Que reste-t-il du macronisme à l'approche de la fin du quinquennat ?
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Chapitres
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« En prenant cette décision, il a tout perdu. Il a perdu sa majorité, la capacité d'agir. »
- 1:14InvitéFait
« « Mais tu sais que tu n'auras aucune majorité pour les voter, ces réformes. » »
- 1:21InvitéChiffre
« 80 députés en moins sur 250 à l'issue de la dissolution. »
- 1:37InvitéFait
« Michel Barnier à Matignon, ça c'est un prix fort. »
- 3:06InvitéFait
« « J'ai fait le grand numéro avec beaucoup de force ! » »
- 3:53PrésentateurFait
« Est-ce que ça a causé Emmanuel Macron ? »
- 4:03PrésentateurFait
« le cornu, ça fait trois semaines qu'il consulte tout le monde et qu'il dit « Vous allez voir ce que vous allez voir, il va y avoir une rupture. » »
- 4:24InvitéFait
« Qui était radioactif pour la droite. »
- 4:47InvitéFait
« la dissolution l'éjecte de Matignon. »
- 5:00InvitéFait
« Edouard Philippe, de son côté, lui, il trouve que c'est une très, très lourde erreur. »
- 6:13PrésentateurFait
« Emmanuel Macron, ça se passe très mal au salon de l'agriculture. »
- 6:39InvitéFait
« Il appelle d'ailleurs les gens qui travaillent, les communicants de Gabriel Attal, les sales types, c'est ça ? »
- 7:52PrésentateurChiffre
« il y a plus de 20 millions d'euros par an de financement public à Renaissance. »
- 8:21PrésentateurFait
« C'est la question que vous l'a posée. »
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Anne
-Sophie Lapix,
c'est RTL Soir.
Nous accueillons une voix que vous entendez régulièrement sur notre antenne, Pauline Thévinio, grand reporter au service politique de RTL, et Jérémy Marot, chef adjoint du service politique de l'AFP. Bonsoir. Bonsoir. Vous venez nous parler de ce livre que vous co-signez, Le Crépuscule des Princes. Ces dauphins veulent le trône, mais pas son héritage. Aux éditions du Rocher, on aura compris que vous nous parlez d'une fin de règne, celle d'Emmanuel Macron. Une fin de règne qu'il a accélérée, précipitée avec la dissolution, Pauline ? Oui, en prenant cette décision, il a tout perdu. Il a perdu sa majorité, la capacité d'agir.
Et d'ailleurs, pendant de longues semaines, il a essayé de rationaliser, de se dire qu'il n'avait pas d'autre choix que de prendre cette décision. Et puis après, il a quand même eu clairement un passage à vide. À l'automne 2024, ce sont de proches amis qui nous le racontent. Et en même temps, il se dit qu'il peut quand même garder la main. Il y
a
un échange assez rigolo avec son ancien Premier ministre, Jean Castex, où il lui parle de ses projets de réformes. Et puis Jean Castex lui répond, « Mais tu sais que tu n'auras aucune majorité pour les voter, ces réformes. » Oui, ça va être dur. 80 députés en moins sur 250 à l'issue de la dissolution. Et il a dû se résigner à une alliance avec les LR. Alain Minc explique que le gouvernement aurait pu avoir leur soutien pour un plat de lentilles en 2022, pour un prix correct en 2024. Là, il n'a pas eu le choix. Il a dû nommer le chef d'un groupe de 40 députés. Michel Barnier à Matignon, ça c'est un prix fort.
Oui,
ça aurait été plus simple s'il avait accepté de partager le pouvoir un peu plus tôt, comme il l'avait promis dès son arrivée, en fin de compte. Donc, en repoussant au plus tard cette échéance-là, en 2024, il se trouve à payer le prix fort. Donc, avec Michel Barnier, tout de suite, il
y a
une ambiance un peu de cohabitation.
Oui, c
'est
pas simple. Il n'a
pas l'habitude. Non, il n
'a
pas l'habitude. Il dit qu'il a l'impression, avec Michel Barnier, comme s'il jouait au tennis face à un mur. Voilà, il a un Premier ministre qui...
Qui
fait ce qu'il veut, qui ne
l
'informe pas.
Exactement, alors qu'il l'informe, mais qu'il l'informe une fois que les choses sont faites et les décisions sont prises. Fatalement, il n
'a
pas l'habitude d'Emmanuel Macron.
Et d'ailleurs, il jubilera quand Michel Barnier tombera.
Disons qu'il n'était pas mécontent.
Oui, c'est ça. Ça se passe mieux avec François Bayrou, même s'il y a une faute originelle, puisque le patron du Modem a tordu le bras du président pour obtenir Matignon. Ah oui, c'était une scène complètement ahurissante. C'est-à-dire qu'il faut se rappeler, on est en décembre 2024. Le jeudi soir, Emmanuel Macron a décidé de nommer Sébastien Lecornu. Et il convoque le vendredi matin à l'Elysée François Bayrou pour lui dire. Et là, François Bayrou lui fait un grand numéro. Et il le dit d'ailleurs, puisqu'il sort de l'Elysée. Il appelle tout de suite Richard Ferrand, un lieutenant d'Emmanuel Macron, et qui est en train de s'installer dans un appartement un peu vide, avec plein de cartons.
Et quand il ouvre la porte, François Bayrou dit à Richard Ferrand « J'ai fait le grand numéro avec beaucoup de force ! » Et là, Richard Ferrand se dit « Oh là, ça sent
pas
bon du tout ! » Ça sent le pâté, oui.
Mais
il tiendra sa vengeance d'ailleurs, Emmanuel Macron, d'une certaine manière.
Quelques mois plus tard, effectivement, François Bayrou décide de se soumettre à un vote de censure. Une idée, en fait, tout le monde savait que le vote était perdu d'avance. D'ailleurs, François Bayrou lui-même le savait probablement, mais il avait préparé sa sortie. Et à ce moment-là, quand il lui présente son plan, quand François Bayrou présente son plan durant l'été à Emmanuel Macron, il ne
lui
dit pas « Non, tu vas dans le mur !
»
Il dit « Ok,
vas
-y,
tu as
sans doute préparé la chose ! »
C'est Tara Kiri. Il y a ensuite le psychodrame du premier gouvernement, le cornu. C'est à cause d'Emmanuel Macron que ça n'a pas marché, que ça a duré un peu plus de 13 heures, je crois ?
Oui, on l'appelle le grand crash, nous, dans notre livre, ce psychodrame. Est-ce que ça a causé Emmanuel Macron ? Disons qu'en fait, la péche originale de ce gouvernement, le cornu, il faut se remettre en contexte, le cornu, ça fait trois semaines qu'il consulte tout le monde et qu'il dit « Vous allez voir ce que vous allez voir, il va y
avoir
une rupture. » Ça ne
va
pas être comme avant. Et le gouvernement qui sort, c'est exactement les mêmes têtes qu'avant. Donc, il n'y
en
a pas un pour être content dans la classe politique. Et ça porte les traces de droit, en fait, d'Emmanuel Macron, ce gouvernement. Et puis, il
y a
cette idée un peu farfelue de mettre Bruno Le Maire au gouvernement.
Qui était radioactif pour la droite.
Complètement, à ce moment-là. Et qui était accusé d'être l'homme aux mille milliards de dettes.
Alors, outre le fait que la dissolution mène au blocage de l'action du gouvernement, elle a pour conséquence de lancer la course à la présidentielle 2027 et de fâcher Emmanuel Macron avec à peu près tous les futurs candidats, tous ses anciens premiers ministres au moins. Oui, à commencer par Gabriel Attal, puisque de facto, la dissolution l'éjecte de Matignon. Et ça, il l'a raconté à plein de fois. Et
puis, il
en a encore parlé cette semaine. Vraiment, il ne le
digère
pas.
Non,
ce n
'est
pas digéré. Et puis, Edouard Philippe, de son côté, lui, il trouve que c'est une très, très lourde erreur. Il nous le raconte dans le livre. Dès ce moment-là, il se dit que Emmanuel Macron, ayant perdu sa capacité à agir, eh bien, devrait s'en aller, quitter l'Elysée précocement. Et donc, effectivement, ça acte une rupture. Et dans le même temps, ça lance la course à sa succession. Il voulait précisément retarder. Il vous le dit à cette époque. Et puis,
il
le dira à l'antenne un peu plus tard. Ce qui est assez violent pour Emmanuel Macron. À ce moment-là, il se tire une balle dans le pied.
Edouard Philippe, oui, d'une certaine manière. Puisqu'il l'appelle au départ d'un chef de l'État dont il est dépositaire d'une partie de l'héritage. Ce qui est intéressant de voir, c'est qu'effectivement, c'est Edouard Philippe qui tient les propos les plus virulents. Mais finalement, c'est à Gabriel Attal qu'il en veut le plus. Il y
a
un sentiment de trahison qui est beaucoup plus fort.
Et qui remonte à loin, en fait. Qui remonte au salon de l'agriculture lorsqu'il est Premier ministre. C'est ça, ça se passe bien pour lui alors que ça s'est très mal passé pour Emmanuel Macron.
C'est une scène
qu'on raconte, effectivement, qui semble être... Alors, ça semble minuscule comme épisode. Mais parfois, la politique, ça se tient à des petites choses comme ça. Effectivement, Emmanuel Macron, ça se passe très mal au salon de l'agriculture. Il est invectivé. Il y
a
même un moment des craintes sur sa sécurité. Et puis, Gabriel Attal, il passe quelques jours après. Il dit, excusez-nous pour le dérangement. J'espère qu'on ne trouble pas trop votre salon. Et pour mieux souligner, en fait, la différence d'ambiance entre les deux visites.
Il appelle d'ailleurs les gens qui travaillent, les communicants de
Gabriel
Attal, les sales types, c'est ça ? Oui, c'est le surnom qu'il leur donne. Et la Ve République est faite de grandes batailles comme ça entre les présidents et leurs premiers ministres. Celle-ci, elle va vraiment rentrer au panthéon des grandes détestations.
Ce
qui est assez rigolo, c'est que ça dit aussi sur l'incapacité d'Emmanuel Macron à laisser de l'espace et à laisser de la lumière autour de lui. Ce qu
'on
raconte dans le livre, par exemple, quand il nomme Gabriel Attal, il dit à ses proches «
J
'ai soigné mon égo, je vais le laisser prendre toute la lumière, ça tombe bien, il adore ça. »
Et
puis,
en
fait,
effectivement,
Gabriel Attal adore ça. Tout de suite, dès les premières semaines, il prend toute la lumière sur ce sujet de l'agriculture. Et tout de suite, ça part en conflit, en coulisses. Emmanuel Macron dit qu'il se comporte avec une part d'immaturité, qu'il a un comportement puéril, parce qu'il trouve qu'il ne pense qu'à soigner son image plutôt que de gérer la crise agricole. Et puis surtout, péché qu'il ne parle pas assez du bilan de ce qui a été fait jusqu'à présent. Oui, forcément. On va voir que Gabriel Attal, il va très vite partir en campagne. Et puis, à la conquête du parti, il a eu raison, parce que le parti,
c
'est aussi le pactole.
Il
y
a un gros trésor de guerre. Il y
a
plus de 20 millions d'euros par an de financement public à Renaissance. Et puis,
il
y avait cet immeuble rue du Rocher, qui est un actif incroyable. Bref, il y a tout ce qu'il faut pour partir mener une campagne présidentielle. On le voit à l'heure actuelle, où beaucoup de partis cherchent de l'argent. Celui qui en a, c'est Gabriel Attal, grâce à Renaissance. Et ça lui donne tous les outils pour partir en campagne.
Si Emmanuel Macron a tant de mal avec ses héritiers, c'est qu'il compte revenir en 2032 ?
C'est
la
question que vous l'a posée. C
'est
la
grande
question. Je crois que c'est d'abord une béquille psychologique pour lui, pour tenir sur cette fin de règne la possibilité de revenir. En 2032, il aura quoi ? 54 ans ? C
'est jeune.
Très jeune. C'est très
jeune. 54 ans. Donc, on peut toujours revenir. Et puis, ce dont on s'aperçoit aussi,
c
'est que tous ses prédécesseurs ont essayé de revenir. Regardez François Hollande, par exemple. Nicolas Sarkozy, avant lui.
Il joue beaucoup avec cette idée. Emmanuel Macron, par exemple, en réunion de cabinet, il lui arrive assez régulièrement de lui dire, sur le ton mi-plaisanterie, mi-je mette cette idée en l'air. Bon, ça, ce sera sûrement pour quand on reviendra. Voilà. Comme ça, ça laisse des petits cailloux. Merci, Pauline, d'être venu avec Jérémie Marot. Le Crépuscule des Princes, c'est aux éditions du Rocher. Et il paraît demain. Et vous restez avec nous. Il
y
a la petite bande qui arrive. L'info qu'on a failli manquer, Florian Gazan, c'est la vente d'une mèche de cheveux aux enchères, mais pas n'importe laquelle. Le petit phénomène d'Emma Guisselle, ça se mange. C'est le salt bread.
Et
puis, Tanguy Pastureau défait l'info à tout de suite. Toute la journée,
RTL vous accompagne.
J'y vais d'avoir une petite côte, petite côte. Votre radio.