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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 27 août 2026 8 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSantéÉducation & rechercheSolidarités & famille

Reconstruction de Mayotte : un appel à "ne pas oublier le tissu associatif dans les discussions"

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Défensif 100 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Dans quel état se trouve Mayotte aujourd'hui ?

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Où en est la reconstruction 18 mois après les ravages du cyclone Chido et un an après l'annonce d'un plan quinquennal pour aider les sinistrés ?

  • 0:28ComplaisanteRéponse directe

    Vous êtes infirmière et très engagée dans le monde associatif. Vous êtes la coordinatrice du RIAM, le réseau interassociatif de Mayotte.

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Le chef du gouvernement le dit lui-même, la reconstruction est trop lente. Vous trouvez aussi les conséquences du cyclone se font toujours autant sentir ?

  • 1:49OuverteRéponse directe

    Et justement sur l'eau, la santé, l'alimentation, tout ce que vous avez cité, ça se passe comment ?

  • 1:58FerméeRéponse directe

    C'est quoi ? Je me lève le matin, j'ouvre le robinet, il n'y a pas d'eau ? Ça peut arriver ? Ça arrive souvent ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:06InvitéChiffre
    « un an est pris après la loi aux fondations a été votée, les 4 milliards sont annoncés. »
  • 2:05InvitéFait
    « Les restrictions d'eau, elles sont là depuis un bon moment. »
  • 2:10InvitéChiffre
    « un jour sur trois, on a de l'eau. »
  • 5:30InvitéChiffre
    « il y a 11% seulement des budgets qui ont été investis. »
  • 5:38PrésentateurChiffre
    « sur les crédits votés pour cette année, il n'y a que 12% qui ont été dépensés. »
  • 6:33InvitéFait
    « Il y a des écoles qui ont été reconstruites. »
  • 6:40InvitéFait
    « on a encore des rotations d'élèves qui ne font que des demi-journées de cours ou un jour sur deux. »
  • 6:45InvitéChiffre
    « Il y a même des enfants qui n'ont que deux heures de cours par jour, quand même. »

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur27 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 6h19, dans quel état se trouve Mayotte aujourd'hui ? Où en est la reconstruction 18 mois après les ravages du cyclone Chido et un an après l'annonce d'un plan quinquennal pour aider les sinistrés ? C'est la question du jour, alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu est sur place depuis hier. Bonjour Avlami Ramassami. Bonjour. Vous êtes infirmière et très engagée dans le monde associatif. Vous êtes la coordinatrice du RIAM, le réseau interassociatif de Mayotte. Alors le chef du gouvernement le dit lui-même, la reconstruction est trop lente. Vous trouvez aussi les conséquences du cyclone se font toujours autant sentir ?

0:47
Invité

Alors oui, je pense que la reconnaissance du cyclone se fait surtout, la reconstruction se fait toujours sentir. Et du coup, je trouve que c'est une bonne chose que le Premier ministre vienne nous voir et nous donne des signes d'attention sur Mayotte. Mais on va être juste en fait aujourd'hui, ce qu'on attend, ce n'est pas forcément des visites, c'est des résultats. Et un an est pris après la loi aux fondations a été votée, les 4 milliards sont annoncés. Et pourtant, dans le quotidien, les gens, ça ne bouge pas assez. Le Premier ministre se dit lui-même. Donc une reconstruction beaucoup trop lente. Nous, on le voit vraiment tous les jours sur le terrain en tant que réseau associatif.

Notre réseau, si je peux me permettre de le présenter un petit peu, c'est un réseau qui fédère 55 membres composés d'associations, de fédérations, de réseaux, de structures d'intérêt public, toutes thématiques confondues, donc l'eau, l'alimentation, la santé, l'éducation, l'environnement, la culture, et de toutes tailles confondues aussi. Du petit collectif qui est très fort sur le terrain avec une sorte de frappe pour les bénévoles et des très grandes structures qui font aussi un travail incroyable sur le terrain en tant que structure associative.

1:49
Présentateur

Et justement sur l'eau, la santé, l'alimentation, tout ce que vous avez cité, ce qui fait le quotidien de la vie des habitants de Mayotte, ça se passe comment ? C'est quoi ? Je me lève le matin, j'ouvre le robinet, il n'y a pas d'eau ? Ça peut arriver ? Ça arrive souvent ? Exactement.

2:03
Invité

Ça arrive tout le temps, en fait. Et ça, ça ne date pas de chido. Ça date bien avant, déjà. Les restrictions d'eau, elles sont là depuis un bon moment. Et effectivement, un jour sur trois, on a de l'eau. Donc, je vous laisse imaginer ce que ça peut faire, notamment sur les familles, bien évidemment, mais aussi sur les infrastructures, les infrastructures qui accueillent du public, les associations qui accueillent du public. Je vais revenir toujours un peu sur le prisme associatif parce que je trouve qu'on ne le met pas assez en avant, en fait, dans cette visite aussi.

Ce que j'aimerais remarquer aussi, c'est qu'il y a ces comités qui vont être créés, ce comité interministériel pour suivre les efforts. Et j'invite vraiment le gouvernement à inclure le système, le tissu associatif, les habitants, parce qu'en fait, ça vient du terrain. Et il y a une force de frappe associative, spécialement à Mayotte, incroyable.

2:49
Présentateur

Et pour le moment, vous trouvez que le gouvernement ou les pouvoirs publics en général vous oublient ou ne savent pas se servir de la puissance et la force de praf que représente le monde associatif, justement ?

3:01
Invité

Alors, je ne sais pas s'ils nous oublient ou s'ils ne savent pas servir. Je ne suis pas bien placée pour le dire. Moi, ce que je ressens par rapport à nous sur le terrain, c'est qu'on nous demande de plus en plus et qu'on a de moins en moins de moyens. Quand on regarde ce budget qui a été alloué, à aucun endroit, en fait, il n'y a quelque chose de spécifique, une ligne dédiée pour les associations. Donc, on se dit, mais en fait, la reconstruction ne peut pas passer sans les associations, vu la présence qu'elle peut avoir. Vous parliez de la santé, par exemple. Quand un système de santé est défaillant, qu'est-ce qu'on fait ?

C'est les associations qui font de l'aller vers, qui font de la prévention. On travaille régulièrement avec l'ARS pour quand il y a Ebola qui arrive. Non, j'espère que non, excusez-moi. Ebola qui est là, en fait. Du coup, les associations vont sur le terrain, font de la prévention, informent les gens. Donc, on a eu l'actifoïde, on a le choléra. Donc, oui, je pense qu'on ne se sert pas, enfin, pas on ne se sert pas, mais on ne travaille pas assez en complémentarité, en fait. Et nous, dans ce tissu et ce réseau, c'est vraiment ça qu'on veut mettre en place. C'est de la complémentarité. Et travailler tous ensemble, parce qu'on a chacun un point de vue différent.

Et il est tout autant important, même voire des fois plus important, parce que c'est la population, en fait, qu'on représente.

4:13
Présentateur

Dans le plan qui a été annoncé pour reconstruire Mayotte, il y a des choses vraiment très concrètes. Il est prévu de construire un deuxième hôpital, un nouvel aéroport, une usine de dessalement. Là, ce serait vraiment très, très utile. Est-ce qu'il commence à sortir de terre ou est-ce que ses projets sont au point mort ?

4:28
Invité

Alors, il commence à sortir de terre. L'usine de dessalement commence à sortir de terre, mais vous n'êtes pas sans savoir que là, le projet a été arrêté. Et en fait, c'est super, en fait. Il faut mettre en place toutes ces infrastructures pour Mayotte. Mais ce qu'on ne parle pas, en fait, c'est ce qui anime ces infrastructures, c'est-à-dire les gens qui font le lien dans ces infrastructures et les associations ne sont pas du tout revalorisés. et c'est vraiment très problématique aujourd'hui au niveau financier, en fait, de pouvoir faire les actions. Et c'est ça que j'ai envie de faire passer comme message. On l'entend. C'est que la construction et la reconstruction… Oui, je crois.

La reconstruction de Mayotte ne pourra pas se faire sans l'associatif, sans les Mahorais, sans le terrain. Et il y a vraiment un tissu incroyable. Je le redis vraiment pour animer, en fait, ça depuis un an, avec ce réseau qui s'est construit juste après la reconstruction, justement.

5:19
Présentateur

Mais alors, justement, il y a un plan, il y a de l'argent, il y a 4 milliards d'euros sur la table, il y a des objectifs, il y a des projets. Pourquoi ça coince ? Quels sont ces obstacles dont parle le Premier ministre ?

5:30
Invité

Les obstacles que parle le Premier ministre, c'est qu'il y a 11% seulement des budgets qui ont été investis.

5:36
Présentateur

Oui, sur les crédits votés pour cette année, il n'y a que 12% qui ont été dépensés. Justement, on ne comprend pas pourquoi l'argent n'est pas utilisé.

5:42
Invité

Moi aussi, je ne comprends pas. Et effectivement, quand on nous dit qu'il y a de l'argent qui arrive et vu de l'extérieur, on a l'impression que ça devrait aller. Mais quand on est sur le terrain, on se rend compte que ça ne va pas parce que l'argent n'est pas mis, n'est pas mis en pleine place. Donc après, je pense que c'est structurel. C'est aussi des problèmes qui existent depuis avant Shido, en fait. Donc, c'est l'accumulation, c'est la petite goutte d'eau ou la grosse goutte d'eau parce que Shido a été un vrai traumatisme aussi. Et encore maintenant, on sent les stigmates au niveau de la santé mentale de la population. Donc, c'est voilà.

Je pense qu'il y a des choses structurées qu'il faut prendre en considération. Et je pense qu'il faut, je reviens et je suis désolée de rajouter encore, ne pas oublier le tissu associatif dans les discussions, en fait.

6:24
Présentateur

Et il n'y a pas un coin de soleil dans ce tableau bien sombre ? Il n'y a aucune avancée notable ?

6:29
Invité

Bien sûr, il y a des avancées. Heureusement qu'il y a des avancées. La vie a repris. Il y a des écoles qui ont été reconstruites. Pas toutes. Malheureusement, on a encore des rotations d'élèves qui ne font que des demi-journées de cours ou un jour sur deux. Il y a même des enfants qui n'ont que deux heures de cours par jour, quand même. Et donc, bien sûr, la vie a repris. Et en fait, cette synergie qui a pu se créer au niveau de la collectivité, au niveau des habitants, et des associations qui se sont retrouvées, qui se sont dit « Ensemble, il faut qu'on fasse avancer les choses », je pense que ça, c'est un vrai signe, en fait. C'est une vraie volonté.

On a quand même 55 membres qui représentent quand même pas mal sur le tissu, que ce soit des emplois aussi, parce qu'on représente des emplois. Mais on est le lien, en fait. On n'est pas des murs, on n'est pas des infrastructures. On en a besoin. Mais ce lien-là, en fait, il faut qu'on le garde parce qu'on peut construire un hôpital, mais s'il n'y a personne pour y travailler, ça va être compliqué. Il faut construire des écoles, mais s'il n'y a pas de professeurs, ça va être compliqué.

7:32
Présentateur

Merci beaucoup, Avlami, Ramassami. On l'a bien compris, très engagée dans le monde associatif. Vous êtes la coordinatrice du RIAM, le réseau interassociatif de Mayotte. Merci d'avoir été en direct avec nous sur France Inter.