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Chroniquefranceinfo (sur YouTube)· 10 octobre 2026 12 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & électionsÉducation & recherche

"Gabriel Attal est perturbé par la société civile" (Olivier Rouquan)

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Gabriel Attal

Gabriel Atal, on voit bien la primaire, on sent bien quand même que là, ça y est, la campagne, elle est partie, elle a démarré. Gabriel Atal cet après-midi, c'est une grande journée que nous suivrons d'ailleurs sur notre antenne toute toute la journée hein, avec des meetings et avec des prises de parole qui comptent énormément pour lui puisqu'il est plutôt en baisse de régime ces temps-ci. On a entendu Édouard Philippe évidemment notamment chez nous encore à l'heure de vérité. Demain, il y a un grand meeting de Jean-Luc Mélenchon. Bref, on a l'impression que la machine s'est mise en rebroute là, hein. Ça y est. Ouais.

Là, on est sur une forme de bataille à distance des des des meetings, hein. Battle de battle de meeting, mais pas tant à distance que ça. Parce que quand vous regardez la stratégie de Jean-Luc Mélenchon et d'ailleurs il l'assume, c'est d'aller sur les terres de ses adversaires directs. He j'utilise ces expressions en fait. Euh Gabriel Atal qui est donc cet après-midi et vous avez raison, on le suivra en direct sur France Info Canal 16 à partir de 14h30. Il va prononcer un meeting pour tenter de se relancer. Le lendemain même Jean-Luc Mélenchon va lui répondre du côté de Clermontferrand. Lyon et Clairmontferrand c'est pas très loin. C'est en gros un peu moins de 2 heures à vol d'oiseau.

Donc il y a cette côté ce côté stratégie un petit peu de de de marquer à la culotte, désolé pour l'expression mais les adversaires politiques de de Jean-Luc Mélenchon. Et il va faire exactement pareil le 5 décembre Jean-Luc Mélenchon où il va tenir un meeting où ça au Havre, la ville d'Edouard Philippe et il veut tenter en fait de de les de les poursuivre un peu sur sur leur terre. Pourquoi je dis que la la Lyon est une terre euh un peu acquise à la cause de Gabriel Atal ? Parce que même s'il essaie de se démarquer du macronisme et du bilan d'Emmanuel Macron, Lyon était un peu la ville laboratoire du macronisme. C'est là un peu où tout est parti pour Emmanuel Macron.

Euh il se trouve que je suis lyonnais, j'ai beaucoup suivi l'actualité politique lyonnaise. Emmanuel Macron en 2016, il fait une sorte de mitig improvisé au sein de l'hôtel de ville de Lyon en présence des forces vives économiques de la région. Et qui est présent avec lui ? Gérard Colomb, l'ancien maire de Lyon qui deviendra après son ministre de l'intérieur. C'est le premier grand élu local à croire en en Emmanuel Macron Ger à l'époque. Et en fait tout, on va dire les les bases du macronisme partent de Lyon et après sont diffusées dans l'ensemble du pays et bien sûr à à Paris.

Gabriatal, il aura beau dire il faut se démarquer du macronisme, je suis pas un héritier naturel, notamment depuis la dissolution. C'est le discours qu'il tient parce qu'il a toujours pas digéré d'avoir perdu son poste finalement à Matignon à cause de cette dissolution. il est quand même une forme d'héritier naturel du du macronisme et s'il va à Lyon c'est quand même un petit peu en terrain conquis quand même pour lui Gabriel Tal Lyon mais Jean-Luc Mélenchon l'attent en tournant je vous dis demain à Clermontferrand et il attend en tournant aussi euh dimanche à Claironferant et il attend aussi Édouard Philippe au Havre le le 5 décembre. Oui, effectivement.

Donc là, on voit bien, ils se marquent tous la la culotte comme on dit, hein. Euh c'est la campagne est lancée. Euh cette ère de campagne, vous le sentez comment justement vous qui êtes des experts euh et des observateurs de la vie politique ? on le sent quand même perturbé par euh euh la société civile qui se manifeste notamment euh on le voit [grognement] avec euh les lycéens mais euh euh 2e euh problème pour cette campagne, c'est quand même qu'en toile de fond, il y a euh cette question de la dette publique. Or une campagne, ça doit faire rêver. On doit avoir des propositions qui contentent, qui donnent de l'espoir.

Or, avec si le discours doit simplement se dire euh dire pardon euh bon ben on va pas pouvoir faire grand-chose parce qu'il va falloir rembourser la dette, ça réduit considérablement. Ça c'est pas le parti le paris pardon de Jean Mélenchon. il il y va simplement à un moment donné dans la campagne. Au fur et à mesure on va voir que euh il va falloir en permanence justifier h ce qu'on compte faire par rapport à cette toile de fond. Bon donc c'est une campagne sous contrainte par rapport à une population qui est marquée par quoi ? l'inquiétude, la peur et on l'a vu cet été hein, la colère commence à être au même niveau que la peur dépassée.

Donc on est une société civile qui est vraiment en attente, des attentes très fortes et qui a besoin d'espoir, qui a besoin qu'on lui dresse une ligne directrice pour l'avenir, qui fasse un peu envie. Ça ça va être très dur pour tous les candidats, y compris les candidats polarisés parce que leur problème ça va être de dire est-ce que le truc est quand même un peu réaliste ?

Bé Nabli et vous avez tout à fait raison et la difficulté c'est se situe aussi dans la capacité du pouvoir en place à nouer un dialogue avec la société civile à travers ces différents segments puisque précisément vous avez différents groupes sociaux qui se mobilisent actuellement qui avec des revendications propres et forcé de constater la difficulté gouvernementale voireéenne à saisir ce qui se passe. c'est à nouer un dialogue je pas dire constructif moins un dialogue.

Et ça je trouve ça assez remarquable parce que infiner ça risque de nourrir un peu plus la tension ce qu'on appelle un dialogue de sour précisément et c'est et je ne pense pas que ça ne s'explique seulement par la donnée financière ou liée aux finances publiques qui une donnée réelle naturellement c'est au-delà. Il y a il y a une difficulté politique. Lorsqu'on écoute ou on regarde certaines déclarations euh gouvernementales, on on voit on retrouve cette part de déconnexion euh que les Français soulignent d'ailleurs enquête d'opinion après enquête d'opinion entre les politiques et eux-mêmes. Bon, il y a une tentative [raclement de gorge] une volonté d'adaptation.

Parfois, je vous renvoie la semaine qu'on a vécu de face-à à face entre le gouvernement et les lycéens. Et là, on forcé de reconnaître que le gouvernement a évolué dans son discours. Mais s'il a évolué, c'est parce qu'il est parti de très loin. On a vraiment pris acte d'une d'une posture d'une d'une d'un regard strictement policier par rapport à un mouvement qui était de nature sociale. Bon, il a évolué mais on retrouve cette même difficulté de dialogue social comme on dit sur d'autres dossiers. Et là pour le coup, ça sera je pense une source de tension politique. Une tension politique.

Alors vous avez évoqué cette semaine que nous venons de passer avec les lycéens qu'on a évidemment suivi sur notre antenne et puis il y a la semaine à venir. D'ailleurs, nous avons appelé cette séquence politique la semaine de toutes les colères parce que les colères effectivement elles vont s'exprimer cette semaine. Il va y avoir les agriculteurs pour lequels le Sébastien Lecnu a un plan mais qui vont évidemment intervenir. Peut-être encore les lycéens évidemment. Euh nous avons aussi le le personnel aérien.

Euh il y a en fait sur le thème du pouvoir d'achat, sur le thème économique, sur le thème budgétaire, énormément de de sons que nous entendons de de bruits que nous entendons et que de gens que nous croisons d'ailleurs lors de nos reportages et qui nous expriment leur désarrois. Et puis il y a on va écouter Marie-Lise Léon justement, elle dit que ça va être l'automne effectivement de toutes les colères. écoutezla.

C'est intersyndical avec la priorité des priorités, c'est comment on donne à voir et on permet un espace d'expression pour pouvoir pour les les travailleurs qui soient du secteur public comme du secteur privé de pouvoir dire ce qu'ils ont à dire et de dire aujourd'hui on narrive pas pour la plupart d'entre nous on narrive pas à boucler les on n'arrive pas à boucler les fins de mois. Alors effectivement, Marie-Lise Léon parle de ce de ce pouvoir d'achat qui est vraiment une enclume pour le gouvernement et surtout pour la majorité des Français. Elle évoque un automne ponctué de rendez-vous syndicaux et de manifestation. On a évoqué la date du 17 octobre, une de manifestation façon gilet jaune.

Elle elle évoque le 5 novembre où il va y avoir une manifestation avec une intersyndicale à la fois les fonctionnaires, à la fois les salariés. Bref, ça y est, on on rentre dans le dur. Après les lycéens, c'est tout le monde. Le ris, c'est la convergence des luttes, hein, pour le pour le gouvernement, le que qui est une une forme de contagion euh avec le ralbol de nombreux de corps corps de métier, mais aussi de de Français qui souffrent en faisant le plein à la pompe depuis la le début de la guerre au Moyen-Orient. On voit bien que cette situation est loin d'être réglée.

Et puis donc les lycéens maintenant qui sont entrés dans la danse avec cette nouvelle journée de mobilisation mardi euh qui est très importante à l'appel de l'intersyndicale étudiante où là on va voir en fait si le mouvement finalement euh bah continue de prendre de l'ampleur ou si ça retombe un petit peu. Je pense que on a un gouvernement qui joue quand même sur le fait d'essayer de gagner du temps. Il y a des il y a des vacances scolaires qui arrivent quand même à qui approch beaucoup reproché d'ailleurs hein de pouvoir gagner du temps alors à gauche on parle carrément d'une stratégie de de l'étouffement du mouvement et du pourrissement.

J'avais hier François Ruffin sur ce plateau qui dit exactement ça et il va même plus loin en disant il y a uniquement une réponse policière et non pas politique aux revendications des des des lycéens. Voilà ce qu'on partage à gauche.

Après bien sûr du c de l'autre côté de l'échiquet politique, on n'est pas d'accord avec ça et du côté du gouvernement on est un peu coincé parce que quand vous regardez l'allocution c'était jeudi soir de Sébastien Lecornu à Matignon, en fait malgré lui il additionne l'ensemble des revendications dans ce pays, l'ensemble des des des problématiques finalement que que nombre français en disant je vais proposer ça à chacun les agriculteurs, le plan, les lycéens, ça sera dans le prochain budget. Je vous donne rendez-vous à la fin du mois. D'ailleurs, ça ça n'est pas du tout passé du côté des des lycéens.

Je peux vous dire qu' ils sont vent debout en disant "Mais nous on veut du concret et des réponse en en urgence et pas attendre attendre la la fin du mois." Mais en même temps, il est coincé parce queil y a un budget qui est en cours de de de construction. D'ailleurs, je rappelle que le budget a été retoqué discuté à partir de mardi. Il est discuté à partir de mardi. Hier, c'est plus de l'ordre du symbolique, mais il a été retoqué pour sa partie recette en commission. Donc ça commence extrêmement mal hein pour le budget du du gouvernement et de et de Sébastien Lecnu.

Donc voilà tout ça mis bout à bout là c'est extrêmement compliqué et je pense que Marie Lise Léon de la CFDT mais Sophie Binet dit la même chose pour la CGT prend elles prennent peu de risque en disant qu'on va avoir un automne extrêmement social là. Olivier Rouan, votre regard justement sur ce risque que nous évoquons tous de convergence des luttes et de d'agrégation des colères. Ce qui est enfin intéressant, oui, à observer, c'est que c'est l'affaiblissement du politique pour plein de facteurs. C'est-à-dire que la réponse politique ne peut pas être satisfaisante. D'abord parce qu'on est dans ce contexte de la contrainte budgétaire, c'estàd il y a pas les moyens ou il y a plus les moyens.

Deuxièmement, le politique est affaibli parce que la le soutien politique du gouvernement est très faible à l'assemblée mais ailleurs dans le pays. Donc on est sur un un gouvernement qui est très faible politiquement sur le plan de la crédibilité de la et de la légitimité d'opinion. Et donc on est à un moment en effet où en plus on a une société civile, on l'a dit, qui est travaillée par l'inquiétude, la colère et pour l'avenir he pessimisme noir des Français qui se distingue par rapport aux autres États. Tous ces facteurs font que euh le le le la réponse du gouvernement sera forcément en dessous euh des attentes. Et je rajouterai un 4è point pour les lycées très rapidement.

En plus euh la complexité administrative des pays fait que en partie c'est les régions qui doivent apporter une réponse. C'est pas le gouvernement sur la question des bâtiments et de l'entretien euh des lycées. Oui. Donc quand monsieur le Cornu parle, et bien il devrait parler aussi avec un certain nombre de présidents de région sur la réponse.