Service militaire... aux armes citoyens ? - C dans l’air - 25.11.2025
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas étonnant que ses propos aient suscité une telle réaction?
- 0:45OuverteRéponse directe
On a eu cette même polémique et les mêmes accusations d'un président qui serait va-t-en-guerre quand le président de la République avait évoqué l'envoi de troupes en Ukraine.
- 1:45OuverteRéponse directe
Mais pourquoi faut-il un pacte entre l'armée et la nation?
- 3:00OuverteRéponse directe
On va revenir sur à quoi pourrait ressembler ce service militaire volontaire et les raisons qui ont poussé à le suspendre à la fin des années 90.
- 4:15OuverteRéponse directe
Mais ils l'ont toujours, ce pacte? Il existe, en réalité...
- 5:15OuverteRéponse directe
On va y revenir, mais juste un mot sur ce que dit le président de la République... Vous pensez que dans ses déclarations et dans celles du chef d'état-major des armées, il y a aussi une façon de nous interpeller tous sur ces menaces multiples?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00E.MacronFait
« Il est très clair que nous devons renforcer le pacte armée-nation. Au moment où la guerre s'hybride, il est très important qu'un maximum de nos compatriotes comprennent ce que sont nos armées, comment ça marche, participent à la réserve que nous avons mise en place qui est très importante, car elle apporte des compétences à nos armées. »
- 2:15E.MacronFait
« Ce propos a été déformé, sorti de son contexte. Il faut tout de suite supprimer toute idée confuse qui consisterait à dire qu'on va envoyer nos jeunes en Ukraine. »
- 3:30Gal F.MandonFait
« Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, alors on est en risque. »
- 5:30C.BarbierFait
« C'est la nation qui délègue à son armée le devoir de la protéger. Ca donne un droit extraordinaire à ses citoyens, le droit de tuer. C'est énorme, exorbitant... Donc on ne le fait pas pour rien. On le fait parce que la nation considère que son existence est en danger. »
- 8:00E.MacronChiffre
« 10 000 jeunes seraient concernés chaque année d'ici 2030, 50 000 à l'horizon 2035. La formation durerait 10 mois, pour un salaire d'environ 1000 euros mensuels. A terme, son coût pour l'Etat serait de 2 milliards d'euros par an. »
- 12:30C.BarbierFait
« Derrière, il y a peut-être l'idée que sur ces 50 000 jeunes, au bout de 10 mois, il y en a peut-être 10 % qui signeront un contrat d'engagement militaire de carrière. »
- 15:30Gal D.TrinquandChiffre
« En Finlande, avec un peu moins de 10 millions d'habitants, ils ont 280 000 réservistes. »
- 18:30L.KayaliFait
« La France n'aurait pas les moyens de remettre un service militaire pour tout le monde. »
- 20:00Gal D.TrinquandFait
« On change complètement de logique par rapport au SNU. C'est l'armée qui est en charge, et elle sait faire. »
- 21:30C.BarbierFait
« Donner une solde à des jeunes qui ne feront pas d'études supérieures, c'est néanmoins de l'argent qu'ils vont dépenser et ça créera de la croissance. »
- 23:00M.Van RenterghemFait
« La guerre du monde moderne, ce sont aussi les drones. Ce seront aussi des usines de drones. »
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parlez-en à votre pharmacien. ... - C.Roux: Bonsoir.
Bienvenue. C'est une mesure généralement plébiscitée par les Français: le retour du service militaire volontaire. E.Macron devrait donc le confirmer ce jeudi.
Ce matin, interrogé sur le sujet, il dit sa volonté de renforcer le pacte entre l'armée et la nation au moment où les menaces se multiplient. Mais le chef de l'Etat prend soin de désamorcer les craintes. Pas question d'envoyer des troupes pour combattre en Ukraine.
Alors, quelles pourraient être les missions de ces nouveaux appelés? Nous en parlerons dans un instant. La France n'est pas le seul pays à relancer un service militaire.
Il est déjà obligatoire dans une dizaine de pays en Europe. Depuis ce week-end, c'est un plan de paix qui mobilise les alliés de Kiev, celui pensé par Washington et rectifié en urgence par les Européens. Nous allons parler de tout cela avec nos invités.
Général D.Trinquand, vous êtes ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU. C.Barbier, vous êtes éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de "Franc-Tireur".
Votre édito à paraître demain concerne la phrase d'un général que nous allons commenter: "souffrir." M.Van Renterghem, vous êtes reporter et chroniqueuse pour "L'Express".
L.Kayali, vous êtes journaliste, correspondante aux défenses à "Politico". Bonsoir à tous les 4.
E.Macron voulait désamorcer la phrase du chef d'état-major des armées, qui a beaucoup heurté? - C.Barbier: Il y avait une polémique après ses propos cruels et tranchants.
Plus que les désamorcer, il voulait empêcher la confusion et ne pas laisser croire qu'on enverrait des Français en Ukraine. Il a surtout voulu profiter du terrain déblayé par cette sortie devant le congrès annuel des maires. Le chef d'état-major des armées a soulevé la polémique.
Il a ouvert des lignes de débat. Le président de la République en a profité, puisqu'il a corrigé ses propos. On ne va pas revenir à une armée de conscription envoyée à l'étranger, mais nous devons repenser notre organisation militaire, notre état d'esprit et continuer à estimer à sa hauteur le danger russe. - Gal D.Trinquand: En fait, le président est dans une séquence dans laquelle, derrière les avertissements, on cherche à mobiliser la population française.
Les mots du général Mandon ont peut être choqué, mais s'il n'avait pas utilisé ces mots-là, on n'en aurait pas parlé. Ca a permis d'en parler. Aujourd'hui, on voit la vague de reflux après une montée d'opposition pendant 48 heures, dont les explications qui consistent à dire...
Je rappelle que les soldats sont des enfants de France engagés. Quand on s'engage, il y a un risque. - C.Roux: Est-ce que ce n'est pas étonnant que ses propos aient suscité une telle réaction?
Est-ce que ça se serait passé de la même manière dans d'autres pays européens? Cette levée de boucliers, alors qu'il n'y avait pas l'annonce d'une mobilisation pour aller sur la ligne de front en Ukraine, qu'est-ce que ça raconte de nous? Le président a dit qu'il fallait renforcer le pacte moral entre la nation et les armées. - L.Kayali: Il y a effectivement un malentendu.
Quand le général Mandon faisait allusion aux enfants, il faisait allusion aux soldats. Mais beaucoup de gens l'ont pris au premier degré. C'est pour ça qu'E.Macron s'est senti obligé de dire qu'on n'allait pas envoyer les jeunes de France en Ukraine.
C'était pour corriger ce malentendu. Ensuite, ça dit de la France que ce type de propos dénote et choque un peu. On a parlé de la forme, mais sur le fond, on en a assez peu parlé...
Ca montre que la classe politique, de façon générale publique également, n'est pas prête à entendre. Si un Suédois avait tenu les mêmes propos, personne n'aurait bronché. En Estonie ou en Pologne non plus, car la population civile et les armées se préparent à ce à quoi le général Mandon faisait allusion. - C.Roux: On a eu cette même polémique et les mêmes accusations d'un président qui serait va-t-en-guerre quand le président de la République avait évoqué l'envoi de troupes en Ukraine. - M.Van Renterghem: En effet, j'ai tout de suite pensé aux troupes au sol, que le président de la République avait évoquées et qui avaient causé une levée de boucliers.
A chaque fois, on ne sait pas de quoi on parle. On fantasme et ça nourrit l'imagination. Il y a un équilibre difficile à trouver.
Je trouve aussi que le chef d'état-major des armées a eu raison d'insister sur ce problème. On est pris en tenaille entre le fait d'être trop alarmiste...
Et être trop alarmiste, c'est faire le jeu de V.Poutine, qui ne cherche qu'à effrayer les opinions publiques, pour que nous changions notre posture stratégique. Il veut prouver aux Européens que si on défend l'Ukraine, on va être en guerre contre lui.
C'est le danger d'être trop alarmiste. Mais le danger d'être dans le déni...
On voit très bien le présupposé des pacifistes. Le déni peut être un aveuglement, mais c'est aussi une stratégie. Chez les pacifistes d'extrême droite, d'extrême gauche, chez les souverainistes du milieu, il y a un présupposé.
On est pacifistes, on refuse d'aller s'engager pour l'Ukraine. Pourquoi? Parce que la Russie n'est finalement pas une menace.
C'est aussi une négation de nos alliances: l'Otan, l'UE, les pays avec lesquels nous avons signé des traités. Une attaque contre un pays balte, par exemple, c'est une attaque contre notre sécurité à nous. Il y a beaucoup de contentieux derrière ce besoin de ne pas trop alarmer et d'être dans le déni. - C.Roux: Question.
Ce sont des mots utilisés ce matin par le chef de l'Etat lorsqu'il évoquait le retour du service militaire volontaire. - C.Barbier: C'est la nation qui délègue à son armée le devoir de la protéger.
Ca donne un droit extraordinaire à ses citoyens, le droit de tuer. C'est énorme, exorbitant...
Donc on ne le fait pas pour rien. On le fait parce que la nation considère que son existence est en danger. Une partie de ses enfants va risquer sa vie pour la protéger. - C.Roux: Lorsque le président dit "renforcer le pacte armée-nation"... - C.Barbier: Il pourrait dire réinventer, ressusciter, parce que ce pacte s'est délité.
On a perdu le service national universel, le service militaire pour tout le monde. Les opérations militaires ont, pour la plupart, été très lointaines. On a l'impression que, puisque ce sont des professionnels, ce sont les risques du métier.
Le lien charnel entre l'armée et la nation doit être réécrit. - Gal D.Trinquand: On a un phénomène historique.
Depuis la Révolution, la France a toujours eu une armée de citoyens, avec des modulations, comme le tirage au sort. - C.Roux: C'est-à-dire? - Gal D.Trinquand: Quand il y avait trop de soldats, on tirait au sort ceux qui feraient leur service militaire et ceux qui ne le feraient pas.
Mais c'était toujours un service militaire. On avait toujours la nation en arme, jusque dans les années 97. Là, on a suspendu...
Depuis, on a une armée professionnelle et la France n'est pas habituée à cela. Tous les gens que je rencontre sont tellement fiers de dire qu'ils ont fait leur service militaire... "Je l'ai fait à tel endroit, à tel moment..." Tous n'étaient pas très fans de le faire à l'époque, mais au bout du compte, il y avait un lien très étroit. - C.Roux: On va revenir sur à quoi pourrait ressembler ce service militaire volontaire et les raisons qui ont poussé à le suspendre à la fin des années 90.
Mais pourquoi faut-il un pacte entre l'armée et la nation? - Gal D.Trinquand: Parce que l'armée, ce ne sont jamais que des citoyens en arme.
Soit des citoyens appelés, auxquels on ne demande pas leur avis, soit des professionnels, mais c'est pareil. Ce sont des citoyens en arme. Comme le disait très bien C.Barbier, ils ont un mandat exceptionnel.
On leur donne l'autorisation de tuer pour défendre la nation. - C.Roux: Mais ils l'ont toujours, ce pacte?
Il existe, en réalité...
Quand on voit les hommes de la force Sentinelle, tout ce qui s'est passé pendant les attentats...
On voyait bien ce lien qu'il y avait entre les militaires et les citoyens. - Gal D.Trinquand: Oui, mais on a l'impression qu'en voulant déléguer à des professionnels, ce n'est plus notre affaire, alors que c'est l'affaire de tous les citoyens.
La défense nationale, ce n'est pas que les armées. Au passage, je souligne...
On dit souvent que les générations, c'est plus pareil. Je suis bluffé par l'engagement des jeunes! Il y a eu un sondage où on demande aux moins de 35 ans s'ils sont prêts à s'engager pour défendre leur pays. 65 % répondent oui.
C'est exceptionnel. - C.Roux: On va y revenir, mais juste un mot sur ce que dit le président de la République...
Vous pensez que dans ses déclarations et dans celles du chef d'état-major des armées, il y a aussi une façon de nous interpeller tous sur ces menaces multiples? "c'est votre problème", c'est ça le sujet? C'est un réveil citoyen? - C.Barbier: Bien sûr.
Cette parole publique est une courroie de transmission entre la réalité des risques et un corps social qui voudrait toujours, sans lâcheté, sans volonté de faire la réalité, ne pas trop la regarder. Le véritable réveil est sonné par Poutine. En attaquant l'Ukraine, si près de nous, il nous ramène à la réalité des risques.
Depuis, les politiques et les militaires, sans faire tomber les Français dans la paranoïa et la panique, essayent de les alerter. On ne peut pas rester sans réagir. Il faut s'adapter à un monde nouveau.
On l'a fait, il y a 35 ans. L'URSS s'est effondrée. On s'est dit: "Chic, on va pouvoir désarmer!" On s'est très vite adaptés à cette nouvelle situation.
L'armée de métier a été une réponse à de nouveaux risques, plus lointains, plus pointus. Maintenant, les risques ont changé depuis 2022 et il faut faire une partie du chemin à rebours pour s'adapter à des risques continentaux, proches et conventionnels. On les avait un peu oubliés. - C.Roux: On va poursuivre cette discussion.
C'est une annonce qui sera sans doute officialisée jeudi, en Isère. E.Macron confirmera le retour d'un service militaire volontaire.
L'objectif n'est pas d'envoyer les jeunes se battre sur le front en Ukraine mais de renforcer le lien entre la nation et son armée, dans un contexte où les menaces sont croissantes. -30 ans après sa suspension, le service militaire fait son grand retour. C'est en tout cas ce que devrait annoncer cette semaine le président de la République, qui en a dit un peu plus ce matin lors de son déplacement en Afrique. - E.Macron: Il est très clair que nous devons renforcer le pacte armée-nation.
Au moment où la guerre s'hybride, il est très important qu'un maximum de nos compatriotes comprennent ce que sont nos armées, comment ça marche, participent à la réserve que nous avons mise en place qui est très importante, car elle apporte des compétences à nos armées. Il faut que nous raffermissions. - Face à la menace russe, E.Macron décrit un monde fait d'incertitudes.
Il est revenu aussi sans les contredire sur les propos polémiques du chef d'état-major des armées tenus mardi dernier. - Gal F.Mandon: Si notre pays flanche parce qu'il n'est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu'il faut dire les choses, alors on est en risque. - E.Macron: Ce propos a été déformé, sorti de son contexte.
Il faut tout de suite supprimer toute idée confuse qui consisterait à dire qu'on va envoyer nos jeunes en Ukraine. - Le futur service militaire, que devrait présenter le président de la République, serait basé sur le volontariat. On en connaît déjà les contours. 10 000 jeunes seraient concernés chaque année d'ici 2030, 50 000 à l'horizon 2035.
La formation durerait 10 mois, pour un salaire d'environ 1000 euros mensuels. A terme, son coût pour l'Etat serait de 2 milliards d'euros par an. Une idée qui divise déjà la classe politique. - E.Coquerel: Ce qu'il y a dans ce service militaire, c'est le côté va-t-en-guerre qu'on développe actuellement avec le général Mandon, avec un livret qui prépare éventuellement le pays à la guerre.
Je crois que la France doit être au service de la paix, y compris avec sa dissuasion et ses moyens de défense, pas au service de la guerre. - S.Chenu: Il vient sur nos propositions.
M.Le Pen porte la proposition d'un service militaire obligatoire de 3 mois pour les garçons et les filles. On accueille ça avec intérêt. - L'armée française aujourd'hui se compose de 200 000 militaires et 47 000 réservistes.
Pour gonfler les rangs, le RN n'est pas le seul à suggérer un service obligatoire pour tous les jeunes Français. - R.Glucksmann: Il faut proposer un service qui ne soit pas uniquement militaire mais aussi civique.
On peut vouloir s'engager dans la transition écologique et la collectivité sociale. On est dans une société qui crève de son individualisme. - La défense, priorité absolue pour le gouvernement qui veut débattre de la hausse des crédits militaires en marge du budget bloqué à l'Assemblée.
Pour l'exécutif, il y a urgence. La France doit être prête en cas de confrontation avec la Russie. L'alerte est sonnée depuis de nombreux mois par le haut commandement militaire, ici l'ancien chef d'état-major des armées. - La cohésion nationale ne peut pas se trouver s'il n'y a pas une prise de conscience, en tout cas un déni du monde dans lequel on vit.
Je pense que les Français sont conscients de ça. Il faut leur parler très clairement et ne pas faire peur, juste dire ce qu'il en est. Dans quel monde voulez-vous que vos enfants vivent demain? - Le service militaire fait son retour dans toute l'Europe.
Plusieurs pays, qui l'avaient interrompu, l'ont même rendu obligatoire récemment comme la Suède, la Lituanie ou la Croatie. - C.Roux: Avant de poursuivre notre discussion, que sait-on de ce que pourrait annoncer le chef de l'Etat jeudi sur la forme que ça pourrait prendre?
On parle d'une durée de 10 mois? - C.Barbier: Oui, et, c'est important, de 1000 euros.
D'une montée en puissance avec, dès 2026, quelques milliers de volontaires, puis 10 000 en 2030 et 50 000 en 2035. Sur 650 000 jeunes qui naissent chaque année, filles et garçons compris, ça fait 8 % d'une classe d'âge. Ce n'est pas rien.
Il va falloir les motiver. Derrière, il y a peut-être l'idée que sur ces 50 000 jeunes, au bout de 10 mois, il y en a peut-être 10 % qui signeront un contrat d'engagement militaire de carrière. - L.Kayali: C'est complètement l'objectif.
Depuis que le service militaire a été suspendu, c'est revenu sur le devant de la scène, pour des questions de cohésion sociale et de discipline. Là, c'est clairement un objectif militaire. Il est affiché de créer des réservistes, ou des futurs militaires dans l'armée active, d'autant que la France a pour objectif d'avoir 105 000 réservistes en 2035, contre 45 000 aujourd'hui.
Ce service militaire a un objectif de défense, de gonfler les rangs de l'armée, de remplir les critères de l'Otan. On est beaucoup moins dans un projet social que dans un projet réellement militaire. - C.Roux: L'arrière-pensée du président, est-ce que c'est aussi de réveiller la nation sur les risques?
Il avait dit auparavant qu'il fallait une nation capable de tenir, d'être mobilisée. "C'est pourquoi nous devons accélérer les efforts sur notre réserve. Il faut donner à la jeunesse un nouveau cap pour servir." Il y a cette idée de réveiller une jeunesse sur les menaces venant de l'extérieur?
Ca peut être l'objectif? - Gal D.Trinquand: C'est la continuation de ce que nous disions tout à l'heure.
La défense, c'est l'ensemble des citoyens, ce ne sont pas que les militaires. Le président reprend souvent la citation de Thucydide: "La défense de la cité ne repose pas sur les vaisseaux ou sur les murailles, mais sur le caractère des citoyens." Comme vous l'avez très bien expliqué, le président a parlé de la poursuite du SNU, le service national universel, qui n'avait pas de vocation militaire.
Il avait une vocation de citoyen, de mixité sociale. On sait que le service militaire ancien avait ces 2 fonctions: soldats et citoyens. Là, clairement, on s'oriente vers des soldats avec 3 volets: ceux qui auront passé 10 mois, qui est la durée de l'ancien service militaire...
S'ils veulent s'engager, ils pourront continuer. S'ils veulent être réservistes, ils pourront retourner dans la vie civile mais ils auront une formation de base. Ca va gonfler rapidement la réserve.
Et s'ils ne sont pas intéressés, ils retournent à la vie civile, mais on sait qu'ils ont une petite connotation militaire qui leur a été donnée. Tout cela avec une démographie française qui s'écroule...
C'est intéressant, le chiffre pour 2035. En 2035, la France n'est plus capable de recruter autant de soldats qu'aujourd'hui car sa démographie s'écroule. Il s'agit de combler ce trou démographique dans l'engagement par du volontariat. - C.Roux: On veut une montée en puissance jusqu'à 50 000 volontaires en 2035.
Question. Il y a un deux poids, deux mesures... - M.Van Renterghem: En Finlande, avec un peu moins de 10 millions d'habitants, ils ont 280 000 réservistes.
En effet, nous sommes très loin du compte. L'esprit de défense, c'est ce qu'il faut créer et qui manque, dans un contexte international où on est menacés, essentiellement par la Russie. La défense de l'Ukraine, ce n'est pas une question de charité ou d'humanisme pour les Ukrainiens.
C'est notre sécurité qui est en jeu et c'est très peu ancré dans l'esprit des citoyens. - C.Roux: En même temps, les Français sont assez favorables au retour du service militaire volontaire. - C.Barbier: C'est une option qui leur semble positive, avec la motivation de défense, de l'esprit de nation, pour s'adapter au risque du moment, mais aussi l'idée que ça pourrait redonner à ces jeunes le sens de l'autorité, de l'obéissance.
Il y a une dimension civique. - C.Roux: Est-ce qu'on ne surinvestit pas sur les résultats du retour du service militaire volontaire? - C.Barbier: Oui, parce que la vie en communauté dans la société, ça ne marche plus...
Peut-être qu'on surinvestit un peu. Mais dans toute son histoire, l'armée a montré que la discipline étant sa force principale, l'autorité était quelque chose de fort pratiqué. - C.Roux: Le sujet, maintenant, c'est où, quand, comment?
Question. - L.Kayali: C'est justement pour ça que c'est volontaire, pour l'instant.
La France n'aurait pas les moyens de remettre un service militaire pour tout le monde. Ensuite, qui va payer? Il faudrait déjà qu'il y ait un budget au Parlement.
Il va y avoir une loi de programmation militaire qui va être actualisée. On peut s'attendre à y trouver un budget en plus. Mais le fait est qu'il n'y a pas de budget...
On a le problème politique parallèle qui fait que la France n'a pas de budget. - C.Roux: Tout ce dont on parle, l'encadrement, qui va s'en occuper?
Des militaires en retraite? Des militaires d'active? Qui va gérer ça et où?
On va rouvrir les casernes? - Gal D.Trinquand: On change complètement de logique par rapport au SNU.
C'est l'armée qui est en charge, et elle sait faire. - C.Roux: Et elle a envie de le faire? - Gal D.Trinquand: Bien sûr!
Elle ne voulait pas du SNU car elle ne voulait pas qu'on touche à son budget, qui est fait pour la défense et pas pour la formation morale du citoyen. Ca, c'est l'Education nationale. Elle n'a pas voulu vraiment du SNU car ça l'embêtait, elle trouvait ça un peu fasciste, les jeunes qui chantaient "La Marseillaise" au pied du drapeau, etc.
Là, on donne à l'armée et elle va faire. Et quand on donne à l'armée, elle sait faire, pas de problème! Dans les régiments, on va mettre en place ce système.
Il a été pensé avec les militaires. On leur a demandé. On a demandé au chef d'état-major des armées de réfléchir au sujet.
Ce qui va être présenté ne sort pas d'un chapeau. C'est pour ça que c'est progressif et que ça va de 20 000 à 50 000. Le SNU, c'était 20 000 volontaires.
Là, on commence avec ça pour le service militaire. On n'est pas trop éloigné dans les chiffres. Reste la question du budget.
Il doit y avoir une augmentation de 6,7 milliards, qui est prévue...
Pour ça, il faut avoir un budget. - C.Roux: On va revenir là-dessus.
S.Lecornu a à l'esprit ce problème budgétaire, en tant qu'ancien ministre des Armées. Est-ce qu'on est dans un "machin", comme le SNU, avec le retour du service militaire volontaire?
Vous considérez que les démarches sont un peu différentes? - C.Barbier: Très différentes.
D'abord, on a l'expérience du service militaire de jadis. Ensuite, on est confrontés à des missions très concrètes, puisqu'on a des risques concrets qui reviennent dans notre objectif géopolitique. Enfin, on sait qui va s'en occuper, comme le disait le général.
Avec le SNU, on dansait d'un pied sur l'autre. Est-ce que c'était les associations, pour faire du caritatif, l'Education nationale? On ne savait pas trop.
Le SNU a été attaqué très idéologiquement dans le débat politique car c'était une proposition macroniste. Là, on revient à quelque chose qui a traversé l'histoire de toutes les républiques. C'est beaucoup mieux parti.
Mais il faudra résoudre le problème matériel, budgétaire, les casernes, l'encadrement, l'habillement...
Ce ne sera pas simple, car on est dans une situation financière compliquée. Donner une solde à des jeunes qui ne feront pas d'études supérieures, c'est néanmoins de l'argent qu'ils vont dépenser et ça créera de la croissance. C'est une bonne idée.
De la même manière, on pourrait penser à un salaire étudiant. C'est de l'investissement pour l'économie de demain. - C.Roux: La solde n'est pas du même montant en Allemagne.
Un jeune volontaire touche 2600 euros par mois sur 12 mois et les organisations patronales craignent une hémorragie de main-d'oeuvre. - M.Van Renterghem: Tant mieux pour eux, les Allemands peuvent se le permettre.
Ils viennent de très loin. Ils ont une armée à reconstruire totalement. Il y a entre la France et l'Allemagne, paradoxalement, une forme de similitude.
La France a une très belle armée, ce dont l'Allemagne est dépourvue, mais il y a un même oubli citoyen de l'armée dans les 2 pays. L'Allemagne, parce qu'elle est traumatisée par la guerre, s'est inscrite dans un pacifisme volontariste. Elle remet un peu en route la machine, laborieusement.
Et la France, parce qu'elle s'est considérée comme invincible par sa dissuasion nucléaire, parce qu'on était un petit village gaulois qui se suffisait à lui-même. C'est une vision assez erronée. On a la force de dissuasion, une bonne armée sur les théâtres extérieurs, mais l'esprit de défense n'est plus présent. - Gal D.Trinquand: Simplement, pour comparer l'Allemagne et la France, on est dans des situations très différentes.
L'Allemagne est obligée de mettre un incitatif financier car elle n'arrive pas à recruter. L'armée française arrive à recruter et à remplir ses chiffres. Donc, les 1000 euros, c'est une compensation que l'on donne et non pas un incitatif.
En Allemagne, il faut payer les gens pour qu'ils viennent dans l'armée. Et les 2 pays ont un problème démographique, bien plus grave en Allemagne car ça a commencé plus tôt. En France, les chiffres baissent depuis 10 ans.
En Allemagne, c'est depuis 25 ans. - C.Roux: Est-ce qu'il y a un débat au sein de la classe politique?
On a vu certaines réactions un peu mitigées. Je pense à F.Roussel, secrétaire national du Parti communiste, qui dit ceci. - C.Barbier: Il n'y a pas un consensus dans la classe politique, mais il n'y a pas non plus d'unanimité.
Il y a eu très peu de voix la semaine dernière pour dire que le général Mandon avait raison de dire cela et de le dire comme cela. Sur le service militaire volontaire, il y a un consensus sur l'idée qu'il faut adapter notre appareil de défense humain et matériel à de nouveaux risques, mais aussi un scepticisme sur le retour en arrière, en reprenant les solutions d'antan. Certains considèrent que c'est un saut technologique qu'il nous faudrait, avec plus d'investissements dans le matériel.
Ce qui s'est passé en Ukraine a quand même rebattu les cartes. On s'est réveillés. On pensait que la dissuasion nucléaire nous protégeait de tout.
Mais il y a beaucoup d'agressions possibles pour lesquelles on ne déclenche pas le feu nucléaire, et on se retrouve un peu démunis face à une menace hybride. - C.Roux: Une réaction de S.Chenu, vice-président du RN. ... - L.Kayali: J.Bardella a dit l'inverse la semaine dernière.
Il dit qu'à l'heure actuelle, la France n'a pas les moyens financiers de remettre un service militaire obligatoire. - C.Roux: Obligatoire, c'est la nuance. - L.Kayali: A terme, il y est favorable, mais actuellement, il faut se contenter du volontariat.
C'est d'ailleurs ce volontariat qui fait consensus. Le jour où on remet sur la table un service militaire obligatoire, ça risque de créer du débat. C'est ce qui s'est passé en Allemagne.
Le service militaire et volontaire, le parti du chancelier a essayé de le rendre obligatoire et il y a eu une levée de boucliers des partenaires de la coalition du SPD. On est revenus à un système plus volontaire. Le statut volontaire ne pose pas de problème. - C.Roux: La ligne de J.Bardella, c'était de dire qu'il était plutôt favorable au retour du service militaire volontaire.
Ca veut dire que ce ne sont pas 800 000 jeunes chaque année qui devraient le faire. - Gal D.Trinquand: Ce qui est financièrement impossible pour la France aujourd'hui.
Je rebondis sur la technologie...
Dans les volontaires, il y aura des jeunes très geeks. On leur fera découvrir que l'armée a aussi besoin de ça et que, peut-être, ils peuvent trouver une voie là-dedans. L'armée de terre doit transformer l'année prochaine 10 000 postes en postes liés à la technologie. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: Ils savent faire fonctionner des drones! - C.Roux: Ca ne va pas remplacer totalement les soldats? - Gal D.Trinquand: Beaucoup de soldats ont des drones, maintenant.
Ils sont dans la nouvelle technologie. Ce n'est plus seulement le fusil d'assaut...
C'est de plus en plus de technologies. On a besoin de jeunes pour ça. - M.Van Renterghem: Ca fait partie de la confusion dont je parlais, quand je dis qu'on ne sait pas de quoi on parle en parlant de troupes au sol.
Il y a énormément de métiers dans l'armée. - C.Roux: C'est la question que je voulais vous poser.
Que vont-ils faire pendant 10 mois? - Gal D.Trinquand: Justement, l'entraînement, la préparation...
Permettez à quelqu'un qui a formé des soldats tout le temps...
Je suis effaré des gens qui, aujourd'hui, disent que, dans le service militaire, on faisait du social. Les soldats que j'avais sous mes ordres s'entraînaient à la guerre. Aujourd'hui, je reçois toujours des messages de ces soldats, qui étaient sous mes ordres il y a 30 ou 40 ans, et qui se souviennent de l'entraînement au tir... - C.Roux: C.Barbier, je sens que vous avez fait votre service militaire? - C.Barbier: Je n'ai pas eu de chance, je n'ai pas eu le général Trinquand comme formateur!
C'est pour ça que ce n'est peut-être pas un très bon souvenir...
J'avais 26 ans, j'avais eu un sursis long. J'avais un CDI, j'étais père de famille et l'armée m'a quand même demandé de venir. J'ai fait mes classes dans des casernes où on était un peu inoccupés.
Mais il y avait des côtés positifs, pour certains, comme remettre son carnet de vaccination à jour. D'autres faisaient détecter des problèmes comme l'analphabétisme...
Certains avaient la chance d'être un peu orientés vers des formations utiles pour trouver un emploi après. Je me souviens d'un jeune qui allait être formé à la manipulation d'un standard téléphonique, un autre qui espérait passer son permis poids lourd...
Tout ça n'était pas très militaire. Je n'ai pas vu un fusil, pendant mon service. J'étais au 21e régiment du train.
Après, j'ai été affecté au service de presse de Matignon... - C.Roux: Un planqué! - C.Barbier: On était quand même 4 ou 5 pour un poste.
Et les militaires qui s'occupaient de nous auraient aimé faire autre chose. On était dans cette phase où on se disait que le mur de Berlin était tombé, que l'Allemagne était réunifiée, qu'il fallait changer et moderniser. - C.Roux: C'est pour ça, est-ce que les militaires veulent vraiment le retour de ce service militaire volontaire?
A l'époque, ils réclamaient une armée de métier et un changement de manière de faire. Je voudrais que vous écoutiez ce témoignage. Il est celui qui a signé le décret mettant fin au service militaire.
C'est A.Richard, ministre de la Défense de J.Chirac à la fin des années 90, quand la France se croyait installée du côté de la paix.
Le service était devenu inégalitaire. Il était surtout perçu par les autorités de l'époque comme déconnecté des vrais besoins des militaires. Sonnerie de clairon. - Levée du drapeau et grandes manoeuvres.
C'était le quotidien du conscrit. Chaque année, des dizaines de milliers d'hommes faisaient leur service militaire. Mais J.Chirac acte sa fin en 1996. - J.Chirac: Nous n'avons plus besoin d'appeler, de gens faisant leur service militaire.
Dans 6 ans, il n'y en aura plus. - Avec la chute de l'URSS et la fin de la guerre froide, il faut un modèle d'armée différent, une armée professionnelle. En pleine cohabitation, c'est le socialiste A.Richard qui est ministre de la Défense. - A.Richard: La guerre du Golfe, 90 et 91, on se rend compte alors que quand on est dans une confrontation de haute intensité au sol, on ne peut pas le faire avec des unités d'appelés.
Il faut être programmé pour des missions défensives. On avait voté une sorte de motion intermédiaire disant: "Oui, mais on garde les formations militaires de 3 mois pour tous les jeunes Français." Les militaires disaient que ça n'allait pas, qu'il fallait choisir. - Le service militaire ne collait plus vraiment à la technicité toujours plus grande de la guerre moderne. - Qu'est-ce que tu as appris à l'armée? - Euh...
Je ne sais pas quoi vous répondre. - Et les conscrits de l'époque ne passent pas tous un bon moment. - Je pensais faire du sport à l'armée, mais je me suis retrouvé ici car ils avaient besoin de menuisiers. - Pour moi, c'était un an de perdu.
J'aurais préféré faire de la montagne, de l'escalade. - Quant à la promesse de mixité sociale... - A.Richard: Il s'était établie une espèce de noblesse et le tiers état.
Les garçons qui faisaient le service dans des unités de combat ordinaire, dans l'est et le centre de la France, c'était la partie la moins formée et ayant le moins de perspectives sociales des générations. Il y avait ce sentiment que le principe d'égalité dans le service n'avait plus cours. - Malgré tout, le service militaire permettait d'acquérir des compétences: le permis de conduire ou la discipline. - La couverture bien pliée, le bord franc face à la porte, en entrant.
Les draps enroulés et mis en croix sur la couverture, et le traversin posé dessus. - A.Richard: Je me souviens de C.Allègre qui me disait qu'on faisait une connerie, car c'était le meilleur moyen de lutter contre l'analphabétisme.
Et c'est vrai qu'il y avait aussi une espèce d'élément social, de complément de formation pour les jeunes en retard scolaire. - L'ancien ministre ne regrette rien, mais l'invasion russe de l'Ukraine pourrait être un nouveau changement d'époque. - A.Richard: On sent bien que s'il y a un motif de reprise de conflictualité directe sur le sol européen, il faut des effectifs supplémentaires.
Ils étaient déjà dans la théorie du modèle qu'on a adopté avec la réserve. Mais c'est le point faible de la réalisation du modèle tel qu'on l'a fait entre 97 et 2001. Il n'y a pas eu un effort suffisant d'accueil et d'attractivité pour les réserves. - Les armées vont doubler leur nombre de réservistes d'ici 2030.
Même si le service militaire a disparu, les Français restent proches de leurs soldats, selon A.Richard. - A.Richard: Pour moi, il n'y a pas beaucoup de doutes, si on doit faire face à une agression de la Russie contre un pays de l'Union européenne avec lequel on est en fraternité.
Que la France doive envoyer des troupes et être au combat...
Je crois qu'une grande majorité des Français le comprendra et le soutiendra. - C.Roux: Vous êtes d'accord?
Les Français comprendront? - Gal D.Trinquand: Je citais le sondage.
Les Français soutiendront. On ne peut pas comparer les années 90 à aujourd'hui, des années 80 aux années 70...
Vous parliez du service militaire dans les années 90. C'était la fin du service militaire. Les budgets se cassaient déjà la figure.
Vous n'aviez pas de budget d'entraînement. Le problème du soldat, c'est ce qu'il faut de l'activité. L'activité, c'est de l'argent.
Si vous n'avez pas de budget, vous balayez la cour au lieu de tirer au fusil et de faire de l'entraînement. - C.Roux: Aujourd'hui, on a un budget suffisant? 6,7 milliards qui doivent être votés par S.Lecornu.
Il a voulu changer la méthode et se mettre d'accord sur des priorités en faisant des votes à l'Assemblée nationale. Peut-il l'obtenir? - C.Barbier: Oui, sur une partie des chapitres qu'il a ouverts, notamment celui-là, surtout si l'évolution géopolitique autour de l'Ukraine aboutit.
Il sera difficile pour les groupes du bloc central de s'y opposer, y compris les socialistes. - C.Roux: Ce qui a changé, c'est le retour de la menace.
Des menaces dans une guerre hybride. La Roumanie signale la violation de son espace aérien par 2 drones ce matin. C'est très fréquent.
S'agit-il de provocations de la part de la Russie? Cette guerre hybride difficile à appréhender pour les citoyens, chaque jour, prend des formes concrètes, pas uniquement en France. - M.Van Renterghem: Mais aussi en France.
On ne veut pas dire que la Russie est en guerre contre nous, qu'elle est notre ennemie. Il y a un tabou là-dessus. On ne veut pas être en guerre contre la Russie.
Je ne sais pas quel mot employer sinon "ennemi", pour un pays qui s'attaque à nous de manière hybride et quasiment systématique, répétée, de manière plus ou moins anonyme, qui s'est attaquée à nos soldats par procuration en Afrique, qui s'attaque à une vingtaine d'hôpitaux numériquement...
Il y a eu toutes sortes d'attentats, sans compter les drones et les provocations sur les frontières de pays de l'Otan. On ne va pas voir les chars russes à Paris ou Berlin, mais c'est une intensification de cette guerre hybride. Le scénario sur lequel travaillent les états-majors et les services de renseignements, c'est des points stratégiques et vulnérables dans les pays baltes.
Il y a eu le corridor de Suwalki en Pologne et la ville de Narva, en Lituanie, qui sont les points sur lesquels tout le monde se concentre. J'invite à lire un roman qui s'appelle "La Guerre d'après", qui parle d'une attaque russe à Narva et la mobilisation de l'Otan ou non. - C.Roux: C'est une zone russophone. - M.Van Renterghem: Et frontalière.
L'Institut Montaigne a fait une étude avec 3 scénarios sur cette attaque potentielle à Narva, étudiant quelles seraient les réactions possibles. Soit on active l'article 5 et on y va, soit, au contraire, les Etats-Unis disent non et quelques Européens aussi, et l'Otan est morte. C'est le test décisif pour V.Poutine.
C'est montrer l'inopposabilité de l'Otan. Enfin, l'option où les Américains diraient "soutien mou" et une coalition de volontaires qui irait se battre... - C.Roux: Cette note de l'Institut Montaigne qu'il faut aller lire dans son ensemble du 6 novembre 2025. ...
Voilà le scénario sur lequel ils travaillent. - Gal D.Trinquand: L'intérêt de cette note n'est pas l'attaque dans les pays baltes, mais la montée en puissance.
Le fait que la guerre hybride va se dérouler avant et que si nous gagnons cette guerre hybride, on n'a pas peur, on est volontaires et on tient le coup, ils n'oseront pas attaquer dans les pays baltes. Ils n'attaqueront dans les pays baltes que s'ils auront vaincu nos volontés avant d'arriver à cette extrémité. - C.Roux: C'est aussi le message qu'on envoie avec ce service militaire volontaire? - Gal D.Trinquand: Ca y concourt. - C.Barbier: Les propos du général Mandon étaient à l'adresse des Russes: "Nous ne sommes pas dupes et nous réveillons les consciences françaises." Il faut faire comprendre à la nation que notre sécurité se joue en Lituanie, en Ukraine.
Ce n'est pas notre survie mais notre sécurité qui se joue là-bas. - C.Roux: Le Premier ministre polonais s'est exprimé après des sabotages qui ont heurté les Polonais.
Il dénonce de la part des Russes un terrorisme d'Etat. - La Russie met en oeuvre une nouvelle étape de la guerre hybride, dont l'objectif est de déstabiliser notre pays. Je dois le redire aujourd'hui haut et fort, car tout le monde, à mon avis, n'a pas compris la gravité de la situation ni le défi auquel nous sommes confrontés.
Les actions de sabotage inspirées depuis de nombreux mois et organisées par les services du Kremlin ont récemment franchi un seuil critique. Aujourd'hui, on peut déjà parler de terrorisme d'Etat. - C.Roux: Il s'agissait de sabotages de lignes ferroviaires.
Pourquoi dit-il qu'on a franchi une étape? - M.Van Renterghem: Je ne sais pas si c'est une étape en intensité plutôt qu'en quantité.
C'est chaque jour davantage. C'est ce que j'appelle la stratégie du moustique. V.Poutine, parfois de manière masquée, et le contexte fait qu'on a tendance à chaque fois qu'un drone est au-dessus d'un aéroport, on se dit que ça vient de Russie...
On n'en sait rien. Il y a de grosses probabilités et ce n'est pas toujours prouvé. C'est le fait de nous faire peur et de nous tester.
Comment réagit-on à des attaques qui viennent dans tous les sens? On ne va pas tirer un missile à 1 million d'euros contre un drone qui en coûte 20 000. - C.Roux: Que fait-t-on? - M.Van Renterghem: Pour le moment, pas grand-chose. - Gal D.Trinquand: Sur cette attaque du système ferroviaire polonais, c'est intéressant pour 2 enseignements.
Le premier, c'est la ligne logistique qui permet d'approvisionner l'Ukraine. Le porte-parole du Kremlin...
Ce sont les Ukrainiens au service de la Russie qui ont fait cette attaque, d'après lui. "Les Ukrainiens travaillent avec les Russes." Ils l'ont souligné.
Il faut rappeler les souvenirs terribles entre la Pologne et la Russie. La Russie, pendant la Seconde Guerre mondiale, a envahi et massacré la Pologne. Il y a eu des officiers...
Aujourd'hui, la Pologne se considère sur la ligne de front. Quand on parle de la coalition des volontaires, on parle de tous les pays. On demande aux Polonais: "Et vous?" "C'est nous la base arrière et nous allons tenir le dispositif en place." - C.Roux: Un mot sur la façon dont les Européens ont anticipé cette menace et cette guerre hybride, avec la réintroduction d'un service militaire obligatoire ou volontaire.
Une dizaine de pays en Europe ont un service militaire obligatoire. - L.Kayali: On est à la traîne, en France.
Certains pays nordiques ont remis le service militaire en 2014, après l'annexion de la Crimée. C'était le 1er signe qu'il fallait se réarmer. L'Allemagne a remis un service.
Des pays n'ont jamais arrêté d'avoir un service militaire, comme la Grèce, à cause de la Turquie, l'Autriche, qui est pourtant un pays neutre. La Norvège également, qui n'est pas dans l'UE. La Belgique a remis un service militaire volontaire également.
En réalité, en France, ça semble être un tremblement de terre et un retour à quelque chose d'important, mais quand on regarde nos voisins européens, on est un peu à la traîne. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: Que veut dire un service militaire européen, alors qu'il n'y a pas d'armée européenne?
La défense de l'Europe, c'est l'Otan. Ce sont les Européens et les Américains. Les armées sont nationales. - C.Roux: La question de l'interopérabilité est un sujet.
Ne pourrait-on pas mettre en place des doctrines? - Gal D.Trinquand: C'est ce que fait l'Otan tout le temps.
C'est en permanence, la connectivité, l'interopérabilité. - C.Roux: Y compris pour des appelés pour le service?
Y compris pour ce niveau-là de réaction face à une crise? - Gal D.Trinquand: On applique les procédures de l'Otan que nous avons validées. - C.Barbier: On peut aller plus loin.
Le service militaire européen n'est pas possible parce que les systèmes sont trop différents. L'Allemagne a dans sa Constitution le fait que ce ne sont pas les filles, mais les garçons. Nous passons à la mixité.
Dans les pays scandinaves, les filles sont associées à la défense. Mais si on fait ce service militaire volontaire de 10 mois, je serais partisan que ces 10 mois soient proposés à ces volontaires pour aller dans une autre armée européenne voir comment ça se passe, rejoindre les volontaires d'un autre pays pour voir comment eux se forment. S'ils deviennent des réservistes ou des militaires professionnels, ils gagneront un échange.
On pourrait faire une sorte d'Erasmus du service militaire. - M.Van Renterghem: Oui, mais je crains la logistique.
Mais ce serait une bonne idée. - C.Roux: On explique que l'Ukraine est aux avant-postes et défend nos valeurs.
S'il y avait une intervention dans les pays baltes, nous serions concernés, c'est à ça que vous faites allusion? - Gal D.Trinquand: Je rappelle que ce ne sera pas le rôle des volontaires. - C.Barbier: Il faut maîtriser la langue.
On ne pourra envoyer que des volontaires bilingues. - C.Roux: Il est difficile de se retrouver sur la question du plan de paix de D.Trump.
Je fais un résumé des déclarations d'E.Macron. Juste avant d'entrer dans la coalition des volontaires, il expliquait voir une chance de réaliser des progrès vers une bonne paix.
A l'instant, le président de la République déclare qu'il n'y a pas de volonté russe d'un cessez-le-feu. V.Zelensky veut rencontrer D.Trump lors d'une visite aux Etats-Unis pour évoquer la décision territoriale entre les 2 pays.
Pourtant, cette nuit, il y a eu des échanges de tirs entre la Russie et l'Ukraine et ça a donné des raisons de faire douter de cette offensive diplomatique menée par D.Trump et révisée par les Européens. - Toute la nuit, missiles et drones ont déchiré le ciel ukrainien.
Des frappes massives. Au moins 6 personnes ont perdu la vie à Kiev. Pour les autorités ukrainiennes, ces nouveaux bombardements résonnent comme une réponse de Moscou au plan de paix renégocié ces derniers jours. - V.Zelensky: L'Ukraine ne sera jamais un obstacle à la paix.
C'est notre principe. Notre équipe a déjà rendu compte du nouveau projet de mesures, et c'est la bonne approche. Je discuterai des questions sensibles, des points les plus délicats avec le président Trump. - Alors que Kiev pousse pour une rencontre, le président américain ne semble pas pressé de revoir son homologue ukrainien. - Nous vous tiendrons tous informés, mais aucune rencontre n'est prévue pour l'instant.
Quant à la situation actuelle, j'ai discuté avec le secrétaire Rubio et le président. Tout le monde est optimiste quant à ce qu'il s'est passé hier à Genève. - A Genève, les négociations ont permis de remanier le plan de paix surprise de D.Trump.
Un texte en 28 points favorable à la Russie. Inacceptable, pour l'Ukraine et l'Europe. - D.Tusk: Il est particulièrement im du point de vue polonais, qu'aucun accord ne puisse d'aucune manière être autorisé à saper la sécurité de la Pologne et de l'Europe. - Sur les 28 points, donc, il n'en reste plus que 19.
Toute la journée hier, les dirigeants européens ont enchaîné les prises de parole et affiché leurs lignes rouges. - F.Merz: L'Ukraine ne doit pas être contrainte de faire des concessions territoriales unilatérales.
Elle doit continuer à être en mesure de se défendre efficacement contre toute agression à l'avenir. Pour ce faire, elle a besoin de forces armées solides et de garanties de sécurité fiables de la part de ses partenaires. - Certains paragraphes ont tout simplement été rayés, comme l'idée de réintégrer la Russie dans le G8 ou d'offrir aux Etats-Unis la possibilité d'utiliser les actifs russes gelés. - E.Macron: Les Européens sont les seuls qui ont à dire ce qu'on fera avec les actifs russes gelés, qui sont détenus par les Européens. - Ca fait partie du plan?
D.Trump voudrait récupérer 100 milliards de ces actifs? - E.Macron: C'est aux Européens de décider. - Les Européens et Ukrainiens attendent la réponse de Moscou.
Sans surprise, les Russes défendent la 1re version du plan. - S.Lavrov: Les principaux aspects du plan de Trump reposent sur les accords conclus à Anchorage lors du sommet américain en août dernier.
Ces principes ont été reflétés dans le plan, ce dont nous nous réjouissons. Si l'esprit, les accords-clés que nous avons enregistrés à Anchorage sont supprimés, la situation sera fondamentalement différente. - Une diplomatie qui tourne à plein régime.
Des médias anglo-saxons ont révélé l'existence de réunions secrètes sur l'Ukraine entre Américains et Russes à Abou Dhabi. Des Européens, la coalition des volontaires s'est réunie cet après-midi en visioconférence. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: Non. - M.Van Renterghem: Je ne vois pas comment ça peut ne pas bloquer.
L'Ukraine peut céder du territoire, pas le territoire que les Russes n'ont pas conquis militairement, mais de facto, elle peut tracer une ligne de cessez-le-feu. Mais elle ne peut pas déroger au principe de sécurité. C'est là que ça bloque.
C'est là que V.Poutine a compris Trump, mais que Trump n'a pas compris Poutine. V.Poutine sait que Trump a 2 talons d'Achille.
D'un côté, le business et de l'autre, son prix Nobel de la paix. Il a déjà, d'après lui, 8 cessez-le-feu à son actif. Il est dans un état d'excitation fébrile.
Il a plus ou moins organisé un cessez-le-feu à Gaza. Poutine sait qu'en lui donnant de l'argent, avec les avoirs gelés, plus une victoire, Trump est prêt à faire quelque chose. Là où Trump n'a pas compris Poutine, c'est qu'il s'imagine qu'il est comme lui.
Pour lui, c'est du foncier. Chacun envoie ses "promoteurs immobiliers" qui font du deal ensemble. Poutine n'est pas dans cet état d'esprit.
Il est messianique. Il suffit de lire ses objectifs sur l'Ukraine. Ca lui est égal.
Il veut Kiev. Il veut une Ukraine vassalisée et ne cédera pas sur les garanties de sécurité. - C.Roux: Sur les chances d'aboutir de ce plan de paix, le président Trump semble optimiste.
E.Macron, moins, parce qu'il évoquait le fait qu'il n'y ait pas de volonté de cessez-le-feu de la part de la Russie. - L.Kayali: La Russie ne considère pas l'Ukraine comme un pays.
A partir de là, il y a une différence fondamentale. Le fait que la Russie pousse pour un quasi-désarmement de l'Ukraine montre à quel point la Russie ne considère pas que l'Ukraine doive avoir sa propre souveraineté. Ce problème de l'armée ukrainienne, c'est la véritable ligne rouge pour les Européens.
Sur les territoires, notamment ceux occupés, il est probable que les Ukrainiens soient prêts à dire que les territoires occupés resteront occupés. Sur l'armée ukrainienne, si les Ukrainiens acceptent de se désarmer, c'est toute la sécurité de l'Europe qui sera en jeu. S'il n'y a pas d'armée réelle en face de la Russie, elle reviendra à la charge dans 5 ans ou 10 ans. - C.Roux: On fait comme s'il était acté que les Ukrainiens renoncent à cette partie de leur territoire.
Il faut se souvenir qu'il y a quelques mois, c'était inenvisageable pour V.Zelensky, qui parlait de l'intégrité du territoire ukrainien et des frontières de 1991. - M.Van Renterghem: Ca reste inenvisageable pour les jurés, la reconnaissance juridique.
Le fait est que, de manière réaliste, les Ukrainiens ne sont pas en état de récupérer leur territoire. Il faut bien céder des choses. - C.Roux: "On veut imposer une paix à un pays qui n'a pas perdu sur le champ de bataille." D.Trump dit qu'il faut un cessez-le-feu et que c'est terminé, alors que sur le terrain, on l'a vu cette nuit, il y a eu des frappes meurtrières sur Kiev, mais aussi du côté russe. - Gal D.Trinquand: Monsieur Trump n'est pas intéressé par l'Ukraine.
Il veut un accord rapidement, bâclé. Il s'en fiche. On échange un immeuble de la 4e avenue contre un immeuble de la 3e avenue.
Les Européens et les Ukrainiens veulent l'arrêt des combats, un cessez-le-feu. Peut-être une occupation de facto d'une partie du terrain, mais pas des jurés. C'est une question de droit.
Les Russes voient le contraire. Ce qui m'a intéressé, c'était S.Lavrov qui parle de l'accord d'Anchorage.
Je rappelle qu'il n'y a pas eu d'accord à Anchorage. La réunion a été réduite de moitié. Trump n'a presque pas parlé, parce que V.Poutine avait sorti son papier avec tous ses trucs.
Mais il n'y avait aucun accord. On est dans un dialogue de sourds avec la Russie. Ils veulent continuer la guerre.
Pour eux, les négociations ne servent qu'à une chose: gagner du temps pour continuer à gagner du terrain, tuer des Ukrainiens, faire tuer des Russes. Depuis décembre 2022, la Russie n'a gagné que 2 % du territoire ukrainien, en 3 ans... 2 %.
Bravo aux Ukrainiens! C'est fantastique et terrible en même temps. - C.Roux: Question. - C.Barbier: Dans le but d'entrer dans le XXIe siècle.
Il a pris une autre tournure en matière de risques militaires, de déséquilibres géopolitiques. Pour s'y adapter, résister et contre-attaquer, il faut s'y adapter. Tous les problèmes?
Non. Il y a des efforts budgétaires à faire, une supériorité technologique à retrouver. Il faut comprendre les limites de la dissuasion nucléaire.
De nouvelles dimensions sont apparues: les drones, l'informatique, l'espace, la guerre psychologique...
Quand on manipule les réseaux sociaux pour faire croire qu'il y a des punaises de lit à Paris, ça participe à une sorte d'angoisse contaminée. Quand on engage des pseudo-agents pour mettre des têtes de cochon devant des mosquées, on déstabilise une société ennemie. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: La référence à "notre époque", on en a suffisamment parlé...
L'armée française fait un peu plus de 200 000 hommes. Est-on capable d'intégrer 3 fois plus en effectif, de les équiper, de les entraîner? C'est quasiment impossible. - L.Kayali: On est aussi à 18 mois d'une élection présidentielle.
Ce n'est pas un timing opportun pour lancer un tel débat. Mais certains hauts gradés militaires s'attendent à ce que le service militaire obligatoire devienne un sujet de campagne. - C.Roux: Question. - C.Barbier: On évoque entre 900 et 1000 euros brut.
On est logé, nourri, transporté et blanchi. - C.Roux: Pourquoi une solde?
C'est attractif? - C.Barbier: Tout travail mérite salaire.
C'est un service qui doit être un pied à l'étrier. Certains auront des compétences et une maturité nouvelle. - C.Roux: Est-ce que c'était le cas dans le SNU? - C.Barbier: Non.
Il y avait un défraiement de transport. - Gal D.Trinquand: On ne parle pas de la même chose, c'était 15 jours. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: J'ai bien connu l'époque de Berlin également.
A cette époque, c'était occupé par les Soviétiques d'un côté et les Américains, Britanniques et Français de l'autre. On faisait des exercices trilatéraux, tous ensemble. C'était pour dire aux Russes que s'ils nous attaquaient, les Français, les Britanniques et les Américains seraient contre eux.
C'était impressionnant. Les patrouilles qui se faisaient sur le Mur étaient les seules dans lesquelles les types avaient les mitrailleuses avec les bandes engagées. - C.Roux: Vous pouvez raconter vos souvenirs, tous les deux.
Mais maintenant, les femmes pourront le faire. Les femmes font partie du service militaire volontaire tel qu'il sera sans doute présenté par le président jeudi. Question. - C.Barbier: Il ne s'agit pas de mettre de la poudre dans des douilles.
C'est une technicité. - L.Kayali: La France a mis en place une réserve pour l'industrie.
Ce sont des personnes à la retraite, des personnes qui ont un autre travail, qu'on peut appeler en cas de nécessité et de montée en puissance. Ca prouve qu'il y a une réflexion autour du manque de personnel et de main-d'oeuvre. - M.Van Renterghem: La guerre du monde moderne, ce sont aussi les drones.
Ce seront aussi des usines de drones. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: C'est la vieille tarte à la crème qui revient en permanence.
Je faisais les plans du 2e corps d'armée dans les années 87 et 88. On ne tenait pas un front tellement plus grand qu'aujourd'hui. Quand vous voyez les Ukrainiens qui, par petits groupes, parce qu'ils n'ont pas assez de soldats, arrivent à tenir face aux Russes, la largeur du front n'a pas grand-chose à voir. - C.Roux: Question. - C.Barbier: C'est au sens propre raisonnable.
C'est parce qu'on raisonne sur une situation réelle qu'on prend ce type de décision. - C.Roux: Question. - Gal D.Trinquand: Oui. - C.Roux: Merci à tous.
C'est la fin de cette émission. On retrouve l'équipe de "C à vous". Bonsoir. - A.-E.Lemoine: Ce soir, B.Bardot est hospitalisée à Toulon.
L'un de ses proches nous donne de ses nouvelles. Une 4e arrestation dans l'affaire du braquage du Louvre et des précisions à suivre. Le procès de l'animateur scolaire accusé d'agressions sexuelles
Emmanuel Macron