Déclaration conjointe avec Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l’OTAN.
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- 3:00PrésidentChiffre
« Nous avons atteint les 2 % du PIB en 2020. »
- 3:30PrésidentFait
« Notre concept stratégique aujourd'hui, en effet, date de 2010. »
- 5:00PrésidentFait
« La France est un allié crédible. Notre effort de défense a été poursuivi malgré la pandémie. »
- 5:30PrésidentFait
« Nous disposons de forces capables, interopérables sur l'ensemble du spectre et dans les nouveaux domaines de conflictualité. »
- 6:30PrésidentFait
« Les initiatives prises par l'Union européenne au cours des dernières années, qu'il s'agisse du Fonds européen de défense, de la coopération structurée permanente, ne suscitent d'ailleurs plus de débats et je m'en réjouis. »
- 7:30PrésidentFait
« Nous avons besoin d'un nouveau cadre adapté. Les Européens doivent prendre toute leur part à sa définition. »
- 8:30Secrétaire général OTANFait
« La France est au coeur de notre Alliance transatlantique, avec ses militaires très performants, ses capacités de pointe sur l'ensemble du spectre de la dissuasion et de la défense. »
- 10:00Secrétaire général OTANFait
« Nous allons renforcer notre unité et notre solidarité, ce qui veut dire davantage de consultations à l'OTAN sur tous les sujets qui affectent notre sécurité. »
- 11:00Secrétaire général OTANFait
« Nous allons élargir notre approche en matière de sécurité en aidant à rendre nos sociétés, infrastructures et chaînes d'approvisionnement plus résilientes. »
- 11:30Secrétaire général OTANFait
« Nous allons défendre l'ordre international fondé sur le respect des règles, contre les dérives autoritaires de la part de pays comme la Russie et la Chine. »
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Bonjour Mesdames, Messieurs ! Je voulais remercier Monsieur le Secrétaire général, cher Jens, d'avoir choisi Paris comme première étape des consultations qu'il effectue en préparation du sommet de l'OTAN, qui se tiendra le 14 juin et qui est au coeur d'une séquence internationale qui sera profondément structurante pour nos équilibres stratégiques, après le G7, et avant un sommet entre les États-Unis et l'Union européenne. Nous avons discuté, comme toujours avec beaucoup de franchise et d'amitié, avec Monsieur le Secrétaire général, de nos attentes sur le Sommet, sur lequel d'ailleurs nous aurons la semaine prochaine des échanges approfondis avec nos partenaires européens.
Nous voulons revitaliser l'Alliance atlantique et pour cela, il nous faut des clarifications, de la cohésion et de la responsabilité. Premièrement, le sommet doit permettre une clarification politique sur le rôle et les priorités stratégiques que nous donnons à l'organisation de l'alliance Atlantique Nord. J'en avais moi-même fait le constat il y a quelques années, repensé le rôle, les missions, les règles au sein de l'Alliance.
Une réflexion a été conduite, engagée au sommet de Londres en décembre 2019. Un rapport des Sages a été remis en novembre dernier. Notre concept stratégique aujourd'hui, en effet, date de 2010.
Il a été profondément bousculé par les évolutions profondes, durables, du contexte international, qui se sont accélérées ces dix dernières années, et il doit être adapté d'ici l'an prochain. Je veux vraiment remercier Monsieur le Secrétaire général et ses équipes pour tout le travail qui a été fait, aussi, en préparation de cela. Et afin que le Secrétaire général dispose d'un mandat clair et précis, un échange direct et approfondi entre alliés est nécessaire, au niveau des chefs d'États et de gouvernements, et c'est aussi pour moi l'un des objets des prochaines semaines.
Deuxièmement, le sommet doit permettre de renforcer la cohésion au sein de l'Alliance atlantique, ce qui implique d'être clairs entre nous sur les valeurs, les principes, les règles qui sous-tendent notre alliance. En effet, la solidarité entre alliés n'est pas simplement un mot à géométrie variable. Elle implique des devoirs, des responsabilités les uns envers les autres.
Elle implique, pour chacun des alliés, de s'engager à respecter le droit international et des règles de conduite claires, et je sais, Monsieur le Secrétaire général, que ce sont les valeurs que vous défendez. Cela suppose, notamment, de ne pas poursuivre des intérêts nationaux contradictoires avec les intérêts de sécurité des autres alliés, comme cela a pu être parfois le cas durant ces dernières années, en Syrie, en Méditerranée orientale, en Libye, dans le Caucase, ou encore en termes d'interopérabilité sur les systèmes d'armement, ce qui est absolument critique au sein de l'OTAN. Troisièmement, la crédibilité de l'Alliance repose sur la responsabilité des alliés.
Nos alliés le savent, la France est un allié crédible. Notre effort de défense a été poursuivi malgré la pandémie. Nous avons atteint les 2 % du PIB en 2020.
Nous mettons en oeuvre notre dissuasion nucléaire, qui contribue à la dissuasion de toute l'Alliance. Nous disposons de forces capables, interopérables sur l'ensemble du spectre et dans les nouveaux domaines de conflictualité. Nos armées se battent contre le terrorisme, au Sahel comme au Levant, et nous participons à la présence avancée de l'OTAN en Estonie.
L'heure n'est donc pas à la dispersion des efforts mais à la responsabilité de chacun et à la coopération de tous. À cet égard, et à quelques mois de notre présidence de l'Union européenne, j'ai dit au Secrétaire général toute l'attention que je porterai à la pleine reconnaissance des efforts européens en matière de défense. Les initiatives prises par l'Union européenne au cours des dernières années, qu'il s'agisse du Fonds européen de défense, de la coopération structurée permanente, ne suscitent d'ailleurs plus de débats et je m'en réjouis, parce qu'ils apportent une plus-value, et il nous faut continuer de travailler à cet égard.
Je note à ce titre, avec satisfaction, les déclarations de la nouvelle administration américaine en ce sens. La souveraineté européenne est un projet de responsabilité qui renforce l'alliance, et je sais que certains veulent encore voir les choses en termes de compétition ou de jeu à somme nulle. Je crois que ce logiciel est dépassé et les efforts que font les Européens viennent s'ajouter aux efforts de nos alliés américains.
Nous avons besoin de rebâtir une stabilité stratégique en Europe face au délitement de l'architecture de sécurité mise en place à la suite de la Guerre froide, en particulier en matière de maîtrise des armements - nous en avons parlé - et je souhaite vraiment très fortement que l'Alliance soit le lieu de cette coordination et de cette discussion. Je me félicite naturellement que les États-Unis et la Russie aient pu reprendre contact sur ces sujets et prolonger de cinq ans le traité New Start, mais dans un monde qui se réarme à grande vitesse, dans lequel les rapports de force évoluent, nous avons besoin d'un nouveau cadre adapté. Les Européens doivent prendre toute leur part à sa définition, car nous sommes les premiers exposés, et l'OTAN est une plate- forme utile pour échanger sur ces sujets.
Nous en discuterons au prochain Sommet et nous continuerons de le faire dans la durée. Voilà les quelques sujets que je voulais partager avec vous, après la discussion extrêmement dense, amicale, exigeante que nous avons eue avec Monsieur le Secrétaire général. Monsieur Jens, je vous remercie encore d'être à Paris aujourd'hui.
C'est toujours un plaisir de vous accueillir et de pouvoir échanger, travailler avec vous, et je me réjouis de pouvoir vous retrouver au mois de juin prochain. Merci Monsieur le Président, cher Emmanuel, c'est toujours un plaisir de venir à Paris et de vous rencontrer. Merci pour votre leadership personnel et votre attachement à ce que l'Europe et l'Amérique du Nord travaillent de concert.
La France est au coeur de notre Alliance transatlantique, avec ses militaires très performants, ses capacités de pointe sur l'ensemble du spectre de la dissuasion et de la défense, et des investissements de défense significatifs, en consacrant 2 % du PIB à la défense. La France fait partie du groupe Antarctique multinational en Estonie. Vos avions de chasse assurent la sécurité de l'espace aérien, dans le cadre de notre mission de police du ciel dans la Baltique.
La France est engagée à lutter contre le terrorisme, avec des milliers de soldats dans le Sahel, et je voudrais rendre hommage aux forces françaises qui sont en première ligne dans la lutte contre l'extrémisme. La France est aussi un ardent partisan du partenariat entre l'OTAN et l'Union européenne, que nous avons réussi à rehausser à un niveau sans précédent ces dernières années. Aujourd'hui, lors de notre réunion, nous avons eu une discussion approfondie sur le prochain sommet de l'OTAN, qui se tiendra le mois prochain.
C'est une excellente occasion de renforcer l'alliance entre l'Europe et l'Amérique du Nord, et nous devons saisir cette occasion de prendre des décisions de fond, tournées vers l'avenir, grâce à l'initiative OTAN 2030, qui sera au coeur du Sommet. Nous allons renforcer notre unité et notre solidarité, ce qui veut dire davantage de consultations à l'OTAN sur tous les sujets qui affectent notre sécurité, réaffirmer nos valeurs fondamentales et renforcer notre engagement envers la défense collective, notamment par des investissements accrus. Nous allons élargir notre approche en matière de sécurité en aidant à rendre nos sociétés, infrastructures et chaînes d'approvisionnement plus résilientes, en restant à la pointe des technologies et en faisant face aux implications sécuritaires du changement climatique.
Et nous allons défendre l'ordre international fondé sur le respect des règles, contre les dérives autoritaires de la part de pays comme la Russie et la Chine. Cela passe par un approfondissement, avec des pays et des organisations qui nous sont proches, comme l'Union européenne, par la mise en place de nouveaux partenariats à travers le monde et par un accroissement de nos efforts de formation et de renforcement des capacités auprès de nos partenaires. C'est un programme ambitieux.
À l'heure de la concurrence mondiale, nous devons être ambitieux, défendre nos populations, nos valeurs et nos intérêts, et je compte sur la France pour jouer un rôle actif et constructif pour adapter l'OTAN à l'avenir. Nous avons également discuté de la situation en Ukraine. La Russie a toujours des forces en Ukraine et aux alentours, davantage de forces qu'avant l'escalade récente.
C'est pourquoi nous avons besoin d'un règlement pacifique, et je félicite la France pour son rôle actif dans le format de Normandie. L'OTAN reste vigilant. En effet, ceci s'inscrit dans un schéma perturbant d'actions agressives de la part de la Russie.
Dans le même temps, nous restons attachés à notre approche double de défense et de dialogue avec la Russie. Nous avons également abordé la lutte contre le terrorisme. L'OTAN renforce ses activités de formation en Irak.
Nous regardons comment nous pouvons apporter davantage de soutien dans la région du Sahel, et en Afghanistan. Alors que nous mettons fin à notre présence militaire, nous ouvrons un nouveau chapitre. Le soutien futur de l'OTAN reposera sur trois piliers.
D'abord, nous allons apporter un soutien aux institutions sécuritaires afghanes sous forme de conseils et de renforcement des capacités, et continuer à soutenir financièrement les forces de sécurité afghanes. Deuxièmement, nous prévoyons d'offrir de la formation et de l'entraînement à l'extérieur de l'Afghanistan, en nous concentrant sur les forces d'opérations spéciales. Et troisièmement, nous prévoyons de financer la fourniture de services, dont un soutien pour assurer le fonctionnement de l'aéroport de Kaboul.
Tout ceci permettra aux alliés de l'OTAN et à la communauté internationale de façon plus générale, de continuer à aider le peuple afghan et de contribuer aux efforts de paix. Donc Monsieur le Président, je vous remercie une fois de plus pour cette discussion très substantielle. Merci d'être un ardent soutien du lien transatlantique, et je me réjouis de vous voir à Bruxelles le mois prochain.
Merci Monsieur le Secrétaire général. Merci Mesdames, Messieurs.