L'invité politique Sud Radio - Avec Aurélien Pradié, député du Lot et auteur de "Dignité" (Salvator)
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Sud Radio, l'invité politique, Jean-François Aquili. Il est 8h16, soyez les bienvenus sur Sud Radio. Bon réveil à tous, c'est l'heure du grand rendez-vous politique. Aurélien Pradier, député du Lot, président des bâtisseurs et l'invité politique de Jean-François Aquili. Messieurs, c'est à vous.
Bonjour Aurélien Pradier. Bonjour Jean-François Aquili. Vous avez vu la colère hier soir devant les tribunaux. Elle s'exprime en deux chocs après le meurtre de Lianin. Ça donne une idée de ce que ressentent les Français. Il faut tout mettre à plat, comme l'a dit Rémi Haïts, le procureur général près de la cour de cassation.
Enfin, vous ne voyez pas ce qui se joue sous nos yeux ? Vous ne voyez pas que ce grand pays que nous aimons est aujourd'hui juste incapable de protéger ses propres enfants contre la prédation ? Enfin, pardon, mais vous voyez, depuis des mois, je n'arrive pas à trouver une seule raison de sourire le matin alors que je suis engagé en politique. Non pas parce que je suis dépressif, mais simplement parce que j'ai une totale conscience de la faillite de ce pays, de la faillite totale de ce pays. Oui, il faut tout revoir de A à Z. Qu'est-ce que ça veut dire ? Mais ça veut dire tout, absolument tout. Et ce n'est pas le seul sujet, Jean-François Aquili. Je vais vous donner deux exemples.
Nous sommes un pays dans lequel la mortalité infantile, la mortalité des bébés de moins d'un an, a toujours diminué. Et depuis dix ans, elle augmente. Si bien que notre pays, ce grand pays, est aujourd'hui le 23ème sur 27 pays d'Europe en thème de mortalité des bébés de moins d'un an. Je vais vous donner un autre exemple. Les féminicides. Les féminicides, lorsque je me suis engagé sur ce sujet en faisant voter une loi à l'époque en 2019, il y avait 117 femmes qui étaient assassinées. En 2024, nous sommes à 141. En 2025, nous étions à 164.
C'était la loi Agir contre les violences au sein de la famille.
Elle n'a servi à rien. C'est celle que j'ai portée. Si, elle a servi. Mais tout le système est en faillite. Tout, de A à Z. Et ce qui est absolument insupportable dans cette période, c'est de voir la misère du débat politique, la comédie humaine du débat politique. On nous parle des histoires d'amour de M. Bardella, des salles de sport de M. Attal, de je ne sais quel autre numéro comique. Pendant ce temps-là, on n'est pas capable de protéger nos propres enfants. C'est ça le vrai sujet. Tout le reste, tout le reste, c'est misérable.
Aurélien Pradier, Sébastien Lecornu promet une nouvelle loi. Le Premier ministre qui réunit cinq ministres en urgence à Matignon ce matin, dont le garde des Sceaux, le ministre de l'Intérieur et d'autres. Il faut de nouvelles mesures désormais après ce qui s'est produit.
Mais qu'est-ce qu'on fout depuis des années ? Qu'est-ce qu'on fout depuis des années ? En 2022, je fais voter à l'Assemblée nationale une loi à une voix près qui, à l'époque, portait la création d'une juridiction spécialisée pour protéger notamment les femmes et les enfants. C'est-à-dire des parquets spécialisés, ce qui est demandé aujourd'hui. Elle a été votée, cette loi, en première lecture. 2022, 1er décembre 2022. Votée. Oui, en première lecture. Et depuis, rien. Absolument rien. Alors qu'est-ce qui va se passer ? À chaque drame, on va se réveiller. Vous voyez bien ce qui est terrible et sûrement que c'est la raison de la colère des Français.
Et je suis franc avec vous, c'est aussi la raison de ma colère depuis plusieurs mois, d'une colère saine comme dirait quelqu'un d'autre. La raison de cette colère, c'est l'écart abyssal qu'il y a entre le spectacle politique, cette espèce de divertissement bas de gamme et la gravité des sujets. Et ma colère, elle est liée à une impatience. Je piétine tous les jours qu'on puisse se dire, enfin, on s'attaque au vrai sujet. Sur la question de la protection de nos enfants, du système de prédation qui, aujourd'hui, existe dans nos sociétés contemporaines à l'égard de nos propres enfants. Vous voyez bien qu'il faut matin, midi et soir s'y coller.
La seule préoccupation du gouvernement depuis des mois, c'est de se sauver la peau. Depuis des mois, on cherche à passer entre les gouttes, est-ce qu'on évite une motion de censure ? Tous ces trucs dont on se fout, quand est-ce qu'on va enfin se coller à la gravité de la tâche ? Et ne pas attendre l'élection présidentielle. Il n'est pas question de botter en touche et de se dire, on verra ça dans un an.
Quand ce drame provoie-t-il la conséquence d'un manque de moyens, ou est-ce que c'est un problème, on va dire, systémique, pardon pour ce mot un peu technique, le manque de moyens qui est récusé d'ailleurs par le président Emmanuel Macron qui préfère parler de dysfonctionnement ?
Mais c'est tellement facile d'accuser le système. On a toujours fait ça, on accuse le système, comme ça on se défausse des responsabilités individuelles. Mais est-ce que le président se défausse de ses propres responsabilités ? Et bien sûr, comme tous les autres, comme nous tous, responsables politiques. Il y a un moment où on doit assumer ses responsabilités. Il y a un sujet de moyens dans la justice, c'est incontestable. Il y a un sujet de responsabilité individuelle aussi. Lorsqu'on est un magistrat et qu'on commet une telle faute, il n'est pas possible de passer entre les gouttes.
Mais je vais aller plus loin Jean-François Kili, je vais vous parler d'un sujet dont on n'a pas parlé depuis quelques semaines. L'individu aujourd'hui soupçonné de cette horreur, figurez-vous qu'il a été salarié du conseil régional d'Occitanie. A priori plusieurs fois même. Dans un lycée à minima, peut-être même dans deux lycées. Il a à l'époque fait l'objet d'un signalement pour comportement inapproprié, je cite. Vous savez quelle était la sanction ? Un blâme. Un blâme. Un petit blâme administratif, quitte, une des plus basses, aucun article 40 à l'époque.
Vous avez interpellé à ce sujet Carole Delga, la présidente de région, parce que vous êtes conseillère régionale d'Occitanie, je précise, dans l'hémicycle. Que vous a-t-elle répondu ? Qu'elle ne me répondrait pas. C'est-à-dire ?
Qu'elle réservait ses réponses à la justice. Lorsqu'on est un responsable politique, l'article 40 qui consiste à dénoncer un fait grave n'est pas une option. C'est pas quelque chose d'accessoire. Mais quand je dis ça, je veux accabler personne. Je veux juste dire qu'une démocratie crève de l'irresponsabilité individuelle. Quand on a un peu d'honneur en politique, on assume y compris de mettre en jeu sa responsabilité.
Vous voulez dire que ce prédateur, je ne sais pas si le mot correspond vraiment, s'il n'est pas trop faible désormais, aurait pu être repéré dès cette époque-là ? Il est question, j'ai recherché la date, 2018 à 2021. Donc ça date, c'est quelques années déjà. Mais bien sûr qu'il aurait dû être repéré.
Mais vous savez, à force de se dire que chacun a fait juste ce qu'il fallait qu'il fasse, pas plus que ça, c'est cette société d'irresponsabilité générale. Et vous voyez bien que c'est le drame d'une démocratie comme la nôtre qui finit par mourir de cette irresponsabilité. Plus personne n'est responsable de rien, y compris la classe politique. Et je dis ça sans chercher la démission des uns et des autres, c'est pas le sujet.
Quand vous entendez Darmanin démission, notamment dans les mobilisations d'hier soir, c'est pas le bon sujet pour vous ?
Mais c'est pas le sujet nécessaire. Enfin, je veux dire, on peut faire démissionner Darmanin, ça changera quoi ? Ça changera quoi au fond du sujet ? Et vous voyez bien d'ailleurs, je sais que ce sujet est très difficile en réalité, parce qu'il révèle beaucoup de colère, mais il révèle aussi notre faillite. Je le redis, une société, une nation qui n'est pas capable de protéger ses propres enfants de la prédation est une société qui perd sa raison d'être. Et c'est ça le fond de la question. Tous les autres débats autour de la pré-présidentielle sont des débats secondaires.
Quand je vois qu'on a encore des types, pardon, je suis brutal en le disant, mais c'est ma colère qui parle et elle est un moteur essentiel aussi pour redresser les choses. Quand je vois qu'il y a encore des types qui se réveillent le matin en se disant qu'ils vont aller annoncer leur candidature à la présidentielle, mais qu'est-ce que ces nains politiques...
Vous faites allusion à Karim Bouhamran, le maire de Saint-Ouen qui vient d'annoncer sa candidature.
Lui comme les autres. Mais enfin, il faut vraiment avoir un sens des priorités dingue. Dingue ! Il faut que cette époque finisse. Et c'est la seule raison de mon engagement politique encore aujourd'hui, c'est que je piétine qu'enfin il y ait des femmes et des hommes, bâtisseurs, qui se mettent autour de la table, qui arrêtent de se regarder soi-même et qui regardent enfin les défis de ce pays pour les relever.
Alors, qu'est-ce qu'on fait très concrètement Aurélien Pradié face à l'urgence ? C'est Yael Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui demande à ce qu'une loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, autrement dit une loi CAD qui embrasse l'ensemble du problème, soit votée là très rapidement, très vite. Vous disiez il ne faut pas attendre 2027. Elle a raison ?
Oui, je suis très favorable à ce que nous ayons ces débats, comme nous les avons eues il y a quelques années. Je vous redis que la loi sur la juridiction spécialisée, elle a été votée en première lecture.
On sort de la parole performative. Vous savez, on dit donc c'est fait. Et en fait, rien ne se produit. Comment on en sort ? C'est ce que vous dénoncez. Mais techniquement, comment ça marche ? Eh bien, je pense qu'il faut que la table soit retournée, pour de vrai.
Retourner la table ? Oui. Et peut-être qu'il faut au fond qu'une époque politique se termine. Je n'en sais rien. Je n'ai pas la réponse à ça. Je sais juste que dans les semaines et les mois qui viennent, il va falloir qu'on sorte totalement du modèle politique dans lequel on est aujourd'hui. Et que sûrement, il y ait des femmes et des hommes politiques, engagés, qui se mobilisent, je ne sais pas de quelle manière, mais qui soient capables de relever ces défis. Moi, j'y prendrais ma part comme député. Je tâche, je ne dis pas de ma part comme responsable politique. Vous savez, quand j'ai quitté les Républicains, ce n'était pas de gaieté de cœur.
Mais c'est parce que je voyais bien que dans ces bidules d'une autre époque, on allait tous tourner en rond. Voilà, c'est ça la raison première. Et lorsque je discute, et c'est l'objet du livre Dignité que je viens de publier, on a rassemblé des dizaines de femmes et d'hommes, du général Lecointre jusqu'à François Ruffin. Vous avez auditionné ? Oui, on a eu des débats. Et il y avait d'ailleurs une conférence dont le titre était « Protégeons-nous vraiment nos enfants ». C'est un des chapitres de ce livre-là.
Mais qu'est-ce qui ressort de ce livre, de ces auditions qui ont duré un an ? Il en ressortait la nécessité de tout revoir. Mais tout le monde dit ça.
Oui, mais sauf que ceux qui y ont participé ne peuvent pas être ceux qui participent à la suite. C'est ça la vérité. Je sais que ça paraît impuissant ce que je vous dis, mais moi je vous dis, j'ai fait ma part. J'ai porté ces deux lois, dont une qui a été votée en première lecture et qui a été abandonnée en race campagne à l'époque par le gouvernement. Nous avons les clés pour le faire. Si demain, il y a un sursaut, et qu'on se dit tous, il faut tout revoir de A à Z, je suis prêt à y prendre ma part, évidemment, comme tous les autres. Je vous prends un cas d'école.
Il y a deux rapports qui sortent. Il y a l'INSEE qui nous explique qu'il y aura 3 millions d'habitants en moins en 2070. Et le COR, le Conseil d'orientation des retraites, il faut être très attentif à ce qu'il dit. Le COR, c'est son dernier rapport annuel. Il nous explique que la même année, 2070, il faudra travailler jusqu'à près de 68 ans. Or, vous avez des candidats, Jean-Luc Mélenchon, c'est 60, Marine Le Pen, 62. Vous-même, vous étiez opposé à la réforme des retraites de mémoire.
Je me suis opposé à l'ancienne réforme des retraites qui n'a rien produit. Et j'avais à l'époque d'ailleurs dit que la clé, c'était la durée de cotisation plus que l'âge légal. Là encore, les politiques montent là-dessus. À l'époque, lorsque je tenais ce discours, tout le monde me disait que je racontais n'importe quoi. Tous aujourd'hui disent qu'il faut faire primer la durée de cotisation sur l'âge légal. C'est donc que je n'avais pas totalement tort. Mais vous voyez bien, vous avez pointé un sujet fondamental qui est la question démographique. Ce pays va s'effondrer, son système social va s'effondrer si nous ne réglons pas cette question de la démographie.
Pardon, j'en reviens à ce que je disais tout à l'heure dont quasiment personne ne parle. Comment voulez-vous pousser des femmes et des hommes à avoir des enfants si la mortalité infantile réaugmente dans ce pays ? Vous voyez bien qu'on traite toujours les sujets par le petit bout de la lorgnette. Moi, je pense qu'on est à un moment qui ressemble à l'après-guerre, où le pays est dans un état de ruine. Et que, comme à l'après-guerre, dans des circonstances différentes, il faut tout reconstruire avec des femmes et des hommes qui auront le sens de l'aventure et qui ne seront pas des espèces de petits boutiquiers, candidats à je ne sais quelle primaire, quelle bidule, quel truc.
Tout ça, c'est insupportable.
Les partis politiques sont morts à vos yeux ? À ceux que nous connaissons aujourd'hui, ils sont morts, oui, c'est une certitude. Vous ne voulez plus retourner chez les Républicains, peut-être, pour peser avec ce que vous voulez. Qu'est-ce que vous voulez que j'aille faire là-dedans ?
Enfin, pardonnez-moi, j'ai beaucoup d'amitié. Avec Bruno Retailleau, candidat. Oui, oui, mais tout ça est très bien. Enfin, écoutez, tous ces gens-là ont participé à la même histoire. Excusez-moi, mais y compris Bruno Retailleau, je n'ai pas oublié qu'il avait siégé entre Mme Borne et Mme Berger dans le même gouvernement. Alors, je veux bien qu'on nous raconte toutes les histoires, qu'on nous dit que c'était pour la France, c'était patati, c'était patata. Il y a des moments où il est bon de ne pas participer aux fins d'époque. Moi, je n'y ai pas participé. Je souhaite travailler sur le fond, comme je le fais avec ce sujet de la dignité, qui est un sujet absolument fondamental.
Et je pense qu'il y a des femmes et des hommes dans ce pays qui aspirent à autre chose, y compris dans la classe politique.
C'est le discours qu'a tenu M. Karim Bouhamran il y a quelques minutes sur une antenne concurrente, France Inter. Il dit à peu près la même chose que vous. Il dit, renversez la table, etc.
Si nous sommes plusieurs à le dire, tant mieux. Mais il faut aller au bout de son courage politique.
C'est-à-dire, qu'est-ce que vous voulez faire ? Une équipe de France des rebelles ? Vous savez, à l'après-guerre... C'est un mot que vous avez utilisé.
Oui, rebelles et pirates. Ce sont des mots que j'ai envoyés, qui perturbent un peu quand je le dis, mais je le pense. Parce que je pense qu'aujourd'hui, on a besoin d'une équipe de pirates qui soit capable d'avoir des valeurs fondamentales.
Qui sont les pirates ?
Eh bien, je pense des gens étranges dans notre vie politique, qui ne sont pas enfermés dans les carcans, qui disent des choses qui dérangent peut-être, qui n'ont pas toutes les sympathies des uns et des autres.
Pour ça qui ?
Vous savez, pendant un an, ce que nous avons fait au Collège des Bernardins, autour de la dignité, les différentes conférences, vous l'aurez observé, on a rassemblé des femmes et des hommes très différents. Très différents. Qui, certains, n'ont pas d'engagement politique en soi. Par exemple ? Écoutez, ça va de François Mollens, le général Lecointre, jusqu'à François Ruffin, jusqu'à des acteurs de la CFDT, jusqu'à Ahmad Massoud, qui est venu d'Afghanistan, nous dire ce qu'était la résistance aux talibans. Toutes ces femmes et toutes ces hommes, ce sont des gens bizarres. Je ne vais pas leur faire un insulte, mais ils sont étranges dans leur registre, parce qu'ils sont un peu hors du commun.
Mais vous dites qu'il faut rassembler ces énergies-là, il y a des acteurs politiques que vous pourriez rassembler de tous les bords ?
Moi, je vois bien la limite à tout ça, parce qu'on n'a pas suffisamment d'imagination aujourd'hui. On a tellement connu les vieux carcans de ce qu'on... Mais qui, par exemple, Dominique de Villepin, David Lissnard ? Les Français qui sont en face de nous, pour rejoindre ces rebelles, ces pirates ? Je veux dire pourquoi je ne veux pas vous donner de nom, parce qu'il y en a suffisamment. Et que sûrement, il y en a que je ne connais pas encore. Et je sais que tout ça est très loin de notre champ d'imagination, parce qu'on se dit, ce n'est pas possible. Ça fait 30 ans que ça passe par des primaires, des bidules, des trucs, des partis politiques.
Donc on a du mal à penser les choses autrement, j'en conviens. Mais ma responsabilité politique aujourd'hui, elle est d'éveiller, dans la conscience collective, un goût de la piraterie et un goût de l'aventure. Tout ça, en fait, c'est être gaulliste. C'est ce que les gaullistes ont toujours fait, et c'est ce que les gaullistes doivent faire demain, parce qu'on a besoin, aujourd'hui, plus que jamais, d'un sursaut du gaullisme.
Alors, Aurélien, le navire pirate, nous sommes le 9 juin, le navire gaulliste.
Aurélien Pradier, donc, qui plaide pour une équipe de France des rebelles pirates. Je retiens une question, et j'ai envie de la prolonger dans tout ce que vous avez dit ce matin. Vous nous apprenez que les parquets spécialisés étaient pas loin d'être votés dans le cadre d'une loi, mais que ça ne s'est pas fait, et que ça n'est pas passé. Qui a voté contre la vieille France ? Les vieux politiques qui votent contre, qui se protègent ? Qui peut voter contre des parquets spécialisés ?
Cette loi, elle a été adoptée, à une voix près.
Vous avez dit en première lecture. En première lecture. Oui, donc ensuite, elle n'a pas fait la navette totale.
Non, elle n'a pas fait la navette. Pourquoi ? La suite de la navette, pardon, mais c'est le Sénat. Donc, il y a un moment où, à l'ordre du jour, c'est au Sénat de le faire, ou c'est au gouvernement de le faire.
Est-ce que c'est ce contenu dont on pourrait parler aujourd'hui, justement, dans cette nouvelle loi qui va être présentée maintenant ?
Mais cette loi que j'ai faite voter à l'époque, que mes collègues ont voté, elle n'est pas parfaite, mais dans le cadre d'une navette, on peut immédiatement la réactiver. Et à l'époque, je le dis très clairement, le gouvernement s'y était opposé. Le gouvernement s'y était opposé. La majorité ou minorité actuelle était opposée. On nous expliquait que c'était trop compliqué, etc. Et sur les 41 qui ont voté contre, chacun pourra voir qui avait pris cette position.
Très rapidement, parce que c'est l'actualité, mais c'est une information que vous nous apportez quand même ce matin. Il y avait eu des signalements à l'époque où M. Barrella était employé par un ou deux lycées dans le cadre de la région Occitanie. Vous aviez à l'époque fait des petits signalements. Est-ce que dès lors qu'il y a un petit signalement, ça doit devenir un gros signalement, une alerte, et qu'il faut qu'on arrête d'entendre ça comme une petite musique lointaine ?
Évidemment. Lorsqu'un agent contractuel de la région, dans au moins un lycée, je ne sais pas s'il y en a eu plusieurs, je sais qu'il y en a eu au moins un, a été embauché, a reçu un blâme qui est la sanction administrative parmi les plus faibles pour comportement inapproprié sur une mineure. Mais à quel moment on se dit que ça ne mérite pas un article 40 ? Et vous voyez, tout ça, c'est la chaîne d'irresponsabilité collective. Et moi, je trouve ça insupportable.
Merci beaucoup Aurélien Pradié, vous étiez l'invité de Jean-François Aquili. Et Jean-François, on vous retrouve tout à l'heure, bien entendu, dès 9h. Et vous parlerez justement de la démographie, de cette problématique des retraites. Et nous, on se retrouve dans un instant avec les éditorialistes, avec Philippe David et Elisabeth Lévy. On va poursuivre la discussion autour de l'actualité politique de ce matin. et également de l'affaire Liana qui n'en finit plus de faire parler. Mais on espère qu'il y aura des actes. Et des actes qui pourront faire évoluer les consciences et protéger les enfants. A tout de suite sur Sudra.
Aurélien Pradié