La France s’embrase, les pays européens suivent, explications (20/10)
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« Selon les calculs d'Eurostat, les prix de l'alimentation et des boissons non-alcoolisées dans l'UE ont par exemple augmenté de 34% entre août 2021 et août 2026. »
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« Ces 200 000 tonnes de diesel s'ajoutent donc aux 95 000 tonnes déjà promises par l'Arabie Saoudite pour octobre et novembre. »
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« Au total, ça représente donc 295 000 tonnes de diesel par mois, soit un peu plus de 10% de la consommation française de diesel selon l'Elysée. »
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« 500 000 personnes vont perdre l'accès à une aide alimentaire essentielle dans la bande de Gaza, faute de moyens suffisants du programme alimentaire mondial. »
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« les familles Gazaoui recevront désormais un seul colis alimentaire au lieu de deux, avec un sac de farine de blé de plus petite taille. »
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« Le nombre de repas chauds distribués chaque jour va également passer de 250 000 à 150 000. »
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« il a reçu moins de la moitié des financements consacrés à ses opérations dans les territoires palestiniens par rapport aux années précédentes. »
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« 1,4 million de personnes, soit les deux tiers de la population de Gaza, restent en situation d'insécurité alimentaire aiguë. »
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« la sécheresse installée depuis juin et aggravée par le phénomène climatique El Niño qui perturbe le climat mondial. »
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Belgique, Italie, Espagne, Grèce, il n'y a pas qu'en France que le peuple manifeste. Des centaines de milliers de personnes se sont mobilisées ces dernières semaines dans toute l'Europe et ça ne semble pas prêt de s'arrêter. Alors ces mobilisations ont-elles des points communs ? Et comment les expliquer ? Salut c'est Blanche, j'espère que vous allez bien. C'est le sujet à la une de ce format d'actu du jour, disponible sur Youtube et en podcast audio. En France, on en a déjà beaucoup parlé. Le mouvement s'articule en gros autour de deux grandes revendications.
Les moyens alloués à l'éducation nationale, principalement défendus par les lycéens, et la vie chère qui touche l'ensemble de la population. Mais cette mobilisation de la jeunesse semble aussi avoir dépassé les frontières françaises. En Belgique, des rassemblements spontanés ont eu lieu devant des lycées dans plusieurs villes. En Italie, des mobilisations ont aussi eu lieu dans plusieurs villes, notamment à Turin puis à Rome, la capitale. Certains lycéens ont même directement fait référence à la France avec des pancartes et slogans scandant la phrase « Facciamo come in Francia », autrement dit « Faisons comme en France ».
En Allemagne, cette fois-ci à Berlin, au moins une centaine d'élèves du lycée français ont bloqué le 12 octobre l'entrée de leur établissement en soutien à la mobilisation en France. Et en Grèce, des étudiants ont manifesté contre la vie chère, mais aussi contre le sous-financement de l'éducation. Mais comme en France, ces mouvements de jeunesse ont depuis été rejoints par d'autres mobilisations pour former des mouvements sociaux plus larges. Et si le coût de la vie revient souvent, les revendications varient selon les pays. En Italie, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce week-end contre les bas salaires et la hausse des prix.
Des routiers et agriculteurs ont aussi bloqué plusieurs axes de circulation dans le sud du pays. Et comme en France, en marge de certains rassemblements, des scènes de pillage et des dégradations ont pu être observées. En Espagne, les mobilisations portent surtout sur la crise du logement. On vous en a déjà parlé, les manifestants réclament des mesures contre la flambée des loyers et les difficultés d'accéder au logement. Au Portugal, des syndicats et des collectifs qui défendent le droit au logement ont également réclamé des salaires plus élevés. Sur un autre thème, en Albanie, d'importantes mobilisations ont aussi lieu actuellement pour lutter contre la corruption.
Alors évidemment, chaque situation est différente en fonction des pays. Les économies ne sont pas les mêmes, les réponses politiques non plus. Et ça ne veut pas dire que toutes ces mobilisations sont parties de France. Comme on l'a vu, les raisons de manifester existaient déjà sur place. Mais la mobilisation en France a peut-être aussi contribué à encourager certaines personnes à se mobiliser. Mais plusieurs facteurs communs permettent d'expliquer ces contestations. Déjà l'augmentation du coût de la vie. Dans toute l'Europe,
on
peut souligner une forme de contexte assez généralisé avec une importante hausse des prix de l'alimentation, du logement ou encore de l'énergie. Selon les calculs d'Eurostat, les prix de l'alimentation et des boissons non-alcoolisées dans l'UE ont par exemple augmenté de 34% entre août 2021 et août 2026. On retrouve donc un même problème dans plusieurs pays européens. Même quand l'inflation ralentit, ça ne veut pas dire que les prix baissent. Ils continuent simplement d'augmenter moins vite. Résultat, si les revenus ne suivent pas, ça signifie moins de budget pour les consommateurs. Derrière ces mobilisations, il y a donc une question qui revient.
Beaucoup de médias soulignent que ces contestations surviennent dans un contexte particulier. Plusieurs gouvernements européens, dont celui de la France, estiment avoir peu de moyens pour améliorer les conditions de vie de leur population. Entre les économies qui évoluent lentement et le poids de la dette, ils affirment disposer de peu de marge de manœuvre. Mais tous ces choix sont évidemment politiques. Un État peut décider de faire des économies, mais desquelles et au détriment de quel secteur ? C'est là que les manifestations entrent en jeu pour tenter de peser sur les choix budgétaires.
À tout ça s'ajoute aussi le rôle des réseaux sociaux, que beaucoup comparent à une forme d'accélérateur. Ils contribuent à faire circuler la mobilisation en quelques heures et sont largement utilisés par les nouvelles générations. Enfin, évidemment qu
'on
ne peut pas prédire le véritable impact de ces mobilisations sur le futur du continent. Mais une chose est sûre, un vent de mobilisation touche actuellement l'Europe. À voir s'il continuera de prendre de l'ampleur ou s'il s'essoufflera de lui-même, en tout cas de nouvelles mobilisations sont déjà prévues en France. À noter que d'importantes manifestations ont aussi lieu dans le monde, comme en Inde ou encore au Brésil, on aura l'occasion d'en reparler. Si vous voulez en savoir plus sur ce qui se passe dans chaque pays, on vous met également des liens en description.
Et pour finir, avant de vous laisser avec les actus importantes du jour, on voulait revenir rapidement sur les dernières infos concernant les mobilisations en France. On vous en avait parlé, ce samedi, la mairie de Limoges a été incendiée, le beffroi du bâtiment historique s'était effondré sous les flammes. Et ce mardi, donc, un homme d'une trentaine ou quarantaine d'années déjà fiché S et qui serait connu pour son appartenance à l'ultra-gauche, soupçonné d'être impliqué dans l'incendie, a été interpellé à une cinquantaine de kilomètres de Limoges. On suivra ça.
On voulait aussi vous parler d'une enquête de Mediapart publiée ce lundi, qui affirme que le gouvernement pousse pour mettre en cause la France insoumise dans les pillages qui ont lieu ce week-end. Selon l'enquête qui cite des échanges écrits, un commissaire du renseignement territorial affirme qu'il serait demandé à des agents, je cite « décrire que c'est tel FI qui est derrière le mouvement alors que c'est objectivement faux de l'avis général des renseignements territoriaux ». Interrogée par Mediapart, le ministère de l'Intérieur dément avoir donné de telles consignes.
Interrogée par TF1, la procureure de Paris, elle, avait aussi affirmé ce lundi qu'elle ne pouvait pour l'heure absolument pas confirmer que les auteurs de violences dans la capitale sont des personnes politisées vers l'ultra-gauche à contre-courant de ce qu'affirme officiellement le gouvernement. La France insoumise a en tout cas annoncé vouloir poursuivre le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, devant la Cour de justice de la République, en affirmant que si tout ça est vrai, il s'agirait d'un scandale d'État. On suivra tout ça et je vous laisse avec Samy pour le reste de l'actualité importante du jour. Merci Blanche et bonjour à toutes et à tous. On commence avec cette actu.
200 000 tonnes de diesel supplémentaires par mois vont être fournies à la France depuis Bahreïn et les Émirats Arabes Unis. C'est ce qu'a annoncé ce mardi l'Elysée. Alors on en parlait hier, Emmanuel Macron est en visite dans le Golfe pendant trois jours, plus précisément au Koweït, aux Émirats Arabes Unis, à Bahreïn et au Qatar. L'objectif est de sécuriser les approvisionnements en pétrole et en diesel pour tenter de faire baisser les prix des carburants à la pompe. Ces 200 000 tonnes de diesel s'ajoutent donc aux 95 000 tonnes déjà promises par l'Arabie Saoudite pour octobre et novembre.
Au total, ça représente donc 295 000 tonnes de diesel par mois, soit un peu plus de 10% de la consommation française de diesel selon l'Elysée. L'objectif affiché avec cet accord, c'est d'abord d'éviter les pénuries, mais aussi de tenter de faire baisser les prix à la pompe alors que les tensions en France sont importantes. Mais attention, sécuriser les approvisionnements ne signifie pas automatiquement que les prix à la pompe vont baisser pour les consommateurs. Le gouvernement lui-même reconnaît qu'il ne veut pas encore chiffrer l'effet de cet accord sur les prix, on suivra ça.
Deuxième actu, au moins 50 personnes sont mortes et près de 200 ont été blessées au Yémen ce lundi après des frappes attribuées aux rebelles Houthis qui ont visé un camp militaire des forces gouvernementales dans la Provence de Chabwa, dans le centre du pays. C'est ce qu'ont annoncé plusieurs responsables gouvernementaux. Les Houthis, ce sont des rebelles du Yémen soutenus par l'Iran qui sont en conflit avec le gouvernement officiel, lui-même soutenu par l'Arabie Saoudite. Alors le bilan pourrait encore évoluer, les hôpitaux locaux sont débordés et ils ont dû transférer les blessés les plus graves vers les provinces voisines de Hadramaut et Aden.
C'est ce qu'a déclaré le vice-gouverneur de la province de Chabwa. De son côté, l'armée craint que ces frappes marquent le début d'une nouvelle offensive terrestre. En septembre, la ville portuaire de Mocha avait été prise par les Houthis et plusieurs autres villes sur le littoral de la mer Rouge avaient aussi été concernées. Ainsi que le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, l'Arabie Saoudite a quant à elle envoyé ce lundi des alertes à certains de ses habitants face à une menace aérienne.
On
suivra l'évolution de la situation. Les
hommes ont
été tués dimanche dans le nord-est du Mali, dans la région de Ménaka, selon plusieurs sources interrogées par l'agence France Presse. Des hommes armés à moto ont attaqué plusieurs campements, tirés sur les habitants et incendiés des habitations. Les attaques ont principalement visé des membres de la communauté d'Aoussahak. Ces représentants accusent le groupe djihadiste État islamique d'être responsable. Selon une source sécuritaire citée par l'AFP, il pourrait s'agir de représailles après de récentes opérations de l'armée et d'un groupe armé allié au pouvoir malien.
L'armée avait justement annoncé avoir frappé une base qu'elle présentait comme terroriste dans cette zone la veille des attaques, mais les circonstances exactes restent à établir. Pour le contexte, le Mali est confronté depuis 2012 à des violences impliquant notamment des groupes djihadistes. Les militaires au pouvoir, après deux coups d'État en 2020 et 2021, n'ont toujours pas réussi à y mettre fin. En tout cas, ces nouvelles attaques ont poussé de nombreux habitants à fuir vers la ville de Ménaka et les représentants de la communauté visée réclament une aide humanitaire d'urgence pour les personnes déplacées.
Quatrième actu, 500 000 personnes vont perdre l'accès à une aide alimentaire essentielle dans la bande de Gaza, faute de moyens suffisants du programme alimentaire mondial, une des agences de l'ONU qui lutte contre la faim. C'est ce qu'a annoncé ce lundi l'organisme. Très concrètement, les familles Gazaoui recevront désormais un seul colis alimentaire au lieu de deux, avec un sac de farine de blé de plus petite taille. Le nombre de repas chauds distribués chaque jour va également passer de 250 000 à 150 000. Et l'aide financière qui permet aux habitants d'acheter de la nourriture dans les magasins a également été réduite.
En fait, le PAM dépend principalement des contributions volontaires des Etats et de dons privés. Cette année, il a reçu moins de la moitié des financements consacrés à ses opérations dans les territoires palestiniens par rapport aux années précédentes. Mais le problème, c'est que sur place, beaucoup de familles n'ont plus les moyens d'acheter, à manger, même lorsque les magasins sont approvisionnés. Dans un contexte où la guerre menée par Israël a dévasté l'économie de la région, selon la PAM, 1,4 million de personnes, soit les deux tiers de la population de Gaza, restent en situation d'insécurité alimentaire aiguë.
A ôter que ces réductions interviennent aussi à l'approche de l'hiver, alors que les familles vivent toujours dans des conditions humanitaires extrêmement difficiles. Le froid, la pluie, l'humidité ou encore le vent risquent d'aggraver les conditions, alors que beaucoup dorment déjà dans des tentes ou des maisons détruites et mal isolées. Alors pour maintenir ces opérations pendant six mois à Gaza et en Cisjordanie, territoire palestinien occupé, le PAM estime avoir besoin de 450 millions de dollars et sans nouveau financement, l'aide risque donc de continuer à diminuer, alors que les besoins, eux, ne diminuent pas.
Cinquième actu, près de 2 millions d'hectares de terres ont brûlé en Adonésie entre janvier et la fin du mois de septembre, soit l'équivalent de 12 fois la taille de Londres. Ce sont les estimations d'un organisme de surveillance de la déforestation par satellite publié ce lundi. Ce chiffre pourrait même être encore plus élevé. En fait, les épais fumés ont compliqué l'observation des incendies depuis l'espace, ce qui rend le bilan encore incertain. Et si ces feux sont si importants cette année, c'est en grande partie à cause de la sécheresse installée depuis juin et aggravée par le phénomène climatique El Niño qui perturbe le climat mondial. Et les conséquences, elles, sont nombreuses.
La pollution provoquée par les incendies a affecté la santé de milliers de personnes et provoque notamment des problèmes respiratoires. Ces fumées ont aussi traversé les frontières, touchant notamment la Malaisie, Singapour, le Timor-Oriental et les Philippines. Certaines écoles ont même dû fermer. On continuera de suivre ça. Et on termine avec cette actu. Le Japon a fait décoller une fusée ce lundi soir en direction des lunes de Mars, Phobos et de Demos qui sont donc deux petits satellites naturels qui tournent autour de la planète. L'objectif est de les rejoindre et de ramener des échantillons sur Terre d'ici 2031 et ce serait donc une première mondiale.
Alors la fusée a décollé du centre spatial de Tanegashima au Japon. A son bord, on retrouve notamment IDFX, un petit robot explorateur franco-allemand qui roulera sur Phobos et un instrument français qui analysera la lumière réfléchie pour les deux lunes pour déterminer de quoi leur surface est composée. Le voyage va durer environ un an et la sonde restera trois ans à proximité de Mars. Elle se placera notamment en orbite autour de Phobos situé à environ 6000 km de la planète. Puis elle tentera de se poser dessus pour récupérer au moins 10 grammes de matière.
Ces échantillons pourraient aider les scientifiques à mieux comprendre les origines du système solaire et peut-être même celles de la vie sur Terre. Et on vous tiendra là aussi au courant d'ici là. Merci Samy pour ces actualités et on termine avec cette bonne nouvelle. Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté ce lundi à l'unanimité un fait qui est très rare, une résolution pour lutter notamment contre le recrutement d'enfants soldats via les réseaux sociaux, les jeux en ligne ou les messageries chiffrées.
En fait, de nombreux groupes armés dans le monde utilisent ces outils pour approcher les jeunes et donc cette résolution exige que les parties au conflit arrêtent de recruter, d'enlever ou d'exploiter sexuellement des enfants par ces moyens. Elle encourage aussi la coopération avec les entreprises de la tech pour limiter l'exposition des jeunes à des contenus dangereux. Alors pour nuancer tout ça, attention, ce texte ne crée pas de nouvelles interdictions. Il adapte les protections existantes au numérique et d'ailleurs aucun financement supplémentaire n'est prévu. Un point qui est très critiqué par la Somalie mais ça nous semblait tout de même important d'en parler aujourd'hui.
Voilà pour ces actualités. Je crois que j'ai tout dit, prenez soin de vos proches et je vous dis à plus tard.