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interviewfranceinfo· 13 janvier 2026 9 min

Interview intégrale de Laurent Panifous, invité politique

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

Bonjour Laurent Panifousse. Le budget a effectivement fait son retour en débat à l'Assemblée nationale aujourd'hui. Le texte a été rejeté en commission la semaine dernière. Ce qui était impossible avant Noël, l'est-il toujours ? Est-ce que vous êtes optimiste ? Je sais que vous avez rencontré différents groupes parlementaires hier. Quel est l'état d'esprit ?

0:25
Laurent Panifous

L'état d'esprit est assez constructif. Alors oui, la commission s'est déroulée avec un résultat négatif. C'était assez prévisible. Mais hier, autour de la table, il y avait comme l'année dernière avec Amélie Monchalin, nous avons reçu les représentants des groupes, de ces six groupes qui souhaitent essayer de trouver un budget avec une ambition claire, réduire le déficit de manière raisonnable mais réelle, et avec une répartition de cet effort entre la hausse des recettes et la baisse des dépenses selon la volonté des uns et des autres. Mais un travail de compromis qui se fait, qui avance, une volonté commune que nous ayons un budget à la fin de ce mois.

1:02
Présentateur

Sur le fond, on parle désormais d'une surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, au moins 6 milliards, d'une augmentation de la prime d'activité, c'est ce que veut notamment le Parti Socialiste, et de la réindexation du barème de l'impôt sur le revenu pour la première tranche seulement. Est-ce qu'il se trouve dans ces points-là le compromis ?

1:21
Laurent Panifous

Alors effectivement, ce sont des points qui font l'objet de longs débats que nous avons pu avoir à Bercy lundi dernier et hier. Il faudra trouver ce point de chute assez rapidement, ce point d'atterrissage pour un texte global qui comportera ces mesures, ou en tout cas des réglages encore peut-être à faire pour certaines, et qui sera ce texte de compromis, qui sera satisfaisant pour personne, disons-le tout de suite, mais qui permettra aux députés de ces six groupes, qui font une majorité à l'Assemblée nationale, de faire en sorte que malgré les compromis qu'ils ont pu faire, et que je veux saluer, qu'ils feront demain, je l'espère, notre pays sera doté d'un budget, c'est notre objectif.

1:59
Présentateur

Donc à vous entendre, vous pensez qu'il y a quand même une voie de passage vers un pacte, ce qu'on appelle de non-censure avec les socialistes. On sait que les socialistes, ils ne voteront pas le budget. Est-ce que ce pacte de non-censure, avec les éléments dont on vient de parler, est possible ?

2:13
Laurent Panifous

Moi je crois, au regard des travaux que j'ai pu mener aux côtés d'Amélie de Montchalin, je crois que c'est possible. Aujourd'hui, vous savez, nous avons un premier objectif, c'est construire un texte. Un texte qui soit acceptable pour une majorité. Et ensuite, nous verrons bien dans un second temps quelle est la manière de l'adopter. Mais on a un objectif commun également, je vous l'ai dit, c'est les 5%, c'est important, c'est-à-dire de réduire, de commencer à réduire notre déficit, qui est très important. Et collectivement, nous souhaitons avoir un budget avalant fin du mois.

2:40
Présentateur

Donc on a compris un texte de compromis. Sur la méthode, est-ce qu'on n'échappera pas au 49-3 ? Est-ce qu'il va le faire Sébastien Lecornu ? Et quand ?

2:51
Laurent Panifous

Écoutez, à ce stade, je ne peux pas vous dire quelle sera la méthode définitive pour faire en sorte que le budget soit adopté. Mais oui, le gouvernement prendra ses responsabilités pour que ce budget soit adopté à partir du mois où les députés eux-mêmes, mais ils le font, ils feront ce travail de compromis pour construire un texte acceptable. Et encore une fois, ce texte acceptable qui sera construit, je l'espère, dans les heures, dans les jours qui viennent, pourra être ou soumis au vote, ou effectivement soumis à un accord de non-censure, ou toute autre méthode. Il n'y a que trois méthodes pour adopter le budget. Le vote, le 49-3, ou les ordonnances.

Ça sera forcément une de ces trois hypothèses. Mais au préalable, quelle que soit la méthode choisie à la fin, il va falloir avoir un budget pour soumettre ce budget à cette méthode. Donc d'abord le budget, et après la méthode.

3:36
Présentateur

Quel calendrier ? Est-ce qu'on peut se dire ce matin, d'ici la fin janvier, quelle que soit la méthode, la France aura un budget ?

3:45
Laurent Panifous

Oui, c'est ça, c'est l'idée. Se mettre d'accord pour que nous ayons un budget, quelle que soit la méthode, à la fin du mois de juin, nous en avons besoin. Chacun sait aujourd'hui, beaucoup en entendent parler, que la loi spéciale, ce n'est pas une loi qui a vocation à durer. Il y aurait des conséquences à laisser lourdes pour notre économie, pour nos collectivités, pour beaucoup de Françaises et de Français. Donc le plus vite possible, il faut que nous dotions notre pays d'un budget.

4:06
Présentateur

Vous avez évoqué le recours éventuel aux ordonnances, qui reste une voie possible. C'est vraiment sur la table ou c'est quand même une méthode qui pourrait être d'ores et déjà exclue ?

4:18
Laurent Panifous

Écoutez, toutes les méthodes restent sur la table. Le choix de la méthode relèvera du Premier ministre. Donc je ne prendrai pas cette décision à la place. En tout cas, le travail qu'il nous a demandé, lui, à Amélie de Moin-Chalin, à moi et à d'autres ministres de ce gouvernement, c'est de faire en sorte qu'un texte soit construit et que ce texte soit acceptable pour une majorité de députés. Ensuite, c'est à lui, Premier ministre, de faire ce choix.

4:41
Présentateur

Vous avez compris la sortie d'Éric Lombard, l'ancien ministre de l'Économie, qui dit que la méthode Le Cornu ne marche pas.

4:48
Laurent Panifous

Écoutez, je suis assez surpris par cette sortie. Le budget de la Sécurité sociale a été voté. Et malgré le contexte extrêmement compliqué qu'on connaît à l'Assemblée nationale, c'est quand même quelque chose d'assez positif. Et je crois qu'il en serait d'accord. Nous verrons bien dans 15 jours, à la fin du mois, si le budget pour la France a été adopté, de quelle manière, et si le gouvernement de la France est toujours là. C'est à la fin du marché qu'on compte, vous savez quoi ?

5:13
Présentateur

Qu'on compte les bouses, c'est ça. Le Premier ministre qui a évoqué aussi, agité, brandi la menace d'une dissolution. Pourquoi il a fait ça ? Ce n'est pas un peu contre-productif ? Vous me parlez d'un état d'esprit qui est plutôt positif. Pourquoi agiter un bâton ?

5:28
Laurent Panifous

Écoutez, je pense en réaction d'abord aux motions de censure qui ont été déposées, les motions de posture, je dirais, par les groupes RN et LFI sur le Mercosur, parce que le gouvernement qui a dit non au Mercosur l'aurait dit de manière trop faible ou pas assez claire. Nous aurions dit oui au Mercosur, il y aurait une motion de censure. Nous serions abstenus, il y aurait une motion de censure. Nous avons dit non, il y a une motion de censure, j'appelle ça une motion de posture.

5:52
Présentateur

Vous redoutez ces deux motions de censure déposées par le RN et par LFI qui vont être étudiées, débattues demain ?

5:59
Laurent Panifous

Parfaitement, elles n'ont pas de sens, elles sont parfaitement cyniques et de plus elles nous font perdre du temps sur le sujet qui lui est majeur. Ce qui était important c'est que la France dit non, la France a dit non. vouloir censurer et perdre du temps dans cette phase budgétaire pour un pays qui est majeur, je trouve ça, encore une fois, c'est de la posture qui est regrettable et c'est du cynisme.

6:18
Présentateur

Vous dites la France a dit non et pourtant les agriculteurs sont toujours dans les rues. Il y a à peu près 150 tracteurs qui sont entrés dans Paris ce matin. Vous êtes aussi député de l'Ariège. Comment on sort de cette crise qui est une crise existentielle aussi ? Il y a le Mercosur mais il n'y a pas que ça.

6:38
Laurent Panifous

Oui, la crise est bien plus profonde et large que le Mercosur ou même que la DNC dont on a pu parler à d'autres reprises. La dermatose nodulaire. C'est une profession qui traverse des crises multiples, à la fois sanitaire, à la fois économique, à la fois climatique et qui a besoin d'être accompagnée de manière globale. Ce dont cette profession a besoin ce sont des actes et pas des déclarations.

7:00
Présentateur

Il y a trop de déclarations ?

7:01
Laurent Panifous

Il y a eu par le passé beaucoup trop de déclarations et maintenant ce qui est bien c'est qu'on déclare ce qu'on fait. Et pas ce qu'on va faire. Et je crois que c'est ce que fait le gouvernement en annonçant par exemple des interdictions d'importation. C'est concret. C'est-à-dire que tel ou tel produit ne pourra plus être importé. Pourquoi ? Parce qu'il utilise des produits interdits chez nous. Jusqu'à maintenant ça n'était pas très clair. Ce qui est important c'est que les choses soient claires. Si c'est utilisé avec des produits interdits chez nous, ils ne rentreront pas chez nous. Et ce qui est important c'est de le vérifier pour le croire et donc qu'il y ait des contrôles.

7:33
Présentateur

Mais est-ce qu'il n'y a pas eu de la démagogie de la part d'Emmanuel Macron et pas que lui, de toute la classe politique sur le fait qu'il y a aussi beaucoup de gagnants du Mercosur parmi les Français ? Oui, c'est vrai. Il y avait beaucoup de gagnants. La filière du fromage, du lait.

7:46
Laurent Panifous

Il y avait des gagnants dans le Mercosur. Il y avait des perdants. Et par solidarité les uns envers les autres, nous avons dit globalement non à ce projet de Mercosur.

7:55
Présentateur

Un tout dernier mot sur le procès en appel de Marine Le Pen qui s'ouvre aujourd'hui. Elle joue gros, c'est sa candidature à la présidentielle. Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'injustice à ce qu'elle pourrait être empêchée de se présenter à cause d'une inligibilité à exécution provisoire alors qu'elle n'a pas épuisé toutes les voies de recours ?

8:14
Laurent Panifous

Écoutez, il y aurait une injustice vis-à-vis des Françaises et des Français si elle n'avait pas le même droit que les autres. Donc Mme Le Pen a droit à la présomption d'innocence comme les autres, mais le droit est appliqué et les juges appliquent le droit à Mme Le Pen. Le droit est fait par les parlementaires. Les juges l'appliquent. Si nous voulions que le droit soit modifié, il faudrait que le Parlement change ce droit. Les juges ne font qu'appliquer le droit voté par les députés.

8:37
Présentateur

Donc malgré les sondages, malgré tout ça, vous trouveriez ça légitime finalement qu'elle ne soit pas candidate si elle était condamnée ?

8:46
Laurent Panifous

Écoutez, si le juge en décidait ainsi, je ne discuterais pas une décision de justice, elle serait la même quelle que soit la personne dans notre pays.

8:53
Présentateur

Merci beaucoup Laurent Panifousse, bonne journée à vous.

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