Présidentielle 2027 : "Face à cette saison des tempêtes, on avait besoin" de Jean-Luc Mélenchon, souligne Manuel Bompard
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Un grand entretien avec le coordinateur de la France Insoumise et député des Bouches du Rhône ce matin, au lendemain de la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, avec lui et avec vous, chers auditeurs, on va donc parler stratégie politique, programme et crise énergétique. Vos questions et réactions sont les bienvenus au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Bonjour Manuel Bompard. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, au moment où votre mouvement se lance officiellement dans la campagne, avec le même candidat depuis 2012, c'est Jean-Luc Mélenchon qui s'est déclaré hier.
Il avait pourtant eu cette formule au soir du premier tour de la dernière élection présidentielle en 2022. Aux jeunes générations des Insoumis, il avait dit « faites mieux ». On a donc cru qu'il allait passer la main. Qu'est-ce qui a changé depuis pour qu'il soit de nouveau candidat aujourd'hui ? Finalement, il n'y a personne pour faire mieux ?
On a fait mieux déjà. Vous voyez, aux élections européennes de 2024, on a fait mieux qu'aux élections européennes de 2019. Aux élections législatives de 2022, on a fait mieux qu'aux élections législatives de 2017. Aux élections municipales cette année, on a fait mieux qu'aux élections municipales précédentes. Donc le fait mieux, c'était pour lui-même en fait ? Non, c'était pour nous tous. Et d'ailleurs, je pense qu'on en a fait la démonstration. Ensuite arrive devant nous une élection présidentielle en 2027, qui va être marquée par un contexte international, géopolitique, très bouleversé.
Et l'analyse collective qui a été la nôtre au sein de la France Insoumise, c'est que face à cette saison des tempêtes, on avait besoin de quelqu'un dont la tenacité, la solidité étaient en mesure de pouvoir répondre à cette situation très compliquée qui vient. Et que Jean-Luc Mélenchon, de ce point de vue-là, avait les qualités nécessaires pour être le prochain président de la République.
Quand en 2022, et il y a effectivement le contexte, et on va y revenir sur les enjeux de cette campagne. Quand pendant la campagne de 2022, il affirme, Jean-Luc Mélenchon, à nos confrères du Dauphiné Libéré, qu'il est évident que c'est sa dernière candidature. Quand, c'était le 22 mars 2024, sur X, il dit, je souhaite être remplacé François Ruffin, Mathilde Panot, Manuel Bompard, ils travaillent avec succès. Il n'en pensait pas un mot quand il disait tout ça ?
Regardez, Benjamin Duhamel, Jean-Luc Mélenchon était président du groupe parlementaire de la France Insoumise, il a été remplacé par Mathilde Panot, il était leader de la France Insoumise. J'en suis aujourd'hui, attendez, j'en suis aujourd'hui le coordinateur. Et il était président de l'Institut La Boétie, Clémence Guettet, aujourd'hui la coprésidente de l'Institut La Boétie. Ben oui, mais je vous ai répondu à cette question. On est dans un contexte qui a un contexte particulier.
Et la candidature de Jean-Luc Mélenchon est le résultat d'une discussion collective à l'intérieur du mouvement Insoumis, où on a cherché à mettre sur la table la candidature qui est la mieux à même, la plus préparée pour faire face à cette situation. Et c'est Jean-Luc Mélenchon qui aujourd'hui remplit cet objectif. Mais après, je vous laisse poser votre question. Je vous fais remarquer que grâce à Jean-Luc Mélenchon précisément, vous avez aujourd'hui à la France Insoumise une équipe en mesure de gouverner, avec des visages connus qui vont entourer Jean-Luc Mélenchon dans cette campagne.
Et donc, je pense que c'est la seule formation politique aujourd'hui à la France Insoumise qui s'avance groupée, unie, soudée, avec une équipe apte à gouverner ce pays.
Mais est-ce qu'il y avait une alternative ? Est-ce qu'il y a eu d'autres candidats ? Ou est-ce que, hors de Jean-Luc Mélenchon, point de salut à la France Insoumise ?
Il y avait la possibilité d'avoir une alternative, puisque moi-même, et c'était peut-être pour les gens qui nous écoutent qui comprennent la procédure, c'est-à-dire que nous avons eu une assemblée représentative de la France Insoumise il y a quelques semaines. Nous avons validé, et tous les Insoumis ont voté sur ce sujet, une méthode d'investiture de notre candidat à l'élection présidentielle. Ensuite, on a eu une réunion en direction du mouvement de la France Insoumise, et d'ailleurs, ce qu'on appelle un intergroupe, c'est-à-dire avec l'ensemble de nos parlementaires, parlementaires européens, maires. Moi-même, c'était mon rôle en tant que coordinateur de la France Insoumise.
J'ai posé la question de savoir s'il y avait une autre candidature au sein de cet intergroupe, et je crois que tout le monde, puisqu'il n'y a eu aucune opposition à la candidature de Jean-Luc Mélenchon.
C'est assez complexe comme méthode, puisqu'il y a un vote sur la désignation. Est-ce que, dans le cas d'Espèce, il y a eu précisément un vote ? Est-ce que vous avez, à un moment donné, face à cet intergroupe, dit qui est favorable à la candidature de Jean-Luc Mélenchon ?
Oui, oui. D'abord, j'ai posé la question de savoir, au sein de l'intergroupe, s'il y allait avoir une autre candidature, si quelqu'un d'autre souhaitait présenter sa candidature. Ça n'a pas été le cas.
Et vous imaginez vraiment que quelqu'un, dans ce contexte-là, lève la main en disant « Moi, je vais être candidat face à Jean-Luc Mélenchon ? »
Si quelqu'un voulait être candidat, il avait la possibilité de le faire, je réponds à votre question. Mais je crois que ce n'était dans l'intention de personne, précisément parce que tout le monde, essayé de comprendre ça, avait une analyse politique de la période, de l'élection présidentielle qui vient, et que je pense que tout le monde a partagé l'idée que, dans cette période qui vient, c'était la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui était la mieux à même de représenter la France insoumise dans cette élection présidentielle.
Et ce n'est pas un peu paradoxal quand on veut une sixième république, quand on réclame plus de démocratie qu'en interne, ce soit toujours le même chef plébiscité tous les cinq ans ?
La démocratie, en l'occurrence la procédure dont je suis en train de vous parler, elle a été validée par 96,6% des insoumis qui sont plus de 70 000 à avoir voté. Ensuite, vous avez une procédure avec une intergroupe dans laquelle il y avait 90 parlementaires, députés européens, maires nouvellement élus, qui ont participé de cet échange. Pardon, mais quand j'en vois Gabriel Attal déclarer sa candidature, par exemple, je ne crois pas qu'il ait suivi une procédure qui soit aussi large et aussi démocratique que celle dont je suis en train de vous parler.
Il y a une petite différence, c'est que Gabriel Attal, par ailleurs, non mais jusqu'à prendre du contraire, n'a pas encore déclaré sa candidature, même si c'est imminent. Jean-Luc Mélenchon, c'est sa quatrième candidature, la première était en 2012. Est-ce qu'à un moment donné, quand on est un mouvement, comme le disait Florence, qui prône la sixième république, la sortie de la logique présidentialiste, est-ce qu'à un moment donné, on ne plaide pas pour une forme peut-être de renouvellement ?
Alors, il y a deux éléments dans votre question. D'abord, vous avez raison, c'est sa quatrième candidature. Je fais remarquer que la première fois, Jean-Luc Mélenchon a fait 11%, la deuxième fois, il a fait 19%, et la troisième fois, il a fait 22%. Donc à chaque candidature à l'élection présidentielle, il a progressé. Et donc c'est plutôt positif quand on progresse. Ça veut dire qu'on arrive à convaincre davantage de personnes. Oui, on peut aussi constater, Manuel Bompard, que trois fois, il a échoué à accéder au retour. Ça ne m'a pas échappé, mais la dernière fois, il a manqué un point.
Et donc j'ai bien l'intention, et nous avons bien l'intention à la France Insoumise, de faire en sorte que cette fois, nous réussissions non seulement à nous qualifier au second tour, mais ensuite à l'emporter. Ensuite, vous me posez une question sur la cinquième république et le côté présidentiel. Évidemment, et effectivement, dans notre programme, une de nos premières mesures, c'est la volonté de passer à la sixième république et de tourner la page de la monarchie présidentielle. Mais nos institutions sont faites de telle manière que pour pouvoir passer à la sixième république, il faut prendre le pouvoir dans le cadre de la cinquième république. C'est comme ça.
Hormis si, ici, vous défendez maintenant l'idée qu'il faut faire autre chose qu'une révolution citoyenne, c'est-à-dire une révolution par les urnes. Et bien pour faire la révolution par les urnes, il faut gagner les élections. C'est comme ça que ça marche.
Encore un point sur les paradoxes qu'il peut y avoir dans cette désignation. Vous avez fait campagne et vous avez fait émerger pendant la campagne des municipales cette thématique de ce que vous appelez la Nouvelle France. Est-ce que Jean-Luc Mélenchon, élu sénateur pour la première fois en 1986, c'est la Nouvelle France ?
Mais en fait, la Nouvelle France, c'est intéressant aussi que vous me posiez cette question parce que ça a été immédiatement caricaturé comme s'il y avait d'un certain point de vue la Nouvelle France qui devait remplacer l'ancienne France. Ce que, évidemment, on n'a jamais dit, on n'a jamais utilisé ce type d'expression. Je vais vous dire, pour nous, la Nouvelle France, c'est la France de la Sixième République. Donc Jean-Luc Mélenchon, c'est la Nouvelle France ? Il participe de la volonté de passer à la Sixième République, oui.
Donc oui, je pense qu'il participe de cette volonté de faire en sorte qu'on ait aujourd'hui un pays, des institutions qui correspondent au peuple français tel qu'il est aujourd'hui. Et le peuple français tel qu'il est aujourd'hui...
Manuel Bombard, je veux bien que maintenant il y ait une nouvelle définition de la Nouvelle France, mais quand en meeting... Non, ce n'est pas une nouvelle, c'est celle que nous avons toujours défendue, il y a des tripes sur le sujet, il y a des explications.
Manuel Bombard, en meeting Jean-Luc Mélenchon... Mais ne vous laissez pas gagner par les lectures que nos adversaires veulent donner de la Nouvelle France. On essaye de regarder... Vous avez vu, je ne vous ai pas mis dans nos adversaires.
Non, non, mais ni adversaires, ni soutien, on pose juste des questions. Quand, dans un meeting, Jean-Luc Mélenchon, parlez des tout blancs, tout moches que vous êtes dans un dégagement précisément sur cette Nouvelle France. Je ne crois pas que la Nouvelle France faisait référence à la Sixième République, dans le cas d'espèce.
Non, non, non, non. Benjamin Duhamel, il ne faut pas couper des phrases de meeting pour leur faire dire autre chose. Jean-Luc Mélenchon s'en prenait dans ce meeting aux personnes qui, précisément, sont des personnes racistes et qui ont du mal à voir le peuple français tel qu'il est. Il n'a jamais dit que c'était un problème d'être blanc. Ça, c'est la vision racialiste. Tout blanc, tout moche que vous êtes. C'était une manière de qualifier les personnes qui, précisément, avaient du mal à comprendre que, dans notre société aujourd'hui, quelle que soit sa couleur de peau, quelle que soit sa religion, on doit être à égalité.
Mais, évidemment, que la France, la Nouvelle France, c'est la France telle qu'elle est. C'est la France toute entière. Ce n'est pas une Nouvelle France qui s'opposerait à une ancienne France. C'est, par contre, une Nouvelle France qui s'oppose à l'Ancien Régime, qui s'oppose à la Ve République, qui s'oppose à la monarchie présidentielle dont on a parlé. Et vous allez voir, on aura l'opportunité de détailler tout ça dans cette élection présidentielle.
Quand vous avez Rima Hassan qui dit « l'ère du porte-parole-là est révolue », comprenant qu'il faut que des élus soient à l'image de la diversité. Elle a absolument raison. Quand, de la même manière, Sébastien Delogu tenait des propos à peu près du même acabit. Quand vous avez là un candidat qui est un homme blanc de plus de 70 ans, est-ce que ce n'est pas en contradiction avec ce que vous défendez comme ligne politique ?
Mais non, mais l'ère du porte-parole-là est révolue, je suis absolument d'accord. Et je pense que c'est une très bonne chose qu'aujourd'hui on ait davantage de représentation politique qui soit plus à l'image de la société.
Avec un candidat qui est un homme blanc de plus de 70 ans.
Il y a un candidat, il y a une équipe, il y aura des gouvernements à constituer, il y aura des parlementaires à élire dans les élections législatives qui viendront. Et évidemment, notre objectif à la France Insoumise, c'est que la représentation politique soit davantage à l'image de la société. Et c'est vrai des origines, c'est vrai aussi des conditions sociales. Par exemple, il n'y a pas suffisamment d'ouvriers, d'employés à l'Assemblée Nationale. Même si la France Insoumise fait partie des groupes les plus représentatifs, on peut faire mieux encore. Il n'y a pas suffisamment de femmes encore, malheureusement, malgré la loi sur la parité, il faut continuer à y travailler.
Et je pense que sur ce point-là, c'est un objectif qu'on devrait tous partager, d'avoir une représentation politique qui représente le peuple tel qu'il est.
Compte tenu des crispations que provoque votre candidat, qu'est-ce que vous dites à ceux, notamment à gauche, qui estiment que Jean-Luc Mélenchon au second tour, c'est l'assurance d'une victoire du Rassemblement National ? On a Marine Tondelier qui dit qu'il est manifeste qu'il ne peut pas gagner au second tour. On a Olivier Faure qui dit qu'il est le plus mauvais candidat de la gauche au second tour. Qu'est-ce que vous leur répondez ?
D'abord, à eux, pas grand-chose. Parce que je vois bien qu'ils ont décidé de passer leur temps à s'en prendre à la seule personne aujourd'hui qui est en mesure, non seulement de se qualifier au second tour, mais ensuite de l'emporter. Ensuite, aux gens qui pourraient se poser cette question. Parce que ça, c'est autre chose. Moi, je leur dis, vous savez, aux élections législatives de 2024, dans la majorité des duels qui ont opposé des candidats de la France Insoumise aux candidats du Rassemblement National, c'est les candidats de la France Insoumise qui l'ont emporté. Et vous pourrez aller vérifier ce que je suis en train de dire.
Dans la majorité des duels, des cas dans lesquels il y a eu des oppositions au second tour en 2024
entre l'extrême droite et la France Insoumise, c'est la France Insoumise qui l'a gagnée. On l'a vu notamment, le front républicain anti-RN ne fonctionne plus. On l'a vu au municipal, on l'a vu, il y a eu plusieurs exemples.
En 2024, ce n'était pas il y a 40 ans quand même, c'était il y a deux ans. Et il y a eu une mobilisation puissante pour battre l'extrême droite au second tour. Et ça a conduit à l'élection de nombreux députés de la France Insoumise. Mais madame, Toulouse et Limoges étaient dirigés par la droite jusque-là. Vous en êtes d'accord ? Donc vous avez raison, nous n'avons pas...
Non, mais il y a eu un effet repoussoir depuis ce que je veux dire. Non, ce n'est pas vrai. Il y a un effet repoussoir de la France Insoumise.
Mais non, ce n'est pas vrai. Je suis désolé de vous le dire, mais par exemple, à Limoges, à l'élection municipale précédente, la droite avait gagné et ce n'était pas face à un candidat de la France Insoumise. Et à Toulouse, à l'élection précédente, la droite avait gagné et ce n'était pas face à un candidat de la France Insoumise. Donc je sais qu'il est d'usage de faire porter à la France Insoumise à peu près tous les tares de la société. Mais je vous le dis sincèrement, cette analyse ne correspond pas et ne répond pas à une analyse précise des faits.
Avant de parler d'éléments programmatiques, la question c'est, est-ce que vous ne sous-estimez pas le rejet qui existe dans la société, dans l'opinion publique, qu'on peut mesurer à travers divers outils ? Il y a les sondages que vous contestez parfois, il y a effectivement les résultats électoraux au moment des municipales. Est-ce que simplement vous ne minorez pas le fait que Jean-Luc Mélenchon est rejeté par une partie de l'opinion ? Est-ce que ça, ce n'est pas quelque chose que vous sous-estimez ?
Benjamin Duhamel, si vous me trouvez un candidat qui fait 100% l'unanimité, par définition, c'est le principe des élections, vous ne faites jamais 100%. Donc il faut convaincre une majorité des Françaises et des Français. Moi, la seule chose que je veux vous dire, parce que vous avez cité notamment les sondages, vous savez, on est à un an du second tour de l'élection présidentielle. J'ai regardé quels étaient les sondages un an avant l'élection présidentielle de 2022. Il y avait un sondage Ipsos qui mettait Jean-Luc Mélenchon à 8%, Yannick Jadot à 9%. Et entre-temps, il y a quelque chose qui s'appelle une campagne électorale. Et Anne Hidalgo à 10%.
Et dans ce sondage, il y avait 20 points entre Jean-Luc Mélenchon et le candidat du Rassemblement national. Au soir de 2022, Yannick Jadot et Anne Hidalgo ont fait moins de 5%. Et il y avait un point d'écart entre la France insoumise et le Rassemblement national. Donc, vous savez, les sondages de début de campagne, heureusement qu'on ne les regarde pas. Il y a quelque chose qui s'appelle une campagne électorale. Exactement. Et donc, il va y avoir une campagne électorale. Et moi, je dis aux gens, n'écoutez pas les caricatures, les calomnies qui sont déversées à longueur d'antenne sur la France insoumise. Regardez notre proposition, notre programme. Regardez notre équipe.
Regardez que ce programme, cette équipe sont les mieux préparées pour pouvoir faire face à la situation à laquelle on est confronté aujourd'hui. d'une France qui est une France qui a été mise complètement à l'envers. Et on peut remettre la France à l'endroit. On peut rebâtir la France, refonder la France et c'est notre objectif.
On l'a au standard de France Inter. Et je souhaite la bienvenue à Jean qui nous appelle de Cholet. Bonjour Jean. Allez-y, posez votre question, Manuel Bompard.
Bonjour à toute l'équipe. Ma question, c'est la suivante. Je suis un élector de gauche. Et voilà, si je devais voter avec le cœur aujourd'hui, je voterais François Ruffin. Mais en fait, je vais faire un vote stratégique parce que moi, je n'avais vraiment pas envie de me retrouver avec un second tour, avec un Edouard Philippe et un Jordan Bardella. Et en fait, ça m'agace de la part de M. Glucksmann et de la part de M. Mélenchon, qui ne veulent pas faire une primaire de gauche, en sachant que ça pourrait nous donner une chance de retrouver au second tour. Voilà.
Bonjour d'abord. Et je vais vous dire, bon, je respecte votre point de vue, mais je ne partage pas votre analyse. C'est-à-dire que je pense que précisément, et y compris un certain nombre d'exemples internationaux le démontrent, précisément, si vous voulez empêcher l'extrême droite de gagner aujourd'hui, vous devez déployer une candidature qui est en mesure de mettre en mouvement le peuple, de mettre en mouvement des personnes qui sinon n'iront pas voter. Montrez qu'il y a une aspiration à une rupture, à un changement de société, et que cette rupture, on peut l'incarner.
Regardez par exemple aux Etats-Unis, où certaines personnes se sont dit, bon, pour empêcher Donald Trump d'être réélu président de la République, on va mettre une candidate Kamala Harris, qui est une candidate, on va dire, du centre, parce que c'est celle qui sera susceptible de l'emporter. Eh bien, elle a perdu, et elle a perdu parce qu'aucun des électeurs de droite ne sont allés voter pour sa candidature. Par contre, elle a démobilisé l'électorat de la jeunesse et l'électorat ouvrier. L'électorat qui a un intérêt, une vocation, un objectif de tourner la page du pays de la manière avec laquelle est gouverné le pays aujourd'hui.
Et donc, moi, mon analyse, et sur laquelle j'aimerais vous convaincre, c'est que précisément, Jean-Luc Mélenchon et la candidature, le programme qu'il porte, l'équipe qu'il défend dans cette campagne d'élection présidentielle, est le seul qui peut empêcher l'extrême droite et Edouard Philippe de remporter l'élection présidentielle. Et quant à la primaire, vous voyez bien, on nous a dit pendant des mois et des mois, le problème, c'est la France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Bon, regardez, même ceux qui disent maintenant, c'est en dehors, c'est la gauche, non, Mélenchonis, ils ne sont pas capables de se mettre d'accord. Ils ont tous plusieurs candidatures dans leur famille politique.
Ben, nous, les choses, elles sont claires. On a un programme, on a une candidature, on a une équipe et on est prêt à avancer. Je propose juste qu'on demande à Jean s'il est convaincu. Ah, peut-être pas tout de suite.
Je suis convaincu, mais j'ai peur que... Non, je ne suis pas totalement convaincu dans le sens où j'ai peur que... Cette rupture de la gauche, en soi, ça va provoquer un Glucksmann ou Mélenchon qui vont se retrouver à deux points de passer du second tour. Et moi, je vais devoir faire le choix entre... Encore, Edouard Philippe et Jordan Bardella. J'ai toujours bloqué l'extrême droite, par exemple, sur les deux dernières présidentielles en votant en Macron. Aujourd'hui, franchement, on va devoir faire le choix. J'ai bien peur d'aller voter et de devoir voter blanc.
Merci beaucoup. Merci Jean. Moi, je vous dis, voilà, la campagne, elle va commencer maintenant. Moi, ce que j'espère, c'est évidemment vous convaincre pendant la campagne, mais vous dire qu'il ne faut pas penser l'élection présidentielle aujourd'hui avec des inquiétudes. Il faut rentrer dans la bataille, il faut rentrer dans le combat, il faut convaincre, il faut mettre des gens en mouvement. C'est comme ça qu'on peut changer les choses. C'est comme ça qu'on peut, y compris, contrer les scénarios écrits par avance. Et je pense qu'on a fait la démonstration à chaque élection présidentielle qu'on est en mesure de déclencher une dynamique de mobilisation populaire autour de nos communes.
Justement, Manuel Bompard, vous évoquez le programme. Il faut là, puisque l'actualité résonne aussi avec ce que vous pouvez proposer, si l'on parle de la crise énergétique. Jean-Luc Mélenchon a demandé que Total passe à la caisse après l'annonce d'un bénéfice en net e-hausse au premier trimestre d'un montant de près de 5 milliards d'euros. Qu'est-ce que vous demandez là concrètement ? Est-ce que vous demandez la nationalisation de Total, une taxe sur les super-profits, sur ce qu'on appelle super-profits, un blocage des prix ? Les trois.
Vous êtes attentif, monsieur Duhamel, ça fait depuis deux mois qu'on dit une chose simple. Les gens ne peuvent pas s'en sortir avec le prix du carburant qui augmente, qui est au-delà de 2 euros le litre. Donc, il faut bloquer les prix. Et c'est possible de le faire. Il y a un article du Code du Commerce qui permet au gouvernement, dans des circonstances exceptionnelles, de fixer le prix, d'encadrer les marges.
Mais Total plafonne déjà ses prix.
Oui, mais Total plafonne ses prix. Précisément, vous me donnez un bon exemple. Regardez, Total plafonne ses prix à 1,99€ et il continue à gagner de l'argent. Donc, c'est bien la preuve qu'on peut faire mieux.
Est-ce que vous pouvez me citer un pays où les prix de l'essence ont été bloqués ? La Corée du Sud, la Croatie. Non, la Croatie, non. C'est un blocage des prix. C'est quoi alors, dites-moi ? C'est un élément où ils permettent, en quelque sorte, d'encadrer les marges. Mais ce n'est pas un blocage des prix stricto sensu. Il y a un pays où ça a été fait en Europe, c'est la Hongrie. Et ce qu'on voit, c'est déjà ses réservés aux voitures en droite. Est-ce que vraiment, c'est la solution pour lutter contre la crise énergétique ?
Alors d'abord, vous me dites non, mais s'il y a une mesure, alors ce n'est pas un blocage du prix, mais c'est un encadrement des marges. Ce qui n'est pas la même chose, vous reconnaissez-le. Mais moi, j'ai proposé les deux, si vous avez été attentifs à ma proposition. Précisément parce qu'il faut bloquer les prix, mais pour que ça ne repose pas sur les distributeurs, il faut notamment encadrer les marges et encadrer les marges au niveau du raffinage. Parce que c'est là où se font l'essentiel des marges et pas au niveau de la distribution, contrairement à ce que dit le gouvernement.
Et c'est la seule solution, parce que c'est la solution qui permet de mettre à contribution ces grands groupes qui, aujourd'hui, s'en mettent plein les poches. Enfin, moi, je veux bien qu'on me dise que Total fasse des efforts, mais en attendant, leurs bénéfices sur le premier trimestre de l'année a augmenté de 50% par rapport à l'année précédente.
Donc justement, est-ce que vous demandez, comme les socialistes, qu'il y ait une disposition pour taxer encore davantage les profits de Total ?
Il faudra sans doute le faire, mais si on en arrive à ça, c'est qu'on n'a pas réussi à régler le problème en amont. Parce que, évidemment, que s'il y a des super profits, il faut les taxer. Mais s'il y a des super profits... En sachant que Total ne fait que très peu de bénéfices en France. Mais d'accord, mais si, en fait, ça, ce n'est pas vrai. Parce que, pardon, mais quand Total... Ah si, c'est vrai. Mais non, ce n'est pas vrai. Parce que quand Total vend du carburant en France, le carburant qui est vendu en France a été raffiné, soit dans des raffineries en France, soit dans des raffineries ailleurs.
Ça fait, effectivement, un peu de bénéfice sur le raffinage, mais quand on regarde, notamment, le plus gros du bénéfice, c'est sur l'extraction du pétrole. Et ça, ça se fait dans des pays hors de France.
Non, mais d'abord, mais très bien, mais c'est un groupe intégré. Donc, précisément, c'est d'ailleurs ce qui leur permet ensuite de pouvoir faire une opération qui est une opération promotionnelle dans leur propre station-service que les autres ne peuvent pas faire. Donc, en plus, c'est une concurrence absolument déloyale pour les distributeurs indépendants. Donc, si vous bloquez les marges du raffinage et si vous fixez le prix, vous allez obliger Total à, en quelque sorte, participer de cet effort. Et pour répondre à votre question, oui, bien sûr qu'il faudra taxer les super-profits. Mais s'il y a des super-profits, c'est qu'on a échoué à bloquer les prix.
Et ce qu'il faut faire, parce que le problème de la taxe sur les super-profits, c'est qu'avant d'être répercuté sur les Françaises et les Français, ça va prendre du temps, c'est dans un budget. Ensuite, il faut des mesures de redistribution. Alors qu'une mesure de blocage des prix, elle permet d'alléger immédiatement la charge pour les gens qui ne s'en sortent plus aujourd'hui. Il y a urgence à agir sur ce sujet.
Vous parlez du budget, évidemment, ça ne nous aura pas échappé dans une situation économique assez contrainte, avec un déficit public à plus de 5%. Est-ce que, comme en 2022, votre programme va prévoir 250 milliards d'euros de dépenses supplémentaires par an ?
Alors, je ne vais pas vous dire le montant des investissements, puisque d'abord, notre programme, donc on a pour l'instant réactualisé le programme L'Avenir en commun qu'on a défendu à la dernière élection présidentielle, et puis va s'ouvrir, là, dans les prochaines semaines, une phase de contribution. Et il y aura des changements ?
L'Avenir en commun, vous le répétez comme ça, comme si c'était une sorte de, quasiment, l'étape de la loi...
Je n'ai jamais dit que c'était l'étape de la loi, mais je reconnais une certaine cohérence que, contrairement à d'autres, peut-être, je ne change pas d'avis, et la France Insoumise ne change pas d'avis tous les mois.
Il pourrait y avoir moins de dépenses compte tenu de la situation financière du pays. Il a 250 milliards par an. Est-ce que vous pourriez revoir cet objectif à la baisse ?
Mais attendez, ne mélangez pas les choses. Quand vous avez un déficit, et ça n'a rien à voir avec le montant des investissements, c'est lié au fonctionnement des investissements, c'est précisément pour préparer l'avenir. Est-ce que vous avez l'impression qu'on a besoin de moins préparer l'avenir aujourd'hui ? Est-ce que vous n'avez pas l'impression qu'on a besoin de faire des investissements ?
Non, mais peut-être qu'on a moins de capacités pour le faire.
Je ne crois pas qu'on ait moins de capacités pour le faire. Je crois que la France n'a jamais été un pays dans lequel vous avez une petite casse qui n'a jamais été aussi riche qu'aujourd'hui. Donc la question, c'est de savoir si vous la mettez à contribution. Et les investissements, ce n'est pas pour se faire plaisir. Est-ce que oui ou non, on considère... Et moi, c'est mon objectif, c'est notre objectif de faire en sorte que demain, la France soit par exemple la première nation écologique du monde. Si on veut faire ça, il faut des investissements. Alors les investissements, sur le coup, effectivement, c'est de l'argent à débourser. Et puis après, ça rapporte de l'argent.
C'est le principe des investissements. Un tout dernier mot sur la tonalité de la campagne à venir. Est-ce que vous savez qui a dit la phrase suivante ? Ouvrez les guillemets. Je ne veux pas qu'on oppose les territoires urbains au milieu rural. En 2022, nous n'avons pas réussi à travailler les deux axes en parallèle.
Non, dites-moi.
C'est Bali Bagayoko, maire insoumis de Saint-Denis, qui était au premier rang derrière Jean-Luc Mélenchon vendredi dernier pour son discours du 1er mai. Est-ce que vous allez l'écouter ?
Mais en fait, ça a toujours été notre objectif. Et je crois l'avoir dit dès le début de cette interview, de parler au pays tout entier, en fait.
Quand Jean-Luc Mélenchon, en septembre 2024, dit qu'il faut mobiliser la jeunesse et les quartiers populaires, tout le reste. Laissez tomber.
Vous avez un problème.
C'est dommage.
C'est peut-être pas exactement de mobiliser le pays tout entier, non ? C'est dommage parce que vous... Le problème, cette méthode, pardon, mais d'aller prendre une phrase, la sortir de son contexte. Jean-Luc Mélenchon, Jean-Luc Mélenchon ne la sort pas du contexte. Mais si, c'est ce que vous faites. Regardez, je vais vous dire pourquoi c'est ce que vous faites. Parce que moi, je connais assez bien toutes les phrases. Vous êtes assez prévisibles. Vous aussi parfois. D'un certain point de vue, ça peut m'arriver. Mais là, en l'occurrence, c'est vous qui me posez cette question. Mais ce n'est pas la même chose de dire aux militants. Parce que quand vous êtes militant, vous devez faire des choix.
Vous devez d'abord aller dans tel endroit, d'aller d'abord aller dans tel endroit. Et évidemment, c'est plus facile dans des espaces dans lesquels il y a une grande densité de population d'aller convaincre beaucoup de monde que de le faire dans d'autres territoires. Mais il faut le faire partout, évidemment. Et on a toujours défendu qu'on allait le faire partout. Et d'ailleurs, rien dans notre programme, quand je parle de santé, quand je parle de services publics, pardonnez-moi, mais ça s'adresse à la fois aux habitantes et aux habitants des quartiers populaires et à la fois aux habitantes et aux habitants des zones dites rurales. Merci, Manuel Gompard,
d'avoir été au micro de France Inter.
Manuel Bompard