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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 29 octobre 2025 23 min

Budget 2026, rapport avec les socialistes... Le "8h30 franceinfo" de Mathilde Panot

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Mathilde Panot. Bonjour. Bonjour Paul Barcelone. Bonjour à tous. Madame la présidente du groupe France Insoumise à l'Assemblée Nationale, on va évidemment vous demander vos solutions pour tenter de trouver un budget pour la France. On va revenir sur toutes les taxes qui ont été votées cette nuit. On va évoquer la reprise des bombardements à Gaza et à la fin, on vous posera, je vous donne juste le titre, la question qui fraude. Vous verrez ce que ce sera. Ce sera à la fin de l'entretien. Mais d'abord, on va écouter il y a quelques instants Bruno Retailleau qui vous accuse, vous, de folie fiscale et de faire alliance avec le Rassemblement National.

0:32
Locuteur non identifié

Je pense qu'il est encore moins votable qu'hier puisque désormais avec une alliance souvent entre le Rassemblement National, l'extrême gauche et les filles, c'était le cas cette nuit avec 26 milliards d'euros de plus. Il y a une folie fiscale, il y a un choc fiscal quasiment sans précédent. Qu'est-ce que vous répondez à Bruno Retailleau il y a quelques instants sur terre ?

0:52
Mathilde Panot

Déjà, c'est un peu fort de café parce que M. Retailleau est celui qui parle comme l'extrême droite, notamment en parlant de français de papier. Mais ensuite, il faut regarder précisément deux choses. La première, c'est que l'année dernière, des analyses ont été faites sur l'ensemble des votes qui ont eu lieu à l'Assemblée Nationale. Il se trouve que ceux qui votent à 75% avec le Rassemblement National, c'est la Macronie. Et nous l'avons vu en commission, ils votent ensemble contre le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune, contre la suppression de la flat tax. Ils votent ensemble contre la taxation sur les super-héritages et on pourrait y continuer.

À chaque fois, ils votent ensemble contre toutes les mesures pour les plus riches. Et la deuxième chose, c'est que nous, nous sommes très fiers d'avoir fait adopter un amendement qui est un amendement insoumis, porté par le président de la commission des finances, Eric Coquerel, et que nous avions déjà fait adopter l'année dernière.

1:37
Intervenant

Il faut bien expliquer à ceux qui nous regardent et à nos auditeurs, cette nuit, il y a eu deux votes symboliques. Le vote d'une taxe sur les GAFAM, ce sont les géants du numérique, Google, Amazon, Facebook, et j'en passe. Et une autre taxe que vous avez fait voter, et c'est sur ce point que Bruno Retailleau vous accuse d'alliance avec le Rassemblement National, une taxe sur les bénéfices des multinationales qui rapporteraient, selon vous, et Bercy accepte le chiffre, 26 milliards d'euros. Bruno Retailleau dit folie fiscale. Est-ce que vous êtes atteinte de folie fiscale ?

Et est-ce que vous prenez le risque, en faisant voter ces taxes-là, d'affaiblir l'attractivité du pays et de détruire des emplois ?

2:14
Mathilde Panot

Alors, c'est une question quasiment philosophique qui est posée par la taxe que nous avons fait voter, et qui revient à l'esprit de ce qu'il y avait dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, son article 13, c'est-à-dire qu'il doit y avoir une égalité des citoyens et des entreprises devant l'impôt sur la commune contribution, selon les capacités de chacun. Il se trouve que des multinationales, aujourd'hui, en France, du fait des outils qu'ils mettent en place, où ils vont mettre des bénéfices dans les paradis fiscaux, payent aujourd'hui moins d'impôts que, par exemple, un boulanger, payent aujourd'hui moins d'impôts qu'un boucher, et c'est inadmissible.

Vous avez, d'un côté, les multinationales qui payent à hauteur de 14% de taux d'impôt net, et les PME qui sont à 21,5%. Donc, ce que nous disons est une chose très simple. Ça vient de l'association Attaque, ça a d'ailleurs été travaillé aussi avec l'économiste Gabriel Zuckman.

3:08
Présentateur

On va en parler de la taxe Zuckman.

3:09
Mathilde Panot

Exactement, mais c'est une taxe qui permet de dire qu'on paye réellement les impôts sur les bénéfices réalisés en France, sur l'activité réellement réalisée en France. Je crois que c'est quand même la moindre des choses de dire que des multinationales doivent payer leur dû. Et non, ça ne fera pas fuir des multinationales. Je crois que c'est juste une manière de dire qu'il faut respecter la législation française. C'est quand même pas délirant de dire ça, qu'il faut faire respecter la loi. C'est juste ça, ce que nous avons fait voter. Et ça permet de rapporter 26 milliards, et je vous assure qu'avec 26 milliards, on peut faire beaucoup de choses dans ce pays.

3:41
Présentateur

Alors, l'autre enseignement de la nuit, comme le disait Paul, c'est donc la vote de la taxe GAFAM, Google, Amazon, Facebook, etc., les gens du numérique. Elle est doublée de 3 à 6%, au grand désespoir du ministre de l'économie, Roland Lescure.

3:51
Locuteur non identifié

« Soyez prudents, mesdames et messieurs les députés. Soyez prudents. L'audace, c'est bien. La tête dans le mur, c'est moins bien. Soyez prudents, je vous en conjure. » Est-ce que vous manquez de prudence, Mathilde Panot ?

4:04
Mathilde Panot

Non, mais vous comprenez que nous avons un gouvernement qui est en train de présenter le budget le plus cruel pour les gens, qui n'ait jamais été présenté au XXIe siècle, qui prend à la fois aux apprentis 50 euros par mois, qui prend aux chômeurs, qui prend aux malades, y compris aux malades du cancer, qui prend aux retraités, aux 17 millions de retraités qui vont avoir leur pension. Vous avez dit budget inhumain ? Oui, oui, sous-indexé pendant 4 ans. Oui, oui, c'est inhumain. Par exemple, celui qui a pensé, à Bercy, à faire des économies sur des personnes qui ont des cancers pour leur prendre jusqu'à 850 euros par an, ou celui qui a pensé à baisser l'allocation pour enfants décédés.

D'accord ? Ils ont pensé que c'était une bonne idée. Mais ils ne l'ont pas fait. Ah si, si, c'est fait, bien sûr que si. Mais ce n'est pas définitive à ma connaissance. Ah bah, on a une discussion du budget. Oui, voilà. Mais enfin, ce n'est pas définitive, mais vous comprenez qu'à la fin, comment ça va se passer pour le budget ? Enfin, la seule possibilité pour le budget, c'est qu'il soit battu, et qu'il y ait ensuite une loi spéciale, ou alors que cela passe par ordonnance. Mais qu'est-ce que vous répondez ? Et d'ailleurs, le Rassemblement National, dans son contre-budget, garde aussi cette mesure-là, en rajoutant encore 30 milliards de coupes supplémentaires.

5:10
Présentateur

Qu'est-ce que vous répondez ? Parce que Bruno Retailleux, l'ancien ministre de l'Intérieur, est à l'instant l'actuelle ministre de l'Économie. Pour point commun, en résumé, de vous reprocher à vous, la France Insoumise, de faire un peu la foire à la taxe. Qu'est-ce que vous répondez ?

5:20
Mathilde Panot

Eh bien, moi, je leur dis que nous, ce que nous proposons et ce que nous avons mis dans notre contre-budget, c'est une rupture totale avec ce qui a été fait par les macronistes depuis maintenant 8 ans et qui mène au désastre dans le pays. Nous, avec ce que nous proposons, notamment sur la révolution fiscale, avec l'impôt à 14 tranches, ce que nous proposons, c'est que toutes les personnes qui gagnent 4 000 euros et moins dans ce pays paieront moins d'impôts avec nous. Et qu'ensuite, chacun contribue à la hauteur qu'il doit parce que, je le rappelle, c'est une contribution commune qui permet ensuite à chacun de répondre selon les besoins qu'il y a dans la postulation.

Donc nous, nous sommes les seuls à avoir proposé un contre-budget qui ne fait pas de coupe sur le dos des gens en présentant la facture des cadeaux qui ont été faits aux plus riches et aux multinationales. Nous sommes les seuls à dire qu'il faut dépenser plus et pour cela, aller chercher les recettes pour dépenser plus dans la santé, dans l'éducation, bref, dans tout ce qui fait la vie commune digne pour toutes et toutes.

6:15
Intervenant

Je reviens à la question que je vous posais juste précédemment et Roland Lescure vous accuse de manquer de prudence. Est-ce que vous avez manqué de prudence ? Est-ce que vous craignez de voir des emplois détruits ? Que les taxes, la foire à la taxe, comme le disait Paul et vous interrogez à l'instant, cela nuise à l'attractivité du pays ?

6:29
Mathilde Panot

Mais vous savez combien d'emplois vont être détruits cette année encore ? Vous savez que la CGT parle de 300 000 emplois qui seraient détruits, que l'OFCE parle de 143 000 emplois qui seraient détruits. Vous savez que l'année dernière, nous avons atteint un nouveau record de défaillance d'entreprise. Vous dites que ce n'est pas votre faute, que ce n'est pas la faute des taxes votées cette nuit. De petites et moyennes entreprises avec 68 000 défaillances d'entreprises. Non, non, ce n'est pas une question de ce n'est pas notre faute. C'est la politique que mènent Emmanuel Macron et ses gouvernements successifs en toute illégitimité au vu du résultat des urnes.

C'est cette politique qui détruit des emplois. Et nous, au contraire, lorsque nous disons que nous allons investir dans la bifurcation écologique, dans la rénovation des logements, dans les grands chantiers, dans les services publics, eh bien cela crée de l'emploi.

7:11
Présentateur

Nous sommes dans une semaine décisive où va se voter ou pas la taxe Zuckman sur les plus hauts patrimoines. Gabriel Zuckman qui annonce à l'instant sur BFM son intention, dit-il, est de faire rentrer les milliardaires dans la solidarité nationale. Et là, on va plutôt écouter Marine Le Pen, parce que comme vous le savez, la question c'est est-ce que ce sera une taxe Zuckman normale ou allégée ? Écoutez ce que répond Marine Le Pen à la taxe Zuckman allégée.

7:30
Locuteur non identifié

Non mais elle n'est pas... D'abord, elle n'est pas du tout allégée. Enfin, il faut regarder le texte. En réalité, elle est aggravée puisqu'elle va toucher beaucoup plus de personnes. et donc la cible n'est plus du tout la même. Donc il n'en est pas question pour nous. Voilà, Zuckman, non. Ni light, ni hard, ni rien du tout.

7:49
Présentateur

Bon ben, voilà, c'est plié. Il n'y aura pas de taxe Zuckman.

7:52
Mathilde Panot

Ça ne m'étonne pas. Nous avons dit à plusieurs reprises que le Rassemblement National était l'assurance-vie du système. Si vous avez regardé attentivement ce que Marine Le Pen a mis dans son contre-budget, elle a dit qu'elle corrigeait le budget Lecornu. Donc, il faut regarder ce qu'elle supprime du budget Lecornu et tout ce qu'elle garde. Par exemple, Marine Le Pen est d'accord avec le fait qu'on enlève 7 milliards d'euros à la santé. Elle est d'accord pour le doublement des franchises médicales. Elle est d'accord pour qu'on baisse l'allocation adulte handicapé. Donc ça ne m'étonne pas

8:17
Présentateur

qu'elle ne veuille pas aller chercher l'argent juste après. Donc, elle est condamnée, cette taxe Zuckman. Numériquement, si le RN ne vous soutient pas, c'est mort, c'est plié, c'est terminé.

8:25
Mathilde Panot

Mais vous demanderez à Marine Le Pen pourquoi il y a 8 mois, il s'abstenait sur la taxe Zuckman et pourquoi aujourd'hui il voterait contre. Mais oui, effectivement, avec un tel pouvoir et une extrême droite qui vole au secours de la Macronie à chaque fois dans ses votes lorsqu'il s'agit de faire contribuer à la solidarité nationale les plus riches, effectivement, la taxe Zuckman ne serait pas votée.

8:43
Intervenant

Pardon, mais Mathilde Panot, si la taxe Zuckman n'est pas votée, c'est aussi parce que le Parti Socialiste a semblé depuis hier revenir sur son intention, y compris de faire voter cette taxe Zuckman Lite qui a grandi l'assiette mais qui exonère les biens professionnels pour faire court et les entreprises innovantes, certaines start-up. L'EPS est-il en train de vous trahir ? En disant, ce n'est pas notre guerre, la taxe Zuckman, c'est un moyen, ce n'est pas une fin en soi. Est-ce que c'est un nouvel acte de trahison ?

9:07
Mathilde Panot

Mais écoutez, le Parti Socialiste a décidé d'inventer une taxe Zuckman sans Zuckman, c'est-à-dire une taxe qui serait en fait une passoire, c'est-à-dire...

9:17
Intervenant

Homéopathique, vous avez dit.

9:18
Mathilde Panot

J'ai dit homéopathique, une passoire, pour faire comprendre, en gros, il y aurait des millionnaires et des multimillionnaires qui seraient assujettis à la taxe, mais les milliardaires ne paieraient rien de cette taxe passoire. Pourquoi ? Parce qu'ils ont exempté les biens professionnels familiaux.

9:35
Intervenant

C'est une trahison du PS que de faire ça ou pas ?

9:37
Mathilde Panot

Mais en fait, ce n'est pas une question. La question du Parti Socialiste, c'est pourquoi ils ne respectent plus le programme du nouveau Front populaire ? C'est pas mieux que rien. Pourquoi, par exemple, ils votent contre la taxe à 4% sur les dividendes ? Pourquoi est-ce qu'ils ont empêché par leur vote à une voix près que l'impôt universel puisse être voté pour les Français qui gagnent 19 000 euros par mois ? Eh bien, parce qu'ils ont décidé de changer d'alliance et d'aller avec les macronistes et donc d'accorder un sursis à M. Lecornu ainsi qu'à Emmanuel Macron. Et donc, moi, comme je l'avais dit, tous ceux qui iront sauver la Macronie couleront avec eux.

10:07
Présentateur

Comment vous qualifiez Olivier Faure aujourd'hui, votre ancien partenaire du NFP ?

10:10
Mathilde Panot

Eh bien, moi, je crois qu'Olivier Faure a abandonné définitivement l'idée de se battre réellement contre l'extrême droite. Parce que pour se battre réellement contre l'extrême droite, nous avons besoin d'une gauche de rupture. Et j'en suis absolument persuadée et toutes les expériences dans le monde le prouvent. Et lorsque il décide de donner encore un sursis à Emmanuel Macron, alors que, je le rappelle, les macronistes sont ceux qui ont une responsabilité historique dans la montée de l'extrême droite, alors il a abandonné ce combat essentiel que de celui de se battre réellement contre l'extrême droite. Et nous, nous ne l'avons pas abandonné.

10:39
Intervenant

Malgré tout, le PS obtient quelques gains dans l'hémicycle au cours de ce débat sur le budget. Est-ce qu'il ne vaut pas mieux négocier avec le gouvernement, nouer des compromis plutôt que d'être...

10:46
Mathilde Panot

Et quels gains a-t-il obtenus ?

10:48
Intervenant

La suspension de la réforme des retraites au hasard.

10:50
Mathilde Panot

Non, pour l'instant, nous n'avons rien voté.

10:51
Intervenant

L'être rectificatif, Mathilde Panot, vous le savez.

10:53
Mathilde Panot

Non, non, pour l'instant, nous n'avons rien voté.

10:54
Intervenant

Oui, mais ça va être voté. Est-ce qu'il ne vaut pas mieux se comporter comme ça ? Est-ce que la politique du compromis... Je ne sais pas,

11:09
Mathilde Panot

Vous avez vu que des macronistes trouvent que la taxe du Kman, même en mode passoire, c'est trop pour eux, que le fait de toucher à la réforme des retraites qui n'a jamais été votée dans cet hémicycle, c'est trop pour eux. Donc, moi, je ne suis pas sûre que le PS ait obtenu des choses. Par contre, le fait qu'ils se soient compromis et qu'ils ont changé d'alliance et changé de programme, ça, c'est une réalité.

11:26
Présentateur

Avant d'écouter attentivement le fil info, par curiosité, vous avez fait visiter hier à l'Assemblée un groupe venu de Vitry. C'est toujours extrêmement intéressant d'écouter ce que disent les gens, le regard extérieur. Qu'est-ce qu'ils vous ont dit ? Comment ils vous regardent, vous ? Et qu'est-ce qu'ils vous ont dit sur l'ambiance à l'Assemblée ?

11:38
Mathilde Panot

C'est des mamans, notamment, qui sont très engagées dans une association à Vitry que j'ai fait visiter hier. Et si vous voulez savoir ce qu'ils m'ont dit, ils m'ont dit continuez comme ça, nous sommes avec vous. Notamment parce que beaucoup d'entre elles se rendent compte qu'à la fois la misère, ça croit partout dans ce pays. Nous avons un nombre de pauvres records depuis 30 ans en France.

11:58
Présentateur

Sur l'ambiance à l'Assemblée, ils ne vous ont pas dit que quand même, c'était particulier en ce moment ?

12:01
Mathilde Panot

Non, pas du tout. Ils nous ont dit de continuer, ils nous encouragent. Et je le rappelle aussi parce que je disais augmentation de la misère, augmentation du racisme dans cette société. Ça, par contre, ça les inquiète. Et notamment de l'islamophobie. Et donc, vous serez surpris, mais nous avons, vous savez, des gens qui sont avec nous. Et j'ai une pensée toute particulière pour les bénévoles et les salariés des associations qui sont aujourd'hui dans un plan social terrifiant puisqu'on parle de 90 000 suppressions de postes dans les associations qui sont à la fois dans des problèmes de liberté associative et de baisse de subvention.

12:34
Présentateur

Et on a encore toute une série de questions à vous poser. avec Mathilde Panot, présidente du groupe La France Insoumise à l'Assemblée Nationale et membre de la Commission des Affaires Étrangères. Et c'est à ce titre que Paul Barcelone, Mathilde Panot, a une question pour vous.

12:50
Intervenant

Puisque Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a ordonné à l'armée cette nuit, hier soir, de reprendre les frappes sur la bande de Gaza. Le bilan donné ce matin par la défense civile à Gaza fait état d'au moins 50 Palestiniens tués dans ses frappes. D'abord, quelle est votre réaction ? Donald Trump estime cette nuit que le cessez-le-feu n'est pas remis en cause.

13:11
Mathilde Panot

Moi, je suis très inquiète et ça fait plusieurs fois qu'on lance le signal d'alarme sur cette question. Je rappelle que la semaine dernière, il y avait déjà eu des violations du cessez-le-feu à la fois avec le Liban mais aussi à Gaza. Il y a, selon là aussi, les chiffres qui sont donnés, 97 Palestiniens qui auraient été tués depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. que les organisations internationales disent que la famine continue toujours et que cette nuit, il y a, vous le disiez, au moins 50, 63 Palestiniens qui ont été tués. Peut-être que le bilan sera encore plus lourd, dont 22 enfants. À chaque fois, Netanyahou est celui qui viole à la fois les cessez-le-feu

13:48
Présentateur

On vient d'apprendre qu'il y avait plus de 70 morts.

13:51
Mathilde Panot

Voilà. Donc le bilan s'alurdit et probablement s'alourdira encore. Je rappelle que cette année, c'est déjà Netanyahou qui a brisé deux fois la crève. Comment on l'arrête

14:00
Intervenant

le Premier ministre israélien ?

14:01
Mathilde Panot

Eh bien, on commence par prendre des sanctions. Vous rendez-vous compte d'à quel point c'est indécent que Vladimir Poutine, pour avoir violé le droit international en Ukraine et c'est normal, a eu 18 trains de sanctions contre lui et que contre M. Netanyahou, il y a zéro train de sanctions. La France n'a toujours pas décrété un embargo sur les armes. Le Premier ministre a osé me dire que je mentais lorsque je disais que la France continuait de livrer des armes à Israël. Il se trouve qu'encore ce samedi, il y avait une mobilisation dans laquelle nous étions à Charles de Gaulle sur des composants qui sont envoyés vers Israël de la part de la France.

Et donc, la France est un des rares pays autour de nous, l'Espagne l'a fait, qui n'a pas décrété un embargo sur les armes. Nous avons appris par certains de vos confrères, que ce soit l'humanité, Disclose et autres, que la France livre un flux d'armes continu vers Israël et qu'y compris elle a donné des composants pour des drones. Drones qui sont utilisés à Gaza pour tuer notamment des enfants palestins. Je précise simplement

14:56
Intervenant

que Sébastien Lecornu, le Premier ministre, vous a dit directement dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale que tout cela n'était pas vrai et que la France ne livrait pas d'armes. Vous a appelé à la dignité sur ce débat. Je précise simplement ça. Oui, je viens de le dire,

15:05
Mathilde Panot

je viens de dire qu'il m'avait dit que j'étais une menteuse. Il se trouve que vos confrères, à la fois de Disclose, de l'humanité ont démontré le contraire, de collectifs qui ont travaillé sur cette question ont démontré le contraire et qu'il y avait des composants à la fois pour des fusils mitrailleurs, pour des drones et que, je cite le rapport qui a été fait par les associations et avec des confrères journalistes qui montrent qu'il y a eu un flux continu qui a été fait. Il n'y a toujours pas d'embargo sur les armes. Il n'y a toujours pas de sanctions à l'encontre de Netanyahou.

Il n'y a toujours pas de suspension de l'accord d'association qui est pourtant conditionné au respect des droits humains.

15:36
Présentateur

Si on prend un petit peu de hauteur à l'échelle internationale et à l'échelle historique, est-ce que ça veut dire que la position française de la solution à deux États et de la reconnaissance par Emmanuel Macron à l'ONU de l'État de Palestine n'a servi à rien pour vous ?

15:46
Mathilde Panot

Mais la reconnaissance de l'État de Palestine, elle a été arrachée par des peuples et notamment le peuple français qui partout dans le monde manifestent contre le premier génocide filmé en direct de l'histoire de l'Union. Emmanuel Macron l'a fait, vous ne lui donnez même

15:57
Présentateur

pas le point pour ça ?

15:58
Mathilde Panot

C'était la décence minimum que le chef de l'État devait avoir pour reconnaître l'État de Palestine. Mais vous comprenez que cet État de Palestine ne pourra jamais exister s'il n'y a pas une volonté de faire respecter le droit international. Et pour faire respecter le droit international, il faut qu'il y ait des sanctions lorsqu'il y a des violations de ce droit international.

16:19
Intervenant

La France est audible dans ce dossier suffisamment à Gaza ? Très rapidement en un mot.

16:22
Mathilde Panot

Non, je crois que la France est en dessous de la responsabilité historique qu'elle devrait avoir et que la France, de ce fait, c'est ce que je disais au Premier ministre et que je réitère ici à votre antenne et de ce fait complice du génocide mené par Netanyahou. Alors que, je le rappelle, en Israël, il vient d'avoir un vote à la Knesset qui donne le feu vert à l'annexion totale de la Cisjordanie et donc que la colonisation continue toujours. Nous restons les yeux rivés sur Gaza.

16:45
Présentateur

Il y a 20 ans décédé Zied Ebouna à Clichy-sous-Bois. 20 ans, on se souvient donc de cet anniversaire double décédé depuis les émeutes de 2005. On écoute là-dessus le ministre de l'Intérieur qui vous a vigoureusement pris à partir. Laurent Nunez répond à un député LFI à l'Assemblée.

16:59
Locuteur non identifié

Mais il y a quelque chose que moi je n'oublierai pas. C'est les propos qui ont été tenus hier sur X, les propos qui ont été tenus publiquement par certains de vos députés qui laissent à penser et j'ouvre les guillemets que l'institution policière tuerait, que l'institution policière est une institution colonialiste qui tue des racisés, j'ouvre les guillemets et que finalement les violences policières sont systémiques. Croyez-moi que beaucoup de nos concitoyens n'oublieront pas tout cela.

17:24
Présentateur

Que répondez-vous aux ministres de l'Intérieur et ceux qui vous reprochent d'être caricatural avec votre dénonciation systématique du travail de la police ?

17:31
Mathilde Panot

Je dis qu'un pays qui n'est pas capable de regarder en face les propres violences policières d'une institution républicaine qu'est la police et d'en tirer les conséquences, c'est-à-dire de faire en sorte qu'il n'y ait pas d'impunité policière. Lorsqu'il y a des gens qui sont tués par la police et c'est un fait, s'il veut que je lui donne une liste de noms on peut le faire. Il y a des bounas, il y a eu l'Amin Ali, Amin Adama, Cédric Souhaïl, le Claude-Jean-Pierre Naël et on pourrait continuer pendant longtemps. Le problème de ce qui se passe là c'est qu'il y a des faits et depuis 20 ans, depuis la mort de Ziyeh Débouna, il y a eu trois fois plus de morts en France par démission de police.

Il y a eu 162 personnes qui sont mortes du fait d'un contrôle, d'une tentative de contrôle de police et l'ONU a épinglé la France trois fois sur le fait que nous étions le pays en Europe avec le plus de morts et de blessés par la police. Donc c'est le rôle de la police

18:20
Intervenant

qui est inadmissible. C'est la manière dont la police fait usage de la force.

18:23
Mathilde Panot

Nous nous avons dit à de nombreuses reprises que nous voulions refonder la police de la cave au grenier et par exemple dans les choses que nous demandons, nous demandons l'abrogation de la loi Cazeneuve, vous savez cette loi qui a fait exploser le nombre de morts pour refus d'obtempérer puisque les tirs mortels ont été multipliés par cinq depuis que cette loi a été adoptée. Nous voulons mettre un récipicé pour mettre fin au contrôle faciès.

Je le rappelle, c'était une promesse qui avait été faite par le président Hollande qui n'a jamais été tenue et nous voulons mettre fin au racisme systémique qui existe dans la police et je crois que justement c'est sain dans une démocratie, je reprends les mots de l'ONU, c'est sain dans une démocratie que de regarder cela en face et de dire que nous voulons

19:01
Présentateur

une police républicaine. Deux députés insoumis, Daniel Obono et Hugo Bernard-Lissier sont visités la prison de la santé où est incarcéré comme vous le savez Nicolas Sarkozy, l'accès leur a été refusé, ils assuraient qu'ils ne venaient pas voir Nicolas Sarkozy. C'était quoi le but de cette visite ?

19:13
Mathilde Panot

Il faudrait reprendre quand même des informations qui sont vraies et pas les informations du JDD. Cette visite a eu lieu.

19:18
Présentateur

Qu'est-ce qui est faux dans ma question ? C'est la question française, pas du JDD.

19:22
Mathilde Panot

Non, on leur a refusé. Non, ils ont fait une visite de 11h à 10h.

19:26
Présentateur

Ce que je viens de dire, je viens de dire l'accès leur a été refusé, je viens de le prononcer. Non, l'accès n'a pas été refusé. Oui, ils ont été 5h dans la prison, sans que ils n'ont pas pu avoir accès.

19:32
Intervenant

Ils n'ont pas pu avoir accès.

19:33
Mathilde Panot

Non mais d'accord, ils ne l'ont pas demandé en fait. Ils n'ont pas demandé à voir Nicolas Sarkozy. Vous savez, alors Hugo Bernalicis et Daniel Obono, mais Hugo Bernalicis est quelqu'un qui, chez nous, est plutôt spécialisé sur les questions de justice. Il a déjà été 4 fois à la prison de la santé et il a visité des dizaines et des dizaines de prisons dans le pays. Il avait été voir, par exemple, Patrick Balkany pour discuter avec lui des conditions de détention et il sait très bien comment faire, c'est-à-dire que vous écrivez une lettre pour demander son avis, vous demandez ensuite un parloir, un droit de visite et c'est comme ça que vous pouvez voir une personnalité.

Ils n'ont pas demandé à voir Nicolas Sarkozy. Par contre, nous l'assumons complètement, ils ont fait une visite en exerçant leur droit de parlementaire sur les lieux de privation de liberté parce que comme certains s'indignent et s'émeuvent de la question des conditions de détention de Nicolas Sarkozy, on sait même quel livre il est en train de lire en prison, eh bien,

20:21
Présentateur

nous voulions

20:22
Mathilde Panot

qu'on parle à l'ombre de Nicolas Sarkozy des 1300 détenus qui se trouvent dans la maison de la santé pour une prison qui est dimensionnée à 700 places. Ça veut dire qu'il y a un taux d'occupation... Vous dites qu'il y a un traitement de jadeur, l'ancien chef de l'État ? Non, je suis en train de parler de ceux dont on ne parle pas. Il y a un taux d'occupation à la prison de la santé de 190%. Ça veut dire que vous êtes dans des cellules de 9 mètres carrés avec 3 personnes dont des matelas au sol plus la promiscuité, la question...

Bon, des conditions qui sont indignes et qui ont été maintes fois pointées par la France et c'est ce dont vous voulez parler à la fois Hugo Bernalicis et Daniel Obono. Et je trouve que c'est bien qu'on parle des conditions de vie en prison et des conditions à la fois des détenus mais aussi du personnel pénitentiaire.

21:06
Présentateur

Auditionné hier au Sénat, Rachida Dati promet de prendre des responsabilités après le cas du Louvre. Toi, est-elle démissionnée ?

21:11
Mathilde Panot

Écoutez, moi je demande la démission et le départ de l'ensemble du gouvernement. C'est pour ça que nous avions déposé une motion de censure. Donc moi je demande le départ de l'ensemble de ce gouvernement.

21:20
Intervenant

Vous savez pourquoi ?

21:24
Mathilde Panot

Parce que moi je pense que...

21:26
Intervenant

Ça n'aurait rien d'empêché que Rachida Dati ne soit pas ministre de la Culture. Ça n'aurait pas empêché

21:29
Mathilde Panot

le cambriolage du Louvre. Non, mais par contre je vais vous expliquer quelque chose. Il se trouve que ce qui s'est passé au Louvre vient de politiques depuis des années de casse du service public et de baisse des moyens. Et donc je crois que c'est cette politique-là qui doit être sanctionnée. Et donc je réitère que nous nous ferons tout à la fois pour faire partir M. Lecornu et pour faire partir M. Macron qui reste le point de blocage dans ce pays.

21:54
Présentateur

Il est 8h57 et 9 secondes sur France Info l'heure de la question qui aujourd'hui la question qui fraude. On a regardé votre compte Twitter avec Paul. Hier vous avez tweeté la vidéo d'une personne âgée fraudant passant par-dessus le tourniquet d'un métro donc à Danfer Rochef vous écrivez je vous cite l'indignité n'est pas du côté de cette personne âgée mais de ceux qui la laissent dans la misère et là vous ajoutez Macron démission. Donc Emmanuel Macron pour vous est responsable de tous les maux du pays jusqu'à ceux qui fraudent

22:19
Mathilde Panot

je vous mets au défi de regarder cette vidéo et de ne pas avoir le coeur brisé. Vraiment. Vous vous rendez compte que par exemple le prix du ticket de métro aujourd'hui dans notre pays c'est quasiment l'équivalent de deux paquets de pâtes et que la misère dont nous parlons dans ce pays est une misère qui est réelle qui ne concerne pas des chiffres qui concernent des gens.

22:36
Présentateur

Je ne dis pas le contraire.

22:37
Mathilde Panot

Oui oui mais dans la 7ème puissance économique au monde voir quelqu'un qui met à peu près une minute à devoir passer le métro ce n'est pas sur la question de la fraude. Pourquoi Macron démission ? Comment ? Pourquoi Macron démission ? Tous les moyens sont bons

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Intervenant

pour lui demander sa démission ?

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Mathilde Panot

Non non parce qu'Emmanuel Macron est responsable d'avoir plongé 1,2 million de personnes dans la pauvreté dans ce pays et que 1,2 million de personnes là aussi ce sont derrière des familles ce sont pour beaucoup des enfants il y a beaucoup d'enfants.

Emmanuel Macron est en train de condamner notre avenir et moi j'alerte sur ce qu'on est en train de faire aux enfants avec un enfant sur 5 qui est pauvre dans ce pays avec l'aide sociale à l'enfance qui est en train de s'effondrer avec des enfants qui ont faim donc oui je suis indignée par ce que je vois autour de moi et je crois que plus que jamais nous avons besoin d'une autre politique et c'est l'alternative que nous voulons incarner et présenter aux français et aux françaises.

23:24
Présentateur

Il va être 8h59 merci beaucoup Mathilde Panot si vous avez manqué le début de cet entretien vous pouvez le retrouver sur l'application Radio France et sur Youtube