Nicolas Dupont-Aignan invité de Patrick Cohen sur Europe 1
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse directe
Où en êtes-vous dans le paysage chamboulé de la présidentielle ?
- 0:25OuverteRéponse directe
Est-ce que vous rêvez toujours d'une grande coalition à droite ?
- 1:43OuverteRéponse directe
diriez que les positions n'ont jamais été aussi proches dans cette famille politique-là ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Bon, il vous reste à convaincre Laurent Wauquiez, vous essayez de lui parler ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron au Burkina, que vous inspire sa promesse de rupture avec la France-Afrique ?
- 4:26RelanceRéponse directe
Vous les reprochez quoi, précisément ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:51Invité politiqueFait
« Depuis 20 ans, la gauche du gouvernement et la droite du gouvernement se succédaient et faisaient la même politique : celle de Bruxelles, celle de la mondialisation financière. »
- 1:17Invité politiqueFait
« Je suis convaincu qu'une partie des Républicains vont partir avec M. Macron. »
- 1:32Invité politiqueFait
« Les électeurs qui votent FN, Républicain, Debout la France, Chrétien Démocrate et autres, peuvent être d'accord sur un programme commun. »
- 2:14Invité politiqueFait
« L'union de personnalité n'a aucun sens. Ce qui est important, c'est l'union sur un programme. »
- 2:21Invité politiqueFait
« Contrôle des frontières, aide au PME, revalorisation du travail, un peu plus de justice sociale, défense des terroirs. »
- 2:59Invité politiqueChiffre
« Il y avait un sondage ce matin, de BVA, où j'augmente de 10 points du côté des électeurs républicains. »
- 3:23Invité politiqueFait
« J'étais l'un des rares candidats à la présidentielle à parler du développement de l'Afrique, de ce défi absolument incroyable devant nous. »
- 3:36Invité politiqueFait
« Pour moi, l'Europe, pas seulement la France, doivent mener un plan Marshall extrêmement fort vis-à-vis de l'Afrique. »
- 4:46Invité politiqueChiffre
« L'aide au développement de la France ne baisse pas. Elle a baissé de 140 millions en juillet. »
- 5:20PrésentateurChiffre
« Il a annoncé un fonds d'un milliard d'euros pour le développement des PME africaines. »
- 5:24Invité politiqueFait
« Ça ne suffit pas malheureusement. »
- 5:36Invité politiqueChiffre
« Il faudrait 80 milliards par an pour un vrai plan Marshall en Afrique. »
- 6:20Invité politiqueFait
« Le CETA a été promulgué le 21 septembre, c'est-à-dire la dérégulation. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan76 %
- Présentateur19 %
- ?5 %
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Europe.
Europe 1. Il est 8h16, Patrick Cohen, vous recevez ce matin le député de l'Essonne et président de Debout la France.
Bonjour
Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour Patrick Cohen. Vous nous direz ce que vous allez demander au Premier ministre. Edouard Philippe consulte les chefs de parti sur le prochain scrutin européen. Il vous reçoit à midi à Matignon. Vous avez aussi des suggestions pour Emmanuel Macron et surtout pour l'Afrique. On va y venir. Mais d'abord, où en êtes-vous ? Où vous trouvez-vous dans le paysage chamboulé de la prête présidentielle ? Est-ce que vous rêvez toujours d'une grande coalition à droite ? Et est-ce que vous avez le sentiment qu'on avance sur ce chemin
? Oui,
j'en rêve toujours parce que je pense que c'est la seule solution pour sauver notre pays. Vous savez, Emmanuel Macron a eu un mérite. Je vais vous étonner. Le mérite, c'est d'actualiser le clivage politique. En vérité, depuis 20 ans, la gauche du gouvernement et la droite du gouvernement se succédaient et faisaient la même politique. Celle de Bruxelles, celle de la mondialisation financière, etc. Ils sont tous ensemble. M. Mélenchon en a pris acte. Ils réunifient la gauche radicale. Mais à droite, c'est un peu le chacun pour soi. Marine Le Pen recommence, refait son tour de piste. M. Philippot a quitté Mme Le Pen.
C'est une bonne chose. Ça
clarifie les choses
de la faite. M.
Wauquiez ne veut pas parler à Mme Le Pen, mais dit la même chose qu'elle. Moi, je reste le même. Je suis convaincu qu'une partie des Républicains vont partir avec M. Macron. Et quand je vois le discours de M. Wauquiez, quand je vois l'évolution de Mme Le Pen, quand je vois mon discours, je suis convaincu qu'on peut offrir aux Français un programme alternatif à Macron. Et je suis convaincu, et je les vois, d'ailleurs ce sont eux qui m'ont réélu, que les électeurs qui votent FN, Républicain, Debout la France, Chrétien Démocrate et autres, peuvent être d'accord sur un programme commun. Vous
diriez que les
positions n'ont jamais été aussi proches dans cette famille politique-là ? Jamais. Wauquiez,
Dupont-Aignan, Le Pen ? Jamais été aussi proches. Et en même temps, les grands chefs ne veulent pas travailler ensemble. Et je trouve ça absurde. Et donc, quand des grands chefs ne veulent pas travailler ensemble, et bien qu
'est
-ce qu'on fait ? Enfin,
Marine Le Pen
a bien voulu travailler avec vous. Oui, on a fait un premier accord. Mais au-delà de ça, on va à la base. Et j'étais à Tours avec une association qui s'appelle Les Amoureux de la France, qu'on a fondée, et qui a lancé une grande plateforme Internet pour élaborer un programme commun. Car l'union, vous me parlez de l'union, l'union de personnalité n'a aucun sens.
Ce
qui est important, c'est l'union sur un programme. Contrôle des frontières, aide au PME, revalorisation du travail, un peu plus de justice sociale, défense des terroirs. Bon, il y
a
un ensemble de points communs qu'on doit valoriser. Ce travail de fond, sur un programme sérieux, il
faut le faire. Programme commun de la droite.
Un programme commun, oui, parce qu'il faut tirer les leçons de l'échec historique du premier tour, de la droite républicaine, l'ancien UMP, et de l'échec du second tour. Et si on ne travaille pas ensemble, nos électeurs n'auront comme choix que Macron ou Mélenchon. Et honnêtement, je pense qu
'il
y
a
une autre voie pour la France.
Bon, il vous reste à convaincre Laurent
Wauquiez, vous essayez de lui parler ? Mais je veux surtout convaincre les électeurs républicains. Il y avait un
sondage
ce matin, de BVA, où j'augmente de 10 points du côté des électeurs républicains. Ça veut bien dire que le message du côté des électeurs, il est entendu. Si on ne s'entend pas, c'est Mélenchon qui sera l'alternative à Macron. Et moi, je ne veux pas de ça pour mon pays.
Emmanuel Macron au Burkina, que vous inspire sa promesse de rupture avec la France-Afrique, Nicolas Dubon-Aignan ? Je suis très
partagé, je vais être très franc avec vous. Sur le fond, j'étais l'un des rares candidats à la présidentielle à parler du développement de l'Afrique, de ce défi absolument incroyable devant nous,
un
milliard d'habitants en plus, en une génération, c'est-à
-dire
en 30 ans. Cela veut dire que pour moi, l'Europe, pas seulement la France, doivent mener un plan Marshall extrêmement fort vis-à-vis de l'Afrique. Donc, il y a des paroles du président qui m'ont paru sages, que j'aurais partagées. En revanche, je vous dis très franchement, si un homme de droite, ou le président Sarkozy, ou Donald Trump, s'était comporté au Burkina Faso
comme
Emmanuel Macron, toute la presse ce matin ne parlerait que de ça. Il a été d'une arrogance, j'allais dire d'une violence à l'égard des autorités du Burkina Faso. Vous parlez de la séquence de la
criminalisation ? Oui, très méprisante,
à la limite du racisme. Et moi, je ne l'accepte pas. Racisme
?
J'estime qu'un chef d'État ne peut pas se comporter comme ça. C'est dommage, parce que c'est un grand gâchis. L'idée de départ était bonne de cette tournée, mais de grâce qu'on soit sur le fond. Je
vais vous donner des exemples. Vous les reprochez quoi,
précisément ? Parce que
ce n'est pas exactement la perception qu'on a eue,
qu
'on a eue les
étudiants burkinavés
qui étaient à Ouillet Gou.
Peut
-être.
Mais faire de la démagogie contre le président du Burkina Faso, et lui demander d'aller réparer la clim avec un ton très méprisant, si un homme de droite aussi, Trump avait fait ça, qu
'est
-ce qu'on aurait entendu ? Et on aurait eu raison. Mais qu'importe. Maintenant, quel est l'enjeu
? C
'est par exemple que l'aide au développement de la France ne baisse pas. Elle a baissé de 140 millions en juillet. Quel est l'enjeu ? C'est qu'on réussisse la reforestation du Sahel, qui est un grand projet de la ceinture verte. Je veux dire que maintenant, c'est comme toujours avec Macron.
Est
-ce qu'on va passer des discours, de la télé-réalité, du show télévisé, à de vraies mesures structurelles
? Et
là, il y a beaucoup à faire. J'avais développé un vrai programme pour l'Afrique, par exemple une organisation alimentaire, car l'enjeu c'est que les paysans africains ne quittent pas leurs terres, n'aillent pas grossir les bidonvilles des villes, et n'aillent pas émigrer. Ça c'est un enjeu
majeur. Il a annoncé un fonds d'un milliard d'euros pour le développement des PME africaines, nous avons entendu. Oui, mais ça ne suffit
pas malheureusement.
Quand
vous pensez que la Banque Centrale Européenne donne 80 milliards d'euros à peu près par mois
aux
grandes banques européennes,
et
qu'il faudrait 80 milliards par an
pour
un vrai plan Marshall en Afrique, vous voyez bien qu'on doit complètement réorienter l'effort de l'Europe si on ne
veut
pas être submergé par une vague migratoire considérable. C'est l'enjeu majeur du développement, de l'équilibre du continent dans les dix ans qui viennent.
Élection Européenne donc au printemps 2019. Vous en parlerez au Premier ministre tout à l'heure.
Il
vous reçoit à midi et demi à Matignon. Vous êtes d'accord d'abord pour le retour aux listes nationales ? Je
l'ai
toujours
réclamé.
J'étais contre ces listes régionales qui visaient à diluer l'enjeu européen.
Vous
connaissez mes positions depuis le référendum de 2005, depuis mon engagement avec Philippe Séguin. On ne réglera pas le problème du chômage en France si on ne change pas la règle du jeu européenne, du dumping social, du libre-échange intégral. Le CETA a été promulgué le 21 septembre, c'est-à-dire la dérégulation. Il faut baisser les charges sur ceux qui produisent en France, mais il faut protéger un minimum. La question européenne est centrale.
Le
référendum de 2005 a été bafoué. Emmanuel Macron continue sur la ligne de ses prédécesseurs. Des listes nationales, oui, pour qu'il
y ait
un vrai débat et qu'on tranche cette question, car on ne réglera pas les problèmes des Français si on ne corrige pas complètement la politique européenne.
Vous voulez remettre le citoyen au centre du jeu démocratique ? Vous allez faire des propositions pour une réforme de la démocratie et de la République
? Oui, parce que ça
ne suffit pas. J'en ai parlé à Emmanuel Macron lorsqu'il nous a reçus. Et je lui ai dit qu'il voulait des conventions démocratiques pour parler de l'Europe en province. Mais la première convention démocratique, Patrick Cohen, c'est quoi ? C'est le respect des référendums ? Qu'il fasse un référendum sur le CETA ?
Qui
va bouleverser notre alimentation ? Comment M. Hulot peut rester ministre alors que le CETA, cet accord de libre-échange avec le Canada, va déstabiliser toute la qualité alimentaire de nos territoires
? Tous
nos produits que nous consommons ? Donc le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il amuse la galerie, il a du talent. C'est un grand communicant de grand talent. Mais derrière, c'est une politique qui va broyer les Français et les Européens. L'enjeu est d'en débattre.
Et
si vraiment on veut réformer la vie politique française, consultons les Français par référendum.
Et ça veut dire qu'aux Européennes, vous conduirez une liste nationale au nom de
Boulafrance ? On verra
qui conduira la liste. Ce n'est pas la liste de Boulafrance qui compte, pardonnez
-moi.
Parce que vous chercherez à vous allier ? Vous chercherez à faire une liste ? On revient au
sujet précédent.
Au sujet précédent.
Est-ce que les électeurs, les millions d'électeurs de droite qui ont perdu en 2017, au premier tour puis au second, vont accepter d'avoir des hommes politiques qui font le chacun pour soi ? Ou est-ce qu'au contraire, on cherche une union ? Moi, je veux une union de ceux qui défendent une certaine idée de la France, qui veulent totalement rebâtir l'Europe, renégocier tous les traités, mais sans partir vers le Frexit, c'est-à-dire avoir une Europe des nations et des projets. Et ce n
'est
pas M. Dupont-Aignan qui va faire sa liste. C'est est-ce qu'on est capable de faire une liste ensemble à plusieurs et de bouleverser le jeu politique ? Ou alors on continue à faire notre petite soupe sur notre petit feu
? Vous disiez tout à l'heure que sur
le fond, les positions s'étaient rapprochées. Est-ce que c'est vrai aussi sur le plan européen ? Vous
avez vu
que Laurent Wauquiez a fait des nouvelles propositions. Il adoucit ses positions de départ sur l'Europe. On n'est plus sur l'Europe à 6. Et d'un autre côté, Marine Le Pen, avec le départ de Florian Philippot, dit « Mais le FN n'est pas un parti anti-européen. » C'est formidable, c'est grâce à moi en
partie. Puisque dans l'accord, personne ne
l
'avait noté, dans l'accord du second tour, nous avions, j'avais fait infléchir
la position sur l
'euro. Et je suis absolument convaincu que Marine Le Pen évolue dans un sens, je dirais, moins anti-européen, moins Frexit. M. Wauquiez, ça dépend des jours. Mais en tout cas, ses électeurs, ils ont compris la supercherie de cette Europe-là. Mais ce n
'est
pas pour autant qu'on veut partir au milieu de l'Atlantique, comme l'Islande. On veut refonder les choses. Et je suis absolument certain que dans un an et demi, quand on abordera l'élection européenne, on aura le bilan Macron. Alors, de grâce, est-ce qu'on peut éviter d'avoir la droite la plus bête du monde, comme on dit souvent
?
Le chacun pour soi, les petites boutiques, les petits égaux. Tout ça est dérisoire quand le pays part comme il part aujourd'hui, et avec la menace Mélenchon qui est réelle.
Vous
allez vous-même prendre votre plume, Nicolas Dupont-Aignan, pour essayer de commencer à écrire ce programme commun de la droite ? Vous
pouvez le proposer
? On
va l'écrire avec les Français. C'est l'objet de la plateforme Internet. 1 500 000 contributions déjà, lesamoureuxdelafrance.fr. J'invite les auditeurs à y aller.
Nicolas Dupont-Aignan, merci d'être venu ce matin. Merci de votre invitation.
Nicolas Dupont-Aignan