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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 27 janvier 2024 52 min

Ici et maintenant - Au coeur d'une unité de soins palliatifs

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

c'est une sacré vie ça comment c'est une sacrée vie ah oui que vous me racontez là par petit bout très pudique oui oui oui très pudiquement vous me dites vous êtes en train de me dire que vous avez vécu auprès des des éminences de du pays une sacré VI vous êtes plongé dans vos ou viu tout seul c'est là où on voit comment [Musique] vie je pense que les gens ne comprennent pas forcément ce que c'est les soins palliatifs parce queon en parle pas assez la fin de vie aussi c'est quelque chose de de terrible c'est terrible d'aborder ce sujet là tu vois ça fait peur il y a encore aujourd'hui une vraie méconnaissance de tout ce que peuvent apporter les les soins palliatifs et dans le cadre en particulier des débats actuels autour de la fin de vie c'est particulièrement important de montrer qu'on a énormément de solutions dans les pays anglo-saxons en réalité la médecine palliative est une spécialité c'est vraiment le traitement de tous les symptômes c'estàdire tout ce qui peut gêner le malade dans son état de bien-être par rapport à sa vie mais lorsque ce malade est atteint d'une maladie [Musique] [Musique] incurable ici c'est pas des numéos de chambre c'est il y a un rapport humain qui se fait qui est qui est qui est qui est phénoménal il y a comme de l'électricité entre les gens il y a il y a une telle alchimie la FO tu vois toutes les barrières sont baissées tu es dans le vrai oh là là il y a Florence qui est absente parce que elle marie sa fille demain ou sol elle marie sa fille ou sa fille se marie tu sais pas [Rires] ce si vous voulez bien partager vos vos expériences V étonnements avec avec les malades ou avec les soignant la semaine dernière j'ai j'ai eu la surprise d'être interrogé par la médecin de mon service qui voulait me parler d'un accompagnement que je vous avais partagé d'un monsieur que j'ai accompagné trois fois de suite alors que voilà qu' il s'enfermait dans la dans la tristesse dans la nostalgie qui voulait plus parler et moi je l'ai accompagné dans le silence dans les grands accompagn d'une heure voilà donc c'était quelque chose qui m'avait bien marqué et donc l'infirmière qui est une enfin pardon la médecin qui est une jeune médecin V voir un Florence ce monsieur est donc décédé tu le sais et j'étais j'ai je voilà j'étais très touchée de la façon dont tu l'as accompagné et en fait j'ai compris que deux choses j'ai compris que d'une part elle était intéressée de savoir ce qui ce qui avait plus se nouer dans la champ et deuxièmement et surtout tout elle elle avait cette satisfaction de se dire que là où il y avait plus d'échanges avec l'extérieur par le biais du bénévola que et la bénévole que j'étais j'avais j'avais continué à à créer un petit tyot de de de d'humanité de fraternité enfin quelque chose de notre humanité donc voilà c'était c'était bah c'était chouette quoi je voilà je me suis dit que voilà qu'on avait vraiment notre notre place ou donc ça en fait ça m'a même fait [Rires] plaisirim encore l'énergie ce matin avec chant on est rentré dans une chambre d'une dame qu'on avait accueilli vendredi dernier pour qui on est entré pour faire une présence silencieuse pour moi c'était quand Mme une première parce que finalement ça m déjà arrivé d'être silencieuse dans une chambre mais j'avais il me semble j' j'étais jamais rentrée en ayant l'objectif de faire une présence silencieuse j'ai trouvé que dans ce moment B on prenait vraiment conscience de du temps du temps qui passe je sais il y avait vraiment un décalage entre cette respiration parfois lente parfois avec des pauses respiratoires et au dehors la fenêtre était entrouverte sait je ne sais combien de de de voitures klaxonné de personne se aé on se dit tout va vite à l'extérieur et ici entre deux souffles tout tout ce qu'on entend c'est toujours je trouv ça étonnant et puis euh à un moment Chantal s'est approché d'elle et lui a mis doucement la main sur le front et la personne a ouvert les yeux elle a il y a vraiment eu un échange de regard euh réel court mais avec une une intensité forte je sais que c'était des moments hyper hyper profond très épais très intense où on était vraiment dans l'intimité des gens quand bien même on disait rien quandbi même on ne faisait rien et en sortant je me suis dit je là je pourrais pas retourner dans une chambre une autre chambre ENF pas tout de suite donc j'ai compris l'intérêt de la salle des bénévoles pas forcément parce que c'était trop dur trop lourd mais même pour la personne elle-même de se dire en fait on peut pas ayant vécu ça on peut pas passer directement au suivant c'est pas un dossier c'est pas euh et puis parfois j'imagine que ça peut être particulièrement lourd et qu'il faut prendre ce temps aussi pour nous l'idée c'est de s'enrichir mutuellement du coup il y a une forte convivialité dans ces groupes et qui est très soutenante pour pour le bénévolent parce que les bénévoles ils ont une famille ils ont des amis ils ont des où on leur envoie ce genre de choses donc ils ont bien conscience que c'est pas forcément évident mais en même temps ce qui se vit ici c'est d'une telle richesse parce qu'il y a quelque chose de l'essentiel où il y a plus de masques possible ou euh et que du coup on est dans le vrai de la rencontre et que ça ça n'a pas de prix quoi bonjour monsieur je suis Luc bénévole est-ce que je est-ce que je vous dérange moi mon objectif c'est simplement passer un moment avec vous voilà pour papoter si vous si vous êtes disponible si vous voulez bien ben moi je vous vois très voilà très très serein ouis c'est beau je suis réaliste ou oui c'est bien ouis effectivement ils sont pas dans le paraître ils sont plus dans le paraître c'est plus c'est plus d'actualité quoi donc c'est ça aussi qui est sympa c'est que voilà ben on se raconte et puis nous-même d'ailleurs aussi on se raconte un peu quoi pour entretenir le entretenir le mouvement quoi on va pas plus loin que ça hein et le simple fait de d'avoir de pouvoir convertir avec une personne de manière assez libre assez agréable et cetera c'est lui apporter un peu de vie quoi c'est comme ça qu'on voit notre notre notre mission notre boulot quoi voilà ben ça m'oblige à sortir un peu de moi quelque part c'est aussi je pense une façon d'apprivoiser la mort là il y a du monde le temps moyen de ses jours ici c'est de l'ordre de la semaine quoi alors il y a des gens qui restent beaucoup plus longtemps il y a des gens qui restent de 2 mois 3 mois madame balk on pe ici madame bal bonjour madame je suis Luc bénévole est-ce que je vous dérange non ah vous êtes trop est-ce que je peux vous tenir compagnie un instant ah c'est trop gentil la vie est assi avec oui estitude ouais et et moi et moi je suis dans la finitude c'est un peu une expérience cette F vie c'est pas c'est pas marrant mais bon c'est ça fait partie du chemin de nos vie ouis oui mais vous c'est c'est c'est magnifique vous vous semblez l'envisager avec beaucoup de beaucoup de sérénité je trouve mais attendez c'est le chemin de tout le monde oui oui non mais tout le monde ne l'aborde pas de la même façon vous en êtes conscient aussi oui oui oui mais écoutez d'abord à l'âge que j'ai j'ai vécu j'ai j'ai j'ai je suis déjà depuis 15 ans donc ce que c'est que le départ oui quelqu'un pon aime et c'est vrai que ce qui est difficile la fin de la vie c'est quand même de voir mais qu' a une souffrance de voir de voir la la vieille dame qui s prond quoi ah ben écoutez je trouve que vous nêtes pas franchement une la écroulé je signale allez allez sur l'écroulement allez mais non mais vous gardez vous êtes vous tenez à vos principes vous êtes vous restez vous restez droite vous restez ferme vous restez la vie est un combat complètement et même la desol et ben écoutez j'espère que vous allez montrer que la gingolade ça fait partie du chemin de la vie c gment hein mais avec plein de choses à vivre avant hein plein plein de belles choses ouais elle m meut à chaque fois c'est c'est tellement beau ce qu'elle raconte et puis non non c'est belle personnalité et voilà voilà le genre de de cadeau qu'on reçoit quoi tout simplement c'est pas donné à tout le monde de dire voilà ben le monde est ce qu'il est mais la vie est- ce qu'elle est on a beau arriver au bout et être confronté à un moment extrêmement difficile benah non je reste droite je reste digne je reste forte je cherche la lumière c'est le son moi ça ça me fait pleurer mais j'ai l'âme facile c'est dans mon [Musique] tempérament [Musique] [Musique] [Musique] quand je suis arrivée comme bénévole j'ai appris ça qu'on fait des bouquets pour les personnes qui arrivent comme ici ici c'est pas c'est pas interdit puisque les bouquets en principe dans les hôpitaux c'est pas c'est pas souhaité parce que il y a il faut ça ça peut avoir une odeur et cetera tandis qu'ici c'est pas gênant parce qu'ici les personnes sont en fin de vie c'est simplement un un geste d'accueil je pense voilà Nicole m'a demandé si je pouvais faire un bouquet symbolique là-dedans j'aime pas ces vaseslà parce qu'ils ont un tout petit goulot mais mais on met une demi-fleur dedans et j'aime pas ça donc est-ce que celui-là ça te va bah c'est parfait il est joli bon très bien et ben donc tu peux l'emmener et après c'est c'est tout tu as fini toi tu en prends un et c'est tout c'est ça il qu'une empr oui mais tu as pas de tu as pas de personnes qui ont bon donc très bien pourquoi on reste si longtemps bénévole parce qu'ils nous apprennent quelque chose parce qu'on apprend quelque chose de la vie et parce que on on apprend quelque chose ça veut pas dire que quand on sera malade peut-être nous on sera pas angoissé comme les autres comme les copains peut-être que oui exactement pareil mais ça nous apprend quand même à ce jour aujourd'hui ça m'apprend beaucoup voilà je je je je reçois je reçois beaucoup de toutes ces personnes et c'est vraiment notre vulnérabilité en face de l'aleure al les là comme ça vous allez le voir merci voilà contente non on a accompagné pour alors la 25 monsieur qui est arrivé hier dansp un monsieur de 57 ans d'unerique paraplégique avec une compression médulaire doncempêche NVE des jambes il a une PC de morphine voilà la nuit s bien passé il a bien dormi sinon il était satisfait il était un petit peu il a beaucoup un petit peu anxux il a pas mal appelé cette nuit mais il a bien tu dis qu'il pas mal appel cette nuit pour des babioles en fait mais qui mas anans 217 euh et bien voilà une fatigue qui s'installe euh il a en fait hier bénéficié d'un repas dans sa chambre avec ses proches donc entrecô de frites euh donc c'était assez convivial un moment assez chouette mais du coup qui a occasionné des desoule des des brûlures gastriques donc il a eu du Gar Viscon hier soir et là il parlait de de nauser cette nuit et donc éventuelle je sais pas si sen est replein ce matin non ce matin il était confortable voilà rien de rien de [Musique] nouveau c'est un petit voyagef moi je suis une fille du là plein de choses que j' ça c'est la maison médicale tu vois c'est des relations c'est des gens qui s'entendent bien c'est des soins pensés c'est du temps avec les gens c'est des mots c'est des gestes c'est tu vois c'est des bénévoles c'est des arts thérapeutes c'est de la musique c'est du piano dans quel endroit tu profite de de quelqu'un qui joue du piano comme ça librement c'est des moments même pas préparés en fait tout ça il y a pas besoin que ce soit préparé ça arrive tous les [Musique] jours moi j'ai fait une rencontre assez déroutante la semaine dernière il y avait un un homme qui était sur le banc et je me suis assise avec lui et puis elle me dit oui j'accompagne j'accompagne mon épouse mon esttrès au clair ça fait 3 ans qu'elle est malade elle veut mourir en fait elle veut mourir on a bon je sais elle en a marre et puis il font en l'arme alors ça m'a surpris parce qu'il était pas et ça l'a surpris aussi et il m'a dit euh il m'a dit mais je comprends pas j'en parle j'en parle ça me fait jamais pleurer donc ne vous inquiétez pas c'est des fait bénévoles on est on est là pour ça c'est très aidant C céit assez étonnantant moi j'ai eu aussi ce matin un échange avec une dame qui m'avait dit la semaine dernière qu'elle voulait l'euthanasie et puis ce matin elle me dit en fait on m'a dit que je que je pouvais pas rester à Jeanne Garnier parce que je relève plus de cet établissement j'avais mieux et du coup j'ai médité et en fait je m'aperçois que j'étais pour l'euthanasie mais je suis plus pour l'euthanasie parce qu'en fait comme je vais un peu mieux en fait j'ai envie de vivre et j'aimerais bien que ce soit plus tard enfin voilàard en fait elle réfléchissait et elle essayait de trouver un sens à sa vie voilà c'est moi j'avais juste à écouter peut-être donner une formulation une autre je dans la salle des bénévoles et donc il y a un soignant de mon étage t' appelé en disant il faut absolument que qu'il a bénévol qui vienneent on a le fils d'une patiente qui tourne qui tourne qui tourne comme un en cage dans le service très il ne supportait pas l'état de de dégénérence progressive de sa mère et il me faisait donc justement laabologie le fait qu' fallait que la loi change que la loi évolue que l'on pouvait de avancer l'heure de la mort que là euh que sa mère n'aurait pas supporter de se voir dans cet état là qu'elle avait pas fait direct d' anticipé parce qu'à cette génération on organisait pas son départ qu'on avait déé de la mort et donc moment je lui dis mais en fait c'est vous qui c'est vous en fait qui supportez pas ce que je peux comprendre d'ailleurs que votre maman se se délite et que et que que la mort arrive trop doucement donc qu'en fait c'est vous qui êtes très mal à l'aise avec cette situation et votre maman en fait elle est dans une situation de confort elle ne souffre pas elle s'achait tout doucement vers sa fin voilà ici on monte beaucoup d'escaliers et on en descend aussi beaucoup c'est un bénévola un peu sportif je me souvens d'une D qui était dans une grande colère euh d'être dans cette maison médicale et rien nallait enfin tout et alors j'ai dû rester au moins une demi-heure auprès d'elle elle déversait sa colère et notamment pour nous dire que l'organisation des bénévoles c'était épouvantable parce que chaque jour elle voyait une bénévole différente ou un bénévole différement et queelle n était pas là pour renouer des des relations et que on ferait mieux d'avoir un bénévole qui est là toute la semaine toujours le même alors c'était très très fort j'ai senti qu'il fallait l'écouter et j'ai retransmis après bonjour monsieur je suis Anne-Marie bénévole voilà est-ce que vous souhaitez une petite visite non vous préférez vous reposer bon ben je vous laisse alors au revoir monsieur je crois que c'est une phase il y a un certain nombre de de malades quand ils sont dans une phase de révolte la seule chose à faire c'est écouter leur révolte en fait bonjour monsieur et là vous êtes vous êtes dans les arbres c'est et ben ici vous avez un platane ah celui-ci vous pensez moi je dirais que c'est un platane mais peut-être vous avez raison oui oui y a des platanes aussi là-bas c'est beau parce que c'est le meilleur moment pour les arbres c'est là qu'il sont les plus beaux donc en fait les malades font un peu partie de vie quoi je crois que ce que j'apprends beaucoup moi Jean garni c'est que la mort fait partie de la vie et qu'en fait on l'occulte beaucoup dans la société aujourd'hui mais tant qu'on n'accepte pas cette réalité que nous sommes mortels nous sommes fragiles du coup je crois que ça c'est une manière d'apprivoiser d'une certaine manière ce temps de la mort quoi moi ça me renvoie effectivement à ma propre mort combien de fois je me dis mais moi comment je vais mourir et ça on n pas de prise là-dessus on sa pas ni quand ni comment ni je pense pas être habité par une grande peur d'ailleurs quand j'accompagne des personnes en qui sont en situation précaire là où on voilà carrément à la toute faim je trouve que c'est un beau moment c'est très corporel en plus d'accompagner les personnes c'est très sensoriel en fait c'est il y a plus que la respiration qui a plus que le souffle là qui qui anime la personne et alors je me surprends souvent de d'être en certaine communion avec la personne à travers le souffle c'estàdire que d'essayer de de respirer au même rythme qu'elle en fait il y a quelque chose qui se passe c'est c'est étonnant ce souffle parce qu'on peut avoir quelqu'un qui est complètement inconscient tout qu qui ne paraît pas conscient il y a plus que ce souffle qui anime là alors des fois la respiration s'arrête puis elle reprend parce ve la musique classique comme [Musique] monsieur [Musique] je mais souvent les les personnes c'est vrai qu'elles sont assez impressionnées es disent ben c'est triste déjà voilà ça doit être dur vous devez pas beaucoup rigoler voilà et on est en mode bah en fait en effet ça reste quand même triste pour la majorité des gens mais déjà on est là pour un peu égayer et puis après c'est pas du tout un service dans lequel on rigole pas au contraire oui voilà c'est une approche différente en fait du soin ou on crée des liens différents que dans d'autres services de chirurgie ou on les accompagne vraiment jusqu'au bout quoi on a un lien plus fort bjour madame ça vous dit des petits massages madame vous voulez rester au fauteuil ou vous préférez vous installer au lit euh non monsieur plumeur ok B allez-y j' ça marche allez-y on va vous mettre de la crème d'accord fait fait fait ah c'est génial j'y vais madame ça met un petit peu d'odeur comme ça parfait pour les beaux jours pour les beau jours allez allez vous êtes pas allé dans le jardin aujourd'hui dans le jardin ah ou sont magnifi oui c'est ce qu'on n a dit oui c'est mais c'estou les fleurs qui sont déjà ah oui ah oui bah déjà c'est a un projet on peut dire un projet de vie parce que en fait il y a quand même une vie qui est bien présente à la maison médicale jeune Garnier et que bah voilà et du coup on peut être étonné que parfois même il y en a bon après c'est différent mais il y en a qui vont demander quand même la sédation et après ils vont ils vont changer d'avis il y en a qui arrivent avec vraiment leur demande ils restent avec leur demande jusqu'à la fin on les accompagn jusqu'à la fin et donc c'est beau de pouvoir répondre à des demandes qui sont pas forcément répondu dans les services par manque de temps bah personnel puis tout quoi par voilà c'est ça on a on est vraiment spécialisé dedans même pour les la douleur je pas fa ah non mais même là je sens qu'il fait chaud oui chaud dans votre chamb tant que vous êtes bien c'est ce qui compte hein tant que vous êtes bien c'est ce qui compte je ble madame n'est pas bah oui et oui je suis sur mon chemin de vie re chemin de je suis sur mon chemin chemin de V oui vousavz compris de nuit je me suis dit bah ou [Musique] là il n'y a pas que un seul bu ici on a plein des c'est ce que vous êtes en train de faire [Musique] que vous voulez que je tienne si vous avez la main qui fatigue un peu vous l'accrochz oui j à travers les processus de création j'essaie de mettre au travail les difficultés des patients c'est pas activité occupationnelle c'est vraiment une activité thérapeutique vous pouvez y aller vous pouvez prendre la matière ah ben c'est bien comme ça aussi lui dire que le résultat ça ça peut rester entre nous ça peut être totalement secret et que c'est pas grave l'important c'est la voilà l'expérience en elle-même est-ce que vous voulez que je vous montre de loin pour voir déjà pe-être si vous faisz des geste plus grand jusqu'au bout de la fé jusqu'au bout B oui ça demande de la concentration mais c'est pas grave vous arrêtez quand vous avez envie vous êtes quand même pas vous pensez pas finir en une seule séance pens non mais je dis ou ça demande de la concentration ça fait longtemps que vous êtes pas sorti de votre chambre ça fait beaucoup c'est une façon de laisser une trace aussi quelque part de leur passage les patients arrivent à un endroit un moment où bah ça sert plus à rien de jouer moi j'ai un patient un jour qui est sorti il a franchi la porte il m'a dit merci pour cet instant de vie donc là je me suis dit bon bah voilà je me suis bien fait de me lever ce matin et il y a presque une urgence à vivre encore c'est magique l'art est [Musique] magique et puis sinon on peut partager les expériences vécues ce matin ou la semaine dernière ou ou même il y a très [Rires] longtemps donc ce matin je suis descendue à au funérarium parce que je pensais que c'était le départ d'une dame dont j'avais lu le le nom au tableau on avait vérifié avec marieasttrid je suis arrivé un tout petit peu en retard donc je m'adresse à à l'agent funéraire pour savoir si c'était bien le départ de Madame machin et il me dit oui oui ils sont dans le dans le salon qui est là et je rentre et je tombe visiblement pas du tout sur ce la personne à laquelle je m'attendais il y avait son mari et son fils il y avait que deux personnes c'était pas du tout les gens que je connaissais et le le monsieur me m'accueille en me disant mais vraiment c'est extra vous êtes venus il je parlait beaucoup donc voilàétait pas question que je m'en aille bien sûr mais en même temps dans ma tête je me disais tu ce que tu reçois là c'est pas du tout c'est pas vraiment pour toi mais en même temps nous sommes ici et maintenant donc ben tu es là et et voilà et et c'était très touchant j'avais l'impression de recevoir des choses qui m'étaient pas d mais je me suis dit bah je je je les partagerai après au soignant et au B vol qui éventuellement on été dans dans dans ce service hier soir j'ai été en un petit peu en difficulté interne personnelle parce que il y a je suis allé dans la chambre d'une dame euh qui demande qu'on lui lise un livre et donc j'ai lu j'ai commencé à lire le livre et puis la les scènes que j'ai lu étaient très érotiques et euh bon c'est c'est c'est une chose de lire des des des passages érotiques seul avec son bouquin ou de les lire à haute voix à quelqu'un qui en plus est malade et j'étais pas très à mon aise et puis après est arrivé un passage où il y avait une description d'un d'un cancer et puis de la tout ce qui se passé et cetera et j'étais carrément pas bien là et ça alors j'ai d'abord demandé à la dame si je si elle voulait que je m'arrête parce qu'il y avait un chapitre qui se finissait elle a dit non vous continuez donc j'ai continué puis et puis là quand vraiment j'ai pas été très à mon aise au bout d'un moment j'ai choisi un moment qui était pas trop trop mal placé pour lui dire ce que vous voulez continuer là elle m'a dit non et j'ai j'ai pas été bien intérieurement me demandant est-ce qu'elle me dit non parce que c'est vraiment trop dur est-ce que je je savais pas mais c'est vrai que euh je sais pas si c'est elle qui a choisi ce livre ou si ça a été choisi par quelqu'un d'autre mais c'est je me suis aperçu ça m'est déjà arrivé de lire des livres à quelqu'un mais là je me suis aperçu que euh B ça créé un malaise de lire des choses que c'est pas pareil de les lire tout seul ou de les les lire à quelqu'un elle était malade et j'étais en train de lui étaler et voilà ça j'ai j'ai trouvé ça difficile j'ai eu plusieurs visites vraiment émouvant et l'une d'elles était une longue visite parce qu'elle était accueillie semble-t-il avec avec bonheur par dame qui qui m'a montré comment le la souffrance cohabitait avec le rire et c'était c'était étonnant voilà quelqu'un qui est très conscient que malheureusement des des atteintes cérébrales commencent à lui brouiller sinonfin l'esprit et puis en plus l'expression et alors elle commence une phrase sans savoir où ça va la conduire et puis ça se finit bizarrement je dirais presque presque drôlement avec des mots qui ont qui ont rien à voir avec mais rien du tout à voir avec le début et alors elle s'en rend compte et ça la fait rire et en souffre en même temps et elle finit par dire bon c'est pas grave et puis elle enchaîne sur autre chose avec le même résultat mais elle était tellement contente de cette visite et et d'exposer j'allais presque dire sans sans pudeur on aurait on aurait pu imaginer qu'elle soit réservée se rendant compte de de l'état de sa conversation mais non elle a et moi j'ai j'ai vécu ça comme un témoignage de de confiance je dirais presque d'amitié que de se livrer y compris dans l'état dans lequel elle était dont elle était consciente qui la faisait rire et souffrir à la fois et je me dis maisà on est encore dans un de ces exemples de d'ambigué qui sont dans la nature même des des un palliatif quoi c'est quand même un un bénévolat qui engage et puis on est auprès de gens qui sont vulnérables qui sont voilà qui sont malades et puis qui voilà qui sont dans une un moment de leur vie qui est compliqué donc il faut voilà faut il faut pouvoir pouvoir être ajusté à ce moment-là aussi quoi [Musique] bonjour monsieur ça vous dérange si je m je m'installe à côté de vous comme ça vous êtes bien installé ça moi je suis bien installé et vous ça ouais comment vous vous sentez aujourd'hui vous avez travaillé toute votre vie en Algérie ou ou vous êtes venu en France pour travailler ça fait déjà quelques années que suis icié en France d'accord j'ai éternièement avant de d'être hospitalisé j'étais c'estd j'ai fait le taxi d'accord pendant 15 ans dans Paris ah vous êtes un expert des rues parisiennes ouais toujours ça m'étonne je me dis mais moi je suis on vient de se rencontrer on se connaît pas et et voilà et et partage comme ça avec beaucoup de joie le de de raconter de se raconter en fait c'est c'est important puis moi je suis je suis cette oreille là qui recueille ça et c'est vraiment un privilège quoi de de pouvoir avoir ce ce genre de conversation donc ça à chaque fois moi ça je trouve ça vraiment je sais pas je trouve ça magique mais moi je vais vous dire une chose dites-moi j'ai souffer dans ma vie ouais beaucoup depis mon mon jeune âge d mon jeune âge alors sans arrêt sans arrêt oui ou h après des moments tristes on a aussi évidemment c'est pas on n'est pas non plus toujours que en train de rire et de sourire et et c'est vrai que c'est il y a plein de moments vraiment touchants j'entends dans vos mots que ça a pas dû être facile voilà me trou ouais ouais je me suis aperçu une fois de plus hier soir de la de l'importance que de l'image qu'on donne quand on est malade j'étais dans la chambre d'une dame et j'ai remarqué ces ongles qui étaient faits jolie rose c'était bien tout ça et je lui dis oh c'est c'est ravissant vos vos mains était elle était vraiment heureuse de de ce que je lui dise ça je sentais que c'était elle me dit oui et elle revient la semaine prochaine et et j'ai senti je me suis dit ben oui c'est vraiment très important l'image qu'on donne le soit le maquillage soit la coiffure soit et là euh elle était elle était vraiment et c'est vrai c'est vrai que c'était je sentais que c'était important et c'est vrai que dans sa silhouette très menu dans son lit et cetera ses ongles bien faits ça ressortait c'est cétait c'était vraiment joli et ça m'a fait plaisir que la l'esthéticienne qui est venue je suppose a pu lui faire cette joie et lui lui faire ce ce bien-être j'ai eu la même satisfaction la semaine dernière mais avec une coiffeuse qui est venu faire un shampoing une dame un champoing au lit ce qui était pas très facile ce qui fait que la soignante m''a m'a demandé de de l'aider à redresser un petit peu la dame pour qu'elle soit confortable évidemment tout le monde ensuite lui a dit comme était belle ce qui était vrai en plus objectivement c'està dire que c'était pas uniquement c'était c'était ressenti elle elle était belle donc voilà c'était tout le monde était autour du lit assez assez joyeux de ça donc c'est un peu là on leur rend leur humanité juste par une jolie coiffure par des ongles faits ils sont reconnus et et c'est c'est important bon allez c'est parti on s'est dit une beauté des mains i alors donc je fa choisi je vernir il y a pas mal hein ah oui il y a un beau choix oui bah oui c'est un peu similaire que vous avveis he celui-là ouais ah oui pour changer un peu bon oui allez c'est parti est-ce que vous voulez que je coupe comment la forme plusit on peut essayer carré on peut essayer carré ça fait longtemps vous êtes pas le métier alors ça fait 6 ans je travaille en tant que socioesthéticienne oui ça passe vite oui mais du coup après vous êtes t vous êtes en insstitut ou vous êtes dans d'autres endroits alors dans je travaille qu' en milieu hospitalier d'accord dit-moi madame ça va longur oui c'est parfait merci du coup en général les gens ils demandent quoi comme son ah c'est comme si ou ou exactement comme si on est dans un institut du quartier d'accord des épilations ah oui ah oui oui un soin de visage un massage vernis les épilations mais c'est vrai que c'est vrai que ça fait partie aussi exactement des soinstitut c'est important que l'image de soit l'estime de soi et j'ai une liquide pe le séchage pour que ça sèche vite mais je sais que vous êtes SAG je sais je sais vous êtes SAG ça ve beau ça ve va la couleur ouais je trouve qu'elle est jolie hein bon pe partit peu un massage ça marche [Musique] [Musique] salut Serge bonsoir salut dor ça va ça va pr et euh qu'est-ce que je peux te dire sur lui encore aujourd'hui il l'a verbalisé aussi sur le fait que il sait qu'il va mourir ok donc euh sur le le plan de Moran il aime un monsieur qu'il aime bien parler donc si tu veux passer pour que le voir pas de pas de problème mais au moins il a verbalisé aujourd'hui sur le plan de de son avenir que il se rend compte ça sera un jour donc c'est donc il n il n'est pas trquing il a besoin de la présence quoiis oui l'équipe de soir c'est important parce que euh enfin le soir c'est important pour le malade les gens sont un peu plus angoissés enfin il y a l'angoisse de la nuit et c'est pour ça que la présence un bénévole de soir est nécessaire comment ça va c'est moi bon comment vous vous sentez cette semaine alors j'ai eu quelques soucis ah dites-moi déjà on me tur la par ouais et ça m'a cé au moins 3 jours d'emboiss h oui vous m'z vous m' aviez déjà parlé oui on est là on est là pour eux quelle que soit la situation et que ça soit en présence silencieuse parce que pour des gens qui sont déjà dans une une certaine agonie un certain certain départ quoi ou pour des gens stressés par par la nuit par par une image de la mort ça arrive hein ça arrive quand même pas non plus très très souvent et quand on arrive à calmer cette angoisse ben c'est super mais ça arrive aussi de temps en temps qu'on y arrive pas donc après ça c'est le c'est le c'est le c'est le job du soignant éventuellement de de calmer cette angoisse par éventuellement une médicamentation qui soit approprié mais vous avez en plus peur de de de de l'ISO de l'ISO d' d'isolement absolument juste leur tenir la main les caress les caresser l'avant-bras leur dire qu'on est là et que ça peut se faire dans le silence ENF voilà il y a il y a plein de il y a plein de façons de de soulager ou de calmer quelqu'un mais j'ai pas pu faire quelque pas dans le jardin aujourd'hui et ça c'est c'est presque une privation mais si un bénévole sil veut bien sortir l'accepte bah généralement il faut que vous demandiez au bénévoles j'imagine qu'il a pas je pense pas qu'il y a un bénévole qui refuse de vous sortir au jardin mais mais vous avez profité un peu de la de la fête de la musque aujourd'hui ou pas non non malheureusement quand il a quelqu'un au piano la dernière fois que ça m'arrive j'ouvre la porte et h plus de piano piano et pourtant là j'ai ouvert très très vite c'est le docteur qui a voulu faire un petit qui a voulu s'essayer au piano et qui a joué pendant 5 minutes oui pas plus ouis pas plus je crois ou ou c'est très lointain mais bon j'ouvre j'entreouvre toute façon après il y a la a l' soignante qui vous vouliez sauter là vous regardiez ah non non je me penchais un peu pour essayer de de voir d'où venait la musique [Musique] oui oui j'arrive je fais un peu ma petite visite c'est-à-dire je vois tout le monde ENF tous les 80 patients euh mais souvent je suis éement appelée à droite à gauche parce que il y a quelqu'un qui en détresse respiratoire ou quelqu'un d'autre qui qui a des douleurs qui se sont réveillé ou quelqu'un d'autre qui a besoin une relecture de la journée ou de tout ce qui il a entendu la journée j'ai mal dans dos mais ce que je peux déjà peut-être vous amener vite fait c'est le une PR Chade vous savez qu'on peut mettre juste là autour je veux bien ça je vais vous importer tout de suite j'arrive je vais la chercher tout de suite j'arrive je vais la chercher tout de suite la poche et j'arrive d'accord c'esttil à tout de suite hop et voilà c'est [Musique] reparti la nuit je pense il y a on va dire il y a la douleur physique qui est une sorte douleur euh particuliè la douleur inflammatoire qui peut être plus important la nuit qui peut se réveiller la nuit donc là ça peut être important de ajuster les les traitements de ou deutiliser tout autre moyen la thermothérapie la cryothérapie l'aromathérapie ou aussi les massages la prison ENF tout ce qui peut entourer le patient et aider à passer cette cet épisode de douleurass un petit peu comment ce so j'avz mal [Musique] tant qu'on est pas mort on est vivant ça ça paraît bête comme ça mais donc en fait c'est j'accompagne des vivants quoi c'est pas du tout pour moi c'est c'est c'est un endroit en fait plein de [Musique] vie on est vraiment dans le temps présent c'est l'icie maintenant et puis ici on a rien à prouver je n'ai rien à prouver je suis là je prends les choses comme elles viennent quand on ne peut plus ajouter des jours à la vie on ajoute de la vie au [Musique] jours [Musique] [Musique]

Ici et maintenant - Au coeur d'une unité de soins palliatifs — Laurence Garnier · Pourquijevote