Mort de Quentin : le débat politique s’enflamme
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Cinq jours après les coups ayant conduit à la mort de Quentin de Ranck à Lyon, une vague d'arrestations a eu lieu hier soir. Ce sont neuf personnes qui ont été interpellées et placées en garde à vue dans l'enquête ouverte pour meurtre, association de malfaiteurs et violences aggravées. Parmi eux, un assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnaud, fondateur de la Jeune Garde, groupe antifasciste fondé à Lyon. Une proximité entre ce groupuscule et la France insoumise qui entraîne l'affrontement sur le terrain politique. Après une minute de silence à l'Assemblée, la séance de questions au gouvernement a viré au bras de fer entre LFI et le gouvernement.
Aucun insoumis n'est impliqué ni de près ni de loin dans ces violences. Et si nous combattons l'extrême droite et les groupuscules fascistes violents autour d'elle, c'est précisément car ils glorifient la mort et la brutalité, érigent le racisme en principe et qu'il n'y a pas plus d'anti-républicains que cela.
Il est temps que vous fassiez le ménage, Madame la Présidente Panneau, le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs. Depuis de nombreux mois, il y a une multiplication de prises de parole qui sont d'une violence inouïe, qui sont parfois à caractère antisémite et désormais qui laissent justement de l'ambiguïté sur la violence.
Le Premier ministre a redemandé hier soir aux insoumis de faire le ménage dans leur rang après les interpellations. L'enquête doit maintenant déterminer les responsabilités des interpellés. Leur garde à vue peut durer 96 heures. On saura donc d'ici samedi quelle suite judiciaire sera donnée les enquêteurs disposant de nombreuses vidéos ainsi que des témoignages de riverains. Et on va débattre de ce sujet qui embrasse, qui enflamme la classe politique. Bonjour chère Françoise Degoy. Bonjour mon cher Steve, ça va ? Vous êtes éditorialiste politique, vous êtes en face d'Hubert Coudurie, directeur de l'information du Télégramme. Bonjour Hubert. Bonjour Steve.
Ce qu'on voit, c'est qu'il n'y a pas de temps de deuil tout de suite. La classe politique qui s'embrasse, est-ce que ça vous surprend Françoise ?
Non, ça ne me surprend plus, mais j'ai presque envie de dire, vous savez, il y a quelque chose qui m'écœure là-dedans. D'abord parce que quelles que soient les causes pour lesquelles militaient Quentin, quelles que soient les circonstances avant, pendant, après, la réalité c'est qu'il y a un fait intangible, c'est la mort de ce jeune homme. Et on ne peut pas mourir sur un trottoir glacial parce qu'on défend des idées politiques que moi je ne défends pas, mais ce n'est pas le sujet. Ça c'est le premier point. Et ce point-là est fondamental, et ce point-là est finalement battu en brèche depuis 48 heures par une classe politique qui ne se tient plus.
Et je dis bien qui ne se tient plus et qui est absolument honteuse, ai-je envie de dire. Et ce n'est pas mon genre, moi je ne suis pas populiste, ce n'est pas mon truc. Non, non, vraiment je vais finir. Hier l'Assemblée nationale, Mathilde Panot défend l'indéfendable. On ne compare pas les morts. On n'est pas en train de tenir des comptes dépiciers sur combien a tué l'extrême gauche et combien a tué l'extrême droite. La défense d'LFI est tout à fait indigne. On va parler d'LFI, mais là juste de manière générale, vous dites que vous êtes attiré. – Et Sébastien Lecornu, lui aussi se fait plaisir, parce qu'il est Premier ministre, on ne fait pas cela dans ce moment.
– Non, mais je ne vois pas pourquoi on taperaient systématiquement sur la classe politique. La défense de la France insoumise n'est pas une défense, c'est une forme d'évitement. Mathilde Panot a été ridicule hier à l'Assemblée. Et Sébastien Lecornu, qu'on ne connaissait pas dans ce registre, a adopté finalement une attitude assez ferme. Je pense quand même qu'il y a une forme de réalignement aussi du spectre politique, puisque le chef de l'État a donné le ton ce week-end en parlant de la France insoumise, de l'antisémitisme. Et donc Lecornu, il est un peu dans cette veine-là.
– Mais vous ne trouvez pas qu'effectivement il y a un embrasement ? – Bien sûr, mais pourquoi ? – Que les politiques se font un peu plaisir aussi avant les élections marsupales ?
– Je ne pense pas qu'ils se fassent plaisir. – Ah si, si. – On est dans un moment de bascule, où effectivement la France insoumise est en grande difficulté. Et il est évident que la droite, mais ce qui est plus nouveau, le centre, en profite pour essayer de les enfoncer, parce qu'effectivement ils n'ont pas les réponses appropriées. Ils auraient dû tout de suite réagir, dénoncer le comportement de l'assistant parlementaire, qui… Alors ce n'est même pas eux qui ont pris la décision, ça n'a été plus pas la présidente de l'Assemblée, madame Yaël Bouronne-Pivet, de l'exclure de l'Assemblée. Donc je trouve que… – Hubert, moi je ne suis pas d'accord.
– Moi je ne suis pas pour taper sur la classe politique en permanence, je pense simplement qu'il y a un événement qui est tragique, et on pense tous à ses parents, mais il y a des conséquences politiques qui vont suivre. – Bon, Hubert, moi j'entends ce que vous dites, vous avez absolument raison, je ne suis pas du tout, moi je défends toujours les politiques dans leurs valeurs intrinsèques, donc je ne suis pas du tout une populiste, je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites. Emmanuel Macron, sauf le respect que nous avons à lui, n'a pas à dire qui est d'extrême-gauche ou pas. Moi je considère que la France insoumise est d'extrême-gauche.
– Ce n'est pas lui qui l'a dit, c'est le Conseil de l'État ? – Non, non, non, c'est lui, c'est le Président de la République qui fait cette déclaration et qui dit, je considère oui bien sûr que la France insoumise est d'extrême-gauche, bien avant que Quentin trouve la mort. Ça c'est le premier point. Le deuxième point c'est qu'il faut être un peu une buse, et complètement aveuglé par le petit landerneau médiatique et politique pour penser une minute, pour penser une minute que LFI à un moment donné ne va pas tirer les bénéfices de cela. – Il faut tirer les bénéfices de cette affaire ?
– Bien sûr, parce que la polarisation, mais c'est pour la façon dont nous polarisons de façon débile, débile au sens premier du terme, ce n'est pas comme on dit débile entre nous, de façon idiote, nous polarisons au lieu d'essayer de trouver une voie du milieu, une explication apaisée, attendre l'enquête, je n'enlève rien de la responsabilité de l'assistant parlementaire, je n'enlève rien de la réaction indigne de Jean-Luc Mélenchon dans le premier tweet, il m'en sonne, il m'a pas regardé. Mais, mais… – Oui, alors, puisque vous parlez de ça… – Non, je termine si vous voulez. – Alors, oui, terminez rapidement, cher Ponceau. – Non, non, mais je termine si vous voulez. – Non, non, je termine.
– Ce n'est pas une allocution. – Ce n'est pas une allocution, je vous explique jusqu'au bout de ma pensée, parce que j'en ai ras-le-bol, et les raccourcis. – Allez-y, raccourcis, allez-y. – Je vous dis juste qu'il est impossible de ne pas comprendre qu'il y a une polarisation, que l'extrême droite… – Pas nouveau, ce n'est pas nouveau. – Il y a toujours eu des groupus purs. – Je termine, Hubert. L'extrême droite et l'extrême gauche sont en train de se choisir, sont en train d'installer cette espèce de doublément qui élimine tout ce qu'il y a au milieu. Et je ne veux pas tomber dans ce cas.
– Alors, on va écouter Jean-Luc Mélenchon, je vous donne la parole tout de suite à Hubert. Jean-Luc Mélenchon qui a rejeté les accusations visant son parti, il a dénoncé aussi l'attitude du Premier ministre Sébastien Lecornu. Écoutez, Jean-Luc Mélenchon.
Regardez, apprenez, méditez. Pas de surenchère. Aujourd'hui même, alors que nous sommes sous les coups des accusations les plus grotesques, les plus ridicules, les plus injustes, les plus dangereuses pour nous personnes, de notre côté, nous ne cédons pas à la facilité.
– Il prône l'apaisement.
– Oui, bien sûr. Le problème, c'est qu'il était un peu déjà sur cette tendance puisque je l'ai entendu dire à Sébastien Chenu, vous avez dit 10 ans d'avance sur nous en matière de dédiabolisation. Sauf que là, ils replongent dans une image détestable, entretenue par un certain nombre d'événements, leur attitude après le 7 octobre, etc. Il y a toujours eu des groupuscules. La différence, c'est que le Rassemblement national essaie de se tenir à l'écart de ces groupuscules. Alors bien sûr, il y a des rechutes. – Ce n'est pas toujours réussi. – Bien sûr, il y a des rechutes, il y a des brebis galeuses qui sont pointées par la presse, etc. Mais ils font un effort. Il y a une volonté.
Chez eux, pas du tout. Et c'est là que ça pose problème. Parce que ça bouscule toute la gauche, en fait. Parce que la gauche, elle a une stratégie d'alliance, plus ou moins inavouée. Mais malgré tout, on pensait quand même à la fusion des listes au deuxième tour. Et là, le fait que la France insoumise replonge dans ses démons, dans cette espèce de volonté, de stratégie du chaos, etc., ça pose un problème politique. Et derrière, tout l'énervement et tous ceux qui se réjouissent d'avoir été longtemps ostracisés et qui disent « Ben, vous voyez, maintenant, vous ne pouvez pas dire qu'il y a d'un côté l'extrême droite et puis il y a la fille qui n'est pas d'extrême gauche.
» Non, ils sont finalement aujourd'hui rejetés un peu dans la même opprobre. Eh bien, aujourd'hui, les lignes politiques sont en train de bouger. Est-ce que ce sera durable ? Je ne sais pas. L'actualité politique va tellement vite qu'on ne peut pas savoir. – Mais qu'est-ce qui bouge vite ? C'est plutôt à gauche, quoi. – Il y a une volonté qui m'avait frappée chez Jean-Luc Mélenchon l'autre jour, je l'ai regardé avec Jean-Noël Barraud sur les questions internationales. Il y a une volonté chez lui de se représentialiser. Et là, c'est raté. C'est raté parce qu'il est dans le déni et ça ne trompe personne.
– Je vous donne la parole francophone, on va écouter Rachida Dati qui justement essaye de tirer les conséquences de toute cette affaire. C'était sur RTL ce matin, écoutez-la.
– Moi, ce qui me frappe, c'est que là, effectivement, on pointe Jean-Luc Mélenchon et d'autres, mais toute la gauche est concernée. Le nouveau Front populaire, je vous invite à regarder quels étaient leurs soutiens. Ils ont tous été élus avec le soutien de la jeune garde. C'est sur leurs affiches et sur leur site. Donc moi, je veux bien qu'on puisse cibler, évidemment, uniquement et les filles, mais c'est plus large que ça. Le nouveau Front populaire, c'est toutes les mouvances de gauche, y compris la jeune garde. Elle est sur le site et elle est en soutien à tous ceux qui ont été élus à gauche, sous la bannière nouveau Front populaire. – Ça devient une affaire pour toute la gauche.
– Elle est très marrante, Rachida Dati, et là, je vais la lever comme une bleue. Vous savez qui a tweeté ça, quand même, cette nuit à minuit et demi, Sarah Knafo tweet une affiche où on voit Emmanuel Grégoire en 2024, et alors en dessous, il y a la liste des soutiens, et en dessous, il y a la jeune garde. Et donc, Rachida Dati, ce matin, se précipite pour prendre cet argument. Est-ce que je montre, moi, les affiches avant que Génération Identitaire soit interdite, le nombre d'affiches de Sarah Knafo, de la droite extrême, avec Génération Identitaire ? Excusez-moi, en 2024, on ne va pas refaire l'histoire. En 2024, la jeune garde n'est absolument pas interdite.
C'est une organisation militante de jeunesse de la gauche extrême. Refaire l'histoire aujourd'hui, c'est absolument honteux. Je rappelle également, à toutes fins utiles, je rappelle également à tous les idées, qu'il y a des photos maintenant, qui sont totalement construites en IA, qui circulent sur Internet, où on voit Emmanuel Grégoire, comme par hasard le candidat socialiste, serrer la main de Raphaël Arnaud, cette image n'existe pas, elle est fabriquée. Donc, je vous dis juste, là où... Il y a un bras de fer électoral derrière tout ça.
Je dis, je suis d'accord avec Hubert, c'est par capillarité, véritablement, LFI, cette affaire, évidemment, par capillarité, abîme la gauche qui n'a pas à l'être. – Ah, donc vous êtes d'accord avec Rachida Latine ? – Non, mais non, il ne faut pas dire que Sarah Knafo représente toute la droite. Sarah Knafo, elle fait le buzz sur le plan médiatique. – Et Rachida reprend ses arguments, Latine. – Elle est alliée à l'AFZ au Parlement européen. Donc, la question n'est pas là, la question, c'est qu'en gros, il y a eu une volonté des socialistes de s'émanciper de la France insulise, dont ils ont eu besoin pour se faire élire.
Mais ça va au-delà des socialistes, puisque ça concerne aussi le cordon sanitaire, dont a profité un certain nombre de députés du Bloc central. Et donc aujourd'hui, après les efforts qui ont été faits, et il faut bien reconnaître qu'Olivier Faure a plutôt bien manœuvré à l'Assemblée, il a obtenu ce qu'il voulait en matière budgétaire, de façon excessive à mon avis, mais en tout cas… – Pas assez pour moi ! – Pas assez pour vous, mais ils ont réussi, si vous voulez, à sortir par le haut de cette séquence. Olivier Faure a s'affirmé, et aujourd'hui, on est dans une séquence électorale, puisque les municipales, c'est demain. Et donc, la question des alliances se repose.
Je suis désolé, la France insoumise, c'est pas comme le Parti communiste à l'époque de l'Union de la Gauche. La France insoumise, c'est un parti qui est quand même assez tongeant, mais là où je suis d'accord avec Françoise, c'est qu'en fait, je ne suis pas certain que ça change grand-chose sur leur électorat.
– Bon, les élections mises, c'est pas le qui arrive.
– Non, mais pour une part, ils sont en rupture de banc, et qui de toute façon, estime que ce qu'on est dans le complot, et je ne suis pas sûr que ça change grand-chose. En revanche, sur le positionnement des socialistes, ils vont découvrir, et là, ça me fait assez plaisir, ce que la droite subit depuis des décennies, à savoir comment on se positionne par rapport à un parti extrême. – Alors, Hubert, je suis absolument d'accord avec vous sur… Je pense qu'ils ne vont pas découvrir. Vous regardez l'ensemble des villes. D'abord, toute l'alliance hors LFI est en tête dans toutes les villes, est en pleine position. C'est le cas d'Emmanuel Grégoire à Paris. Sophia Chikirou ne décolle pas du 11-12.
C'est le cas à Toulouse, c'est le cas où le parti socialiste peut embarquer la ville, c'est le cas à Strasbourg, c'est le cas à Lille, c'est le cas à Marseille, c'est le cas à Amiens, si je prends des villes moyennes. Donc, si vous voulez, la question… – Marseille, on verra. – La question, je pense que les accords…
– Vous dites que LFI, c'est déjà un épouvantail pour une partie de la gauche, et que ça, ça n'a rien changé.
– LFI n'a pas réussi. Alors, ils vont expliquer, ils théoriseront en expliquant qu'ils ont fait rentrer des gens dans les conseils municipaux pour le Sénat. Mais la réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon a envoyé ses meilleurs sabreurs pour prendre les villes détenues par les socialistes, et qu'ils n'y arrivent pas. De Logu à Marseille, plafonne à 13. – Ce n'est pas un bon candidat. – Mais Chikirou plafonne à 12. – Bon, pas, on arrive, c'est meilleur. – Il m'allait loin derrière le candidat socialiste. Et je cite ces villes comme ça, de mémoire. Donc la réalité, c'est que la rupture, elle est déjà faite.
Et vous verrez que dans ces villes-là, dans la quasi-totalité de ces villes-là, il n'y aura aucun appel à LFI pour le second jour de la part du presse. – Juste pour continuer sur cette affaire,
le député Raphaël Arnaud, fondateur de la Jeune Garde, peut-il rester à l'Assemblée nationale, peut-il rester député ? On a posé la question ce matin à Yael Brune Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale. Écoutez, c'est dit sur TF1.
– Je suis extrêmement choquée de voir que quelqu'un peut être député tout en commettant des actes pas délictueux, parce qu'il est accusé de rien au niveau pénal, Raphaël Arnaud. Mais on voit bien qu'il y a toute une mouvance autour de lui qui est susceptible de toucher de près ou de loin à des actes violents. Le problème, c'est que juridiquement, et moi je suis là pour appliquer le droit et la loi et j'en suis garante, je ne peux pas démettre un député de ses fonctions. – Est-ce que vous souhaiteriez que le Conseil constitutionnel peut le faire ?
– Est-ce qu'il peut rester député, il a le droit de rester député, est-ce qu'il peut rester à l'intérieur du groupe La France Insoumise ?
– À mon avis non, mais ce qui est compliqué, si vous voulez, quand vous regardez les groupuscules, c'est que les groupuscules de droite sont plus faciles à identifier parce qu'ils sont en général assez centralisés. Et donc la police les connaît mieux, alors que l'extrême-gauche, c'est une nébuleuse. Il n'empêche, ils ont refusé l'interdiction qui avait été décidée pour faire bonne mesure d'ailleurs avec les groupuscules d'extrême-droite en juin 2025, génération identitaire, baston social, etc. – Et aujourd'hui, finalement, ils sont pris un peu la main dans le pot de convicture parce qu'en fait, ils n'ont…
– Vous parlez de la jeune garde.
– Oui, ils n'ont jamais eu de… non mais elle est fibre, ils n'ont jamais eu de prévention, si vous voulez, ils n'ont jamais dit un mot, ils n'ont jamais… il fallait quand même… il faut voir le rôle que joue la jeune garde. Et puis il y a une espèce d'aujourd'hui d'alliance avec des mouvements d'écologie radicale dans les campagnes, on a vu ce qui s'est passé à Sainte-Solene, dans les universités, sur les campagnes, etc. – Mais il faut rappeler pour ceux qui nous écoutent…
– Cette radicalisation du débat politique, elle est là et elle touche toute la société française. – On va rappeler quand même que la France Insoumise a condamné la violence, condamne de manière générale la violence en politique, Emmanuel Bompard, qui est le coordinateur de la France Insoumise, qui a fait un tweet, c'était vendredi dernier, pour condamner effectivement cette violence en politique. Françoise, vous vouliez réagir ?
– Oui, parce que pour le moment, moi je veux bien qu'on ait quand même dans un état de droit, ça s'appelle, et pour moi ce n'est pas quelque chose qui peut se piétiner, et surtout pas dans la ferveur de plateau. Pourquoi j'aime ce plateau ? Parce que nous restons normaux, je regarde certains plateaux, on est carrément… – Oui, non mais nous sommes raisonnables, j'entends certains plateaux de radio et de télé, si vous voulez, ça devient du délire, il faudrait tout de suite destituer Raphaël Arnaud. Je rappelle que Raphaël Arnaud, moi je pense, je pense quand même que la faute fondamentale c'est de l'avoir investie et qu'elle est filée investie.
– Et pourquoi Jean-Luc Mélenchon a misé sur lui précisément ?
– Parce qu'il y a toute une tradition, parce que Jean-Luc Mélenchon vient du trotskisme, enfin on dirait que vous oubliez tous, ok il est passé par la machine à déloquer du Sénat… – Ça n'autorise pas tout ! Je veux dire, il y a une théorie, il a toujours assumé les milices d'autodéfense, etc. C'est en cela qu'à un moment donné, avec la gauche sociale-démocrate, ça ne peut plus fonctionner. Donc ça c'est le premier point. Le deuxième point, je ne vois pas pourquoi Raphaël Arnaud serait démissionné, et Yael Brun-Pivet a raison de le rappeler, nous ne sommes pas dans une dictature.
On verra s'il y a des échanges sur son portable, s'il y a des échanges entre lui, son collaborateur, et un lien qui est fait et qui est avaisé… – Écoutez, arrêtez des échanges sur son portable avec son collaborateur, c'est son collaborateur ! – Est-ce que je peux terminer ma phrase ? – Ben non, parce que là, franchement, vous êtes le contraire de la réalité. – Et on ne peut pas finir des échanges avec son collaborateur… – Laissez-la terminer, je vous donne la parole, Hubert. – Enfin, vous êtes quand même délirant, Hubert ! – Des échanges avec son collaborateur en lien avec la mort de Quentin. Vous pouvez laisser finir une phrase ou pas ? – Non, non, non.
– Si vous avez ce type d'échange-là, évidemment qu'il sera impliqué, mais ce n'est pas parce que son assistant est impliqué que Raphaël Arnaud…
– Et on rappelle que l'assistant aussi bénéficie de la présomption d'un licence. – Évidemment ! – Juste au début de cette enquête, il peut trop encore plus en plus.
– Mais n'attendez pas, le procureur est présent, je peux le comprendre, bien sûr. – Le procureur est prudent, mais je veux dire, dès le début, la France Insoumise a compris que c'était une affaire extrinsécale pour elle. Ils ont fait des twizz, etc. Qu'est-ce que vous attendez ? D'avoir des messages de Raphaël Arnaud en disant… – Mais la réalité… – Ce qu'il fallait faire à son collaborateur parlementaire. – Le lien est organique, là. – On comprenne bien, Hubert.
Vous dites qu'il faut que Raphaël Arnaud démissionne.
– Non, mais enfin, c'est une dramatique, je suis en train de dire… – Ah, écoutez, le lien organique est évident. – Ok, entre un collaborateur. Ok, d'accord. Vous avez… Vous êtes directeur d'une rédaction. – Non, mais vous voyez quoi, aujourd'hui ? – Non, non, non, non, non, Hubert, stop. Vous êtes directeur d'une rédaction. Ok, vous avez un journaliste qui est votre bras droit, d'accord, qui, le week-end, fait n'importe quoi, et ce n'est pas encore prouvé. Il se retrouve dans un endroit où, à un moment donné, si vous voulez, il y a quelqu'un qui meurt. – On dit qu'il a porté des coups, je veux dire… – Et vous avez un lien organique. – Moi, je n'ai pas de journaliste qui se batte dans la rue.
– Il faut qu'on avance. – Mais le lien organique ne peut pas suffire.
– De manière générale, il nous reste très peu de temps, encore une fois, présomption d'innocence, l'enquête progresse, sur la violence en politique. Ce n'est pas nouveau, et j'aimerais vous entendre là-dessus. Ce n'est pas nouveau à l'extrême-gauche. Est-ce que là, on est en train de passer un cap, quelque chose qui n'existait pas encore avant ? Hubert et Françoise, vous allez conclure.
– Moi, je pense que la violence en politique, ça n'est pas nouveau. Je pense simplement que cette affaire intervient dans un moment de bascule, de réalignement du spectre politique. Le chef de l'État l'a bien compris, parce qu'il était assez prudent jusqu'à présent, et ça lui était reproché, notamment on lui avait reproché de ne pas participer à la marche contre l'antisémitisme. Et là, ils ont changé de pied. Bon, voilà, c'est une bascule. Je ne dis pas qu'elle va être décisive pour les prochaines échéances, mais je pense que c'est quand même ça qui est le plus important. La violence en politique, elle a toujours existé, c'est malheureux.
Elle a pris aujourd'hui, sans doute, une dimension verbale qu'on n'avait pas vue depuis plusieurs décennies. – Vous concluez ?
– Oui, je pense que la violence en politique… – De manière normale, comme vous dites.
– De manière normale, vous savez, on a connu les années 30, on a connu des députés cagoulards et d'extrême droite qui insultaient Léon Blum à la Chambre des députés. la dernière fois qu'on a connu ce type de violence dans une Assemblée, c'était les années 30. Donc, comparaison n'est pas raison, mais je pense que nous sommes dans un climat tout à fait putride. Moi, ce que j'ai vu hier à l'Assemblée, ce que j'entends, et nous restons raisonnables ici, ce que j'entends me dit que, effectivement, la violence n'est pas nouvelle, mais le moment historique dans lequel elle se déroule est véritablement un moment dangereux. – Ce qui a été dit à l'Assemblée hier était…
– Ce qui a été dit à l'Assemblée hier était sain. – C'est à faire avec…
Attention, on va terminer avec un sourire. C'est l'heure de l'histoire du jour. – Ah bah oui, toujours. – Vous connaissez le principe. Aujourd'hui, je voulais vous parler de Lydie Pace. C'est une belle histoire du jour, une très belle histoire. Même Lydie est une chanteuse née en Centrafrique à la fin des années 70. Sa famille a été contrainte de quitter le continent dans la foulée des répressions lancées par l'empereur Bocassa. Elle trouve réfuge en France, d'abord en Bourgogne, puis dans l'Est de la France, enfin en Picardie. Lydie est déterminée à réussir, à percer dans la musique. C'est une voix exceptionnelle.
Cet automne, elle a participé à un grand concours organisé par le Carnegie Hall de New York depuis sa cuisine. En visioconférence, elle a interprété Aïda De Verdi. Et c'était tout simplement éblouissant, écoutez-la. Elle a une voix tricolore à tour, magnifique. La musique a doux, il est bon. Exactement. Et Lydie a subjugué de jury, elle a gagné son billet pour New York à la suite de cette prestation. Elle se produira demain en live au prestigieux Carnegie Hall. C'est une très belle histoire qu'on avait envie de vous raconter ce matin. Merci beaucoup, Françoise.
Vous ne voulez pas me diffuser ça à l'Assemblée nationale ?
On va essayer, on va proposer l'Assemblée nationale et le Sénat. Merci, Hubert. Merci à vous. Merci beaucoup, Françoise. Merci à vous devant votre écran. Pour votre fidélité cet après-midi. Vous avez rendez-vous avec Tam Travi pour les questions au gouvernement. Ce soir, vous retrouvez Thomas Hugues pour Sens Public. Excellente journée sur Public Sénat. Bye bye.
Mathilde Panot