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interviewBFMTV — BFM Politique· 3 juillet 2022 48 min

Éric Coquerel, député LFI-Nupes de Seine-Saint-Denis, présidence de la commission des finances - 03/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:07
Présentateur

On y va. Éric Coquerel, merci d'être avec nous. C'est donc la première fois que vous vous exprimez à la télévision suite aux rumeurs dont vous faites l'objet concernant votre comportement avec les femmes, notamment depuis la prise de parole, on l'a entendu de Rocaille à Diallo, jeudi soir. Alors vous expliquez dans le JDD ce matin ne jamais avoir eu de comportement délictuel à l'égard des femmes. On va essayer de bien comprendre de quoi il est question. Donc tout d'abord, première question, vous niez donc ces rumeurs, ces accusations, vous n'avez jamais eu ce type de comportement à l'égard des femmes.

0:37
Éric Coquerel

Je vais répondre aux questions, pas de souhait, mais je voudrais juste revenir sur un fait. Vous dites, c'est la première fois que je vais intervenir sur une télé après la sortie de Rocaille à Diallo. Est-ce que vous pouvez préciser pourquoi je suis ici aujourd'hui ?

0:49
Présentateur

Vous êtes ici parce que vous êtes invité, notamment suite à votre élection à la tête de la Commission des Finances.

0:53
Éric Coquerel

Je donne juste le contexte politique.

0:56
Présentateur

Je suis ici. C'est-à-dire qu'on vous a invité en milieu de semaine ? Parce que vous m'avez invité en milieu de semaine,

1:00
Éric Coquerel

parce que sinon personne ne va comprendre pourquoi je n'étais pas sur des télés avant. Vous m'avez invité en milieu de semaine. Et comme ça se fait traditionnellement, quand il y a un événement, on demande à quelqu'un de réserver son exclusivité à cette chaîne. Et vous m'avez invité pourquoi ? Parce que s'est déroulé un événement historique, que je juge historique, c'est-à-dire que... Et on y reviendra, mais laissez-moi finir. Dans la foulée de cette émission. C'est qu'en tant que porteur d'une politique de rupture à gauche au nom de la NUPES, j'ai été élu à la tête de la Commission des Finances.

Et ce fait-là aujourd'hui, parce que Rocaïa Diallo, Madame Diallo, a le soir même rendu publique une rumeur qui courait sur les réseaux sociaux depuis des années, qui ne s'était jamais exprimée sur des médias, et qui à partir de là, c'était pas très agréable pour moi, mais resté circoncis, parce qu'elle a rendu une rumeur basée, et je vais y venir, sur aucun fait, aucun témoignage, aucune plainte, aucun signalement. Je me retrouve avec le fait que nous secondarisons quelque part, nous rendons secondaires. Rien n'est secondaire, on en parlera après, simplement on commence par... Vous avez fait le choix d'en parler dans le journal du dimanche, vous êtes sur BFM TV et vous en parlez.

Je vais vous dire ça parce que je ne vais pas aujourd'hui vous parler, j'allais dire des effets humains que peuvent susciter une telle affaire quand on est projeté ainsi sur les télés, et ramené au rang de je ne sais quel agresseur. Moi je viens ici en politique. Le premier résultat politique de ce qui se passe, et après chacun jugera, c'est que ce fait important, puisque qui donne à la gauche le rang de première opposition, se retrouve dans un sujet secondaire. Maintenant je vais répondre à vos questions, mais moi je trouve que c'était important de le dire.

2:40
Présentateur

Et donc vous considérez que ces accusations-là sont politiques ? Qu'on cherche à vous nuire à contacter ces politiques ?

2:45
Éric Coquerel

Je pense que cette sortie, excusez-moi, elle a été faite à un moment, elle aurait pu être faite avant que je sois député. On a jugé que ce n'était pas un sujet. Donc elle est faite à un moment où ce sujet-là, central, pour la première fois un député NUPES et les filles élus à la présidente de la commission des finances, se retrouvent sur un sujet secondaire. Maintenant je vais répondre à vos questions. Alors donc allez-y, ces accusations. Je tenais juste que ça en préalable. Donc première chose sur les accusations. Moi je m'en tiens, il y a eu des enquêtes journalistiques sur moi depuis plusieurs années, peut-être que BFM en a fait, je ne sais pas, sur des médias sérieux.

Aucune n'a débouché. Pourquoi aucune n'a débouché ? Parce que la rumeur n'a pas suffi pour les journalistes, et fort heureusement, et d'ailleurs je salue la qualité professionnelle des journalistes qui l'ont fait, mais ils ont cherché des faits. Au moins à un moment donné, un témoignage circonstancié, vérifié, qui valait de dénoncer publiquement quelqu'un, parce que je trouve que la presse a plutôt bien agi, on ne met pas comme ça le nom public de quelqu'un sur la base de rumeurs.

Hier, le journal Mediapart, qui avait déjà enquêté sur moi une première fois, et qui n'ayant rien trouvé, avait estimé effectivement, parce que justement, ce n'était pas le boulot de la presse de mettre un nom comme ça, s'il n'y avait rien, a refait une enquête. Comment conclut cette enquête ? 14 personnes susceptibles d'avoir reçu des témoignages, d'avoir été concernées, ont été interviewées. Aucune piste n'a abouti à ce stade. Aucun signalement, aucune procédure formelle, aucune enquête de presse n'est venue le confirmer. Mais voilà ce que dit, dans un article que chacun, je pense, jugera sans concession, y compris vis-à-vis de les filles, etc.

– Monsieur Coquen, si on veut être très clair pour ceux qui nous regardent,

4:29
Présentateur

vous n'avez jamais eu de comportement délictuel déplacé avec les femmes ?

4:33
Éric Coquerel

– Absolument, c'est ce que j'ai dit dans la tribune, c'est ce que je répète aujourd'hui. Je n'ai jamais eu de ma vie, et c'est quelque chose que j'aborde, quelque chose qui pourrait s'apparenter à un comportement, que ce soit harcèlement, c'est-à-dire pour obtenir par la force quelque chose, viol psychique ou physique, quelque chose qu'on ne souhaite pas vous donner. Évidemment, agression et viol, etc., c'est encore pire. Donc je n'ai jamais... – Des gestes déplacés ? – Je n'ai jamais commis ces comportements qui vaut...

C'est bien normal, sans même attendre la justice, ça je suis d'accord, on en parlera après sur ce que moi je pense du mouvement MeToo, et c'est bien normal, mérite à partir de là d'être dénoncée publique.

5:12
Présentateur

– Sauf que monsieur Coquen, là encore pour que les gens comprennent très précisément, on a, notamment depuis ce matin, un témoignage direct, celui d'une femme qui s'appelle Sophie Tissier, elle est militante de gauche, elle raconte avoir été précisément victime de comportements déplacés de votre part en 2014. Voilà ce qu'elle dit à BFMTV, il voulait tout le temps me faire danser, il me prenait par la taille, m'effleurait les fesses. Je lui ai fait comprendre que ça me gênait, mais après, quand on est allé en boîte, il a continué, il revenait à la charge, il a un côté prédateur. Précisément, cette femme évoque le comportement déplacé.

5:42
Éric Coquerel

– J'ai compris qu'elle allait faire un signalement sur LFI.

5:44
Invité

– Elle l'a fait, elle l'a contacté. – Oui, le comité a été saisi, en effet.

5:48
Éric Coquerel

– Comme Sophie Tissier est quelqu'un qui a été aussi interrogé par des médias depuis 4 ans, que par exemple, encore il y a quelques jours, et le JDD l'explique, elle a proposé deux témoins au JDD pour aller vérifier ses dires. Le JDD, aujourd'hui, dit qu'il a appelé ces deux témoins qui ont non seulement infirmé ses dires, mais les ont même contredits sur cette fameuse soirée où je nie avoir eu les gestes déplacés qui sont décrits.

6:14
Invité

– Pour être clair, vous la connaissez ?

6:17
Éric Coquerel

– Oui, bien sûr, je la connais.

6:17
Invité

– Vous vous souvenez de cette soirée ?

6:19
Éric Coquerel

– J'en parle dans Mediapart.

6:20
Invité

– Et vous contestez l'ensemble de ce qu'elle vous reproche ?

6:24
Éric Coquerel

– Attendez, on est arrivés ensemble avec Sophie Tissier dans cette soirée. C'est une soirée où il y avait plein de monde, d'accord ? Il y a eu une soirée un peu, j'allais dire, comme dans des boîtes, je ne dis pas avoir dansé avec elle, mais ce que je nie absolument, c'est tout ce qui pourrait justement s'apparenter à des gestes déplacés, des gestes, on va dire, de drague agressive, même si vous voulez, et qui pourraient après, parce que c'est le seul témoignage aujourd'hui qui tout d'un coup sort maintenant, qui pourrait après valoir le fait que, ah bah oui, ma réputation est justifiée, tenez, il y en avait un.

Eh bien, je vous dis que je l'ai contredit, les témoins l'ont contredit, et elle, hier, dans Mediapart, puisqu'elle a rechangé d'avis, explique, je cite, je la cite là, « Ce n'était pas une agression, et si je n'avais pas souhaité saisir la cellule et les filles à postériori, c'est que ce n'était pas suffisamment grave. » Voilà ce que dit Sophie Tissier. Alors maintenant, elle rechange de version, elle peut le faire, elle va aller devant, on a toujours dit qu'on était prêt à prendre des signalements, donc elle va poser son signalement, et à partir de là, on va vérifier les faits. Est-ce que vous diriez que vous êtes victime

7:26
Invité

d'une vengeance personnelle ?

7:28
Éric Coquerel

Pardon ?

7:28
Invité

Vous êtes victime d'une vengeance personnelle, est-ce que vous irez vous expliquer au prévu du comité de la France Insoumise ? Pour essayer de comprendre pourquoi ça vous arrive.

7:36
Éric Coquerel

Eh bien, c'est pas... Pourquoi maintenant ? Mais vous me dites, est-ce qu'il y a des vengeances personnelles ? Alors je vais être très clair sur cette affaire, et sur la manière dont, depuis le début, tout ça se passe. Moi, ce que je crois, c'est qu'il est absolument nécessaire, et je le fais encore, de continuer à affirmer son soutien plein et entier à la libération de la parole des femmes. Oui, mais sauf que M. Coquerel, précisément, là vous dites,

7:59
Présentateur

cette femme produit un témoignage, et vous dites, il est faux. Alors que d'habitude, dans votre camp, on entend cette phrase disant, il faut croire la parole des femmes.

8:08
Éric Coquerel

Non, non, on protège la parole des femmes, on la porte, on parle beaucoup du principe de précaution. Elle va porter la parole, sa parole, qu'elle n'avait pas souhaitée précédemment porter, parce qu'elle-même disait qu'il n'était pas suffisamment grave, donc maintenant, on est sur le sujet, elle va la porter, elle va être protégée pour la porter, elle va donner les faits, mais vous me permettrez, à un moment donné, de mettre d'autres faits en face. Lesquels ? Eh bien, je vais vous le dire. Par exemple, elle dit d'avoir des témoins qui contredisent tous ces versions, et qui d'ailleurs, j'ai regardé, aujourd'hui, s'expriment déjà sur Twitter.

Moi, de la même manière, il y aura des témoins par rapport à cette soirée qui confirmeront qu'il n'y a pas eu aucun geste déplacé par rapport à ça. Elle dit, elle dit, M. Coquerel m'a envoyé des textos, y compris pour le rejoindre dans sa chambre d'hôtel, ce que je contredis. Mais alors, totalement. Des messages anti-store, dit-elle. Elle dit qu'elle n'a pas les textos. Moi, je trouve que j'ai des textos, de ce ficticier, trois semaines après, excellemment gentil avec moi, qui me rejoint à la fête de l'Humanité. Et elle va avoir des textos de ce type, et je les ai, ils ont même été déposés à l'époque où il y a eu, un peu après-causette, chez un avocat.

Donc, moi, j'ai des textos qui montrent que pendant des mois et des mois, ce ficticier avec qui j'avais d'excellents rapports, disons, n'entretient pas des rapports avec moi qui seraient celles de quelqu'un qui continue à parler avec un agresseur. Donc, on va vérifier tout ça. Je le dis. Dans ces conditions. Je conteste cette version des faits. Tout comme je conteste, tout comme je conteste, tout comme je conteste, le fait que la rumeur, et là, c'est pas seulement moi qui le fais, parce que plein de journalistes l'ont dit, s'appuierait sur des éléments... Est-ce que vous allez porter plainte ? Est-ce que du coup, en vous écoutant,

9:46
Invité

est-ce que vous allez porter plainte ?

9:48
Présentateur

Pour diffamation, on précise contre ce témoignage.

9:50
Éric Coquerel

J'ai cru comprendre que Jean-Luc Mélenchon avait annoncé que... Parce que là, on parle d'un contexte, mais il y a tout et n'importe quoi en ce moment qui sort sur Internet, à mon propos, depuis je ne sais combien de temps, des trucs complètement à bras calabrant qui ont été présentés à la presse. Alors, heureusement, la presse, là encore, a fait son boulot, parce que ce qu'il faut dire derrière ça, c'est qu'une juste cause, comme le mot MeToo, peut avoir des gens qui l'instrumentalisent, y compris pour des raisons politiques. Ça arrive. On n'est pas dans un monde de bisounours. Et moi, par exemple, j'ai subi ça... Excusez-moi, j'ai soif. J'ai subi ça avant les législatives.

Mais juste sur ce sujet, est-ce que vous allez porter plainte contre ce féticier ? Écoutez, je vais regarder le dossier,

10:24
Présentateur

je vais voir. Et donc, vous n'excliez pas de porter plainte pour diffamation ?

10:27
Éric Coquerel

Oui, non, je n'exclu pas de porter plainte pour diffamation. Mais tout comme d'ailleurs, le mouvement envisage maintenant de porter plainte sur tous les gens qui se répandent en calomnie absolument non vérifiée, absolument inventée sur Twitter et les réseaux sociaux depuis quelque temps. Monsieur Coquel,

10:41
Présentateur

ce qui est très frappant, c'est qu'en réalité, on vous pose aussi cette question-là au nom de la façon dont on réagit, certains dans votre camp, dans d'autres affaires de violences sexistes et sexuelles. On entend notamment, on a vu cette expression, précaution. Sandrine Rousseau utilise cette expression concernant l'affaire Damien Abad. On a un peu le sentiment qu'il y a un deux poids deux mesures. C'est-à-dire que quand c'est d'autres familles politiques, là, c'est principe de précaution. Mais par contre, quand c'est vous, c'est prudence, c'est attention à la rumeur. C'est bon, c'est bon. Non, mais attendez, c'est la question que se posent les gens qui n'ont rien.

Est-ce que les situations sont comparables ?

11:09
Éric Coquerel

Vous allez me laisser répondre sur ce sujet-là. Bien sûr, d'accord. Vous êtes là pour ça. Là, ce matin, arrive ce signalement dont je vous dis que je le conteste, d'accord, qui a été contradictoire dans le temps. Encore hier, il l'était dans ses affirmations et qui donc, on peut considérer que de le prendre entre guillemets avec des pincettes par rapport à la véracité. J'ai été victime pendant des mois, d'accord, de rumeurs à partir de absolument rien. Les journalistes l'ont vérifié. Il n'y avait aucun témoignage. Et c'est des rumeurs par rapport à des comportements.

Et ce fictit, il dit ce matin, elle dit je le dépose, je dépose, mais à aucun moment ce n'était des gestes légalement réprensés. Là, on essaie d'avancer, M. Cochret, et de comprendre pourquoi vous êtes parfois si dur à l'encontre de personnalités d'autres parties prises dans la tourmente. Et pourquoi là, vous défendez la présomption d'innocence

12:00
Invité

que vous ne défendez pas toujours par ailleurs.

12:02
Éric Coquerel

Vous faites une comparaison avec Abad et autres. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard parce que sur les réseaux sociaux à un moment donné, quand M. Abad se retrouvait, le ministre Abad se retrouvait par exemple en question, on sortait opportunément le cas en disant tiens, Mediapart n'a pas enquêté sur M. Cochret, tiens, c'est bizarre, alors même qu'il n'y avait aucun fait, Mediapart n'en a enquêté, il a donné le résultat que je vous ai donné tout à l'heure.

Donc vous ne pouvez pas comparer à aucun moment un ministre qui se retrouve avec des plaintes effectives pour viol, des témoignages pour viol sortis dans les journaux et quelqu'un qui pendant des mois a subi des rumeurs calomniatrices à partir d'aucun fait et qui là tout d'un coup retrouve ce matin un signalement d'une personne qui n'avait jamais jusqu'à maintenant voulu signaler sur des faits dont elle dit qu'ils ne sont pas répréhensés.

12:48
Invité

Mais si ce principe de précaution dont parlait Benjamin que demande Mme Rousseau, que demande Mme Rousseau, je voudrais juste finir ma phrase, s'il s'appliquait à vous ce principe de précaution, on pourrait considérer que sur la fois de simples rumeurs, vous devriez vous mettre en retrait aujourd'hui de votre poste

13:03
Éric Coquerel

de la connaissance des finances. Je ne pense pas qu'il faille surtout sur un sujet où, et c'est juste, on pense que la justice est toujours préférable mais qu'à un moment donné il faut mettre en place des structures internes, notamment nous l'avons fait avec les cellules d'écoute qui permettent justement de prévenir voire même de guérir ce genre de comportement. Mais ça ne peut pas se faire à partir des rumeurs. Parce que si vous commencez à dire que les choses se font... Donc ça se fait en justice et donc c'est la présomption d'innocence. Vous commencez à organiser sur les réseaux sociaux des rumeurs sur vous trois, d'accord ? À partir d'aucun fait. Mais monsieur Cochrane...

Et puis on va dire... Attendez, laissez-moi faire, Benjamin. On va organiser ça et puis après je vais me tourner vers votre rédaction et je vais dire mais principe de précaution, rendez-vous compte de cette rumeur qui vous accuse de je ne sais quoi dont vous devez virer de BFM. Et donc, c'est ce qui vous arrive... Est-ce que ce qui vous arrive

13:53
Présentateur

vous fait voir avec des lunettes et des yeux différents la façon dont certains dans votre camp ont pu parfois gérer ou réagir à des accusations

14:02
Éric Coquerel

comme celle-ci ? Mais ce que je... Non mais attendez, encore une fois, ce qui me fait réagir, les leçons que je tire de tout ça, parce qu'il y en a plusieurs, c'est que d'abord, il ne faut pas à un moment donné être naïf. Je le répète, MeToo est une révolution absolument nécessaire, à la fois pour débusquer les prédateurs, mais aussi, c'est peut-être un sujet que j'aurais abordé tout à l'heure, pour faire en sorte que nous élevions tous notre conscience par rapport à des dominations masculines que nous reproduisons, même s'ils ne s'appliquent pas, j'allais dire, sur des comportements répréhensibles et même sur des comportements consentis en tant qu'hommes de pouvoir.

Tout ça est absolument nécessaire. Mais dans le même temps, nous devons nous garder au nom de la justice et au nom aussi de ne pas, j'allais dire, dévaloriser la parole des femmes qui sont réellement victimes de violences. Nous devons nous fixer certaines règles.

14:52
Invité

Est-ce que M. Pecret... Par exemple,

14:53
Éric Coquerel

je termine là-dessus, les règles, c'est de savoir que oui, ce genre, même une cause juste comme MeToo peut être à un moment donné instrumentalisée pour X raisons. Ça, c'est déjà un principe

15:03
Invité

de question. Deuxième chose,

15:05
Éric Coquerel

non, il ne suffit pas de la rumeur. Et c'est là où moi, j'interpelle Mme Diallo. Parce que Mme Diallo, elle a été victime de rumeurs sexistes et racistes. À son encle.

15:13
Présentateur

Mme Diallo, juste pour ceux qui nous regardent, militante de gauche, féministe, antiraciste, voilà, on peut, comment dire, assez peu accuser de vouloir vous créer du temps. Non, je me suis retrouvée avec elle dans l'éthique de mobilisation.

15:23
Éric Coquerel

Je suis sûr qu'elle agit de bonne foi par rapport à des témoignages qu'elle a rendus. Mais instrumentalisée par qui à ce moment-là, Éric Tocalle ? qui est intervenue hier dans Mediapart, explique qu'au bout d'un moment, tout ça, c'était du oui-dir, dit-elle, avec le fait des gens qui se renvoyaient en comité assez restreint une réputation sans aucun fait. Donc, j'en veux pas, j'en veux pas. Je pense qu'elle aurait dû, en tant que journaliste, vérifier un temps soit peu les choses.

Mais elle a sorti quelque chose qui n'était basé sur rien, qui a produit l'effet que je vous dis, parce qu'il n'y aurait pas eu ça, jamais, le signalement de Mme Tissier qui tape aux portes de toutes les rédactions pour sortir sa rédaction. Vous en avez parlé

15:58
Invité

avec Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce que vous en avez parlé

16:00
Éric Coquerel

avec Jean-Luc Mélenchon ? Non, laissez-moi terminer. Ça ne se serait pas passé. Donc, je voudrais terminer là-dessus. La rumeur ne suffit pas. Parce que si vous estimez, et c'est un point de droit et de philosophie, que la rumeur suffise, chacun apprendra le nom de la Mme Tissier.

16:13
Invité

Il y a quelque chose d'un petit peu flou, simplement, dans cette tribune. C'est que vous semblez faire un tout petit peu de contrition, disons, sur votre comportement par le passé avant le mouvement MeToo. C'est-à-dire, avant que vous n'ayez réellement compris qu'il y avait une révolution culturelle et vous dites, à ce moment-là, un ami m'a dit, les hommes de 50 ans, vous ont dit que les hommes de plus de 50 ans, quand on avait le pouvoir, ne pouvaient plus se comporter exactement de la même façon. Est-ce que, sans que ce soit répréhensible au regard de la loi, il y a des comportements que vous regrettez, simplement, et vous dites, dont acte, j'ai compris certaines choses ?

16:47
Éric Coquerel

On ne parlait absolument pas de comportement délictuel. On ne parlait absolument pas de comportement ou de relation, d'ailleurs, parce que je parlais aussi de...

16:55
Invité

Alors, on serait plus sur la morale, en effet, que sur la justice. Non, non, non,

16:59
Éric Coquerel

ce n'est même pas une question morale. On ne parlait pas non plus de comportement non consenti. On parlait de relation entre des personnes. Simplement, là où elle m'ouvre les yeux. Et ça date d'avant MeToo, parce que moi, je ne me suis jamais figuré que j'étais un homme de pouvoir. Ça peut être vous étonner, mais je ne me suis jamais vécu comme ça. C'est que je n'avais plus 40 ans et je n'étais plus un militant de base. Et qu'à partir de là, mon rapport avec des militantes, des personnes, changeait.

Et d'ailleurs, le rapport aussi de ces militantes vis-à-vis de moi pouvait changer et que je devais en prendre compte justement pour le coup, pour prévenir de tout ce qui aurait pu, tout ce qui pourrait arriver. Ça, quelque part, je l'ai dit, ça m'a ouvert les yeux. Et c'est très certainement ce qui m'a permis aussi, je crois que tout le monde en conviendra, d'être certainement un des députés de l'Assemblée nationale les plus attentifs et les plus respectueux. Voilà, parce que j'ai entendu des trucs, les gens ne pouvaient pas prendre l'ascenseur avec moi, enfin, j'ai une collaboratrice ici.

Je vous explique pourquoi j'en suis arrivé là, mais ce n'est pas de la contrition, c'est le fait que le mouvement mit tout, non seulement c'est une révolution et je trouve ça positif et quelque part, même si là, pour le coup, j'en suis une victime collatérale, ce n'est pas très grave, comme toute révolution... Est-ce que vous pourriez dire

18:09
Invité

j'étais un séducteur mais pas un prédateur ? Ça résumerait votre pensée ou pas ?

18:13
Éric Coquerel

Oui, et un séducteur, qui peut d'ailleurs... Un séducteur, en aucun cas, c'est quelqu'un qui peut se retrouver à partir du moment où on est dans des actes consentis, d'ailleurs, ce n'est pas seulement une séduction, c'est-à-dire pour un rapport, ça peut être aussi une séduction. Léa Chabbi parlait hier, politiquement, de la manière dont la députée européenne, dont je l'ai abordée la première fois, d'égal à égal, etc.

Donc, ça peut être aussi ce genre de rapport, ce qui fait d'ailleurs que je vais vous dire une pause, parce que j'ai des rapports maintenant moins spontanés avec les gens, parce que je comprends que je suis obligé de le faire et je pense que tout homme de pouvoir doit s'obliger à le faire pour essayer de corriger cette domination masculine que nous portons. Monsieur Coquette,

18:47
Présentateur

avant la question d'Edwis Chevrillon, donc pour être très clair, comportement délictuel, vous dites non, mais sur la morale, le comportement, jamais de drague lourde, jamais d'excès dans les rapports aux dragues agressives, comme disait un de vos... Non. Jamais. Non.

19:03
Éric Coquerel

Les choses sont claires. Edwis Chevrillon.

19:04
Invité

Non, ma question, c'était juste, vous en avez parlé avec Jean-Luc Mélenchon, qu'est-ce qu'il vous a dit ?

19:08
Éric Coquerel

Il l'a dit sur Twitter, je veux dire, vous trouvez... Vous avez déjà dit, j'en ai pas seulement parlé avec Jean-Luc Mélenchon, vous trouvez quelqu'un qui, sur la foi des rumeurs, se retrouve dans la situation et comparez même par vous, comme vous l'avez dit, avec des ministres accusés de viol par plainte. Non, moi je ne comparez pas les profits, je comparez les réactions dans votre corps. Oui, d'accord, mais si vous comparez les réactions, c'est que vous comparez...

19:27
Invité

Non, non, ça n'avait rien à voir.

19:29
Éric Coquerel

Non, non, mais si, si, je vous écoute, moi, vous savez. Quand vous faites...

19:31
Invité

Non, on répète depuis ce matin qu'il n'y a pas d'affaires Coquerel. Bien sûr. Il y a peut-être un problème.

19:35
Éric Coquerel

Oui, mais là, vous êtes en train... Là, ce n'est pas l'interview que vous êtes en train de faire. Quand vous dites que vous comparez les réactions vis-à-vis d'un ministre accusé par trois personnes de viol et les réactions vis-à-vis d'un militant dont une rumeur ne s'étaye sur aucun fait par rapport à des comportements...

19:52
Invité

Précisément, est-ce que vous pouvez nous dire juste, monsieur Coquerel ? Non, non, mais il n'y a aucun signalement, il n'y a aucune plainte. S'il devait y avoir une plainte, est-ce que vous démissionneriez de la présidence de la Commission des finances ?

20:03
Éric Coquerel

Alors qu'une plainte devant la justice sur des faits étayés tombe, et on verra. Mais moi, je vais vous dire une chose. Je pense qu'avant la plainte, il va... C'est vous qui allez porter plainte. Si les choses vont trop loin... Là, hier, je l'ai dit dans Mediapart que je ne souhaitais pas...

20:18
Invité

C'est vous qui voulez porter plainte.

20:19
Éric Coquerel

Je ne souhaitais pas porter en diffamation parce que je pensais notamment à Rocaille Adialo et que vous savez très bien que la bonne foi permet souvent à des personnes qui sont attaquées en diffamation de ne pas perdre un procès et Rocaille Adialo. Je n'ai pas envie de faire. Est-ce que s'il y a une plainte ? Vous démissionnez de la présence de la Commission des finances. La question est assez claire. S'il y a une plainte devant la justice, eh bien allons-y.

S'il y a une plainte devant la justice qui est étayée sur autre chose que ce qui est en train d'être portée, c'est-à-dire une personne qui explique, je cite, et ça m'étonnerait beaucoup du coup qu'elle porte plainte puisqu'elle dit elle-même qu'elle fait un signalement parce que à partir de là, je serai fort étonné que ça se transforme en plainte. Alors là, je ne comprendrai plus les choses. Donc je vous dis, je ne crois qu'il n'y aura pas de plainte. Je crois qu'il va y avoir ce signalement et que face à ce signalement avec les éléments concrets que j'ai en ma possession, avec les témoignages que j'ai en ma possession, tout ça va faire pchit.

21:13
Présentateur

Voilà ce que je pense. Une dernière question sur ce sujet, M. Coquerel. Comment est-ce que vous vous sentez, vous ? Vous êtes pris dans cette tourmente, dans ce tourbillon. Est-ce que vous avez du mal à dormir la nuit ? Est-ce que vous refaites des scènes en vous disant peut-être que j'aurais dû agir différemment ? Non, je ne dirai pas là-dessus. Plus personnellement. Mais si, si, je pense que ça intéresse ceux qui nous regardent.

21:30
Éric Coquerel

Mais non, non, non, j'ai le droit de répondre en politique. Là, je pense que tout le monde est venu. On vous a senti ému dans ce début d'émission. Bien sûr qu'on est ému. Bien sûr qu'on est ému. Mais je ne dirai pas là-dessus parce que je n'ai pas envie de ramener mon cas à un cas personnel. Bien évidemment. Je veux dire, si moi, demain, je vous expose à quelque chose de ce type et que vous le savez que vous êtes parfaitement innocents, vous allez être ému. Mais je ne souhaite pas rentrer dans ce genre de choses parce que je suis là en politique. Je suis là en politique pour essayer de tirer aussi les conclusions de ce qui se passe. C'est votre dernière intervention à ce sujet ?

Oui, à la fois.

21:58
Invité

Après ça, vous comptez ne plus en parler du tout la page est tournée ? Bien évidemment.

22:01
Éric Coquerel

À la fois, pourquoi ? Parce que je ne veux en aucun cas que ce qui se passe vis-à-vis de moi desserve le mouvement V2. Donc ça, c'est une ligne de conduite pour les deux raisons que je vous ai dites et avec le fait que non, par rapport à un ministre, par exemple, eh bien, à certains moments, on peut considérer que même sans aller devant la justice, quelqu'un peut être enquêté, quelqu'un peut être interrogé. Donc ça, c'est une première chose. Et deuxièmement, sur l'éveil des consciences qu'a provoqué Mito. Pour conclure ce que vous avez dit, M. Coquerel, juste quelque chose qui m'interpelle. M. Zogareux, M. Nathalia, après on va aller en plus bas.

22:30
Invité

Juste quelque chose qui m'interpelle. On entend souvent dans les mouvements féministes et au sein de la France insoumise « Les femmes, on vous croit ».

22:37
Éric Coquerel

Oui.

22:38
Invité

Est-ce qu'il faut croire les femmes de façon systématique ? Oui, mais...

22:42
Éric Coquerel

Alors, il faut protéger la parole des femmes de façon systématique et après, évidemment, on vérifie. C'est-à-dire, il y a une tribune très intéressante... Mais donc, il ne faut pas les croire systématiquement. Vous êtes allé un peu trop loin aussi à la France insoumise. Il y a une tribune très intéressante de Sandrine Rousseau hier qui donne des pistes pour pouvoir encore améliorer les problématiques d'interpellation sur des violences sexuelles et sexistes. sans passer par la justice. Elle parle notamment d'instituer une autre autorité. Elle parle par exemple de ce système contraire du droit. Pourquoi vous ne dites pas que vous êtes allé trop loin parfois,

23:12
Invité

M. Coquerel, à la France insoumise et que maintenant, vous êtes là de la prudence ? À quoi avons-nous été trop loin ? Là, vous avez parfois

23:16
Éric Coquerel

condamné de façon très rapide

23:19
Invité

d'autres personnes. Par exemple, M. Abad, dont on parlera ensuite.

23:22
Éric Coquerel

Donc, vous refaites une comparaison. M. Abad, c'est pas France insoumise qui a condamné M. Abad. Il se trouve qu'il y a des témoignages de vos confrères de Mediapart des témoignages de vos confrères de Mediapart qui sont quand même, et là encore, ils viennent de le prouver, considérés avec tout un moment d'un hybride ou comme, j'allais dire, ce qui se fait de mieux en termes d'enquête sur ce type. Il y a des plaintes devant la justice pour viol. Donc, excusez-moi, on n'est pas du même niveau. Et je vais vous répondre. Vous vouliez me réinterroger sur Abad, je vais le faire tout de suite. Non, non, M. Coquerel, là, on va faire une petite pause et on reprendra juste après. Bon, si vous voulez.

23:51
Présentateur

Dans quelques instants, on reprend. Quelques minutes, restez là, on a plein de sujets à aborder avec M. Coquerel. On est toujours avec Éric Coquerel, président de la Commission des Finances, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, juste pour reboucler ce qu'on abordait juste avant la publicité et avant, je vous promets qu'on va aller sur les sujets politiques. Ce qui frappe, c'est que ces accusations, que ce soit Sophie Tissier, Rocaille à Diallo, tout ça, ça vient de votre camp. On ne peut pas... Vous dites au fond, comme par hasard, ça arrive au moment où je suis président de la Commission des Finances. Alors déjà,

24:29
Éric Coquerel

ils n'ont pas le même type d'accusation. Non, vous avez raison.

24:31
Présentateur

Rocaille à Diallo a dit « J'ai entendu des rumeurs, Sophie Tissier,

24:33
Éric Coquerel

elle parle d'un témoignage ». Et il se trouve que Sophie Tissier et jusqu'à maintenant, puisque ça date d'aujourd'hui et que jusqu'à maintenant, ça n'était pas venu, va être l'auteur d'un signalement dont je conteste absolument les faits et je suis absolument fier qu'ils sont facilement contestables pour les raisons que je vous ai expliquées. C'est la seule jusqu'à maintenant sur laquelle s'éteille une rumeur. Mais tout ça, c'est votre camp, Éric Coquerel ?

Et Rocaille à Diallo, je vais vous faire remarquer, je terminerai dessus, Rocaille à Diallo, ce n'est pas une accusation, c'est le fait de relayer une rumeur, ce qui est, renvoie à la discussion que nous avions tout à l'heure sur le fait qu'on ne peut accuser quelqu'un sur des rumeurs qui ne sont... Et sur votre résitation

25:06
Invité

à déposer deux plaintes, si j'ai bien compris.

25:08
Éric Coquerel

Non, Rocaille à Diallo, ce n'est pas ça, c'est qu'elle relaie quelque chose et elle le fait sûrement de bonne foi. Et j'espère un jour la convaincre qu'elle le fait de bonne foi. Si quelqu'un, après, ment sur un tweet et autres, il y en a plein en ce moment, je peux vous assurer, les gens n'ont qu'à aller voir, il y a des trucs à braquant avant, là, oui, on peut aller jusqu'à l'attaque en diffamation. Je reviens à votre question.

25:29
Présentateur

Oui, donc la question, c'est, ça vient de votre camp, on ne pouvait pas dire que c'est de l'instrumentalisation politique de gens qui veulent vous nuire.

25:34
Éric Coquerel

Non, non, ce n'est pas que ça. Mais il y a eu ça aussi. Parce qu'avant, les législatives, comme par hasard, parce que cette affaire, pour revenir jusqu'au bout, qui était en lien avec ce témoignage dans le causette, cette affaire s'était éteinte. Parce que toutes les rédactions avaient travaillé là-dessus. Il y a même des réseaux internes militants qui avaient enquêté. Il y en a un, par exemple, qui avait enquêté il y a pas longtemps.

25:53
Présentateur

Pourquoi ce petit ici,

25:55
Éric Coquerel

en cahier de Diallo, elle n'est pas dans notre camp. Elle s'est opposée récemment, fortement à la NUPES. Elle a dérivé depuis pas mal de... Oui, peut-être, mais elle n'est pas dans le camp des Gilets jaunes de gauche. Donc, révisez un peu vos fiches là-dessus. Et moi, je vais vous dire une chose.

26:09
Présentateur

C'est quoi, Mme Tissier est de droite ? J'en sais rien,

26:11
Éric Coquerel

mais elle ne se revendique pas de la NUPES. Elle ne se revendique pas du camp progressiste aujourd'hui. C'est tout ce que je dis. Je ne vais pas lui faire un jour que de dire ça. Mme Diallo, oui. Donc, Mme Diallo, c'est quelque chose qui, je l'ai dit, ça m'a surpris. Ça m'a surpris, surtout qu'on s'est retrouvés à des combats. Donc, j'espère pouvoir convaincre à un moment donné, Mme Diallo, que faire ce que d'autres lui font, c'est-à-dire relayer une rumeur sans aller vérifier, ne serait-ce qu'auprès de la personne, des faits, et elle le dit elle-même dans Média Parti hier. Vous y avez parlé à Mme Diallo ? Non. Vous y avez parlé à Mme Diallo ? Mais des amis à moi l'ont fait.

Qu'il n'y avait pas de lien direct. Qu'est-ce qu'elle a dit ? C'est problématique. Maintenant, attendez, je vais répondre à la question, sinon on ne va parler aucun du sujet. Vous me dites qu'il n'y a pas d'instrumentalisation d'autre camp. Si. Parce que figurez-vous que tout ça a rebondi par rapport à des tweets créés de toute pièce dans la mouvance printemps républicain, dans la mouvance marcheur. Je ne dis pas que c'est les marcheurs qui l'ont organisée et dans la mouvance. Alors, l'actualité politique... Non, mais d'accord, mais écoutez-moi un peu. Ça ne date pas de maintenant, cette relance.

Et l'espoir, parce que c'était un grand espoir, une fois que c'est sur les réseaux sociaux, à un moment donné, un de vous, le média, allait en faire une affaire publique. Ce que jusqu'alors, vous n'aviez pas fait jusqu'à ce que Mme Diallo s'exprime. Ça a été un espoir. On a été, figurez-vous, avant les législatives, il y a des gens qui ont été voir les rédactions pour expliquer des trucs énormes qui étaient démontables en cinq minutes en espérant que ça sorte de rédaction. Éric Ocrel, il faudrait qu'on avance. Donc là, c'est là où je parle d'instrumentalisation politique. L'actualité politique...

27:31
Invité

L'actualité politique, c'est aussi, évidemment, le remaniement qu'on attend d'une minute à l'autre ou en début de semaine. Damien Abad, il est accusé de tentative de viol. Il est sur la sellette, on en a déjà parlé. Est-ce que, selon vous, est-ce qu'il doit démissionner ?

27:46
Éric Coquerel

Oui, je pense que oui. Je vais vous expliquer pourquoi. Ça n'a aucun rapport avec la présomption d'innocence. La présomption d'innocence doit être respectée aux citoyens Abad. Mais le citoyen Abad est devenu ministre. Et vous comprendrez bien que quand vous portez plainte, une justiciable n'est pas sur le même niveau qu'un ministre. Alors là, c'est... Je veux dire, il y a même des articles de loi qui l'expriment très clairement.

Donc pour cette raison, de façon à lui pouvoir se défendre de manière sereine et aux plaignantes de pouvoir aller jusqu'au bout de leur plainte de manière sereine et sans avoir l'impression qu'il y a une espèce de contrainte, je pense que dans ce cas spécifique, dans ce cas spécifique, oui, ce serait préférable.

28:27
Invité

Donc ça répond aussi à la question qu'on vous posait tout à l'heure. S'il y a une plainte ? S'il y a une plainte à votre rencontre, vous ne disiez pas je partirai. Vous avez remarqué

28:33
Éric Coquerel

que 1, je ne suis pas ministre. 2, il n'y aura pas de plainte sur viol pour moi. Il n'y aura pas de plainte vis-à-vis d'un viol. Il n'y aura pas de plainte vis-à-vis d'agression sexuelle. C'est pointé juste à la cohérence. Il n'y aura pas de plainte pour un harcèlement sexuel. Et encore une fois, pour la bonne raison, c'est que le seul témoignage sur lequel maintenant repose toute cette rumeur contre moi et qui jusqu'à maintenant n'était même pas un signalement, explique lui-même qu'il n'est pas légalement répréhensif. Donc arrêtez de faire une comparaison qui ne vaut pas raison.

29:03
Invité

Je ne fais aucune comparaison sur l'attitude parfois d'une partie de la NUPES. Si je dis bien une partie, certains d'entre eux, non, non, là je parle toujours de M. Abad, ont promis qu'il ferait du chahut à l'Assemblée nationale à son encontre. Est-ce que vous participerez à ce chahut ?

29:18
Éric Coquerel

Nous, on n'a jamais fait de chahut, y compris par rapport à M. Darmanin qui s'est retrouvé dans la même situation. Lui, c'est encore plus qu'il était ministre de l'Intérieur, ce qui fait que vis-à-vis d'un justiciable, vous voyez, le rapport d'égalité est encore point. Avec des décisions de justice

29:28
Présentateur

qui ont été rendus en sa faveur concernant Gérald Darmanin.

29:32
Éric Coquerel

D'accord. Mais au moment où c'était fait, il était ministre de l'Intérieur. Je pense que de la même manière, vous n'alliez pas à un moment donné interdire à des gens qui estiment qu'une personne devrait démissionner de le dire.

29:46
Invité

Mais vous n'y participeriez pas, M. Coquerel ?

29:49
Éric Coquerel

Vous me demandez mon avis. C'est extraordinaire. Je viens de vous dire mon avis. Donc je pense que M. Abad devrait démissionner. Ça serait mieux pour lui, ça serait mieux pour les plaignantes, ça serait mieux pour la justice, ça serait mieux pour la transparence. Mais on ne vous verra pas hurler

30:02
Invité

au sein de l'Assemblée nationale. Et juste, si je peux me permettre, vous ne craignez pas,

30:06
Éric Coquerel

vous ne craignez pas vous-même

30:07
Invité

de subir en fait ce type de comportement de la part d'autres partis politiques ?

30:12
Éric Coquerel

Je vous assure que ça devient insupportable parce que ça fait quatre fois que je vous réponds à cette question. Non, non, je demandais-vous d'être fragilisé. Je vous dirais Sandrine Rousseau. Les deux cas ne sont pas comparables. Voilà. Toute personne ne peut comprendre qu'un cas d'une personne qui se retrouve liée par la rumeur attaquée sans aucun fait et a fortiori aucun fait de viol et a fortiori aucun fait d'agression et a fortiori aucun fait d'harcèlement ne peut pas être comparé avec un ministre qui a une plainte devant la justice pour viol. On a compris. Tout à fait. On a compris. Vous avez compris. J'avais l'impression que vous mettez un discours de politique générale.

30:45
Invité

Mercredi, Elisabeth Borne doit prononcer son discours de politique générale. On ne sait pas encore. Elle ne sait pas prononcer pour savoir si elle va engager la responsabilité du gouvernement, ce qui n'est pas une obligation, mais là aussi qui est plutôt une habitude. Est-ce que ça serait illégitime si jamais elle décidait de ne pas le faire ?

31:05
Éric Coquerel

Politiquement et démocratiquement, oui. Je sais que dans les textes, non.

31:09
Présentateur

Et qu'il y a des précédents.

31:10
Éric Coquerel

Il y a plusieurs précédents. On n'était pas dans la même situation et pas forcément dans un quinquennat qui commence. Je pense qu'il serait problématique vis-à-vis de la démocratie. En plus, en sachant justement qu'il n'y a plus une majorité absolue, ce qui veut dire qu'elle devrait, et M. Macron devrait surtout réviser ce qu'il ne veut pas faire à son programme pour essayer, pourquoi pas, d'en trouver une. Je pense qu'il serait problématique qu'elle ne demande pas le vote de confiance, mais nous nous chargerons, au nom de l'ANUP, de déposer une motion de censure.

31:38
Invité

Est-ce que vous diriez

31:40
Présentateur

qu'elle est illégitime ? Parce qu'il y a toujours un discours côté de la France insoumise sur la légitimité ou non. Emmanuel Macron a été élu qu'on montre des questions sur la légitimité pour exercer le pouvoir. Elisabeth Borne, elle a été nommée par le président de la République, elle va former un gouvernement. En quoi serait-elle illégitime ?

31:54
Éric Coquerel

M. Macron n'est pas illégitime, il est élu en tant que président de la République. Mme Borne, elle est responsable devant le Parlement, c'est la chef de la majorité et elle entend mener un programme dont M. Macron a dit à l'avance qu'il ne changerait pas par rapport à ses promesses électorales même si elle a la majorité. Si, il a dit ça. Vous êtes le traducteur, j'ai entendu. Nous ne changerons pas les bases, nous n'augmenterons pas les impôts, nous allons réduire les déficits, nous allons réformer les retraites, etc. pour l'amener à 65 ans. Il l'a dit. Donc, elle vient devant l'Assemblée.

À partir de là, moi, ce qui m'intéresse, ce n'est pas le fait que Mme Borne soit légitime ou pas, c'est est-ce qu'elle peut mener cette politique ? Est-ce qu'elle a une majorité dans l'Assemblée ? Eh bien, ça, excusez-moi, ça se vérifie, ça s'appelle la démocratie parlementaire et ce que je trouve fort bien dans la nouvelle situation qui nous est proposée, c'est que peut-être pour la première fois depuis la Ve République, le pouvoir politique va se reconcentrer sur le Parlement et sur l'Assemblée. Donc oui, Mme Borne, pour légitimement pouvoir appliquer son programme, doit chercher le programme.

32:49
Invité

Et sur cette motion de censure que vous comptez déposer, est-ce que vous demanderez aux autres partis, par exemple au Rassemblement national, de s'associer à vous ou pas ?

32:57
Éric Coquerel

Pour la déposer, non, on a largement les signatures, donc on n'a pas besoin. Et donc le gouvernement ne tombera pas, parce que les autres ont déjà dit qu'il n'y a pas de chance de passer... C'est pas la même question. Vous avez demandé s'ils s'associeront en termes de signatures. Ma réponse est non. Maintenant, on va voir ce qu'ils votent, justement, c'est intéressant. On va voir à quel niveau il y a une autre opposition dans cette Assemblée. Moi, je trouve que le Rassemblement national est très, très, j'allais dire, consignant avec le gouvernement depuis le début.

33:21
Invité

M. Coquerel.

33:21
Éric Coquerel

Donc on va voir ce qu'ils font. Comment ?

33:22
Invité

Pourquoi la déposer si elle n'a aucune chance de passer ?

33:25
Éric Coquerel

Mais qui vous dit qu'elle n'aura aucune chance ?

33:26
Invité

Si vous êtes seul, elle ne peut pas passer.

33:28
Éric Coquerel

Vous confondez deux choses. Déposer, c'est signer. Nous déposons au nom d'un projet politique une motion de censure. Mais après, n'importe quel député peut la voter. Et il se trouve, ça ne nous a pas échappé, que le gouvernement ait une majorité relative. Donc si toutes les oppositions qui disent s'opposer à M. Macron et sa politique votent cette motion de censure, eh bien, le gouvernement sera minoritaire.

33:50
Invité

Éric Coquerel, vous êtes le nouveau président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. Vous avez donc le pouvoir de consulter les dossiers fiscaux, comme vous le savez, vous l'avez déjà dit, d'individus, d'entreprises. Est-ce que vous comprenez que certains, lorsqu'on voit que Jean-Luc Mélenchon a traité de parasites, que vous avez dit que... Les patrons de parasites. Les patrons de parasites. Est-ce que vous comprenez que ces patrons, les entreprises, les dirigeants, puissent avoir peur de vous et de l'utilisation de votre pouvoir que vous confère la présidence ?

34:23
Éric Coquerel

Les patrons de parasites par des actionnaires, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Moi, j'étais moi-même chef d'entreprise, je n'étais pas un parasite, je n'étais pas actionnaire et je produisais moi-même. Ma richesse, je ne spéculais pas dessus et je ne touchais pas des rangs sans les vérités. Je vous dis, c'est de ça dont il parlait. Maintenant, je vais vous répondre. Nous, nous allons, au nom de la présidence de la commission des finances revient logiquement à une opposition. Nous avons vérifié grâce à mon élection que oui, la NUP est l'opposition la plus importante face à Emmanuel Macron. Première vérification. À partir de là, c'est sur le programme de la NUP.

Non pas pour l'appliquer, un président de la commission ne peut pas changer comme ça, mais au moins pour s'en inspirer, pour faire en sorte de présider cette commission avec une prérogative qui soit la guerre. Je vous donne un... Évidemment, je l'ai dit d'ailleurs. L'idée va pas... De toute façon, je pourrais pas imposer... Bon, alors, qu'est-ce qui change avec vous ? Ce qui change avec moi, c'est que, par exemple, j'ai le choix des ordres du jour. J'ai le choix du thème de commission d'enquête qu'on peut lancer. On va peut-être moins lancer de commission d'enquête ou de mission pour aller vérifier que l'État ne dépense pas trop d'argent.

On va peut-être aller vérifier, au contraire, qu'il faudrait un peu plus d'argent pour que l'État puisse appliquer ses missions. On va peut-être faire moins de missions pour vérifier que, oui, il faut sans arrêt baisser l'impôt des plus riches. On va peut-être plus vérifier que, oui, il y a un problème d'évasion fiscale dans ce pays et qu'il s'agirait de ne pas laisser seulement les syndicats ou des avocats comme Mme Eva Joly le débusquer. Alors, sur l'évasion fiscale, ça, ce genre de sujet, c'est passionnant.

35:51
Invité

Parce que vous savez que l'opposition vous caricature sur ce plan et dit que vous voulez lancer une chasse aux sorcières, que ça va être l'Inquisition. Est-ce qu'on peut clarifier les choses ? Quel dossier vous voulez consulter en priorité ? Quels particuliers ? Quelles entreprises ? Et pourquoi ? Qu'est-ce que vous en attendez ?

36:09
Éric Coquerel

Écoutez, pourquoi ? Je donne un exemple à ce qui vient de se passer avec McDo. Alors, heureusement, ils ont été dans la justice portés justement par des avocats comme Eva Joly pour payer 1,245,000,000 à l'État de retard d'impôt qu'ils avaient fait fuir par des systèmes d'optimisation qui se révèlent de l'évasion. On va essayer de continuer ce travail. Il y a plein d'autres entreprises qui font ce genre de choses.

36:30
Présentateur

Il y a des agents à Bercy, peut-être certains nous regardent, qui font ça très bien. Qui s'occupent de l'évasion. Ce n'est pas à vous la politique. Figurez-vous.

36:35
Éric Coquerel

Figurez-vous. Vous vous occupez de ça. Mais si, si, c'est politique. Excusez-moi, vous n'avez pas très bien compris le rôle de l'Assemblée nationale par rapport au gouvernement et par rapport aux fonctionnaires. C'est évidemment politique. Par exemple, quelque chose qui est politique, c'est que nous, et nous allons essayer, on n'est pas majoritaire, on ne va peut-être pas y arriver, mais au moins, je le mettrai sur la table et je pourrais auditionner des syndicats qui le diront. Savez-vous combien il y a eu de postes de suppression de fonctionnaires à Bercy aux services qui gèrent l'évasion fiscale ? C'est des milliers depuis des années.

Je peux vous assurer que ça, par exemple, ça n'a aucun rapport avec la qualité des fonctionnaires. C'est qu'il n'y en a plus assez. Ça, c'est un débat. Pour essayer d'être

37:13
Présentateur

extrêmement concret, il y a un de vos collègues, vous avez raison, un de vos collègues camarades, François Ruffin, il a une bête noire, on l'a vu depuis plusieurs années, qui s'appelle Bernard Arnault, à la tête de LVMH. Est-ce que vous, président de la commission des finances, vous allez, par exemple, aller regarder le dossier de Bernard Arnault pour vérifier que tout est en règle ou pas ?

37:29
Éric Coquerel

Si, lors d'une commission d'enquête sur la question de l'évasion fiscale, il y avait des choses où j'estimais que je dois aller consulter ce genre de dossier, j'irai. Et je vais tout de suite ajouter quelque chose. J'irai et je le garderai pour moi.

37:43
Invité

Ah oui, parce que, voilà, il y a des fuites dans la presse, vous savez bien que c'est assez facile.

37:47
Éric Coquerel

je garderai pour moi puisque je suis obligé, moi, après, de garder le secret fiscal, ce qui est bien normal, donc il n'y aura pas de fuite dans je ne sais où, etc. Par contre, où c'est intéressant, c'est qu'à partir du moment où vous faites une commission d'enquête sur la manière de se fait l'évasion fiscale, la manière dont on passe de l'optimisation, qui déjà est un problème, entre nous soit dit, à l'évasion fiscale, eh bien, j'aurai des éléments pour pouvoir justement étayer ça. Donc voilà comment on pourra travailler sur ce genre de choses. Alors, vous me citez, M. Arnaud, je vais vous dire un truc, je pense très sincèrement qu'on ne va pas aller en priorité sur telle ou telle personne.

Mais alors, sur les entreprises, d'accord, sur les entreprises qui procèdent de ce type, par exemple, comment s'appelait ce dossier ? Juste,

38:28
Invité

si vous tombez sur un autre dossier que Bernard Arnaud, un autre, qu'est-ce que vous en faites ? Un dossier suspect,

38:34
Éric Coquerel

vous en faites quoi ? Je ne vais pas faire du contrôle fiscal. Enfin, je crois que vous n'avez pas bien compris. On va par exemple lancer une commission d'enquête sur l'évasion fiscale, je ne sais pas, des multinationales qui ne payent pas assez d'impôts en France. Si je tombe à côté d'un autre dossier qui concerne... Il y a des dossiers

38:49
Invité

comme ça.

38:50
Éric Coquerel

Ce dossier, c'est quoi cette histoire ? Je ne vais pas me transformer en Sherlock Holmes ou un inspecteur France Insoumise qui va remplacer les contrôleurs fiscaux. Je vous répète. C'est la crainte de serre-t-il. Comme je l'ai répété sans arrêt, ce n'est pas ça. Par contre, oui, je vais me servir de ces prérogatives. Je vais venir à d'autres parce qu'il y a d'autres prérogatives pour pouvoir peut-être avancer sur ce dossier. Et figurez-vous, j'en ai parlé l'autre jour au rapporteur général Cazeneuve en marche, qui m'a dit « Ah bah oui, ça, ça peut m'intéresser. » Donc vous voyez, on sera peut-être capable de le construire.

39:16
Invité

Est-ce que vous travaillerez en bonne entente avec tous, par exemple, avec les députés Rassemblement National ?

39:21
Éric Coquerel

S'ils arrêtent de me lancer des noms d'oiseaux, peut-être. Moi, je l'ai dit l'autre jour.

39:27
Invité

Parce que vos adversaires vous décrivent comme sectaires. Je reprends leurs mots. Et en fait, ils pensent ça parce qu'on a vu, par exemple, cette semaine, vous savez, M. Boyard, le jeune député Boyard, qui a refusé de serrer la main d'un membre du Rassemblement National. Vous validez ce genre de comportement ou pas ?

39:43
Éric Coquerel

Vous savez pourquoi il l'a fait ? Non. Parce que juste avant, il y avait le doyen de l'Assemblée Nationale qui s'est exprimé et qui a remis au goût du jour l'Algérie française pour expliquer après même que l'OAS devait être considéré. Il nous a expliqué

39:56
Invité

à BFM privé M. Boyard que c'était parce qu'il refusait de frayer avec le Rassemblement National.

40:00
Éric Coquerel

Si le Rassemblement National a un autre comportement, y compris en commission que ce genre de sortie qui rappelle que c'est un parti d'extrême droite, s'il a un autre comportement... Juste pour qu'il a fait

40:08
Présentateur

l'omissaire aux finances du Rassemblement National, est-ce que vous leur serrez la main ?

40:11
Éric Coquerel

En général, je ne sers pas la main du Rassemblement National. Donc, vous êtes sur la ligne Louis Boyard. Non, mais j'ai le droit de le faire. Donc, ça va être compliqué de travailler ensemble quand même. Je considère...

40:18
Invité

M. Coquerel.

40:19
Éric Coquerel

J'ai vu il y a quelques jours qu'il y a un d'entre eux qui s'en est ému qui est plutôt d'ailleurs de la bouillée aussi, plutôt humainement sympathique. Mais en tout cas, moi j'ai une règle depuis quelques années, c'est que vis-à-vis de l'extrême droite, je considère que j'ai une barrière.

40:34
Invité

Ça ne va pas être simple. Vous vous parlerez quand même. Vous n'êtes pas obligés de tirer les mains

40:39
Éric Coquerel

et de taper sur l'épaule. Évidemment, en effet, j'ai même remercié l'autre jour M. Tanguy, comme tous les candidats qui étaient contre moi de l'avoir fait. Vous le remerciez, mais vous remarquez que moi, je n'explique pas comme M. Tanguy que j'ai triché ou que la NUP a triché pour mes livres alors que nous étions en majorité absolue et que j'ai été élu. C'est peut-être à eux d'abord qu'il va peut-être falloir dire de se calmer un peu et de revenir dans des, j'allais dire, des principes et des façons de faire républicaines et ça, ils en sont... Un des premiers textes

41:06
Invité

que vous allez avoir à regarder, à ausculter en tant que président de la Commission des Finances, évidemment, c'est cette loi proche et de loi sur le pouvoir d'achat. Qu'est-ce que... Comment est-ce que vous allez faire ? C'est-à-dire, vous avez une loi d'urgence nationale sociale que vous voulez déposer avec des amendements. Est-ce que vous... Quand même, cette loi, est-ce que vous allez la voter malgré tout même si elle ne reprend pas le SMIC à 1 500 euros ou à des retraites, pas de retraites inférieures au SMIC ?

41:33
Éric Coquerel

Déjà, ce qu'on va faire, je vais vous dire, c'est que nous allons proposer notre propre loi... Voilà, loi d'urgence sociale avec un projet de loi de finances rectificatif parce que vous êtes obligés dans ces cas-là de le faire associer. Nous allons le poser. Vraisemblablement, le bureau de l'Assemblée nationale où nous sommes minoritaires ne va pas l'accepter et à partir de là, nous en produirons des amendements que nous allons proposer. Donc, nous verrons bien déjà l'attitude de la majorité et des autres groupes par rapport à ces amendements.

41:57
Présentateur

Il y a pas beaucoup de suspètes. On sait que par exemple sur la baisse des taxes à 1,40€ sur l'essence, ils ont déjà dit non,

42:00
Éric Coquerel

ça coûte trop cher. On verra, il y a d'autres groupes dans l'Assemblée qui pourraient nous rendre majoritaires. Vous l'avez remarqué. Donc, on verra. Justement, c'est ça qui rend intéressant. Par exemple, je vous donne un exemple. Dans notre loi d'urgence sociale, il y a la déconjugalisation de l'AH qui avait été refusée par la seule majorité lors de la dernière Assemblée. Cette fois-ci, on va être majoritaire avec les oppositions qui étaient toutes d'accord. Donc, nous allons déjà, premièrement, essayer de modifier la loi. Soumettre des amendements. Nous regardons ensuite mesure par mesure et puis après, la globalité de la loi.

Il se trouve que pour l'instant, ce qui est mis sur la table, ne serait-ce que parce que les augmentations prévues sont inférieures à l'inflation, par exemple. Ce qui veut dire qu'en fait, c'est encore de la perte de pouvoir d'achat, par exemple, de l'indice des fonctionnaires, par exemple, des minima sociaux, par exemple, des APL qui progressent. Mais attendez, qui progressent. Quand les APL progressent de 3,5% et dans le même temps, le gouvernement autorise les loyers à monter au-dessus de 3,5%. Vous savez combien un détenteur d'APL va perdre d'argent dans l'année ? Il va perdre près de 200 euros avec ce genre de cheminement.

Donc nous, nous n'allons pas regarder ça en se disant tiens, le gouvernement, dans un article, monte l'APL et puis de l'autre côté, il autorise l'augmentation des loyers. Nous allons regarder la cohérence. Et pour l'instant, je crains bien que vis-à-vis des politiques qui devraient être mises en place, c'est-à-dire d'aller taxer tous ceux qui ont eu des cadeaux faramineux et qui ont profité de la crise pour pouvoir justement mieux dépenser en termes de dépenses publiques pour les plus défavorisés qui seraient par exemple augmenter les salaires. Le contenait pas, non, vous n'avez pas la bonne question basique, M. Votel. Je pense que le contenait pas.

43:29
Invité

Donc vous dites que vous ne la voterez certainement pas, cette loi sur le pouvoir d'achat. Non, non. Comment est-ce que les Français vont pouvoir comprendre ça ? Parce qu'il y a par exemple dedans des mesures comme la prolongation de la ristone de 18 centimes à la pompe ou bien le chèque alimentaire de 100 euros. Donc ça prive de fait les Français de cette aide pour le pouvoir d'achat.

43:48
Éric Coquerel

Je pense que les Français vont comprendre une chose, c'est que nous, nous réclamons depuis maintenant des mois. On a été les premiers à réclamer le blocage des prix. Par exemple, sur les carburants. Mais on en revient toujours

44:00
Invité

à la recherche du compromis parce qu'à la place ils n'obtiennent rien les Français.

44:03
Éric Coquerel

En quoi ils sont gagnants ? Mais le compromis quand il s'agit d'une espèce de construction qui fait une ristourne à la pompe qui au bout d'un moment est avalée par l'augmentation continue du carburant qui va d'abord dans les poches principalement des raffineurs et des pays producteurs et non pas j'allais dire qu'il n'a pas d'autres explications. Mais je ne comprends toujours pas comment vous expliquez à votre électeur

44:22
Invité

à la fin que du coup il paie plus cher que son essence ou qu'il n'a pas de chèque alimentaire.

44:26
Présentateur

Mais si, le sujet c'est que vous n'êtes pas majoritaire à la température. Si, les gens sont stupides. Non, pas du tout. Je dis le sujet c'est que vous n'êtes pas majoritaire que vous êtes. Certes, si on prend la NUPES le premier groupe d'opposition nous vautrons des mesures. un premier groupe d'opposition. Je vous réponds. Donc, est-ce que vous pouvez dire à vos électeurs en gros c'est certes un peu mieux mais nos propositions sont tellement bien qu'on vote contre et qu'on apparaît

44:46
Éric Coquerel

dans une obstruction systématique. Je vous réponds si c'est un peu mieux réellement nous voterons pour telle ou telle mesure. Mais nous l'avons toujours fait. Si c'est réellement un peu mieux plutôt positif. Nous le ferons nous l'avons toujours fait. D'accord ? Toujours fait. Dans les cinq ans précédentes on a toujours été opposant proposant et on a voté les quelques mesures qui nous semblaient aller dans le bon sens. Mais si par contre à l'intérieur de ces mesures c'est une espèce d'arnaque par exemple la mesure qui consiste à dire on augmente la fiche de salaire en prenant sur les cotisations qui est du salaire socialisé.

Par exemple je vous l'ai dit tout à l'heure en laissant les boulairs monter et en n'augmentant pas l'APL au même niveau. Là nous ne voterons pas pour. Les 18 centimes le problème c'est que je vous le dis les gens pensent que ça va régler leurs problèmes mais sauf que tout le monde qui aujourd'hui fait un plein de carburant à 120 euros 120 euros le plein sait très bien que la ristourne qui avait été accordée par le gouvernement elle a déjà été avalée parce qu'il n'y a pas eu de blocage des prix.

Donc voter pour un mécanisme qui ne marche pas qui ne fonctionne pas qui ne prend pas au raffineur qui ne s'appuie sur aucune logique économique pardonnez-moi de vous dire qu'on y réfléchit à deux fois avant de le faire.

45:59
Présentateur

Éric Ocrel une dernière question sur Aurore Berger la présidente du groupe La République En Marche à l'Assemblée vient de parler du remaniement en expliquant que c'était dans les prochaines heures et on lui a posé la question de savoir si Yannick Jadot si elle souhaitait que Yannick Jadot l'ancien candidat Europe Écologie Les Verts à la présidentielle intègre le gouvernement elle a dit le souhaiter. Est-ce que vous vous attendez dans ce gouvernement à ce qu'il y ait quelques débauchages de personnalités de gauche et est-ce que vous le craignez ?

46:25
Éric Coquerel

Écoutez moi j'observe que tous les débauchages de personnalités de gauche ou écologistes qui ont été faits depuis cinq ans ne modifient en rien la politique de droite et néolibérale du gouvernement. Donc je suppose que si des gens ont envie entre guillemets d'aller à la soupe je pense que ça sera problématique pour eux parce qu'à mon avis l'avenir n'est pas du côté de M. Macron et de sa majorité pour changer le pays mais ça changera en rien la politique du gouvernement donc bon ça sera après un jugement personnel sur les personnes qui le font. Voilà c'est tout.

46:50
Présentateur

Et vous considérez qu'Yannick Jadot est encore un partenaire aujourd'hui ?

46:54
Éric Coquerel

Pas encore Yannick Jadot

46:55
Présentateur

on en parlera si c'est fait. Mais vous voyez bien que ce sont des personnalités qui n'ont pas été forcément très fans de la NUPES d'ailleurs le Parti Socialiste

47:01
Éric Coquerel

veut en écure certaine. J'en sais rien j'ai trouvé que Jadot n'avait pas été j'ai écouté un peu les déclarations de Jadot pendant toute la campagne je n'ai pas trouvé de problématique spécifique si maintenant on nous a surtout qu'attention vous me faites réagir par rapport au souhait d'Aurore Berger et demandez d'abord le souhait de M. Jadot avant de crier au loup et de on verra bien à ce moment-là vous me réinviterez pour vous parler de cette situation.

47:25
Invité

Juste peut-être pour conclure est-ce que vous êtes prêt quand même puisque c'est le rôle du président de la commission des finances à faire des compromis rechercher des consensus avec l'ensemble des partis politiques qui siègent à la commission des finances ?

47:37
Éric Coquerel

Je compte faire en sorte je l'ai dit cette commission elle va avancer je ne compte pas la bloquer mais je n'en ai même pas le pouvoir par contre je compte faire en sorte qu'on voit la modification par rapport au quinquennat précédent où on peut dire que M. Vert n'était pas très éloigné du gouvernement il a fini d'ailleurs dans cette majorité donc il y aura des différences et il faudra bien que ça soit accepté par exemple sur l'article 40 par exemple sur les débats l'ordre du jour etc comme je l'ai expliqué tout à l'heure Merci Érico

48:02
Présentateur

d'avoir été avec nous Merci à tous vous retrouvez tout de suite Benjamin Dubois et Fanny Veccheller l'info continue sur BFM à bientôt

Éric Coquerel, député LFI-Nupes de Seine-Saint-Denis, présidence de la commission des finances - 03/07 — Éric Coquerel · Pourquijevote