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interviewRMC (sur YouTube)· 15 décembre 2021 21 min

L'intégrale de l'interview de Rachida Dati dans Bourdin Direct

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Notre invitée ce matin, Rachida Dati. Bonjour. Rachida Dati, maire du 7e arrondissement de Paris et soutien de Valérie Pécresse. Officiellement, je vous avais vu au premier rang un samedi dernier. Je vais y revenir. Emmanuel Macron sur TF1 ce soir. Recours, justement, de Valérie Pécresse devant le CSA. Pourquoi ce recours ? Franchement, c'est classique, un président de la République qui prend la parole avant d'être candidat.

0:24
Rachida Dati

C'est classique pour tous les présidents candidats. Oui, tous les présidents candidats. Ah oui, oui. Ils font tous la même chose. Non, mais que Valérie Pécresse fasse le recours, moi, je trouve ça bien. Pourquoi pas ? Pour qu'évidemment, ça permet aussi de rappeler que le président Macron est aussi candidat.

0:41
Présentateur

Qui sera candidat ?

0:42
Rachida Dati

Moi, je vais vous dire, je trouve que cette histoire d'équité ou d'égalité de temps de parole, c'est un peu dépassé. Aujourd'hui, vous avez tellement de moyens de vous adresser aux Français, par tellement de voix. Regardez, le CSA avait voulu sanctionner Éric Zemmour en disant qu'il ne doit pas se servir de CNews comme tribune à sa candidature. Et puis finalement, il ne l'a jamais autant vu et autant entendu. Oui, c'est vrai. Ce n'est pas parce que vous privez quelqu'un d'une parole audiovisuelle ou télévisuelle que vous ne l'entendrez pas ou que vous ne le verrez pas. Ce sont des polémiques ridicules ? Non, mais je trouve que c'est dépassé. Oui, c'est dépassé.

Si vous voulez vous adresser aux Français, de toute façon, personne n'est dupe. Emmanuel Macron est candidat. Enfin, moi, je serais face à lui, je ne lui demanderais même pas si vous êtes candidat. Alors, dites-le nous, dites-le nous. Il est candidat. Je veux dire que sinon, vous pensez que son parti gaspillerait autant d'argent avec des tracts 50 plus, 50 plus. Enfin, il est candidat.

1:41
Présentateur

Il est candidat. Bien. Rachida Dati, parlons de la justice. Parce qu'il y a colère, colère des magistrats, colère des greffiers et pourtant, mobilisation aujourd'hui, et pourtant, jamais le budget de la justice n'a été augmenté autant que sous Dupond-Moretti. Enfin, le dernier budget, budget 2021, plus 8%. Alors, pourquoi ? Que se passe-t-il ? C'est un retard qu'il faut rattraper ? C'est quoi ? Que se passe-t-il ? Vous connaissez bien la justice, bien sûr, vous avez été gardé, ça vous ?

2:08
Rachida Dati

Puis magistrat. Et magistrat. Et je le suis toujours statu-terme. Et d'ailleurs, moi, j'ai aimé... C'est pour ça que je ne quitterai pas. Mais je vais vous dire, cette mobilisation et ce mouvement de protestation est assez inédit. Parce que quand, c'est jamais arrivé quand même avant, qu'un procureur général près de la Cour de Cassation et que la première présidente de la Cour de Cassation, par voie de presse, conteste la politique du garde des Sceaux, ou conteste la politique de ce gouvernement, c'est assez inédit pour le souligner. Qu'il y ait des mouvements, des contestations, des protestations, quand vous voulez faire une réforme.

Après tout, c'est normal, j'allais dire, c'est même assez sain. Mais ce mouvement de contestation, ce malaise profond est assez inédit dans... Oui, il est inédit, d'accord. Dans son expression. Oui, mais attendez, dans son expression. Moi, je vais vous dire, ça démontre quoi ? Ça démontre qu'augmenter un budget, ce n'est pas une politique. C'est-à-dire que ce n'est pas parce que vous augmentez le budget qu'on résout les problèmes de fonds. Je pense que la justice a besoin d'une réorganisation de fonds. Moi, je me permets juste de dire que j'ai mené des réformes importantes quand j'étais garde des Sceaux.

Que ce soit la carte judiciaire, la réforme de l'administration, de l'école de la magistrature, du conseil supérieur de la magistrature, dont bénéficient aujourd'hui ces magistrats, elles n'ont jamais été remises en cause. Mais simplement, il faut faire des réformes de fonds. Ce qui n'a pas été le cas dans ce quinquennat. Et augmenter le budget, ça ne va rien arranger.

3:35
Présentateur

Est-ce qu'Éric Dupond-Moretti garde des Sceaux, c'était un mauvais choix ? Emmanuel Macron ?

3:39
Rachida Dati

Moi, je n'en ferais pas un sujet de personne. Je vous dis simplement qu'aujourd'hui...

3:43
Présentateur

C'est un échec ou pas ?

3:44
Rachida Dati

Pour les justiciables...

3:45
Présentateur

C'est un échec ou pas ?

3:46
Rachida Dati

Non mais, moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est que sur ce quinquennat, le rendez-vous avec la justice a été manqué. Les Français sont mécontents de la politique pénale qui n'existe pas aujourd'hui en France. Vous n'avez pas de politique pénale claire, ferme et assumée. Elle n'existe pas. Moi, j'ai rarement vu M. Dupond-Moretti avoir une réunion avec l'ensemble des procureurs et des procureurs généraux pour expliquer la politique pénale, en fonction d'ailleurs de la délinquance en France. Ça n'a pas existé. C'est des réformes de fonds d'organisation. La justice a besoin de réformes de fonds d'organisation. C'est une organisation assez curieuse que les gens disent...

Oui, mais il y a un président de tribunal. Mais il faut savoir que le président de tribunal n'a pas d'autorité sur les magistrats. Vous avez le procureur qui a une autorité hiérarchique sur les substituts ou les procureurs adjoints. Mais ça n'est pas une autorité dans le fonctionnement. Enfin, de fond, vous avez les greffiers qui sont aussi un corps à part. C'est-à-dire que la justice, elle est dirigée par trois pôles. C'est trois pôles très différents dans leur management, dans leur organisation et dans leur fonctionnement. Et moi, y compris en interne. Aujourd'hui, il faut revoir cette organisation de manière profonde. Ça n'a pas été le cas.

Et je pense que ce quinquennat a eu un rendez-vous manqué avec la justice.

5:02
Présentateur

Le pass sanitaire, depuis 65 ans, conditionnait une dose de rappel à partir d'aujourd'hui. Évidemment, vous défendez la vaccination. Ah oui. Rachidati, à fond.

5:11
Rachida Dati

De toute façon, quel est le meilleur outil pour mettre fin à cette pandémie aujourd'hui comme outil ? Les traitements sont en cours des développements. Et la vaccination a démontré quand même son efficacité. Même si on se recontamine. Même si on peut être de nouveau positif avec la vaccination. Mais la vaccination empêche, en tous les cas, dans sa grande majorité, les formes graves.

5:30
Présentateur

Valérie Pécresse est favorable à un reconfinement uniquement des non-vaccinés. Vous aussi ?

5:36
Rachida Dati

Non, parce que, je veux dire, aujourd'hui, on a une majorité... Juste deux secondes. On a une majorité des Français qui sont aujourd'hui vaccinés. Une grande majorité. Mais en général, dans une population, vous avez toujours une fraction réfractaire. Qu'elle soit réfractaire à l'autorité ou à des instructions. Donc, aujourd'hui, il faut, évidemment, encore inciter, inciter et inciter à la vaccination. Le pass sanitaire, en fait, c'est un pass vaccinal, si on se dit les choses. Simplement sur... Mais c'est bien ou pas ? Non, mais moi, je trouve que c'est très bien. Vous le défendez ? Bien sûr, il faut le défendre.

Et puis, sur cette partie encore réfractaire, je pense qu'il faut y aller par la pédagogie, par la conviction. Il faut aussi aller les chercher. Parce que sinon, plus on va les montrer du doigt, plus on va les radicaliser. Ça se finit comment pour certains ? Avec des fausses sanitaires. Et on a vu le drame qu'a connu une dame, parce qu'on a vu sur vos plateaux, le drame de cette dame qui a acheté un faux pass vaccinal. Et ça s'est mal fini pour elle. Alors, vous allez me dire, c'est sa responsabilité. Mais aussi, la responsabilité du pouvoir public, c'est de pouvoir convaincre au plus près. Et des médecins au plus près et au plus proche.

6:37
Présentateur

Bien. Valérie Pécresse. Pécresse, une technocrate, a pu avoir une carrière de ministre parce qu'elle était une femme, a déclaré Éric Zemmour en septembre dernier. Il se défend d'être misogyne. L'est-il misogyne, à vos yeux ?

6:52
Rachida Dati

Il a tenu des propos très misogynes, par le passé. Enfin, un passé aussi très récent. Puis par certains comportements. Mais réduire Valérie Pécresse à uniquement son sexe, c'est plus que réducteur, c'est le cas de dire.

7:04
Présentateur

Oui. C'est votre adversaire principal. Zemmour, Éric Zemmour.

7:11
Rachida Dati

Vous savez, moi, je n'ai pas fait de la politique pour avoir des adversaires. J'ai fait de la politique pour défendre des idées, pour aussi convaincre d'autres sur des idées.

7:20
Présentateur

Vous avez un électorat voisin. Enfin, vous, Valérie Pécresse, Éric Zemmour et même Marine Le Pen.

7:25
Rachida Dati

Écoutez, M. Bourdin, je vais vous dire, moi, ça va être fermé le banc. Je n'ai rien en commun avec Éric Zemmour. Je vous le dis très clairement. Je n'ai rien en commun dans nos parcours. Je n'ai rien en commun dans la vision de la France. Je n'ai rien en commun dans les propositions qu'il peut faire sur certains...

7:39
Présentateur

Qu'est-ce qui sépare Valérie Pécresse d'Éric Zemmour ?

7:42
Rachida Dati

En tout cas, ce qui me concerne, tout.

7:44
Présentateur

Tout, c'est-à-dire ?

7:44
Rachida Dati

Tout. Sa vision de la France, sa conception des Français, sa vision, sa conception, j'allais dire, parce que ce n'est pas un historien, de l'histoire de France et de ce que sont les valeurs républicaines. Voilà. Si je suis face à vous aujourd'hui, c'est que la France, ses valeurs ont permis un parcours comme le mien, avec des parents qui sont arrivés en France dans les années 60 pour travailler.

8:08
Présentateur

Avec Zemmour, ça aurait été impossible ?

8:11
Rachida Dati

Il remet en cause tout ça. Il remet en cause tout ça. Il refait même l'histoire. Peut-être que mes parents n'auraient peut-être jamais pu venir en France. Je ne serais pas née en France. Peut-être que je n'aurais pas pu devenir française. Je n'aurais pas pu accéder aux responsabilités que j'ai pu avoir grâce à l'école, notamment. Grâce à l'école. Grâce à des personnes aussi qui m'ont tendu la main. Donc, voilà. Donc, moi, je n'ai rien en commun avec M. Zemmour.

8:33
Présentateur

Oui, vous, s'il vous plaît.

8:34
Rachida Dati

Et puis, n'oubliez pas, j'ai été, entre guillemets, sa première victime politique. Puisque lorsque j'étais garde des Sceaux, que j'avais appelé ma fille du prénom de maman, il l'avait violemment contestée. Il avait même dit que j'étais indigne de la République. Ou que la République ne pouvait pas m'accueillir ou accueillir ma fille en raison de son prénom. Donc, c'est quand même assez violent. Et ce n'est pas la France.

8:56
Présentateur

Vous soutenez Valérie Pécresse sans réserve. Mais comment va-t-elle faire pour séduire à la fois les électeurs centristes et les sympathisants LR, plus proches d'Éric Zemmour que d'Emmanuel Macron ? Il y en a, vous le savez, Éric Ciotti le premier, qui l'a dit, qui l'a revendiqué.

9:13
Rachida Dati

M. Bourdin, la politique, ce n'est pas du marketing. Non, mais... Ce n'est pas, je vous donne un yaourt à la vanille, je vais vous convaincre. C'est ce qu'on pense aussi. Justement.

9:21
Présentateur

Éric Ciotti a dit ce qu'il pensait. Bien sûr. Il pourrait faire Zemmour à Macron.

9:24
Rachida Dati

Ce n'est pas ma conception.

9:25
Présentateur

Oui.

9:26
Rachida Dati

Voilà, ce n'est pas ma conception. Oui. Voilà, moi, je vais vous dire, ma conception de la politique et de la droite, aujourd'hui, la France est majoritairement à droite, dans ses valeurs et dans ses attentes. Que veut la France ? Que veulent les Français et notamment les classes populaires qui ont été totalement oubliées dans ce quinquennat, mais aussi peut-être aussi un peu par nous, la droite ? Et aujourd'hui, vous savez, vous ne pouvez pas être élu à la présidence de la République si vous ne convainquez pas les classes populaires. Qu'est-ce qu'elles veulent, les classes populaires ? Elles veulent plus d'autorité, plus de sécurité. Une école qui rétablisse l'ascenseur social.

Parce qu'ils veulent que leurs enfants aient un sort qui soit meilleur que leur. Que veulent-ils ? Qu'on réduise l'inégalité, qu'on revalorise le travail. C'est-à-dire que quand vous travaillez, votre travail vous apporte quelque chose de plus que si vous ne travaillez pas. reconnaissance du mérite, qu'on maîtrise aussi les flux migratoires. Puisque les flux migratoires non maîtrisés, évidemment, ça crée des fractures dans notre pays. Aujourd'hui, notre pays n'a jamais été autant fracturé. Et donc, c'est rétablir l'autorité, avoir une politique pénale, réduire les inégalités, revoir les méthodes d'apprentissage à l'école.

Je vous invite à lire le dernier rapport de la Cour des comptes sur l'école. C'est catastrophique. Comment les inégalités sont aggravées. Comment l'école ne permet plus une ascension sociale. Tout ce qui fait le cœur de la France, tout ça est cassé aujourd'hui.

10:55
Présentateur

Rachida Dati, je sens votre volonté, cette volonté de faire avancer les choses, d'être là. Voilà, vous ne regrettez pas de ne pas avoir été candidate, franchement. Très franchement, vous pourriez être à la place de Valérie Pécresse.

11:10
Rachida Dati

Quand vous faites de la politique, vous pourriez vous voir partout. J'ai toujours considéré que la fonction présidentielle, pour moi, elle avait un peu plus de la sacralité. Moi, je pense que ce n'est pas donné à tout le monde d'être candidat à l'élection présidentielle. Moi, j'ai encore du respect et, j'allais dire, même de l'émotion vis-à-vis de cette fonction présidentielle. Moi, j'ai mené un combat à Paris, qui n'a pas été un combat facile. Et un combat sur lequel nous avons eu des résultats, puisque nous sommes le premier groupe politique à Paris. Nous avons plus élu qu'Anne Hidalgo. Mais ce mode de scrutin permet des attelages qui nous a mis, évidemment, en deuxième position.

11:50
Présentateur

Alors, parlons de la politique migratoire. Quelques mots, quand même. La France peut-elle conduire une politique migratoire sans le reste de l'Europe ? Parce que j'entends beaucoup de candidats dire, on va fermer les frontières, on va faire des moratoires. Oui, mais d'accord, mais on n'est pas seul. On est dans l'Union européenne. Et personne ne pourra conduire... Est-ce que vous êtes d'accord avec moi ? Est-ce qu'on peut conduire une politique migratoire sans le reste de l'Europe ?

12:14
Rachida Dati

Non, mais il faut avoir une politique européenne sur la maîtrise des flux migratoires. Pour autant, nous avons une souveraineté sur la maîtrise de l'immigration, si on le voulait. On peut demain réduire le regroupement familial, revoir les critères de l'asile, ne plus accueillir n'importe comment, avoir une politique d'expulsion beaucoup plus ferme, avec des accords bilatéraux avec les pays d'origine. On ne le fait pas. Donc, à un moment donné, c'est évidemment la volonté politique qui compte. Mais aussi, il faut que cette politique nationale, parce que ceux qui vous disent qu'on ne peut pas avoir une politique migratoire nationale, ce n'est pas vrai. Nous pouvons le faire.

Je vous donne un exemple. Pour les expulsions, aujourd'hui, on n'expulse pratiquement plus personne. Et vous avez en Allemagne ou en Angleterre, comment ils procèdent à leurs expulsions ? Ils les expulsent beaucoup plus que nous. Pourquoi ?

13:08
Présentateur

Mais il y a plus d'immigrants que chez nous, en Allemagne notamment.

13:12
Rachida Dati

Déjà sur la procédure. Parlons de la procédure.

13:13
Présentateur

Et en Grande-Bretagne aussi.

13:14
Rachida Dati

Parlons de la procédure d'expulsion.

13:15
Présentateur

On les accueille, on les fait travailler sans les déclarer.

13:18
Rachida Dati

Non mais ça, c'est encore autre chose. Mais je vous dis que quand vous voulez expulser un étranger, dont vous ne voulez pas sur votre territoire, l'Allemagne ou l'Angleterre, qu'est-ce que font-ils ? Ils essayent de l'expulser. Le pays n'en veut pas d'origine. Ils sont placés dans un centre de rétention jusqu'à l'expulsion. Et parfois, c'est les migrants eux-mêmes qui disent « Écoutez, on va rentrer, on va vous dire qui on est, parce qu'on veut partir, on ne veut plus rester dans le centre de rétention ». Aujourd'hui, en France, péniblement, on a augmenté le délai de rétention à 90 jours. Vous avez en Allemagne, c'est plus de 6 mois. Et en Angleterre, c'est presque à l'infini.

Donc tant que la personne n'est pas expulsée, il est en centre de rétention. En France, on ne le fait pas. Donc déjà, on pourrait changer la durée de rétention. Donc si on voulait avoir une politique de maîtrise des flux migratoires de manière ferme et claire, nous pourrions le faire en France. Ensuite, au niveau européen. Au niveau européen, et d'ailleurs, ça peut être l'enjeu de la présidence française de l'Union Européenne, c'est d'avoir une politique harmonisée sur quoi ? Politique d'intégration, différente d'un pays à un autre. Politique d'exclusion, différente d'un pays à un autre. Politique de régroupement familial, différente d'un pays à un autre. Et l'asile. Je prends le Danemark.

Ce sont des sociodémocrates. Ils ont réduit, pour ne pas dire quasiment supprimé, l'asile. En disant, nous on n'accueille plus parce qu'on ne peut plus accueillir. Donc l'asile au Danemark est quasi réduit à néant. Alors que ce sont des sociodémocrates. Si en France, rappelez-vous, quand on a commencé à parler de l'asile, en disant, on réforme, on revoit les critères de l'asile, on a dit, mais ça n'est pas une conception républicaine. Bien sûr que si. C'est-à-dire qu'on ne supprime pas l'asile, mais on revoit les critères.

14:51
Présentateur

Quand je regarde les textes défendus...

14:53
Rachida Dati

Pardonnez-moi, M. Poulard. Si, effectivement, nous n'avons pas cette harmonisation, vous créez des effets d'aubaine d'un pays à un autre.

15:01
Présentateur

Je vous dis ça parce que j'ai regardé, j'ai écouté Emmanuel Macron, jeudi dernier, parler de l'Europe, et notamment de la politique migratoire européenne. J'ai écouté Valérie Pécresse, j'ai lu Valérie Pécresse sur les mêmes sujets. Ils ont exactement les mêmes propositions. Exactement. Au niveau européen, je parle de politique migratoire européenne. Oui, il y a une différence entre eux. Macron Pécresse, c'est pareil.

15:19
Rachida Dati

D'accord. Il y a une différence entre les deux. C'est qu'il y a un qui est au pouvoir et qui peut le faire. Et qu'il y en a une qui va le faire.

15:25
Présentateur

Bon. Alors, est-ce que vous demandez, Emmanuel Macron, d'abandonner la présidence du Conseil de l'Europe comme certains l'ont fait ?

15:29
Rachida Dati

Moi, je vais vous dire, je trouve que ce n'est pas une bonne idée d'avoir maintenu cette présidence française. On peut la différer, comme d'autres chefs d'État l'avaient fait, ou de gouvernement avant lui. Vous pouvez la différer pour ne pas l'affaiblir. Parce que moi, je pense que ça va créer de la confusion. Quand il va présider l'Union européenne, dans le cadre de cette présidence française, on ne saura pas qui parle, le candidat ou le président. Donc, il sera forcément attaqué sur la scène nationale et donc affaibli sur la scène européenne. Et moi, je pense que ça va, évidemment, ne pas faciliter des politiques à mener au niveau européen.

16:04
Présentateur

– Bien. Rachida Dati, Claude Guéant en prison, logique ?

16:08
Rachida Dati

– Écoutez, moi, je vais vous dire, j'ai une pensée pour lui. C'est quelqu'un qui a plus de 77 ans, qui est malade. – Oui. – Donc, ce n'est pas très agréable. J'ai entendu sur votre plateau, sur vos plateaux… – Ce n'est pas très agréable, c'est sûr, nous sommes tous en prison. – Oui, d'accord. Mais moi, je ne sais pas dans quelles conditions la décision d'incarcération a été prise.

16:25
Présentateur

– Il ne payait pas ce qu'il devait l'État.

16:27
Rachida Dati

– Vous avez eu accès au dossier ?

16:28
Présentateur

– C'est ce qui est écrit partout. – Voilà. C'est tout le sujet. – Non, non, je n'ai pas eu accès au dossier. – C'est tout le sujet. – J'imagine que les magistrats ont eu accès au dossier.

16:34
Rachida Dati

– Bah oui, j'espère. Donc, je ne sais pas qu'elles sont…

16:38
Présentateur

– Donc, ils ont pris leur décision en leur âme et conscience en fonction du dossier.

16:43
Rachida Dati

– En fonction du dossier. J'ai entendu sur vos plateaux que son avocat avait formé des recours. Attendons l'issue des recours.

16:51
Présentateur

– Oui. Ok. Rachida Dati, Conseil de Paris. Vous êtes en plein Conseil de Paris. Que se passe-t-il à Paris ? Est-ce que… Tiens, j'ai une question directe. – Est-ce que la ville de Paris est aujourd'hui sous la menace d'une mise sous tutelle ? Franchement ?

17:06
Rachida Dati

– Techniquement, oui. Je vais vous expliquer, M. Bourdin. Paris, c'est la capitale de la plus grande région d'Auroc. D'année en année, Paris décline. Tout le monde s'en rend compte dans tous les domaines. Ça, c'est le deuxième point. Le troisième point, Paris explose sous la dette. Sous la seule mandature de Mme Hidalgo, et c'est vérifiable, nous sommes en débat du budgétaire, la dette a augmenté de 100%. Nous sommes à plus de 7 milliards en 2021. Nous serons à plus de 8 milliards en 2022. À plus de 8 milliards en 2022. C'est la ville la plus riche de France. Plus de 10 milliards de budget. Nous avons adopté hier…

17:42
Présentateur

– 10 milliards de budget, 8 milliards de dette.

17:44
Rachida Dati

– Exactement. Sans investissement notoire. Hier, le budget a été adopté. Il est insincère. Pourquoi ? Parce que dans ce budget, il y avait beaucoup de trous. Donc Mme Hidalgo a souhaité boucher les trous. Qu'a-t-elle fait ? Recours à l'endettement, puisqu'elle a procédé à un endettement de plus de 1 milliard, supplémentaire, supplémentaire, à la dette qu'on connaît aujourd'hui. Deuxième chose, elle a surestimé les recettes, parce que pour une collectivité, vous ne pouvez pas adopter un budget en déséquilibre, c'est illégal. Donc il faut boucher les trous.

Donc recours à la dette de plus de 1 milliard, surestimation des recettes, c'est-à-dire qu'elle supprime les places de stationnement, mais elle fait comme si cette suppression n'existait pas. Elle a surestimé les recettes de stationnement, le tourisme a fortement diminué, elle a surestimé les taxes de séjour liées au tourisme. Donc ce budget est insincère. Et autre singularité, seule collectivité en France, le programme d'investissement de la mandature n'a pas été adopté. C'est-à-dire que ce budget, c'est uniquement pour des dépenses courantes, entre guillemets. Il n'y a pas de plan d'investissement pour la mandature.

18:44
Présentateur

Est-ce que vous demandez la mise sous tutelle ?

18:46
Rachida Dati

Là, nous allons saisir les autorités sur ce budget, puisqu'on considère que l'État s'assassait.

18:50
Présentateur

Vous allez saisir le ministère ? Vous allez saisir quoi ? Le gouvernement ? Le préfet, d'abord ?

18:54
Rachida Dati

Parce que les recettes ont été...

18:54
Présentateur

Donc les autorités, le gouvernement ?

18:56
Rachida Dati

Parce que les recettes ont été surestimées. D'ailleurs, le ministre de l'Économie, des Finances et la ministre des Collectivités ont mis en garde, Mme Hidalgo, évidemment sur les finances de la ville, en disant que évidemment, les finances de la ville mettent en péril, en tous les cas, l'avenir de Paris.

19:15
Présentateur

Est-ce que vous demandez de se retirer de l'accord législatif pour s'occuper de Paris ?

19:19
Rachida Dati

Ça serait mieux, vu les sondages, ça serait mieux, parce que de toute façon, là, les sondages sont très mauvais pour elle. Et puis, et à la fois, elle-même a dit, compte tenu de ce niveau de sondage, elle souhaite maintenant qu'il y ait une primaire. Donc elle va faire la primaire, la présidentielle, et Paris n'est ni géré, ni dirigé. Et tous les parisiens...

19:42
Présentateur

Est-ce qu'on peut diriger une grande ville ou une grande région et être candidat à la présidentielle ?

19:47
Rachida Dati

Bien sûr, comme Valérie Pécresse. Mais Valérie Pécresse, d'abord sur la première mandature, elle a bien dirigé et bien géré sa région. Aujourd'hui, le sujet, c'est est-ce que Paris est géré ? Est-ce que Paris est dirigé ? Vous avez bien vu, elle a été condamnée. C'est-à-dire que la mairie de Paris a été condamnée sur le temps de travail. Mme Hidalgo ne respecte pas la loi concernant le temps de travail à la mairie de Paris. Elle s'en fiche, elle s'assied dessus. Sur les finances, on demande un budget sincère. Elle s'assied dessus, le budget est sincère, donc illégal.

La dette explose, la ville n'est pas gérée et elle n'a pas de majorité, puisque sa majorité explose à chaque fois, puisque Mme Hidalgo a moins d'élus que nous, donc elle est obligée de faire à chaque fois un attelage avec les verts qui la lâchent en race campagne à chaque conseil de Paris.

20:36
Présentateur

Merci Rachida Dati, 8h53 RMC et BFM TV.