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interviewFrance Inter — Questions politiques· 30 août 2020 54 min

Jean-Luc Mélenchon : "Danièle Obono fait l'objet d'un harcèlement raciste et sexiste depuis des mois"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

Bonjour et bienvenue dans Question Politique. Nous sommes ravis de vous retrouver pour une nouvelle saison et merci d'être au rendez-vous du dimanche de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité, sa parole est très attendue. Quelle analyse fait-il de cette rentrée politique, sociale, culturelle très particulière ? Une rentrée sous haute contrainte sanitaire. Comment faire de la politique dans ce contexte ? Comment s'opposer aussi ?

Question politique est en direct avec le président du groupe la France Insoumise à l'Assemblée Nationale et députée des Bouches du Rhône, Jean-Luc Mélenchon, pour intervenir l'application France Inter et les réseaux avec le hashtag QuestionPol.

0:46
Présentateur

France Inter, Ali Badou, Question Politique.

0:50
Invité

Bonjour Jean-Luc Mélenchon. Bonjour. Et bonne rentrée, merci d'être l'invité de France Inter, du journal Le Monde et de France Info pour vous interroger l'équipe de Questions Politiques, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions. Bonjour Nathalie. Bonjour Ali, bonjour Jean-Luc Mélenchon, bonjour à tous. Bonjour Françoise Fresseuse. Bonjour Ali, bonjour à tous. Et bonjour Laurence Perron. Bonjour Laurence. Bonjour. Laurence Perron qui a préparé votre portrait Jean-Luc Mélenchon et nous le découvrirons ensemble tout à l'heure. Écoutez, ce sera une surprise. Je vais en faire une petite collection des portraits. Ah bah écoutez, vous faites bien, ça en fait quelques-uns.

Les miroirs ont leur part de vérité. Exactement, on pourra bientôt les afficher dans une aile du Louvre peut-être. On va commencer très sérieusement avec le tollé de protestations après la publication du dernier numéro du magazine Valeurs Actuelles. Un magazine où l'on trouve un épisode du roman de l'été de Valeurs Actuelles, où la députée et la France Insoumise Daniel Obono est représentée en esclave au XVIIIe siècle au Tchad. Il y a eu un tollé de protestations, des réactions politiques de tous bords. Valeurs Actuelles a présenté ses excuses à Daniel Obono. Est-ce que d'une certaine manière vous êtes rassuré ? Rassuré à la fois par les excuses et par l'unanimité dans les condamnations ?

1:56
Jean-Luc Mélenchon

Les excuses, non. Parce qu'elles sont extrêmement hypocrites. On voit qu'ils le font contraint et forcé. Mais en effet, il y a quelque chose de rassurant dans ce qui s'est passé. Car maintes fois dans le passé, on a eu l'impression d'être abandonné. Daniel Obono fait l'objet d'un véritable harcèlement raciste et sexiste depuis des mois. Et je dois dire que je vois, avec une certaine émotion, cette unanimité, le président de la République, le président de l'Assemblée Nationale, des gens de tous bords politiques dire non, ça c'est trop, c'est pas possible, on peut pas continuer comme ça. Mais du coup, ça doit faire réfléchir tout le monde.

Il y a des gens qui nous harcèlent depuis des mois et des mois. Daniel Obono en tête sur le thème votre façon de dénoncer le racisme est elle-même raciste. Et on a en quelque sorte rendu Daniel Obono en quelque sorte coupable de ce dont elle voulait se défendre. Et d'être au fond racisée. Et bien si maintenant vous comprenez pas le mot, c'est l'occasion de le comprendre. Alors explication. Je sais que la racisation de la politique...

2:59
Présentateur

Vous reprenez-vous ce terme, raciser ? C'est un terme que vous employez facilement.

3:03
Jean-Luc Mélenchon

Parce que c'est une dénonciation, vous vous rappelez, vous êtes femme, donc vous le comprenez bien. Il y a eu un moment où il y a eu une critique du genre. On disait, évidemment on est capables tous de comprendre la différence biologique entre un homme et une femme. Mais il y avait un courant intellectuel qui disait le reste c'est une construction intellectuelle, les rôles qu'on assigne aux femmes, la culture qu'on leur prête. Et cette critique du genre au sens intellectuel du terme a été transformée en une théorie du genre. Ce qui était absurde.

De la même manière, ceux qui dénoncent la racisation dénoncent l'assignation à résidence, si j'ose dire, de couleur de peau ou de religion, de ceux qui racisent la politique. Et ceux-là, on les dénonce en disant « Ah vous utilisez le mot raciser, donc vous croyez que les races existent ». Mais non, c'est précisément le contraire. C'est parce que nous sommes universalistes que nous dénonçons la racisation. Je veux profiter de l'instant pour juste pointer du doigt un exemple. Aujourd'hui, en ce moment, à Marseille, a lieu une commémoration du débarquement en Provence des troupes d'Afrique du Nord et subsahariennes qui ont libéré la patrie de l'envahisseur allemand nazi. Bon, voilà.

Eh bien, que chacun s'en souvienne. Les êtres humains sont semblables et ils finissent par se coaliser contre les nazis. Mais vous savez qu'eux aussi ont été racisés parce qu'on les trouvait trop noirs et trop arabes. Si bien qu'à la fin, on en a rajouté d'autres pour dire « Bah écoutez, on va un petit peu élargir le spectre des pauvres ». Bien sûr, c'était une autre époque. Mais aujourd'hui, je mets en garde les journaux qui se spécialisent dans ce harcèlement à dénoncer des indigénistes et des racistes partout. Je les mets en garde. C'est à cause de ça que d'autres sont obligés de faire de la surenchère comme valeurs actuelles. Françoise Fressose, puis Nathalie Saint-Cricain.

4:50
Invité

Est-ce que vous êtes décidés ou non à porter plainte ou pas ?

4:54
Jean-Luc Mélenchon

Ça, c'est Daniel qui va le dire. Parce que, voyez-vous, d'abord, nous, on perd tous nos procès. On est insoumis, donc on est mal vus. Bon, mais c'est pas seulement ça. Vous considérez que la justice n'est pas indépendante ? Non, la justice... Non, on verra. Enfin, que chacun fasse ce qu'il croit bon pour lui. Mais, voyez-vous, Mme Fressose, lisez le texte de Valeurs Actuelles et vous allez ressentir vous-même cette gêne. Je vais vous dire ce qu'il y a de gênant dans ce texte. C'est qu'ils ne comprennent pas qu'une femme représentée en esclave puisse se sentir humiliée d'être présentée deux fois comme une chose. C'est-à-dire comme une femme et comme une esclave.

Et que cette humiliation est une violence qu'on cherche à repousser, mettre de côté. Ils ne le comprennent même pas. Ils pensent que c'est juste une caricature rigolote. C'est comme quand Charlie Hebdo, quand j'avais dit « C'est la rue qui a libéré la France du nazisme » m'a représentée avec un uniforme FFI en train de tomber une femme. C'est-à-dire qu'ils ne comprenaient pas la violence absolue qu'il y avait à réduire la résistance aux nazis à des tombeurs de femmes. Ces gens manifestent une indifférence à l'être humain qui, moi, me choque beaucoup. Ils ont très mal pris, d'ailleurs,

6:06
Invité

que vous les assimiliez, d'ailleurs, à Valeurs Actuelles. Et Charlie, et Marianne, par exemple, pour ne prendre que ces titres de presse, puisque ce sont ceux que vous avez évoqués dans un tweet.

6:15
Jean-Luc Mélenchon

Mais je sais bien qu'ils ne sont pas racistes, je l'aurais dit. Mais je leur ai dit, vous êtes les bagagistes. Parce que vous passez votre temps à jeter des pierres sur Daniel Obono et après, vous vous étonnez que la droite extrême lui jette carrément des boulets. Mais c'est vous qui préparez le terrain. Alors, on a quand même le droit de discuter. Parce qu'eux ne se gênent pas pour dire que nous faisons l'apologie des indigénistes, etc. Ils doivent accepter la critique. Mais dès qu'on les critique, on a été jusqu'à faire parler les morts. Charlie prête à Charb des intentions contre moi. Tout ça est stupide.

Essayons de profiter de ce moment en particulier pour essayer de devenir tous meilleurs. C'est possible quand même. Nathalie.

6:51
Invité

Jean-Luc Mélenchon, si tout le monde évidemment condamne ce qui est de nos valeurs actuelles, il y a une phrase de Stéphane Le Foll ce matin, je crois dans une interview, où il dit que les insoumis n'ont pas un discours clair sur la République. Est-ce que vous considérez que ça aussi, ça fait partie d'une forme d'attaque qui serait totalement injuste vis-à-vis de vous ?

7:06
Jean-Luc Mélenchon

Ce n'est pas ce que dit le plus intelligent Le Foll dans cette interview. Il dit des choses intéressantes politiquement. Mais celle-là, non. Mais si vous voulez, ça fait partie du petit jeu. À un moment donné, on a répété sur tous les tons qu'il y avait des antisémites partout et qu'on était complaisant avec eux. Alors il y a même eu une, une, une fois du Parisien. Ça suffit parce qu'il y avait des croix gammées sur un portrait de Simone Deuil. En effet, c'était odieux. Et puis après, on a découvert que 80 signes de cette nature étaient le résultat d'un même personnage qui va être complètement dérangé, qui faisait le tour et faisait des croix gammées partout.

Par conséquent, à chaque fois, essayons de faire preuve de mesures et ne pas donner à des événements une importance qu'ils n'ont pas. Vous voyez l'affaire de Grenoble, où pendant trois jours, tout le monde discute de la violence, quelque quoi. À la fin, on découvre que c'est des gens qui jouaient une scénette pour un clip je ne sais quoi. Donc un peu de retenue et moins de goût pour le sensationnel. Et je pense qu'on ira tous mieux. Nathalie, avant d'arriver à la rencontre.

7:59
Invité

Quand Emmanuel Macron, je change un petit peu de sujet, mais c'est assez proche, parle d'ensauvagement et dit qu'il y a un problème d'autorité en France et parle de la banalisation de la violence. Comment est-ce que vous considérez, vous, le climat qu'il y a en France aujourd'hui ?

8:12
Jean-Luc Mélenchon

Alors, j'ai plusieurs choses à dire sur ce sujet. Il y a évidemment une culture de la violence qui se répand. Je ne vais pas donner de nom, mais imaginez une chaîne qui projette des films et des séries. Installez-vous devant, vous avez payé votre cotisation, et essayez de trouver des films ou des séries qui ne soient pas violents, qui ne soient pas continuellement la même histoire angoissante de crimes, de meurtres et de policiers plus ou moins corrompus qui leur courent derrière. Essayez de trouver un spectacle apaisant. Alors heureusement, il y a quelques séries argentines ou turques qu'on peut aller voir et qui sont beaucoup plus apaisantes. Enfin, c'est l'essence vieille comme l'âme.

8:50
Invité

La Turquie, pour le calme et la non-violence, c'est un peu particulier.

8:53
Jean-Luc Mélenchon

Non, mais madame, les œuvres d'art turques ne sont pas forcément celles de M. Erdogan. Il pratique dans un autre domaine, lui. Mais je vous rappelle, puisque madame Fresson est là du Monde, que le journal Le Monde avait qualifié ce régime d'islamisme modéré. Moi, j'avais dit des fascistes modérés, ça n'existe pas. Bon, alors, mais je comprends ce que voulait dire Le Monde à l'époque. Donc, non, là, je parle d'une série turque, je vous invite à les regarder. Non, mais ne partons pas dans tous les sens. Oui, l'ensauvagement. Mais je pars dans le sens de l'ensauvagement. C'est elle qui me dit que les turcs sont des sauvages. Je réponds que non. Non, mais j'allais vous dire, par exemple,

9:22
Invité

que la violence, on la trouve aussi chez Sophocle, et peut-être sous une version encore plus dure que celle qu'on peut constater dans les séries télé.

9:28
Jean-Luc Mélenchon

Ouf, la série des atrides. Et dans la Bible. Où la femme d'Agamemnon lui fait manger ses propres enfants. Mais non, mais attendez. Alors, donc l'ensauvagement. Oui, non, mais il y a un harcèlement de l'image, je ne suis pas le premier à le dire, d'une culture de la violence qui s'affiche tout le temps. Alors, tout le monde vit dans une atmosphère anxiogène qui a été créée. Bien sûr, il y a de la violence. Mais, si nous regardons, à moins de considérer que toutes ces statistiques sont fausses, ce n'est pas vrai. Il n'y a pas une augmentation objective de la violence. Attention, je ne dis pas qu'il n'y a pas de violence.

Je dis qu'il n'est pas vrai que la société dans laquelle nous évoluons soit plus violente qu'à d'autres époques. Mais, que voulez-vous ? Le succès d'un film comme Orange Mécanique, pour les plus anciens, vous vous en rappelez, eh bien, a créé une espèce d'habitude dorénavant de mettre en scène la violence comme un spectacle. Et vous avez encore des spectacles de violence qui sont donnés de manière quasi permanente. Quand on a parlé, par exemple, de la chasse à la glu, eh bien, vous pouvez dire « Ah, ben, ça n'a rien à voir, monsieur Mélenchon. » Si, ça a à voir. C'est que c'est d'une cruauté totale et que certains disent « Ah, ben, c'est une cruauté qui est normale.

» Quand nous parlons du traitement qui est infligé aux animaux, ça a à voir. Bref, moi, je proteste contre la culture de la violence. Et après, je ne crois pas qu'il y ait un ensauvagement. Ceux qui disent ça n'ont jamais lu un livre d'histoire, n'ont jamais lu un livre de sociologie, ne sait pas ce qui s'est passé dans le passé. Et c'est M. Badou, qui est un philosophe connu et respecté, qui vous rappelle que toutes les tragédies de Sophocle, à commencer par l'histoire d'Oedipe et quelques autres, ne sont pas exactement des spectacles de douceur qui ont été donnés.

11:04
Invité

Sans compter la Bible.

11:06
Jean-Luc Mélenchon

Française François. La Bible, n'en parlons pas. C'est vous qui en prenez la responsabilité. Je l'apprends. Madame Saint-Cricq, si jamais je le dis, on va dire que j'encourage l'antisémitisme.

11:13
Invité

Vous parlez de la culture de la violence, je voudrais vous parler de la culture de la radicalité. Parce que ce qui m'a frappé, vous, dans votre discours de rentrée de la semaine dernière, c'est, au fond, un discours extrêmement apaisé et un discours extrêmement rassembleur. Est-ce que vous estimez que dans le contexte actuel, qui est assez violent, assez éruptif, votre responsabilité, c'est aussi de baisser le ton ? Oui.

11:35
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon. Oui, Madame Fresseau. Sans détour, oui. Et ça repose aussi, tout à l'heure, Ali Badou posait la question en ouvrant notre émission. Il disait, comment on peut faire de la politique dans un moment comme celui-ci ? Il est certain que, dans un moment comme celui-ci, où la société est en train de se disloquer, et elle va entrer dans des phases de dislocation encore plus grandes, parce qu'un chômage de masse va saccager toutes les relations sociales, et parce que l'impact du déchaînement de la crise climatique va désorganiser les réseaux d'eau, d'électricité, et ainsi de suite.

Dans ces circonstances-là, on ne peut pas faire de la politique autrement qu'en partant de la façon avec laquelle les gens ressentent la situation. La politique, elle n'a pour exclusif en jeu, c'est la conscience des gens. Dans ces situations, le livre de Pablo Servigne qui s'appelle L'entraide et quelques autres nous apprennent que les êtres humains L'anthropologie nous apprend, c'est-à-dire la science des êtres humains, que les êtres humains se serrent les coudes et c'est comme ça qu'ils survivent. Donc moi, je veux aider à serrer les coudes.

Ça ne veut pas dire renoncer à la conflictualité, ne pas désigner les responsables de ce désastre, mais toujours chercher des solutions qui nous permettent de sortir tous par le haut et en particulier la France qui est une grande puissance, qui a donc des moyens de sortir par le haut de la crise dans laquelle nous entrons. Vous parliez de vous serrer

12:56
Présentateur

les coudes, donc là, vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a eu une université d'été des socialistes à laquelle vous n'avez pas assisté, certains membres de votre mouvement insoumis y sont venus.

13:06
Jean-Luc Mélenchon

Oui, il y en a partout des insoumis. Voilà,

13:08
Présentateur

et alors vous avez eu une initiative assez curieuse, c'est-à-dire que quelques minutes avant le discours d'Olivier Faure, le patron du PS, est arrivée cette lettre à tous les partis politiques, sauf au PS, demandant de construire ensemble un programme commun en vue de 2022.

13:22
Jean-Luc Mélenchon

Alors, non, non, alors vous aurez, voilà, je vais vous expliquer, c'est maintenant, on passe à ça. Écoutez, allez, puisque ça se présente, réglons cette question. D'abord, je voudrais terminer sur la question qui m'a été posée. J'ai appelé cet état d'esprit, Madame Fresseuse, passer de la stratégie de la conflictualité à la stratégie des causes communes. Proposons des causes communes d'êtres humains à tout le monde. Alors, sur le plan politique, ce n'est pas la même chose. Résumons la difficulté du moment. Elle est que, si on se met tous d'accord, puisqu'on nous invite sans cesse à le faire. On, c'est qui ?

On, alors ça veut dire tout ce qui est dans l'arc de la gauche traditionnelle, plus nous, quoi. C'est-à-dire, PC, rouge, rose, vert, j'ai lutté des années pour ce truc-là, plus insoumis. Bon, si on se mettait d'accord, ça serait sur le plus, l'offre la moindisante, ce qui ne fâche personne. Si on fait ça, plus personne n'écoute, et nous ne pourrons pas vaincre l'ennemi numéro un, qui est l'abstention. Les gens ne veulent plus de ces combis. Bon, problème numéro deux, si nous ne le faisons pas, nous pouvons être émiettés et se mettre en risque. Donc, certains vont répétant, comme des moulins, à parole, l'unité, l'unité, comme si l'unité était un programme. Ça ne l'est pas.

Certains, c'est qui ? Ah ben, vous en avez partout. Des groupes et des gens de bonnes intentions, parce que j'en connais plusieurs qui sont de bons copains et qui je m'entends très bien. Mais je leur dis, écoutez, c'est une vue de l'esprit. C'est une vue de l'esprit. Alors, il y a des sujets où, en effet, on peut s'entendre, régional, départemental, les contradictions fondamentales qui nous opposent n'y sont pas présentes. Par exemple, la forme de l'Europe, par exemple, l'État, par exemple, la planification, encore qu'on peut en faire à l'échelle régionale. Par exemple, la VIème République. Alors ça, c'est les gros sujets qui nous séparent. Ils n'existent pas dans ces deux élections.

Donc, il y a moyen de s'entendre avec ceux qui accepteraient un programme de rupture écologique et anticapitaliste. On pourrait faire des programmes. Mais, il ne faut pas raconter d'histoire. Pour ce qui est des grandes orientations, c'est le peuple français qui doit trancher. Alors,

15:21
Invité

ça veut dire que, comme vous dites vous-même que la présidentielle, c'est l'élection phare et capitale dans le pays, ça veut dire que vous assumez l'idée d'y aller tous séparés et finalement de perdre à cause de ça.

15:31
Jean-Luc Mélenchon

Voilà. Alors ça, c'est le... Voilà. Vous avez très bien répété, Madame Saint-Cricq, la mantra dominante, perdre à cause de ça. Alors, Madame Saint-Cricq, comme vous êtes une analyse politique, je voudrais vous poser la question. Quand y a-t-il eu, une seule fois dans ce pays, une candidature unique de ce qui a paix la gauche ?

15:49
Invité

Il peut y avoir une primaire. On peut envisager des choses. On n'est pas obligé de se faire des choses passées. Je vous pose la question. Nous avons 30 ans d'histoire derrière nous.

15:55
Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon. Oui, mais je... Parce que Madame Saint-Cricq, Madame Saint-Cricq, ben voilà, quelqu'un qui faut au moins un effort.

16:03
Présentateur

Ben oui, en 1977, le programme commun, vous allez me dire qu'il manquait des gens. Non, mais ça a lui de répondre. Mais oui, mais je vais répondre. D'accord.

16:09
Jean-Luc Mélenchon

Eh bien, jamais. Il y a eu, en 1965, la candidature unique de François Mitterrand. François Mitterrand, le parti communiste et le parti socialiste. Bon. Et puis, la deuxième fois, ça a été 1980, mais en 1980, il y avait François Mitterrand, Georges Marchais à 16%, une candidature du PSU, etc., etc. Toutes les autres élections, sans exception, on a eu plusieurs candidatures, même en 1974, où François Mitterrand est le candidat commun du PC et du PSU.

16:42
Invité

Vous ne croyez pas à une candidature commune qu'on comprenne tout simplement ? Non,

16:48
Jean-Luc Mélenchon

je... Non, non, non, ne résumons pas. Je dis juste que l'antienne d'après laquelle, la répétition, le refrain, d'après lequel, s'il n'y a pas une candidature commune, il est impossible de gagner, n'est pas vérifié. Il n'y avait pas Marine Le Pen au deuxième. D'accord, il n'y avait pas non plus Jean-Luc Mélenchon, etc., etc. Vous découvrez que le temps a passé. Non, pas des tautologies, sinon on ne peut plus discuter. Discutons sérieusement. les choses, et c'est ce que nous faisons Jean-Luc Mélenchon. Donc, les efforts politiques dans le passé, ce que je veux dire, c'est que ce qui importe, ce n'est pas l'unité pour l'unité.

Ce qui importe, c'est de présenter, de proposer des thèmes aux Français qui rassemblent une majorité. Au risque. Si vous n'êtes pas capable de rassembler, et je vais vous dire comment, le programme commun a vaincu, je termine, le programme commun a vaincu en 1981, c'était un programme, et ça faisait plus de 10 ans qu'on se le trimballait et qu'on l'expliquait aux gens. Moi, mon programme, l'avenir en commun, il vient du programme l'humain d'abord, et il vient des programmes des associations et des syndicats. Vous ne pouvez pas gagner en France si vous n'avez pas une hégémonie, comme on dit, une hégémonie culturelle et politique. C'est pas le détail de construire. Justement,

17:57
Invité

ce qu'on sent dans la période qui est très intéressant, c'est qu'au fond, il y a une dispute sur l'hégémonie possible autour du thème de l'écologie. Vous l'avez portée, et puis les écologistes ont remporté des scores importants aux élections européennes et municipales. Et on sent bien qu'aujourd'hui, c'est cette compétition entre écologistes et mélenchonistes qui se joue pour la présidentielle. Donc pourquoi est-ce que vous estimez... Peut-être, mais vous savez... Pourquoi estimez-vous que ce seriez-vous qu'aurait l'hégémonie ?

18:24
Jean-Luc Mélenchon

Alors, déjà, disons que c'est une bonne compétition si c'est celle-là qui domine la scène. Parce que ça veut dire que d'abord, ce sont des gens qui défendent les biens communs qui dominent la scène. Pardon, mais j'ai connu dans les années 90 une situation où dès que vous parliez du mot commun, vous regardez comme une bête bizarre. On a entendu M. Jadot. Alors certes, il a le défaut de tenir les propos qui conviennent au public qui l'écoute, mais là, c'était un avantage. Il a dit qu'il était un homme de gauche qui avait toujours été sa famille, que ses parents étaient communistes et je ne sais quoi. Tout ça est très bien.

Ça veut dire que tout d'un coup, dans notre espace, notre espace culturel, notre famille au sens large, qui va des socialistes, les anarchistes, les libertaires, des communistes, les écologistes, les insoumis, dans cet espace-là, enfin domine l'anticapitalisme et l'antilibéralisme et l'idée des biens communs. Donc ça, c'est positif. Alors après, vous me dites pourquoi... Mais dominez-vous,

19:15
Invité

famille, je vous hais.

19:16
Jean-Luc Mélenchon

Pourquoi ? Non, non, mais je vous laisse avec ça, on ne peut pas me fâcher aussi avec les familles.

19:22
Invité

C'est pour l'hégémonie, comme le disait François.

19:23
Jean-Luc Mélenchon

Donc, Mme Fresseuse va un peu vite et elle dit hégémonie. Non, attendez avant de parler...

19:28
Invité

Non, il y a une dispute autour de l'hégémonie. Je n'ai pas dit hégémonie.

19:30
Jean-Luc Mélenchon

Il y a la dispute. Parce que l'hégémonie, pour l'instant, ce n'est pas moi. C'est ceux qui prétendent être tout et diriger tout. Non, mais vous avez raison. Pourquoi nous, plutôt que d'autres ? Mais je l'ai déjà dit. Le problème avec les écologistes, pour nous, ce n'est pas l'écologie. C'est le social. Et c'est la rupture avec le capitalisme. Alors, ce n'est pas une rupture en 24 heures. Moi, je ne suis pas en train de vous dire ça. Mais c'est l'idée que l'écologie politique n'est pas compatible avec le capitalisme financier du 21e siècle. Ça ne marche pas ensemble. Et je vous en donne un exemple tout bête pour ne pas que ça reste de l'abstraction.

Demandez aujourd'hui aux capitalistes d'investir massivement dans les entreprises pour changer les modes de production et la manière de produire, ils ne le font pas. Au cours des dix dernières années, les dividendes ont augmenté de 70% et les investissements privés ont réduit de 5%. Ces gens sont incapables de mettre la main à la poche spontanément pour s'occuper de transformer les méthodes de production. Et là, on va avoir besoin de tout modifier. Et on va venir justement

20:27
Invité

aux questions économiques, sociales et écologiques juste après le portrait. Encore une question de Nathalie Saint-Cricq. Je voulais juste revenir sur une interview de François Hollande. Ça va encore vous énerver dans Ouest France ? Non, ça ne m'énerve pas.

20:37
Jean-Luc Mélenchon

Vous, vous voyez que je m'énerve. Je jubile là.

20:39
Invité

Je plaisante.

20:40
Jean-Luc Mélenchon

Je surf. Il considère, lui,

20:42
Invité

que le PS ne doit ni se rallier ni aux écolos ni aux insoumis et que le PS a un rôle à jouer dans l'avenir. Est-ce que vous, vous pensez que François Hollande a encore quelque chose à dire dans le débat politique ?

20:51
Jean-Luc Mélenchon

Ben évidemment. Cet homme a dirigé pendant 11 ans le Parti Socialiste. Il a présidé notre pays pendant 5 ans. Alors tout d'un coup, alors moi, j'ai beaucoup combattu, c'est clair, mais c'est un homme politique qui porte une certaine forme de synthèse idéologique que je combats et qui en a une pratique personnelle qui m'a été personnellement assez odieuse. Bon, et puis quand même, comment vous dire, je ne serai pas le seul à dire que sa présidence n'a pas été ni même social-démocrate. Bon, mais ceci dit, ce personnage a dominé, a donné du sens à l'action de son parti pendant 11 ans et tous les autres le traitent comme un pestiféré, comme s'il ne l'avait jamais vu qui ne savait pas qui c'est.

21:32
Invité

Donc vous l'appelez toujours camarade ?

21:34
Jean-Luc Mélenchon

Comme autant du PS. Camarade, je ne veux pas le déranger, je ne veux pas le gêner, non, ça ne serait pas correct, il faut un peu le respecter, je ne vais pas l'appeler camarade. Mais c'est François Hollande, ancien président de la République, ancien premier secrétaire du parti, recordman au Parti Socialiste des Fêtes de la Rose et des pizzas de militants, donc oui, je le dis avec un peu d'humour pour que ça vous fasse sourire, mais franchement, je trouve que ce n'est pas correct comme il le traite.

Soit ils disent, écoutez, on n'a plus de voir, mais ce n'est pas lui personnellement, alors ils seraient obligés de faire de la politique tous et de me dire, oui, nous condamnons la loi El Khomri, oui, nous condamnons le crédit impôt recherche qui a été inventé par François Hollande, nous condamnons le crédit, le CICE qui nous a coûté 20 milliards, toute cette politique sociale libérale et on sortirait de ce cache-misère qui est pour les socialistes le confort d'avoir François Hollande pour recevoir des pierres à leur place.

22:25
Invité

Donc vous demandez à Olivier Faure de faire cette autocritique ?

22:28
Jean-Luc Mélenchon

Mais je le demande au Parti Socialiste pas de faire une autocritique, alors ça, c'est un truc de maoïs, ça ne me regarde pas. Mais, c'est les trotskistes, comment ça s'appelle ? Mais d'être au clair, d'être au clair sur leur bilan politique, oui ou non, ils le désavouent. Est-ce qu'ils pensent qu'ils ont fait une erreur et surtout, pas pour expier, pas pour s'auto-flageller, mais pour dire, ah ben non, ça c'est une bêtise totale, ça c'était une erreur absolue et, comme l'a dit François Hollande, que le jour où il est apparu triomphant dans sa conférence de presse en disant, tout le monde le sait, c'est la politique de l'offre qui fait marcher l'économie et pas la politique de la demande.

Alors là, il dirait, c'était une erreur, nous récusons la politique de l'offre et nous prenons la politique de la demande, on part des besoins de la population. Mais à partir de là, évidemment, il ne serait plus invité à l'université d'été du MEDEF.

23:11
Invité

Comment vous réagissez aux propos de François Hollande qui dit, il ne faut pas qu'il y ait une alliance comme ça, spontanée du Parti Socialiste, soit avec les écologistes, soit avec Jean-Luc Mélenchon. Sur le fond, comment réagissez-vous ?

23:22
Jean-Luc Mélenchon

Je le comprends, il a été premier secrétaire du parti, il est, comme tout le monde, un peu stupéfait de la décision de suicide collectif qui a été prise par Olivier Faure. C'est leur affaire, moi je ne m'en mêle pas. Mais Olivier Faure dit, on va avoir un candidat écologique. Bon, très bien, c'est un candidat écologique, fermé la maison, on passe à autre chose. Pourquoi pas ? On pourrait réorganiser les forces politiques.

Personnellement, j'aimerais, de mon côté, dans le pôle idéologique et culturel que j'incarne, je dis j'incarne parce que j'ai été deux fois candidat pour ça, eh bien, j'aimerais qu'aussi là, on fasse une fédération ou un groupe qui a un pôle alternatif et je comprends que d'autres veuillent faire un pôle de centre-gauche, je le comprends, mais ça a toujours existé cette affaire-là.

24:06
Invité

Donc vous comprenez qu'ils ne veuillent pas, comment dire ça, de manière élégante, ils ne veuillent pas se marier avec vous, vous ne voulez pas non plus convoler en juste noce avec lui ?

24:15
Jean-Luc Mélenchon

Mais, d'abord, la question n'a jamais été posée, donc vous me prenez au déboté, M. Badou, j'ai lu ce matin dans le Figaro que Hollande dit que les socialistes ne doivent pas s'abandonner à Jean-Luc Mélenchon. Ah ben, s'ils veulent, bien sûr que si, ils sont les bienvenus et je me sens une vocation de candidat commun parce que je l'ai déjà été pour les communistes et je l'ai été pour des milliers de socialistes qui ont voté pour moi

24:39
Invité

pas forcément une évidence parce qu'on peut dire qu'il y a une dynamique écolo et que ça pourrait basculer, enfin, vous voyez, quand vous dites que vous êtes dans le train et que vous avez du mal à en défendre, on ne comprend pas si c'est une...

24:48
Jean-Luc Mélenchon

Non, je parlais de ma vie, Mme Sankrick, c'est qu'à un moment donné, vous vous trouvez dans une situation, c'est un peu comme vous, quoi. Alors, pour ceux qui n'ont pas la citation en tête... Vous faites votre boulot et puis on trouve que vous le faites bien, alors on vous dit de continuer à le faire. Pour ceux qui n'ont pas

24:58
Invité

la citation en tête, la métaphore du train,

25:00
Jean-Luc Mélenchon

qu'elle est-elle...

25:00
Invité

On vous doit être à des rares personnages de ce pays qui est monté dans un train dont il n'arrive plus à descendre. Vous pensez que c'est le train de la politique, que ce n'est pas simplement une formule imagée pour le train de la vie de façon générale.

25:10
Jean-Luc Mélenchon

Non, c'est un peu philosophico-personnel parce que je suis fait comme ça et que, bon, ma vie, qu'est-ce que vous voulez, je vous dis, se confond avec un combat politique et donc, quand on a l'impression qu'on est embarqué dans une tâche et qu'on ne peut plus...

25:24
Invité

Mais vous avez envie ou pas ? Pardon ? Vous avez envie ou pas ? Vous parlez de la tentation de l'écriture après. Non, mais ce n'est pas

25:29
Jean-Luc Mélenchon

une affaire d'envie. Je suis désolé, Mme Sincric, je sais que ça permet de résumer les débats politiques à peu de choses, mais la psychologisation de la politique est un désastre. Je n'en ai jamais eu envie. J'ai fait ce qu'il fallait faire et je ne me lève pas... Si vous voulez, par rapport à tous les autres, moi, je ne cours pas après la gloire, c'est fait. Je ne cours pas après la notoriété, c'est fait. Je ne cours pas après le leadership, c'est fait. Je n'ai pas besoin de me préparer. J'ai déjà fait deux présidentielles. Ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est qu'est-ce qui est important ? Qu'est-ce qui est nécessaire ?

Vous imaginez qu'à mon âge, je ne suis pas en train de préparer une tournée de conférence en 2023 à 100 000 euros la conférence. Ce n'est pas mon sujet. Mon sujet, c'est comment pourrais-je à ce moment-là faire avancer le programme pour lequel je me sens

26:12
Invité

capable de le faire ? Tout le monde dit qu'on va se mettre au service du pays et que personne n'en a vraiment envie. C'est bien, non ? On peut soupçonner que ce n'est pas forcément authentique.

26:20
Jean-Luc Mélenchon

Mme Saint-Cricq qu'à part vous, tout le monde est menteur.

26:23
Invité

Oh, oh, ben j'allais m'attendais bien qu'il y a quelque chose que c'est arrambiqué.

26:26
Jean-Luc Mélenchon

Si les gens le disent, c'est qu'il le croit. Moi, je veux volontiers

26:29
Invité

croire que c'est leur cas. Je plaide. Nous sommes là, Jean-Luc Mélenchon, de toute façon, pour vous écouter voir pour vous croire. Vous allez voir, justement. Il est midi. Non, je ne vous crois pas capable de ça, Alibadou.

26:39
Jean-Luc Mélenchon

D'abord, vous êtes journaliste. Par conséquent,

26:41
Invité

par point de départ, vous commencez par douter. Tout à l'heure, j'étais philosophe et on commence aussi par douter quand on est philosophe. Il est philosophe journaliste, c'est pour ça que vous êtes là. Le président du groupe France Insoumise à l'Assemblée Nationale, Jean-Luc Mélenchon, est l'invité de France Inter du journal Le Monde et de France Info ce dimanche.

26:55
Présentateur

Question politique sur France Inter.

26:59
Invité

Votre portrait, justement, Jean-Luc Mélenchon, signé Laurence Perron.

27:02
Présentateur

Alors, un petit portrait bricolé avec des gens qu'en théorie, vous devriez reconnaître. Nous en étions là, Jean-Luc Mélenchon, les colères entassées fermentant dans le silence depuis 20 ans grondaient de toutes parts, la pensée se déchaînait, l'Empire effrayé se faisait appeler libéral, mais personne n'y croyait. Alors, vous teniez avec les insoumis, venez corbeaux, venez sans nombre, vous seriez tous rassasiés. Louis-Michel, la Commune. Alors, vers quel but tendiez-vous ? C'est le nom du bateau,

27:27
Jean-Luc Mélenchon

il y a 219 personnes qui sont en train de mourir, qu'on les accueille vite fait. En Méditerranée.

27:31
Présentateur

La jouissance paisible de la liberté et de l'égalité, le règne de cette justice éternelle dont les lois ont été gravées non sur le marbre ou sur la pierre, mais dans les cœurs de tous les hommes, même dans celui de l'esclave qui les oublie et du tyran qui les nie. Oseriez-vous, en revanche, encore prononcer à la tribune cette éloge que le despote gouverne par la terreur ses sujets abrutis ? Il a raison comme despote, dompté par la terreur les ennemis de la liberté et vous aurez raison comme fondateur de la République. Robespierre, dit cette pluvioze. Alors ça, en revanche, je pense que vous co-signez. J'ai parfois eu l'illusion de la victoire entière, toute prochaine et vraiment trop facile.

de notre idéal et dans le feu de la lutte contre les gouvernements de réaction systématique qui nous défiaient, qui nous menaçaient, qui prétendaient nous rejeter hors de la République, nous excommunier du droit commun. J'ai fait appel aux véhémentes énergies du prolétariat, comme j'y ferai appel demain, si les pouvoirs constitués prétendaient interdire la libre évolution légale au collectivisme et à la classe ouvrière, vous diriez sans doute aujourd'hui, révolution citoyenne et c'est Jean Jaurès. J'ai toujours été, et vous l'avez redit dimanche dernier, un républicain ait toujours été un socialiste.

Cette révolution citoyenne qui reviendra ou qui ne viendra pas parce que peut-être une partie de la difficulté à vous imposer, Jean-Luc Mélenchon, j'entends vous faire accepter de manière incontestable comme le grand rassembleur de la gauche écologique, de transformation sociale, tient peut-être en réalité à ce que vous n'êtes jamais parvenu à dépasser votre condition de dauphin, celle dans laquelle vous avez choisi vous-même de vous mettre, mais le roi est mort sans faire adouber personne, pas même vous, François Mitterrand, mais un temps viendra où des historiens parleront peut-être de vous comme ils l'ont fait de l'universel araigne. Vous savez de qui je parle ? Oui.

Alors, Louis XI, un livre que vous recommandez à tous les insoumis ?

29:16
Jean-Luc Mélenchon

Non, je le recommande à mes collaborateurs parce qu'elle leur apprend la force de l'esprit par rapport au somptueux duc, etc. Enfin bon, la bataille avec le duc de Bourgogne. C'est pas très d'actualité, mais c'est la place de l'intelligence dans la politique. Alors, quel est votre... Alors, attendez, c'est pas terminé, c'est un portrait. Je voulais citer un roi

29:36
Présentateur

qui a été assez conspué dans l'histoire.

29:38
Jean-Luc Mélenchon

L'ancien régime, c'est pas trop mon truc. C'est vrai. Un roi du XVe siècle.

29:42
Présentateur

Alors, à cette époque, les écrivains s'emparèrent de lui sous prétexte de romantisme pour faire de sa vie un sujet de cauchemar. Pourtant, dit son biographe, Paul Murray Kendall, pourtant, ce personnage controversé a sans doute, sans doute dû au fait qu'il était le précurseur, qu'il contribuait à façonner notre monde moderne, un monde où nous avons appris à nous méfier du rêve. Et là, c'est pour vous.

30:01
Jean-Luc Mélenchon

Je m'enviens à la leçon que m'a donné peu de temps avant qu'il disparaisse, celui dont j'avoue avec fierté qu'il était un maître a pensé pour moi le président Mitterrand. Il me dit, le président Mitterrand, ne cédez jamais. Marchez votre chemin. Je marche, monsieur.

30:26
Invité

Waouh. Commentaire, Jean-Luc Mélenchon,

30:29
Jean-Luc Mélenchon

de... Ça, c'est un très beau moment de ma vie et un discours qui a marqué. Effet contexte ? Il y avait une petite situation qui était drôle. Monsieur François Hollande avait été désigné comme premier secrétaire et naturellement, tous les autres ont accepté. Il était en face de moi. Il était tout blanc parce qu'ils venaient tous de réaliser que c'était le premier congrès qu'on faisait après le décès du président Mitterrand et que pas un d'entre eux n'avait pensé à évoquer sa mémoire et moi, il a compté pour moi comme vous le savez.

Alors, je sais qu'il y a beaucoup et c'est normal de polémiques autour du bilan de son oeuvre mais moi, je ne peux pas effacer l'importance qu'il a eue pour nous tous à ce moment-là. Quant au portrait, il est magnifique que vous venez de faire. Il y a des superbes citations. Bon, moi, je ne sais pas pourquoi vous m'inventez une vocation ou une carrière de numéro 2. Je n'ai jamais cessé de mener mes combats, de les diriger moi-même et j'espère peut-être qu'un jour, les destins me conduiront à avoir des responsabilités mais je suis, si vous voulez, quelque chose m'est arrivé en route que connaît Badou.

C'est la rencontre avec la philosophie qui vous rend, comment dire, qui vous fait relativiser votre propre existence. Finalement, je pense à Simon Bolivar dans Garcia Marquez, le général dans son labyrinthe, il lui fait dire j'ai labouré la mer et se met le vent. Oui. Bon, mais Bolivar a la nourriture.

31:53
Invité

Citation,

31:54
Jean-Luc Mélenchon

qu'est-ce qu'elle veut dire ? Eh bien, elle veut dire qu'il faut savoir être humble devant ses œuvres mais il ne faut jamais cesser de vrai et puis le reste vous sera donné par surcroît et quand on, cet été, j'ai fait une évocation en disant le silence de la nuit et des étoiles parce que nous avions la nuit des étoiles quelques jours avant notre meeting et j'ai dit ce silence vous parle parce qu'il éveille la voix de votre conscience et votre cœur. L'univers ne va nulle part, il n'a aucun sens et le seul sens qui existe c'est celui qu'on donne par nos vies.

Alors ça c'est un peu d'existentialisme cher Ali Badou mais voilà on peut être à part l'humanisme qu'on va introduire dans le combat le reste on laboure la mer et on sème le vent. C'est très beau ce que vous dites mais j'ai quand même

32:37
Invité

une interrogation fondamentale par rapport au personnage Mélenchon parce que selon les émissions qu'on fait on n'a jamais affaire au même personnage. C'est-à-dire que parfois vous êtes très philosophe parfois vous êtes très rassembleur parfois vous êtes très éruptif très disruptif donc... Drôle sur TikTok quand vous citez une chanteuse Weshden de 16 ans qui dit hors de ma vue et qui a signé l'un des grands tubes de l'été. Pardon, est-ce que vous pouvez admettre qu'il y ait comme une interrogation fondamentale sur qui est Jean-Luc Mélenchon ?

33:08
Jean-Luc Mélenchon

Eh bien écoutez je me la pose aussi cette question voyez-vous comme tous les êtres humains eh bien je suis suivant les circonstances d'un caractère et d'une humeur différente mais pour le reste je suis extrêmement constant dans mes points de vue dans mes analyses et vous avez derrière moi 50 ans de combat politique pour le vérifier bon je ne peux mettre que ça sur la table comme vous madame Fresseuse comme nous tous ici qu'ai-je fait quelles sont mes oeuvres c'est mes oeuvres mon travail qui témoigne pour moi pour le reste je suis un être humain assez banal un homme assez banal et j'appartiens à une génération et à une origine culturelle que tout le monde connaît je suis un pied noir d'origine je viens du Maroc et chez nous on parle fort avec les mains et voilà mais ça ne veut pas dire ne sombrons pas dans le je ne dis pas que vous l'ayez fait dans la caricature qui voudrait que les méridionaux parce qu'ils parlent fort ce qu'ils disent n'est pas intéressant

34:01
Invité

juste une toute petite question

34:04
Jean-Luc Mélenchon

les gilets jaunes

34:04
Invité

appellent le 12 septembre à une grosse journée d'action est-ce que vous soutenez cette idée ou alors ce que vous dites en ce moment c'est vraiment pas le moment

34:10
Jean-Luc Mélenchon

ah je pense que c'est le moment parce qu'on n'a pas dit que vous savez on n'a pas dit qu'on arrêtait le combat et qu'on allait rentrer sagement à la maison alors eux ils font ça ils vont essayer de maîtriser cette affaire j'espère que le préfet l'allemand ne s'en occupera pas donc il ne devrait pas y avoir d'incident bon alors disons que madame Saint-Crie c'est l'occasion pour moi de dire aux français qui nous écoutent qu'il faut quand même se rendre compte que c'est dans le monde entier qu'il y a des révolutions citoyennes et des irruptions de la base de la société là depuis deux jours c'est Aline Maurice la semaine dernière c'était la Biélorussie peu avant c'était le Mali et ainsi de suite partout les sociétés se fracassent sur la crise écologique et sur la crise sociale et elles se mettent en mouvement ce qu'on appelle une révolution citoyenne c'est ça c'est le moment où les gens contre les institutions veulent récupérer le contrôle de leur vie alors bon ça aura lieu aussi en France c'est déjà commencé depuis le mouvement des gilets jaunes qui est une forme avant-coureuse du mouvement qui finira par se produire je ne sais quand vous savez on se trompe toujours dans les prophéties et je ne suis pas le seul autour de cette table à m'être déjà beaucoup trompé sur le sujet

35:14
Invité

loin de là il y a aussi la contrainte épidémique puisque c'est un contexte qu'on ne peut pas ignorer et qui pour le coup la contrainte s'impose partout dans le monde et en France Françoise Fresseuse alors il y a tout un débat sur le port du masque obligatoire de plus en plus dans les villes parce que l'épidémie enfin recircule est-ce que vous vous êtes sur la thèse de dire oui il faut obéir ou est-ce que vous dites au fond arrêtons la tyrannie hygiéniste comme le dit Ségolène Royal Jean-Luc Mélenchon

35:46
Jean-Luc Mélenchon

ah là là on a quand même le don pour se fabriquer des controverses franchement des fois les bras vous en tombent moi je lis des fois parce qu'on me voit porter le masque et je le porte de manière ostentatoire parce que c'est ma responsabilité de dirigeant politique de le faire on me dit vous êtes soumis bon vous êtes macroniste d'autres fois je suis le suppôt des laboratoires enfin écoutez un peu de calme un peu de raison bon le gouvernement porte une responsabilité terrible dans le fait que les gens ne savent plus quoi croire enfin ils ont répété pendant des mois qu'il ne fallait pas mettre deux masques tout d'un coup il faut en mettre tout c'est obligatoire et pour terminer le tableau ils le font dans des conditions qui sont inapplicables alors dans certains endroits c'était une rue oui une rue non dans d'autres endroits d'une manière générale on vous dit le masque sera payant tout le monde sait que les gens ne pourront pas se le payer pour une famille de 4 personnes le masque comme on l'a là le masque bleu c'est 340 euros par mois donc ils ne les ont pas donc ils vont alors il faut le masque gratuit

36:46
Invité

ça dépend où vous l'achetez

36:47
Jean-Luc Mélenchon

bon non mais on en est à 80 j'ai vu jusqu'à 90 centimes d'euros c'est 13 fois plus cher que le départ bon ben d'accord ça fait quand même cher en attendant ça fait cher et vous savez tous très bien ce qui va se passer des gens vont se mettre sur le nez des masques qui ne servent plus à rien alors il y a un grand doute dans la population mais mon devoir n'est pas celui de monsieur madame X je parle pour tout le monde et dans ces conditions moi je crois à la discipline sanitaire je voudrais l'exiger et l'imposer aux autres quand je propose de réquisitionner certaines entreprises quand je propose du textile quand je propose de nationaliser les boîtes qui sont fermées alors qu'elles devraient tourner à plein rendement pour produire des appareils comme les bonbonnes d'oxygène etc ou quand je propose de planifier bon alors j'applique la discipline sanitaire je me dis que je ne prends pas de risque pour les autres en l'appliquant je veux dire quand je mets un masque sur ma figure je ne me rends pas dangereux aux autres par contre si je ne le mets pas on me dit que si et comme j'ai un peu quelques connaissances disons de base vraiment très élémentaire je sais que le microbe ne vole pas il ne marche pas il se transporte par des vecteurs autres en l'occurrence les gouttelettes et donc si je retiens les gouttelettes dans le masque je diminue le risque éventuellement de le passer à d'autres je ne dis pas que j'en sois absolument certain mais je n'ai pas envie d'essayer le contraire alors beaucoup de questions le temps passe la discipline sanitaire

38:12
Présentateur

veut dire aussi distanciation sociale ou civique physique ce qui veut dire que par exemple les gilets jaunes les manifestations les grands rassemblements sont aussi des moments qui pourraient être contraires à la discipline sanitaire

38:26
Jean-Luc Mélenchon

il faut faire attention voilà il faut se mettre dans les distances

38:30
Présentateur

vous comprenez qu'il y ait des interdictions de manifester au nom de la discipline sanitaire

38:33
Jean-Luc Mélenchon

celle-là je la connais on nous l'a déjà fait 100 fois pour nous interdire de manifester d'écrire de protester ils ont une imagination absolument extraordinaire mais quand on leur demande le minimum c'est-à-dire réquisitionnel industrie textile là tout d'un coup il n'y a rien au-dessus de la liberté et la rentrée scolaire elle se passe dans de bonnes conditions

38:49
Invité

selon vous puisque vous avez été ministre de l'enseignement professionnel

38:51
Jean-Luc Mélenchon

je vais profiter de l'occasion pour essayer d'éviter le noir et blanc d'abord disons que la haute administration de l'éducation nationale n'est pas la plus incompétente du monde ils savent quand même leur boule alors bien sûr il y a des gens comme monsieur Blanquer qui n'ont jamais aimé l'école publique ou son directeur de cabinet qui est carrément opposé bon mais c'est pas ça le sujet le sujet c'est tout cet encadrement et

39:11
Invité

pas sûr qu'ils soient d'accord avec vous mais bon ouais ouais

39:14
Jean-Luc Mélenchon

mais ils prennent des décisions qui bon je veux dire on peut pas non plus tout peindre en noir en disant ils sont bons à rien et tout ce qu'ils décident est stupide enfin ça ça n'a pas de sens mais par contre il faut qu'on fasse des mises en garde importantes sur pas mal de sujets permettez puisqu'on n'aura pas 100 ans pour en 11 ou 10 heures pour en parler je veux me concentrer sur la question du décrochage scolaire je lance une alerte les gamins qui étaient en cours préparatoire l'année dernière sont les bacheliers de l'année 2032 et 1 par conséquent il faut à tout prix que le rattrapage scolaire se fasse et pour ça il faut que les enseignants reçoivent les moyens c'est à dire des assistants je recommande de créer 100 000 emplois jeunes payés au SMIC comme les emplois jeunes du temps du gouvernement de Lionel Jospin qui soient sous les ordres des enseignants et qui leur permettent de se concentrer sur ces tâches de rattrapage sous les ordres des enseignants

40:08
Présentateur

vous l'avez vu dimanche vous avez eu une réponse par rapport à ça vous qui parfois arrivez à parler au patron du MEDEF

40:13
Jean-Luc Mélenchon

non le MEDEF on va en parler après si vous voulez mais non Blanquer ne m'a pas répondu je ne comprends rien à ce qu'ils font avec les gens qui veulent embaucher leur donner 500 euros tout ça n'est pas sérieux il y a une ambiance de pagaille qui m'exaspère alors un deuxième sujet que je veux profiter de la situation pour aborder le décrochage scolaire et le rattrapage dans l'enseignement professionnel les statistiques qui sont données n'ont pas de sens ce que me disent les enseignants du terrain et notamment ceux de mon académie là-bas ex-Marseille c'est que ce décrochage a atteint le 20 ou le 30% dans certaines sections le 50% et à un moment donné tout le monde il n'y avait plus personne pourquoi c'est comme ça ?

parce que les élèves de l'enseignement professionnel sont souvent père et mère de famille quand ils arrivent au bout de leur cursus à peu près au niveau du bac pro et donc ils se sont trouvés confrontés à des urgences sanitaires alimentaires etc qui les ont arrachés à l'école il faut rattraper il faut donc leur donner les moyens de revenir je demande qu'on garantisse aux élèves du niveau bac pro un revenu qui leur permette d'être entièrement à leurs études et pas le soir au travail et le samedi dimanche aussi et j'attire l'attention sur le fait qu'aucun pays développé ne peut être développé sans les cadres intermédiaires que produit l'enseignement professionnel bac pro de toutes les catégories je vraiment j'alerte monsieur Blanquer ne le comprend pas il pense que l'apprentissage va lui régler tous ses problèmes ça prouve qu'il ne comprend pas que l'apprentissage ne peut que reproduire les métiers existants tandis que l'enseignement professionnel par la culture générale scientifique et technique qu'il distribue au contraire permet à un travailleur de s'adapter aux nouvelles normes là aussi on aurait besoin d'assistance les professeurs d'atelier d'enseignement technique pourraient recevoir l'aide d'assistants d'éducation que l'on prendrait parmi les travailleurs d'élite qui se trouveraient au chômage partiel c'est à dire les plus brillants des tourneurs les plus brillants des chaudronniers les plus brillants des électriciens pourraient être appelés pour un temps par exemple une année à être les assistants des professeurs d'atelier au chômage partiel mais bossant dans des établissements pro ben voilà puisqu'ils ont le chômage partiel on compléterait et qu'ils viennent dans l'enseignement pro vous savez les profs d'atelier en enseignement pro ce sont des avant étaient des ouvriers en général c'est plutôt les meilleurs quoi qui viennent là et ça c'est très important parce que le transfert de savoir dans les domaines professionnels il y a la partie enseignement général et puis il y a la partie technique qui est très importante Françoise Fresseuse

42:59
Invité

on vous sent très en proposition est-ce que c'est peut-être aussi parce que vous sentez que le climat général a changé et que du côté du gouvernement il y a aussi des ajustements par exemple vous dites vous êtes pour la planification et on apprend qu'un commissariat général au plan va être installé vous dites il faut que l'état prenne sa place dans l'économie on voit des plans de relance qui succèdent à des plans de soutien à l'économie est-ce que vous estimez que le climat général est en train de changer et qu'au fond il peut y avoir des mesures que vous proposez qui puissent être reprises

43:32
Jean-Luc Mélenchon

oui le climat est en train de changer parce que tout le monde s'aperçoit de la sottise de la métaphysique de la main libre du marché qui ajusterait l'allocation du capital au bon endroit c'est des histoires ça n'a jamais marché mais enfin comme en gros l'économie monde tournait alors on pensait que demain serait meilleur et puis on faisait toutes sortes de théorèmes sur le sujet maintenant tout le monde comprend que les sociétés qui résistent le mieux à la destruction sont celles qui ont les structures collectives les plus denses je ne dis pas que j'approuverai leur façon de faire mais nous les français on a une tradition dans ce domaine la planification ce n'est pas Staline qui l'a inventé c'était sous De Gaulle donc on peut penser qu'il y a là du bon et la présence de l'état organisateur j'estime que c'est une grande victoire idéologique de notre part que d'avoir fini à force de le répéter d'abord par surmonter la méfiance qu'il y avait à l'égard de ce mot au point que le président Macron qui est quand même un libéral échevelé finisse par créer un comité de la planification je pense que

44:30
Invité

donc vive François Bayrou

44:31
Jean-Luc Mélenchon

François Bayrou n'est pas le pire pour faire ça parce que c'est au moins un qui y croit et il est du centre et puis il nous facilite le travail le jour où nous nous gouvernerons on n'aura pas besoin de créer un comité de planification et d'aller sur les plateaux s'expliquer qu'on n'est pas en train de faire l'Union soviétique

44:46
Invité

vous avez vu vous avez vu madame Fresseau

44:50
Jean-Luc Mélenchon

vous avez vu le titre de l'opinion ils m'ont beaucoup amusé c'est un journal libéral et en gros ils avaient mis au secours le plan revient j'ai adoré c'était ma fête ce jour-là je crois que je vais l'encadrer on a l'impression

45:01
Invité

quand on vous écoutait l'autre dimanche à Villeneuve-sur-Isère que vous avez voulu mettre un peu plus de culture de gouvernement dans vos propositions c'est-à-dire qu'en gros vous aviez fait le diagnostic que vous étiez strictement dans l'opposition avant et maintenant que vous vouliez vous préparer au pouvoir quels sont les points forts que vous voulez développer en clair en quoi vous étiez faible pour ce qui concerne la culture de gouvernement et quand on vient de vous entendre sur François Bayrou c'est quand même assez intéressant de voir qu'il y a une espèce non pas de virage idéologique vous aimeriez pas

45:28
Jean-Luc Mélenchon

M. Bayrou et moi nous avons quelques explications de gravure au cours des 20 dernières années mais je le respecte j'ai le droit quand même

45:35
Invité

très bien à l'épreuve de la crise un certain nombre de choses que vous aviez pu dire ont été validées vous l'avez répété dans la Drôme l'autre jour à sa fois les relocalisations au passage juste Angela Merkel a bien réussi à gérer la crise et c'est pas non plus une planificatrice folle qu'est-ce qui a changé chez vous et dans quelle direction votre culture de gouvernement se développe

45:54
Jean-Luc Mélenchon

mais bon alors vous me demandez comme M.

Badou tout à l'heure une autocritique je peux avoir un regard critique sur mon expérience c'est une mule que de pas par exemple j'ai voté oui au traité de Maastricht bon le coup d'après en 2005 j'ai voté non il y avait le traité pourquoi parce que tout ce que je croyais en 92 c'est pas produit donc je me suis dit c'est une erreur j'ai fait une erreur je rectifie ma position j'ai voté contre la constitution j'ai voté contre le passage à l'euro j'ai voté contre le statut de la banque centrale européenne un homme politique qui prétend porter une vérité ça c'est Moïse il descend de la montagne avec l'étape de la loi mais moi non j'ai pas cette fréquentation que lui avait avec la vérité donc je tâtonne comme tout le monde alors je corrige d'une étape à l'autre

46:39
Invité

compte tenu de ce qui se passe c'est à dire le nouveau rôle que s'est assigné la banque centrale européenne et puis cette mutualisation des dettes il y aura un référendum aujourd'hui sur la façon dont évolue l'Europe qu'est-ce que vous diriez oui ou non ?

46:52
Jean-Luc Mélenchon

je voterais non mais avec les deux mains et les deux pieds parce que madame Fressos pardon on n'aura pas le temps mais il n'y a pas de plan de relance européen ah bon ?

non non non le montant de la somme qui a été décidé après des heures de papotage est inférieure à ce que la banque centrale européenne elle-même a mis dans le circuit pendant l'année précédente 2800 milliards de rachats de titres de dettes aux banques privées pour qu'elles irriguent l'économie normale voilà c'est ça alors donc ne parlez pas de plan de relance c'est une comédie une partie attendez une partie de ce qui est compté dans le plan de relance est retirée du budget de l'Europe les français vont écoutez-moi bien j'affirme donc il y a des décrypteurs dans tous vos journaux j'affirme que la France va payer davantage sur ce plan de relance qu'elle ne recevra la France va payer davantage qu'elle ne recevra pourquoi ?

parce qu'elle reçoit peu parce qu'elle est déjà contributeur net et parce qu'elle paye 17%

47:52
Invité

mais vous ne prenez pas en compte les prêts garantis par exemple les prêts à taux zéro les prêts avec un très long terme

47:57
Jean-Luc Mélenchon

ça tombe bien de faire des prêts on n'en a pas besoin non la France emprunte en dessous du taux zéro mon cher Ali Badou donc par conséquent ce ne serait pas une affaire le taux zéro mais je reviens à ce que je dis la France cotise pour 17% des ressources totales de l'Union Européenne l'Union Européenne a prévu 390 milliards d'investissement nous autres français nous devrons le rembourser cette somme totale parce que ou bien il y aura des ressources propres européennes mais les pays soi-disant frugaux qui sont en réalité des pays égoïstes et pour certains voyous fiscalement ne veulent pas qu'il y ait des ressources propres de l'Europe je veux dire des impôts propres à l'Europe par conséquent c'est les états-nations qui vont rembourser la somme les français vont donc payer 17% de tout ça

48:41
Invité

c'est pas un emprunt il y a une partie ce sont des subventions

48:44
Jean-Luc Mélenchon

mais c'est ce que je suis en train de vous dire madame Saint-Cricq

48:46
Invité

si une subvention ce n'est pas quelque chose qu'on rembourse

48:48
Jean-Luc Mélenchon

mais bien sûr que si parce qu'il faut bien que quelqu'un les donne ce sera donc le budget européen madame Saint-Cricq ce qui ne sera pas emprunté sera versé par le budget européen le budget européen est abondé par les contributions des états la France en paye 17% c'est la démonstration que je suis en train d'essayer de faire

49:03
Invité

et j'aimerais qu'on parle des conséquences sociales également de la crise Jean-Luc Mélenchon on a compris votre regard critique sur ce plan de relance

49:11
Jean-Luc Mélenchon

bah vous me décevez parce que franchement c'est vous les journalistes qui devriez décrypter ça c'est pas moi ah bah écoutez nous avons le droit de ne pas être d'accord les conséquences sociales non mais pas vous là on va pas en faire une affaire personnelle mais c'est pour dire il faut décrypter quand même faut pas avaler tout rond parce que Macron dit il est bon sans mutualiser la dette n'a jamais été mutualisée tout le monde la paiera qu'est-ce que c'est que cette histoire chacun paiera sa part de dette les subventions ne tomberont pas du ciel il faudra les financer donc regarder qui paye enfin c'est pas difficile à faire ça

49:39
Invité

un autre plan de relance pour le coup c'est celui national que devrait annoncer Jean Castex la semaine prochaine il était à l'université d'été du MEDEF il a été question de baisse d'impôts il a été question de durée du temps de travail c'est une imagination voilà mais est-ce que le pire selon vous est à venir en termes social

49:57
Jean-Luc Mélenchon

oui oui je pense que malheureusement parce qu'on souhaiterait que ça se passe autrement mais oui le norme enfin peut-être qu'il va se passer quelque chose vous savez il faut toujours être l'imprévu existe et c'est même c'est pas une impossibilité de savoir c'est une propriété de la matière bon c'est comme ça

50:15
Invité

les moyens mis en oeuvre aussi existent

50:17
Jean-Luc Mélenchon

bon on a des moyens d'intervenir mais ils ne seront pas utilisés le président de la république saupoudre de l'argent d'une manière que moi je juge irresponsable 5 milliards pour l'industrie automobile bon 17% seulement des voitures

50:29
Invité

il faudrait faire quoi à la place il faudrait concentrer

50:31
Jean-Luc Mélenchon

il faut planifier quoi je vais vous donner un exemple j'étais chez Cargill ceux-là ils produisent de l'amidon cet amidon et les autres produits rentrent dans des produits médicamenteux d'accord dont on a besoin les hôpitaux les ouvriers de Cargill ont sauvé plusieurs dizaines de milliers de vies par leur production bon Cargill première boîte mondiale coupe la partie approvisionnement de cette entreprise ok donc l'approvisionnement au lieu d'être fabriqué sur place la matière première va arriver de 5 sites différents des camions partout d'autre part la chaîne se rompra et donc nous allons manquer de toutes ces matières qu'est-ce qui empêche Macron qui le même jour le même jour si c'était un autre jour le même jour dit maintenant je vais mettre de l'argent pour la relocalisation et pendant ce temps on continue à découper en morceaux des entreprises et à délocaliser tout ça est absurde donc il pourrait dire à partir de maintenant primo plus un euro pour une entreprise qui délocalise fût-ce un atelier segundo plus de ressources publiques à ceux qui licencient on ne donnera pas d'argent sec comme ça tertio ce qui est la somme de 20 milliards qui correspondait au crédit d'impôt qui est passé dans le droit commun on la reprend et on dit on va la distribuer mais d'après des normes qui correspondent aux objectifs du plan c'est-à-dire récupérer la souveraineté de la France dans le domaine alimentaire dans le domaine de l'approvisionnement énergétique etc.

madame Saint-Cricq regardez bien il y a 25 000 ponts à réparer dans ce pays qui va payer ça où on va trouver l'argent mais madame Saint-Cricq ça a à voir avec la relance si le pont n'est plus là la route ne sert plus à rien les allemands ont eu comme ça un problème avec une digue qui a craqué 9 mois ils ont été là à regarder la route et le machin qui avait cassé parce qu'ils n'avaient rien organisé donc l'argent doit aller à la planification et donner de la visibilité aux entreprises au lieu des réductions d'impôts si moi je leur dis on va produire de quoi changer toutes les canalisations de flotte de ce pays et bien au moins vous savez ce qu'on va faire pendant les 10 prochaines années parce qu'au rythme où on en est il y en a pour 150 ans on les renouveler

52:25
Présentateur

vous avez dit dimanche dernier qu'en octobre vous allez consulter avant octobre vous allez consulter vos amis et qu'en octobre vous direz si oui ou non vous vous sentez d'aller porter la candidature en 2022 alors vous en êtes toutes vos consultations

52:37
Jean-Luc Mélenchon

d'abord on n'avait pas eu le temps parce que j'aurais préféré avoir réglé ça à la fin de la saison précédente mais il y a eu la session extraordinaire on est passé des retraites du Covid à la session extraordinaire du Parlement et la préparation de nos amphis d'été qui a quand même été un grand succès alors bon on a pas eu le temps de discuter entre nous et moi j'ai besoin de voir tout le monde pour savoir où on en est comment on y voit les choses je n'imagine pas par exemple de faire acte de candidature si mes amis des deux groupes parlementaires ils sont opposés

53:13
Invité

c'est pas là que c'est le plus risqué

53:15
Jean-Luc Mélenchon

ben quand même vous savez c'est 17 têtes dures à l'Assemblée Nationale et 6 autres au Parlement Européen oui non mais vous avez qu'à les fréquenter de plus près ah bah non mais bon attendez mais c'est pas gros choix mais Mme Saincric je veux quand même vous dire une chose je sais bien que et ce sera le mot de la fin me présenter comme un tyran mais le groupe à l'Assemblée Nationale le groupe insoumis c'est 7 parties de gauche une communiste 3 ensembles 2 c'est à dire que c'est très composé

53:39
Invité

et un fan de Wajden et un fan de Wajden et un fan de Wajden et un fan de Wajden et un fan de Wajden

53:42
Jean-Luc Mélenchon

bah oui parce qu'elle est elle est à la mûre extraordinaire et plus je la vois et plus je la trouve sympa

53:47
Invité

et vous aviez dit dégagez les tous LLD tueur de ma vue c'est aussi efficace merci en tout cas Jean-Luc Mélenchon d'avoir été l'invité de questions je veux bien rester dans votre vue ça va malgré tout arriver merci Jean-Luc Mélenchon merci à toutes les trois et merci à vous de nous avoir suivis bon dimanche merci à Alexandre Gillardy et à toute l'équipe technique de questions Paul à suivre sur Inter le journal

Jean-Luc Mélenchon : "Danièle Obono fait l'objet d'un harcèlement raciste et sexiste depuis des mois" — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote