Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 août 2024 26 min

Saisine du Conseil constitutionnel, destitution d'Emmanuel Macron, censure du prochain gouvernement… Le "8h30 franceinfo" de Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Emmanuel Macron assure qu'il travaille jour et nuit pour sortir de l'impasse politique dans laquelle nous sommes. On va y revenir. Mais vous avez annoncé, vous hier soir, saisir le Conseil constitutionnel, car vous estimez que les ministres démissionnaires, qui exercent aussi en tant que députés, c'est un problème démocratique pour vous, un problème institutionnel. Est-ce que c'est un nouveau coup pour déstabiliser le Président ?

0:24
Mathilde Panot

Ce n'est pas un nouveau coup, c'est une manière de mettre un terme à une situation qui, je crois, est en violation totale de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen sur la question, justement, de la séparation des pouvoirs. Pourquoi ? Vous avez des députés qui siègent à l'Assemblée nationale, qui sont d'ailleurs les ministres qui ont fait basculer le vote de la présidence de l'Assemblée, mais je mets ça de côté. Mais ce sont des députés qui siègent et qui sont en même temps ministres démissionnaires, mais lorsqu'on regarde ce gouvernement démissionnaire, eh bien ce gouvernement démissionnaire ressemble de plus en plus à un gouvernement de plein exercice. Pourquoi ?

Depuis le 16 juillet, il y a eu 1300 décrets arrêtés publiés au journal officiel. Il y a un budget qui est en préparation. Il y a eu dans l'été une annonce de 500 suppressions de postes de contractuels, soit un quart des postes contractuels de la protection judiciaire de la jeunesse. Il y a eu récemment, cette semaine, une conférence de presse de Nicole Belloubet qui fait de nouvelles annonces sur la rentrée, qui ne correspond absolument pas aux affaires courantes.

1:24
Invité

Mais c'est le principe d'un moment qui gère les affaires courantes ?

1:26
Mathilde Panot

Oui, enfin, il faut que vous compreniez que plus un gouvernement qui gère les affaires courantes dure, plus ce gouvernement prend des décisions politiques. Le record de la Ve République d'un gouvernement démissionnaire, c'est 9 jours. Le record de la Ve République, c'est 38 jours. Nous sommes d'ores et déjà à 45 jours avec un gouvernement qui ne peut ni être censuré, ni être contrôlé par le Parlement, ni même être interrogé par le Parlement.

1:50
Présentateur

Qu'est-ce qui vous dérange ? C'est le fait qu'ils exercent aussi qu'ils soient également députés, ou c'est uniquement le fait qu'ils prennent des décrets, justement, qui, selon vous, dépassent les affaires courantes ?

1:57
Mathilde Panot

Vous savez, dans la Constitution, un député n'a pas le droit d'être ministre en même temps. Et vous vous retrouvez, par exemple, avec M. Attal, qui siège en conférence des présidents, qui décide de l'ordre du jour législatif de l'Assemblée, alors qu'il est toujours Premier ministre démissionnaire.

2:10
Présentateur

Mais la situation est un peu différente lorsqu'un ministre est démissionnaire. Les constitutionnalistes sont d'ailleurs à tous d'accord là-dessus.

2:16
Mathilde Panot

Plus le temps dure, plus cette situation devient ubuesque. Vous avez un président de commission, la Commission des affaires étrangères, dont le rôle est de contrôler l'action du gouvernement, qui se retrouve aussi, donc, à contrôler un gouvernement dont il est lui-même membre comme ministre des Affaires européennes. Donc, nous sommes dans une situation de violation totale de la séparation des pouvoirs, dont on sait depuis trois siècles au moins, et Montesquieu, que le pouvoir arrête le pouvoir.

2:39
Invité

Mais Mathilde Panot, on a l'impression que vous faites cette procédure parce que vous n'avez pas encore engagé la procédure de destitution du président de la République. Est-ce que vous avez toujours l'intention de le faire ou pas ?

2:48
Mathilde Panot

Mais bien sûr que nous engagerons la destitution du président de la République.

2:50
Invité

Même si elle semble impossible à mettre envers contre. Vous allez le faire quand ? Vous allez le faire quand, en fait ?

2:55
Mathilde Panot

Alors, on va le faire très bientôt. La résolution est prête et nous sommes prêts à la proposer à l'ensemble des parlementaires, en dehors du Rassemblement national et en dehors de M. Ciotti. Je vous explique.

3:03
Invité

Il faudrait attendre le début de la session ou pas ? De la session d'ouverture de l'Assemblée nationale début octobre ?

3:07
Mathilde Panot

Alors non, il faut un dizième des députés, donc 58 députés, pour pouvoir déclencher la procédure. Nous l'avons en notre sein, mais j'ai entendu par exemple que Sandrine Rousseau était favorable à la destitution. Donc, nous pourrions avoir des gens qui sont en dehors du rang des insulines. Donc, ça passe par le bureau aussi de l'Assemblée nationale. Donc, vous déposez une résolution. Ensuite, ça va au bureau de l'Assemblée nationale, qui normalement est prévu le 11 septembre, et qui, s'il y a une majorité au bureau, permet ensuite d'aller en commission des lois.

Or, le nouveau Front populaire a une majorité au bureau, et vous aurez remarqué que la semaine dernière, quatre jours après notre proposition, il y avait 44% des Français interrogés qui se disaient favorables à la destitution du Président s'ils ne respectaient pas le résultat des urnes, et qu'aujourd'hui, cette semaine, nous sommes à 49%. Donc, plus le temps passe, plus la pression populaire va s'accroître sur l'ensemble des parlementaires, sur ce qu'ils vont devoir faire, parce que tout le monde comprend que c'est... Mais vous avez l'impression que la présidente de la Sénatrice

3:59
Invité

a fait traîner la possibilité pour vous de mettre en œuvre cette destitution du Président de la République, très concrètement ? Parce que vous devez avoir recours à un bureau de l'Assemblée nationale qui est prévu et qui pourrait...

4:09
Mathilde Panot

En tout cas, il est important que ce bureau puisse avoir lieu, puisque c'est dans ce bureau que, non seulement pourront être actées, la procédure de destitution, mais aussi la possibilité de censurer un gouvernement qui serait autre que celui de Lucie Casté. Donc, je disais, 10% des députés, donc 58 députés pour la déposer, ensuite le bureau, ensuite la commission des lois, puis l'hémicycle, où si vous regardez, il faut deux tiers des députés et il y a moins d'un tiers des députés macronistes. Donc, normalement, oui, nous pouvons réussir à destituer celui qui pose problème dans ce pays, c'est-à-dire Emmanuel Macron.

4:41
Présentateur

Celui qui pose problème, Manuel Bompard parlait la semaine dernière ici même d'un autocrate en parlant d'Emmanuel Macron. Dans sa note de blog publiée hier, Jean-Luc Mélenchon le comparait à Donald Trump. Je le cite, en niant les résultats des élections comme l'avait déjà fait aux Etats-Unis Trump avec l'insurrection du Capitole, Macron marche à l'avant-garde de la fin du projet démocratique. Vous iriez, vous aussi, jusqu'à le comparer Macron à Donald Trump ?

5:02
Mathilde Panot

Mais oui, enfin, il faut que vous compreniez ce qui est en train de se passer. Vous avez eu des élections. Des élections dont tout le monde disait, dans les 27 sondages, dans tous les sondages des législatives, lorsque l'extrême droite devait arriver en tête. Eh bien, dont tout le monde disait qu'au vu de la mobilisation exceptionnelle lors de ces élections, le résultat serait incontestable. Eh bien, nous sommes maintenant plus de 55 jours après les élections législatives. Et il n'y a toujours pas eu une seule reconnaissance du résultat des urnes. Non seulement de la défaite d'Emmanuel Macron, mais de la nomination d'un gouvernement. Et je le dis, la semaine prochaine, il y aura la rentrée.

Nous, nous avons dans nos mesures d'urgence, évidemment, l'abrogation de la réforme de la retraite à 64 ans, l'augmentation du SMIC et des salaires, mais aussi l'école complètement et entièrement gratuite.

5:46
Invité

On n'a pas nous mettait un signe égal entre Emmanuel Macron et Donald Trump ?

5:49
Mathilde Panot

Mais sur la question de la non-reconnaissance du résultat des élections, oui, je crois que nous avons un problème similaire à celui qu'a fait Donald Trump, évidemment. Qui a eu recours à la violence. Oui, alors, oui. Mais ce qui est déplorable, on est bien d'accord. Mais enfin, vous vous rendez compte que nous, c'est déplorable qu'on doive appeler avec des organisations de jeunesse le 7 septembre, donc c'est-à-dire deux mois après les élections législatives, à devoir se mobiliser dans les rues juste pour qu'on respecte le résultat des urnes.

Vous savez, quand nous sommes dans une démocratie, eh bien, c'est le vote qui permet de trancher à chaque instant quel chemin politique et quel projet politique choisit le pays. Si les élections ne comptent plus,

6:26
Invité

qu'est-ce qui se passe ? Ce que vous souhaitez toujours, en fait, c'est une démission du président de la République. C'est ce que vous nous dites à peu près. Ce que nous demandons en priorité, ce que nous préférons.

6:34
Mathilde Panot

Ce que nous préférons.

6:35
Invité

Le pousser à la démission et une élection présidentielle anticipée. C'est cela, votre objectif final.

6:39
Mathilde Panot

Notre objectif, c'est que Lucie Casté puisse gouverner. Elle aurait déjà dû, avec son gouvernement du Nouveau Front Populaire, faire l'abrogation de la réforme de la retraite qui est haïe par l'immense majorité du peuple français. Elle aurait déjà dû augmenter les salaires alors qu'un nombre de millions de gens se retrouvent dans des situations de précarité qui sont indignes de la septième puissance économique au monde. On aurait déjà dû avoir l'école réellement gratuite, notamment la cantine, alors que pour beaucoup d'enfants, c'est l'unique repas qu'ils vont avoir. Donc vous ne demandez pas

7:07
Invité

la démission du président de la République

7:09
Mathilde Panot

disons que s'il ne respecte pas le résultat des urnes et comme il dit non à Mme Casté, nous irons jusqu'au bout. Et jusqu'au bout, c'est-à-dire d'utiliser un article de la Constitution. Si on ne pouvait pas l'utiliser, pourquoi le mettre dans la Constitution ? C'est l'article 68 qui permet la destitution du président de la République. S'il ne veut pas être destitué, il n'a qu'à respecter le résultat des urnes.

7:28
Présentateur

Et on va revenir justement aux négociations qui se poursuivent, aux consultations également et à votre place dans ces consultations juste après le Filinfo à 8h40 avec Damien Mestre. Mathilde Panot confirme à l'instant sur France Info saisir le Conseil constitutionnel. La présidente du groupe insoumis à l'Assemblée nationale dénonce une violation de la séparation des pouvoirs puisque 17 députés sont toujours en poste au gouvernement depuis la démission de Gabriel Attal en juillet dernier. De son côté, Emmanuel Macron assure lui faire tous les efforts nécessaires jour et nuit pour trouver un Premier ministre. Il s'adressera aux Français en temps voulu, dit-il.

Kamala Harris veut afficher sa fermeté sur l'immigration et elle promet des conséquences pour les migrants entrés illégalement aux Etats-Unis. La candidate démocrate à la présidentielle américaine qui donnait sa première grande interview cette nuit. Et puis l'offensive de l'armée israélienne en Cisjordanie occupée se poursuit. L'Etat hébreu qui annonce la mort de 16 combattants palestiniens en 48 heures. Les Nations Unies comparent de leur profonde inquiétude et demandent la fin immédiate de cette opération.

8:31
Invité

France Info Le 830 France Info Benjamin Sportouche Benjamin Fontaine Avec Mathilde Panneau présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale. Mathilde Panneau Emmanuel Macron était hier et est en Serbie depuis hier soir et depuis la Serbie il a déclaré qu'il faisait je le cite tout son possible jour et nuit pour aboutir à la meilleure solution pour le pays et pour trouver donc un postulant et un nouveau Premier ministre et c'est le nom de Bernard Cazeneuve qui circule le plus et avec insistance ces dernières heures. Est-ce que pour vous c'est un Premier ministre qui aurait votre soutien ? Est-ce que vous voteriez une censure contre Bernard Cazeneuve ?

Rappelons-le qui a été Premier ministre de François Hollande et qui vient du Parti Socialiste.

9:14
Mathilde Panot

Bien sûr que nous voterions une censure contre M. Cazeneuve. Je vais vous le dire très clairement. Nous ferons des motions de censure contre tout gouvernement qui ne serait pas dirigé par Lucie Casté parce que Lucie Casté est la candidate que nous avons choisie ensemble avec le nouveau Front Populaire et lorsque vous regardez l'ensemble des formations politiques du nouveau Front Populaire toutes ont dit qu'elles censuraient ce qui serait la continuité d'une politique macroniste et qui serait en dehors du nouveau Front Populaire. Donc non M. Cazeneuve ne correspond pas du tout à...

9:46
Invité

Il n'est pas de gauche pour vous ? Il n'a jamais été de gauche ?

9:49
Mathilde Panot

Bah écoutez je crois que ce qui a fait une des choses qui a fait le plus de mal à la gauche ces dernières années c'est le quinquennat de François Hollande qui en quelque sorte a essayé de faire croire aux gens qu'on soit de gauche ou de droite de toute façon c'était les mêmes politiques qui étaient menées avec je crois des promesses qui n'ont pas été tenues donc non... François Hollande qui est au sein

10:07
Présentateur

de votre commission d'ailleurs.

10:08
Mathilde Panot

Oui non mais d'accord mais ce n'est pas ce n'est pas la candidature notre candidature c'est Lucie Casté et nous censurons tout autre gouvernement que celui de Lucie Casté.

10:16
Invité

La gauche se divise maintenant sur Lucie Casté c'est-à-dire que par exemple Carole Delga la présidente de la région Occitanie dit qu'il faut continuer à discuter avec le président de la République pour trouver un premier ministre venant des rangs de la gauche certes et le nom de Bernard Cazeneuve et bien Carole Delga l'avance donc il n'y a pas d'unité aujourd'hui derrière le nom de Lucie Casté.

10:37
Mathilde Panot

S'il y a une unité parce que le parti socialiste est dirigé par M. Faure et que Olivier Faure a dit très clairement lors des consultations avec le président de la République qu'il n'y aurait le soutien socialiste à un gouvernement que s'il était dirigé par Lucie Casté. Donc la parole de Carole Delga

10:51
Présentateur

ne vaut rien ?

10:52
Mathilde Panot

Écoutez, c'est la parole de Delga à l'intérieur de son parti qui effectivement est divisée ça ce n'est pas mon problème mais je le dis les quatre organisations sont toutes derrière la candidature de Lucie Casté.

11:04
Invité

Mais on a du mal à comprendre ce mandiatère que la situation de blocage en fait pour vous à gauche elle persiste si jamais Lucie Casté n'est pas nommée. Le président de la République dit je ne nommerai pas Lucie Casté. Donc en fait vous dites parfois nous sommes prêts à des compromis mais il n'y aura pas de compromis. Il n'y a pas de culture chez vous au Nouveau Front Populaire de la coalition telle qu'on peut la trouver par exemple en Allemagne il n'y aura pas cette volonté de votre part ce sera Lucie Casté ou rien.

11:29
Mathilde Panot

Oui c'est Lucie Casté ou rien.

Si vous appelez des compromis le fait de faire une alliance avec les macronistes qui ont été battus à la fois dans les élections européennes et dans les élections législatives et bien je le dis très clairement ça sera jamais jamais nous ne ferons une alliance avec les macronistes parce que nos programmes sont antagonistes d'un côté vous avez une austérité très forte et nous nous voulons par exemple préinvestir dans les services publics mais ensuite si vous dites que le compromis c'est de faire le débat parlementaire ce que fait chaque gouvernement un gouvernement arrive avec un texte et ensuite c'est le débat parlementaire dans lequel nous trouvons des manières de faire passer les textes

12:04
Invité

Didier Migaud qui vient du parti socialiste son nom circule aussi il a été président de la commission des finances de l'Assemblée nationale premier président de la Cour des comptes il a présidé à la haute autorité pour la transparence de la vie publique est-ce que là aussi vous dites ben non on ne le soutiendra pas même s'il partage une partie de vos principes et de vos valeurs

12:20
Mathilde Panot

je crois avoir été clair nous censurons tout autre gouvernement que celui de Lucie Casté mais ce n'est pas du sectarisme est-ce que ce n'est pas du sectarisme ? non pourquoi pourquoi je dis cela ? et que ça désavorise l'intérêt de la France vous savez quel était l'argument numéro un d'Emmanuel Macron au départ c'était d'expliquer qu'il ne pouvait pas nommer Lucie Casté parce qu'il y avait des insoumis dans le gouvernement nous l'avons pris de court avec la question qu'a posée Jean-Luc Mélenchon en disant s'il n'y avait pas de ministre insoumis dans le gouvernement du Nouveau Front Populaire seriez-vous d'accord pour que le Nouveau Front Populaire gouverne sur son programme ?

et la réponse unanime a été non donc la question n'est pas le problème des insoumis la question n'est pas un problème de personne c'est une question de problème sur le programme que nous voulons porter et quelle est la garantie que nous apporte Lucie Casté ? et bien justement d'appliquer le programme sur lequel nous avons toutes et tous été élus voilà ce qui est le respect de la parole donnée aux électrices et aux électeurs

13:10
Présentateur

mais Mathilde Pannot vous nous dites censure de tout gouvernement si ce n'est pas Lucie Casté qui est première ministre les LR les macronistes nous disent censure de tout gouvernement s'il y a des insoumis on a l'impression qu'il y a une impossibilité une impasse les gens qui nous écoutent aujourd'hui doivent se dire mais on a zéro solution est-ce qu'il n'y a pas une forme d'irresponsabilité politique ?

13:29
Mathilde Panot

alors non je vais vous expliquer je vais vous expliquer pourquoi Emmanuel Macron ne veut pas nommer Lucie Casté c'est parce que contrairement à ce qui est dit quand certains des groupes font les gros bras en disant qu'ils nous censuraient immédiatement et bien je vais vous dire nous nous avons dit que la première de nos décisions serait un décret pour suspendre l'application de la réforme de la retraite à 64 ans pour ensuite passer par le Parlement pour abroger et annuler complètement cette réforme et bien lorsque vous êtes parlementaire des républicains parlementaire macroniste et que ce décret est pris immédiatement que vous savez que peut-être dans 10 mois il y aura une dissolution vous croyez-vous vraiment que vous voulez censurer immédiatement un gouvernement alors que 90 80 75% des gens de votre circonscription sont favorables à ce que nous proposons croyez-vous qu'il soit facile de censurer un gouvernement qui proposerait immédiatement l'augmentation du SMIC et une conférence sur les salaires avec les partenaires sociaux et bien je crois que le rapport de force populaire est tellement fort de notre côté qu'ils savent et que les mesures que nous prendrions sont tellement populaires qu'ils auraient du mal à nous censurer donc ce n'est pas vrai nous pouvons gouverner voilà ce que nous disons et c'est pourquoi nous appelons toujours Lucie Casté à Matignon sinon Macron destitution

14:39
Invité

Ségoyen Royal a fait des offres de services hier ça vous inspire

14:43
Mathilde Panot

grand bien lui fasse mais là aussi je le dis je continue sur la ligne que nous tenons c'est à dire celle sur laquelle nous nous sommes mis d'accord avec le nouveau Front populaire qui est le programme avec Lucie Casté à Matignon

14:54
Invité

mais Mathilde Panot le président de la république aujourd'hui c'est bien Emmanuel Macron et l'article 8 de la constitution est clair c'est le président de la république qui nomme le premier ministre ça veut dire quoi pour vous ça veut dire qu'il faut changer la constitution de rechef dès maintenant pour empêcher le président de la république de nommer le premier ministre tout cela est impossible dans les textes et immédiatement même si vous voulez aller vers une sixième république il faut respecter la constitution c'est pas la nationale qui va nommer le premier ministre

15:19
Mathilde Panot

non mais la constitution ne dit pas Emmanuel Macron choisit le premier ministre il dit il nomme le premier ministre ce qui dans toute démocratie est la personnalité qui est arrivée en tête dans la coalition au moment des législatives et c'est le nouveau front populaire qui est arrivé en tête et deuxième chose sur laquelle je voudrais attirer votre attention vous regarderez quand même que la constitution ne dit pas dans quel délai il doit nommer pourquoi ?

parce que jamais personne n'a pensé qu'un président de la république refuserait de respecter la souveraineté populaire et refuserait de nommer le premier ministre ou la première ministre proposé par la coalition arriver en tête ça n'est jamais

15:55
Invité

mais parce qu'il y a une majorité évidente ça vous ne pouvez pas le

15:57
Mathilde Panot

d'accord mais ça ce n'est pas le rôle du président de la république le rôle du président de la république c'est de nommer la personnalité arrivée en tête et ensuite c'est au rôle du chef du gouvernement

16:06
Invité

qui doit être capable de mettre en place en oeuvre une politique avec une majorité

16:11
Mathilde Panot

mais je vais vous poser une question pourquoi ne nous a-t-il pas nommé alors s'il est si persuadé que nous allions être censurés pourquoi ne nous a-t-il pas nommé pour ensuite que Lucie Casté soit censurée et qu'il dise passons à autre chose pourquoi ne le fait-il pas

16:22
Présentateur

parce qu'il dit qu'il veut une stabilité justement il veut s'assurer cette stabilité

16:24
Mathilde Panot

mais ce n'est pas le rôle du président de la république ça c'est le rôle du chef du gouvernement dans la constitution il doit être garant justement du bon fonctionnement malgré tout il sait que nous pouvons durer sur notre programme notamment parce que oui il y a des majorités par exemple sur la taxation des super profits la taxation des dividendes et je vais vous dire c'est urgent parce que vous avez dû voir le baromètre des enfants à la rue qui a été fait hier par l'UNICEF et la fédération des acteurs de la solidarité qui montre que depuis 2020 il y a une augmentation de 120% des enfants sans abri 2043 enfants ils étaient 967 en 2020 avec 500 d'entre eux qui ont moins de 3 ans c'est d'une indignité totale dans la 7ème puissance économique au monde et bien par exemple pour cette raison là pour cette urgence là le nouveau Front Populaire doit gouverner et vite

17:08
Présentateur

et nous avons largement évoqué ce sujet effectivement dès hier matin sur France Info Mathilde Panot vous restez avec nous on va justement évoquer ces dossiers le SMIC à 1600 euros les retraites également il est compromis peut-être possible on va l'évoquer avec vous après le fil info à 8h50 avec Damien Mestre La France Insoumise votera une motion de censure contre tout gouvernement qui ne serait pas dirigé par Lucie Casté c'est ce qu'annonce à l'instant sur France Info Mathilde Panot la présidente du groupe Insoumis à l'Assemblée qui dénonce une nouvelle fois un déni de démocratie de la part d'Emmanuel Macron le président de la République qui poursuit aujourd'hui sa visite en Serbie hier le président serbe annonce la signature dans le contrat avec la France pour la livraison de 12 avions Rafale montant de la transaction près de 3 milliards d'euros c'est la première fois depuis 3 ans l'inflation passe sous les 2% ce mois-ci en août la hausse des prix s'établit à 1,9% selon l'INSEE et puis déjà 3 médailles pour les français aux jeux paralympiques 2 en argent 1 en or après la victoire de Hugo Didier hier sur le 400 mètres neige libre

18:13
Invité

France Info le 8.30 France Info Benjamin Sportouche Benjamin Fontaine toujours avec Mathilde Panot notre invitée présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale Mathilde Panot les recettes de l'Etat ont été moindres qu'espérées en 2024 seront moindres qu'espérées cette année c'est ce que dit le président de la commission des finances à l'Assemblée Nationale qui est issu de Vauran de LFI Eric Coquerel à l'issue d'une rencontre qu'il a eue avec le ministre démissionnaire des Comptes Publics Eric Coquerel dit qu'il y a moins de recettes espérées que ce soit l'impôt sur les sociétés ou l'impôt sur le revenu ça veut dire c'est ce qu'on peut en conclure qu'il va falloir faire des économies même si vous arrivez au pouvoir

18:55
Mathilde Panot

alors vous avez d'un côté ceux qui sont les chantres de l'austérité c'est ce que propose le gouvernement actuel 25 milliards d'euros d'économies sur 2024 10 milliards supplémentaires sur 2025 c'est ce qu'il propose avec un budget alors que là aussi le fait de préparer un budget n'est pas une affaire courante puisque c'est une affaire extrêmement politique mais surtout vous avez le choix entre cette austérité alors que vous avez vu l'état des hôpitaux dans ce pays de l'éducation nationale qui sont à l'os ou vous choisissez de faire des nouvelles recettes et c'est ce que nous nous proposons dans notre programme c'est-à-dire augmenter les impôts qui non seulement oui sur les plus riches oui par exemple de rétablir un impôt de solidarité sur la fortune renforcée de taxer les super dividendes j'en parlais tout à l'heure ce que le modem avait porté à une époque bref de faire un partage des richesses pour que dans la septième puissance économique en monde on cesse d'être dans un océan de malheur qui est là aussi indigne de notre pays et je vais même vous dire lorsque vous partagez les richesses vous aidez l'économie du pays parce qu'on a parlé tout à l'heure vous avez brièvement évoqué le SMIC à 1600 euros peut-être ne le savez-vous pas mais l'économie française est faite à 53% de la consommation populaire et donc lorsqu'il n'y a plus de consommation populaire c'est des gens qui ne vont plus au restaurant qui ne peuvent plus aller se payer des petites vacances quelque part qui ne peuvent plus se payer des petits plaisirs de la vie ce sont donc des emplois en moins des carnets de commandes qui ne sont pas remplis et donc le fait d'augmenter les salaires et de partager les richesses aide l'économie française

20:22
Présentateur

mais ce SMIC à 1600 euros on l'a aussi entendu du côté des petites entreprises ou des petits artisans aussi qui nous disent mais oui moi le SMIC à 1600 euros je vais avoir du mal parce que ça va augmenter mes charges que l'énergie coûte plus cher les cotisations vous l'avez entendu aussi et qu'à côté de ça je ne vais pas pouvoir augmenter le prix de ce que je vends qu'est-ce que vous proposez face à cela parce qu'on a entendu parler de compensation mais quelles sont ces compensations est-ce que l'Etat doit vraiment toujours compenser

20:48
Mathilde Panot

alors à court terme déjà je le dis il y a eu tellement d'exonérations qui ont été faites sur SMIC et bas salaires par les gouvernements précédents qu'à court terme des PME TPE gagnent au fait qu'il y ait une augmentation des salaires je le dis pour que ça soit très clair il n'y a aucun problème là-dessus et quand vous regardez les voisins vous avez par exemple l'Espagne qui a augmenté son salaire minimum de 54% en 6 ans et quant à l'Allemagne elle l'a augmenté de 36% en 6 ans sans qu'il y ait une catastrophe économique comme on est en train de nous l'expliquer donc je le dis pourquoi est-ce que ça aide les petites et les moyennes entreprises parce que ça remplit le carnet de commandes parce que lorsque vous êtes par exemple une petite brasserie un petit restaurant et bien s'il y a plus de gens qui viennent manger parce qu'ils ont retrouvé un peu de respiration et qu'ils peuvent se faire plaisir à aller une fois de temps en temps au restaurant et bien vous pouvez peut-être embaucher un serveur en plus

21:38
Invité

vous laissez entendre que c'est par principe qu'ils ne veulent pas augmenter les impôts pas du tout peut-être l'avez vous été mais je ne crois pas ni moi ni nous ici savons mieux que à quel point il peut être compliqué de gérer au quotidien une affaire une PME un restaurant comme vous le dites et d'augmenter les salaires

21:53
Mathilde Panot

aussi fortement que vous souhaitez quand vous demandez aux petites et aux moyennes entreprises ce qu'elles veulent c'est remplir le carnet de commandes pouvoir travailler c'est ça qui permet de faire je ne dis pas du tout que les petits patrons ne veulent pas augmenter leurs salariés je ne le dis pas du tout je dis qu'il est possible de le faire et nous nous avons parlé à plusieurs reprises d'une caisse de péréquation pour aider à payer les cotisations entre grandes entreprises donc c'est l'état c'est l'état

22:16
Invité

qui abonderaient

22:17
Mathilde Panot

pour augmenter ce SMIC non c'est les grandes entreprises qui abonderaient cette caisse de péréquation c'est une des choses que nous proposons pour aider les petites et moyennes entreprises mais je le redis elles ont entièrement intérêt à faire en sorte qu'on augmente les salaires dans ce pays et que les gens puissent mieux vivre

22:31
Présentateur

on a donc abordé la question du SMIC qui fait partie de votre programme il y a également dans votre programme l'abrogation de la réforme des retraites sur le sujet il y a peut-être un compromis puisque François Bayrou a lui-même estimé sur France Info en début de semaine qu'il était peut-être possible de trouver un nouveau compromis d'avoir de nouvelles discussions sans forcément abroger cette réforme des retraites est-ce que vous estimez que c'est un pas vers vous ?

22:53
Mathilde Panot

bon peut-être c'est bien que M. Bayrou dise ça mais je veux quand même que vous réalisiez que dans la dernière mandature déjà dans la configuration précédente de l'Assemblée la réforme de la retraite à 64 ans allait être battue personne n'a jamais voté pour cette réforme de la retraite à 64 ans

23:11
Présentateur

non mais là de nouvelles discussions avec les partenaires sociaux est-ce que ça vous intéresserait ?

23:14
Mathilde Panot

non mais d'accord oui alors moi bien sûr nous discuterons avec les partenaires sociaux mais quand même je veux que vous réalisiez que la réforme des retraites et l'ensemble des réformes faites sur l'assurance chômage ont été faites contre l'ensemble des partenaires sociaux donc c'est intéressant maintenant qu'ils ont perdu vous ne saisissez aucune main tendue mais non mais c'est pas ça mais vous comprenez qu'il y a un problème au fait que

23:32
Invité

dans l'intérêt de la France il ne peut pas y avoir cette entente là les français qui nous écoutent se disent à la limite mais pour abroger

23:36
Mathilde Panot

la réforme de la retraite il y aura un accord avec par exemple les députés de Lyot certains des députés LR qui voulaient voter contre donc c'est tout votre programme

23:43
Invité

avec votre programme

23:44
Mathilde Panot

mais oui et à partir de là il y aura un débat parlementaire et on verra ce que donne le débat parlementaire mais vous comprenez que là nous sommes sur un marqueur énorme avec deux ans de vie volée aux français 93% des actifs qui étaient contre et que c'est un peu simple lorsque l'on a perdu de dire finalement n'abroger pas tout et bien si nous allons annuler cette réforme de la retraite

24:03
Invité

parce que vous disiez c'est avec Lucie Casté d'autres noms circulent à gauche Joanna Roland la maire PS de Nantes Fabien Roussel Yannick Jadot Benoît Hamon c'est un nom qui est avancé aussi par Corole Delga tous ces noms là vous les balayez également que ce soit clair oui c'est clair oui voilà c'est clair d'accord je l'ai dit

24:20
Mathilde Panot

même s'ils sont de gauche nous avons une candidature commune elle s'appelle Lucie Casté Lucie Casté point barre

24:24
Présentateur

et peut-être un dernier point de compromis puisqu'on voit émerger un débat depuis quelques jours sur la proportionnelle le scrutin à la proportionnelle peut-être une sortie de crise puisque on ne sait jamais si Emmanuel Macron vous promettez une loi sur le sujet est-ce que ça vous permettrait de peut-être vous dire on accepte un ministre de centre droit si on nous permet justement une loi sur la proportionnelle et de nous donner plus de pouvoir à l'Assemblée

24:47
Mathilde Panot

alors si la question c'est de savoir si on acceptera un autre gouvernement non mais sur la question de la proportionnelle nous avions nous-mêmes et c'est Jean-Luc Mélenchon qui l'avait fait proposer une proposition de loi sur la proportionnelle notamment avec où nous sommes d'accord avec le modem sur cette question là pour une proportionnelle intégrale à l'époque on l'avait fait type 86 sur le mode des départements bon tout ça peut être discuté mais nous sommes très favorables à la proportionnelle aux élections et je le dis dans la précédente mandature nous aurions voté pour et dans cette mandature lorsque nous gouvernons nous le ferons

25:18
Invité

Mathilde Panneau très rapidement Emmanuel Macron a déclaré hier assumer totalement l'octroi d'un HNT française au patron de Telegram Pavel Durov Pavel Durov qui a été placé vous le savez sous contrôle judiciaire après 4 jours de détention à Paris il dit que c'est une naturalisation pour des femmes et des hommes qui font l'effort d'apprendre la langue française je cite le président qui rayonne dans le monde est-ce que vous êtes d'accord sur ce point avec le président de la République sur cet octroi de la nationalité française à Pavel Durov oui

25:41
Mathilde Panot

oui je n'ai aucune polémique à faire sur cette question

25:44
Présentateur

et bien merci Mathilde Panneau présidente du groupe de la France Insoumise à l'Assemblée Nationale d'avoir été l'invité de ce 830 France Info merci Benjamin très bonne journée l'info continue sur France Info

Saisine du Conseil constitutionnel, destitution d'Emmanuel Macron, censure du prochain gouvernement… Le "8h30 franceinfo" de Mathilde Panot — Mathilde Panot · Pourquijevote