Marlène Schiappa "doit démissonner", estime Sandrine Rousseau
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Bonjour Sandrine Rousseau, une manifestation contre les chantiers de la ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin est prévue demain. Elle a pourtant été interdite par le préfet de Savoie en raison de risque de débordement. Plusieurs organisations voudraient manifester, par exemple il y aura le maire écologiste de Grenoble, Éric Piolle, la présidente du groupe France Insoumise à l'Assemblée, Mathilde Panot. Est-ce que vous, vous allez vous y rendre ? Est-ce qu'ils ont raison d'aller sur place ?
Alors, ils ont raison d'aller sur place et c'est très bien qu'il y ait des élus qui aillent sur place pour protéger aussi les manifestants et pacifier les situations sur place. Mais moi je ne pourrais pas y aller parce que j'ai déjà des engagements tout le week-end. Mais si j'avais été libre, j'y serais évidemment allée.
Et pour protéger les manifestants, contre qui ?
Protéger les manifestants presque, j'ai envie de dire, parfois contre certains d'entre eux qui peuvent vouloir faire déborder le vase. Et puis mettre aussi des écharpes entre les forces de l'ordre et les manifestants de sorte que les affrontements ne soient pas directs. Et je tiens à apporter mon soutien ici au soulèvement de la terre qui sont menacés de dissolution.
Alors il y a un paradoxe, c'est que ce projet, il est aussi soutenu au nom d'Arguments Verts parce qu'il permettra notamment d'alléger les routes alpines d'un million de poids lourds. Il permettra de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre. On croyait que vous vouliez plus de trains et moins d'avions, non ?
Oui, mais il y a déjà des lignes qui existent. Et en l'occurrence, en 20 ans, le fret ferroviaire entre la France et l'Italie a été divisé par 5. Le fret ferroviaire a été saccagé ces dernières années par manque de soutien public. Donc en fait, les millions qui sont mis devraient plutôt être mis sur le soutien à un réseau de fret partout en France, aux lignes existantes, à la rénovation des lignes existantes, au renforcement des infrastructures déjà existantes.
Ça suffirait. Les lignes existantes suffisent.
Mais là, en 20 ans, je vous dis, il y a eu une diminution par 5 du fret ferroviaire. Donc on pourrait les multiplier par 5, c'est ce que vous dites. Sans aucun problème, puisqu'il y a 20 ans, ça a existé. Donc je veux dire, c'est vraiment... Mais ça, ça fait partie du problème dans lequel on est, où on ne pense que par la construction, par des gros projets, etc. Alors qu'en fait, on a déjà tout là. Mais il faudrait des moyens pour que ça fonctionne.
Vous dites que les élus doivent se rendre à cette manifestation, même si elle est interdite, même s'ils préfèrent au doute des éléments radicaux, plusieurs centaines. Est-ce que vous prônez aussi l'installation d'une ZAD pour cranter l'installation ? Vous dites qu'il faut s'installer ?
Là, maintenant, en France, on se met à avoir peur des ZAD, alors que les ZAD sont quand même des zones, globalement, juste qui occupent des terrains pour le bien commun. Enfin, je veux dire, il n'y a personne dans les ZAD qui défend un intérêt personnel dans cette affaire. On ne défend que la planète, en fait. On ne défend que la planète. Et la planète, en fait, on en a tous besoin. Donc, je veux dire, il n'y a pas de risque majeur. Et quand même il y a une ZAD qui s'installe, il y a une ZAD qui s'installe.
Ce n'est pas grave pour vous, une ZAD ?
Non, ce n'est pas grave, non.
Gérald Darmanin, elles sont dans le viseur de Gérald Darmanin.
Non, ce qui est grave, c'est la disparition des oiseaux, des vers de terre, le fait qu'il y ait des incendies incontrôlables au Canada, le fait qu'on urbanise et on bétonnise encore les espaces naturels, qu'on pense encore à construire des routes et des autoroutes, là où on devrait, au contraire, planter des... Enfin, je veux dire, c'est ça qui est grave. Ça, c'est très grave, parce que ça met notre vie.
Ce que craint le ministre de l'Intérieur dans les ZAD, c'est le foisonnement, l'installation...
Le foisonnement d'idées qu'il y a dans les ZAD, moi, j'aime bien le foisonnement d'idées des ZAD.
Il pourrait se radicaliser, c'est ce qu'il dit, en tout cas.
Pour avoir visité plusieurs fois des ZAD, il y a là-bas quelque chose de l'ordre d'une autre société qui s'invente, et c'est vraiment très intéressant. Et j'invite le ministre de l'Intérieur à y aller et à participer au débat qui se déroule dans les ZAD, parce que vraiment, une autre société s'invente.
Mais Sandrine Rousseau, cette manifestation est organisée notamment à l'appel des soulèvements de la terre, une organisation qui est menacée de dissolution, une organisation qui a dimanche saccagé des serres près de Nantes, des serres pourtant à but environnemental. Est-ce que ça, c'est grave ? Et est-ce qu'on ne marche pas un peu sur la tête ?
Non, mais on nous avait dit la même chose sur les OGM. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais quand il y avait des écologistes qui arrachaient les OGM, on disait, non, mais vous comprenez, ça permettrait de moins utiliser de pesticides. Bon, on voit que tout cela n'a aucun sens, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a et les OGM et les pesticides, et que rien n'a changé. Donc, les soulèvements de la terre, ce qu'ils veulent, c'est qu'on préserve la terre.
Mais vous ne répondez pas à ma question, est-ce que c'est grave et est-ce qu'on ne marche pas sur la tête ? Non, ça n'est pas grave.
De s'en prendre comme ça, des maraîchers, de saccager des serres, c'est pas grave ? Non, ça n'est pas grave. Ça n'est pas grave. Vous encouragez ce type d'action ? Je n'encourage rien du tout, je dis juste que là, on est dans une situation gravissime, mais gravissime. On a perdu 800 millions d'oiseaux en Europe. La biodiversité de la terre est en train de s'effondrer complètement de la terre au sens de la terre agricole. Et quand est-ce qu'on réagit en fait ? Là, ce qu'ils font, c'est qu'ils défendent le fait qu'il n'y ait plus d'intrants, le fait qu'on soit sur des modalités de culture qui soient pour l'alimentation essentiellement, et qu'on préserve aussi les revenus des agriculteurs.
Donc, il y a une révolution à faire. Il y a une révolution du monde agricole à faire. Et la radicalité doit passer par l'illégalité et la violence parfois ? L'illégalité, en l'occurrence, c'était une manifestation qui a été déposée, déclarée, déclarée. Je veux dire, il n'y a pas de sujet en fait.
Mais la destruction de serre expérimentale, ça reste une action violente.
Mais on s'en prend bien, très bien. C'est une forme de violence légitime, c'est ce que vous dites. Il y avait des élus, d'ailleurs, je pense qu'il y était. Et vraiment, je crois qu'aujourd'hui, la question, c'est comment on vit. Comment on vit ? Enfin, regardez ce qui se passe. Mais regardez, il y a des villages qui n'ont plus d'eau potable. Il y a des feux qui explosent, qui sont hors de contrôle. Il y a une pollution de l'air hallucinante. Et on continue, on continue, comme si on ne voulait rien entendre. Le sujet est plus grave, selon vous, que la destruction de serre. Mais bien sûr, on a trois ans pour agir. Et c'est trois années qui sont vraiment décisives.
Et c'est pour ça qu'il nous manque des politiques publiques. C'est pour ça qu'il nous manque une volonté publique. Et en venant, je vais vous dire, j'ai regardé le Twitter d'Emmanuel Macron pour voir quand est-ce qu'il parlait d'écologie. Il va en parler aujourd'hui, a priori.
Emmanuel Macron se rend aujourd'hui chez Safran pour présenter un plan pour l'avion zéro émission, avec une enveloppe, a priori, de 300 millions d'euros par an, dès l'année prochaine, pour soutenir la recherche. Ça vous fait rire, l'avion zéro émission ?
Ça dit tout, et on va chercher l'IETI. Ça n'existe pas, un avion zéro émission. Non, ça n'existe pas, l'avion zéro émission. Et toutes les prévisions disent qu'éventuellement, on pourrait avoir un avion à hydrogène qui transporte éventuellement des passagers, éventuellement 2050. Là, en fait, il faut aider maintenant. Il faut trouver des alternatives maintenant. Il faudrait que tout euro public que l'on dépense aujourd'hui, dans toutes les politiques publiques, on regarde l'impact en matière d'amélioration, la diminution des émissions de gaz à effet de serre et l'adaptation des personnes et la question de justice sociale.
Mais qu'est-ce que vous dites aux Indiens et aux Chinois, par exemple ? Le transport aérien, ça va être multiplié par 5, le nombre de vols domestiques en Inde d'ici 2042, multiplié par 3 en Chine d'ici 2042.
Que dit Emmanuel Macron aux Indiens et aux Chinois ? Tant qu'on ne fait rien, on n'a rien à dire, en fait. Et la France doit être exemplaire, précisément, elle doit montrer le chemin et elle doit faire des efforts qui sont énormes, conséquents. Et dans ces cas-là, alors, on pourra aller voir la Chine et l'Inde en disant « On l'a fait, donc faites-le maintenant. » Ça veut dire quoi, montrer l'exemple ? Pour l'instant, montrer l'exemple, ça veut dire...
Arrêter avec les vols domestiques, par exemple, tous les vols domestiques.
Mais bien sûr, les vols qui sont à l'intérieur des frontières françaises, il y a des alternatives en train qui existent.
Y compris à Marseille, Brive-la-Gaillard, par exemple.
Mais oui. Et est-ce qu'il faut limiter les vols à 4 vols dans une vie ? C'est ce que prône l'ingénieur Jean-Marc Jancovici ?
Mais quand Jean-Marc Jancovici, que je critique beaucoup par ailleurs, et vraiment, et je ne pense pas qu'il dise le juste... Il est pro-nucléaire, par exemple. Oui, il est pro-nucléaire et il est très sexiste. C'est une des différences que vous avez. Mais sur les 4 vols dans la vie, ce qu'il dit, ce n'est pas « il faut aller à 4 vols dans la vie ». Ce qu'il dit, c'est qu'on est dans une situation d'effondrement. Et ça, il faut l'entendre aujourd'hui. Nous sommes dans une situation d'effondrement.
Et donc, si nous ne prenons pas, nous, les rênes, et que tout de suite, nous prenions des mesures très fortes, comme la diminution du nombre de voyages en avion, comme le fait de ne plus détruire et de protéger, le fait de diminuer les pesticides, enfin, tout ça, si nous, nous ne prenons pas les rênes des politiques publiques, et y compris pour accompagner les plus vulnérables, alors on le fera dans le chaos. Et le chaos ne permettra pas d'avoir une politique de justice sociale. Et c'est cela, en fait, pour moi, l'enjeu. C'est pour ça qu'il faut le faire maintenant.
Sandrine Rousseau, députée Europe Écologie Les Verts de Paris, invitée du 8h30. Vous restez avec nous. 8h41, c'est le Fil Info avec Maureen Suignard.
On peut continuer à avoir des relations sans pour autant dérouler le tapis rouge à ce point. L'incompréhension sur France Info du président de la Ligue des Droits de l'Homme, le prince héritier d'Arabie Saoudite, est reçu par Emmanuel Macron ce midi. La LDH accuse le pays de mener des arrestations arbitraires et de pratiquer la torture. Après six mois de mobilisation contre la réforme des retraites, les syndicats reconnaissent qu'ils n'ont pas réussi à faire reculer le gouvernement. Mais l'intersyndical prévoit déjà de se réunir à la rentrée et appelle les salariés à se mobiliser sur la question des salaires.
Trois jours après le naufrage d'un bateau transportant des migrants au large de la Grèce, neuf personnes sont entre les mains de la police, neuf Égyptiens soupçonnés d'être des passeurs, des centaines de personnes sont portées disparues et 78 corps ont été repêchés pour le moment. Gibraltar France, c'est à 20h45 ce soir. Nouveau match de qualification à l'Euro 2024 de football. Hier, le capitaine des Bleus, Kylian Mbappé, a surtout répondu à des questions sur son futur en club. Restez au PSG est ma seule option pour à ce stade, réaffirme l'attaquant parisien. France Info
Le 8.30 France Info Agathe Lambré, Laurin Sénéchal
Toujours avec Sandrine Rousseau, députée Europe Écologie Les Verts. Sandrine Rousseau, mercredi, un navire transportant des migrants a fait naufrage au large de la Grèce. Hier, Marine Le Pen était à votre place et elle s'en est pris au rôle des ONG, complices des passeurs, selon elle. Est-ce qu'on peut s'interroger sur le rôle des ONG ?
Non, mais c'est scandaleux. Les ONG sont là pour sauver des vies, pour permettre à des personnes de ne pas se noyer. Là, ça n'a pas permis cela. Mais je rappelle que l'année dernière, il y a eu 1300 morts dans la Méditerranée. 1300 personnes. Aujourd'hui, la Méditerranée est un cimetière. Et nous, ce qu'on dit, c'est « Ah ben, on va faire de l'immigration uniquement si ça nous sert économiquement. On va criminaliser les ONG. On va criminaliser l'accueil. Je voudrais qu'on retrouve un petit peu d'humanisme dans cette affaire. Et en l'occurrence, le réchauffement climatique, puisqu'on en parlait tout à l'heure, est aussi un facteur de migration très fort.
On prévoit qu'il y ait près de 216 millions de réfugiés climatiques dans les prochaines journées.
Vous voulez créer un statut de réfugiés climatiques, comme le prône les insoumis ?
Oui, et puis surtout, j'ai envie de vous dire que plus on ferme les frontières, plus on est dans quelque chose de l'ordre du policier, de la répression. Alors que si on ouvre les frontières, si on permet aux gens de venir et de repartir, eh bien, en fait, on crée une espèce de flux qui nous permettrait d'arrêter d'être dans la violence contre ces personnes, parce que les parcours de migration, aujourd'hui, sont des parcours extrêmement violents. Vous croyez vraiment qu'ils vont repartir ? Et je pense notamment aux femmes migrantes qui souvent subissent des viols et des violences sexuelles le long de leur parcours de migration. Et nous, on accepte ça.
Même, j'ai envie de dire, quand Marine Le Pen dit que les ONG sont de problème, elle accepte que les gens meurent, en fait, dans la Méditerranée. C'est ça qu'elle fait.
Elle accepte que les gens meurent, Marine Le Pen.
Vous dites ça ? Oui, elle accepte que les gens meurent en Méditerranée et qu'ils ne soient pas sauvés. Eh bien, ça, c'est inadmissible.
Elle dit qu'il faudrait les sauver et les renvoyer au port d'origine.
Non, parce qu'elle ne veut pas qu'il y ait Frontex, elle ne veut pas qu'il y ait les ONG qui les sauvent. Donc, ça n'est pas vrai. Ce qu'elle expliquait hier, c'est qu'elle veut que Frontex
vienne en aide aux personnes pour les renvoyer dans le port d'origine.
Non, parce qu'elle ne veut pas mettre d'argent sur Frontex. Non, mais en fait, non. Elle ne veut pas mettre d'argent sur Frontex. Et par ailleurs, ça n'est pas en les renvoyant comme ça. Je rappelle quand même que l'essentiel de la migration est intra-africaine aujourd'hui. C'est-à-dire que l'essentiel des migrants sont accueillis par des pays qui sont bien plus pauvres que nous et qui sont en bien moins grande capacité.
Si on ouvrait les frontières, vous êtes convaincu que ces personnes viendraient chez nous mais repartiraient aussi.
Mais c'est ce qui s'est passé dans les années 50 et 60. C'est-à-dire qu'on a fait venir des travailleurs migrants parce que l'industrie française, en l'occurrence, en avait besoin et puis ils pouvaient venir et repartir. Et là, plus on durcit les conditions, plus on oblige les gens en quelque sorte à prendre des décisions définitives sur leur vie. Et compte tenu, encore une fois, de la difficulté que ça représente, il faut bien comprendre que parfois, les familles se ruinent pour faire passer un des leurs...
Mais ce ne sont pas les plus pauvres qui arrivent à faire la traversée parce que ça coûte un certain montant.
Non seulement ce ne sont pas les plus pauvres, mais en plus, c'est souvent les personnes les plus dégourdies, les plus diplômées, qui ont ce qu'on appelle un capital social le plus important. Et nous, on les traite comme s'ils étaient inhumains, comme si ça n'était plus des humains. Et là, je crois qu'il faut revenir à la raison.
Et Sandrine Rousseau, la gauche est assez inaudible en matière d'immigration. Est-ce que ce n'est pas tout simplement parce qu'il y a autant de lignes que de couleurs au sein de la NUPES ? On a du mal à comprendre quelle est la direction. Est-ce que c'est Fabien Roussel qui s'en prend aux frontières passoires ou est-ce que c'est vous qui voulez accueillir plus largement ? Non, mais je ne crois pas qu'il y ait de différence de ligne, pour le coup. Ah si, il y a des différences de ligne au sein de la NUPES.
Fabien Roussel avait corrigé en disant que c'était les questions économiques, enfin, c'était les marchandises et non pas les personnes. Mais il n'est pas de non-border, il n'est pas pour l'absence de frontières. On a visité par exemple des centres de rétention administrative dont il faut se dire quand même que ce sont des zones de non-droit. Aujourd'hui en France, ce sont des zones qui sont fermées et dans lesquelles sont retenues des personnes qui juste sont étrangers et sont retenues dans des conditions parfois vraiment extrêmement difficiles. Quand je visite des centres de rétention administrative, je le fais avec des députés de toutes les forces de la NUPES.
Et c'est ça aussi la force de la NUPES, c'est de mettre les droits humains avant les questions d'intérêts économiques. Et pour la migration comme pour tout le reste.
Sandrine Rousseau, les sociétés se droitisent, l'opinion se droitisent. Est-ce que vous n'êtes pas en décalage avec ce programme en disant qu'il faut accueillir plus à un moment où il y a une crispation ?
Je ne sais pas si l'opinion se droitisent parce que j'observe aussi beaucoup de solidarité. Je salue par exemple, je vous conseille d'ailleurs de lire le livre de Cédric Heroux qu'il a sorti dans la collection Libelle, là où il explique combien les populations se mobilisent pour accueillir des gens qui sont en détresse.
Cédric Heroux, je précise, c'est un berger des Alpes-Maritimes
qui a aidé des migrants à traverser la France.
Mais Sandrine Rousseau, quand on essaie de relocaliser des migrants dans des départements, dans des régions, ça pose très souvent des problèmes. Ce n'est pas si facile que ça.
Oui, mais là-dessus, il faut vraiment distinguer une forme de violence qui est exercée par des groupuscules d'extrême droite et qui sont peu nombreux et une population qui, elle, est beaucoup plus incline à accueillir à condition que ce soit dans des conditions correctes, à condition que ce soit dans des conditions où il n'y a pas de parkage de ces gens et que ça ne crée pas de problème autre que juste l'accueil. Mais au contraire, les Français se mobilisent pour les accueillir. Et la France est un pays traditionnellement d'accueil.
Donc moi, je pense qu'il ne faut pas se laisser avoir par une espèce de guerre culturelle qui est en train d'être menée par des groupuscules et qui sont racistes, xénophobes et qu'au contraire, on doit renouer avec la tradition d'accueil et de tolérance qui est celle de la France et de droits humains puisque l'essentiel quand même des gens qui arrivent là ont connu des atteintes énormes à leurs propres droits humains que ce soit dans leur pays d'origine ou sur le parcours de migration.
Sandrine Rousseau, on évoquait tout à l'heure avec Agathe Lambret les différences qui existent au sein de la gauche sur la question des frontières. Autre point de désaccord, la question des retraites. Vous promettez tous, c'est évident, de continuer le combat contre la retraite à 64 ans. Mais qu'est-ce que vous espérez obtenir ? 60 ans, comme le réclame la France insoumise ? 62 ans, comme le portait Yannick Jadot, candidat écologiste à la présidentielle ?
Eh bien, déjà, l'abrogation de la loi sur les 64 ans, ça, on est tous d'accord. Ensuite, moi, je pense qu'il faut ouvrir la possibilité de partir dès 60 ans. C'est d'ailleurs ce qui était dans le programme de la NUPES pour les élections législatives.
Donc, vous êtes ralliée à la position de la France insoumise ?
Non, mais ça fait partie du programme de diminution du temps de travail dans la vie que nous portons. La semaine de 4 jours, la diminution du temps de travail. Pourquoi ? Parce que ce modèle, et ça, c'est une question profonde de société, c'est-à-dire ce modèle qui nous conduit à toujours produire plus, à travailler plus, et à mettre toute une société en coupe réglée pour aller chercher de la croissance. En fait, c'était un modèle qui nous envoie dans le mur en matière écologique.
Ça va avec la décroissance ?
La décroissance, de toute façon, j'ai envie de vous dire, on va la subir. Elle est inévitable pour vous ? Elle est dans l'état actuel de notre économie, de l'absence de politique publique et de l'absence de prise en compte des questions climatiques, elle est inévitable. La seule chance que l'on ait, c'est que précisément, en diminuant le temps de travail, en ayant des politiques de transport public, en accompagnant l'isolation des logements, en développant le fret, toutes ces politiques-là permettraient de gérer démocratiquement et donc dans la justice sociale les grandes mesures à faire.
Comme nous ignorons cela, nous relégons le problème à plus tard et nous aggravons la situation, ce qui la rend chaotique. Je rappelle quand même que plus nous investissons aujourd'hui, moins nous aurons d'argent à investir demain là-dessus et que toute l'inaction coûte bien plus cher que l'action.
Sandrine Rousseau, on va parler des ZFE dans un tout petit instant, si vous le voulez bien. Vous qui êtes députée Europe Écologie, les Verts de Paris. D'abord le fil info, 8h51, Maureen Suignard.
Il plaide l'accident. Un coup parti tout seul alors qu'il nettoyait son arme. Michel Pial, le mari de Karine Esquivillon, reconnaît avoir tué son épouse. Les enquêteurs ont retrouvé son corps en suivant ses indications. La mère de cinq enfants avait disparu en Vendée depuis un mois et demi. Des plaintes pour tromperie, mise en danger de la vie d'autrui, omécide involontaire, 217 plaintes déposées au pénal en France contre Philips. C'est une information de la cellule investigation de Radio France. Les plaignants accusent l'entreprise d'avoir commercialisé des appareils contre l'apnée du sommeil contenant une mousse potentiellement cancérogène.
Si vous roulez en Ile-de-France aujourd'hui, vous devez baisser votre vitesse de 20 km heure. Avec le beau temps, l'épisode de pollution perdure. Il faut aussi éviter les activités physiques en extérieur. On apprend à l'instant que le pape François a quitté l'hôpital après son opération de l'abdomen. Le souverain pontife de 86 ans peut rentrer au Vatican. Il signe la meilleure performance mondiale de l'année sur le 50 mètres national libre, 21 secondes et 56 centièmes. Performance de Florent Manodou au championnat de France de natation. Le champion olympique se qualifie pour les championnats du monde. France Info
Le 8.30 France Info Agathe Lambré, Lorrain Sénéchal
Toujours avec Sandrine Rousseau, députée Europe Écologie-Les Verts. Sandrine Rousseau, vous aviez réclamé un acte 2 de la NUPES. Où en est-il ?
Eh bien aujourd'hui, il est un peu au point mort et je le regrette. Et nous allons lancer des initiatives, je pense, au niveau parlementaire à la rentrée parce qu'en fait la NUPES est une construction, certes, faite dans l'urgence des élections législatives, mais qui est extrêmement précieuse pour contrer les discours xénophobes, racistes de l'extrême droite. Et en fait, il faut aujourd'hui que nous construisions l'espoir pour un peuple de gauche et de l'écologie et que nous arrivions à les convaincre que nous sommes en capacité de prendre le pouvoir et du coup de changer leur vie.
Et là, aujourd'hui, la NUPES ne me semble pas être en mesure de porter cela, alors même que nous avons un projet sur la base des mesures qui ont été négociées lors des législatives, mais que nous pourrions enrichir avec la confrontation à des intellectuels, à des syndicalistes. Et pour cela, il nous faut avoir la volonté de continuer ensemble.
Justement, et quand Jean-Luc Mélenchon cite Adrien Quatennens, par exemple, comme potentiel candidat en 2027, qui a été condamné pour violences sur son ex-compagne, c'est acte 2, ça ?
Non, ce n'est pas l'acte 2. Et je sais que Jean-Luc Mélenchon fait une espèce de fixation là-dessus sur le fait qu'il faille faire revenir Adrien Quatennens. Et je pense que c'est une erreur. Je pense qu'il n'y a aucun parti de gauche aujourd'hui qui n'est exemplaire sur les questions sexistes. Enfin, je veux dire, on ne va pas se voiler la face. Mais là, ça n'est pas possible de présenter les choses de cette manière-là. Mais par contre, faisons ensemble le bilan de ce qui s'est passé. Jean-Luc Mélenchon, je me souviens qu'il a ouvert des meetings avec l'hymne des femmes. Il a fait du féminisme un axe très fort de sa campagne pour les présidentielles.
Et donc, je voudrais qu'on renoue avec cet esprit-là, qui est un esprit de défense des droits sociaux et de défense des femmes, en l'occurrence.
Il y a une image qui a beaucoup circulé sur Internet ces derniers jours. Sandrine Rousseau, c'est vous qu'on voit à Paris, chez vous. Vous êtes en train de faire barrage de votre corps à une intercation entre un cycliste et un automobiliste. D'abord, bravo pour votre courage, parce que ce n'est pas forcément évident. Mais vous avez donc pu mesurer le niveau de tension dans le partage de la route aujourd'hui. Dans ce contexte de tension, arrivent les ZFE, les zones à faible émission, les zones qui excluent les voitures polluantes. Les voitures polluantes, souvent, sont la propriété des classes les plus populaires.
Est-ce que vous ne craignez pas qu'elles viennent ajouter encore une forme de violence à ces personnes ?
Ça va tendre les choses, c'est indéniable. Mais précisément aussi parce qu'on manque d'une mobilisation de l'État sur cette question de ZFE. Je rappelle que pourquoi il y a des zones à faible émission ? Parce qu'aujourd'hui, il y a entre 40 000, voire 97 000 morts par an en France de la pollution de l'air. Entre 40 000 et 97 000. C'est à peu près une ville comme Bayonne qui disparaît chaque année de la pollution de l'air. Il faut quand même mesurer ça. Et les principales victimes de cette pollution de l'air sont les gens qui habitent le long des axes routiers, soit les personnes les plus pauvres. Donc en fait, il y a aussi un enjeu sanitaire pour les personnes les plus pauvres.
Mais vous avez raison, les personnes qui possèdent les véhicules les plus polluants sont les personnes qui ont souvent le moins de moyens financiers et qui habitent et qui ont été souvent d'ailleurs reléguées en périphérie des villes. Et c'est pour ça qu'on ne peut pas faire des zones ZFE sans avoir des politiques publiques massives, massives d'accompagnement. Ça veut dire des transports en commun ? Ça veut dire l'investissement massif dans les transports en commun. Ça veut dire accompagnement des personnes pour des changements de véhicules. Ça veut dire développer des zones de stationnement. Ça veut dire changer aussi le rapport à la ville.
Faire en sorte que les emplois ne soient pas tous en cœur de ville et que les habitations soient... Et tout ça, ce n'est pas le cas actuellement. Autrement dit, on est en train de mettre la charrue avant les bœufs. Exactement. Et aujourd'hui, on est dans ce qui rend l'écologie si impopulaire alors qu'elle est une urgence. C'est qu'on impose et on gère ça par l'interdiction plutôt que par l'accompagnement. Et vraiment, là, il y a un enjeu sanitaire majeur. Je le redis parce que quand on parle des ZFE, on n'en parle que sous l'angle des contraintes alors que c'est un enjeu de santé.
– Sandrine Rousseau, Marlène Schiappa s'est expliquée devant les sénateurs mercredi. Elle a concédé des dysfonctionnements dans la gestion de l'organisation du fonds Marianne. C'était ce fonds qui avait été créé après l'assassinat de Samuel Paty pour promouvoir les valeurs de la République. Est-ce qu'elle doit démissionner, Sandrine Rousseau ? Est-ce qu'il y a un problème avec Marlène Schiappa ?
– Oui, elle doit démissionner. – Et pourquoi ? Sur quelle base ? – Mais parce qu'on parle de la mort de Samuel Paty. On parle de quelqu'un qui a été égorgé dans le cadre des cours qu'il faisait et il était enseignant. On parle de quelque chose de très grave, on parle de quelque chose de solennel, on parle de quelque chose… Et quand j'ai entendu une partie, parce que je n'ai pas passé des heures là-dessus, mais quand j'ai entendu une partie de l'audition de Marlène Schiappa qui ne savait rien, qui n'entendait rien, quand j'ai entendu une partie de l'audition de Sifaoui qui dit que la lutte contre l'islamisme consistait à faire des tweets, y compris par exemple des tweets contre moi.
Je veux dire, là on n'est pas du tout au bon niveau et on n'est pas du tout au bon endroit.
– Mais il n'y a pas de mise en examen, il n'y a pas du tout de…
– Mais il y a une information judiciaire qui est ouverte pour des soupçons de favoritisme, notamment. – Ah bon ? – Une information judiciaire est ouverte pour des soupçons de favoritisme, de subventions indues, vous citiez notamment Mohamed Sifaoui.
– Oui, Agathe Lambret a raison de le préciser, mais ça ne vise pas Marlène Schiappa en l'occurrence, elle n'est pas mise en examen.
– Oui, mais à un moment donné c'est une question d'éthique et là la situation est suffisamment grave pour que… Enfin la politique c'est de l'éthique.
– Est-ce que vous pensez comme Julien Bayou, qui est député Europe Écologie-Les Verts aussi, qu'en cas de simple mise en cause, un ministre doit démissionner parce que, c'est ce qu'il explique, les ministres sont en situation de proximité potentielle avec le garde des Sceaux et donc en position potentielle de pouvoir être favorisés ?
– Oui, et puis là je pense que la mémoire de Samuel Paty mérite qu'il y ait un acte politique qui soit posé.
– Donc c'est un cas particulier, c'est ce que vous dites ?
– Là en l'occurrence oui, je pense qu'il y a un cas, la nature de ce fonds Marianne, ce pourquoi il a été créé, rajoute en effet de la tension sur ce qui s'est passé.
– Sandrine Rousseau, merci beaucoup, invitée du 8.30 ce matin, députée Europe Écologie-Les Verts de Paris. – Merci, bonne journée à vous. – Merci.
– Merci. – Sous-titrage ST' 501 – Sous-titrage ST' 501
Sandrine Rousseau