Pourquoi notre système politique est obsolète. | Agnès Pannier-Runacher | TEDxParis
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 10 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Agnès Pannier-RunacherChiffre
« 84 % des Français ne font plus confiance dans les partis politiques. »
- 4:00Agnès Pannier-RunacherChiffre
« 10 % des militants les plus radicaux occupent 70 % de la sphère médiatique sur les réseaux sociaux. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[applaudissements] [applaudissements] Je suis venue vous parler de la première préoccupation des Français, mais au moment où j'arrive dans ce rond rouge, je sais qu'il y a un mot qui clignote au-dessus de ma tête, une étiquette collée sur mon front. macroniste. La preuve et je sais que c'est certains d'entre vous ce mot peut aller parfois avec d'autres épithètes agrogantes, déconnecté, peut-être même responsable de ce qui ne va pas dans le pays.
Je n'ai pas encore prononcé ma première phrase que peut-être certains d'entre vous ont déjà croisé les bras en se disant encore une qui va nous faire la leçon. Alors, je sais que ce que je suis parle parfois beaucoup plus fort que ce que je dis. J'essaye quand même. [applaudissements] Je suis venu vous parler de la première préoccupation des Français.
Et non, ce n'est pas le pouvoir d'achat, ce n'est pas la sécurité, l'immigration ou la santé. Non, la première préoccupation des Français, c'est la politique ou peut-être plus exactement la colère. et la défiance vis-à-vis de la politique.
Le fait marquant de l'année 2025 pour les Français et bien c'est l'instabilité politique devant Trump, devant Trump, devant la guerre en Ukraine et devant les pouvoirs les problèmes de pouvoir d'achat. Et puis il y a un chiffre, il y a un chiffre qui me préoccupe et qui est confirmé par une enquête qui est encore sortie ce matin. 84 % 84 % des Français ne font plus confiance dans les partis politiques.
C'est 20 points de plus que dans les démocraties occidentales. Alors vous allez me dire la défiance en politique c'est quand même pas propre à la France et c'est exact. Mais quand même 20 points de plus, ça devrait nous faire réfléchir.
C'est comme si quelque chose s'était cassé dans notre vie politique. Ce qui s'est cassé dans notre vie politique, c'est d'abord le spectacle que nous donnons, le cirque à l'Assemblée nationale, les clashes sur les plateaux TV des chaînes en continu, la communication politique sur les réseaux sociaux, notre communication politique au fond le vrai importe peu plutôt ou en tout cas moins que la vraie semblance pourvu qu'on arrive à dire que nos opposants sont indignes et à faire en sorte qu'il passe pour des salots. On assigne nos opposants par essence.
Ce que vous dites n'est pas bien parce que je ne suis pas de votre camp et que rien de bon ne peut venir de votre camp. Tout le monde déteste. Et cette polarisation envahit l'espace médiatique.
Gérald Brunner le l'explique très bien. 10 % des militants les plus radicaux occupent 70 % de la sphère médiatique sur les réseaux sociaux. 70 %.
Et évidemment, même les plus modérés ont du mal à résister à la punchline qui fait mal plutôt que d'affronter le véritable débat. Et puis il y a ce sentiment qu'on avance pas. Sortir un budget, tenir un cap.
Et c'est vrai qu'on s'est habitué depuis 1958 à cette mythologie de l'homme providentiel. Vous savez cet homme parce que c'est nécessairement un homme qui par sa détermination, sa volonté va résoudre tous nos problèmes. Nous nous sommes collectivement, il faut le reconnaître, habitués à attendre à regarder le vers le haut et attendre des résultats.
Et les responsables politiques préfèrent aujourd'hui montrer les muscles et promettre l'impossible plutôt que d'affronter la réalité. Dire que c'est peut-être plus difficile, peut-être que ça prendra plus de temps ou peut-être même qu'ils ont besoin d'aide. Et ça les Français ne nous le pardonnent pas.
Alors, dans ce pays, on a le sentiment que rien n'avance et tout le monde se déteste. Je vous pose la question, qu'est-ce qui nous réunit encore ? Et bien, je vais peut-être vous surprendre, mais mon expérience politique m'a montré que beaucoup plus de choses nous réunissaient.
Prenez les services publics. Plus de 70 % des Français pensent que c'est le ciment de la nation. Et ça c'est pas un chiffre qu'on retrouve chez nos voisins.
Prenez l'état stratège, une invention française. Les responsables politiques, même de droite, ne contredisent pas l'idée que le politique doivent intervenir dans l'économie. Ça me rappelle la réflexion d'un patron d'entreprise étranger qui était venu présenter son projet d'investissement en France.
Il avait passé la journée en rendez-vous. J'étais la dernière et il me dit à un moment en fait rien ne ressemble à la France à part la Chine peut-être. Prenez notre passion pour l'égalité.
On nous reconnaît au plan international d'avoir un des systèmes de redistribution les plus efficaces et nous réussissons collectivement à nous étriper pour les 5 % 1 % de marge. Au fond, nous sommes d'accord sur beaucoup plus de choses qu'on le croit et ceux qui porte cette idée des deux frances irréconciliables peut-être mériterait d'être réinterrogé. Et puis je crois profondément que ça va plus loin et ça je l'ai vu dans les yeux de mes homologues étrangers.
La France est la dernière nation dangereuse parce que c'est la dernière où nous voulons penser pour les autres. Vous en voulez la preuve ? La négociation des contrats de vaccin pendant la période colide.
Les laboratoires nous mettent une pression maximum. Il faut conclure vite ces contrats. Nous sommes un groupe de pays, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et donc la France. et nous avançons vite et nous sommes prêts à signer.
Et là, la France bloque la négociation. Je bloque la négociation pour une raison toute simple, c'est que notre conception de l'Europe était qu'il était impossible de signer à 4 et pas à 27 avec la Commission européenne. Et ça, personne ne nous avait posé la question et ne nous le demandait.
L'Allemagne était furieuse. Elle nous a menacé de signer sans nous et puis finalement on a obtenu un délai de une journée et on a mis à bord les autres pays européens. Ça c'est la touche française.
Cette arrogance, cette façon de penser que tout nous regarde, c'est ce génie de l'universalisme qui fait que on parvient à conclure les accords de Paris. Et je peux vous dire une chose, c'est que cette France là, le monde en a plus que jamais besoin. Alors si nous sommes d'accord sur beaucoup de choses et si nous avons ce génie commun de l'universalisme, comment expliquer cette situation d'échec politique ?
Et bien, je crois que c'est inhérent à notre culture politique, à notre héritage politique. La légitimité politique en France, c'est la capacité à ne pas céder. C'est l'héroïsme golien, la force, c'est le courage de dire non.
Chez nos voisins en Allemagne, dans l'Europe du Nord, la force c'est plutôt la capacité à fédérer autour de soi. Il y a cette mauvaise habitude que nous devons surmonter, le compromis. Lorsqu'on utilise le mot compromis, beaucoup entendre le mot compromission.
Mais quand les communistes et de Gaul se mettent d'accord sur un programme commun au sortir de la deuxième guerre mondiale, sincèrement, c'était de la compromission. Au fond, le véritable basculement, c'est de comprendre que la victoire politique ne se fait pas sur les autres, mais exige aujourd'hui de montrer qu'on est capable d'avancer avec les autres. Il y a une force et non pas une faiblesse à sortir de nos étiquettes politiques, à sortir de l'histrionisme comme le dit très bien Cynthia Fleury et je reprends ces mots.
L'istrionisme, ses émotions surjouées, ses provocations, cette ce spectacle qui remplace la responsabilité, cette théâtralisation de la politique. Et cela n'est pas dû en même temps. Il s'agit d'un pas beaucoup plus radical que nous devons politiqu devons oser nous appliquer et que nous citoyens devons exiger.
Défendre une étiquette politique, c'est le confort d'avoir raison tout seul, mais assumer le compromis, faire des concessions. C'est là qui est le véritable courage, celui qui permet d'agir pour tous. Je vous remercie. [applaudissements]
Agnès Pannier-Runacher