Nicolas Dupont-Aignan au JT de France 3 Corse 18/03/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous espérez de cette élection ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Comment vous vous situez entre Le Pen et Zemmour ?
- 2:05RelanceÉludée
Si Le Pen était au second tour face à Macron, est-ce que vous n'appeliez rien à voter pour elle ?
- 3:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire que Sarkozy prenne position pour Macron ?
- 4:14OuverteRéponse directe
Êtes-vous partisan de l'union de toutes les droites ?
- 6:16OuverteRéponse directe
Votre programme inclut la moralisation de la vie publique. Quelles mesures proposez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:39Invité politiqueFait
« Sur l'indépendance, je suis clair alors que Le Pen-Zemmour ne précise pas les choses. »
- 1:46Invité politiqueFait
« J'ai été le seul à combattre franchement ce pass vaccinal et sanitaire qui ne marche pas, qui n'avait aucun sens et qui a coûté une fortune au pays. »
- 4:47Invité politiqueChiffre
« Je suis le seul qui a dit, on va éviter 100 milliards de gaspillages. »
- 4:51Invité politiqueFait
« Par exemple, les fausses cartes vitales, le coût de l'immigration, le coût de l'Europe qui nous coûte une fortune. »
- 5:00Invité politiquePromesse
« Et on va redistribuer l'argent vers le travail, indexer les pensions de retraite, avoir un 13ème mois pour tous. »
- 10:25Invité politiquePromesse
« Il y aura un impôt sur les très grandes fortunes provisoires pendant la crise, pour les plus de 10 millions d'euros provisoires. »
- 11:10Invité politiqueChiffre
« Je veux réduire simplement ces cotisations. C'est 20 milliards de coûts pour l'État. »
- 11:17Invité politiqueChiffre
« 20 milliards de fausses cartes vitales. Et la grande fraude à la TVA, des scroqueries à la TVA internationale, qui coûtent aussi 20 milliards. »
- 12:05Invité politiqueChiffre
« Sous Jacques Chirac, on donnait 2 milliards par an à Bruxelles, net. »
- 13:29Invité politiqueFait
« Je veux communes, départements, décentralisés. Et puis, pour choisir des grandes infrastructures ferroviaires et les universités, une conférence des présidents de départements avec les préfets. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan78 %
- Invité10 %
- Présentateur7 %
- ?5 %
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Bonsoir
Nicolas Dupont-Aignan, bienvenue sur
ce
plateau.
Nous nous
interrogeons avec Pierre-Simon Pâle et bonsoir Pierre. Alors vous êtes candidat pour la troisième fois à l'élection présidentielle. En 2017, vous aviez obtenu 4,7% des suffrages. Aujourd'hui, il y a deux grands candidats qui sont sur votre créneau politique. Qu'est-ce que vous espérez de cette élection ? Le Pen et Zemmour, évidemment, les deux grands candidats.
Je suis gaulliste, républicain. Je défends pendant cette campagne l'indépendance de la France et la liberté des Français, notamment suite à la crise sanitaire
dont
je n
'ai
pas accepté l'escroquerie et la manipulation. Et de surcroît, j'ai des propositions concrètes de vie quotidienne parce que j'ai été maire 22 ans dans la banlieue parisienne. Et c'est ce qui me différencie aussi des personnes que vous citez. Et
c
'est, je crois, cet enracinement
et
cette volonté que la politique change un peu,
qu
'on fasse preuve d'un peu plus de bon sens,
qu
'on prenne les problèmes tels qu'ils sont et qu
'on
les résolve. Parce que ce qu'attendent les Français, ce n
'est
pas des grands discours enflammés, c'est qu'on traite les problèmes qui ne sont pas traités depuis 20 ans dans notre pays. Et pour moi, il faut les traiter en retrouvant l'indépendance du pays.
Alors en 2017, vous aviez fait alliance avec Marine Le Pen. Elle vous présentait même comme son futur Premier ministre en cas d'élection, bien entendu. Ensuite, il y
a
eu rupture. Aujourd'hui, comment vous vous situez entre Le Pen et Zemmour ? Difficile de faire entendre une voix
originale.
Pas du tout. J'ai ma spécificité. Sur l'indépendance, je suis clair alors que Le Pen-Zemmour ne précise pas les choses. Sur la liberté sanitaire, j'ai été le seul à combattre franchement ce pass vaccinal et sanitaire qui ne marche pas, qui n'avait aucun sens et qui a coûté une fortune au pays. Et encore une fois, j'ai un parcours différent. Voilà. Vous savez, moi, je ne me positionne pas par rapport aux autres. Et je pense justement qu'il faut, face à Emmanuel Macron, une rupture profonde, mais une rupture sérieuse. Et c'est ça qui m
'intéresse. Si
Le Pen était au second tour
face à Emmanuel Macron,
est-ce que vous
n
'appeliez rien à voter pour
Emmanuel Le Pen ou
même pour Éric Zemmour
? Mais attendez, on n'est pas au second tour. Les élections ne sont pas écrites, pas jouées. Et je dis aux Français qui sont écœurés, je les comprends, parce qu
'il
n
'y a
pas de débat, c'est une élection truquée. Mais je leur dis, il n
'y
a que vous qui pouvez empêcher le trucage. C'est-à-dire que si les 47 millions d'électeurs se réveillent le 10 avril en disant, mais pourquoi je m'abstiendrai ? Pourquoi je vais laisser Macron réélire ou avoir toujours le même duel Macron-Le Pen ? Est-ce que je n
'ai
pas envie de voter avec mon cœur, ma tête et d'aller voter ? Je dis aux Français,
si
vous allez voter,
vous
pouvez tout bouleverser. N'écoutez pas les sondages, les médias, votez en fonction de votre intérêt national, votre intérêt personnel, votre avenir. Vous avez entre vos mains l'avenir du pays. Je dis, secouez-vous, parce que vous savez, nos compatriotes râlent beaucoup, et moi aussi, on est râleur un peu. Mais
si
on ne vote pas, on ne peut pas changer les choses. Donc je dis, allons voter, bouleversons les choses, lisez les programmes, comparez-les, vous verrez, on n'est pas les mêmes.
Bon, l'évolution de la droite est assez impressionnante. Il se dit que Nicolas Sarkozy, ce week-end, prendrait position pour Emmanuel Macron. Qu'est-ce que ça vous inspire
? Moi,
j'en serais très triste,
et
puis ça m'inspire qu'en fait, c'est, comment dire, qu'ils se ressemblent, s'assemblent à la fin, si c'est le cas. J'en doute encore, mais peut-être, et je pense qu'il y
a
des millions d'électeurs qui seront furieux, et je les invite à me rejoindre, parce que moi,
je
n
'ai
jamais changé, je suis un gaulliste, je n'ai jamais changé, comment dire, ma conception des choses en fonction de mon intérêt personnel. Alors c'est peut-être l'intérêt personnel de Nicolas Sarkozy, mais je trouvais ça assez triste, si c'est le cas. Et en attendant, il n
'y
a aucune fatalité à subir Emmanuel Macron, 5 ans de plus, parce que quand on voit son programme, la retraite à 65 ans, il faut savoir ce que ça veut dire.
Ça
veut dire
des millions de Français paupérisés parce qu'ils sont au chômage à 59, 60, 61. Ça veut dire qu'ils n'auront pas une retraite complète pendant toute leur vie, leur fin de vie.
C
'est la paupérisation. Mais c'est terrible ce qui va se passer avec Emmanuel Macron s'il était réélu, par malheur.
Donc il faut
se secouer. Si Emmanuel Macron était réélu, la droite va se recomposer. Êtes-vous partisan de l'union de toutes les droites, des LR de Ciotti, jusqu'à Marion Maréchal Le Pen,
et
Emmanuel
Macron en
ERN ? Je suis partisan de l'union de tous les patriotes, ceux qui aiment la France. Il y en a de gauche parfois qui ne veulent pas de Macron, pour qu'on évite un deuxième mandat qui serait calamiteux. Mais pour l'éviter, il faut présenter une offre alternative. Moi, je ne
suis
pas là pour critiquer seulement. Je propose, je suis le seul qui a chiffré son programme. Je suis le seul qui a des propositions précises. Je suis le seul qui a dit, on va éviter 100 milliards de gaspillages.
Par
exemple, les fausses cartes vitales, le coût de l'immigration, le coût de l'Europe qui nous coûte une fortune. Et
on va
redistribuer l'argent
vers
le travail, indexer les pensions de retraite, avoir un 13ème mois pour tous. Des choses concrètes pour que ceux qui bossent soient récompensés. C'est ça l'enjeu.
On
va
revenir juste. Laurent Philippot vous a rejoint. On connaît ses positions sur l'Europe, sur l'euro. Vous les partagez totalement
?
Mais Florian Philippot a estimé que j'étais celui qui défendait le plus l'indépendance du pays. Pour autant, j'ai mon projet qui est très clair. Pas de sortie de l'euro pour vous ? Non, j'ai mon projet qui est très clair. Et je me suis surtout engagé
sur
un référendum. Parce que ça fait quand même depuis 2005, les Français ne sont jamais consultés. Là aussi, je suis le seul qui propose avec Jean-Luc Mélenchon, il faut reconnaître, le RIC.
Le
RIC, le référendum initiative citoyenne. Par exemple, pour une collectivité comme la Corse, ça voudrait dire que s'il
y
a un certain nombre de Corses qui veulent un référendum, eh bien on peut avoir un référendum. Il y a besoin,
au
-delà du programme, pouvoir d'achat, réfondre de l'hôpital, etc., il y a besoin de quoi ?
Il
y a besoin de démocratie dans notre pays. Quand vous pensez que les candidats ne veulent pas débattre, quand vous pensez qu'Emmanuel Macron ne veut pas débattre,
et
qu'on risque d'avoir une présidentielle
où
les candidats ne peuvent pas se parler. Mais imaginez le jugement des Français. Donc ce n
'est
pas possible d'accepter ça.
Justement, un des aspects de votre programme, ça concerne la moralisation de la vie publique. Alors il y
a
eu de nombreuses voix quand même depuis 1990. Elles ne sont pas suffisantes parce que, d'une certaine manière, vous accréditez le thème « Tous mourus ».
Ah non, je dis
simplement, je maintiens que quand on recrute, j'ai été maire 22 ans, un animateur sportif dans une commune, on demande son extrait de casier judiciaire,
et
quand on élit un député ou un président de la République, on n'exige pas un casier judiciaire vierge.
C
'est délirant.
Vous
savez, les Français ne retrouveront confiance dans la politique que quand on aura fait un peu de ménage. Voilà. Les conflits d'intérêts, on a appris que le gouvernement a utilisé pour un milliard d'euros des cabinets d'études, notamment américains,
pour
nous dire ce qu
'on
doit penser. Non,
mais
est-ce que vous ne croyez pas qu'il
y a
un moment où c'est l'argent des Français ? Moi, je souhaite que l'argent aille à ceux qui bossent. Je souhaite qu'on aide les PME à investir en France. Et je souhaite qu'on rouvre 20 000 lits d'hôpitaux.
Et
ici, par exemple, en Corse, il y
a
besoin de services hospitaliers renforcés. Pourquoi l'argent est dilapidé
et
ne va pas aux Français qui bossent, qui veulent vivre tranquillement et à ceux qui ont travaillé par l'indexation des pensions de retraite ? Si déjà on faisait ça, vous savez,
je
pense que les Français se sentiraient peut-être
mieux
considérés et respectés.
Est
-ce qu
'il
ne faudrait pas plutôt une réforme des institutions en France, et notamment, par exemple, un vrai pouvoir de contrôle donné au Parlement, par exemple ?
Oui, ça c'est sûr. Mais moi, je crois au référendum. Je veux le référendum d'initiative citoyenne. Si, par exemple, au niveau de la France, il
y
a 500 000 citoyens qui estiment qu'un sujet doit être mis sur la table, référendum, comme en Suisse. Et vous verrez que là, les gens commenceront à revenir voter. Parce qu'ils se diront, tiens, on me consulte, on me respecte.
Et
la clé de la crise actuelle d'abstention, de confiance, je vois bien, tout à l'heure,
j
'étais me promener à la rencontre dans la ville d'Ajaccio,
j
'ai été voir un peu, après avoir vu des élus, j'ai vu des habitants. Tous me disent la même chose. Tous !
Que
vous soyez à Brest, à Strasbourg, au Fafon de la Lozère, en Corse, ils vous disent tous, on n'a plus confiance.
Donc
moi, je veux qu'on restaure la confiance par le vote.
Alors, aujourd'hui, ce qui pèse fortement sur cette élection, c'est la guerre en Europe, en Ukraine. Vous êtes membre de la commission des affaires étrangères, je crois. Alors, vous avez condamné l'invention russe, mais vous avez quand même une position plus nuancée sur la responsabilité. Pour quelles raisons ?
Parce que je regarde la vérité
et
je n'aime pas être instrumentalisé.
Et
j'en ai assez qu'après avoir eu deux ans de manipulation par la peur du Covid, on nous fait la manipulation, on étouffe une élection par le drame ukrainien qui est un drame. Mais je sais qu'on aurait pu le résoudre si la France avait eu une position indépendante des États-Unis.
Et de l'Union Européenne.
C'est très simple, on fait croire que tout est la faute des Russes. Ce qui est vrai là, et elle est inacceptable. Et je la condamne totalement. Mais il faut quand même reconnaître qu'il
y a
eu un désaccord de Minsk
en
2015 et que l'Ukraine n'a jamais respecté l'accord pour l'autonomie du Donbass. On parle d'autonomie. L'autonomie du Donbass, le respect des populations russophones du Donbass. Et que si on avait réglé ça, on n'aurait pas cette cicatrice dramatique au cœur de l'Europe. C'est l'OTAN qui est responsable selon vous notamment ? Non, pas que l'OTAN. C'est le gouvernement ukrainien qui n'a pas respecté les accords, qui n'a pas considéré les populations du Donbass, qui les a bombardées. Et ce faisant, on a maintenant l'invasion russe et on est dans une situation abominable. Et je dis qu'il
y a
un plan de paix possible. Mais il ne faut surtout pas armer les Ukrainiens parce qu
'on
ne leur rend pas service. Et on est en train de mettre de l'huile sur le feu. Et je voudrais qu'on apaise parce que la France va perdre beaucoup avec ce conflit. Et l'Europe.
Avant le volet économique, Pierre. Alors oui, justement, je voudrais qu'on vous prononcez pour le rétablissement de l'impôt sur les très grandes fortunes. À quel niveau situez-vous ces très grandes fortunes ? Et est-ce que vous avez chiffré ?
Ce que j'ai dit, comme je veux qu'on supprime la TVA sur la taxe sur l'essence, on est le seul pays au monde qui a une TVA sur une taxe. Ça ferait déjà 15 centimes de moins. Et puis, je veux donc financer ça parce que j'estime que c'est une souffrance. C
'est
un manque en gagné pour l'État. Oui, mais quand il y
a
eu la suppression de l'impôt sur la fortune, personne, le gouvernement Macron estimait ça très bien. Mais en revanche, alléger la facture du pétrole, ça n'en a pas le droit. Eh bien, moi, je dis qu
'il
y
aura
un impôt sur les très grandes fortunes provisoires pendant la crise, pour les plus de 10 millions d'euros provisoires, pour qu
'il
y ait une petite contribution des plus riches de France, pour apaiser la souffrance des plus pauvres. Et ça aussi, ça redonnerait confiance aux Français. Il ne s'agit pas de taxer comme avant pour faire fuir les fortunes, ça serait absurde. Mais en revanche, une petite contribution ne serait pas de trop.
Alors, vous prenez aussi, comme les autres candidats, d'ailleurs, une augmentation de salaire. Vous, vous la chiffrez à 8%. Mais comment est-ce que vous faites pour l'imposer ? Parce que le MEDEF a déjà dit non, non, pas question. Et les TPE, ça risque d'être compliqué pour elles.
Ce n
'est
pas elles qui paieraient. Quand vous avez votre feuille de paie, vous l'avez. Vous avez le brut. Enfin, les cotisations. Et le net. D
'accord.
C'est 23% de cotisation. Pour chaque salarié. Je veux réduire simplement ces cotisations. C'est 20 milliards de coûts pour l'État. 20 milliards, c'est beaucoup. Comment je fais ? Eh bien, je lutte vraiment contre la fraude sociale. 20 milliards de fausses cartes vitales. Et la grande fraude à la TVA, des scroqueries à la TVA internationale, qui coûtent aussi 20 milliards. Et donc, avec ça, largement, on a de quoi récompenser ceux qui bossent. Parce que si les chefs d'entreprise ne trouvent pas parfois de salariés,
c
'est parce qu'avec le prix de l'essence, il ne reste plus rien avec le peu que gagnent les Français. Donc, il faut augmenter les salaires. Mais les entreprises ne peuvent pas payer. Donc, il faut que l'État gère mieux son argent.
Sur la retraite, en revanche, vous ne voulez toucher à rien. Vous maintenez l'âge de départ à 62 ans avec le même nombre d'années de cotisations. Oui. La droite, Emmanuel Macron,
elle
est allée à 65 ans. Comment financez-vous les retraites dont on dit que le système est réellement en danger ?
Écoutez, on nous dit qu'on fait cette réforme pour 5 à 10 milliards d'euros d'économies.
C
'est exactement ce qu'on donne chaque année à Bruxelles,
en
plus de ce qu'on reçoit. Sous Jacques Chirac, on donnait 2 milliards par an à Bruxelles, net. Ça, j'accepte. Il y a des pays plus pauvres, c'est normal. Aujourd'hui,
c
'est 10.
Eh
bien, moi, je préfère qu'on réduise la part qu'on donne à l'Europe, à cette bureaucratie, et qu'on le donne à nos retraités. Et je vous le dis, la retraite à 65 ans, c'est qu'au lieu d'être à la retraite, on va payer des allocations de RSA et d'allocations de pauvreté.
Parce
que quand vous êtes licencié à 58 ans, vous faites comment jusqu'à 65
? Donc,
c'est les départements qui vont payer avec le RSA ? C'est indigne, la réforme d'Emmanuel Macron. Et je vous le dis, quand vous avez travaillé à 18 ans, vous avez travaillé dur des métiers manuels,
et
que vous êtes licencié à 57, 58 ans, vous faites comment
? Qu
'on m'explique. Donc, tout ça, c'est toujours la même philosophie. Toujours pour les plus privilégiés, toujours moins pour ceux qui bossent, qui travaillent dur dans la vie. Et je suis un gaulliste social, je veux des efforts, et je veux qu'on responsabilise les gens, je suis contre la cistana. Mais en revanche, il faut qu'au moins, on récompense ceux qui ont travaillé dur dans leur vie.
Alors,
dans votre projet, il
y a
une partie consacrée à l'équilibre des territoires. Alors, vous proposez de supprimer l'échelon régional, le mandat de conseiller régional, et de créer une conférence régionale qui regroupe les représentants des départements sous l'autorité du préfet de région. C'est la fin de la décentralisation, ça ?
Pas du tout. Ça, c'est pour la métropole, pas pour la Corse. Mais pour
la
métropole, il y
a
des régions, on a des communes, des intercommunalités, des départements, des régions. Je dis le millefeuille avec quatre structures, de l'argent, de l'argent, de l'argent, des féodalités, tout ça. Je veux communes, départements, décentralisés. Et puis, pour choisir des grandes infrastructures ferroviaires et les universités, une conférence des présidents de départements avec les préfets.
Et
ça sera beaucoup plus simple. Et ça coûtera moins cher. En revanche, pour les régions, par exemple la Corse, qui ont un statut particulier, on garde bien sûr la région Corse qui fusionne deux départements. Oui, c'est déjà fait.
La
position, donc, elle est toute trouvée avec la Corse. Vous arrivez dans une situation qui est extrêmement tendue. Alors, Gérald Darmanin est venu pour apaiser les choses. Il semble y être parvenu, en tout cas, pour l'instant. Vous auriez agi comme lui
? D
'abord, je suis venu,
parce
que j'estime qu'un candidat à la présidentielle, quand il y a quelque chose qui se passe d'aussi grave en Corse, doit être là. Marine Le
Pen a annulé sa visite.
Eh bien oui, c'est son choix. Moi, j'aime la Corse. Je crois en la Corse dans la République, avec une flexibilité. Et je suis venu dire aux Corses, un, je comprends l'émotion sur ce qui s'est passé à Arles, qui est monstrueux. Il faut le dire. Et ce n
'est
pas parce que c'est Colonna et qu'il
y a
eu Erignac qu'on ne doit pas le dire. C'est inacceptable qu'un djihadiste soit en liberté dans une prison. Inacceptable. Et je l'ai suffisamment dénoncé. Avant. Deuxième point, je suis venu dire aussi, que
le
gouvernement Macron
se
moque des Corses. Après les avoir méprisés pendant cinq ans, il nous sort l'autonomie, qui est un mot qui veut tout et rien dire. Trois
semaines avant
les élections. Attendez. Trois semaines avant les élections. Ce faisant, il trompe les gens. C'est une manœuvre. Et je déteste les manœuvres. Et le troisième point, c'est que je propose quelque chose de concret. Des états généraux de la Corse, où on met tout à plat.
Pas
seulement avec l'Assemblée de Corse, avec aussi les maires, les forces économiques, les Corses, dans une démarche participative. Et moi, j
'ai
une institutrice qui
m'a...
C
'est un petit peu ce qu'a fait
Georges Damanin.
Non, non, non.
Il a
des négociants douces avec le président de l'Assemblée.
Non,
il a aussi rassemblé ce qu'il a appelé les forces
vives. Ce que vous avez évoqué. Vous êtes favorable à l'autonomie
? Non,
non, non.
Six mois. Six mois de travail.
Pour
avoir un état précis. Je vais vous donner un exemple. Moi, j
'ai
une institutrice qui me disait un problème bien posé est à moitié résolu. Eh bien, j'aimerais savoir.
Il
y
a
eu quatre statuts. Est-ce qu'il en faut vraiment un cinquième ? Est-ce que déjà on utilise à fond le statut actuel ? Quel est le bilan de ce qui a été fait par la collectivité
?
Deuxième point. Quels sont l'état des ressources de la Corse ? Quels sont les transferts financiers ? Où on en est financièrement ? Comment on peut améliorer les choses
?
Troisième point. Est-ce qu'il y a des problèmes non résolus ou une inflexion constitutionnelle
? Ce n'est pas
un statut,
c
'est un audit que vous voulez faire.
Oui, je
veux le faire. Parce qu'on ne peut pas décider... Ce n
'est
pas une évolution. Mais attendez, pour évoluer, il faut savoir d'où on part.
Et j'aimerais
que les Corses
doivent savoir d'où on part. Il y a aussi peut-être à respecter le suffrage
universel également. Je pense que vous êtes d'accord avec ça. Lorsque vous avez 68% des gens qui votent justement pour des listes qui se réclament de l'autonomie. Est
-ce qu'on peut faire un en passe là
-dessus ? Excusez-moi.
Vous qui êtes pour le
référendum. Oui, mais ce n
'est
pas un référendum. C'était le choix de gens qui gèrent la région. Par rapport à une opposition qui n'a pas été jugée capable. Ce n
'est
pas un
blanc-saint. Le programme était clair. Ce n'est pas un
chèque en blanc. Pas du tout. On ne joue pas avec les institutions. Si les
Corses
veulent une autre institution, ils auront un référendum. Moi, je suis pour le référendum. Mais ne confondons pas les élections. Et ne croyons pas, si je peux me permettre,
qu
'en multipliant les statuts, on règle les problèmes. Parce que c'est une fuite en avant. Il y
a
eu quatre statuts. Digérons déjà celui-là. Voyons si les compétences sont exercées. J'ai l'impression qu'il
y a
pas mal de compétences qui ne sont pas encore complètement exercées. Les ordures ménagères, le développement économique. Il y a plein de choses qui ne sont pas faites. Pourquoi ils ne le font pas ? Et en revanche, où je dis que les Corses
ont
raison de demander des choses, et je regrette que le gouvernement ne l
'ait
pas fait depuis cinq ans, le problème de la spéculation immobilière, le problème de la continuité territoriale, il y a des points sans doute d'amélioration. Mais je veux savoir exactement où on en est, un vrai audit, que les Corses sachent d'où vient l'argent, comment il va, qui paye quoi, comment on organise des choses communes, État, collectivité de Corses. Et une fois qu'on a tout mis d'aplomb pendant six mois, le Parlement propose un projet
qui
sera un projet de consensus, mais moi je ne veux pas, je le dis très clairement, entre le statu quo,
qui
n'est pas tenable parce qu'il faut sans doute des évolutions, et le statut à la Polynésie, qui veut dire de fait l'exclusion de la communauté nationale, c'est-à-dire la dérive indépendantiste, je pense qu'il
y a
un juste milieu peut-être intelligent à trouver. Et je pense que ce n
'est
pas
dans
le secret, entre Emmanuel Macron et M. Siméoni, dans l'urgence, sous la pression, qu'on décide de la vie des Corses. Et je dis aux Corses,
attention,
on peut vous instrumentaliser, et ça peut être demain, bien pire qu'aujourd'hui. Donc prenons garde, et faisons les choses sérieusement.
Très rapidement, est-ce que vous êtes favorable au rapprochement des prisonniers nationalistes, parce
que
ça a pratiquement été déjà acté par Gérald Darmanin, et faut-il les libérer ?
Ils
sont conditionnables depuis 4 ans.
Écoutez, je suis surpris, parce que le gouvernement nous a dit que c'était du domaine de la justice et qu
'il
n'avait pas à intervenir. Maintenant, il prend une position. Moi, je veux le respect des règles, le respect des règles de droit. Si le droit, et que les juges estiment que c'est de droit, il faut le faire, il ne
faut
pas s
'y
opposer. Franchement,
c'est administratif.
Écoutez, moi, je ne suis pas hostile par principe du tout. En revanche, ce que je voudrais, c'est qu'on ne décide pas en 3 semaines, à la va-vite, comme ça, de bazarder des choses. Je ne trouve pas ça sérieux. Et moi, en tant que candidat à la présidence de la République, je dis que si j'étais élu, je ferais les choses sérieusement avec les Corses et avec l'ensemble des Français.
Eh bien, ce sera là le mot de la fin. Merci, Nicolas Dupont-Aignan. Pierre, merci à vous. Vous allez maintenant retrouver votre session d'information avec Corsi Gazet.
Nicolas Dupont-Aignan