturel qui dans d'autres endroits est plus important est contrebalancé par ce capital social et que donc nos liens, nos solidarités sont aussi inégaux, sont aussi sans idères d'une certaine façon et que donc ils sont absolument indispensables pour ces personnes.

des personnes migrantes aussi qui dans leur parcours de migration font de leur survie nécessaire le fait d'atterrir dans un endroit où elles connaissent déjà des personnes, où elles ont des liens d'interconnaissance pour savoir quelles informations trouver à forceori avec des politiques répressives de non accueil ou d'accueil absolument inhumain et indigne dans un pays comme le nôtre. Ces liens là sont absolument primordiaux. Je pense aussi au maire isolé. Je l'ai dit, c'est un/4 des familles qui sont monoparentales pour 90 % de ces familles, ce sont des femmes seules avec leurs enfants.

Qui développe là aussi des solidarités alternatives puisque elle ne bénéficient pas de tous les avantages qui sont réservés au couple dans le système sociofiscal pour permettre l'éducation des enfants. Et puis je pense au seior, il me semble que c'est un point aveugle de trop de politiques publiques. des seiors qui pour qui le modèle conjugal n'est plus une évidence parce que même quand il y avait couples, les deux personnes n'arrivent pas à la fin de la vie au même moment évidemment et pour qui l'horizon aujourd'hui qui est proposé c'est la fin de la dépendance. C'est très rarement de rejoindre un un logement où il y a les générations plus jeunes. C'était bien plus le cas avant.

mais où l'horizon qui s'offre à eux et à elle très souvent, c'est les ÉPADES privés payants, donc là aussi avec une inégalité flagrante et avec tous les scandales de maltraitance qu'on a pu dont on a pu avoir connaissance ces derniers temps. Et donc là aussi, il me semble que il y a quelque chose à penser pour lutter contre l'isolement des individus, leur permettre de reconnaître ces solidarités matérielles auxquelles ils ont besoin. Et puis plus largement, on affronte aujourd'hui des défis là aussi existentiels qui sont qui sont très important. Je pense à l'épidémie de solitude qui atteint nos sociétés.

Je viens d'en parler, le néolibéralisme est un système économique qui promeut l'atomisation des individus, qui les isole les uns des autres. Euh dans les dans les collectifs de travail, c'est de plus en plus difficile d'avoir des luttes collectives, d'avoir du temps hors du temps productif réservé à la production. Et ça a pour conséquence que dans notre pays, il y a une personne sur quatre qui te qui se dit seul quotidiennement ou très régulièrement. 25 % des Français et 750000 personnes qui se disent en situation de mort sociale. Mort sociale, ça veut dire que dans la semaine, dans la journée, elles n'ont strictement aucun contact social avec personne. Pour beaucoup, ce sont des seigors.

Mais on pense aussi aux très jeunes, aux étudiants. Au moment du Covid, on en a un petit peu parlé de cet isolement social, mais je trouve que depuis ça n'est plus vraiment un sujet alors que c'est absolument massif. Deuxième défi existentiel, c'est celui du changement climatique. On va devoir dans les dans les années à venir et on l'a déjà un petit peu vécu cet été, la chaleur aujourd'hui nous y nous y replonge. On a vécu dans notre chair la multiplication de ces catastrophes climatiques, les canicules en l'occurrence, mais autres événements climatiques extrêmes.

et je me suis appuyée sur des travaux issus du champ de la collapsologie notamment, mais qui montre à quel point la volonté de survivalisme individuel ne menit nulle part et à quel point nous avions au contraire besoin de liens de solidarité, de liens Pablo Servigne appelle ça les liens voisinotaires avec nos voisins, celles et ceux qui nous entourent pour être plus résilients et résilientes face au changement climatique et donc cultiver une politique de l'amitié qui vous l'avez avez compris est plus ample que ça qui est une politique de lien, d'entraide, de solidarité. C'est aussi une réponse à la société d'aujourd'hui mais aussi à la société qui nous attend demain.

Et c'est ce que j'essaie de montrer dans le livre. Et puis enfin ma la raison essentielle, elle est venue avec les témoignages, c'est de répondre aux injustices que auquelles on peut faire face avec nos relations et aux inégalités matérielles que ça peut engendrer. D'abord parce que on vit dans le système néolibéral mais on vit aussi dans la France de Macron où tout coûte cher et il y a deux obstacles principaux au fait de cultiver nos solidarités, nos amitiés, nos liens avec les gens qu'on aime. C'est l'argent et c'est le temps. Ce sont des conséquences du système économique dominant tel qu'il est promu.

Mais pour l'argent, il y a une personne sur deux dans notre pays qui trouvent que l'amitié, entretenir des amitiés, ça coûte trop cher. Il y a des témoignages édifiants sur la multiplication des cagnottes lit pour les anniversaires, combien ça coûte d'aller à un mariage dans l'été mais donc combien ça coûte d'aller à deux mariages, à des anniversaires et cetera. Et tout ça pour moi est le symptôme aussi d'une société dans laquelle les espaces publics ne tolèrent plus les gens, ne tolèrent plus les simples lieux de rencontre.

Les bancs publics par exemple ont disparu des politiques urbaines parce que le but est de chasser les personnes sans abri, sans domicile qui peuvent y trouver un peu de repos quelque temps et parce que plus globalement les politiques répressives racistes contre les jeunes ont on ont on ont fait disparaître de l'espace public tous ces endroits où il était possible juste de se rencontrer et de passer du temps ensemble gratuitement et sans consommation. Et donc j'ai lu une étude qui montre que les plus pauvres se privent 25 fois plus que les plus riches dans notre pays.

Pas les plus riches, pas les 0 20 % les plus riches au-dessus du salaire médian, de pouvoir aller boire un verre ou aller au restaurant avec des amis dans la semaine. Il en rése il en résulte une privation de liens sociaux qui là aussi est parfaitement inégalitaire etitaire et donc qui accable encore celles et ceux qui sont déjà les plus précarisés et les plus pressurisés. Et puis le temps, c'est la même chose. L'accélération de ce temps, l'accélération de la de la productivité, les discours réactionnaires qui reviennent sur l'augmentation du temps de travail. Il me semble que porter une politique des liens et de l'amitié, c'est aussi porter une politique du temps libéré.

Oui, nous assumons de vouloir toujours les 32h. Oui, nous assumons de vouloir toujours la 6e semaine de congé dans l'année et la retraite à 60 ans. [applaudissements] Et ensuite, parce que dans la France de Macron là aussi, je l'ai dit en introduction, il y a une hiérarchisation des liens sociaux. Les amitiés sont méprisées, elles sont vues comme des liens accessoires alors même que pour certaines personnes, elles sont absolument essentielles. On a ouvert la PMA par la loi aux femmes seules, mais le code civil aujourd'hui, le système sociofiscal n'encourage et n'accompagne encore aujourd'hui que les couples, que les personnes qui font un projet de parentalité en couple.

Et donc, j'ai voulu étudier, essayer de décortiquer, je vais vous en donner quelques-unes, quelques-uns des exemples, décortiquer ces injustices qui se font jour notamment au moment les plus peut-être marquants, difficiles, charnières de l'existence et proposer des des nouveaux droits qui soient à collés. Donc, j'ai commencé par étudier la question de la parentalité de de la de la naissance. En l'occurrence, j'ai parlé des mères seules, j'ai parlé des femmes qui qui peuvent faire des enfants seuls, de la PMA ouverte au aux femmes seules.

Et donc, je propose dans le livre de d'ouvrir le congé [grognement] pour post par tom pour que un ou une amie puisse épauler une femme qui a un projet de parentalité, qui ne voudrait pas le mener seul. [applaudissements][acclamation]

26:23
Non speech

[applaudissements]

26:23
Clémence Guetté

Ensuite, ensuite vient la vie de l'enfant. On est confronté exactement aux mêmes situations et aux mêmes problèmes. Je ne sais pas si vous le savez mais donc dans le code du travail aujourd'hui, il existe un congé pour enfants malades. Jusqu'aux 16 ans de l'enfant, c'est trois petits jours par an. Donc déjà, il faut quand même s'organiser parce que généralement, c'est beaucoup plus que trois petits jours par an si jamais il y a un problème où la personne a le droit de quitter son travail.

Et donc je propose notamment dans le livre de doubler ce nombre de jours de congé pour enfants malades pour toutes les mères qui sont seules parce que non, elles n'ont pas les les jours du conjoint ou de la conjointe pour les accompagner et de pouvoir les transférer là aussi à un ou une amie qui viendrait prendre le relais dans la sphère privée pour s'occuper de l'enfant qui serait malade.

27:12
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

27:20
Clémence Guetté

Autre difficile, la maladie. Aujourd'hui, on a beaucoup parlé des maladies politiques, de leur multiplication. Le nombre de personnes qui sont atteintes d'un cancer, d'une maladie chronique augmente absolument. Euh notre société ne repose que sur la solidarité interindividuelle puisque les services publics sont attaqués. Mais y compris la solidarité interindividuel, elle est pensée avec un biais qui est celui euh de la de la conjugalité et de la famille. Et donc je propose que les le congé pour proch et dents puisse plus facilement être accordé à un ou une amie qui veut accompagner quelqu'un dans une maladie longue.

Et je rappelle que 45 % des malades du cancer, c'est-à-dire presque une personne sur deux, fait quotidiennement appel à un ou une amie pour venir l'aider, pour venir l'accompagner, pour venir passer du temps avec elle ou lui et lutter encore mieux contre la maladie.

28:15
Non speech

[applaudissements] [applaudissements]

28:22
Clémence Guetté

Autre difficile de l'existence et là j'ai reçu les témoignages qui sont peut-être les plus bouleversants. La question du décès d'un ou une amie et la question du deuil qu'on peut ou qu'on ne peut pas faire. Après le deuil amical est complètement sous-estimé. C'est comme un non sujet. le deuil d'un conjoint, d'une conjointe, d'un enfant, tout ça est évidemment pensé dans la société, mais le fait que neuf français sur 10 sont ébranlés voire terrassés après la mort d'un ami ou d'une amie proche dans leur existence n'est absolument pas pris en compte.

Et pourtant, c'est un nombre très conséquent de personnes qui se disent incapables de retourner au travail le lendemain, qui se disent incapables de reprendre la vie comme si de rien n'était. Et puis il y a tout un tas aussi de difficultés matérielles pour celles et ceux qui soit sont en rupture familiale, soit ne s'insèrent pas dans ce modèle de la famille. Ce sont bien les amis qui s'occupent de l'organisation des funérailles, des obsèques, de contacter hôpital, gendarmerie, toutes ces démarches qu'il faut faire.

Et j'ai reçu oui des témoignages absolument bouleversants de gens qui ont été empêchés qui ont dû mentir sur leur lieu de travail pour dire j'ai mon cousin qui est décédé, je dois m'occuper de telle ou telle chose. Ça me paraît une situation absolument inhumaine qui est d à une chose, c'est à cette hiérarchisation symbolique de nos liens. Et donc je propose que le congé pour deuil puisse être étendu aux proches, aux amis, à celles et ceux qu'on aime plus largement en dehors de la famille biologique. [applaudissements][acclamation] Plus largement, j'ai voulu là, je me suis attaqué au code du travail.

Donc évidemment, dès que vous vous attaquez au code du travail, vous vous attaquez au capital à son accumulation. Et donc c'est de c'est de cette proposition d'une série de nouveaux droits au congés. Je vais m'arrêter bientôt. C'est de cette proposition d'une série de nouveaux droits à des congés qui est venu toute la panique morale. Elle est aussi venue d'un autre champ qui est celui de la filiation, de la transmission et de l'héritage. Et c'est pour ça que j'ai proposé dans le livre de créer un pax amical.

On peut vouloir lier sa vie, son existence à un ou une amie sans entretenir de relations romantiques ou amoureuses avec cette personne [applaudissements][acclamation] et vouloir et vouloir affirmer notre solidarité très concrète. Alors, je dois m'arrêter là. Après, il va y avoir une séance de dédicace et on pourra échanger peut-être sur le livre.

Mais ce que je voulais essayer de vous faire saisir, c'est que à mon sens cette question de la politique de l'amitié qui est une petite fenêtre pour rentrer sur la question des liens sociaux permet en réalité très vite de parler de la politique du temps libéré, du travail, permet de parler de nos politiques urbaines, de parler de nos politiques sociales, permet de parler d'héritage, de filiation, de transmission et donc partie intégrante du projet qu'on défend pour la Nouvelle-Fance et en 2027 et j'ai eu dans le cœur en écrivant ce livre la joie de me dire que certes avec la majorité réactionnaire qu'il y a à l'Assemblée nationale, ce projet ne pourrait pas entrer en application tout de suite mais que il y a quand même un horizon de combat et de victoire très prochaine l'année prochaine en 2027 et qu'à ce moment-là on pourra le faire.

[acclamation]

31:52
Non speech

[applaudissements]

31:58
Clémence Guetté

Donc, j'ai apporté j'ai apporté ma pierre à l'édifice de ce qu'on de ce qu'on construit intellectuellement. C'est indissociable d'un projet de rupture. C'est bien pour ça qu'il y a une offensive réactionnaire sur le sujet que j'amène. J'en suis très contente. Je sais que je le fais aussi partiellement avec votre soutien. Je vous remercie beaucoup pour votre attention et puis bonne fête de l'huma et tous. Profitez bien. Amusez-vous bien. [applaudissements][acclamation]