L'invité de Bourdin Direct : Gabriel Attal - 13/10
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Vous écoutez RMC. RMC Jourdain Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Gabriel Attal, bonjour, bonjour. Porte-parole du gouvernement, un soldat français, on vient de l'apprendre, est décédé au Mali lors de l'opération Barkhane. Une opération de maintenance, je crois.
Oui, nous avons appris ce matin avec une très grande tristesse le décès de l'un de nos soldats de l'opération Barkhane sur une opération de maintenance à Tombouctou au Mali. Il y a une enquête en cours pour déterminer les circonstances exactes. C'était un soldat de 29 ans qui appartenait au 4e régiment de chasseurs de Gap. Je veux évidemment lui rendre hommage, saluer sa mémoire et évidemment adresser toutes mes pensées à sa famille et à ses proches.
Mais jusqu'à quand serons-nous là-bas au Mali ?
Le président a annoncé qu'on allait adapter notre présence dans l'opération Barkhane pour lutter contre le terrorisme, pour former aussi les armées locales, pour continuer à lutter contre le terrorisme et évidemment défendre l'État et défendre la présence démocratique localement. Nous avons aussi eu une avancée importante puisque dans la crise qui nous a occupés avec les États-Unis dans les sous-marins, nous avons obtenu un renforcement aussi de leur présence dans le cadre de ces opérations. Et donc cette adaptation de l'opération va se dérouler dans les prochaines années. Je n'ai pas de calendrier plus précis à vous donner.
En tout cas évidemment notre priorité reste de lutter contre le terrorisme sur place parce qu'on sait très bien que le terrorisme sur place c'est aussi un terrorisme qui peut organiser des attaques.
Mais Gabriel Attal, l'espace aérien algérien nous est toujours interdit.
Toujours. Il y a aujourd'hui effectivement encore des difficultés avec l'Algérie. Vous savez qu'on a pris plusieurs décisions et notamment une décision qui est difficile mais que nous assumons sur la question des visas que l'Algérie et d'autres pays du Maghreb acceptent de reprendre un certain nombre de concitoyens, de produire des laissé-passer consulaires dans le cadre des obligations de quitter le territoire français que nous réalisons. C'est pour nous essentiel qu'on respecte nos règles et nos règles d'immigration. Et donc dans ces conditions-là il y a des tensions. Je veux rappeler que le peuple algérien est évidemment un peuple ami de la France.
Et qu'évidemment on souhaite aller vers un apaisement et on continue à échanger avec le peuple algérien.
Oui, aller vers un apaisement. Une question me vient à l'esprit comme ça. Puis on va passer à autre chose, à l'énergie notamment. Existait-il une nation algérienne avant la colonisation française ?
Très sincèrement Jean-Jacques Bourdin, je ne veux pas ici, je rappelais qu'on était dans un moment de motion, relancer des débats, donner mon avis personnel sur ces sujets-là. Je rappelle que le président de la République a confié une mission à Benjamin Stora, qui est un historien je crois très reconnu sur ces questions-là, qui a remis un rapport, qui a une commission qui suit les différentes recommandations de son rapport. Il y a des tensions. Et au regard de la relation historique très difficile et parfois dramatique que nous avons avec l'Algérie, c'est normal. Et l'objectif c'est évidemment d'apaiser ces tensions et de regarder de l'avant et de regarder vers l'avenir.
Bien, le prix de l'énergie, Gabriel Attal, les dépenses en carburant représentent 10% des revenus des ménages les plus pauvres en France aujourd'hui. Il y a un moment important, aujourd'hui, Bruxelles va donner la possibilité, la Commission européenne va donner la possibilité aux États de réduire les taxes et notamment de réduire la TVA. Alors oui ou non, est-ce que vous allez baisser les taxes sur les carburants ?
Il y a, vous le savez Jean-Jacques Bourdin, une augmentation de la demande très forte d'énergie au niveau mondial parce qu'il y a une reprise économique très forte. Donc les usines fonctionnent à plein régime, les mobilités pour les produits sont très fortes et donc il y a une demande d'énergie très forte et donc les prix augmentent partout. Ce qu'on a montré, je crois, ces dernières semaines, c'est qu'on ne laissait pas tomber les Français. Qu'on était au rendez-vous dès lors qu'il y a une envolée des prix pour les protéger et pour protéger leur pouvoir d'achat. C'est ce qu'on a fait sur le gaz. On a bloqué les augmentations prévues dans les prochains mois des tarifs du gaz.
Il n'augmentera pas, c'est ce qu'a annoncé le Premier ministre. C'est ce qu'on fera sur l'électricité en janvier puisque vous savez qu'il y a une hausse qui était prévue anticipée de l'ordre de 12% qu'elle sera bloquée par une baisse de taxes de 4 milliards d'euros. C'est un effort très fort. On regarde aujourd'hui l'évolution du prix du carburant qui augmente, c'est vrai, et qui atteint pour le gazole un niveau historique. Oui, pas besoin de regarder. On voit la réalité. Évidemment, c'est un sujet qu'on suit de très près. Ce sont des travaux qui sont en cours entre les ministères. Est-ce que vous allez baisser les taxes ?
Ce que je vous dis, c'est que dès lors que ces hausses se poursuivraient et que les estimations qui sont faites indiqueraient qu'elles devraient se poursuivre dans la durée, évidemment que nous considérerons des mesures de protection comme on l'a fait sur le gaz et comme on l'a fait sur l'électricité.
Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas baisser les taxes ? Pourquoi ? Parce que depuis que les prix augmentent, ça fait rentrer de l'argent dans les caisses de l'État.
C'est vrai ou faux ? Est-ce que c'est vrai ou faux ? J'ai entendu cette attaque qui est formulée par des oppositions. D'abord, les mesures qu'on a prises de pouvoir d'achat sur l'augmentation du chèque énergie 600 millions d'euros, on rend entre guillemets l'augmentation des taxes qu'il y avait eues sur le gaz. Sur l'électricité, je vous ai indiqué... Non mais sur le gaz et l'électricité, on est d'accord.
Mais je vous parle des carburants, moi.
Je vous ai indiqué qu'on allait baisser les taxes sur l'électricité, 4 milliards d'euros. Donc là aussi, je peux vous dire que c'est plus que ce qui rentre entre guillemets par des augmentations de prix. Et sur la question du carburant, ce que je vous ai dit, ce que je vous ai dit Jean-Jacques Bourdin, c'est qu'il y a un travail qui est mené actuellement et qu'évidemment que si ces hausses se poursuivent, on prendra les mesures nécessaires pour protéger les fausses.
Donc vous baisserez les taxes. Si les hausses se poursuivent, vous baisserez les taxes.
On prendra des mesures de protection des Français. Est-ce que c'est baisse des taxes ? Est-ce que c'est aide ? Je ne peux pas vous dire aujourd'hui. Michel-Édouard Leclerc, par exemple, qui conduit, simplement parce que la décision n'est pas prise.
Non mais je vous dis ça parce que hier, j'ai entendu à l'Assemblée nationale, Barbara Pompili dire que ce sont les distributeurs qui doivent réduire leur marge. Mais la marge des distributeurs, elle est tellement faible que ça n'aura pratiquement aucune conséquence sur le prix du carburant. Vous savez ce que dit Michel-Édouard Leclerc ce matin ? Pour baisser le prix, il faut baisser les taxes. On est déjà presque à prix coûtant. On marge 1 à 2 centimes par litre. Mais si l'État baisse ses taxes, nous sommes prêts à l'accompagner. Voilà ce qu'il dit.
Elle a dit qu'elle réunirait Barbara Pompili, les distributeurs. On fera le point avec eux, on regardera les choses. Ce qu'elle a dit hier sur la question des marges et sur l'appel qu'elle faisait dans ce moment difficile, je rappelle que ce que disent les experts, et le FMI s'est encore exprimé sur le sujet hier, c'est que c'est une bosse. C'est qu'a priori, à la fin du premier trimestre, ça devrait recommencer à baisser. Elle a appelé un effort. Mais ce que je veux vous dire, c'est que ça n'écrase pas le travail qu'on mène et les mesures qu'on serait amené à prendre si la situation devait poursuivre.
Je comprends, Gabriel Attal, que vous réfléchissez à des mesures. Mais moi, je lis aussi ce que déclare Thierry Breton, qui est le commissaire au marché intérieur à Bruxelles. Il dit quoi ? Il dit que la première solution, c'est de baisser les taxes. Lui-même le dit. Mais est-ce que j'ai exclu cette histoire ?
Est-ce que vous réfléchissez à une baisse des taxes ? Oui ou non ? Ce que je vous ai dit, c'est qu'on travaille pour être en situation de prendre des mesures dès lors qu'on l'estimera nécessaire. Si on voit que cette hausse se poursuit, on sera amené à prendre des mesures. Ce que je vous ai dit par ailleurs. Pourquoi est-ce que c'est si difficile ? Jean-Jacques Bourdin, ce n'est pas difficile. On le fait sur l'électricité. On va le faire en janvier sur l'électricité. Ce n'est pas difficile. Ce qu'on veut, c'est que quand on prend des mesures, elles soient nécessaires et qu'elles soient efficaces. Qu'elles aient un impact derrière.
Elles soient efficaces parce que ça permettra de réduire le coût du plein et ça permettra à beaucoup de Français qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler de finir leur fin de mois.
Ce que je vous dis, c'est qu'il y a plusieurs pistes qui sont possibles. On n'en est pas là aujourd'hui, mais il y a la question de la baisse des taxes. Il peut y avoir une question d'une aide spécifique qui est apportée. Ce que je vous dis, c'est qu'avant de prendre une décision, il faut regarder ce qui est le plus efficace pour aider les Français qui en ont le plus besoin.
Ne tardez pas trop parce que le plein, c'est toutes les semaines ou tous les 15 jours.
Je sais bien qu'il y a des Français qui nous écoutent, qui sont dans leur voiture, qui n'ont pas le choix de prendre leur voiture, notamment quand ils habitent dans la ruralité, à la campagne, qui ont beaucoup de routes à faire et ça leur coûte de l'argent. Je le sais bien. Et je sais bien que pour des Français qui travaillent et qui gagnent déjà assez peu, avoir ces dépenses contraintes qui augmentent, finalement, à la fin, il ne reste pas grand-chose. Et le pouvoir d'achat qui sera... On boucle à la fin de mois, déjà au 17 du mois. Je le sais tout ça, Jean-Jacques Abordant. C'est pour ça qu'on a augmenté la rémunération de ceux qui travaillent depuis 2017.
C'est aussi pour ça qu'on a augmenté la prime d'activité, qu'on a baissé les cotisations salariales, qu'on a défiscalisé les heures supplémentaires, qu'on baisse l'impôt sur le revenu. Tout ça, on le fait pour que les Français qui travaillent gagnent plus et pour que des situations comme celle-là, on a des cours mondiaux qui augmentent, un baril de pétrole qui augmente, finalement, ça ne vienne pas retirer tout le gain qu'ils ont en travaillant. Voilà, c'est difficile, on vit un moment difficile. On voit que des experts, le FMI, disent qu'il y a une demande très forte là, ça devrait, à partir de la fin du premier trimestre, au premier semestre, recommencer à diminuer.
La question, c'est comment est-ce qu'on aide les Français à traverser ce moment. On a pris des mesures et on n'a pas attendu sur le gaz. Sur l'électricité, ce que je vous dis, c'est qu'on regarde sur la question de l'essence.
Et le revenu d'engagement, on en est où ? Promesse du Président de la République ?
On a accompagné les jeunes depuis le début de cette crise. 9 milliards d'euros. Le plan Ajeune, une solution qui a été porté par Elisabeth Borne. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on a un record de jeunes qui sont en apprentissage. Ça veut dire qu'on a un record de jeunes qui sont recrutés en CDI parce qu'on a mis en place une prime, 4 000 euros pour les entreprises qui recrutent un jeune en CDD de plus de 3 mois, ou en CDI de moins de 26 ans. On a augmenté la garantie jeune. On a développé le service civique. On a développé les parcours d'insertion, les formations.
Tout ça fait qu'il y a des millions de jeunes qui sont aujourd'hui dans des parcours qui leur permettent d'être accompagnés financièrement et d'être accompagnés vers l'emploi. Parce que c'est ça, notre priorité. Et ce qu'a annoncé le Président de la République le 12 juillet, c'est qu'on allait poursuivre cette mobilisation et l'amplifier pour permettre à des jeunes de trouver un emploi et de se former pour trouver un emploi. Dans les prochaines semaines, on sera amené à s'exprimer, le Premier ministre sera amené à s'exprimer sur ce sujet-là. On y travaille beaucoup avec Elisabeth Borne. L'objectif, encore une fois, c'est quoi ?
C'est de permettre à des jeunes qui sont aujourd'hui sans emploi, sans formation, d'être formés pour pouvoir trouver un emploi. Parce qu'il y a des emplois disponibles aujourd'hui. Moi, je vous le dis, quand je me déplace sur le terrain, que je rencontre des chefs d'entreprise, des commerçants, des artisans qui me disent « Je n'arrive pas à recruter, ça me freine pour développer mon activité. » Je fais 100 mètres, je rencontre des jeunes, parfois dans une mission locale ou ailleurs, ils me disent « J'ai envie de travailler, je ne trouve pas de travail. » C'est bien qu'il y a un problème. Et on a commencé à s'y attaquer avec tout ce qu'on a fait. D'ailleurs, le chômage baisse.
Il baisse nettement chez les jeunes. Il faut aller plus loin et c'est ce qu'on va faire dans les prochaines semaines.
Bien, Gabriel Attal, on parlait, il y a un instant, du prix de l'essence qui est vraiment le quotidien des Français. Parlons maintenant du plan France 2030. Parce qu'on parle aussi beaucoup d'énergie dans ce plan. 30 milliards d'euros avec une mesure importante concernant le nucléaire. Le nucléaire avec la construction de ces petites centrales. Ces petites centrales qui sont construites plus vite, qui sont en matière de sécurité bien mieux. Combien et quand ?
Alors, d'abord, si vous me permettez, je veux quand même dire que ce plan France 2030, c'est quoi ? C'est un plan pour notre indépendance au niveau français et au niveau européen. C'est un plan de conquête. Parce que quand on parle du prix de l'essence, de même que quand on parle du prix du gaz, on parle de quoi ? On parle du fait que ce qui se passe au niveau mondial a un impact à la fin sur la facture des Français. Donc, il faut être plus indépendant. Et pour ça, il faut développer des ressources énergétiques qui nous permettent d'être indépendants. On a une chance en France, c'est qu'on a un parc nucléaire qui nous permet d'être plus indépendant que les autres.
Quand vous regardez les hausses de prix chez certains de nos voisins en Espagne, en Italie, ailleurs, parfois l'électricité a quadruplé depuis un an. Nous, on a cette chance d'avoir le nucléaire. Et donc, évidemment, on va continuer qui est financé par le Président. Donc, vous m'interrogez sur les fameux SMR. Oui, c'est SMR. C'est quoi les SMR ? C'est des petits réacteurs nucléaires. Des petits réacteurs, oui. Ce qui permettrait d'avoir moins de déchets et d'avoir plus de sûreté. Et de pouvoir aussi créer des écosystèmes locaux avec un petit réacteur qui voudrait alimenter... On a déjà beaucoup de retard
par rapport à d'autres pays dans le monde. Je pense à la Chine, à la Russie, à la Corée, au Japon, aux Etats-Unis. Donc, on va essayer de rattraper le retard.
On a ce plan et cet investissement, il va nous permettre surtout de prendre de l'avance en Europe. C'est vrai qu'il y a un certain nombre de pays, de grandes nations, de grandes puissances dans le monde qui investissent, qui ont investi. Et nous, on veut être le leader sur ce sujet-là en Europe. Vous savez qu'il y a beaucoup de pays, et notamment l'Europe, qui veulent abandonner le charbon.
De ces petits réacteurs nucléaires, combien ?
Là, déjà, ce qu'on va faire, c'est un prototype. C'est ça qui a été annoncé par le Président de la République. On met, je crois, un milliard d'euros pour le construire. Aujourd'hui, il n'existe pas. Donc, il va y avoir tout un travail qui va être mené. Et à horizon 2030, on souhaite disposer d'un prototype. Ensuite, on pourra développer d'autres SMR si c'est concluant.
Alors, dans ce plan, de nombreux investissements sur l'énergie propre. Oui. C'est l'axe principal ?
Oui, parce que, vous savez, il y a cette question de la souveraineté, de l'indépendance que j'évoquais. Puis, il y a la question de l'environnement, évidemment. Qu'est-ce qu'on dit ? On dit qu'en 2050, on veut arriver à la neutralité carbone. Au niveau européen. La question, c'est comment on y arrive ? Et moi, j'entends certains responsables politiques, notamment chez les Verts, à la France Insoumise, qui expliquent, par exemple, qu'il faut abandonner le nucléaire. Et donc, à la fin, vous avez des gens qui vous expliquent qu'il faut abandonner le nucléaire, qu'il faut arrêter le charbon. C'est ce qu'on fait. D'ailleurs, on ferme nos centrales à charbon. Mais à la fin, il reste quoi ?
Il reste la bougie si on n'investit pas dans des nouveaux secteurs et dans l'énergie propre. Donc, on le fait sur le nucléaire, on va le faire sur l'hydrogène vert, sur l'hydrogène décarboné. Et il y a un énorme investissement sur ce sujet-là. On souhaite, sur l'hydrogène, construire 2 gigas factoris en France sur cette question-là. On met 7 milliards d'euros sur la table. Là aussi, on veut être un leader européen sur ce sujet-là. C'est important pour la planète, c'est important pour le pouvoir d'achat des Français et c'est important pour notre indépendance.
On ne veut plus, dans les années à venir, ça prendra du temps mais il faut faire les investissements nécessaires, on ne veut plus dépendre de la demande mondiale. On ne veut plus dépendre des décisions de M. Poutine. On ne veut plus dépendre des bouleversements géopolitiques pour se chauffer, pour s'éclairer, pour se déplacer et pour s'alimenter. Et ça nécessite des investissements colossaux et c'est ce qu'a annoncé le Président de la République.
Bien, Gabriel Attal, parlons du pass sanitaire, parlons du Covid, de l'épidémie, possibilité de prolongation jusqu'au 31 juillet 2022 en Conseil des ministres tout à l'heure, le projet de loi. L'opposition proteste et demande, demande finalement une étape, une étape en février avec un vote, avec un nouveau débat. Est-ce qu'il y aura un nouveau débat en février ?
D'abord, Jean-Jacques Bourdin, il y a assez peu de moments dans cette crise où l'opposition n'a pas protesté, n'a pas contesté les décisions du gouvernement, quelles qu'elles soient. Quand on voulait fermer les écoles, on disait qu'il fallait les laisser ouvertes. Quand on voulait les rouvrir, on nous disait qu'il fallait les laisser fermer. Quand on devait confiner, on nous disait qu'il ne fallait pas le faire. Et quand on ne le faisait pas, on nous disait qu'il fallait le faire. Sur la question du pass sanitaire, ça a été pareil. On les a assez peu entendus en soutien constructif du gouvernement. Donc ça, ça ne me surprend pas. Maintenant, il faut expliquer les choses aux Français.
On a aujourd'hui une épidémie qui a régressé dans notre pays. C'est une bonne nouvelle. Mais qui est toujours là. On a un taux d'incidence qui est en dessous des 50, le seuil d'alerte pour 100 000 habitants. Mais vous l'avez dit, qui est toujours là. D'ailleurs, on a des signaux dans certains départements. Je pense à certains départements des pays de Loire. Je pense à la Lozère. Je pense à certains départements occitans. On a des signaux. Il n'y a pas d'alerte majeure aujourd'hui. Mais en tout cas, qui semblent montrer peut-être un frémissement. Et donc, il faut être très vigilant. Il faut être vigilant aussi parce que l'épidémie continue à circuler. Elle circule dans le monde.
Il y a des pays qui sont en vague épidémique aujourd'hui. Et donc, la question, c'est qu'est-ce qu'on veut faire dans les prochains mois pour se protéger ? On a vu avec le pass sanitaire qu'on avait un outil qui nous permettait de ne pas avoir à refermer des secteurs entiers de l'économie, de ne pas avoir à reconfiner avec des très hauts niveaux d'incidence. C'est ce qui s'est passé cet été. On a eu une quatrième vague très forte. On n'a pas eu à refermer nos bars, nos restaurants, nos théâtres, nos cinémas parce qu'on avait le pass sanitaire. Aujourd'hui, le pass sanitaire, dans la loi, il s'arrête au 15 novembre.
Oui. Aujourd'hui, il n'est plus contrôlé. Bien souvent, il n'est plus contrôlé, Gabriel Attal. Bien souvent. Bien souvent. Peut-être. Mais oui, sûrement même. Je suis allé dans un petit restaurant
ce week-end pour me la contrôler. C'est peut-être que c'est à Paris. C'est peut-être parce que c'est moi. Mais en tout cas, je crois qu'il y a encore beaucoup de contrôles. Évidemment. Peut-être qu'il faut renforcer nos contrôles des contrôles. Je transmettrai ce que vous me dites à mes collègues. En tout cas, il est contrôlé. Et en tout cas, il est important parce qu'il permet, encore une fois, de réduire la circulation du virus. Et donc, s'il devait y avoir une cinquième vague, s'il devait y avoir une reprise épidémique, moi, Jean-Jacques Bourdin, je préfère qu'on réactive le pass sanitaire plutôt qu'on reconfine ou qu'on referme des restaurants, en débat.
Le pass sanitaire, les Français se sont bien rendus compte que c'était quand même très simple, que ça prend trois secondes de sortir son QR code et trois secondes pour le restaurateur de le contrôler. Et donc, moi, je ne sens pas par ailleurs aujourd'hui chez les Français une demande massive, très forte, qu'on arrête la possibilité d'avoir recours au pass sanitaire. Parce que ce qui est certain, c'est que dès qu'on pourra le lever, on le fera.
Donc, il n'y aura pas de débat au mois de février comme le demande...
Là, il va y avoir un débat au Parlement sur la base du texte qui va être adoptée en Conseil des ministres aujourd'hui. On propose la date du 31 juillet. Encore une fois, il ne s'agit pas de dire qu'on prolonge le pass sanitaire jusqu'au 31 juillet. Il s'agit de dire qu'on prolonge jusqu'au 31 juillet la possibilité de l'utiliser. Mais j'espère bien qu'on l'aura levé bien avant.
Bon, vaccination obligatoire, débat au Sénat, non ? Vous êtes favorable ou pas ? Toujours pas ?
On a montré d'abord qu'avec la confiance dans la responsabilité des Français et ensuite, c'est vrai, avec une incitation très forte, notamment via le pass sanitaire, on a montré quand même qui produisait des résultats. Je crois qu'on doit être à 80-85% de Français vaccinés. Mais on a encore
des insuffisances, notamment sur certaines personnes âgées.
Oui, mais je vais vous dire, les personnes âgées, je crois qu'il y a 500 000 personnes de plus de 80 ans qui ne sont pas encore vaccinées aujourd'hui.
Exact. Il faut aller les chercher.
Oui, mais je vais vous dire, c'est des personnes qui sont bien souvent très isolées, qui sont parfois dépendantes, qui ne sortent pas beaucoup de chez elles. Je ne sais pas si on disait que c'est obligatoire. Je ne sais pas si ça ne produit rien. L'objectif, c'est de multiplier encore l'aller vers. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'avec des collectivités locales, avec des associations, on se rend chez les personnes. On les appelle. C'est un travail titanesque. Moi, je veux saluer toutes celles et tous ceux qui sont engagés sur ce sujet-là. On y arrive progressivement. On va, encore une fois, un foyer par foyer pour les personnes qui acceptent de se faire vacciner, les vacciner.
Mais évidemment, c'est les personnes qui sont les plus à risque. Et si vous me le permettez, pardon, une petite seconde, parce qu'on parle de ce sujet-là. Moi, je veux aussi appeler les Français qui sont éligibles et notamment les plus âgés à faire leur rappel vaccinal. Oui. Parce que la réalité, c'est que les études internationales... C'est la troisième dose, c'est pareil. Oui, les études scientifiques montrent que l'immunité conférée par le vaccin a tendance à diminuer avec le temps. Et donc, quand vous avez plus de 65 ans, que vous êtes une personne fragile, que vous avez eu votre deuxième dose ou votre schéma vaccinal complet il y a plus de six mois, il faut faire le rappel vaccinal.
Il y a aujourd'hui, je crois, près de 5 millions de Français qui sont éligibles à date. Et il y a un peu plus d'un million, un million et demi de personnes qui ont fait leur rappel. C'est trop peu. Et si on veut que les personnes vaccinées continuent à l'être dans la durée et notamment les plus fragiles, il faut faire ce rappel vaccinal.
Gabriel Attal, quelques mots sur Alain Griset qui est ministre délégué au PME qui est poursuivi pour déclaration incomplète ou mensongère de sa situation patrimoniale et de ses intérêts. Réquisition du procureur très dure réquisition. 10 à 12 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d'amende, 3 ans d'inéligibilité, interdiction d'exercer la fonction de ministre. Il reste ministre ou il démissionne ? Il reste ministre.
Il n'y a pas de décision de justice qui a été rendue. Il y a une audience qui s'est tenue. Il n'y a pas de décision qui a été rendue. Le 8 décembre, décision. Je ne fais pas de justice-fiction. Je ne m'exprime pas sur une décision judiciaire avant qu'elle ait été rendue. Bien sûr, il est au travail. Il a montré par ailleurs pendant la crise qu'il était extrêmement mobilisé. Je peux vous dire que cet été, quand je suis allé faire des tables rondes avec des restaurateurs, des barmans dans le Var à Brignol, etc., on parlait d'Alain Griset qui a été au rendez-vous avec les restaurateurs, avec les responsables des bars pour travailler avec eux sur le pass sanitaire et sur tous les sujets.
S'il est condamné ?
Moi, je ne fais pas de justice-fiction. Vous imaginez ? Si là, je disais à la justice si vous prenez telle décision, il se passera ça, si vous prenez telle décision, il se passera ça, la pression que ça fait reposer, les considérations politiques ne peuvent pas rentrer évidemment dans la décision qu'auront à prendre les juges. Donc aujourd'hui, je n'ai pas d'autre chose à dire puisqu'il n'y a pas de décision judiciaire rendue.
Merci Gabriel Attal, 8h54, vous êtes sur RMC et sur BFM TV.
Gabriel Attal