«C’est à l’État de se serrer la ceinture», martèle Céline Imart, porte-parole de Bruno Retailleau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:05ComplaisanteRéponse directe
Merci de nous rejoindre sur RFI.
- 0:19OuverteRéponse partielle
Est-ce là le prélude à une brusque montée de la contestation sociale ?
- 0:28OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous le craignez en pleine campagne présidentielle ?
- 2:19RelanceRéponse partielle
Est-ce qu'il soutient le gouvernement dans sa volonté de s'en tenir à des aides ciblées ?
- 2:37OuverteRéponse directe
Est-ce que vous entendez les revendications des pêcheurs et des agriculteurs sur la baisse des taxes sur les carburants ?
- 4:28RelanceRéponse directe
30 milliards d'économies à faire et dans l'idée peut-être de mettre à contribution les retraités. Est-ce que vous y voyez une injustice ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:11Invité politiqueChiffre
« les émissions mondiales de gaz à effet de serre, la France représente 1,8%. »
- 3:52Invité politiqueFait
« Ça fait 10 ans qu'il a cramé la caisse, qu'il a fait des chèques en bois, du n'importe quoi qu'il en coûte. »
- 4:45Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui, avec cette possibilité de désindexer certaines retraites, en fait le gouvernement cherche 6 milliards d'euros. »
- 5:39Invité politiqueFait
« Bruno Retailleau cherche à supprimer des fonctionnaires de l'administration administrante. »
- 6:27Invité politiqueChiffre
« ça fait deux mois de plus de salaire par an pour les Français qui travaillent. »
Temps de parole
- Céline Imart75 %
- Présentateur21 %
- ?4 %
≈ 10,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Céline Imar.
Bonjour Céline
Cigaudet. Merci de nous rejoindre sur RFI. Alors qu'on vient de l'entendre, monte la colère en France sur fond de flambée des prix du carburant et de la vie chère. Vive tension ce matin entre les CRS et des pêcheurs qui ont bloqué le dépôt pétrolier de fosses sur mer. Est-ce là, Céline Imar, le prélude à une brusque montée de la contestation sociale, à un possible même retour des gilets jaunes ? Est-ce que vous le craignez en pleine campagne présidentielle ?
C
'est très difficile à dire aujourd'hui. On sent qu'il y a beaucoup de souffrance chez les Français, beaucoup d'inquiétude, notamment dans la France rurale où en fait la voiture n'est pas une option. Je le dis souvent, mais quand on est dans le Tarn par exemple,
chez vous, on ne peut pas s'amuser à rouler. Vous-même, agricultrice dans le Tarn.
Absolument, on ne peut pas rouler en trottinette pour aller travailler, pour des rendez-vous médicaux, pour s'occuper des enfants, pour s'occuper des anciens. Et donc, on n'a pas le choix de la voiture. Et moi, j'entendais votre sujet précédent avec cette difficulté à la fois de lier les enjeux économiques et le changement climatique. Mais je tiens à rappeler quand même que les émissions mondiales de gaz à effet de serre, la France représente 1,8%. Et donc, on ne résoudra pas le changement climatique mondial en mettant les Français les plus modestes dans la souffrance et dans la pauvreté. Donc oui, il y
a
une colère en France. Il y
a
aussi surtout beaucoup d'inquiétudes. Et ce que je trouve quand même irresponsable, c'est qu'aujourd'hui, on a des appels de Fabien Roussel du Parti communiste ou de Jean-Luc Mélenchon de la France insoumise à
faire la révolution dans les rues.
Non, pas à soutenir.
Le
droit de manifester, il est constitutionnel,
il
est légitime. On a le droit de manifester, on a le droit d'être en colère. Mais appeler à la révolution dans les rues, imaginez bien que c'est complètement irresponsable. La souffrance des gens n'a pas à être le carburant électoral de l'extrême gauche.
Ils cherchent, à votre
sens, à nourrir cette colère ?
Je
pense qu'ils cherchent à nourrir cette colère. Et que le prix du litre aujourd'hui, qui inquiète énormément les Français de carburant, mais aussi la facture d'électricité, etc., ils cherchent, eux, à en faire un prix d'achat de points dans les sondages. Et ça, c'est inadmissible. Encore une fois, la colère, elle est compréhensible. Les mesures gouvernementales ne sont certainement pas suffisantes. Il n
'y a
pas de vision, en fait, pour échapper à la crise. Mais ce n
'est
pas une raison pour appeler à la révolution dans les rues.
Le
gouvernement, vous le dites, sous pression. Bruno Retailleau, votre candidat, va lui présenter, cet après-midi, ses propositions sur le pouvoir d'achat. Est-ce qu'il soutient le gouvernement dans sa volonté de s'en tenir à des aides ciblées ? Ou est-ce que vous entendez les revendications, ce matin, des pêcheurs, et plus largement même des agriculteurs, sur la nécessaire baisse des taxes sur les carburants ?
Non, mais c'est surtout qu'il faut aider les gens qui travaillent. Bruno Retailleau, je ne vais pas dévoiler avant qu'il fasse sa conférence de presse ce qu'il va annoncer. Mais très clairement, aujourd'hui, dans l'urgence, il faut beaucoup plus soutenir cette France qui travaille, des agriculteurs, des pêcheurs. Aujourd'hui, on a une aide ciblée, certes, mais qui est de 100 euros par mois pour le gouvernement, et à laquelle sont éligibles seulement 3 millions de Français. Et imaginez-vous que sur ces 3 millions éligibles, il n'y
en
a que 1,5
million
qui ont demandé cette prime de 100 euros. parce qu'il y a trop de formulaires administratifs, c'est un parcours d'obstacle. Il faut aujourd'hui éviter que demain, on ait des pêcheurs qui mettent la clé sous la porte, des agriculteurs, des artisans, des travailleurs, de manière générale, parce que sinon, c'est le pays qu'on appauvrit durablement. Donc, à court terme, ce que va détailler Bruno Retailleau, c'est la manière d'aider cette France qui souffre et cette France qui travaille. Et puis, il va aussi, pour le pouvoir d'achat, poser des mesures à plus long terme. Parce que le problème réel,
c
'est que, vous voyez, la crise du Détroit-Dormuz et de Babel-Mandade, elle est partout. Tous les pays d'Europe la subissent. Mais nous, on est quand même particulièrement mauvais dans la réponse qu'on arrive à apporter. Parce qu'aujourd'hui, le gouvernement macroniste a cramé la caisse. Ça fait 10 ans qu'il a cramé la caisse, qu'il a fait des chèques en bois, du n'importe quoi qu'il en coûte. Et aujourd'hui, on n'a plus les moyens d'aider les gens. Donc, il va aussi formuler des propositions pour redonner, en fait, de la prospérité au pays. Parce que le but du jeu, ce n
'est
pas de répartir la pénurie et de laisser les gens dans la souffrance, mais c'est de remettre le pays vers la direction de la richesse et de la prospérité. Parce que plus le gâteau est gros, et plus on arrive à
en
distribuer des parts. Et
en attendant les annonces de Bruno Retailleau, dans ce contexte de crise sociale et économique, le gouvernement prépare le budget. 30 milliards d'économies à faire et dans l'idée peut-être de mettre à contribution les retraités. Est-ce que vous y voyez là une injustice à l'égard de ces retraités ou c'est un simple effort de solidarité entre générations
? Ce
qui est indécent,
moi je vais vous le dire, c'est qu'aujourd'hui, avec cette possibilité de désindexer certaines retraites, en fait le gouvernement cherche 6 milliards d'euros. 6
milliards, oui, sur les 30 milliards qu'il entend faire sur ce budget.
Oui, oui,
oui,
mais voyez-vous c'est 6 milliards d'euros ? Si en fait il n'avait pas suspendu la réforme des retraites l'an dernier pour faire plaisir à Olivier Faure et éviter la censure au Parti Socialiste, et bien on les aurait. Donc c'est ça qui est révoltant si vous voulez, c'est qu'on a un gouvernement qui cherche à répartir la pénurie et à les taper les poches des Français. Après, n'importe quoi qu'il en coûte, c'est n'importe qui va payer. Et finalement, comment dire, ils n'ont pas du tout anticipé, encore une fois, ce problème. Ils cherchent juste des Français à qui présenter la facture. Donc le problème,
c'est pas que les
retraités touchent tôt, ce ne
sont
pas les Français qui travaillent, c'est d'abord l'État et le gouvernement lui-même qui doivent trouver des économies, que ce soit dans le fonctionnement de son administration. Je rappelle que Bruno Retailleau cherche à supprimer des fonctionnaires de l'administration administrante. C'est là qu'il faut faire des économies, c'est sur le fonctionnement de l'État avant d'aller faire les poches des Français. Donc on sait que le système de retraite, il est à bout de souffle. Mais là aussi, encore une fois, en 10 ans, il n
'y a
pas eu de vision pour réformer le système, pour passer à un étage par capitalisation. Donc encore une fois, on ne peut pas continuer, comme le macronisme, à confondre économie et prélèvement. Une économie, c'est quand l'État dépense moins, ce n
'est
pas quand les Français paient plus.
Et
votre vision, à droite, dans le camp de Bruno Retailleau, c'est d'accepter également de travailler plus ?
Non,
c'est de proposer de travailler plus et de sortir des 35 heures sur la base du volontariat en exonérant complètement ces heures au-delà des 35 heures réglementaires de cotisation sociale et patronale. Et ça, ça fait deux mois de plus de salaire par an pour les Français qui travaillent. Et ça,
c
'est très important parce que ça veut dire que si un salarié accepte, et ce sont des accords avec les entreprises, de travailler une demi-heure de plus par jour, à la fin, ils se retrouvent avec un 13e et avec un 14e mois. Et c'est ça qu'il faut faire. On ne peut pas continuer à faire croire aux gens, comme l
'ont
fait les socialistes pendant 20 ans, qu'en fait, en travaillant moins, on allait s'enrichir. En travaillant moins, on s'appauvrit et on appauvrit le pays, tout simplement. Donc, il faut recommencer à créer les conditions d'un travail qui paye. Aujourd'hui, il y a trop de différences entre le brut et le net et remettre la France au
travail pour recréer de la prospérité. Est-ce que ce budget
doit impérativement être voté, Céline Imar ? Est-ce que vous partagez l'avis de Marine Le Pen qui dit mieux vaut un budget imparfait que pas de budget
?
Écoutez, je pense que les députés prendront leurs responsabilités. En tout cas, ils vont être très, très attentifs, encore une fois, dans ce budget.
Est
-ce qu'on n'aille pas refaire les poches des Français et ajouter de nouveaux impôts et de nouvelles taxes et essayer de faire baisser justement certaines dépenses de l'État ? Merci, Céline Imar. Merci, Véronée Rigolet. Bonne journée à vous. Retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur l'application RFI Pure Radio.
Céline Imart