Valérie Rabault, vice-présidente de l'Assemblée nationale, membre du Parti socialiste – 13/02
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Questions et réponses
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- 1:02OuverteRéponse partielle
Comment expliquez-vous que les anciens ministres n'aient pas fait d'effet Wahou à leur retour ?
- 1:23OuverteRéponse directe
Quelle est l'ambiance actuellement à l'Assemblée nationale ?
- 3:04OuverteRéponse directe
Vous êtes de quel côté concernant la grève à la SNCF ?
- 4:29OuverteRéponse directe
La légère remontée du chômage à 7,5% remet-elle en cause la promesse de plein emploi du président ?
- 4:44OuverteRéponse directe
Est-ce que pour vous, le gouvernement va arriver à faire baisser le chômage durablement ?
- 5:20OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous voudriez de plus pour créer plus de valeur ajoutée dans notre économie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:31Invité politiqueFait
« cette promesse qui a été encore réitérée par le chef de l'État, cette promesse de plein emploi, s'éloigne. »
- 5:47PrésentateurChiffre
« aujourd'hui, on en forme 10 000. »
- 5:52PrésentateurChiffre
« il faudra en former 15 000 par an. »
- 6:12PrésentateurChiffre
« ça coûte de l'ordre de 30, un peu plus de, allez, 150 millions d'euros. »
- 7:15PrésentateurChiffre
« la France et l'Allemagne, c'est 40%, 40% du PIB de l'Union Européenne. »
- 7:23PrésentateurChiffre
« France et Allemagne, c'est-à-dire quand elles ont 0,2, 0,3, 0,4% de points de croissance. »
- 7:33PrésentateurChiffre
« Biden a annoncé son plan IRA qui a... 115 milliards de dollars. »
- 7:44PrésentateurChiffre
« nous, on va mettre 40 milliards. »
- 10:07PrésentateurFait
« il y a eu trois lois à égalisme qui ont été votées. »
- 10:10PrésentateurFait
« jamais dans cette loi, il n'est dit que le prix payé aux agriculteurs doit être supérieur au coût de revient. »
- 10:24Invité politiqueChiffre
« une augmentation des prix de 70% et puis en même temps, le revenu des agriculteurs a baissé de 40%. »
- 13:58PrésentateurChiffre
« la France a 35 millions d'euros alloués par l'Europe. »
- 14:01PrésentateurChiffre
« elle en consomme cinq. »
Temps de parole
- Présentateur68 %
- Invité politique32 %
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BFM Business présente Edwige Chevrion, la grande interview.
Bonsoir à tous, bienvenue dans la grande interview, un interview plutôt politique, même si elle connaît très bien l'économie, c'est une économiste. Bonsoir Valérie Rabault. Bonsoir Edwige Chevrion. Merci d'être avec nous. Vous êtes première vice-présidente à l'Assemblée nationale, vous êtes députée du Tarn-et-Garod, députée socialiste. Beaucoup de questions à voir avec vous, justement, de questions budgétaires, questions de l'agriculture, parce que vous avez publié une tribune dans laquelle vous faites plusieurs propositions.
On parlera de pénurie de médicaments, parce que vous allez les déposer, enfin, ou demain sera examiné en Commission des Affaires Sociales, un projet de loi sur comment lutter, pallier à ces pénuries de médicaments. Mais d'abord, deux, trois questions d'actualité. Vous arrivez tout juste de l'Assemblée nationale. C'était le retour des revenants. Là, il y avait neuf ex-ministres, dont la première ministre, ex-première ministre Elisabeth Borne, qui ont fait leur retour sur les bancs de l'Assemblée nationale. Ça a fait quoi ?
Ils ont été très discrets. Il n'y a pas eu d'effet Wahou ? Il n'y a pas eu d'effet Wahou ? Non ? Non. Comment vous expliquez ça ? Je ne sais pas.
D'ailleurs, on a eu du mal à les repérer dans les travées, mais on les a repérées. Je croyais qu'on allait essayer de trouver des places où on aurait pu les voir, les mettre au premier plan, du moins certains d'entre eux.
Oui, l'ancienne première ministre était bien placée, mais il n'y a pas eu ni d'annonce à ce moment-là, ni de... Voilà, pas d'effet Wahou. Quelle est l'ambiance actuellement à l'Assemblée nationale ? Un peu tristoune. Oui ? Oui. C'est un peu comme si parfois le gouvernement cherchait à contourner l'Assemblée nationale. Alors, il peut avoir ses raisons. Peut-être qu'il peut avoir ses raisons, mais la démocratie, le cœur de la démocratie depuis la Révolution française, c'est quand même l'Assemblée nationale. Et donc, je pense qu'il faut, de la part du gouvernement, il ne faut pas qu'il y aille à reculons.
Les débats qui ne sont pas portés à l'Assemblée nationale, de toute façon, existent dans la société française. Et c'est quand même mieux qu'on puisse leur trouver un débouché politique. Oui, mais ils sont portés au Sénat.
En fait, le Sénat est en train de prendre la place, quelque part, de l'Assemblée nationale.
Alors, oui et non. Les représentants élus au suffrage direct, ce sont les députés. Les sénateurs représentent les territoires et votent la loi comme nous. Mais c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot. Oui, bien sûr. Enfin, on sent quand même que le côté terroir... Mais bien sûr, que les territoires s'expriment... Terroir et territoire. Territoire, terroir, qu'ils s'expriment, c'est indispensable. Il se trouve quand même que dans la Ve République, la Ve République a été bâtie pour une majorité absolue à l'Assemblée nationale, ce qui pose des difficultés puisque cette majorité absolue n'existe pas aujourd'hui.
Même s'il y avait une dissolution, je ne suis pas sûre qu'elle existerait demain. Donc, ça suppose quand même de revoir aussi les modes de fonctionnement. Mais quoi qu'il en soit, contourner l'Assemblée nationale n'est pas une solution.
Le blues de l'Assemblée nationale. Tiens, c'est peut-être les vacances pour ceux qui ont la chance de partir ou vous rentrez dans votre circonscription de Tarn-et-Garonne. Il y a vraiment cette grève à SNCF, juste une grève pour les vacanciers. Chaque fois que les Français partent en vacances, alors que le climat n'est pas toujours très drôle, il y a une grève à SNCF. Vous êtes de quel côté ?
Non, alors, moi, je pense qu'il vaut toujours mieux essayer de protéger les voyageurs et qu'on puisse avoir un fonctionnement normal. Je ne connais pas, là, les revendications qui sont portées exactement sur le mouvement qui a été annoncé. Encore une fois, c'est important que la direction de la SNCF entretienne un dialogue social de manière continue. Il y a des questions sur l'investissement de la SNCF, il y a des questions sur le fonctionnement, parce qu'on voit quand même qu'il y a eu des retards, il y a des lignes qui sont très, très en retard. Donc, moi, je suis toujours pour qu'on puisse avoir un échange et un débat sur la SNCF.
Après, il est vrai que le timing est quand même compliqué, comme à chaque fois, enfin, comme en tout cas, quand c'est...
Comme à chaque fois, ça vous a échappé, mais c'est vrai.
Non, comme à chaque fois que ça concerne les vacances. Oui, comme à chaque fois qu'il y a des vacances. Mais, vous ne pouvez pas dire que le droit de grève est inscrit, il doit être respecté. Encore une fois, j'invite la direction à mener de manière continue des échanges et des discussions avec le partenaire social.
qui a dit qu'on ne peut pas tout lâcher.
Je n'ai pas dit qu'il fallait tout lâcher. Mais personne ne constate quand même qu'il y a des difficultés, que ce soit des difficultés d'investissement, que ce soit des difficultés sur le fonctionnement. Il y a des matériels qui ont des difficultés d'entretien. Enfin, il y a beaucoup de questions qui se posent sur la SNCF. C'est sûr, c'est toujours
et ça revient et ça revient et ça revient. Avant de parler des agriculteurs, je voudrais qu'on dise un mot quand même du chômage. J'imagine que vous avez vu cette légère remontée du chômage à la fin 2023 qui est passée à 7,5%. On voit que cette promesse qui a été encore réitérée par le chef de l'État, cette promesse de plein emploi, s'éloigne. Est-ce qu'il a tort de s'y cramponner ? Ou est-ce que vous pensez que c'est quand même attenable ? Je disais que vous étiez économiste de formation.
Est-ce que pour vous, il va y arriver quand même ? Moi, je n'ai pas une boule de cristal pour savoir si oui ou non le gouvernement va y arriver ou pas. Ce que je constate, c'est que l'objectif de faire baisser le chômage, c'est très bien. La question, c'est les moyens qu'on se donne. Une économie qui est à 0,2, 0,4 point de croissance par an, c'est-à-dire d'augmentation de sa valeur ajoutée, peine à créer des emplois. C'est mécanique, mathématique, vous l'appelez comme vous voulez. Et donc, la vraie question, c'est est-ce que le gouvernement mobilise tous les moyens qu'il peut mobiliser ou qu'il pourrait mobiliser pour être en capacité de créer plus de valeur ajoutée dans notre économie ?
Personnellement, je ne le crois pas. Par exemple, qu'est-ce que vous voudriez de plus ? On a déjà donné distribuer beaucoup d'argent, il y a lesquelles sont vides. Mais ce n'est pas distribuer de l'argent, c'est de dire comment on fait en sorte d'avoir un vrai plan d'investissement, par exemple, sur le médicament. Parce qu'on peut faire plein d'annonces s'il n'y a pas un vrai plan d'investissement, ça ne marche pas. Comment on fait en sorte d'avoir des médecins ? Je vais prendre un autre exemple. Le gouvernement a supprimé le numerus clausus en 2018. Mais est-ce que pour autant, il y a plus de médecins formés en France ? Est-ce que vous trouvez normal ?
Non, il faut 10 ans, vous le savez mieux que nous. Mais ce n'est pas 10 ans. Bien sûr que c'est 10 ans. Mais aujourd'hui, on en forme 10 000. Il y a 5 ans, on en formait combien ? 9 500. Donc, ça n'a quasiment pas bougé. Or, il faudra en former 15 000 par an. Ça, ce sont des vraies mesures. Ce sont des vraies mesures. Ils ont annoncé, c'est ce qu'a annoncé
du reste, Gabriel Attal. Non. Qui faisait revenir des étudiants de l'étranger.
Il faut refaire venir des étudiants de l'étranger. Certes, je vous parle de médecins qui sont formés en France, dans le système français. Il faudrait qu'on passe de 10 000 à 15 000. Ça, ça coûte de l'ordre de 30, un peu plus de, allez, 150 millions d'euros. Ce qui est indispensable pour notre pays. Donc, ces questions d'investissement sur l'avenir, elles ne sont pas portées avec suffisamment d'attention, de suivi et de constance.
Alors, lui, il dit ce qu'il faut, en fait, notamment, ça concerne les chômeurs, mais pas que les seniors. Il faut, il a annoncé très clairement, qu'il fallait une nouvelle réforme de l'assurance chômage pour inciter les chômeurs, notamment les seniors, à retrouver un job et aussi inciter les entreprises à conserver leurs seniors. Et sinon, il l'a dit, si de manière, il y a un dérapage de l'assurance chômage, nous, on prendra la main, nous, gouvernement.
Il fait le forcing, il a raison, non ? Mais est-ce qu'il pense sérieusement que c'est comme ça qu'il va faire baisser les chômages durablement ? Oui, c'est ce qu'il pense. Oui, il a tort. Le chômage ne baisse durablement que si on est en capacité de créer plus de valeurs ajoutées. Aujourd'hui, la France et l'Allemagne, c'est 40%, 40% du PIB de l'Union Européenne. Les deux économies sont en panne, France et Allemagne, c'est-à-dire quand elles ont 0,2, 0,3, 0,4% de points de croissance. Elles sont en train de tirer l'Europe vers le bas, alors que les États-Unis, elles, sont vraiment en train de décoller. Et elles décollent pourquoi ? Parce que Biden a annoncé son plan IRA qui a...
115 milliards de dollars. D'accord. Mais qui est en capacité de faire une vraie transition écologique, de donner un cap. Nous, on va mettre 40 milliards. Mais vous y comprenez quelque chose ? Ah non. Vous regardez, le leasing, on vous dit, si vous avez moins de 15 000 euros par an, vous pouvez bénéficier d'un leasing en payant... Vous pouviez. Vous pouviez bénéficier d'un leasing qui vous permettait d'acheter avec un leasing une voiture électrique en payant 100 euros par mois. Le gouvernement dit c'est terminé. Vous comprenez bien qu'avec une politique de zigzag, on ne va nulle part.
Oui, mais Valérie Rabault, attendez, ça a coûté 13 000 euros au gouvernement. Il y a un moment où le quoi qu'il en coûte, c'est terminé. Alors ce qu'on peut dire, c'est dommage qu'il ne les en ait pas rendu compte avant. Avant de faire son annonce,
il savait que ça lui coûterait 13 000 euros, que je sache. Alors s'il ne le savait pas,
c'est qu'il y a un problème de programmation. Je pense que c'est ça. C'est-à-dire que c'est un peu victime de son succès parce que d'abord une mesure sur l'ensemble 2024 et qui s'arrête le 10 février, c'est vrai que ça fait un peu bizarre. Ça fait quand même moche. Ça veut dire que vous pensez qu'il faut réinjecter
encore de l'argent dans la machine ? Moi, je pense qu'il faut cibler les investissements qu'on est en capacité de faire. Je pense que sur le médicament, c'est indispensable. Sur l'énergie, là aussi, on nous avait promis une loi de programmation. Personne n'en voit la couleur. À ce stade, personne n'en voit la couleur. Vous ne pouvez pas dire... Vous savez ce qui se passe aujourd'hui dans les départements ? Les préfets vont voir les mairies en disant est-ce que vous auriez des projets pour faire de l'énergie verte ? Bon. Alors, selon les mairies, vous avez des réponses, vous n'en avez pas. Mais est-ce qu'on ne peut pas se dire un territoire très ensoleillé ?
On se dit on met du photovoltaïque sur les bâtiments industriels. On a une vraie politique d'investissement qui est un tout petit peu coordonnée. Moi, je ne suis pas pour un État dirigiste mais je suis juste pour que ce soit un peu coordonné et que les gens ne soient pas perdus dans les annonces et un pilote dans l'avion, ça fait beaucoup de bien.
Alors, à propos de savoir s'il y a un pilote dans l'avion ou pas, en tous les cas, il y en a un qui essaye de tenir la base et Gabriel Attal, il vient d'arriver avec toute sa fougue mais c'est sûr que là, il joue un peu sa crédibilité sur les agriculteurs. Il a fait des promesses mais tout n'est pas simple à régler en quelques jours. Vous le savez très bien. Là, il rencontrait les agriculteurs. Il y a le salon de l'agriculture le 24 février prochain. Ça vient vite. Qu'est-ce qu'il joue pour vous ? Il joue sa crédibilité politique en tous les cas ? En tout cas, c'est son premier gros dossier
puisqu'il est allé en Occitanie. Oui, ça c'est sûr, mais au-delà de ça, oui. Ah oui, mais au-delà de ça, ça c'est effectivement s'il n'a pas des réponses, s'il a fait les promesses qu'il a faites, il doit les tenir. Donc ça, c'est un premier point. Le deuxième point, la question du revenu des agriculteurs, pour l'instant, il ne l'a pas traité. Il y a eu trois lois à égalisme qui ont été votées. Jamais dans cette loi, il n'est dit que le prix payé aux agriculteurs doit être supérieur au coût de revient. Alors, on définit le coût de revient, il y a tout un tas de choses pour le définir, mais jamais il n'est dit que ça devait être supérieur. Ce qui est quand même le B.A.B.
Mais c'est ce que vous dites dans votre tribune, ça veut dire qu'il y a une augmentation des prix de 70% et puis en même temps, le revenu des agriculteurs a baissé de 40%.
Il y a un petit sujet quand même. Il y a des gens qui ont capté... Donc ça, vraiment, il faut que cette question-là soit traitée. Et puis, il faut regarder la France telle qu'elle est. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, vous avez l'agriculture de zone montagne qui est traitée avec la PAC, puisque la PAC est multipliée par deux, grosso modo. Et puis, des exploitations qui ont des rendements deux fois moindres, par exemple, que dans la Beauce, un hectare de blé, que vous soyez en Ternes-et-Garonne ou dans la Beauce, vous avez la même PAC. Ça ne va pas. Ça ne va pas. Il faut qu'on puisse être en capacité sur des territoires du Sud-Ouest puisque ça a débuté. Après, chez vous, en fait... Exactement.
C'est le premier département, le Ternes-et-Garonne, d'ailleurs, où les manifestations ont commencé, qu'on puisse avoir une adaptation et se dire qu'on tient compte de la nature du territoire. Et ça, ça doit être la priorité dans les négociations que nous menons sur la réforme de la PAC. Il y a la question aussi des versements.
On est versement... Alors ça, c'est incroyable.
Vous savez que, par exemple, les agriculteurs qui font des estives, c'est-à-dire qui emmènent leurs vaches dans la montagne l'été, eh bien, ont eu zéro de PAC sur l'année 2023 parce qu'il y a un bug informatique sur le système. Ça, c'est inacceptable. Inacceptable. Si on disait aux personnes qui s'en occupent, vous n'êtes pas payées parce qu'il y a un bug et pendant un an. Mais c'est inacceptable.
Valérie Abo, est-ce qu'en fait, on n'est pas tous en train un peu de... Voilà, tout est en train de se déliter parce qu'on a une bureaucratie, une technologie qui n'est plus haut niveau ? Parce que des exemples comme celui que vous venez citer, il y en a plein. Oui, il y en a plein. Oui, il y en a plein.
Il y en a plein et quand il s'accumule... Parce que pour beaucoup d'agriculteurs, il s'accumule. Donc, c'est vrai que ça rend... Voilà, c'est plus que... Ça rend plus qu'amère. Ça désespère. Le plan
éco-phito, est-ce que pour vous, il faut le... Bon, il est suspendu. Est-ce que c'est une bonne idée ou pas ? Vous avez vu, évidemment, ces ONG qui commencent à dire attendez que l'environnement, ça y est, il est de nouveau sacrifié pour l'agriculture, pour les agriculteurs.
Non, mais il faut... Personne n'a envie et je pense que vous non plus n'a envie de manger des productions qui contiennent des pesticides qui vous rendent malade. Ça, c'est sûr. Donc, ça, ça doit être la priorité. Il y a pesticides et pesticides. Oui. Ça, la difficulté. Non, mais il faut qu'il y ait une véritable adaptation qui puisse être enclenchée. Mais ça ne peut pas reposer sur les seuls agriculteurs. Et ça ne peut pas non plus être soumis à une concurrence déloyale.
Quand en Tarn-et-Garonne, vous avez des cerises qui arrivent sur le marché qui sont traitées avec des produits interdits en France et que les agriculteurs retrouvent sur les marchés de Montauban ou de Moissac, c'est inacceptable. Et ça, le gouvernement a tout à fait la possibilité de faire appliquer en France les règles qu'il fixe. Oui, mais là, pourquoi on ne le fait pas ? Mais je ne sais pas.
Vous êtes première vice-présidente de l'Assemblée nationale. Non, mais ce n'est pas rien, Valérie Verrabeau. Je ne suis pas au gouvernement. Mais vous n'êtes pas au gouvernement. Enfin, bien qu'on vous a demandé, je parlais-t-il, plusieurs fois d'en faire partie. C'est un autre débat qu'on nous avait déjà eu. Non, mais comment ça se fait ?
Ça paraît... Vous savez, on peut très bien se mettre à une frontière, voir les camions qui arrivent, regarder avec quoi ils ont été produits et les renvoyer. Ça, ça fait partie de l'aspect régalien de l'État. Et je ne comprends pas pourquoi ce n'est pas appliqué. Parce que c'est l'Europe, non ? Ce n'est pas l'Europe, ça. Ce n'est pas l'Europe. C'est une façon d'appliquer ce que nous souhaitons pour notre pays. Vous voyez, je vais prendre un autre sujet. Le fruit à l'école. On peut donner à tous les enfants de France un fruit gratuit à la récré dans toutes les écoles. C'est un programme européen. La France a 35 millions d'euros alloués par l'Europe. Combien elle en consomme ? Cinq.
Et moi, en Tarn-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne est le premier département producteur de pommes. Tous les enfants devraient pouvoir manger une pomme gratuite à l'école, à la récré. Eh bien, ce n'est pas fait parce que France Agrimaire, qui dépend du ministère de l'agriculture, a rajouté des conditions qui font qu'un maire d'une commune de 500 habitants n'a pas les moyens d'avoir un personnel dédié pour aller amener le fruit à l'école. On en est là. On en est là. Et sur 35 millions d'enveloppes que nous avons chaque année, eh bien, la France marche pour 5 millions d'euros. Donc ça, ce n'est pas la faute de l'Europe puisqu'elle met 35 millions d'euros sur la table. C'est notre faute. Oui.
Donc, c'est un peu désespérant,
en fait. Oui. Et surtout, c'est qu'on ne sait pas très bien par quoi le prendre parce qu'à chaque fois, on dit qu'on va simplifier, on va arrêter cette bureaucratie. Manifestement, elle est assez tenace. En tout cas, c'est comme une leader de la bureaucratie. Le budget 2024, il devient un peu intenable, non ? On parlait tout à l'heure des raisons pour lesquelles les signes sociales du gouvernement ont fait stop à mille feux rouges. Le budget 2024, il n'est pas tenable en l'État. Selon nos confins à les échos, Bruno Le Maire devrait annoncer une révision à la baisse de la croissance.
On voit bien que les chefs d'entreprise qui sont sur ce plateau, c'est difficile, c'est très incertain en 2024. Il faudrait une loi de finances rectificative, vous pensez ?
Ça fait deux fois qu'on ne vote plus de loi de finances à l'Assemblée nationale. Je ne sais pas combien de temps ça va continuer, mais moi, je plaide pour qu'il puisse y avoir, les oppositions jouent leur rôle, mais qu'il puisse y avoir un consensus sur quelques grands sujets, sur le logement. Le logement, il y a moins de 30% de permis de construire en 2023. Donc, les conséquences, on sait qu'elles vont être dans 18 mois. On va avoir un effondrement à hauteur d'au moins 30% de la construction. On y est déjà, mais ça va s'accentuer puisqu'on voit les permis de construire qui ont été signés l'année dernière. Donc ça, ce ne sera pas une surprise.
Et je pense que sur le logement, le gouvernement devrait pouvoir arriver à trouver un consensus pour soutenir la construction dans notre pays. Ça, c'est un enjeu.
C'est un député qui vient d'être un de vos confrères. Je ne sais pas de votre parti, c'est sûr, qui a été nommé ministre du logement. Je ne sais pas
comment il va prendre les choses, mais en tout cas, ça, c'est un enjeu majeur.
Je reviens sur le budget. Vous pensez qu'il faudrait rectifier la croissance telle qu'elle est prévue dans le budget 2024 ?
Moi, je regarde les prévisionnistes, j'ai vu les prévisions de l'INSEE. J'ai vu aussi que l'INSEE avait alerté depuis quand même bien un an sur le fait que la productivité française baissait. On s'est toujours dit qu'on travaillait peut-être moins que d'autres, mais on travaille mieux. Ce n'est plus le cas aujourd'hui depuis la sortie du Covid, alors que, par exemple, en Espagne, la productivité repart. Donc ça, c'est une vraie question. C'est une question de savoir. C'est une question de méthode dans le travail. Et je pense que ça devrait alerter le gouvernement de manière peut-être plus incisive qu'il ne l'est aujourd'hui.
Un mot. Malheureusement, on arrive au bout de cet entretien sur votre proposition de loi sur la pénurie de médicaments. Vous avez deux mesures phares.
Expliquez-nous. Eh bien, je pense qu'il faut qu'on puisse avoir des stocks minimums. Aujourd'hui, on a 15 jours sur le Doliprane. C'est insuffisant. Et puis, qu'on puisse avoir aussi un dialogue. Alors ça, c'est sur la partie économique. Il y a des reconstructions et vraiment de véritables, un vrai plan de relocalisation en Europe. Et enfin, qu'on puisse avoir une agilité dans la capacité à déstocker aussi avec nos partenaires européens.
Merci beaucoup. Puis des sanctions. Peut-être des sanctions qui soient un peu plus pénalisantes. Merci beaucoup. Merci à vous. Merci Valérie Rabault d'avoir été avec nous. La première vice-présidente de l'Assemblée nationale, députée socialiste. On parlera des élections européennes une autre fois. On a le temps. De Tarn-et-Garonne.