Travail le 1er mai : le gouvernement repousse à 2027
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
On continue notre émission, notamment on va aller au cœur de nos régions, en direction la Bretagne, en Ile-et-Vilaine, où le château de Combourg est menacé. Un château qui est le berceau de l'écrivain François-René de Châteaubriand. Et la Mérule, un champignon, ronge les tours de l'ancienne forteresse. Mais malgré les aides publiques, les propriétaires de ce château sont contraints de lancer un appel au don. Les détails avec Natacha Astor et nos partenaires de Tévérenne.
Ils surplombent le lac tranquille depuis le Moyen-Âge. Mais sous ce parapluie, le château de Combourg est menacé par un champignon dévastateur.
On a identifié une Mérule dans ce faux grenier. Il a fallu changer toutes les poutres, toutes les solives et toutes les sablières. Sinon, le plancher que vous avez ici, et l'autre côté, c'est le plafond du grand escalier, a laissé fonderer.
Le champignon est découvert en début d'année, dans la chambre qui a vu grandir l'écrivain François-René de Châteaubriand. Les propriétaires n'ont pu qu'observer l'immense étendue des dégâts.
Au XIXe siècle, ils ont mis une grosse épaisseur de plâtre sur tous les murs du château. Et entre ce plâtre et la pierre, la Mérule s'est développée. Donc on a enlevé tout le plâtre et on a traité la pierre.
Depuis janvier, les mauvaises nouvelles s'enchaînent chaque jour, à croire que la tour du chat est toujours hantée aujourd'hui.
C'est une tour qui est hantée et on va faire en sorte qu'elle reste debout et hantée. Mais pour ça, il va falloir investir beaucoup d'argent.
Un gouffre financier, car ces deux tours doivent être refaites entièrement. Planchers, plafonds et des joints entre les pierres, comme dernier rempart contre l'humidité et la Mérule.
Dans un château comme celui-ci, qui a quasiment mille ans d'existence, on découvre d'autres choses. Donc on prend une fourchette large, au mieux ça sera 5 millions, au pire ça sera 10 millions, on souhaite de tout cœur que ça ne soit pas 10 millions.
Un financement participatif vient d'être lancé via l'association La Demeure Historique, avec des dons défiscalisés. Le château est ouvert comme toutes les saisons jusqu'au 31 octobre, avec très prochainement le marché médiéval les 2 et 3 mai.
Voilà pour ce reportage de nos partenaires de Tévérenne, dans la ville de Combourg, en Ile-et-Vilaine. On va faire le tour de la presse régionale avec vous, Johan Delera. Et on va commencer avec Edouard Philippe, qui reprend sa campagne pour l'élection présidentielle. Oui, le maire réélu du Havre est en visite, aujourd'hui et demain dans le Finistère et les Côtes d'Armor. Pour l'occasion, il a donné une interview au journal breton, le Télégramme, qui lui a demandé comment il comptait s'y prendre pour convaincre les électeurs d'ici à 2027. À un an de l'échéance, l'ex-premier ministre reste pour le moment évasif, mais il promet un programme massif qu'il dévoilera progressivement.
On apprend tout de même deux choses dans cette interview. Déjà qu'il n'est pas contre l'idée d'autoriser sous certaines conditions le travail le 1er mai. Et puis surtout, s'il est élu, les Français doivent s'attendre à travailler plus et plus longtemps pour réduire le déficit public. Edouard Philippe, qui pour bâtir son programme, pourrait s'inspirer d'une étude menée par l'Institut Elab auprès de 5000 jeunes. Oui, et ça fait la une du journal Ouest France, avec ce titre « Travail, santé, logement, ce que les jeunes veulent changer ». L'étude révèle qu'ils se sentent fragilisés par l'accumulation des crises et la difficulté de trouver un emploi et un logement.
Les jeunes sous tension trouvent des refuges dans leurs cercles proches et leurs territoires. La préservation de leur santé mentale et physique est pour eux aussi une priorité. Enfin, ils aimeraient être beaucoup plus entendus et associés aux politiques qui les concernent directement. Message donc pour Edouard Philippe. On continue cette revue de presse où il est question de la carte scolaire. Oui, elle se dévoile au fur et à mesure. Dans les départements, le ministère de l'Éducation nationale prévoit à la rentrée prochaine de supprimer des milliers de classes de maternelles et de primaires pour coller à la baisse de la natalité.
Et évidemment, comme le titre laisse t'éclair, les parents d'élèves et les élus locaux sont vent debout contre ces fermetures de classes. C'est le cas par exemple à Beuré, un petit village dans l'aube, où une classe et un poste d'enseignant vont bientôt disparaître. Les écoliers et leurs parents sont inquiets. La mobilisation s'organise pour tenter de faire annuler la fermeture. On termine avec un sujet plus insolite. Oui, la Voix du Nord qui nous parle des saisies très exotiques des inspecteurs de l'environnement. Depuis la création en 2020 de l'Office français de la biodiversité, ces agents dans les Hauts-de-France ont démantelé des trafics d'animaux vivants.
Ils ont également saisi de nombreux objets provenant d'animaux morts ou vivants, des sacs en croco, des fourrures de léopard ou encore des carapaces de tortues. Et parfois, ces objets sont vendus illégalement sur la braderie de Lille. Merci beaucoup, Johan, pour cette revue de presse des territoires. On va continuer à suivre l'actualité de nos régions. Direction l'Indre-et-Loire, on va retrouver nos partenaires de la Nouvelle-République avec Bertrand Slezac, qui est directeur départemental adjoint de la Nouvelle-République dans ce département de l'Indre-et-Loire. Bonjour Bertrand. Bonjour Alexandre. On va parler d'un hôtel de luxe qui fait couler beaucoup d'encre dans la région.
On peut même parler d'une affaire ubuesque. Elle oppose d'un côté un groupe coté en bourse, Artea, à des artisans du département d'Indre-et-Loire. Alors parmi eux, on trouve un maçon, un paysagiste et l'entreprise Hervé Thermique qui ont tous réalisé des travaux au château d'Artigny, à une vingtaine de kilomètres au sud de Tours. C'est cet hôtel 5 étoiles, c'est le plus luxueux du coin. Il a été racheté en 2023 par ce fameux groupe Artea avec l'ambition de lui donner un sérieux coup de jeûne, une piscine rénovée, des nouveaux terrains de tennis et de paddle et même la promesse de refaire toutes les chambres d'ici la deuxième moitié de l'année 2026.
Et le problème Bertrand, c'est que des factures n'ont pas été payées.
150 000 euros d'appayés, c'est à cette date la somme que la Nouvelle République a pu compiler au gré des témoignages recueillis auprès des entreprises lésées. Alors début mars, le PDG du groupe Artea, Philippe Baudry, avait plaidé des erreurs pour expliquer la situation et il promettait que cela serait réglé en quelques jours. Sauf que, vous me voyez venir, un mois et demi plus tard, les entreprises concernées n'ont toujours rien reçu, des procédures judiciaires sont en cours. Problème, quand un huissier de justice a voulu saisir la somme sur un compte du groupe, il n'y avait rien ou presque.
Et on apprend ce mercredi dans les colonnes de la Nouvelle République que l'entreprise Hervé Thermique, l'un des créanciers, a déposé plainte contre Artea pour organisation frauduleuse de son insolvabilité. En attendant, la situation fragilise des entreprises locales et dans le contexte actuel, vous l'imaginez Alexandre, elles n'ont pas besoin de ça.
Merci beaucoup Bertrand Slezac, directeur adjoint de la Nouvelle République, de nous avoir expliqué cette histoire. On va regarder la une de votre journal aujourd'hui sur un projet d'éolienne près du château d'Amboise qui a été retoqué. Merci beaucoup Bertrand. Direction la région des Pays de la Loire. Cette fois, on va retrouver Roque Brancourt, le vice-président de la région en charge des transports. Bonjour M. Brancourt. Bonjour. On va parler du projet de loi cadre des transports qui est examiné à partir d'aujourd'hui au Sénat.
C'est un texte qui prévoit les investissements de l'État pour moderniser notre infrastructure ferroviaire avec le rail qui est en mauvais état dans certains territoires français. Vous, en tant que vice-président de région en charge des transports, qu'est-ce que vous attendez de ce texte et du gouvernement ? Alors là, je parle en mon nom et puis au nom de tous les vice-présidents de région et de toutes les régions de France. D'abord, c'est plutôt une loi que nous soutenons. Nous sommes très heureux qu'enfin soit prise la décision de flécher de manière pluriannuelle des financements pour l'entretien des infrastructures de transport et en particulier l'entretien du ferroviaire.
Il faut savoir que la mobilité en France est pas mal taxée. Il y a beaucoup de taxes sur la mobilité et notamment parmi ces taxes, il y a les péages. Et les péages, aujourd'hui, demain, ils pourront servir à financer davantage l'entretien de nos réseaux de transports collectifs, notamment le ferroviaire. Donc ça, c'est une bonne nouvelle. On en attend cependant que le fléchage soit un peu plus précis et que ça ne soit pas destiné à entretenir uniquement les grandes lignes, mais aussi les petites lignes dans nos campagnes, dans la ruralité.
Et puis aussi les besoins de développement du ferroviaire dans les grandes métropoles parce qu'aujourd'hui, on a beaucoup de besoins de déplacements qui ne sont pas satisfaits. C'est ce qu'on appelle les systèmes, les services express régionaux métropolitains qui ont besoin de financement. Donc il y a besoin de précision. Et puis enfin, il y a besoin aussi que cette loi 4, qui est une loi plutôt de principe, elle se décline sous forme d'une loi de financement dans les prochains mois. Il faudra que ça intervienne rapidement, sinon ça sera un vœu pieux en quelque sorte. Alors quel est l'état du rail dans nos régions et quels sont les besoins en termes de modernisation ?
En gros, ce qu'il faut retenir, c'est que depuis des décennies, on a beaucoup investi dans des LGV, dans des nouvelles lignes, mais on n'a pas bien entretenu, on n'a pas financé suffisamment l'entretien des lignes existantes et notamment des lignes moyennes. Or, ces lignes moyennes, il y a beaucoup de Français qui les utilisent au quotidien pour se déplacer, soit pour aller travailler, soit pour leur déplacement de loisirs, soit pour leur déplacement occasionnel, pour aller se rendre dans les services publics, à l'hôpital, pour la santé, etc.
Donc, il y a besoin de remettre à niveau notre système ferroviaire, sinon il va se dégrader et les trains seront de moins en moins à l'heure performants. Et ça coûtera de plus en plus cher. Donc, il y a vraiment besoin d'investir pour entretenir notre patrimoine ferroviaire. Et c'est l'objet de cette loi. Donc, on est très satisfait de cette loi, mais il faut qu'elle aille au bout de la logique et que le financement des péages, enfin les recettes des péages, servent effectivement à rénover ces infrastructures dans les années qui viennent. Il y a encore quelques étapes qui doivent confirmer les principes affirmés par cette loi.
Oui, donc selon vous, c'est une bonne idée d'utiliser les recettes des péages autoroutiers pour financer tous ces travaux avec des besoins financiers qui sont assez colossaux. On parle de dizaines de milliards d'euros. Alors, en tout cas, ce dont on a besoin de manière absolument certaine, c'est minimum 1,5 milliard par an issu de ces recettes des péages pour financer le strict minimum de la régénération, comme on dit, du rail. Mais nous, nous souhaiterions ça irait un petit peu plus loin, au niveau d'environ 2 milliards par an.
Et c'est tout à fait possible puisqu'on estime que les recettes des péages, chaque année, une fois qu'on a entretenu les autoroutes, bien sûr, eh bien elles peuvent dégager de l'ordre de 3 milliards par an. Donc nous, nous estimons que ce serait un minimum d'obtenir environ 2 milliards d'euros par an pour entretenir le réseau ferroviaire et aussi nos lignes moyennes, nos petites lignes dans la ruralité qui ont besoin de ces financements. Merci beaucoup, Roque Brancourt, pour ces explications. Je rappelle que vous êtes vice-président de la région Pays-de-la-Loire en charge des transports. C'est l'heure du débat politique du jour.
On va parler du travail le 1er mai, puisque le gouvernement de Sébastien Lecornu a décidé d'interrompre le débat parlementaire sur une proposition de loi qui autorisait des commerces de proximité à faire travailler leurs salariés le jour de la fête du travail, le 1er mai. Une réforme très polémique. Écoutez les explications de Clément Guillaume.
Ce ne sera pas pour cette année. Face à la levée de boucliers des syndicats, Sébastien Lecornu a préféré ne pas convoquer la commission mixte paritaire qui devait permettre le travail le 1er mai pour certaines filières.
Ce n'est pas un syndicat qui a pris la plume dimanche en voyant que nous allions tout droit vers une commission mixte paritaire qui allait rouvrir des filières entières, dont des boulangeries industrielles, des FNAC, un renvoi par décret sans le moindre débat.
À gauche, la décision du 1er ministre était attendue et a été largement applaudie depuis hier.
Ils piétinaient le dialogue social puisque jamais les syndicats n'avaient été consultés sur le sujet. Et en plus, ils piétinaient le Parlement puisqu'on était interdits de débattre de cette proposition de loi par les manœuvres de Gabriel Attal. Je salue la sagesse du 1er ministre.
Pour la droite en revanche, largement en faveur du texte, la colère est grande face à ce recul gouvernemental.
Il y a une France qui veut travailler. Il y a une France qui a vraiment l'impression qu'on l'empêche de travailler. Donc aujourd'hui, je pense que ce qui se passe va bien au-delà du 1er mai. C'est finalement sans doute un affaiblissement peut-être de la confiance qui pouvait être apportée par certains au 1er ministre.
Un avis partagé par les centristes du Sénat à l'origine de cette proposition de loi. Le président du groupe Union centriste se dit même inquiet pour la fin du quinquennat.
Ça pose un problème au-delà du 1er mai. C'est qu'est-ce que le Parlement va pouvoir faire et le gouvernement pendant un an ? Si chaque fois qu'il y a quelque chose de désagréable aux yeux de la gauche et des syndicats,
ça va devenir compliqué. Le gouvernement a choisi de laisser le temps au dialogue social. Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, doit recevoir dès ce matin les fédérations des fleuristes et boulangers artisanaux dans l'espoir d'aboutir à une loi dans l'année en vue du 1er mai 2027.
Et pour débattre de cette réforme polémique autour de l'autorisation du Travail le 1er mai, j'accueille Frédéric Puissat, bonjour. Bonjour. Vous êtes sénatrice Les Républicains de l'ISER. J'accueille également Bernard Jaumier, bonjour. Bonjour. Sénateur socialiste de Paris et membre de Place Publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Et Stéphane Zumstek, bonjour. Bonjour. Vous êtes directeur du département politique et opinion à l'Institut Ipsos. Frédéric Puissat, je commence par vous. La gauche et les syndicats sont vent debout contre ce texte, une proposition de loi qui a été votée il y a un an par la majorité de droite sénatoriale.
Ce report finalement de la réforme, c'est une manière de temporiser, de faire retomber la pression politique ?
Oui, c'est quand même assez surprenant. Et du reste, le président Marseille l'a dit, ça interroge quant à la fin du quinquennat et nos capacités finalement à légiférer, et notamment dans le cadre du droit du travail, sur lequel nous avons quand même des besoins. Je rappelle quand même que tous nos filets sociaux sont assis sur les ressources qui viennent du travail. Moins on travaille, moins on a de ressources. Et puis on a de déficit quand même dans notre pays.
Bernard Jomier, c'est une victoire pour la gauche ? Ce recul du gouvernement ?
C'est une victoire, je dirais déjà, pour un minimum de bon sens. C'est-à-dire qu'on réalise aujourd'hui qu'il n'y a pas de majorité au Parlement. Enfin, ce n'est pas une situation qui est nouvelle. Et le 1er mai, c'est un symbole, au-delà de tout. C'est un symbole politique, ancien, dont on pense ce qu'on veut, mais on ne détruit pas un symbole par une manœuvre parlementaire. Parce que ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale, où les auteurs du texte déposent une motion pour dire qu'il ne faut pas débattre du texte, on peut l'expliquer, mais c'est une manœuvre.
– Mais parce qu'il y avait un risque d'obstruction de la gauche aussi en face.
– Il y avait un risque de discussion au Parlement, on débat pour commencer. Et effectivement, la gauche n'aurait pas voulu, ne veut pas qu'on touche comme ça au 1er mai. Ça ne veut pas dire que la porte est totalement fermée. Mais je pense que la solution qui est de dire « il faut qu'il y ait maintenant un dialogue social avec les organisations syndicales et on verra si on peut modifier les règles du 1er mai », ça, c'est la bonne solution.
– Alors certes, l'Assemblée nationale avait rejeté sans examen cette prohibition de loi, mais pourquoi ne pas permettre une commission mixte paritaire, la négociation entre des députés et des sénateurs sur ce texte, et puis après, voter les conclusions ?
– Parce que la démocratie, c'est d'abord un débat dans le pays. Ce n'est pas de dire, par exemple, on en parlera peut-être, il y a un sondage qui dit que tant de pourcents des Français veulent toucher au 1er mai. Je rappelle juste qu'avant qu'il y ait eu débat, il y avait 61% des Lyonnais qui pensaient que M. Hollaz devait être maire de Lyon. Et après le débat, après l'échange d'arguments, il a été battu. Donc il faut qu'il y ait un débat. On en a discuté entre nous l'an dernier dans l'hémission. Mais entre nous, certes, on est parlementaires, on représente, nous les territoires et l'Assemblée nationale, le peuple, mais ce n'est pas un débat dans le pays.
Et l'Assemblée nationale, qui représente le peuple dans notre constitution, n'a pas pu en débattre.
Stéphane Zumstek, selon vous, politiquement, pourquoi Sébastien Lecornu a renoncé à cette réforme ? Ce symbole du 1er mai était trop fort ?
Je pense qu'il y avait effectivement cette surprise d'abord, surprise pour Gabriel Attal comme pour le gouvernement, de voir un front uni-syndical se dresser immédiatement. Il y a la gauche évidemment aussi au Parlement. Mais la réaction a été immédiate et virulente. Et le Premier ministre, à mon avis, a fait un choix, a fait un arbitrage entre soit assumer le risque d'ouvrir un nouveau front social dans un climat délétère, je ne reviens pas sur la hausse des carburants et tout ce que cela a pu provoquer il y a quelques années avec les gilets jaunes, ou alors laisser passer un texte qui n'était pas le sien, qui était celui de Gabriel Attal.
Donc, de mon point de vue, il n'y a pas de gagnant à gauche. La gauche et les syndicats se sont manifestés, se sont mobilisés immédiatement. Mais quelque part, le texte a été retiré tout de suite par le Premier ministre. Donc, il n'y a pas véritablement de victoire. Il y a une manifestation de force, ça c'est sûr. Après, la question est de savoir qui sont les perdants. J'entends dans les médias beaucoup dire que c'est Sébastien Lecornu qui a reculé. Est-ce une défaite pour Sébastien Lecornu ou pour Gabriel Attal ?
Et je pense que la principale victime de cette petite séquence de quelques jours, c'est à mon avis Gabriel Attal, qui, nous sommes au mois d'avril 2026, c'est un mois capital pour lui. C'était l'une des différentes étapes qui étaient censées servir de base, de rampe de lancement à sa pré-campagne présidentielle d'un premier coup, parce qu'il y a eu une accumulation de maladresse qui n'a pas fonctionné. Accumulation de maladresse, déjà sur le choix du 1er mai, ce n'est pas un sujet qui captivait les Français jusque-là. Personne ne se posait la question d'élargir ou pas. Donc, le choix déjà prête à discussion. Et surtout, après, il y a cette impression de passage en force.
C'est le terme passage en force. Et c'est ça qui est intéressant. Je ne suis pas le premier à l'utiliser ces derniers jours, mais on voit bien à quel point le passage en force, ou le supposé passage en force, lors de la réforme des retraites a laissé des traces.
La précipitation, le tour de passe-passe législatif, on dépose un texte, on le rejette pour que ça passe directement en commission mixte, ça a rendu l'opération Gabriel Attal totalement illisible et contestable, avant même que, là je parle du point de vue de l'opinion, l'opinion se pense sur ce qu'il y avait dans cette proposition, parce qu'il y avait une sorte d'insincérité, à mon avis, une sorte d'impression d'insincérité sur l'opération législative parlementaire de Gabriel Attal.
– Frédéric Puissa, est-ce que vous reconnaissez qu'il y a eu une erreur dans la stratégie politique de Gabriel Attal, du bloc central, des LR, qui soutenait cette proposition de loi en portant un texte, mais en le rejetant d'emblée sans même l'examiner à l'Assemblée nationale ? C'est perçu comme un passage en force ?
– Alors je ne suis pas là pour défendre Gabriel Attal, mais je rappelle quand même que ce texte est issu des centristes, des collèges centristes du Sénat, puisqu'il était porté par Annick Billon, par le président Marseille, par le président Mathieu D'Arnaud, c'est-à-dire par la majorité du Sénat, et qu'ensuite il est parti à l'Assemblée nationale. Alors c'est vrai que Gabriel Attal l'a repris dans sa niche parlementaire, après ce qui se passe à l'Assemblée nationale, et Bernard Jomy a raison, nous sommes effectivement sur une Assemblée qui n'a pas de majorité.
Alors nous n'en avons pas plus au Sénat, je rappelle quand même qu'il n'y a pas de majorité absolue au Sénat, mais on arrive à composer et à sortir des textes que n'arrive plus à faire l'Assemblée nationale.
Donc il y a effectivement des artifices législatifs, il a été utilisé un artifice sur ce texte de loi, je rappelle quand même que la gauche et notamment LFI a utilisé d'autres artifices pour rejeter des textes, faisant durer le temps sur d'autres textes, et du coup ne permettant pas le vote à l'Assemblée nationale d'un certain nombre de textes, on peut le regretter, mais en même temps on ne peut pas non plus paralyser notre pays, parce qu'à un moment donné le président de la République a décidé de dissoudre l'Assemblée nationale et finalement d'avoir une majorité composite et des groupes d'extrêmes qui à un moment donné ne permettent pas qu'on légifère dans de bonnes conditions.
Vous parliez de la France insoumise, les insoumis qui sont satisfaits, qui fêtent finalement le recul de Sébastien Lecornu sur cette proposition de loi. On va écouter Manuel Bompard qui était sur notre plateau il y a quelques minutes.
– La vérité c'est que M. Attal a essayé de passer en force, en faisant une motion de rejet pour empêcher l'Assemblée nationale de débattre de ce sujet, ils sont mis à dos l'ensemble des organisations syndicales, et M. Lecornu a reculé, et je trouve que c'est une bonne chose qu'il ait reculé, c'est la preuve que la lutte ça paye, et que le rapport de force ça paye, et j'espère que ça sera le cas demain, de nouvelles victoires, pas uniquement sur le 1er mai, mais aussi sur les salaires, sur les prix, et qu'il faut se mobiliser pour contraindre le gouvernement à bouger.
– Bernard Jomier, est-ce que Sébastien Lecornu a reculé aussi parce qu'il y avait une menace de motion de censure venant de la gauche, les socialistes étaient prêts à la voter, et qu'il a voulu maintenir son gouvernement peut-être ?
– On peut s'en désoler, mais encore une fois, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, et le gouvernement ne survit que parce qu'une gauche responsable… – Les socialistes ? – Une gauche responsable a accepté qu'il y ait un budget pour notre pays, un budget de la sécurité sociale, sans faire tomber le gouvernement. Et ça, ce n'est pas un blanc-seing donné pour procéder à des réformes d'emploi. Alors, le pays n'est pas paralysé parce qu'il y a un budget, parce que le pays tourne et tournera comme ça jusqu'à la présidentielle. Mais ce n'est pas un « license to kill le 1er mai ».
Enfin, le 1er mai est un symbole, au-delà de la journée du 1er mai, qui date du 19e siècle, qui parle fortement à une grande partie de l'opinion publique, et si on veut toucher au 1er mai, et en termes de travail, c'est un jour sur 365, donc ça laisse de la marge de discussion sur les autres jours, eh bien, il faut que chacun expose sa vision, et puis, quand il y aura des élections, que le chef de l'État, la prochaine majorité parlementaire, dise ce qu'elle veut faire avec cette journée-là. Et les Français, ils jugeront. Mais évidemment, cette précipitation, la manœuvre parlementaire, on connaît tous ça.
– Ça valait une censure socialiste, ce texte ?
– Ce qui valait censure, c'est le non-respect, par le gouvernement et par Sébastien Lecornu, d'un engagement à gérer le pays, mais certainement pas à procéder à des réformes symboliques ou de large portée, qui nécessitent une adhésion de l'opinion publique. Il n'en a pas le mandat.
– Stéphane Zumstek, parlons du fond de ce débat. Qu'en pensent les Français sur ces autorisations pour certains commerces de travailler le 1er mai ?
– Le premier point, c'est que les Français restent viscéralement attachés à leurs jours fériés en général. Rappelez-vous la proposition de François Bayrou de supprimer deux jours de jours fériés, lever le bouclier immédiat, cette fois-ci non pas des syndicats et de la gauche, mais de l'opinion publique de gauche comme de droite. Et ça avait en partie scellé son sort dans les jours qui avaient suivi. En revanche, quand on les interroge très précisément, ce sont des confrères qui ont fait ça sur le 1er mai, oui, il n'y a pas d'hostilité à l'extension de la possibilité de travailler. Est-ce pour autant que c'est quelque chose qu'ils attendent, qu'ils réclament ?
Moi, je n'en suis pas persuadé, parce que peut-être que, et vous avez raison de le souligner, il y a une portée symbolique très particulière pour le 1er mai, mais malgré tout, pour un Français consommateur, il y a plein de commerces ouverts le 1er mai. Il y en a évidemment encore plus lors des autres jours fériés, mais c'est un peu comme un dimanche, il y a des commerces ouverts. Donc, il n'y a pas ce sentiment de la part des Français, finalement, d'une journée où ils ne peuvent rien faire. C'est faux, ça, de le dire.
Et c'est aussi, à mon avis, une autre maladresse ou une autre inexactitude de Gabriel Attal, c'est d'avoir dit on va vous libérer pour le 1er mai et vous aurez accès aux services ou aux commerces. Mais on a accès très clairement aux services, les Français et les Françaises ont accès aux services. Après, oui, quand on leur pose la question, il n'y a pas d'hostilité. À partir du moment où on leur demande est-ce que vous seriez favorable ou opposé au fait que l'on puisse travailler le dimanche sous réserve d'être volontaire et sous réserve d'être payé double ? Forcément, les gens répondent oui et c'est logique.
Maintenant, la question est de savoir si derrière, ils considèrent que c'est une nécessité. C'est plus ça le souci. Et je ne suis pas persuadé que les Français considèrent aujourd'hui que c'est une nécessité et donc une priorité d'élargir la capacité de travailler. D'où, là encore, ce que je disais tout à l'heure sur Gabriel Attal qui n'a pas forcément trouvé le sujet du moment, le sujet qui pouvait apparaître disruptif et suffisamment clivant. Donc, oui, il n'y a pas d'hostilité mais il y a toujours aussi cette réticence des Français. Ils insistent bien sur le volontariat et le payer double.
Et le volontariat, quand vous creusez, vous vous rendez bien compte que ça a été toutes les polémiques sur le travail du dimanche il y a de nombreuses années maintenant. Quand vous êtes dans une grande entreprise, est-ce que vous avez véritablement le choix ? Il peut être un peu forcé
ce volontariat.
Donc, oui, il n'y a pas d'hostilité mais ce n'est pas quelque chose qui est réclamé, qui est attendu par l'opinion publique.
Frédéric Puissa, cette réforme n'est pas vraiment une attente de la part des Français mais alors pourquoi la droite est si attachée à toucher à ce symbole du 1er mai qui est quand même un acquis des travailleurs ?
Nous ne touchons pas au 1er mai. Il y a trois articles dans le code du travail qui concernent le 1er mai. Le 1er dit le 1er mai et le seul jour qui est férié et chômé. Le 2e dit qu'on est payé double quand on travaille le 1er mai et le 3e considère qu'il y a des dérogations qui sont déjà possibles. Je rappelle que les employés des EHPAD, des hôpitaux travaillent le 1er mai donc il y a déjà des gens qui travaillent le 1er mai. Effectivement, le 1er mai n'est pas un jour où la France s'arrête. Et là, on décide d'étendre effectivement ce 1er mai à d'autres catégories de professionnels. Pourquoi ?
Je rappelle quand même que tous les Français étaient extrêmement émus quand un boulanger en mai 2025, c'est-à-dire qu'il n'y a pas très longtemps, neuf mois en arrière, avait effectivement été convoqué à la gendarmerie avec une pénalité pouvant aller jusqu'à 78 000 euros pour effectivement avoir fait travailler ses salariés un 1er mai. C'est à ça que répond ce texte de loi. Et je rappelle quand même, même si effectivement nous sommes les sénateurs et que nous représentons les territoires, mais à l'époque, le gouvernement qui représente quand même à un moment donné les habitants était favorable.
La ministre Catherine Vautrin, qui est toujours dans le gouvernement avec Sébastien Lecornu qui était aussi dans le gouvernement en 2025, a jugé qu'il fallait réformer cet article du Code du Travail qui élargissait la possibilité à des professionnels de travailler le 1er mai. Alors moi j'entends bien qu'il y a des gens qui ne veulent pas travailler le 1er mai mais ceux qui veulent travailler le 1er mai pour être payés double dans un objectif de pouvoir d'achat avec effectivement, vous avez raison, on a toujours ce sentiment de se dire est-ce que c'est du volontariat ou pas du volontariat.
Là on a encadré quand même le dispositif, c'était par écrit en tout cas dans le texte de loi avec effectivement si le salarié ne travaillait pas une non-possibilité d'avoir recours à un certain nombre de pénalités pour ce salarié mais en tout état de cause ceux qui veulent travailler je ne vois pas pourquoi on leur interdirait de travailler aussi. C'est ça la France, c'est ça la liberté dans notre pays.
Bernard Jomier, on est en train d'interdire de travailler à des boulangers, des fleuristes qui veulent un peu augmenter leur chiffre d'affaires le 1er mai ?
Il faut regarder ce qu'on peut faire, comment on peut avancer sur cette question, je pense que c'est ça qui est important à ce stade-là, c'est fini pour cette année et tant mieux. La première centrale syndicale de notre pays, j'en ai entendu les responsables dire qu'ils étaient prêts au dialogue. Ils demandent qu'il y ait une négociation, ils sont prêts à regarder branche par branche s'il faut des aménagements et s'il faut des aménagements on prend l'exemple de la profession de boulanger, pourquoi ils ne peuvent pas travailler ? Parce que la restauration peut travailler mais pas la vente alimentaire, enfin les commerces de détail.
Or, beaucoup de boulangers d'ailleurs maintenant font de la restauration sur place, c'est une profession qui a évolué. Donc s'il doit y avoir des évolutions, qu'il y ait une évolution. Nous on n'a pas d'objection principielle mais on demande à ce que s'agissant d'un symbole pour les salariés et les organisations de travailleurs du pays, il y ait une négociation avec eux et prenons le temps plutôt que de précipiter par cette manœuvre liée à l'agenda présidentiel de M. Attal ou d'un tel ou d'un tel, prenons justement et prenons l'habitude dans notre pays d'avoir un peu plus une logique de compromis politique.
Il y a encore des gens visiblement qui ne l'ont pas compris que l'ère des décisions qu'on impose à tout le monde de j'aurai sur une majorité de 60% et je ferai ce que je voudrais, il faut tourner la page, il faut apprendre les compromis politiques et cette question du 1er mai est une bonne illustration parce que pour les uns c'est un symbole fort, d'autres nous disent on veut pouvoir travailler ce jour-là, et bien trouvons une solution, les organisations syndicales ne sont pas butées.
Et en tout cas le gouvernement qui n'a pas de majorité à l'Assemblée est du coup très attaché à cette logique de compromis politique. On va écouter sur ce point Laurent Panifous, le ministre des Relations avec le Parlement.
Au regard du blocage à l'Assemblée, au regard de la levée de boucliers, plus que forte, totalement unanime des syndicats, la méthode du gouvernement est simple et elle est la même finalement depuis le début sur ces situations, c'est donner la main aux partenaires sociaux, que les partenaires sociaux nous disent comment ils veulent faire pour régler le problème précis que j'ai évoqué les artisans boulangers, les fleuristes, et ensuite nous transposerons, nous demanderons aux parlementaires de transposer cet accord des partenaires sociaux dans la loi.
Stéphane Zumstegg, le gouvernement qui relance la concertation entre les partenaires sociaux, ça veut dire que là on est dans la dernière année avant la présidentielle, le gouvernement sans majorité ne va plus pouvoir faire grand chose en fait.
Là encore, on a beaucoup parlé de reculade du gouvernement, je ne veux pas revenir sur qui a le plus perdu ou le moins gagné de cette séquence, mais la spécificité, la singularité de Sébastien Lecornu, c'est qu'il a mis en place, lors de sa nomination à Matignon, une méthode qui porte son nom, la méthode Lecornu. Et à Sébastien Lecornu, je pense que l'opinion lui ségrée finalement d'éviter que des fronts sociaux, que des crises sociales se mettent en place.
Donc s'agit-il d'une, je me mets à la place de l'opinion, s'agit-il d'une reculade, donc d'une défaite, et donc, s'agit-il, cela signifie-t-il qu'il ne se passera rien dans l'année qui vient, ou alors, s'agit-il d'une décision de bon sens, de quelqu'un qui essaye d'éviter, d'éviter que la société française se fracture encore plus ? Moi, je pense que c'est plus cette seconde hypothèse qui, aux yeux de l'opinion, je me répète, l'emportera.
Il ne se passera rien, non, il y aura des textes de voté, et je pense que ce que les Françaises et les Français attendent aujourd'hui de cette période, de cette période Lecornu, de ce moment Lecornu quelque part, mais qui dure déjà maintenant, c'est d'avoir pu mettre fin à l'instabilité gouvernementale, d'avoir trouvé, non pas une majorité, mais d'avoir voté des budgets, et ensuite de savoir gérer les quelques mois, l'année, qui nous restent en évitant toute crise sociale. Est-ce que cela signifie qu'il ne se passera rien ?
Ça, après, c'est un vrai débat, mais je trouve que la contre-attaque, ce n'est pas une contre-attaque, mais les propos du ministre chargé des Relations avec le Parlement sont très clairs. Nous, on veut éviter une crise, il y a un problème, on cherche le consensus, et bien on va essayer de favoriser les discussions au niveau des branches. C'est peut-être une posture, ce sera peut-être quelque chose de concret, mais je ne suis pas persuadé qu'il ne se passera rien. Non, la priorité, je le disais tout à l'heure, c'est un arbitrage. Crise sociale, lutte sociale forte, ou pas. Le choix, il est clair, en tout cas, il est clair depuis quelques mois avec Sébastien Lecornu.
Mais c'est une méthode et c'est une méthode qui, à mon sens, passe plutôt bien auprès des Français.
Et puis ça, c'est une bonne méthode, la méthode Lecornu, de relancer la concertation branche par branche pour obtenir un compromis sur ce sujet.
Non, mais j'entends ce qui est dit. Enfin, je rappelle quand même que Sébastien Lecornu avait un an pour travailler sur ce sujet-là. Il y a un an, quasiment, qu'on a voté ce secte de loi au Sénat. Bon, il s'en occupe maintenant parce qu'effectivement, la crise arrive. Je rappelle quand même que Sébastien Lecornu veut faire œuvre utile, qu'il est élu pour être utile. Si être utile, c'est reculer sur la réforme des retraites. C'est effectivement reculer dès qu'il y a un œuf stable. Je ne sais pas si c'est ça être utile pour notre pays.
Je pense quand même que les Français l'attendent, notamment sur le prix de l'essence, sur un certain nombre d'enjeux actuellement dans notre pays qui sont un vrai sujet pour le portefeuille des Français.
Ce sera un thème de la présidentielle, ce pouvoir d'achat et le travail ? En tout cas,
des décisions fortes et un cap. Alors après, effectivement, il y a des élections, les Français tranchent. Mais moi, je rappelle quand même que le président de la République n'a pas fait campagne, qu'il n'avait pas de programme. Et si nous en sommes là aujourd'hui, en plus sans majorité à l'Assemblée nationale, c'est bien parce qu'au départ, on part d'un système où nous n'avons pas de cap et c'est bien ça la difficulté de notre pays.
Ce sera le mot de la fin. Merci. Merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat politique du jour. On va finir par une histoire. Une histoire aujourd'hui à lire dans le journal Le Télégramme. Un tour d'Afrique en voilier, mais un tour en voilier pas comme les autres. Morgane Breuil et Arthur Denichin vont partir l'an prochain de la ville de Concarneau en Bretagne à bord d'un voilier laboratoire qui a pour but de régénérer des terres agricoles en Afrique grâce aux larves de mouches de soldats noirs, un type de mouches précis. Ces larves de mouches se nourrissent de déchets et fournissent un engrais.
Ensuite pour les terres agricoles et ensuite les mouches adultes servent de protéines à l'alimentation des bêtes et sont donc un substitut par exemple aux farines de soja. Alors cette expédition un petit peu étrange va durer pendant 4 années. Elle est jugée cruciale alors qu'en 2050, 90% des terres mondiales seront dégradées. C'est un projet humanitaire qui est financé par le fonds Explore de Concarneau et c'est à lire dans le Télégramme comme quoi les mouches ont aussi une utilité. Voilà, on finit cette émission avec cette histoire. Merci d'avoir participé. Merci de l'avoir suivi et on se retrouve demain sur Public Sénat.
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Gabriel Attal