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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 14 juillet 2025 66 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & électionsImmigration & asile

Conflit Israël-Iran : un revers pour Trump ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Israël peut-il parvenir à stopper le programme nucléaire iranien et faire chuter le régime des mollahs?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Comment la population israélienne juge-t-elle cette attaque contre l'Iran?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Les Américains et E.Macron se rangent du côté d'Israël. Pourquoi?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    D.Trump risque-t-il d'être entraîné dans un conflit qu'il ne veut pas?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    Les États-Unis peuvent-ils rester à distance et ne pas intervenir militairement?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que les Iraniens savent qu'il ne faut pas attaquer les Américains?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00B.NétanyahouFait
    « Si nous ne frappons pas, nous sommes certains à 100 % de périr. »
  • 5:00D.TrumpFait
    « J'aimerais éviter le conflit. L'Iran va devoir négocier un peu plus fermement. »
  • 7:00D.TrumpFait
    « Une nouvelle génération de leaders transcendent les anciens conflits, les divisions éculées du passé. »
  • 11:00D.TrumpFait
    « J'ai arrêté l'effusion de sang. C'est un horrible bain de sang. »
  • 13:00D.TrumpFait
    « L'Iran a une seconde chance d'éviter une seconde destruction avant qu'il ne reste plus rien. »
  • 15:00A.PadillaFait
    « Lâchez-moi! Je suis le sénateur A.Padilla. »
  • 17:00D.TrumpFait
    « A ceux qui veulent manifester, nous répondrons avec une très grande force. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

de 2 facteurs, humains et techniques. ... - A.de Tarlé: Bonsoir.

L'Iran a répliqué avec plus d'une centaine de missiles qui se sont abattus la nuit dernière sur Tel-Aviv et Jérusalem. L'armée israélienne poursuit ses frappes sur le territoire iranien. B.Nétanyahou espère faire tomber le régime iranien et appelle le peuple iranien à se lever "contre ce régime maléfique qui vous oppresse".

Israël peut-il parvenir à ses fins, stopper le programme nucléaire iranien et faire chuter le régime des mollahs? Quelle est la capacité de riposte et de nuisance de Téhéran? Jusqu'où les Etats-Unis peuvent-ils rester à distance et ne pas intervenir militairement?

D.Trump s'apprête à assister ce soir à une grande paramilitaire dans les rues de Washington, très loin de ces conflits sans fin du Proche-Orient. C'est le sujet de cette émission, intitulée "Conflit Israël-Iran: un revers pour Trump?" Nous accueillons V.Hugeux, journaliste indépendant, spécialiste des enjeux internationaux, enseignant à Sciences Po.

P.Allémonière, vous êtes grand reporter. Votre livre s'appelle "Au coeur du chaos".

A.Toulouse, vous êtes journaliste franco-américaine. Votre livre s'intitule "L'Art de trumper".

N.Tenzer, vous êtes enseignant à Sciences Po. Votre livre est "Fin de la politique des grandes puissances".

Merci de participer à cette émission. Je vous propose d'aller à Jérusalem, où on retrouve T.Lefèvre.

Vous êtes correspondant pour Radio France à Jérusalem. On va voir les images de la nuit dernière à Tel-Aviv avec tous ces missiles iraniens qui se sont abattus sur Tel-Aviv, mais dont beaucoup ont été interceptés contre les batteries antimissiles israéliennes. Racontez-nous votre nuit à Jérusalem. - T.Lefèvre: Il y a eu 3 vagues d'alertes, de missiles.

On parle d'une centaine de missiles. Ce sont des missiles balistiques avec des ogives de près d'une tonne, des missiles très puissants. Ca arrive de l'est.

Ca part d'Iran, ça traverse le territoire irakien, la Jordanie. On les voit passer dans le ciel de Jérusalem, où les intercepteurs de la défense israélienne se mettent en marche. Il y a 3 couches dans ce système de défense antiaérienne israélienne.

C'est la couche que l'on appelle "arrow", flèche, qui est destinée à neutraliser les plus gros missiles comme ces missiles balistiques iraniens, qui ont une portée de 1500 km. Vous avez une constellation dans le ciel avec ces missiles intercepteurs et des explosions. Quelques missiles sont passés entre les mailles du filet.

Vous venez de diffuser ces images impressionnantes, notamment sur Tel-Aviv. Quand ça passe à travers la défense antiaérienne, ça fait beaucoup de dégâts. En tant que journaliste, j'ai très vite constaté que Tel-Aviv était la principale cible du régime iranien.

C'est shabbat, les routes sont vides, les gens sont à l'abri. J'étais autour du ministère de la Défense israélien, où un missile avait touché des bâtiments adjacents. - A.de Tarlé: Quand on vit à Tel-Aviv, on est averti par des sirènes et on doit descendre à la cave comme pendant la Seconde Guerre mondiale, se protéger dans des abris? - T.Lefèvre: Vous avez un système d'alerte par téléphone portable qui utilise le réseau GSM.

On a une 1re alerte 15 minutes avant que les missiles n'entrent sur le territoire israélien. Vous avez le temps de vous préparer. Quelques minutes avant, vous avez une alerte dans tout le quartier.

Ca rappelle la Seconde Guerre mondiale, avec une alerte qu'on entend partout. Et vous avez les 1res explosions à ce moment-là. On met ses proches à l'abri.

A Jérusalem, les abris sont moins équipés qu'à Tel-Aviv ou autour de Gaza. Les abris normalement présents dans chaque appartement en Israël sont mieux organisés, mieux aménagés et plus solides autour de Gaza et à Tel-Aviv. Ils ont été créés pour répondre à la menace de roquettes de calibre plus faible envoyées de Gaza, notamment.

Peu d'abris sont adaptés à la menace d'un missile balistique. C'est inédit. L'épisode dont vous parlent les Israéliens, si on peut comparer, c'est en 1991, quand S.Hussein avait envoyé des Scud sur le territoire israélien.

Il n'y avait pas de défense antiaérienne à ce moment-là. Les niveaux de perception et de peur sont comparables. - A.de Tarlé: "Iran: le dernier combat d'Israël", c'est le titre du "Télégramme".

Comment la population israélienne juge-t-elle cette attaque d'Israël contre l'Iran, qui fait qu'aujourd'hui, elle doit subir des représailles? - T.Lefèvre: C'est un conflit plus soutenu que la guerre à Gaza, depuis le mois de mars et depuis qu'Israël, unilatéralement, a mis fin au processus de trêve, de cessez-le-feu qui avait été passé fin janvier, le 19, avec le Hamas.

Il y avait beaucoup de contestation contre cette guerre dans la société israélienne. On le voit par rapport aux chiffres d'appel des réservistes. La société israélienne est un petit pays, 10 millions d'habitants.

Tout le monde ne sert pas dans l'armée. Vous avez les populations arabes ou religieuses ultraorthodoxes qui ne servent pas dans l'armée. Elle s'appuie sur une armée de réservistes.

Vous êtes avocat, journaliste, plombier...

Le matin, vous êtes au travail quand vous recevez un coup de téléphone et vous devez partir rejoindre votre unité très vite. Vous partez avec votre véhicule. Ces ordres de mobilisation étaient de moins en moins suivis après mars 2025 et la rupture unilatérale par Israël du processus de cessez-le-feu mis en place avec le Hamas.

Hier, les réservistes ont été appelés. Ils ont massivement répondu à l'appel. Cette guerre contre l'Iran, les Israéliens l'avaient vue venir.

B.Nétanyahou n'a jamais menti sur ses intentions. Peu de temps après le terrible massacre du 7 octobre 2023, il a annoncé qu'il voulait remodeler le Moyen-Orient.

C'est exactement ce qu'il fait. Il s'est attaqué à ce qu'on a appelé les proxies, les puissances mandatées par l'Iran, le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza. Là où on peut considérer que c'est la mère des batailles, c'est que l'Iran est la puissance la plus importante et l'ennemi le plus important d'Israël dans la région. - A.de Tarlé: Merci pour ce point de vue depuis Jérusalem, où vous êtes correspondant pour Radio France.

V.Hugeux, B.Nétanyahou fait coup double avec cette attaque.

Il s'en prend à ces tyrans menaçants et grossit les rangs. Il y a un effet drapeau. - V.Hugeux: Il s'engouffre dans une fenêtre de tir quasiment inespérée pour lui.

Il y a quelques jours, il a échappé d'assez peu à un éclatement de sa coalition sur un contentieux lié au fait d'astreindre les étudiants religieux et orthodoxes à leur devoir théorique patriotique. On détourne le regard de Gaza alors que le carnage continue et il ressoude une partie des rangs des citoyens israéliens autour de lui. Il y a aussi chez lui une obsession vieille de plus de 20 ans.

Quand vous reprenez les propos de B.Nétanyahou opposant au Premier ministre de nouveaux opposants, puis de nouveaux chefs du gouvernement, il y a en permanence cette hantise d'un Iran nucléaire militaire. On ne peut pas lui reprocher d'avoir zigzagué.

Il a toujours été d'une grande constance. Il profite aussi de la faiblesse historique de l'Iran islamique. C'est un pays qui a un genou et demi à terre.

Il a perdu son emprise sur ses alliés régionaux. Le régime est en butte à une situation socio-économique désastreuse, est la cible de critiques des Iraniens, si patriotes soient-ils. Dans la fuite en avant, il y a 2 terrains d'exercice: la fuite en avant interne, Gaza et Cisjordanie, et la fuite en avant régionale, pour essayer de retarder la militarisation du programme nucléaire de Téhéran. - A.de Tarlé: Même au niveau mondial, on s'aperçoit que les Américains et E.Macron se rangent du côté d'Israël.

B.Nétanyahou dit ceci. ...

Personne ne veut d'un Iran nucléarisé qui s'amuse à faire du chantage au nucléaire auprès de ses voisins, N.Tenzer. - N.Tenzer: C'est là qu'il marque un point.

C'est quelqu'un qui était accusé par la communauté internationale, et de plus en plus par des voix en Israël, en raison de ses actions à Gaza, des crimes de guerre et contre l'humanité...

Ca a été établi de plus en plus fréquemment en Israël. Là, il lance une opération que personne ne peut contester complètement. On peut le contester légalement.

Il est évident que, sur le plan légal, en droit international, c'est l'article 2-4 de la charte des Etats-Unis, ce n'est pas légal, en termes de légitimité...

Qui s'y oppose? La position de la France et la position de l'ensemble des alliés de l'Union européenne ainsi que des pays arabes, y compris de la région. Même si l'Arabie saoudite a condamné, on sent que cette condamnation n'est pas très sérieuse.

Les Etats-Unis, qui semblaient manifester un certain agacement vis-à-vis de B.Nétanyahou, se rangent derrière l'opération, qu'ils ont peut-être largement aidée. Ils n'étaient pas sans savoir que cette opération allait être lancée.

On sait que l'Iran est dans une position où il n'a plus d'alliés, à part la Russie. Ce sont 2 alliés dans le crime. Les 2 ont aidé le régime de B.Al-Assad en Syrie.

Un certain nombre de généraux ont été assassinés et c'était des gens qui avaient du sang sur les mains en Syrie. L'un de ceux qui a été assassiné était un de ceux qui étaient un des patrons du programme de livraison des drones Shahed à la Russie, qui assassinent tous les jours la population civile ukrainienne. B.Nétanyahou dit: "Je rends service." Vous avez eu exactement la même position quand B.Nétanyahou a porté des coups déterminants au Hezbollah au Liban.

On n'est pas du tout dans le scénario de Gaza. Les premiers qui ont remercié B.Nétanyahou pour ses coups contre le Hezbollah, c'était les Syriens, qui ont pu, grâce à ça, se libérer du régime de B.Al-Assad. - A.de Tarlé: Je cite "Le Figaro": "Humilié, l'Iran riposte pour sa crédibilité dans la région".

P.Allémonière, on voit bien que l'Iran n'arrive pas à saturer le Dôme de fer israélien, qui est assez efficace pour contrer les tirs de missiles. - P.Allémonière: Depuis 2024, opération israélienne, riposte iranienne, puis de nouveau riposte israélienne.

Une partie du dispositif de défense aérien de l'Iran avait été détruite. Les Iraniens l'avaient dit à l'époque: "La prochaine fois, c'est fini, on attaque massivement, on va saturer le Dôme de fer avec 2000 missiles." Ils avaient annoncé ce chiffre.

Ils en ont fait une centaine. Ca prouve qu'ils sont, sur un plan purement militaire, désorganisés. Ils ont été totalement pénétrés par les services secrets israéliens. - A.de Tarlé: C'est l'un des enseignements, avec cette décapitation du chef d'état-major? - P.Allémonière: On le sait depuis le Liban qu'ils sont très forts.

On n'est que dans la poursuite de cette offensive massive des services israéliens visant à détruire l'Iran, le régime iranien. Je vous donne un exemple incroyable. Ils ont pénétré suffisamment le service iranien pour savoir qu'en cas d'attaque, tous les généraux qui s'occupaient des missiles se retrouvaient dans une pièce particulière.

Ils ont juste tapé dans l'endroit en question. Ca montre à quel point ce régime est vérolé de l'intérieur. - A.de Tarlé: Pour avoir des informations, il faut des traîtres. - P.Allémonière: Tous ceux qui sont allés en Iran savent bien qu'il y a plusieurs catégories de gens.

Il y a les 20 % accrochés au régime, ceux qu'on a tendance à voir quand on y va, les libres penseurs...

La plupart des opposants sont en prison ou à l'étranger. Des femmes se sont révoltées. Et il y a la masse.

Elle a été très travaillée par Israël, depuis très longtemps. Dans cette masse, il y a eu des gens qui ont été peut-être d'anciens amis d'Israël du temps des grands-parents. Une tradition s'est perpétuée.

On adopte le costume gris, mais, en même temps, on est sensible. Ce qui est important...

Quand B.Nétanyahou appelle à un changement de régime, les Iraniens sont traumatisés par la 1re guerre qui s'est passée, la guerre civile, quand Khomeini a pris le pouvoir. Il y a une très violente guerre civile avec les communistes en 1979.

Ca a été abominable. Les Iraniens sont toujours profondément marqués par ça. Ils souhaitent un changement de l'intérieur, plus que de l'extérieur. - A.de Tarlé: A.Toulouse, à l'instant, B.Nétanyahou dit bénéficier du plein soutien de D.Trump.

A.Khamenei avait dit qu'il tiendrait pour responsables les Américains. Pour l'instant, l'Iran menace mais n'a ciblé aucune base américaine. - A.Toulouse: Souvenez-vous: le Grand Satan, ce sont les Etats-Unis.

Les Etats-Unis sont toujours la cible des révolutionnaires iraniens. De toute façon, les Etats-Unis vont aider Israël. Ils ne vont pas aider l'Iran à se défendre. - A.de Tarlé: A attaquer. - A.Toulouse: Non, à se défendre.

D.Trump, qui ne voulait pas commencer de guerre, risque de se voir entraîner dans une opération dont il ne veut peut-être pas. Les Américains ont beaucoup d'intérêts dans la région, ils ont beaucoup de bases militaires.

Les prémices montraient que tout le monde était au courant. Dès mercredi, on a commencé à vider les ambassades de tout le personnel qui n'était pas essentiel. On a commencé à faire entrer, y compris sur les bases militaires, des gens qui n'étaient pas essentiels.

On s'attendait à ce que quelque chose arrive. Et puis, il y a la circulation du pétrole, les intérêts que l'on a vus renforcés ces derniers temps dans la région...

Pour les Etats-Unis et D.Trump, c'est un moment de vérité. Autour de lui, il a les républicains traditionnels qui lui disent: "L'Iran, c'est l'ennemi.

Il faut faire quelque chose." On sait où est l'ennemi et où est l'ami. Et puis, il a autour de lui ce cercle plus proche qui, aussi bien pour l'Ukraine que pour le Moyen-Orient, lui dit: "Laissez-les se battre entre eux.

Ils finiront par se fatiguer." Il a une oreille sur l'un et sur l'autre. On en parlera au moment de la parade qui va se dérouler à Washington. - A.de Tarlé: Ce soir à 18h, heure américaine. - A.Toulouse: A minuit chez nous, si vous voulez le regarder.

Ca fait longtemps qu'on n'a pas vu un président combattre. S'il y a une attaque contre un porte-avions américain, contre une base ou une ambassade, ça devient très grave. - A.de Tarlé: V.Hugeux, est-ce que les Iraniens savent qu'il ne faut pas attaquer les Américains?

Evidemment, ils s'exposent à des représailles. Israël est capable de faire mal. On se dit que si l'Amérique se met à attaquer Téhéran, le régime risque de ne pas y survivre. - V.Hugeux: Quoi qu'en dise la propagande officielle, les conversations que j'ai pu avoir avec des officiels iraniens à Téhéran incitent à penser qu'ils sont très lucides par rapport aux défauts de la cuirasse.

Ils sont conscients que ce serait suicidaire. Le dilemme devant lequel se trouve A.Khamenei, le Guide suprême de la République islamique, c'est soit ne pas réagir à hauteur de l'offense...

Ce serait un aveu considérable vis-à-vis de sa population et de son environnement. L'autre terme de l'alternative, c'est une guerre totale qui serait suicidaire. - A.de Tarlé: Donc, il faut bien doser la riposte?

Suffisamment pour être crédible, mais pas trop pour ne pas s'exposer à des ripostes? - V.Hugeux: Oui, comme ça a été le cas à l'automne dernier, lorsque les Américains ont pu informer leurs alliés israéliens à partir d'informations venues de Téhéran sur ce que seraient la teneur et les cibles des tirs de missiles iraniens.

Je reviens sur ce que Patricia évoquait à propos du changement de régime éventuel et du but de guerre de B.Nétanyahou. Quel est le nom de code choisi pour cette opération? "Rising Lion": les lions dressés.

Vous aviez un drapeau avec un lion doré au centre, avec un sabre court dans sa patte. Est-ce un hasard? Je n'en suis pas sûr.

Dans l'esprit de Nétanyahou et de son orchestre, il y a la certitude que c'est le moment ou jamais de faire tomber un régime affaibli. Il y a le fiasco du renseignement que Patricia a souligné, et une considérable erreur d'analyse, colossale. Elle a été soulignée par un article du "New York Times" ce matin, sur la base d'un aveu de 6 officiels iraniens qui disent: "On était persuadés que rien ne se passerait avant le 16e round de la fameuse négociation bilatérale entre l'Iran et les Etats-Unis qui devait se tenir ce dimanche, à Mascate." - A.de Tarlé: La riposte iranienne était annoncée.

Elle ne s'est pas fait attendre. La nuit dernière, des dizaines de missiles se sont abattus sur Israël, faisant plusieurs morts. L'Etat hébreu continue son offensive.

B.Nétanyahou promet des attaques pendant encore plusieurs jours. - Dans le ciel de Tel-Aviv hier soir, des missiles iraniens fendent la nuit.

Beaucoup sont interceptés, mais certains passent au travers des défenses antiaériennes. Dans le quartier du ministère de la Défense israélien, particulièrement touché, les habitants sont sous le choc. L'un des missiles a atteint une tour d'habitation. - Au bout de quelques minutes, nous avons entendu une très forte explosion.

Tout tremblait. Il y avait de la fumée, de la poussière. Tout était éparpillé. - C'était tellement énorme.

Pour moi, c'était clair que l'un de ces 2 bâtiments avait été touché de plein fouet. C'était des moments vraiment effrayants. J'espère que tout le monde va bien. - Les autorités font état de 3 morts et 76 blessés après les frappes iraniennes.

Au même moment, dans les rues de Téhéran... - La foule célèbre la riposte. - Je suis très contente.

Bientôt, Israël sera détruit. - Nous montrons notre puissance et nos capacités au monde entier, en particulier à l'Amérique et à Israël. - Une riposte après des frappes d'ampleur menées par Israël ce vendredi, dès l'aube.

Leur cible: Téhéran et de nombreux autres sites militaires et nucléaires. Sur ces images, le site d'enrichissement en uranium de Natanz. Aujourd'hui, l'armée israélienne dit avoir ciblé des lanceurs de missiles iraniens pour démanteler ses capacités militaires.

En tout, 78 personnes ont été tuées, dont 9 scientifiques du programme nucléaire iranien et de hauts responsables du régime, dont le chef des Gardiens de la révolution et plusieurs généraux. - A.Khamenei: Israël a commencé.

Le régime sioniste a commis une grave erreur, une énorme erreur de calcul, une faute flagrante. Par la grâce de Dieu, ses conséquences le mèneront à la ruine. - Des frappes dont le président américain avait été prévenu.

Jeudi, D.Trump avait même publiquement tenté de dissuader Israël de les réaliser. - D.Trump: J'aimerais éviter le conflit.

L'Iran va devoir négocier un peu plus fermement, ce qui signifie qu'ils devront nous offrir certaines choses qu'ils ne sont pas prêts à nous offrir pour l'instant. - Mais pour le Premier ministre israélien, il en va de la survie de son pays. - B.Nétanyahou: J'espère vraiment que les Etats-Unis ne vont pas s'y opposer, mais nous n'avons pas le choix.

Ce n'est pas un choix binaire. Ce n'est pas "si nous n'avons pas le soutien américain, nous ne frapperons pas et tout ira bien". Si nous ne frappons pas, nous sommes certains à 100 % de périr.

Si ce n'est pas fait, nous devons le faire car nous devons stopper la progression des armes balistiques et nucléaires iraniennes, qui signifierait la fin d'Israël. - D.Trump a jugé l'offensive d'Israël excellente et a défendu la voie diplomatique.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé ce samedi que la participation de Téhéran aux pourparlers prévus demain avec Washington Israélienne lancée contre son pays. - A.de Tarlé: Question.

Je rappelle la déclaration de B.Nétanyahou. Il s'adresse aux Iraniens et dit ceci. - N.Tenzer: Ce n'est pas un objectif inavoué.

C'est un objectif parfaitement transparent et ancien. Malheureusement, les choses ne se produisent pas comme cela. Il y a peu d'interventions extérieures qui amènent à un changement de régime dans le sens souhaité.

Si je veux faire un parallèle avec la Russie, je suis le premier à dire qu'il faut que ce régime soit complètement défait, de manière définitive, brutale, totale en Ukraine et ailleurs. Ca n'amènera pas forcément un changement du régime russe. Quand on voit ce qu'il s'est passé en Irak, quand S.Hussein est tombé, on le sait, mais ça n'a pas entraîné un changement.

C'est très difficile. Le vrai sujet, c'est qu'aujourd'hui, nous n'avons pas de force organisée ou de mouvement véritablement structuré comme pouvait l'être HTC en Syrie. Ils ont conduit la révolution avec un certain nombre de groupes, qui se sont agrégés autour d'Al-Charaa.

Brutale et totalitaire, comme le régime policier iranien. Vous avez ensuite un certain nombre de dissidents, qui sont pour la plupart à l'étranger, mais qui sont totalement dispersés à l'intérieur du pays, en raison de la répression et de la surveillance. Vous n'avez pas non plus de force organisée.

C'est très difficile d'imaginer une insurrection, et je ne parle pas du fils de l'ancien shah d'Iran, qui ne représente rien. - A.de Tarlé: L'autre objectif avoué, c'est d'empêcher l'Iran d'avoir la bombe atomique.

L'Agence internationale pour l'énergie atomique a tiré la sonnette d'alarme jeudi. Nous avons entendu B.Nétanyahou dire: "Si nous ne frappons pas, nous avons 100 % de chances de périr." - V.Hugeux: C'est un magistral tour de passe-passe.

Il y a 20 ans, lorsque je couvrais pour "L'Express" le conflit israélo-palestinien, j'avais régulièrement la visite à Paris de délégations israéliennes composées en général d'un diplomate, d'un militaire et d'un homme du renseignement. Ils expliquaient que l'Iran aurait la bombe atomique hier matin...

Aujourd'hui, on en est toujours au point où Téhéran n'est pas du tout en position de maîtriser l'usage de l'arme nucléaire. - A.de Tarlé: On parle d'un an ou deux. - V.Hugeux: Oui, comme il y a 20 ans.

Il est parfaitement clair que les autorités iraniennes ont été prises en flagrant délit de violation de leurs propres engagements par rapport au taux d'enrichissement et à l'intensité de l'effort de l'uranium. On ne fait pas de l'uranium à 60 % pour des raisons d'énergie civile. C'est parfaitement clair.

On a même retrouvé quelques indices d'enrichissement jusqu'à plus de 83 %, alors qu'il faut atteindre 90 pour avoir un uranium de qualité militaire. Je ne prétends pas que tel est leur souhait, mais s'ils veulent en être dotés, pourquoi? C'est parce qu'ils se disent que, comme beaucoup d'autres régimes tyranniques sur cette pauvre terre, si le Libyen M.Kadhafi avait été pourvu de l'arme atomique, il serait peut-être encore en vie aujourd'hui.

Si S.Hussein l'avait été, comme les Américains l'avaient accusé à tort, il aurait peut-être prolongé son bail de quelques années. C'est une assurance-vie, et c'est la seule assurance-vie d'un régime considérablement fragilisé sur le front intérieur. - A.de Tarlé: P.Allémonière, vous avez pu aller sur l'un des sites nucléaires iraniens.

En tant que journaliste française, vous montriez combien ils étaient proches de détenir l'arme atomique. - P.Allémonière: Nous étions deux télévisions, une américaine et une française.

C'était dans la période où il y avait les négociations autour de l'élaboration d'un futur traité, qui a donné plus tard le fameux traité de 2015. A ce moment-là, ils voulaient faire preuve de leur bonne volonté et nous montrer qu'ils respectaient déjà les consignes de l'Agence de l'énergie atomique, qui avait déjà été mise en place. Ces consignes étaient une surveillance de leur programme.

Elle se marquait par l'implantation de nombreuses caméras. On a pu constater qu'il n'y avait pas un angle de couloir qui échappait à ces caméras. Le site d'Ispahan était truffé de caméras.

C'est ce site qui a été attaqué dans la 2e phase. Ils ont détruit un silo qui n'est pas très dangereux, mais ils ont détruit le combustible le plus hautement enrichi, celui qui est pratiquement militaire. Il est pratiquement visible.

C'est un entrepôt. Ils ne l'ont pas touché. Pourquoi?

D'abord, il y a le risque, sur un plan nucléaire, d'évaporation. Deuxièmement, il y a une certaine pression américaine lorsqu'il y a eu quelques discussions entre B.Nétanyahou et D.Trump.

Dernière question. On est dans une logique où les sites vont être frappés et refrappés pour essayer d'atteindre plus de profondeur, puisqu'ils n'ont pas les bombes antibunker qu'il faudrait pour le site le plus important, le site de Fordo. On est à des dizaines de mètres sous terre, sous un dôme de granit en plus du béton.

Pour pénétrer dans ce site, qui est très compliqué, où les couloirs tournent à 90 degrés...

Même si on tentait de mettre un drone, ce serait compliqué. Il faut ces bombes que seuls possèdent les Américains. Tout le monde se dit: "Ils vont la livrer." Non, ils ne vont pas pouvoir la mettre sur un F-35.

Elle ne va que sur des F-52, qui ne sont possédés que par les Américains. Cette bombe, ils ne l'ont pas et ne l'auront probablement jamais. Il faut qu'elle essaie de percer en multipliant les frappes.

Ca risque de durer un certain temps. - A.de Tarlé: Hier, l'Agence internationale pour l'énergie atomique a dit que suite aux frappes israéliennes, on n'avait pas constaté de hausse de la radioactivité.

Ca veut dire qu'on s'inquiète de voir une armée régulière frapper des installations nucléaires? Voilà où on en est en 2025? On fera des installations nucléaires, et tant pis si ça explose? - N.Tenzer: Tout ceci est très maîtrisé.

S'il y a des conséquences avec des fuites radioactives, il est évident que les conséquences vont aller au-delà de l'Iran. - A.de Tarlé: Zaporijia avait été un scandale. - N.Tenzer: Il n'y a pas eu de fuites à Zaporijia, mais il y a un risque avec un arrêt, à un certain moment, de la centrale, qu'elle soit mise hors circuit et qu'il y ait un accident nucléaire majeur.

C'est possible. Les Israéliens maîtrisent. Ils sont sur une position plutôt légitime par rapport à ce risque, même s'ils ne sont pas près d'obtenir la bombe.

Il faut aussi avoir les vecteurs et il y a des essais. Ca prend 2 ou 4 ans. On est très loin de ça.

Il y a une maîtrise de cette situation. - A.de Tarlé: D.Trump a dit: "L'Iran a une seconde chance d'éviter une seconde destruction avant qu'il ne reste plus rien." Il se dit toujours ouvert à des négociations sur ce désarmement nucléaire, A.Toulouse.

Il veut son prix Nobel. Il veut arriver à désarmer l'Iran. - A.Toulouse: Je crois qu'il a un peu abandonné l'histoire du prix Nobel.

Lui-même a dit qu'il n'y croyait pas trop, aux négociations. Il y avait un titre intéressant dans le "Wall Street Journal" ce matin. C'est un amateur de la politique internationale qui se retrouve avec ces crises sur les bras.

D.Trump s'est piégé lui-même. Il a mis la barre très haut.

Il est arrivé en disant qu'il allait régler tous ces conflits qui traînent depuis longtemps. Personne ne les avait réglés avant lui. Ca fait plusieurs décennies que je suis la politique internationale et américaine.

Mes derniers bons souvenirs de réussite internationale, ça remonte à B.Clinton, aux accords de Dayton, aux accords sur l'Irlande. Après, il y a eu le 11-Septembre, les guerres, dont les Américains ne veulent plus.

Après, vous avez la période B.Obama, un désastre dont on subit les conséquences encore aujourd'hui. Après, D.Trump et J.Biden, qui n'est pas arrivé à grand-chose.

D.Trump a toujours été un homme d'affaires, même s'il a été 2 fois président. Pour lui, régler un conflit, c'est comme un deal en affaires.

Tout le monde a quelque chose à perdre et à gagner, qu'on va s'arrêter au milieu...

C'est ce qu'il dit: "Arrêtez. Sinon, vous allez tout perdre." Mais ça ne se passe pas comme ça.

Il y a des composantes ethniques, religieuses, culturelles dans la politique internationale. D.Trump a dit qu'il voulait être le grand pacificateur.

Je ne sais pas s'il y croyait et s'il voulait encore le prix Nobel à l'époque. Mais il est rattrapé par la réalité. - A.de Tarlé: Avec cette confrontation entre Israël et l'Iran, D.Trump voit un nouveau foyer de tensions venir compliquer sa présidence.

Le locataire de la Maison-Blanche s'était pourtant vanté pendant la campagne de pouvoir régler les conflits en un temps record. Mais en Ukraine comme à Gaza, les armes ne semblent pas prêtes à cette terre, loin de là. - Parader dans les palais des pays du Golfe, faire les louanges des monarchies pétrolières, dans ces vidéos qu'il a lui-même postées, voilà l'opération séduction orchestrée par D.Trump lors d'une tournée de 5 jours au Moyen-Orient, il y a maintenant un mois.

Le président américain mise sur la diplomatie du business dans la région, en rupture avec ses prédécesseurs. - D.Trump: Une nouvelle génération de leaders transcendent les anciens conflits, les divisions éculées du passé et forgent un nouveau futur où le Moyen-Orient est redéfini par le commerce, et non le chaos, Avec l'export de la technologie, et non le terrorisme, et où les peuples des différentes nations et religions construisent des cités ensemble au lieu de se bombarder jusqu'à l'anéantissement. - Une stratégie qui rapporte gros. 400 milliards de dollars d'investissements promis par Abu Dhabi, 6 milliards par Riyad.

Privilégier la discussion à la confrontation comme sur le dossier iranien. Dès son retour à la Maison-Blanche, D.Trump renoue le dialogue avec Téhéran, initie des négociations pour trouver un accord sur le nucléaire.

La paix à tout prix, quitte à imaginer les solutions les plus choquantes. Début février, tollé général quand le président américain partage ce clip sur les réseaux sociaux et détaille son projet pour Gaza: transformer le territoire en Côte d'Azur du Moyen-Orient en expulsant ses habitants vers les pays voisins. - D.Trump: Tous ceux à qui j'en ai parlé aiment l'idée que les Etats-Unis prennent le contrôle de ce territoire, développent et créent des milliers d'emplois pour en faire quelque chose de magnifique.

Je ne veux pas apparaître naïf. Je ne veux pas faire le malin, mais la Riviera du Moyen-Orient, ça pourrait être magnifique. - C'est quelque chose qui pourrait changer l'histoire.

Vous êtes le meilleur ami qu'Israël ait jamais eu. - Sur la question des otages du Hamas, D.Trump obtient la libération du dernier survivant américain. - Je voudrais remercier le président D.Trump, S.Witkoff, et tous les responsables américains qui ont travaillé jour et nuit pour ramener mon fils. - Mais la trêve obtenue par le président américain en janvier n'aura finalement pas tenu.

Echec aussi dans ses multiples tentatives de négocier la paix en Ukraine. Juste avant le début des 1ers pourparlers entre délégations russe et ukrainienne à Istanbul, D.Trump s'est montré pourtant confiant. - D.Trump: J'ai beaucoup insisté pour que cette réunion ait lieu.

Je pense que de bonnes choses peuvent en sortir. J'ai arrêté l'effusion de sang. C'est un horrible bain de sang. - Celui qui avait promis la paix en 24 heures déchante peu à peu malgré ses 2 échanges téléphoniques avec V.Poutine.

Le président américain s'agace de voir le Kremlin jouer la montre. - D.Trump: Je ne suis pas content de ce qu'a fait Poutine.

Il tue beaucoup de gens. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé. Je le connais depuis longtemps.

Je me suis toujours bien entendu avec lui, mais il lance des roquettes sur des villes et tue des gens. Je n'aime pas du tout ça. - Et devant l'impasse, les Etats-Unis semblent désormais se ménager une porte de sortie. - J.D.Vance: Il faut être 2 pour danser le tango.

Le président est prêt à le faire, mais si la Russie ne l'est pas, nous devons dire que ce n'est pas notre guerre, mais la guerre de J.Biden, de V.Poutine.

Nous allons essayer d'y mettre fin, mais si nous n'y parvenons pas, nous dirons: "Ca valait la peine d'essayer, mais nous ne le ferons plus." - D.Trump pourra négocier un accès aux minerais gaz et pétrole sans garantie de sécurité pour le pays, à défaut de la paix.

Pour le président américain, tout est définitivement une question de deal. - A.de Tarlé: Question. - V.Hugeux: C'est la rançon de son inculture géopolitique abyssale.

C'est quelqu'un qui ne bosse pas, qui ne connaît pas les dossiers, qui passe plus de temps sur ses parcours de golf ou dans sa villa de Mar-a-Lago qu'au turbin. Sa perception de ce qu'est la réalité du pouvoir russe, s'il avait lu ne serait-ce qu'une partie de l'oeuvre complète de V.Poutine depuis la fin du siècle dernier, il saurait que son propos d'aujourd'hui est grotesque de naïveté, de candeur et de bêtise...

Même chose sur l'Iran. Il se méprend s'il pense qu'il suffit de poser sa batte de base-ball sur la table pour contraindre les Ukrainiens à vouloir le nucléaire. Il n'a rien compris à ce qu'est l'essence de ce régime.

Ce que paye la planète aujourd'hui, c'est un mélange d'hubris, d'inculture crasse et une nature profonde qui est celle d'un personnage qui sera jusqu'à son dernier souffle un promoteur immobilier et qui ne voit non pas des territoires, des mémoires et des peuples, mais des endroits à bâtir ou à rebâtir. - A.de Tarlé: On a vu J.D.Vance dire: "On a essayé, on n'y arrive pas, on va se désintéresser de cette guerre en Ukraine." Est-ce à dire que l'Amérique qu'on a toujours connue comme étant le gendarme du monde, avec la "pax americana", est en train de se désintéresser des conflits qui se passent sur notre Terre? - N.Tenzer: Ce n'est pas nouveau.

Si on prend G.W.Bush en 2008, la Géorgie, qu'a-t-il fait?

Rien. Si on prend B.Obama, 2013, les fameuses lignes rouges à propos des attaques chimiques, jamais appliquées.

En 2014, même B.Obama, invasion de l'Ukraine, une partie du Donbass, occupation illégale de la Crimée. Rien. 2021: J.Biden, retrait des troupes d'Afghanistan sans avertir les alliés.

J.Biden toujours, période 2022-2025, une aide à l'Ukraine qui reste insuffisante pour lui permettre de gagner et de défaire la Russie. Et vous avez derrière un D.Trump dont je ne sais même pas s'il va vraiment se désintéresser, mais qui penche quand même très fortement pour l'ennemi du monde civilisé et de l'humanité qu'est la Russie.

On a une étape nouvelle. Derrière, on n'est même pas dans une sorte de médiateur neutre, mais avec quelqu'un qui est du côté de ces dictateurs. Il a parlé de "mon ami" pour Xi Jinping...

On a quelqu'un qui ajoute à des engagements très anciens et très coupables des présidents démocrates et du président républicain une alliance avec l'ennemi. - A.de Tarlé: A.Toulouse, vous partez mardi aux Etats-Unis.

Vous êtes franco-américaine. On a vu J.D.Vance dire que l'Ukraine, ce n'était pas leur guerre, mais celle de Poutine.

On va voir la une de la presse régionale américaine, le journal de Sacramento, où on voit des émeutiers et un drapeau mexicain. Ce sont les migrants qui se battent avec un drapeau mexicain. Les Américains se disent: "Qu'est-ce qu'on va s'occuper de l'Ukraine?

On ne sait même pas où c'est. Et c'est la chienlit chez nous avec des émeutiers qui nous défient avec un drapeau mexicain." - A.Toulouse: J.Biden, avec les meilleures intentions du monde, avait refait un règlement pour passer la frontière, mais qui aboutissait à ce que presque tout le monde passait de l'autre côté et qu'il fallait qu'ils aillent se présenter au tribunal.

Ca ne marchait pas. Pourquoi iraient-ils sécuriser les frontières de l'Europe alors qu'ils ne sont pas capables de sécuriser les leurs? Quand on n'a pas de frontières, on n'a pas de pays.

Les Etats-Unis ont payé un lourd tribut aux guerres. Souvenez-vous, après le 11-Septembre, il y a eu l'Irak, l'Afghanistan. J'habite à Arlington.

Je suis très près de la base de Fort Myers, près du Pentagone. J'ai beaucoup d'amis militaires. L'armée est très importante aux Etats-Unis.

Pas mal de gens sont estropiés. On voit des hommes de 40 ans à qui il manque un bras, une jambe. On en parle beaucoup.

L'armée américaine, c'est très important: 3 millions de personnes. Ils ne combattent pas tous. Ce sont des millions de gens qui travaillent pour l'armée américaine.

C'est le creuset de la société américaine. C'est là que tous les gens se rencontrent, de toutes les origines sociales ou ethniques. Les gens en ont assez, surtout dans certaines régions, dans le centre, vers l'Ohio.

Ils se disent: "Pourquoi on va envoyer nos hommes mourir dans des conflits qu'on ne comprend pas et qui vont recommencer sans arrêt?" C'est aussi ce mouvement perpétuel qui lasse les Américains. Ils ne connaissent pas très bien l'histoire. - A.de Tarlé: Vous êtes franco-américaine.

C'est un jugement neutre. - A.Toulouse: Les Français connaissent mieux l'histoire que les Américains pour les Américains, c'est navrant.

Ils ne passeraient pas le test de naturalisation pour devenir américains avec des questions pourtant assez simples. Vous prenez des gens qui sont dans un pays qui est extrêmement divers. Qu'y a-t-il entre le Connecticut et le Nouveau-Mexique ou la Californie et l'Alabama?

Et on leur demande de se tourner vers l'extérieur. Ca fait beaucoup. - A.de Tarlé: D.Trump en rêvait depuis le défilé du 14 juillet 2017 qu'il a vu en France.

Sa grande parade militaire aura bien lieu aujourd'hui dans les rues de Washington et de Los Angeles, où les tensions entre les forces de l'ordre et des manifestants anti-Trump continuent d'agiter la ville. Aujourd'hui, des milliers de citoyens américains dans tout le pays vont se rassembler pour dénoncer un président qu'ils jugent de plus en plus autoritaire. - Entre les manifestations aux Etats-Unis et les frappes au Moyen-Orient, aucun changement de programme en vue pour le président Trump et sa grande et belle parade. - Les rues de la capitale se préparent à accueillir ce défilé militaire d'ampleur. - Cela fait 34 ans que Washington n'avait pas connu de telle parade militaire.

Plus de 6000 soldats s'apprêtent à défiler ce soir pour célébrer l'anniversaire de l'armée de terre, le jour même où D.Trump fête ses 79 ans. Cette grande parade, c'est son idée fixe depuis 2017, quand il assiste, impressionné, au défilé du 14 juillet à Paris. - D.Trump: On pourrait faire quelque chose comme ça pour la fête nationale à Washington.

On va devoir faire mieux... - Une démonstration de force incongrue pour certains quand, à l'autre bout du pays, après 8 jours de manifestations émaillées, d'incidents contre la politique migratoire à Los Angeles, 700 marines viennent d'être déployés en plus de la garde nationale. - C'est ridicule.

La ville de Los Angeles est si belle grâce à tous les immigrés. - Regardez tout ce qu'il se passe dans le monde aujourd'hui et posez-vous la question: avec toutes ces troupes déployées ici, pourquoi y a-t-il plus de militaires à Los Angeles qu'en Irak? Réfléchissez-y juste une minute. - Déjà, la colère contre les arrestations d'immigrés clandestins a gagné une trentaine de villes. - Des manifestations contre la répression en matière d'immigration qui ont commencé à Los Angeles s'étendent à d'autres métropoles. - Une séquence nourrit encore la défiance envers l'administration Trump.

En pleine conférence de presse, la ministre de la Sécurité intérieure conteste l'autorité des élus de Californie. - Nous restons pour libérer la ville du joug socialiste imposé par ce gouverneur et cette maire dans notre pays. - Ce sénateur démocrate l'interpelle. - Lâchez-moi!

Je suis le sénateur A.Padilla. J'ai des questions pour la ministre.

Il se trouve que des criminels violents...

Lâchez-moi! - Il n'a pas le temps de finir sa question que des agents fédéraux l'expulsent immédiatement, le plaquent au sol et le menottent. Cette journaliste en reste incrédule. - La manière dont A.Padilla a été traité, ce n'est pas tous les jours qu'on voit ça aux Etats-Unis, et dans n'importe quelle démocratie. - Si c'est ça, la façon dont le ministère de la Sécurité intérieure répond à un sénateur qui pose une question, on peut seulement imaginer ce qu'ils font aux travailleurs agricoles, aux cuisiniers, aux travailleurs précaires à Los Angeles, à travers la Californie et dans tout le pays. - Trump a promis du changement pour certains secteurs économiques, sans plus de précisions.

Aujourd'hui, sa grande parade cristallise l'opposition. Beaucoup y voient un culte de la personnalité, symbole des dérives autoritaires du président. Cette femme a voté 2 fois pour Trump.

Aujourd'hui, elle organise une manifestation contre lui. - Nous avons un président qui ne semble pas vraiment suivre les règles de la démocratie, la Constitution et l'Etat de droit. Il semble vouloir s'ériger en roi.

Ca nous inquiète beaucoup. - La colère prend de l'ampleur. 1500 rassemblements sont prévus dans tout le pays, malgré les avertissements du président. - D.Trump: A ceux qui veulent manifester, nous répondrons avec une très grande force.

Je n'ai même pas entendu parler de manifestations. - Les orages prévus ce soir à Washington pourraient doucher l'enthousiasme du président américain, mais il l'assure, la parade aura lieu quoi qu'il arrive. - A.de Tarlé: P.Allémonière, on parle d'un culte de la personnalité.

Ce défilé militaire a lieu le jour de l'anniversaire de D.Trump. "Le Figaro" dit que Trump s'offre une parade militaire pour son anniversaire, comme un cadeau. - P.Allémonière: Le terme est juste, il s'offre une parade.

Au-delà de ce cadeau qu'il se fait à lui-même, il répond à une atmosphère toxique dans le pays. L'opposition est de plus en plus manifeste entre deux blocs très forts qui se radicalisent dans leur conception de ce qu'est la démocratie américaine. D.Trump veut militariser la démocratie.

Ce n'est pas du tout dans la mentalité américaine. Il a dit: "Si quelqu'un brûle le drapeau américain, on l'enferme en prison." - A.de Tarlé: On va regarder la une du "New York Post".

Des gens qui protestent contre la politique de D.Trump ont brûlé le drapeau américain. Vous disiez qu'on a le droit, aux Etats-Unis. - A.Toulouse: Ca fait partie de la liberté d'expression. - P.Allémonière: Là, il va à l'encontre du 1er amendement.

Il n'hésite pas à déployer la garde républicaine. Plus de 4000 hommes sont déployés entre les marines et la garde républicaine aux Etats-Unis. C'est plus qu'en Irak, en Syrie et partout ailleurs.

On a l'impression que cette guerre, avec 12 000 hommes le long de la frontière...

C'est énorme. Il y a une militarisation de la police, de l'armée. Ca crée une atmosphère totalement toxique.

Dernier point. Il est allé jusqu'à changer le nom de bases américaines. Fort Liberty, qui avait été renommé comme tel par l'équipe Biden, est devenu Fort Bragg.

Ce sont ces fameux généraux qui, durant la guerre civile américaine, défendaient l'esclavage. - A.de Tarlé: Pour illustrer cette tension qui peut atteindre son paroxysme, on apprend cet après-midi le meurtre d'une élue démocrate du Minnesota.

C'est un acte délibéré de violence politique, reconnu par les autorités. Vincent, pour ce culte de la personnalité, on peut regarder le "Time". D.Trump est comparé à un roi.

Il s'en est lui-même amusé. - V.Hugeux: C'est quelqu'un qui a retweeté avec complaisance un montage où il apparaissait en pape.

Il y a évidemment ce caprice de gamin à 45 millions de dollars. Qu'en pense E.Musk, celui qui avait pour mission jusqu'alors de resserrer les boulons budgétaires?

Ca dit plus que cela sur Trump. Son rapport à la chose budgétaire est tellement ambigu qu'il en devient éclatant de transparence. C'est un planqué.

Il n'a pas combattu au Vietnam en invoquant des raisons médicales. Etaient-elles fondées ou pas? Je l'ignore. - A.Toulouse: Il est en bonne compagnie.

Depuis le premier G.Bush, on a eu des présidents qui étaient planqués, comme vous dites. - A.de Tarlé: Qui n'ont pas combattu? - A.Toulouse: Le 2e G.Bush était dans la garde de l'Alabama.

Il n'était pas sur la ligne de front du Vietnam. Excusez-moi de vous avoir interrompu, je voulais remettre en situation. - V.Hugeux: C'est quelqu'un qui éprouve une forme de fascination pour l'institution militaire.

Il est passé par un internat militaire, où son père l'avait placé pour endurcir et tanner le cuir du bonhomme. C'est aussi quelqu'un qui a exprimé à plusieurs reprises son mépris abyssal pour les anciens combattants du Vietnam, qu'il décrivait comme des losers. Je repense aux voisins d'A.Toulouse.

Il n'avait aucune considération pour ces gueules cassées, ces corps brisés, ces âmes anéanties. C'est un homme anéanti. L'armée vit aux Etats-Unis une profonde crise de vocation.

Aucune armée des Etats-Unis n'a réussi à approcher son quota de recrutement. La violence est vécue à l'échelon individuel, mais ne s'inscrit pas dans l'institution et la discipline de l'armée. - A.de Tarlé: A.Toulouse, on aime bien notre défilé du 14 juillet.

Est-ce que ça peut toucher les Américains? Pourquoi ça coûte si cher? C'est parce qu'il va falloir refaire le bitume... - A.Toulouse: Il a fallu le consolider.

La plus grande capitale du monde n'est pas le paradis de la voirie. Les nids-de-poule sont le lot commun de Washington. C'est un cauchemar.

C'est pour ça que j'habite de l'autre côté du fleuve. - A.de Tarlé: Des tanks de 30 t vont défiler. - A.Toulouse: Il va y avoir beaucoup d'armes de la guerre du Golfe, de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

Le vrai spectacle sera à côté, sur la pelouse, où l'armée va fêter son 250e anniversaire. D.Trump a peut-être sauté sur l'occasion.

Imaginez s'il était né le 25 décembre. L'armée fait des démonstrations de drones. En 1775, les insurgés se sont constitués en armée continentale.

Elle survit toujours, aujourd'hui. La population l'aime beaucoup. C'est le premier employeur du pays.

C'est un grand ascenseur social. Maintenant, de le voir défiler dans Washington, j'ai peur qu'il y ait plus de manifestants. Les gens ont peur d'aller dans des rassemblements publics.

On a vu ce qu'il se passait en Californie. On voit que les choses dégénèrent. Comme le disait Patricia, il y a des blocs qui s'affrontent en permanence.

Au milieu, il y a une majorité de gens qui regardent Et qui aimeraient qu'on les laisse tranquilles. - A.de Tarlé: On revient à vos questions.

N.Tenzer, question. Israël est engagé à Gaza, et désormais contre l'Iran.

Est-ce qu'Israël en a les moyens? - N.Tenzer: Oui, tout à fait.

Après, je dirais qu'on est sur 2 types d'opérations complètement différents. Pour l'Iran, il s'agit de détruire un certain nombre d'installations, d'éliminer un certain nombre de personnes, et les choses s'arrêteront là. Certains s'affolent en voyant la montée du cours du brut, avec les marchés qui surréagissent à tout cela. - A.de Tarlé: Le cours du pétrole. - N.Tenzer: Je pense que ça devrait pouvoir se calmer.

Il y a une forme d'affolement. Je vois certains de vos confrères ou consoeurs qui parlent d'escalade, d'embrasement...

Il faut garder raison. Sur l'histoire de Gaza, c'est autre chose. On est sur une opération qui devient de plus en plus sale.

Il faut le dire de manière nette. Elle est de plus en plus inacceptable. Elle n'aboutit à rien, sinon à délégitimer profondément l'Etat d'Israël.

Derrière, vous avez les valeurs d'Israël, les valeurs de justice, de droit, d'humanité propres à la tradition juive, que l'on soit croyant ou pas. Elles sont mises en cause. C'est insoutenable.

On est dans cette fuite en avant de la part de B.Nétanyahou. Le scénario de l'Iran est complètement différent. - A.de Tarlé: Question.

En 2018, il s'était retiré de ce fameux accord dans lequel l'Iran s'engageait à ne pas faire du nucléaire militaire. - P.Allémonière: Oui.

Il s'engageait à revenir dans les normes définies par l'Agence de l'énergie atomique. Que veut Trump? Il voulait à tout prix un accord.

Il y avait la grande inquiétude parmi les chancelleries occidentales qu'avec S.Witkoff, un avocat devenu constructeur immobilier, il signe un deal qui ne soit pas du tout dans l'intérêt global et régional. Et puis, autour de Trump, il y a les deux tendances dont vous avez parlé.

Une tendance pour le zéro-enrichissement, totalement en finir avec le régime, d'abord. L'autre tendance serait plutôt pour lui laisser les 3,5 % de l'ancien accord. - A.de Tarlé: C'est le nucléaire civil. - P.Allémonière: Voilà.

Pour l'instant, il n'a pas tranché. B.Nétanyahou n'a cessé ces dernières semaines de l'appeler sur cette question, en lui disant: "On ne peut pas les laisser.

Ils vont avoir la bombe dans 2 jours, ou hier." D'un seul coup, D.Trump est sous pression.

Il ne sait plus quoi choisir. Il laisse partir. Donc, le deal de 2015, à mon avis, on est loin de s'y retrouver. - A.de Tarlé: Question.

Je ne sais pas quelle conclusion on peut en tirer, mais j'ajoute que D.Trump s'est entretenu cet après-midi avec V.Poutine.

Ils ont parlé de l'Ukraine et de la situation au Proche-Orient. - V.Hugeux: Trump est un ego ambulant.

C'est un Narcisse ivre de lui-même. Mais ce n'est pas que cela. Gardons-nous de caricaturer son image.

Pourquoi a-t-on bricolé l'aventure de Los Angeles? Il avait besoin de faire diversion et de convaincre son socle électoral absolument incoercible...

N'oublions pas qu'il a été élu assez largement. Il devait les convaincre que sur sa promesse par rapport aux migrants, un sujet clivant qui convainc aussi des démocrates historiques...

J'ai des amis qui étaient de passage à Paris, qui vivent aux Etats-Unis depuis des décennies et qui, eux-mêmes, démocrates de coeur, n'en pouvaient plus des méfaits commis par des migrants illégaux, y compris en traversant leur jardin ou en pillant leur verger. Il ne faudrait pas imaginer que l'assise de Trump va se fissurer et s'affaisser. Il est en train de dire à son électorat, qui se moque éperdument du devenir de l'Ukraine et de l'Iran: "Je tiens cette promesse.

C'est elle qui est importante pour vous au quotidien." C'est un tigre de papier, mais ce n'est pas que cela. - A.de Tarlé: A.Toulouse, vous partagez cela?

Il y a un côté politique politicienne en montant en épingle ces manifestations, en en faisant des émeutiers contre lesquels il faut envoyer la garde nationale et les marines? - A.Toulouse: Si D.Trump était un imbécile, il n'aurait pas été élu 2 fois président des Etats-Unis, dans des conditions particulièrement difficiles.

On parle de son électorat. Il a été élu avec plus de 50 % des suffrages. Il n'y a pas 50 % de républicains aux Etats-Unis.

Il y a 30 % du corps électoral. Dans ces 30 %, Il y a peut-être entre les 2/3 et la moitié qui sont les Maga, les convaincus. Sur l'immigration, on voit qu'une sorte de bon sens prévaut.

Les gens ne trouvent pas normal qu'il y ait entre 10 et 15 millions d'illégaux dans le pays, dans les limbes. Ca pose des problèmes avec les plus pauvres. A New York et à Chicago, il y a eu des révoltes des plus pauvres car l'afflux d'immigrants draine les services sociaux.

En même temps, les gens disent, qu'ils soient démocrates ou républicains, à moins qu'ils soient dans la base historique: "Il faut le faire, mais il y a la manière de le faire." Je pense que le talent de Trump, c'est qu'il diagnostique les vrais problèmes, mais qu'il donne les mauvaises solutions. - A.de Tarlé: Est-ce qu'il y a des problèmes que l'on retrouve de part et d'autre sur l'immigration? - A.Toulouse: Tout le monde tombe d'accord.

Les Américains sont comme tout le monde: ils veulent une meilleure vie pour eux et leurs enfants, un bon marché de l'immobilier, ne pas dépenser 20 dollars de plus au supermarché... - A.de Tarlé: Merci.

Restez avec nous. Tout de suite, "C l'hebdo" avec A.Casse. - A.Casse: Bonsoir.

Dans un instant, on suit la situation aux Etats-Unis, avec les préparatifs pour la grande parade militaire de D.Trump.