Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 18 février 2022 7 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & international

Élysée 2022 : y a-t-il une surenchère des promesses ?, avec Jérôme Jaffré - C à Vous - 18/02/2022

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:11OuverteRéponse directe

    Vous imaginez qu'après la fracture sociale, on assiste à une fracture civique ?

  • 2:11OuverteRéponse partielle

    Pierre.

  • 2:12OuverteRéponse partielle

    En l'absence de passion, cette campagne se vit aussi au rythme d'un autre feuilleton, celui des sondages quasi quotidiens.

  • 2:32ComplaisanteRéponse partielle

    Je ne leur accorde pas beaucoup de crédibilité.

  • 4:55OuverteRéponse directe

    Et des Français en général, quoi.

  • 5:00RelanceRéponse directe

    Pardon, je ne suis pas d'accord avec vous.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:09PrésentateurChiffre
    « 39% des ouvriers parlent du scrutin contre 64% des cadres et des professions intellectuelles, selon un récent sondage de l'IFOP. »
  • 0:33Invité politiqueFait
    « Abstention massive aux municipales, aux régionales, aux départementales. »
  • 0:39Invité politiqueFait
    « D'habitude, premier tour présidentiel, vous en avez près de 80% qui vont voter. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « Donc une double fracture absolument redoutable, crainte, je le disais, pour Marine Le Pen. »
  • 1:33Invité politiqueChiffre
    « Vous aviez déjà 50% d'abstention aux législatives il y a 5 ans. »
  • 2:22InvitéFait
    « Anne Hidalgo, créditée de 2% d'intention de vote au premier tour, dont le sondage BVR-RTL publie aujourd'hui, dit ne pas croire aux études. »
  • 6:03Invité politiqueChiffre
    « il y a encore un bon paquet de chômeurs, dans le pays, à peu près 3 millions quand même »

Temps de parole

  • Invité politique74 %
  • Invité9 %
  • Invité 27 %
  • Présentateur5 %
  • Présentateur 25 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Ce qui est frappant, c'est que cette campagne n'est pas au cœur des débats des Français. 39% des ouvriers parlent du scrutin contre 64% des cadres et des professions intellectuelles, selon un récent sondage de l'IFOP. Vous, vous imaginez qu'après la fracture sociale, on assiste à une fracture civique ?

0:16
Invité politique

C'est le risque. Alors derrière ça, c'est l'abstention. Il y a une cassure entre le citoyen et le vote qu'on constate, qui n'a cessé de grandir. Alors le Covid l'a fait exploser, comme beaucoup d'autres choses. Le Covid a fait modifier le rapport au travail, il a peut-être modifié le rapport à la politique et aux élections. Abstention massive aux municipales, aux régionales, aux départementales. On a explosé tout ça. Il faut que les Français reviennent aux urnes. D'habitude, premier tour présidentiel, vous en avez près de 80% qui vont voter. Vous pouvez avoir cette fois-ci beaucoup plus d'abstention, surtout dans les milieux populaires et parmi les jeunes.

Donc une double fracture absolument redoutable, crainte, je le disais, pour Marine Le Pen. Parce que si l'électorat populaire ne va pas aux urnes, c'est elle qui sera d'abord sanctionnée. Et puis l'abstention, elle peut faire boule de neige. Au second tour, le problème de la fracture civique, c'est que beaucoup d'électeurs, tout dépend évidemment de qui sera au second tour, beaucoup d'électeurs soit ne vont plus voter, soit votent uniquement pour éviter la victoire de l'adversaire. Ils ne soutiennent pas du tout celui qui va être élu. Ils disent simplement, je ne veux absolument pas que X ou Y soit élu, parce que ces idées sont extrémistes et je ne veux pas au pouvoir.

Donc vous avez ce biais-là. Et une abstention et du vote blanc aussi. On ne parle pas assez du vote blanc, très important. Et puis il y a les législatives au mois de juin. Et là, boule de neige encore. Vous aviez déjà 50% d'abstention aux législatives il y a 5 ans. On peut avoir une situation où vous avez 2 tiers des Français qui ne vont pas voter aux législatives. Alors il y a une majorité derrière. Mais cette majorité, qu'est-ce qu'elle représente profondément du pays ? Donc c'est là où je dis, la tendance c'est que le système se détraque. Le régime politique de la Ve République, dont parlait Giscard d'Estaing dans le petit extrait que vous avez passé avec des trébolots dans la voix.

Mitterrand s'en est très très bien accommodé de la Ve République quand il est arrivé au pouvoir. Il n'y a pas eu de problème. Eh bien, le système se détraque. Là, c'est redoutable.

2:11
Présentateur

Pierre.

2:12
Invité

En l'absence de passion, cette campagne se vit aussi au rythme d'un autre feuilleton, celui des sondages quasi quotidiens. Anne Hidalgo, créditée de 2% d'intention de vote au premier tour, dont le sondage BVR-RTL publie aujourd'hui, dit ne pas croire aux études. Elle le disait dans Le Parisien. Un argument qu'elle avait déjà utilisé ici même la semaine dernière.

2:32
Présentateur

Je ne leur accorde pas beaucoup de crédibilité. D'ailleurs, je vous invite à regarder comment ils sont fabriqués. Moi, je vais vous dire, pour moi, la politique, ce n'est pas des clics, ce n'est pas cette course de petits chevaux, ce n'est pas des sondages jour après jour qui font de la politique quelque chose qui ressemble plutôt à un classement TripAdvisor.

2:51
Invité

– Donc, quand on a la fièvre, on accuse le thermomètre. Elle parle de sondage low cost à coup de petit clic.

3:00
Invité politique

– Alors, évidemment, ce qui ne favorise pas Anne Hidalgo, c'est que ce discours totalement anti-sondage vient de quelqu'un qui est au très fond des intentions de vote. Ce qui est vrai, si vous voulez, là, par exemple, on discute, on ergote sur les demi-points entre Zemmour, Le Pen, Pécresse et compagnie. La vérité, c'est que sur ce sondage-là, nous ne savons, Patrick Cohen le disait, nous ne savons absolument pas qui serait l'adversaire d'Emmanuel Macron au second tour de scrutin. Emmanuel Macron ayant, semble-t-il, beaucoup de chances de se qualifier, il est quand même très nettement devant.

Mais pour les trois autres, en fait, la vérité, c'est que la marge d'erreur fait que nous n'en avons pas la moindre idée. Il y a une chose juste dans ce que dit Anne Hidalgo, il faut le dire, c'est la notion de course de petits chevaux. C'est-à-dire, là, il y a une dérive générale, mais qui va bien au-delà. On ne parle pas des programmes et des propositions vraiment dans cette campagne. Et qui vient en partie du fait aussi que, je dirais, que les Français qui adoraient l'élection présidentielle, qui en attendaient énormément, alors on a fait le parcours, effectivement, Mitterrand, Giscard Mitterrand, 74-81, la bataille Chirac-Balladur, Sarkozy-Hollande.

Enfin, il y a eu des matchs absolument extraordinaires qui ont passionné les Français. Mais le problème aujourd'hui, c'est qu'ils ne croient plus profondément à ce que la parole politique. Et c'est ça le problème, c'est-à-dire cause toujours. Et la présidentielle a dérivé, avec le Covid, et quoi qu'il en coûte, à une machine à promesses. Tous azimuts. Chaque candidat sort des mesures catégorielles. Il n'y a rien de pire, je trouve, que les émissions dans lesquelles on met face à face des candidats avec des citoyens, et dans lesquelles chaque citoyen expose son petit problème et dit « Qu'est-ce que vous allez faire pour moi ? » C'est l'inverse de ce qu'est la présidentielle.

Normalement, la présidentielle, c'est fait pour parler des problèmes de la France, des problèmes du pays, et comment on va les traiter dans les prochaines années.

4:55
Présentateur

Et des Français en général, quoi.

4:57
Invité

Oui, mais ça permet quand même de parler des programmes. Pardon, je ne suis pas d'accord avec vous. Pour ceux qui veulent s'intéresser au fond des programmes des candidats, enfin, il y a tous les jours des émissions importantes, ou quasiment tous les jours avec les candidats. Hier soir, on citait, il y avait Yannick Jadot sur France 2, Élysée 2022, et au même moment, il y avait Mélenchon sur BFM, dans des formats qui étaient différents, des longues émissions où vraiment les sujets étaient abordés.

Alors, c'est vrai des sujets catégoriels, mais je crois que les candidats ont des occasions d'exposer leur plan et la manière dont ils voudraient s'y prendre pour résoudre les questions de la France.

5:34
Invité politique

Esprit de synthèse avec Patrick Cohen, c'est le côté mesures catégorielles qui est le plus critiquable. Qu'on discute avec des citoyens, c'est bien la moindre des choses. La présidentielle est quand même faite pour cela. Mais à condition aussi, me semble-t-il, que la part discutée des problèmes du pays, et le fait que le pouvoir d'achat soit devenu la question centrale, et créer une dérive du coup, parce qu'en permanence, on dit, mais qu'est-ce que vous allez faire pour le pouvoir d'achat ? Le chômage a disparu des préoccupations des Français.

C'est un événement énorme, alors quand même, il y a encore un bon paquet de chômeurs, dans le pays, à peu près 3 millions quand même, mais c'est vrai que ça a fortement baissé. Mais du coup, la question du pouvoir d'achat entraîne une surenchère de mesures catégorielles, candidat par candidat, et du coup, me semble-t-il, laisse un espace à Emmanuel Macron pour élever le débat quand il sera candidat sur la vision de la France dans 5, 10, 15 ans.

Sa France 2030, qu'il ne cesse de parler depuis un moment, fait qu'il aura du coup l'occasion de présenter quelque chose et puis de sortir d'une vision un peu pessimiste du pays où finalement on vit de plus en plus mal, c'est de plus en plus difficile, on ne s'en sort plus, et il me semble du coup qu'il y a un espace pour lui qu'il va essayer de saisir.