Marc Ferracci, ministre de l'Industrie et de l'Énergie, est l'invité de la matinale de Franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonjour Marc Ferat, bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Info TV. Première question, François Baou s'est exprimé à nouveau hier soir et il semble vouloir tendre la main aux oppositions.
Il dit qu'il veut les recevoir à partir donc de lundi à Matignon, les les les chefs de groupes parlementaires et les les présidents de parti. Est-ce que vous y croyez encore vous ? Est-ce que il y a une marge de négociation ?
Sachant qu'on est à 11 jours du vote de confiance qui est qui est donc programmé le le 8 septembre. Est-ce que vous y croyez ou vous dites "ça est moi je fais mes cartons, c'est terminé là ?" Il faut y croire évidemment, il faut y croire.
Moi mon état d'esprit c'est de ne jamais rien lâcher. On est, vous l'avez dit, à 11 jours d'un vote important, un vote de responsabilité. Ce qu'a souhaité faire le premier ministre, c'est de clarifier la situation.
Clarifier la situation, ça veut dire être lucide sur l'état de nos finances publiques, sur l'état de la dette et engager la responsabilité du gouvernement. C'est ce que dit la Constitution, ce fameux article 49 qu'on mobilise. Il prévoit d'engager la responsabilité du gouvernement et donc on aura le 8 septembre un vote de responsabilité.
La question est simple, ça n'est pas de décider des mesures qui sont celles du budget, c'est de savoir si l'on veut agir, si l'on doit agir. Et je pense que de ce point de vue et bien il y a effectivement 11 jours pour convaincre et moi j'espère que nous réussirons à convaincre. Est-ce qu'il fait pas un petit peu tout à l'envers François Baotou ?
Il avait le temps finalement de rencontrer les chefs de parti, les principaux opposants. Il décide finalement de les rencontrer seulement la semaine prochaine. Il reste 11 jours, on l'a dit.
Alors qu'il aurait pu très bien négocier, en effet par évoquer les mesures jusqu'à finalement que le budget soit mis à l'examen à l'Assemblée nationale comme ça se passe habituellement. Pourquoi il inverse finalement le il inverse les choses et pourquoi il il s'accorde si peu de temps ? Mais on a le temps, on a le temps de discuter non pas des mesures, non pas des mesures encore une fois j'insiste, mais du constat.
On a 11 jours pour discutter du constat pour savoir si indépendamment de ce que l'on souhaite pour le budget, est-ce que on fait peser les efforts sur tel ou tel acteur économique ? Est-ce que on engage telle ou telle mesure ? C'est le sujet qui se posera après, c'est-à-dire dans les semaines et les mois qui vont venir.
On a besoin d'avoir un budget à la fin de l'année, c'est-à-dire au 31 décembre. Mais d'ici là, on a d'abord besoin de se mettre d'accord sur le constat. Pour cela, on a le temps.
Je pense qu'on a véritablement le temps de discuter et ensuite les négociations commenceront sur les mesures comme elles le font chaque année au moment de la discussion budgétaire. Donc moi, je pense que le premier ministre a eu raison de mettre ce sujet de la dette au milieu du débat. C'est un combat noble parce que c'est un combat qui engage l'avenir du pays, l'avenir de nos enfants.
Aujourd'hui, on a le choix entre le déni de réalité sur ce qu'est la situation du pays et sur ce qu'est la nécessité d'agir et la lucidité. Je pense qu'il ne faut pas être dans le catastrophisme, mais il faut quand même prendre la mesure de ce qui se joue. Moi, je ne veux pas pour mon pays d'une forme de dépendance, d'une dépendance à nos créanciers, de dépendance à ceux qui nous prêtent de l'argent.
Cette dépendance, elle pourrait intervenir si on ne fait rien aujourd'hui. L'enjeu, c'est de faire des efforts aujourd'hui pour ne pas avoir à subir la situation demain. Marc Ferat, vous nous dites que le temps des négociations viendra après, hein, que ça sera dans un second temps et que là le but c'est de se mettre d'accord sur le constat finalement de de l'endettement du pays.
Mais on voit bien que dès lundi à Matignon, Marine Le Pen va arriver avec ses revendications sur telle ou telle mesure. Olivier Fort pour le Parti socialiste aussi. Donc est-ce que le temps de la négociation c'est pas dès maintenant ?
Est-ce que le fait qu'il reste 11 jours, bah c'est pas assez c'est pas catastrophique finalement. Mais le Premier ministre l'a dit hier soir. Tout est négociable s'agissant des mesures.
On peut s'interroger sur le sujet des jours fériers, on peut s'interroger sur les mesures fiscales, on peut s'interroger sur la dépense publique. Cette mesure des jours fériers parce que certains membres du gouvernement le soutiennent pas, notamment par exemple les LR. La porte-parole du gouvernement hier disait, pas plus tard qu'hier Sophie Prima disait "Nous chez les républicains Bruno Rotaillot sur la suppression à jour férier, on n'est pas pour." Mais tout est discutable.
Et moi je dis depuis très longtemps quand j'étais député, quand j'étais universitaire auparavant, quand j'ai été économiste, je dis qu'on a un sujet de volume de travail en France. On a besoin de travailler plus collectivement. Ça veut dire peut-être faire travailler plus ceux qui travaillent, mais ça veut dire surtout, et c'est là que j'insisterai, faire en sorte que nous soyons plus nombreux à travailler.
Et ça, ça fait partie des choses qui sont envisageables, la réforme de l'assurance chômage. Mais encore une fois, par exemple, on on ne doit pas discuter sur le détail des mesures. Maintenant, on peut évoquer des pistes, mais ce que je veux dire, c'est que les discussions qui vont avoir lieu lundi, elles aborderont très probablement ce que souhaitent les différents groupes politiques.
Et on a d'abord besoin de se mettre d'accord sur le constat et le premier ministre l'a dit, tout est négociable ensuite. Tout est négociable sauf une chose, c'est le volume d'économie que nous devons faire, c'est-à-dire l'effort que nous devons consentir pour rétablir nos finances publiques. Nous en rabattons sur cet effort.
Évidemment que la démarche n'est plus crédible et ce qui menace notre pays évidemment c'est une situation qu'on connue un certain nombre d'autres pays, d'autres pays développés, le Canada, la Suède, la Grèce encore plus ces dernières années. une situation dans laquelle les efforts sont extrêmement violents parce que moi je ne veux pas pour mon pays d'une situation dans laquelle on est obligé de baisser les pension de 20 40 % dans laquelle on est obligé de licencier les fonctionnaires. Ça c'est ce que nous souhaitons éviter et c'est l'enjeu de la discussion qui a lieu aujourd'hui.
Alors Marc Ferat hier ça nous a un petit peu surpris François Baou a indiqué qu'il n'avait pas échangé avec l'ensemble des groupes politiques et l'ensemble des oppositions durant l'été parce qu'ils étaient en vacances. Ce sont les termes de de du du premier ministre. C'est un peu risible ça non ?
Quand même en je veux dire Marine Le Pen a tout de suite d'ailleurs rétorqué qu'elle lui avait adressé une lettre à François Bairou le 25 juillet la lettre qui est d'ailleurs publique. Donc en fait est-ce que France qui dit vrai dans cette histoire ? Est-ce que vraiment tout le monde est en vacances et voulait pas travailler ou est-ce que c'est François Bairou qui font impulter tout le monde pour des imbéciles finalement ?
Ce qui je ne pense pas évidemment que ce soit le cas. Le mois d'août n'est pas la meilleure période pour discuter de politique publique, pour discuter de ces enjeuxl. Ce que je sais en revanche, c'est qu'aujourd'hui la porte est grande ouverte.
Elle est grande ouverte pour la discussion. Elle est grande ouverte pour se mettre d'accord sur des constats et encore une fois pas encore pour se mettre d'accord sur des mesures. Ça ça viendra après, ça viendra lors du débat budgétaire.
Mais je pense que ce que le Premier ministre a souhaité faire et bien c'est clarifier les choses. C'est mettre chacun devant ses responsabilité. Mettre chacun devant ses responsabilités c'est d'abord avoir une approche lucide qui ne soit pas indéni de réalité.
Il faut quand même regarder le réel en face et l'ffet en face. Vu qu'il y a urgence sur le budget comme le répète à longueur journée François Baot, il aurait pas fallu en parler même pendant les vacances. Non, il fallait que tout le monde s'accorde des vacances et reprendre.
Le premier ministre a posé le 15 juillet dernier un constat extrêmement clair auquel oné associ tous les groupes politiques, toutes les oppositions, les parlementaires, les représentants de l'Assemblée nationale et du Sénat sur ce quiétait la situation. Il a esquissé des pistes qui ne sont que des pistes. J'insiste encore une fois, ça n'est pas un budget qui est sur la table et qui a vocation à être discuté au Parlement.
Donc tout ça a été très transparent et et j'ajouterai que en terme de calendrier, il a fait les choses encore plus tôt que ce qu'on fait d'habitude au moment de l'examen du budget. Il a posé les constats encore plus tôt sur la table parce que la situation est grave et et parce qu'elle est urgente. Marc Ferat, je voudrais qu'on parle de la suite.
Si le 8 septembre le gouvernement est renversé, que François Bairou doit doit doit s'en aller, que doit faire le chef de l'État ? Vous êtes un proche d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il doit dissou l'Assemblée nationale ?
Est-ce qu'il doit renommer un un nouveau premier ministre qui lui formera un gouvernement ? Qu'est-ce qu'il Qu'est-ce qu'il faut faire puisqu'il y a urgence et notamment une urgence budgétaire ? Exactement.
On a besoin d'un budget à la fin de l'année. Ça c'est l'élément le plus crucial. On a besoin d'un budget parce que vous savez l'instabilité politique et l'absence de budget, on l'a bien vécu.
Je faisais partie du gouvernement de Michel Barnier l'année dernière qui a été censuré. C'est un poison pour notre économie, c'est un poison pour nos industries parce que ce sont des embauches qui ne se font pas, des investissements qui sont suspendus. Ce sont des lignes de production qu'on attend avant de les moderniser.
Pardon, vous êtes cour ou contre la dissolution vous ? Je je vous réponds. Est-ce qu'il faut y venir ?
Parce que vous parlez de clarité avant de parler de dissolution, il faut se donner cet objectif d'avoir un budget pour la fin de l'année. La dissolution, très sincèrement, je ne suis pas sûr qu'elle apporte une solution au problème que nous vivons. Maintenant, il ne faut jamais l'exclure.
Le président de la République depuis cet été a de nouveau la possibilité de dissoudre. Mais je pense que ça n'a ça n'est pas l'option qui doit être privilégiée. Certainement pas parce que euh les Français d'abord n'y sont pas forcément favorables et euh ensuite parce que je ne suis pas certain que ça clarifierait la situation politique.
En revanche, on aura besoin de stabilité donc d'un nouveau gouvernement. Mais moi d'abord je me situe pas je pas de quel bord politique Emmanuel Macron a pas essayé par exemple de nommer un premier ministre issu des ronds de la gauche pas forcément du NFM mais par exemple un profil comme Bernard Casneu ou Pierre Moscovici. Vous ça vous irait ce ce train de faire le casting de ce qui se passerait après le 8 septembre ?
Moi je ne me situe pas au moment où nous nous parlons dans l'hypothèse où le gouvernement tombe le 8 septembre. Vous savez euh ça fait quelques années que je suis en politique, j'ai appris quelque chose et que les choses ne se passent jamais comme prévu. Euh la décision euh de François Beou euh d'appeler à ce vote de responsabilité le 8 septembre, elle n'était pas anticipée.
Je le dis euh très tranquillement, moi je n'en étais pas informé. Euh et donc on voit que il peut y avoir des surprises et cette surprise, je pense qu'elle peut aussi se concrétiser le 8 septembre. Donc moi, je vais pas faire le casting d'après, ça n'a pas de sens. c'est d'abord c'est le président de la République au premier chef qui a cette responsabilitél.
Ce que je dis c'est que de toute façon l'histoire ne s'arrêtera pas le 8 septembre. Nous avons besoin besoin de cette stabilité. Et quand je lis et et quand je regarde d'ailleurs les reportages que je voyais sur votre antenne il y a encore quelques minutes, on voit qu'il y a de l'inquiétude dans notre dans notre pays.
Il y a de l'inquiétude chez les chefs d'entreprises, il y a de l'inquiétude chez les ménages. Il y a des gens qui euh retirent l'argent euh de leur plan d'épart de logement parce que ils ne savent pas ce qui va se passer euh dans les prochaines semaines ou dans les prochains mois. Moi, je veux rompre avec cette instabilité et je veux que chacun revienne à la raison.
La première des étapes pour revenir à la raison, c'est de se mettre d'accord sur le constat et la nécessité d'agir. Marc Ferat, 11 jours pour convaincre. Donc vous y croyez encore.
Merci d'avoir répondu à mes question ce matin sur France Info TV. M.
Marc Ferracci