Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBACKSEAT· 17 septembre 2023 70 min

Crise, stratégie, union, “faites mieux” : Backseat reçoit Jean-Luc Mélenchon !

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Chers amis, on est à l'heure, quel bonheur et quel plaisir. J'ai le plaisir de vous annoncer que nous allons pouvoir recevoir l'invité politique qui a accepté notre invitation sur le plateau de Backseat. Je vous demande d'accueillir Jean-Luc Mélenchon. C'est la marque des grands hommes de faire le tour du plateau. Bonsoir Jean-Luc Mélenchon, merci d'avoir accepté notre invitation. Merci d'être avec nous sur le plateau de Backseat, Jean-Luc Mélenchon. On est à la fête de l'Huma, le son est absolument horrible, je suis absolument désolé. D'accord, c'est pas grave, vous inquiétez pas, est-ce qu'il marche le micro ? Ouais on a un problème de micro. Bah là on ne marche pas.

Ouais bah oui, je veux bien lui donner, mais je l'ai déjà donné tout à l'heure à Adèle. Je te passe le mien, t'inquiète. Voilà, et moi j'ai ce qui marche pas.

1:11
Jean-Luc Mélenchon

C'est pas grave, on va y arriver.

1:13
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon, merci d'être avec nous. Vous m'entendez ? Oui. Jean-Luc Mélenchon. Il a dit que le son était pourri, je m'en fous, je suis sourd. Jean-Luc Mélenchon, c'est pas la première fois que vous venez à la fête de l'Huma ? C'est quand la première fois que vous êtes venu à la fête de l'Huma, vous vous en souvenez ou pas ?

1:34
Jean-Luc Mélenchon

Attends, il y a eu la bataille d'Alésia, et voilà, à peu près là.

1:40
Présentateur

Dans ces années-là. Jean-Luc Mélenchon, on a beaucoup de questions à vous poser, on n'a qu'une heure, et on voulait commencer...

1:45
Jean-Luc Mélenchon

Mais c'est pas moi qui ai choisi de venir à 4, là.

1:48
Présentateur

Mais justement, justement, on va faire circuler, parce qu'on voulait commencer à vous poser des questions, notamment sur cette rentrée politique, et on voulait parler de la crise sociale. Maud.

1:57
Intervenant

Oui, Jean-Luc Mélenchon, bonsoir. En parlant tout à l'heure, inflation, prix du logement, les factures d'énergie, cette rentrée, elle est marquée par des difficultés financières totalement inédites pour une grande majorité de Français, une partie d'entre eux n'arrivent plus à se nourrir, les associations d'aide alimentaire tirent la sonnette d'alarme. Vous seriez au pouvoir aujourd'hui, vous feriez quoi face à une telle situation, notamment face à l'inflation ?

2:26
Jean-Luc Mélenchon

Bon, il y a 50 ans, c'était le coup d'État de Pinochet, et à partir de ce moment-là, a été expérimenté à l'échelle du monde une nouvelle stratégie du capitalisme, ce qu'on a appelé le néolibéralisme, c'est-à-dire une politique radicale de destruction de l'État, des services publics, avec l'idée que le marché allait tout remplacer, et le faire mieux que les États et les services publics. La méthode au Chili, vous l'avez tous entendu au moins dans vos livres d'histoire, a consisté à assassiner tous ceux qui n'étaient pas d'accord. Et on a eu donc le baptême de cette époque. une politique et une violence d'État pour la faire passer en force. Et depuis, ça va se déroulant.

Personne n'aurait cru qu'il y aurait en France 20% de gens qui ne peuvent pas manger tous les jours comme ils devraient. Personne n'aurait cru que la France, qui avait le premier système de santé du monde, se retrouverait avec quelque chose qui est du niveau, disons, du quart monde. Personne n'aurait cru qu'on aurait une rentrée scolaire où les médias massivement supporteraient de participer à une cloumerie cruelle, stupide et raciste, comme l'a été la bataille sur la baillade. Comme là, je vois que vous êtes beaucoup de jeunes. Si vous permettez, on peut dire un mot sur l'éducation ?

3:59
Présentateur

Oui, mais vous répondrez à la question après deux mots de qu'est-ce qu'une présidence Mélenchon aurait changé à cette rentrée sociale ? Oui. Allez-y, vous pouvez parler de l'école, mais on a quand même...

4:09
Jean-Luc Mélenchon

Alors, moi, je pars d'une idée, c'est que je connais mon adversaire. C'est le capitalisme. Je sais qui a organisé cette pagaille. Et c'est donc à eux que j'irai demander le plus gros effort à fournir pour nous remettre à flot. Je ne dis pas, je dis nous remettre à flot. C'est-à-dire, tout le monde doit pouvoir manger. Tout le monde doit pouvoir aller à l'école avec des profs devant soi. Tout le monde doit pouvoir aller se faire soigner. Tout le monde doit avoir un salaire digne qui permet de disposer par soi-même de son existence sans demander l'aumône aux milliardaires comme il vient de nous en infliger la vilaine démonstration. Voilà ce que j'aurais fait.

Alors après, je peux rentrer dans les détails parce que c'est un programme, l'avenir en commun, et qui prévoit alors que pour l'impôt, il y a 14 tranches et plus t'en as, plus tu payes. C'est un programme de bifurcation écologique parce qu'il faudra quand même, on va peut-être en parler tout à l'heure, quand même qu'on se soucie de ce qui se passe. Bref, ce n'est pas vrai que le pays soit pauvre. Ce n'est pas vrai que le pays ne sache pas faire. Ce n'est pas vrai. On peut tous vivre dignement à condition de partager. Et ceux qui ne veulent pas partager de bon gré seront partagés de force. La force de la loi.

5:44
Intervenant

Emilio. Justement, M. Mélenchon, vous pouvez parler de climat. C'est la prochaine question. C'est la grosse actualité aussi de cette rentrée. On a vu l'été le plus chaud de l'histoire et encore les crises liées au réchauffement climatique en Libye. En Libye, d'ici quelques jours, le gouvernement est censé présenter son plan de planification écologique. Un mot que vous aviez participé à mettre dans le débat public. Qu'est-ce que vous en attendez ?

6:09
Jean-Luc Mélenchon

Non, je n'ai pas participé. C'est moi qui l'ai inventé et qui l'ai mis sur la table. Et c'est Martine Billard. Non mais attends. C'est Martine Billard, députée de Paris, qui a déposé le premier projet de loi pour la planification écologique. Mais le mot planification écologique, tout le monde comprend son sens. C'est prévoir et organiser l'amont avec la culture, l'aval avec les moyens de production. Mais il faut dire pourquoi faire ? Planifier écologiquement, ça signifie décider dans quelle direction on va. Là, M. Macron, il ne nous l'a pas dit. Sa direction, c'est le fric. Vous en attendez quoi de ce plan de planification ?

Je pense qu'ils sont incapables de faire quoi que ce soit qui soit raisonnable. D'abord, commençons par dire une chose. Vous allez me trouver répétitif. Mais contre quoi luttez-vous ? À votre avis, contre le mauvais... Exactement ! La cause... Non mais attendez. C'est très sérieux. La cause de la crise écologique est dans le capitalisme. Le capitalisme ? Écoutez ! Ah non, mais si vous gueulez tous les trois mots, je ne peux plus parler.

7:19
Présentateur

Oui, mais alors du coup, où est la solution du coup ? Si la crise vient de là, qu'est-ce que vous, au pouvoir, changeriez ? Oh, c'est la fête de l'humain ! Non mais d'accord ! Si, non mais... C'est la fête de l'humain, ça marche depuis un siècle. Vous avez raison, et maintenant la solution, donc ? Oui, oui, oui. Anticapitaliste, mais pour quoi ?

7:51
Jean-Luc Mélenchon

Allez-y. C'est chez eux, hein. Alors, d'abord, commençons... Non mais je sais que ça peut agacer, mais identifier l'adversité nous permet de réfléchir un instant sur la raison profonde. Ça ne peut pas être simplement une déclaration idéologique, encore qu'on peut être pour des raisons morales et idéologiques, anticapitalistes, qui est mon cas. Je viens d'une période où la crise écologique n'était pas arrivée jusqu'au cerveau de la plupart des élites politiques, dont je faisais partie. Comprenez bien, le cycle du capital, c'est de l'argent devient de la marchandise qui doit devenir de l'argent. Puis la marchandise devient de l'argent et le cycle repart.

Le capitalisme doit accélérer sans cesse le cycle. C'est pourquoi il est intrinsèquement anti-écologique. Car il lui faut sans cesse produire n'importe quoi, n'importe comment, fût sa perte du moment qu'il produit et qu'il espère de l'échange. Prenons un exemple. Comment vous auriez la machine, monsieur le maire ? Écoutez, supportez un instant qu'on essaye de comprendre. Latins, comprendre. Compre, ondere, prendre avec soi. Il faut d'abord comprendre la racine de la crise, sinon c'est une accusation dans l'air. Nous sommes donc confrontés à ça. Vous m'avez posé la question, qu'est-ce que vous attendez de Macron ? Il a dit et répété sur tous les tons, paraît-il qu'il est devenu planificateur.

Vous l'avez entendu dire, il faut décarboner. Or, à l'heure à laquelle nous parlons, alors que nous sommes entrés dans une phase aiguë, le secrétaire général de l'ONU a dit, l'effondrement est commencé. Il y a aujourd'hui plus de projets de pipelines, de pétrole et de gaz qu'il n'y en a jamais eu de toute l'histoire de l'humanité. Autrement dit, quand vous me dites qu'est-ce qu'on fait, eh bien on arrête d'abord ça. Mais pour arrêter ça, il faut immédiatement déployer d'autres moyens, notamment d'autres sources d'énergie. On ne peut pas se contenter de dire, eh bien on est content parce qu'on a nos centrales nucléaires.

Avant que les têtes d'œufs réalisent qu'on ne refroidit pas une centrale nucléaire avec de l'eau chaude dans une rivière, et qu'il faut donc passer à d'autres formes. Donc, nous arrêterons un certain nombre de procédés de production d'énergie, et à marge forcée, nous installerons les machines dont nous avons besoin, là où est l'énergie la plus importante, sans cesse renouvelée et la plus accessible. Vous parlez des zéolars ? La mer. Les mouvements de la mer produisent 360 fois ce dont on a besoin à terre. Ce sont des machines d'une simplicité enfantine, puisqu'il suffit qu'il y ait des clapots qui bougent pour que ça produise de l'électricité.

10:38
Présentateur

Sortir du nucléaire avec l'hydrolien, c'est votre plan ?

10:42
Jean-Luc Mélenchon

Mais pas que du nucléaire, sortir des énergies fossiles. Le nucléaire, c'est une opération qui demande le temps. Si vous voulez, on ne peut pas appuyer sur un bouton et arrêter. Donc on doit décider, c'est à ça que sert la planification. On m'a dit, il y en a jusqu'à 2040. Moi, j'avais dit, si c'est moi qui préside ce pays, moi, je vous demande de faire plus vite, on ne peut pas attendre. Et si on doit avoir la discussion sur le nucléaire, j'y suis tout à fait prêt. Mais je ne veux pas qu'on réduise, d'accord ? On va s'occuper du nucléaire et on ne va pas s'occuper des énergies carbonées. On ne va pas s'occuper du pétrole, on ne va pas s'occuper du gaz. Il faut tout faire en même temps.

Et c'est possible. C'est pour ça que je voulais qu'on parle d'éducation. Parce que la recherche fondamentale, elle est où aujourd'hui ?

11:28
Présentateur

C'est intéressant parce qu'on a commencé cet échange en posant assez bien les bases de ce qui, ici, fait l'unanimité, cette question de cette identité profondément de gauche. Et il se trouve que l'humanité a fait un travail dans son numéro d'aujourd'hui, un baromètre sur ce que c'est pour les gens qui ont été enquêtés, du coup, qu'être de gauche. Tu peux nous en parler, Maud ? T'as une question là-dessus.

11:50
Intervenant

Oui, ce qui est intéressant, c'est qu'on entend partout que la droite extrême aurait gagné la bataille idéologique. Là, on a republié aujourd'hui un sondage qu'on fait depuis 10 ans avec l'IFOP qui nous permet d'avoir un petit peu de recul historique. Et alors, c'est intéressant parce qu'on voit que c'est beaucoup plus compliqué que ça, que la gauche, elle a bel et bien l'engranger des victoires culturelles sur le rôle de l'État, sur l'écologie, sur la répartition des richesses, sur la taxation des plus hauts revenus. C'est même assez incroyable. On marque des points. Sur quel autre grand sujet la gauche peut, doit engranger d'abord des victoires idéologiques d'ici 2027 ?

Vous parliez tout à l'heure de la baïa, de tous ces débats qui avaient pollué la rentrée autour de l'école. Sur quel autre grand sujet comme ça la gauche peut engranger des victoires ?

12:37
Jean-Luc Mélenchon

D'abord, je commence par le début de votre présentation. L'article de l'Huma et l'enquête est superbe. Il y a la profondeur de temps qui permet de comparer et de tordre le cou à une idée ridicule. Depuis le début, on a eu un mal de chien à faire la démonstration que je vais résumer en quelques mots. Mais depuis la parution du livre de Thomas Piketty et Julia Cagé, on en a enfin fini avec un bobard qui était que l'extrême droite avait submergé le pays et que les masses populaires avaient quitté la gauche. Ce n'est pas vrai. Mais le problème, il est là quand même. Mais ce n'est pas vrai comme c'était présenté. Qu'est-ce qui d'abord fait que nous avons reculé ?

Mais que la gauche a trahi si elle avait tenu sa parole, si elle avait réduit la misère, si elle avait augmenté l'éducation, si elle avait amélioré la santé, les gens n'auraient pas dit « Vous êtes des menteurs ». Donc nous allons voir les autres. Si la gauche, l'ancienne gauche, la gauche d'avant, la gauche traditionnelle, avait eu le courage de tenir bon dès le début en disant « Ce n'est pas vrai que c'est l'immigré le coupable de la situation. C'est le banquier, c'est la finance.

» Et si aujourd'hui encore, au lieu de montrer du doigt et d'accepter la clounerie qu'a été cette rentrée, il y a des gens qui se sont cachés pendant trois semaines parce qu'ils n'avaient pas le culot de monter en première ligne pour dire « C'est un scandale ce que vous faites de décider que tel vêtement est un vêtement religieux, quand bien même les religieux vous disent que ce n'est pas vrai, pour montrer du doigt à la jeunesse. » Écoutez-moi, je vais vous dire une chose à propos de la loi immigration. Qui va bientôt être examinée. Parce qu'elle va venir et ils vont pourrir l'atmosphère pendant un mois et demi avec ça.

La tactique du capital consiste à fragmenter le peuple avant de le désunir politiquement. Maintenant, la question, la deuxième alinéa. Attendez.

14:38
Intervenant

Juste là-dessus, Jean-Luc Mélenchon. Pour fonder à juste titre la gauche qui a trahi les ravages du quinquennat Hollande, qui ont créé du désespoir dans l'électorat, une partie qui ne veut plus aller voter à cause de ça. Je vais vous poser la question. Franchement, vous réinvitez Ségolène Royal il y a quelques semaines avec l'hypothèse qu'elle porte l'élection de la nupe. Forcément, tout simplement, ça déstabilise. Donc l'union, elle se fait jusqu'aux acteurs du quinquennat Hollande ?

15:07
Jean-Luc Mélenchon

Alors, ça serait certainement l'examiner par le bout le plus mesquin. Pourquoi ? Non ? Attendez. Allez-y, allez-y, allez-y. Ça va, on peut réagir, ça va. Moi, mon rôle dans la bataille est d'atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. L'objectif, c'est que nous voulons avoir une liste d'union aux élections européennes pour battre la droite et l'extrême droite. J'ouvre mes bouteilles de bière avec ce que j'ai sous la main. Un stylo, un couteau. Et à ce moment-là, il y a une personne qui dit qu'elle n'en a rien à foutre de l'union et qui s'appelle Fabien Roussel. Et il y en a une autre, il ne fallait pas me chercher. Si tu me cherches, tu me trouves.

Deuxième, il y a une femme avec laquelle j'ai eu des désaccords terribles. J'ai écrit des tas de choses extrêmement désagréables sur ce qu'elle racontait. Et cette femme, elle vient et elle dit, je suis pour l'union. On lui dit, vous êtes capables de le dire en public. Elle dit, je viens de dire chez vous. On l'a accepté, je vais vous dire. Je la remercie d'avoir fait ça. Parce qu'à partir de cette séance qui a eu lieu cet été, la question de l'union qui avait l'air d'être perdue, qu'on ne pouvait plus en discuter, a été réouverte. Et ça a permis aux jeunes des organisations de jeunesse de reprendre la main. Moi, ici, je suis trop vieux pour qu'on me prenne à des pièges de gamins.

Par conséquent, j'utilise tout ce que je peux pour atteindre mes objectifs. Je la remercie et je continue à en vouloir à ceux qui ne veulent pas de l'union. Et je suis persuadé que nous pouvons y arriver. Pardon.

16:59
Intervenant

Mais on s'y confie avec les acteurs du quinquennat Hollande dont vous pourfendez le bilan, monsieur Mélenchon.

17:05
Jean-Luc Mélenchon

Et pas que parce que l'union, c'est sympa et qu'on s'aime et tout ça, parce que c'est pas vrai et on peut comprendre qu'on s'aime pas. Mais parce que si nous la faisons, nous avons la capacité d'entraîner des tas de gens qui n'ont plus confiance en rien et qui se disent on va se mettre avec vous et alors on va battre tous les autres. Et si on les bat, alors on entre dans la prochaine présidentielle en étant en tête. Et je sais pas qui s'en chargera, mais c'est une meilleure position quand même que moi qui ai dû me taper trois fois de partir du fond de la salle. Emilio, t'avais une question ?

17:39
Intervenant

Oui, justement, sur l'union, monsieur Mélenchon, moi j'ai un souvenir. Pendant la présidentielle, vous critiquiez les organisateurs de la primaire populaire en leur disant qu'ils ramenaient tout le temps sur le tapis la question de l'union et qu'ils créaient, selon votre expression, de la désespérance. Mais est-ce qu'avec la France insoumise, vous faites pas un peu la même chose, c'est-à-dire du chantage, voire du harcèlement à l'union ?

17:58
Présentateur

On est à l'agora, les questions sont franches, les réponses le sont aussi.

18:10
Jean-Luc Mélenchon

Dans la classe médiatique, il y a aussi une idéologie dominante, vous avez remarqué, il pose toujours les mêmes questions. Donc, vous pouvez pas dire que l'UMA c'est l'idéologie dominante. C'est la faute des médias. Écoutez, ça va quoi. Allez-y. Vous commencez par me citer ou vous savez même pas ce que vous dites ? Ce n'est pas mon argument. Ah bon ?

18:28
Locuteur

Ben non.

18:29
Jean-Luc Mélenchon

Ben non.

18:30
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon reconnaissait qu'en un an, ça a changé de ton. sur la question de l'union de la gauche. Ça m'intéresse, j'ai envie de vous comprendre. Ça va, c'est sympa ? Oui. On peut comprendre. Allez-y, allez-y, allez-y.

18:43
Jean-Luc Mélenchon

Non mais que des gens qui suivent ça de loin, mais des gens qui regardent de près. Alors, supportez l'explication. S'il vous plaît. On ne peut pas faire l'union si la ligne politique de la rupture n'est pas en tête. Eux ne feraient jamais, J-A-M-A-I-S majuscule, l'union sur un programme au rabais qui ne serait pas un programme de rupture avec le capitalisme. Jamais. Il fallait donc commencer par être devant. Et il fallait le faire à la loyale. C'est-à-dire en allant devant les gens sans leur mentir et en leur disant voilà ce qu'on va faire. Personne ne peut dire Mélenchon nous a caché ce qu'il comptait faire, ni la France insoumise.

Une fois qu'on est devant, on est en capacité de présenter un programme et c'est ce que nous avons fait en 2022. Quand pour la deuxième fois nous avons été devant, nous leur avons dit faisons un programme partagé. On m'a dit non, 10 mesures. J'ai dit non, pas 10 mesures. Il y en a 640. C'est un vrai programme. Donc, premièrement, deuxièmement, pour parler des primaires, nous n'irons pas, nous n'irons jamais dans les primaires pour une raison avérée par l'histoire. La primaire fait exploser tous ceux qui y participent. Tous ceux qui ont fait des primaires n'en sont jamais ressortis vivants.

Deuxièmement, la primaire donne toujours la prime au secteur moyen, à celui qui clive ou à celle qui clive le moins, à celui qui fait le moins peur. Quand ils ont voulu, l'année où on a rompu le front de gauche, mes camarades communistes avec qui je fonctionnais comme ça, on parlera peut-être de nos rapports aux communistes, eh bien ont décidé à ce moment-là d'aller à la primaire. Pour finir, ils n'y sont pas allés. Mais à ce moment-là, ils ont décidé et on a rompu les uns avec les autres. Comme Bendit disait, la primaire, ce qu'il y a de formidable, c'est que ni Mélenchon ni Pierre Laurent ne seront jamais élus. Je termine.

Partout où on a fait des primaires, ça a toujours été pour élire des quiches qui nous ont ensuite trahis. Partout dans le monde, on a mis en place des personnages moyens, très intelligents, pas crivants, et ça s'est terminé en débandade générale. Je prends l'exemple de l'Argentine, je prends l'exemple du Chili où on s'est fait aplatir sur la Constitution. Je pourrais multiplier les pays. C'est une méthode calamiteuse que de faire des primaires.

21:20
Présentateur

Est-ce que vous prenez l'exemple de François Ruffin ? Je ne veux pas de petite phrase. Je vais vous expliquer pourquoi je dis ça. Non, non, non, non, mais j'ai... Enfin, voilà, si vous avez compris. Attendez, attendez, attendez, écoutez, c'est intéressant, parce que François Ruffin, aux universités, aux amphis de la France insoumise, a posé la base de la rupture avec la radicalité dont vous parlez, comme base de rassemblement de la gauche, mais en apportant l'idée qu'il allait falloir rompre avec ce que vous dénoncez, avec ce qu'au contraire, ce à quoi vous adhérez, avec un clivage, avec la fureur et le fracas.

Qu'est-ce que vous pensez de cette stratégie que propose Ruffin, celle peut-être un peu trop lisse à votre goût ?

21:55
Jean-Luc Mélenchon

Bon. Non, moi, je lui donne raison, parce que quand il est allé dire devant l'Elysée qu'il y aurait un attentat, je trouvais que c'était exagéré. Soyons sérieux. Allez-y. La déclaration de François, qui est un homme politique de premier plan, un camarade et un ami. Et on peut y passer la soirée. C'est pas moi qui vais alimenter cette chronique. Non, non, je... Nous avons eu un premier désaccord. François disait « On a négligé les zones rurales. » Et on a discuté de ça. C'est une discussion sérieuse. Oui, bien sûr, bien sûr. On a le droit d'être en désaccord. Ah ben non, parce qu'après, si on est en désaccord, c'est qu'on se déchire.

Si on dit tous pareil, on dit « Ah, ils ont tous peur de Mélenchon. » Il faudrait savoir. Donc on parle. On a assez parlé pour se comprendre. Et moi, j'ai fait observer que dans les zones rurales, nous avons repris pied. Il y a une députée dans la Creuse, elle est insoumise. Il y a trois députés dans la Haute-Vienne, ils sont insoumis. Il y a un député cégétiste dans l'Aveyron, de la vallée de la Mécanique, qui a été abandonné, il est insoumis. Donc, il y a des résultats. Comment y arrive-t-on ? Pas parce que... Oui, j'ai donné ma part. Mais parce qu'il y a un vrai travail de terrain. D'aller chercher les gens. Faire des phrases dans les réunions publiques, c'est une chose.

Aller chercher les gens un par un, c'en est une autre. C'est un travail à faire. Et là où on a convergé, puisque vous citez François, rappelez-vous sa formule à cette réunion, parce que c'est la première fois qu'il l'a utilisée. Il a dit, dans les tours, celle des quartiers populaires, ce qui n'était pas sa position au départ. Et dans les faubourgs, c'est la même question qui est posée. C'est celle des services publics, c'est celle de la dignité des personnes, c'est celle du niveau des salaires. Donc, nous sommes d'accord. Quant au ton, pourquoi attribuer ça à François ? Il y en a d'autres qui disent ça. Je ne suis pas d'accord, et je peux l'expliquer en un mot. Allez-y.

La stratégie de la conflictualité est aussi vieille que la philosophie elle-même et la pensée libre, aussi vieille que le marxisme et le socialisme. Si vous n'allez pas au conflit, à la mise en conflit, alors les choses restent consensuelles et la conscience ne surgit pas. Il faut dire non pour savoir pourquoi on dit oui. Et pour ça, il faut accepter le conflit. on n'éduquera pas des millions de gens. Moi, je ne crée pas un parti révolutionnaire, je travaille à la formation d'un peuple révolutionnaire. Ce qui signifie que c'est par le conflit et l'éducation collective. Musule. Tu sais pas pourquoi je crie comme ça ? J'ai un micro, hein ? Et comme il est sombreux, ça me fait crier.

24:47
Présentateur

Oui, il y a un running gag sur le fait qu'aucun micro qu'on me donne ne fonctionne. Apparemment, on ne veut pas que je me fasse moi aussi engueuler par Mélenchon. Très bien. Donc, moi, je vais plutôt aller dans le sens à la fois de l'ambiance générale. On est quand même à la fête de l'Huma. Il y a des communistes, il y a des insoumis, il y a tout. Donc, s'il y a bien un truc sur lequel on est d'accord, c'est qu'on a une bonne base marxiste, normalement, on devrait pouvoir y aller. On a démarré sur la situation sociale que sont en train de vivre les Français aujourd'hui et on peut revenir là-dessus.

Une des mesures qui a beaucoup été mises en avant par vous dans vos interventions, ça a été le blocage des prix. Mais en même temps, on se retrouve aussi face à un tel déferlement, face à Total, face à quelles peuvent être nos revendications les plus radicales contre le capitalisme qui sont à même de faire retourner de la même manière que l'extrême droite n'a aucun problème à être radical et à avancer. Aujourd'hui, on peut un concept un peu galvaudé, la fenêtre d'Overton, etc. Mais eux, ils y vont fort. Pourquoi nous, on n'y va pas fort ?

D'autant plus qu'on voit dans les enquêtes que là où les Français peuvent être réticents par rapport à la gauche et où la gauche peut être minoritaire, c'est dans certaines questions culturelles. Par contre, sur le rôle des services publics et le rôle de l'État, je ne pense pas que les Français auraient beaucoup de problèmes à ce qu'on demande la nationalisation totale. Euh, totale. L'expropriation, l'expropriation de certaines grandes fortunes, etc. Cette radicalité, cette radicalité, elle peut nous mettre d'accord et elle peut, d'autant plus, nous mettre d'accord avec ses camarades du parti dit communiste. Donc allons-y.

Qu'est-ce qu'on peut demander de plus fort qui aille au-delà de la revendication transitoire ?

26:40
Jean-Luc Mélenchon

Ne mélangeons pas tout. Vous, vous êtes un connaisseur. Allons-y. Ben, j'y vais mollo. D'abord, commençons par dire est-ce qu'on peut faire quelque chose ? Déjà, pour commencer. Mais ça dépend de quoi on parle. De la lutte dans le cadre d'un gouvernement de droite qui criminalise toutes les oppositions et d'un système médiatique qui nous insulte du matin au soir. Ou bien est-ce qu'on est au pouvoir et en exerçant le pouvoir, on crée les conditions d'aller. C'est ma stratégie, hein. Vous ferez peut-être autrement. Mais c'est ma stratégie jusque-là. C'est-à-dire un programme de transition.

On part d'une position qui mobilise, qui rassemble les foules, les masses, qui s'éduquent, qui savent pourquoi elles le font et on va à une autre direction. Prenons exemple là, on va dire une mesure anticapitaliste immédiate. On a besoin de tant de milliards. Mettez la main à la poche. Total, machin, truc, etc. Vous devez tant. Pas le monde, vous devez tant comme impôts. Deuxième mesure, l'inflation, c'est voler du salaire aux travailleurs. Donc, nous faisons deux choses. Un, dans l'immédiat, nous indexons les salaires sur l'inflation. Vous augmentez les prix, on augmente les salaires. Ah, mais monsieur Mélenchon, il faut rompre le cycle infernal.

Si vous augmentez les salaires, eh bien, il va falloir augmenter les prix. Eh bien, justement, non. On augmentera les salaires et vous n'augmenterez pas les prix. Comment on va faire ? En bloquant les marges. Pas seulement en bloquant les prix, mais nous avons établi la démonstration, les économistes qui nous font l'amitié de travailler avec l'Institut La Boétie. On fait la démonstration que c'était l'augmentation des marges de l'agroalimentaire, c'est-à-dire la part qui vous prenne en bénéfice, qui explique l'explosion des prix.

Par conséquent, la mesure d'urgence, ce n'est pas de faire, Bruno demande, s'il vous plaît, soyons gentils, c'est de dire, d'arrêter de bloquer, de faire reculer, de dire, vous avez droit à une marge de temps. Que personne ne vienne me dire que c'est des mesures de communisme de guerre. Parce que, sous le général de Gaulle, dans les années 50-60, il y avait un contrôle de tous les prix, pas seulement d'un ou deux, de tous. Donc, on peut le faire. Et pourquoi le ferait-on dans une mesure d'urgence ? Parce que les gens sont pris à la gorge. Et qu'on ne peut plus accepter d'entendre des dissertations économiques en se disant, faites ceci ou faites cela, et ça finira par s'arranger.

Non, c'est maintenant, tout de suite. Maintenant, vous parlez des nationalisations. nous avons mis au point un programme qui prévoit partagé. Je ne peux pas sortir de mon chapeau, même déjà, l'échelle mobile des salaires sur laquelle tous les insoumis sont d'accord, et la CGT, et un certain nombre d'organisations, le NPA, d'autres organisations, des syndicats, des trotskis, bref, plein de gens sont d'accord. Mais, ça n'est pas dans les 640 mesures que nous avons signées avec les autres. comprenez-moi, je suis obligé de me faire le garant scrupuleux du programme qu'on a signé, parce que les autres s'en foutent des programmes.

Ils avaient à peine fini de signer, qu'ils ont commencé à dire, ouais, ouais, non, c'est un accord électoral. Et puis après, c'est un accord électoral d'un genre nouveau qui ne s'applique dans aucune élection. Parce qu'une fois qu'ils ont pris leur siège, au revoir Mélenchon et à la prochaine. Donc, donc, ça c'est la vérité. Vous le renvoulez ? Donc, maintenant, si nous voulons des nationalisations, comment est-ce qu'on va y arriver, camarades ? Il faut d'abord qu'on ait franchi la première étape, la conquête du pouvoir.

Deuxièmement, il faut qu'il y ait l'intervention populaire dans la vie économique partout pour que les salariés et les travailleurs eux-mêmes déterminent ce que nous allons faire. il ne suffit pas de nationaliser, soit dit par parenthèse, il faut également transformer tout le processus de la production. Et seuls les travailleurs ont l'expertise qui permet cette transformation. C'est pourquoi tu as raison de dire que ce n'est pas dans le programme la nationalisation de Total. La question pourrait se poser en effet. Total est une boîte qui a été créée par François 1er, c'était la compagnie des huiles orientales. Elle a appartenu à l'État.

Elle a généré des dizaines d'entreprises nationalisées de la pharmacie qui ont toutes disparu. On pourrait décider qu'on a un nouveau besoin du contrôle du pétrole. Pas pour faire du carburant, mais pour faire de la chimie, des médicaments et ainsi de suite. Ou bien parce que nous n'acceptons pas que des Français contribuent à la pollution radicale de la planète, notamment celle qui va avoir pour origine l'extraction du pétrole qui se trouve aujourd'hui en Centrafrique et qui justifie l'un des pipes les plus longs du monde.

31:44
Présentateur

On a encore beaucoup de questions à vous poser pour continuer à expliquer tout ça. Sacha, tu avais une question.

31:49
Intervenant

Bonsoir. Je vais complètement changer de sujet. Je ne sais pas, est-ce qu'on peut passer l'extrait l'année dernière lors de votre meeting à Caen ? J'ai revu des images et à un moment vous dites « Ah ben c'est là. »

32:01
Jean-Luc Mélenchon

Les premières fois que j'ai dit ça, ah comme Mélenchon parle violemment. J'aurais dû le dire d'une voix sucrée, personne n'aurait compris. On est obligé de parler comme ça. Des fois, ils s'étonnent de mon vocabulaire. Mais pour qui vous me prenez ? J'ai fait des études comme tout le monde grâce à l'école publique. J'ai une licence de philo, un diplôme universitaire d'études de lettres. Je sais ne pas dire « la police tue ». Mais si je ne le dis pas, ils n'en parlent pas.

32:31
Intervenant

Justement,

33:11
Présentateur

donc l'extrait, ça parlait du fait de se faire entendre. Sacha,

33:14
Intervenant

je ne vais pas parler de la police, je suis désolée. J'ai trois questions sur cet extrait. Vous avez pu entendre du coup ou pas ? Mais je n'ai pas compris de quoi on parlait dans l'extrait. En gros, dans l'extrait, vous dites « je dis la police tue et si je ne le dis pas, ils n'en parlent pas ». Les médias. Moi, j'ai trois questions là-dessus. La première, c'est est-ce qu'avec cette stratégie entre guillemets de la phrase « choc », vous acceptez un peu de le nourrir parce qu'il vous nourrit et inversement ? Je peux poser les questions ?

33:47
Jean-Luc Mélenchon

Non, non, mais je comprends.

33:48
Intervenant

Ma deuxième question, c'est est-ce que en tant qu'homme politique, vous estimez n'avoir aucun moyen de contourner ce système médiatique, justement ?

33:56
Jean-Luc Mélenchon

Non, on en a. Nous avons une stratégie...

33:58
Intervenant

On est une troisième.

33:59
Jean-Luc Mélenchon

Après, c'est... Premier, j'arrête après.

34:01
Intervenant

Et la troisième, c'est est-ce que cette stratégie, finalement, ce n'est pas un échec puisque le système médiatique ne fait qu'on ne va parler que de la petite phrase et jamais du fond. C'est toujours Mélenchon a dit ça, Mélenchon a été violent et jamais... On ne revient jamais vraiment sur le sens de la phrase.

34:17
Jean-Luc Mélenchon

Alors, en répondant à la première question, je vais peut-être un peu répondre à la troisième. J'apprends qu'un jeune homme qui portait un uniforme estimait qu'il y avait un refus d'obtempérer. Il a 24, 25 ans à ce moment-là. Il sort son flingue et il tire sur le chauffeur. Le lendemain, dans les médias, on entendra « Oui, mais il était connu de la police. » C'était d'ailleurs écrit sur son front, non ? « Je suis un repris de justice. » Ici, c'est déjà énorme que quelqu'un dise « Un refus d'obtempérer peut avoir comme condition la mort. » Je ne connais pas une personne normale qui trouve ça normal. Deuxièmement, écoutez, regardez, tous, on doit réfléchir à ce qu'on fait en responsabilité.

J'essayais de comprendre. Merde, j'ai mon âge, je suis entouré de gens jeunes. Qu'est-ce qui fait qu'un gars de 24 ans qui a sorti son revolver qui tire sur quelqu'un, ensuite bouge la main et tire sur la passagère ? C'est un jeune homme. Il y a une passagère. Il la regarde. N'importe quel homme fait ça. Il la regarde. Qui sait ? Et lui, il tire. Je me suis demandé pourquoi. Écoutez-moi. Je me suis demandé pourquoi. Pourquoi il avait tiré ? Comment tu peux abattre quelqu'un ? Et comment, quand tu es un homme, tu abats quelqu'un qui est une passagère ? Et je me suis dit, c'est qu'à cet instant, dans son esprit, il y a un interdit absolu qui n'a pas fonctionné.

Déjà, le premier n'avait pas fonctionné. Ce n'est pas moi qui l'a inventé. C'est le début du décalogue. Tu ne tueras point. Et après, tu tires sur la passagère. Ça veut dire que tu ne vois pas que c'est une personne. Que tu ne vois pas que c'est un être humain. pourquoi ?

36:19
Intervenant

Excusez-moi, ce n'est pas une question sur les violences policières. Je pense qu'on est tous d'accord à peu près ici-dessous. Oui, mais j'essaye

36:25
Jean-Luc Mélenchon

d'expliquer. Je suis un homme qui connaît les questions du commandement. Une troupe ne vaut que par ses chefs. Si vous trouvez des éléments qui trouvent normaux de tirer, c'est parce que jamais on leur a dit qu'on ne fait pas ça. ta dignité d'homme, tu interdis de le faire. Bien.

36:49
Présentateur

Ce n'était pas la question. Oui, oui, mais j'explique. C'était important que vous le disiez, mais sur la question qui est posée sur la stratégie médiatique. Oui, mais j'ai compris, figurez-vous.

36:57
Locuteur non identifié

Allez-y.

36:58
Présentateur

C'est une relance, c'est une relance.

37:00
Jean-Luc Mélenchon

Merci, merci. Non, non, mais ne croyez pas que j'engueule, quoi. J'en ai marre à la fin. Dès que je parle un peu fort, on croit que j'engueule, les gens. J'engueule pas. Ça peut arriver. La stratégie médiatique. Premier tweet de Mélenchon ce jour-là, je suis écœuré. Je fais un tweet pour dire pas de peine de mort pour le refus d'obtempérer. Aussitôt, tous les journalistes disent comme c'est intéressant qu'elle pensait intelligente et profonde. Comment on l'a ? Que veut dire M. Mélenchon ? Surtout que j'ai dit il faut réformer la police de la cave au grenier. Aussitôt, ils se sont dit voilà ce qui est intéressant. Rien. Pas un mot. Ils s'en foutent. Alors j'ai dit vous le prenez comme ça.

Eh ben moi je vous fais du poutou. La police tue. Le tabac tue. La police tue. Et j'ai pas peur de le répéter. Et j'ai l'intention d'obtenir par ma stratégie j'ai l'intention d'obtenir que tout le monde réfléchisse. Comment on a pu en arriver là ? La police doit servir et obéir à la loi républicaine comme les autres.

38:11
Intervenant

Mais encore une fois là-dessus on est d'accord mais vous nourrissez un système que vous critiquez.

38:15
Jean-Luc Mélenchon

Mais madame je vous comprends. Chaque fois que je vais faire mes cours je nourris le capitalisme. Chaque fois que je monte dans une bagnole je contribue à la pollution. Chaque fois que je vais à une élection je justifie la cinquième république. Nous faisons la lutte politique dans les conditions que nous trouvons. Par conséquent comme il y a un mur il y a un mur médiatique il faut percer le mur comment faire ?

38:41
Intervenant

Et voilà c'était ma deuxième question comment vous le contournez en tant qu'homme politique ?

38:43
Jean-Luc Mélenchon

Alors voilà on a tout essayé au début des fois même les copains on a connu des journalistes qui étaient de gauche et puis tout d'un coup tiens ils ne l'étaient plus ou bien on arrivait au moment de l'interview ce n'est pas le cas ici d'ailleurs je n'ai pas dit que vous étiez de gauche surtout pas Usul Bon vous êtes tous de gauche bon on a le droit en plus d'être divers comme on est mais c'était très difficile et ça ne marchait jamais et ce que vous devriez poser comme question c'est pas Jean-Luc Mélenchon c'est de dire comment ça se fait que depuis dix ans vous traitez ce type de tout tout ce qui vous passe sous la main antisémite ceci cela tout violent anti-flic anti-ceci anti-cela et d'élection en élection je ne cesse de progresser alors s'il y a quelqu'un qui a une stratégie de communication c'est mes adversaires c'est pas moi mais comme ça ne suffit pas à vous convaincre de vos exploits non mais ça ne vous suffit pas à vous convaincre qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans le système médiatique le système médiatique est fondamentalement la deuxième peau du système vous mettez de côté quelques journaux de gauche dont l'humanité c'est gentil dans l'humanité et bien et tout le reste l'humanité c'est notre bien commun c'est Jaurès qui a la sueur de son front on l'a créé et eux ils continuent à la faire vivre donc tous ces journaux et Usul aussi des fois il dit du bien de moi alors je peux en dire de lui non pas toujours non mais je reviens à ce que donc on a élaboré une stratégie comment on allait faire d'abord 1 on cesse de croire qu'un propos intelligent intéresse un média pendant 10 ans j'ai parlé de planification écologique je n'ai jamais été interrogé une seule fois sur ce que ça voulait dire j'ai plaidé pendant je ne sais combien de temps la première fois que j'ai parlé de l'anthropocène dans un livre l'air où l'être humain modifie la planète le seul commentaire médiatique que j'ai eu sur un plateau de télé le seul en 10 ans c'est ah ah ben avec vous au moins on a appris un mot c'est tout le système médiatique ne sert qu'à une chose bourrer le crâne et empêcher de penser donc comment on doit faire il faut le contourner il y a toute la presse il y a d'abord notre propre presse qu'il faut défendre la faire vivre pas parce qu'on est d'accord avec ou parce qu'elle est d'accord avec nous un peu quand même mais parce qu'elle ouvre de la discussion ben au moins elle est dans l'espace de gauche bon des fois il y a une presse géniale que j'aime beaucoup par exemple je lis le Figaro pourquoi ?

ben parce qu'ils sont de droite et qu'ils le disent les pires c'est les planqués c'est ceux qui disent nous non on est objectifs et indépendants mon oeil oui vous n'êtes ni objectifs ni indépendants le monde qui me tape dessus sans arrêt est pas un journal indépendant comment faut-il faire ?

il faut faire exploser le système en aidant ce qui est autour et nous-mêmes en créant nos propres médias qui a une plus grande influence je termine là-dessus quand Libération écrit un article pourri sur moi ou qui prétend qu'il y a une rupture entre Mélenchon et les Juifs une invention de Libération qui se permet d'écrire une phrase comme qu'il attribue à quelqu'un d'autre qui dit ah mais chez les Insoumis il n'y a pas de dirigeant juif ça fait bizarre et bien je vais vous dire une chose il n'y a pas de dirigeant juif il n'y a pas de dirigeant chrétien il n'y a pas de dirigeant musulman il n'y a que des dirigeants et si quelqu'un veut aller dire à Libération quelle est sa religion c'est son affaire mais ce n'est pas moi qui m'en occuperai entre cet article pourri qui a eu quelques dizaines de lecteurs qui n'ont que ça à foutre et n'importe lequel des articles que nous passons sur nos vidéos font des chiffres qui n'ont rien à voir je vous donne un exemple le passage de l'autre soir sur le Maroc où j'ai mis en avant la solidarité marocaine 1,5 million de personnes regardent l'émission sur mes chaînes 3 millions alors de l'article de Libé je m'en tamponne

43:00
Intervenant

Jean-Luc Mélenchon depuis tout à l'heure vous parlez de conflictualité attendez vous parlez de conflictualité Jean-Luc Mélenchon ohé les garçons ça se passe par là merci oh vous parlez vous parlez de conflictualité d'une stratégie assumée vous expliquez très bien comment effectivement des fois vous jouez avec les médias sur une petite phrase pour imposer aussi un thème dans la bataille culturelle

43:39
Jean-Luc Mélenchon

j'ai été imité

43:40
Intervenant

moi je vous avoue il y a c'est pas un débat de personnes il y a un tweet que vous avez fait hier qui m'a étonnée parce que vous avez reproché dans ce tweet en l'occurrence au secrétaire national du parti communiste Fabien Roussel le fait qu'il appelle le fait non non mais c'est intéressant comme c'est intéressant comme débat de fond le fait vous avez reproché le fait qu'il appelle à se mobiliser devant les préfectures pourquoi il a fait cette proposition il l'a fait il s'adressait à des lecteurs de l'humanité qui disaient ce qu'on disait tout à l'heure qui disaient on crève la dalle on vote ça sert à rien on n'arrive plus à payer nos factures oui on vous aime bien la gauche mais là vous faites quoi pour nous il disait et donc un responsable politique qui répond à cette détresse populaire pour le coup il fait la stratégie que vous évoquez tout à l'heure moi je ne comprends pas pourquoi vous qu'assumez la conflictualité pour le coup je vais reprendre vos mots vous ayez des pudeurs de gazelle à se mobiliser devant des préfectures

44:42
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon

44:47
Jean-Luc Mélenchon

parce que je ne suis pas d'accord il n'a pas appelé à se mobiliser devant les préfectures vous ne foutez pas de moi

44:55
Intervenant

il a appelé à les envahir on va rester respectueux il a exactement dit ça il a le droit

45:05
Jean-Luc Mélenchon

de se dégonfler mais moi je suis obligé de le prendre au sérieux après ça a été les stations essence et les supermarchés il a changé d'avis aussi pourquoi je réagis qu'il applique des techniques qu'il m'a emprunté je l'ai vu figurez-vous vous n'êtes pas le premier

45:21
Intervenant

monsieur Mélenchon quand même il y a une histoire il y a des traditions vous avez juste l'intention

45:25
Jean-Luc Mélenchon

d'être désagréable c'est ça ? non je rappelle

45:28
Intervenant

non mais attends occuper non mais ce n'est pas une insulte monsieur Mélenchon enfin occuper des lieux mais qu'est-ce que j'ai dit qu'un insultant

45:37
Jean-Luc Mélenchon

j'ai dit quelque chose d'insultant

45:38
Intervenant

allez-y continuez continuez

45:39
Jean-Luc Mélenchon

non mais c'est toujours les grands mots et avec moi c'est toujours les grands mots mais là vous me prenez pour c'est pas correct ce que vous faites il a dit quelque chose laissez-moi répondre je vous dis que il a bien le droit d'utiliser une technique que je connais mais qu'il me permette de penser que après ce que nous venons de subir notamment pendant les révoltes urbaines qui ne sont pas des émeutes urbaines mais des révoltes urbaines on a le droit d'être prudent d'accord et moi je n'appelle pas les autres à faire quelque chose que je ne fais pas moi-même après que la préfecture du Puy-en-Velay ait été incendiée je pèse mes mots quand il est question d'une préfecture et quand je parle à un militant révolutionnaire là les mots ont une importance le communisme est une stratégie révolutionnaire la stratégie insoumise est une stratégie révolutionnaire par conséquent les révolutionnaires ne sont pas des révolutionnaires de salons qui disent ah ben tiens on va aller attaquer les stations essence alors allez attaquer les banques si vous voulez attaquer quelque chose d'utile mais ne faites pas ça Lénine pour attaquer le palais d'hiver il a quand même réuni le bureau politique et ils ont décidé de faire le coup je ne suis pas d'accord pour qu'un chef quel qu'il soit appelle à des actions d'un tel niveau de violence sans maîtriser ce qu'il fait je ne l'ai jamais fait j'ai appelé à des insurrections citoyennes j'ai appelé à des marches j'ai appelé à voter j'ai appelé à s'unir j'ai appelé à la constituante à la révolution citoyenne vous ne m'avez jamais entendu appeler à autre chose et le jour où vous m'entendrez appeler à autre chose alors oui vous pourrez avoir peur parce que c'est qu'on se prépare à le faire

47:31
Présentateur

justement pour rebondir là dessus on a eu on a eu une année l'année dernière avec beaucoup de mouvements sociaux il y a eu le mouvement des retraites comment vous voyez se profiler cette rentrée il y a la manifestation du 23 il me semble 23 septembre contre les violences policières et en même temps on est dans une situation sociale qui est tellement dure pour les gens qu'elle débouchée on leur donne si ça n'est pas occupé la préfecture qu'elle débouchée politique ce qui sous-entend une deuxième question où en sont les relations aujourd'hui des partis politiques alors entre eux à gauche on voit que c'est compliqué mais par exemple avec les grandes centrales syndicales dont la CGT j'ai croisé Sophie Binet tout à l'heure il semblerait il semblerait que vous vous entendiez mieux avec Sophie Binet qu'avec son prédécesseur mais du coup ça débouche sur quoi est-ce qu'il y a un genre de coordination est-ce que vous avez des espaces pour vous parler entre partis politiques et syndicats on sait que vous avez eu des mots sur la charte d'Amiens mais aujourd'hui concrètement là si on devait relancer un mouvement social comment ça se passerait et quelle leçon tirait du précédent mouvement social dans laquelle voilà il y a eu un rôle joué par les uns les autres bon bref

48:57
Jean-Luc Mélenchon

je vous laisse répondre bon alors qu'est-ce qu'on fait là ?

je ne sais pas si tout le monde est à l'Ener pour supporter le choc de la vérité la stratégie que défendent les insoumis ça a été de constituer un pôle politique de rupture un pôle politique anticapitaliste sérieux concret assez fort pour être le centre de gravité de la lutte sociale étant entendu qu'à nos yeux la lutte ne peut mener de nulle part si ceux qui la dirigent n'ont pas l'intention d'aller jusqu'au bout c'est un point de vue qu'on peut manier de différentes manières c'est pourquoi après qu'on est passé pour la première fois en tête de toutes les organisations traditionnelles de la gauche nous avons immédiatement proposé de faire un front populaire et immédiatement tout le monde a répondu va te faire voir alors avec des arguments des uns et des autres la stratégie est un pôle politique fort discipliné organisé présent partout et organisant une connexion avec les forces sociales la connexion est compliquée à organiser je n'ai pas eu des mots sur la charte d'Amiens cher Usul j'ai dit à ceux qui me répondent et la charte d'Amiens nous dit que nous devons être opposés séparés les uns les autres je leur dis oui vous voulez appliquer la charte d'Amiens je vous en prie faites-le parce que la charte d'Amiens dit que le syndicat doit se mettre à distance de la politique parce qu'il a l'intention d'organiser la grève générale révolutionnaire et la transformation de l'économie voilà ce qu'il y a dans la charte d'Amiens alors à ceux qui viennent me dire oui la charte d'Amiens je dis d'accord applique-la et je t'aiderai mais la stratégie de l'union populaire qui est la stratégie fondamentale des insoumis union populaire et union politique c'est pas la même chose il peut y avoir des formes d'union politique qui s'opposent à l'union populaire prenons un exemple les socialistes ne veulent pas dire qu'ils veulent abroger la loi permis de tuer si nous ne pouvons pas dire au nom de l'union politique ça parce que ça les dérange et que c'est pas dans le programme nous perdrons l'union populaire parce que les milieux populaires veulent qu'on abroge le droit de tuer leur gosse quand ça déplait à quelqu'un qui est armé alors comment fait-on essaye de faire aussi vite que je peux allez-y allez-y là en plus je vous raconte tout je crie parce que je sais pas pourquoi je crie c'est vrai ça c'est une très bonne question mais allez-y je peux parler tout doucement alors comment faire nous déclenchons là ça va un peu chauffer au premier quinquennat de monsieur Macron il commence par la modification du code du travail il bouleverse de fond en comble ce que les français appellent la république sociale c'est-à-dire il y a la loi t'as le droit d'avoir un accord de branche meilleur que la loi mais pas moins bon t'as le droit d'avoir un accord d'entreprise meilleur que l'accord de branche mais pas moins bon ça c'est le principe de faveur c'est 100 ans de lutte syndicale et politique de la gauche pour obtenir ça en un mois pendant l'été nous appelons à deux manifestations et la loi passe mais que me dit à ce moment-là Philippe Martinez qu'est-ce qu'il vous dit ?

les syndicats chez eux les partis chez eux autrement dit ça ne te regarde pas vous trouverez partout dans la presse les traces de cette polémique à laquelle je n'ai jamais répondu mais c'est continuellement à moi qu'on vient demander des comptes sur ce qui s'est passé à ce moment-là lorsqu'a commencé la bataille des retraites la même chose nous disons nous avons besoin d'une structure commune nous sommes d'accord pour que les syndicats la dirigent mais nous avons besoin d'une structure commune pour préparer organiser notamment toutes les marches qui avaient lieu pendant les week-ends et définir la stratégie commune il n'y a jamais eu un seul jour une seule réunion une seule rencontre entre les syndicats et les organisations politiques qui se battaient dans l'Assemblée nationale pire on est venu sur moi et les autres insoumis nous demander de retirer nos amendements pour qu'on puisse voter sur l'article 7 c'est-à-dire l'article qui décidait du passage à la retraite à 64 ans la stratégie insoumise s'est appliquée d'un bout à l'autre quoi qu'on nous ait demandé nous avons tout maintenu pourquoi parce qu'une stratégie de combat si ça vous vient à l'esprit quand même qu'il y a des stratégies de combat pour moi qu'est-ce qu'il fallait que la lutte puisse durer pour qu'on puisse aller au bout de cette lutte et pour ça il fallait que le texte ressorte de l'Assemblée nationale sans avoir voté par personne donc c'était le contraire je ne voulais pas les chefs du mouvement assoumis Bompard Panot et les autres ne voulaient pas qu'on soit battu à l'Assemblée nationale de manière à ce que ça aille au Sénat que les sénateurs bloquent à leur tour que ça revienne et bref que le combat puisse être organisé c'est le contraire qu'on nous a demandé de faire et nous ne l'avons pas fait je termine en vous disant entre temps si vous voulez des infos de première main je les donne ça n'a jamais été raconté cette histoire donc maintenant vous êtes au fond

54:34
Présentateur

c'est très intéressant on va parler d'un autre combat après mais allez-y non mais je peux arrêter moi je m'en fous

54:39
Jean-Luc Mélenchon

non non non non ça nous intéresse ça nous intéresse donc il y a eu un congrès de la CGT la CGT est l'organisation syndicale dans laquelle il y a sans doute le plus d'insoumis au mètre carré pour les réseaux qui sont les leurs parce que nous ne nous mêlons pas de l'avis des syndicats nous respectons absolument le fait que les syndicalistes qui soient insoumis ou ce qu'ils veulent décident ce qui compte pour leur syndicat mais nous on décide pour nous-mêmes j'observe qu'au congrès de la CGT le rapport d'activité incluant la séquence retraite le rapport d'orientation et la candidature qui portait ces orientations ont été battues par les CGT qui ont élit une secrétaire nationale qui a immédiatement complètement changé les relations et elle a dit alors qu'une question amicale était posée par un journaliste direz-vous comme monsieur Mélenchon et elle a répondu avec un sang-froid total à je suis d'accord pour que les relations entre le syndicat et les partis redeviennent normales et nous on ne demandait pas autre chose juste être respecté à ce propos là et la secrétaire générale de la CGT qui a annoncé qu'était dissoute la structure qui s'appelait plus jamais ça qui mettait en contact des associations avec des partis politiques à immédiatement accepter et proposer la manif du 23 qui est un grand événement camarades que vous devez faire réussir contre la violence policière le racisme systémique et les injustices sociales et les syndicalistes disent et les sans organisations que cette structure pourrait être une structure dans la durée ce n'est pas de ma faute si ni le parti communiste ni le parti socialiste ne veulent participer à cette manifestation mais qu'on vienne pas me demander à moi

56:39
Présentateur

pourquoi à propos de participer à des mouvements communs il y a une question qui va vous être posée par Sacha

56:44
Intervenant

Monsieur Mélenchon vous proposez dans votre programme de 2022 des mesures pour garantir l'indépendance éditoriale et juridique des journalistes et des rédactions vis-à-vis de leurs actionnaires il y a quelques semaines il y a 95 journalistes sur 100 du JDD et j'en fais partie qui ont quitté la rédaction après l'arrivée de Geoffroy Lejeune et on a réclamé pendant 40 jours de grève à peu près la même chose que vous on a l'impression que c'est un combat qui ne vous a pas plus touché que ça et moi je voulais savoir est-ce que vous avez masqué vos convictions parce que c'était le JDD ou pas ?

57:16
Jean-Luc Mélenchon

Non le JDD était un journal dont le dernier numéro paru avant le rachat était une une avec Madame Le Pen ses progrès et le reste et qu'on compterait une demi-page d'insultes contre les insoumis Il faut aller plus loin que les unes par exemple Oui oui oui

57:32
Intervenant

Non il faut aller plus loin

57:33
Jean-Luc Mélenchon

On a le droit à la dignité figurez-vous Oui bah les journalistes aussi Vous n'êtes pas vous n'êtes pas une institution devant laquelle vous dites ce que vous voulez quand vous dites quelque chose que nous condamnons et pas une fois mais deux fois mais trois fois mais quatre fois mais cinq fois on a le droit ne venez pas pleurer dans notre gilet surtout pour à la fin faire quoi ? Un journal qui va donner la une à Madame Le Pen ce qu'il se faisait avant Alors je viens maintenant Ouais ouais mais moi je dis ce que je parle Non mais vous savez comment se fait un journal

58:01
Intervenant

Vous savez comment se fait un journal

58:02
Jean-Luc Mélenchon

Vous ne soutenez pas Pas d'hypocrisie pas de machin là Oui je suis avec toi je t'aime mais je t'aime pas Non non

58:09
Présentateur

C'est-à-dire qu'il faut être avec vous pour que vous souteniez un journal un journal Voilà Vous entendez ? Non mais justement ça m'intéresse Écoutez Écoutez Ben allez-y Redites la phrase Non mais ça m'intéresse parce que ce que vous dites et vous l'avez dit tout à l'heure Vous arrêtez les journaux amis et vous avez parlé de médias amis vous avez cité l'humanité et ils en sont probablement reconnaissants Oui Et vous arrêtez un certain point et il y a un point à partir duquel ils se sont plus amis donc vous ne soutenez pas leurs grèves et tout ça Dites-moi

58:32
Jean-Luc Mélenchon

Ça a déjà changé la formulation Dites-moi Vous avez commencé par dire il faut être d'accord avec vous pour que vous souteniez Comme si évidemment je serais seulement un ami de la liberté de la presse des gens qui disent comme moi vu que comme je suis éborné et antisémite et violent Non ça j'ai pas dit ça Non non non C'est pas ce que j'ai dit C'est pas ce que j'ai dit C'est pas ce que j'ai dit Vous croyez réellement à votre question ? Oui je crois vraiment à ma question Et bien je vais vous dire Expliquez-moi Si demain quelqu'un interdit le Figaro je cours participer et je cotise pour que le Figaro puisse paraître Alors pourquoi pas le JDD ? Et alors pourquoi vous avez pas...

Parce que le JDD se comportait comme un journal d'extrême droite et si Valeurs Actuelles coule je m'en fous

59:11
Intervenant

L'extrême droite on perd les boussoles on perd la boussole à partir du moment où Non c'est vous qui l'avez perdu Non non je suis pas...

59:26
Jean-Luc Mélenchon

Vous avez fait un numéro entier sur les progrès de l'extrême droite le portrait de Madame Le Pen vous avez fait des compliments à toutes les pages et vous avez mis une demi-page pour nous insulter nous et vous voulez après que j'aille pleurer ? Vous avez obtenu quoi dans votre négociation ? Vous êtes parti à combien sur 100 ? 17 ! Vous avez obtenu quoi ? Ce que la loi prévoit c'est-à-dire le droit de présenter votre objection de conscience et d'être payé pour ça que n'importe quel travailleur

59:52
Intervenant

ne s'applique à partir du moment où la ligne édito a été changée et que ça a été constaté on ne voulait pas bosser pour Geoffroy Lejeune on est parti avant très bien

1:00:03
Jean-Luc Mélenchon

mais je vous félicite

1:00:04
Intervenant

bah donc nous ne nous demandez pas

1:00:05
Jean-Luc Mélenchon

d'avoir pris notre clause de conscience on ne pouvait pas le faire je vous félicite d'être parti mais laissez-moi dire que le journal que vous avez quitté est un journal que je n'aime pas et qui est un journal à orientation d'extrême droite donc du coup

1:00:17
Intervenant

vous soutenez l'indépendance de la presse uniquement pour les médias que vous appréciez

1:00:21
Jean-Luc Mélenchon

mais attendez pardon

1:00:22
Intervenant

du coup l'indépendance de la presse c'est uniquement pour les médias que vous appréciez c'est un combat qui n'est valable que pour ces médias là

1:00:29
Jean-Luc Mélenchon

écoutez madame

1:00:30
Présentateur

allez-y

1:00:31
Jean-Luc Mélenchon

ce sera la dernière là-dessus parce qu'après on va tourner en rond mais allez-y je comprends donc voilà la grande pensée politique que nous allons avoir ce soir ça n'est pas 9 milliardaires possèdent tous les journaux de ce pays ça n'est pas ils ont les radios les télés toutes les rédactions Mélenchon ne défend pas le JDD mais pas du tout et bien Mélenchon défend le JDD Mélenchon défend le JDD allons

1:00:54
Intervenant

non mais Jean-Luc Mélenchon qu'est-ce qu'il vous contrave

1:00:56
Jean-Luc Mélenchon

vous avez lu un texte de moi contre vous ? Jean-Luc Mélenchon est-ce que oui ou non vous avez lu une parole de moi contre vous ?

1:01:05
Intervenant

voilà ce que j'ai à dire on peut peut-être faire la nuance entre la ligne éditoriale d'un titre que vous critiquez et la nécessaire solidarité à l'égard de journalistes qui sont précaires et parfois qui travaillent là parce qu'ils doivent bouffer on peut faire cette nuance quand même non ?

1:01:20
Jean-Luc Mélenchon

non madame

1:01:21
Intervenant

ah bon bah alors

1:01:22
Jean-Luc Mélenchon

pourquoi ? pourquoi ? parce qu'il y a un principe dans la vie moral et philosophique qui s'appelle la responsabilité personnelle si vous acceptez de travailler pour un journal qui crache dans la gueule des travailleurs et qui insulte les insoumis assumez-le moi j'assume moi j'assume mes idées je les défends on arrive je m'expose je me laisse insulter alors vous aussi faites-en autant défendez vos idées jusqu'au bout et quand on met on part c'est ce qu'ils ont fait

1:01:53
Intervenant

ils sont partis et on va reprocher à des ouvriers qui travaillent dans une boîte qui fait pas bon

1:01:59
Jean-Luc Mélenchon

vous connaissez attendez c'est un peu facile comme ça il n'y a plus de responsabilité morale personne n'est responsable de rien non je vous félicite d'être parti pourquoi vous me cherchez querelle je vous dis que je n'aime pas le JDD je vous dis que ce encore heureux que j'ai le droit le JDD est un journal qui a pris une pente d'extrême droite depuis un grand moment et il y a un principe de responsabilité que vous avez assumé parce que vous avez dit à partir du moment où vous annoncez que vous êtes d'extrême droite vous avez dit moi je m'en vais parce que je ne fais pas ce boulot là c'est bien pour des raisons de conscience c'est bien pour des raisons de morale donc ne poussez pas des cris s'il vous plaît quand je parle de conscience et de morale parce que cette femme vient de vous prouver que ça existe et que c'est un moteur donc elle doit être félicitée il y a eu des entretiens d'un sourire dans le JDD monsieur Mélenchon donc vous avez donné des entretiens

1:02:57
Intervenant

à un journal d'extrême droite je ne comprends pas j'ai lu des entretiens de Manuel Bompard par exemple peu de temps avant l'arrivée de Geoffroy Lejeune c'est à dire que les Insoumis ont donné des interviews à un journal d'extrême droite oui monsieur ça arrive

1:03:11
Jean-Luc Mélenchon

ça dépend de nous mais oui pour nous tout ce système excepté ce que je dis est un ennemi mais comme nous sommes des démocrates nous acceptons l'idée que nous avons des adversaires ne nous en veuillez pas d'essayer de les rouler dans la farine on essaye continuellement moi je n'ai jamais donné d'interviews à Valeurs Actuelles et je considère que c'est une erreur de le faire mais je comprends les camarades qui me disent on y va parce que t'as des nazes qui payent 3 euros pour se faire engueuler par nous dans leur propre journal ça se comprend mais ce que je voudrais dire et je voudrais qu'on m'entende je trouve incroyable que l'entrée sur la question du JDD ce soit moi et mon sentiment de la liberté ce pays est gouverné par 9 personnes qui manipulent l'opinion de tout le monde ça a été dit avant que vous arriviez monsieur Mélenchon on a passé une demi-heure là-dessus c'est ça c'était déjà avant surtout ne faisons rien défendons la corporation envers et contre personne n'a dit il y a eu une proposition ah ouais mais vous ne supportez pas la critique c'est ça votre problème on a fait tout le début de l'émission là-dessus c'est juste ce qu'ils disent vous ne supportez pas la critique d'accord d'accord bon parce que vous donc je prends l'exemple il y a eu une proposition de loi on nous a dit pourquoi vous ne la signez pas la proposition de loi disait le rédacteur en chef ne peut pas être rédacteur en chef si les journalistes ne sont pas d'accord alors on a dit ah bah tiens bonne idée et on vous propose deux autres choses dans la loi premièrement une mesure anti-monopole il n'est pas permis de posséder un journal trois télés quatre radios c'est interdit ce n'est pas permis donc une loi anti-monopole on a dit on vous propose de mettre dedans que les lecteurs ont des droits moi je suis abonné à l'UMA ils n'ont pas intérêt à changer de ligne ils ont intérêt à rester communiste même si je ne suis pas d'accord avec ce qu'ils racontent des fois parce que si Fabien Guay qui est un militant hors pair pour qui j'ai la plus grande estime venait à changer de ligne et à elle aussi moi je veux pouvoir dire je ne suis pas d'accord avec celui-là dégagez-le mettez-en un autre parce que celui qui paye le journal c'est moi vous voilà donc le fait que les lecteurs aient des droits sur le journal auquel ils s'abonnent on devra au moins les consulter je ne dis pas que c'est eux qui vont élire le rédac chef il faut avoir la compétence professionnelle il faut une liste donc on a dit on voudrait rajouter ça on nous a dit ah non ça va trop loin ah ben faudrait savoir nous on ne veut pas signer un texte dans lequel il n'est pas dit qu'on est contre le monopole et d'ailleurs le SNJ syndicat des journalistes a dit c'est quoi cette histoire parce que vous allez faire pression sur les journalistes pour obtenir des aides c'était ce qui est dans la loi donc on n'était pas d'accord on aurait pu nous dire ah ben tiens vous n'êtes pas d'accord mais pourquoi non immédiatement ça a été ils ne sont pas d'accord ils ne défendent que les journaux qui répètent leur trac ce n'est pas vrai nous voulions une vraie loi commune pourquoi on n'a pas voulu parce que des macronis se sont mis à signer ce texte là on a dit vous foutez de notre gueule c'est de votre faute si on en est là et vous venez signer une loi vous faites les marioles pour vous donner une bonne conscience voilà je vous explique pourquoi on n'a pas signé

1:06:18
Présentateur

on arrive à la fin on s'était engagé à vous libérer à l'heure ce sera donc ma dernière question je ne sais pas qui c'est qui est libéré j'ai l'impression que c'est lui c'est pas faux c'est pas faux Jean-Luc Mélenchon ce sera ma dernière question je voudrais qu'on parle de l'avenir le soir du premier tour de l'élection présidentielle en 2022 vous avez eu ces mots qui ont résonné chez beaucoup de jeunes c'était le fameux faites mieux aujourd'hui en 2023 et justement ça m'intéresse aujourd'hui en 2023 est-ce que vous dites toujours faites mieux et est-ce que vous pourriez nous en dire un petit peu plus sur ce que vous avez envie de dire aux jeunes

1:06:53
Jean-Luc Mélenchon

je jouis d'une situation unique dans une vie politique j'ai plus rien à prouver je n'ai jamais été corrompu d'aucune manière je dis ce que je veux je fais ce que je veux et il se trouve que des gens disent tiens c'est intéressant je vous dis ça pour que vous m'entendiez dans toute la force de ce que je veux vous dire maintenant à 410 000 voix près on est arrivé au deuxième tour j'avais j'avais un doute sur ce résultat mais je me suis dit maintenant il n'y a qu'une chose qui vaut c'est on continue le combat alors il m'est venue cette idée de vous dire faites mieux mais je voudrais d'abord lever une ambiguïté je ne voulais pas vous dire comme un prétentieux faites mieux que moi c'est pas ça que je voulais dire faites mieux c'est-à-dire faites mieux que ma génération qui n'est arrivée à rien abattez la citadelle n'écoutez jamais personne qui vous dira de reculer d'arrêter de céder d'amolir faites mieux abattez ce système et écoutez je sors je fais un bouquin le 28 septembre il sort j'essaye de vous expliquer écoutez-moi camarade l'action politique ne vaut rien sans pensée politique claire sans théorie claire pas d'action claire vous devez travailler inlassablement à mieux comprendre les mécanismes qui unissent le capitalisme quotidien à la catastrophe qui s'avance vers l'humanité et mon dernier mot sera le suivant une société résiste d'autant mieux qu'elle est travaillée par l'instinct de la solidarité et du collectivisme soyez collectivistes soyez solidaires faites mieux que la merde qu'on vous lègue

1:09:22
Présentateur

merci Jean-Luc Mélenchon d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Back6 merci beaucoup je vous laisse quitter le plateau merci

Crise, stratégie, union, “faites mieux” : Backseat reçoit Jean-Luc Mélenchon ! — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote