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interviewSénat (sur YouTube)· 27 novembre 2025 190 min

Masculinismes dans le monde, les droits des femmes en danger

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Je vous invite à vous installer pour que nous puissions démarrer sans tarder. Excusez-moi de vous mettre la pression mais je pars à 11h justement pour aller parler à 14h de Madame Billon, s'il vous plaît. Madame Billon, Mes chers collègues, mesdames, messieurs, à l'occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes qui a lieu tous les ans le 25 novembre, la délégation aux enroits des femmes du Sénat a décidé d'organiser un colloque consacré à un phénomène préoccupant, la montée en puissance des mouvements et réseaux masculinistes. dans le monde.

Ce colloque marque le lancement de travaux au long cours de la délégation sur la montée des mouvements masculinistes en France notamment puisque nous allons publier un rapport sur ce sujet d'ici la fin du mois de juin. Trois rapporteurs ont d'ors et déjà été nommés. Nos collègues Béatrice Goselin, Olivia Richard et Laurence Rossignol.

En outre, pour ce colloque, avisé international, Anigon est une de nos sénatrices référentes. Dans un contexte de baclage qui fragilise et remet en question des acquis essentiels pour les droits des femmes, les mouvements masculinistes constituent l'un des moteurs de ce retour en arrière. Il nous a donc semblé indispensable de comprendre leurs facteurs d'émergence et leur évolution, leur prolifération internationale ces dernières années et de réfléchir aux outils nécessaires pour contrer ces discours.

L'actualité récente témoigne de la gravité de la menace. Pour la première fois en juillet dernier, le parquet national antiterroriste a mis en examen un jeune homme de 18 ans pour un projet d'attentat inspiré de l'idéologie masculiniste Insel. Cet événement rappelle, s'il en était besoin, que ces mouvements ne relèvent pas de fantasmes théoriques.

Ils peuvent produire une violence bien réelle, y compris en France. Le phénomène d'ailleurs n'est pas nouveau. Dès 1989, 14 femmes étaient assassinées à l'École polytechnique de Montréal au nom d'une haine des femmes et des féministes.

Plus récemment, en 2014, à Santa Barbara en Californie, Elliot Roger, un homme de 22 ans, assassinait six personnes et en blessait 14 autres avant de se suicider. Il visait spécifiquement un foyer d'étudiantes et avait préalablement publié un manifeste détaillant sa haine des femmes. Pourtant, ces mouvements demeurent largement méconnus.

Leur diversité, leur fragmentation et leur mode d'expression multiples compliquent leur compréhension. D'où l'importance aujourd'hui d'en analyser les ressorts. C'est précisément l'objectif de ce colloque.

Il est temps plus que temps de tirer la sonnette d'alarme et de refuser de fermer les yeux sur un phénomène qui s'étend et se transforme. Il s'étend parce que le contexte international montre une progression préoccupante de ces discours dans un nombre croissant d'état. Il se transforme parce que l'essort du numérique, sans avoir créé ces mouvements, a considérablement amplifié leur influence, leur visibilité et leur capacité de mobilisation.

La résurgence des rhtoriques masculinistes dans de nombreux pays ne constitue pas une dérive marginale. Elle s'inscrit dans une tendance globale et durable. On en observe en les effets dans la sphère politique aux États-Unis. bien sûr avec la nouvelle élection de Donald Trump l'année dernière ou en Argentine avec la récente victoire de Ravier Miley aux élections législatives dont l'une des récentes décisions a été la fermeture du ministère des femmes du genre et de la diversité.

On les observe aussi dans la sphère médiatique et numérique où certaines personnalités telles qu'El Musk diffusent ou relais ouvertement des discours masculinistes. Le continent européen lui non plus n'est pas épargné avec des partis populistes ou ultraconservateurs qui proment une vision traditionnelle des rôles de genre. Face à ces constats, une prise de conscience semble émerger.

Outreemanche, la série Adolescence a suscité un électrochoc salutaire. En France, le sujet du masculinisme commence à être débattu publiquement et nous réfléchirons aujourd'hui aux différentes stratégies possible pour contrer cette progression. Ce colloque promet d'être riche, éclairant et surtout il est nécessaire voir salutaire.

Je remercie donc chaleureusement l'ensemble des intervenantes et intervenants prév présents parmi nous ce matin. Je rappelle que notre colloque est filmé et diffusé en direct sur le site internet et les réseaux sociaux. du Sénat.

Il sera également disponible par la suite en vidéo à la demande. Je laisse dans un premier temps la parole à notre collègue Laurence Rossignol qui introduira et animera notre première table ronde dont l'objet est de revenir sur les origines et les différentes expressions contemporaines des mouvements masculinistes à travers le monde. Dominique, merci madame la présidente.

Écoutez, on est très heureuse d'accueillir ce colloc, les intervenants de ce matin et peut-être faire une petite remarque liiminaire en prolongement de l'introduction faite par la présidente, c'est que nous sommes la première institution en tant que telle publique officiel à travailler et nous pencher sur les mouvements masculinistes. Et j'aime bien noter quand même le la dimension précurseur et de la délégation droit des femmes du Sénat. Nous avions déjà été la première institution à produire un rapport sur l'industrie pornographique dont aujourd'hui on peut mesurer les effets et la la continuité dans les ce qu'elle a impulsé dans les politiques publiques.

Voilà, on est euh on s'excuse un peu de commencer aussitôt le matin à 8h30 euh voilà auprès auprès des intervenantes en particulier mais c'est le mode de travail du Sénat qui est ainsi fait. Alors, la première séquence a pour but de dresser un panorama des différentes expressions contemporaines des mouvants masculinistes et de revenir sur aussi des origines et les dynamiques de structuration de ces mouvements masculinistes. Pour comprendre comment le masculinisme est devenu un phénomène sociétal important, il faut d'abord en connaître les racines historiques et analyser comment ces courants se sont transformés.

Le terme masculinisme qu'il serait intéressant de distinguer de la misogénie ou du machisme émerge aujourd'hui dans un débat dans le débat public. Mais rares sont encore les classifications ou définitions qui parviennent à appréhender l'ensemble des champs d'action de ces mouvements. Or, c'est cette pluralité qui est au cœur de notre réflexion car les formes que prennent ces mouvements sont multiples, ce qui complexifie parfois la compréhension que nous en avons.

On trouve ainsi les miqt, men going there on way, les inelles, les célibataires involontaires, le mouvement tradif aux États-Unis encore et bien d'autres. autant de groupes différents qui mais qui partagent des références communes et s'organisent et s'expriment selon des logiques très variées mais sommes toutes convergentes. Ces mouvements ont des ramifications nombreuses et il trouvent un écho important bien entendu dans l'espace numérique au premier rang duquel les réseaux sociaux notamment auprès des jeunes.

Il disposalement de moyens financiers qui leur permettent de développer des stratégies d'influence voire d'infiltration dans les chambres politiques et médiatiques. Petite remarque, c'est un postulat de base vérifiable absolument tout. Les adversaires des droits des femmes ont beaucoup plus d'argent que les promoteurs des droits des femmes.

Sur le point de vue des moyens financiers que les uns et les autres dispose, nous partons toujours avec un vrai handicap au début de la course. Dans l'espace numérique, comme ça a été rappelé par Dominique la présidente, ils ont également tiré partie de la visibilité offerte par les plateformes en ligne, un véritable Far West où leur discours circulent librement et touche un public souvent jeune, en quête de repère ou parfois vulnérable. Le masculinisme est aussi un business rentable.

Non seulement ils ont de l'argent, mais ils en ils en produisent pour certains influenceurs qui sont des des entrepreneurs de la haine des femmes à travers la monétisation des contenus, la vente de pseudoformation ou encore l'accès à des groupes privés. Nous en aurons d'ailleurs une présentation dans quelques instants très éclairante avec des extraits du documentaire de Pierre Gau. Autre élément essentiel, ces milieux de radicalisation en ligne ou hors ligne sont marqués par un fort caractère transnational.

Les financements croisés avec les organisations antidroits contribuent au baclash mondial que nous observons aujourd'hui. Ce caractère transnational nous amène à un dernier point très préoccupant. la convergence croissante entre certains discours masculinistes et des partis ou leaders nationalistes, populistes ou conservateur.

Aux États-Unis, par exemple, le slogan "My Body My Choice" qui était né après le Mythou a été détourné en Your body my choice, ce qui illustre parfaitement la menace qui pèse sur les droits des femmes. On observe aussi des dynamiques similaires dans de nombreux pays tels que la Corée du Sud ou l'Inde où une montée des réseaux masculinistes promut des législation anti-égalitaires. Ces exemples montrent que la montée du masculinisme n'est ni marginale ni circonstrite à l'Europe ou aux États-Unis qu'ils agit d'un phénomène mondial organisé, financé, plus structuré qu'il n'y paraît, même si ces expressions varient dans selon les contextes nationaux.

Alors, afin d'approfondir ces différents sujets, je souhaite la bienvenue aux quatre participants participants à cette table ronde. Pour une fois, je n'ai pas utilisé le pète de majorité parce que sinon j'aurais dit participante. Elles sont trois, il est un qui sont alors Christine Bar, professeur d'histoire contemporaine à l'université d'Anger, Cécile Simon, chercheuse à Equality Now, Pierre Gau, journaliste réalisateur du documentaire mascul hommes qui détestent les femmes diffusées par France Télévision en avril 2024 et Jeanfè, conseillère en plédoyer de l' NG pass dont les travaux mettent en lumière l'exportation des mouvements anti-choix à l'international.

Je laisse donc dans un premier temps la parole à Christine Bar pour une mise en perspective historique des mouvements antiféministes et masculinistes. Christine Bar, c'est à vous. Merci.

Alors, comme vous le savez, l'usage du terme masculinisme se répand dans les médias et les discours politiques depuis quelques années. Donc, que recouvre-t-il et en quoi diffèret-il de l'antiféminisme ? 20 ans après un premier colloque, un siècle d'antiféminisme, un autre colloque toujours à l'université d'Anger a affiché les deux termes au pluriel : antiféminisme et masculinisme d'hier et d'aujourd'hui.

Les presses universitaires de France viennent de rééditer l'ensemble actualisé et enrichi. J'interviens ici en fondant mon propos sur mes propres recherches mais aussi sur des travaux collectifs souvent interdisciplinaires. Sur ce livre précisément que j'ai codirigé avec Francis Dupider et Mélissa Blé et sur la thèse de Denis Carlier soutenu en 2025 thèse sur le masculinisme que j'ai codirigé avec Francis Dupidi.

Alors en 15 minutes, je vous propose d'examiner sur ce sujet les mots, les discours, les organisations et les actes. Commençons par l'histoire des mots. Féminisme et masculinisme sont des mots contemporains issus du registre médical.

Le féminisme désigne une pathologie, la présence de caractère sexuel secondaire féminin chez un sujet masculin. Le mot figure en 1867 dans un dictionnaire de médecine pratique puis dans une thèse de médecine du féminisme et de l'infantilisme chez les tuberculeux. 10 ans plus tard, en77, le terme masculinisme apparaît dans la presse médicale pour désigner la présence de caractère sexuel secondaire considéré comme masculin chez un sujet féminin.

Ces mots vont vite prendre un sens politique. L'écrivain Alexandre Dumafis pense former en 1872 un néologisme en désignant comme féministe les partisans de l'égalité des sexes qu'il considèrent comme des fous, niant la différence des sexes. Quant au masculinisme, il est employé au sens de masculinisation ou de déféminisation notamment par des psychologues.

Le masculinisme serait la névrose des féministes accusé de vouloir ressembler aux hommes. Une coupe de cheval à garçonne ou un choix d'étude non conventionnel peuvent être qualifiés de masculiniste. Ces mots désignant des pathologies du genre s'inscrivent dans un contexte d'essort du mouvement pour les droits des femmes.

La militante Hubertine Cler parvient à retourner le stigmat en nomant féministe la lutte pour les droits des femmes en 1882 et la même année, elle nomme masculinisme l'égoïsme masculin qui pousse les hommes à agir en défense de leur intérêt particulier. Le sens actuel de contreemouvement antiféministe apparaît déjà dans des textes de politique-fiction. Imaginez les hommes se battre pour retrouver leur pouvoir perdus.

Le sujet prête alors à rire. Mais c'est le substantif antiféminisme qui s'impose dans les années 1890 comme antonyme de féminisme, masculinisme restant périphérique. L'opposition en mots et en acte à l'émancipation des femmes, c'est la définition que je proposerai pour l'antiféminisme.

Il traverse l'écrivage politique classique, même si son ancrage réactionnaire est essentiel. L'antiféminisme ne s'étiquette pas toujours comme tel. Il se prétend parfois féministe.

Ruse, flou, brouillage sont des stratégies payantes. Il existe des antiféminismes masqués, grimés en discours phyogine voire féministe, notamment dans les années 1900. L'histoire lexicale ne s'arrête pas là.

Les années 70 sont inventives et lancent des néologismes qui font concurrence à antiféminisme et masculinisme comme sexisme, fallocratie, machisme. Masculinisme est si peu utilisé qu'il est perçu à l'époque du MLF comme un néologisme. Il désigne la défense du pouvoir masculin pour Françoise Dobon et s'approche de l'androcentrisme pour Michel Leduf.

Il a même été envisagé dans les années 90 d'en faire un désignant du mouvement des hommes proféministes qui ignorent tout de cette histoire. Les définitions depuis l'essort des études de genre varient. Retenons celle qui semble s'être imposée, celle de contreemouvement centré sur la la victimisation des hommes.

Contrairement à antiféminisme, le mot masculinisme renvoie clairement à l'identité masculine comme porteuse de valeur viriles, mais aussi aux hommes comme clientèle ou communauté à défendre. L'utilisation est en hausse depuis 2013 en France, non sans lien avec le film de Patrick Jean qui dans la domination masculine a montré des formes d'antiféminisme québécois qui n'étaient pas connu en France. L'instabilité notionnelle s'atténue depuis quelques années.

Comme condition masculine proposée en miroir de condition féminine, masculinisme est symétrisé avec le féminisme. Le mot désigne un courant voire un mouvement défendant les droits des hommes dans une société décrite comme féminisé et dominée par les femmes. Alors après les mots, passons au discours.

Les masculinistes d'aujourd'hui adoptent des argumentaires qui existent de longues dates sur le continuum de l'opposition à l'égalité des conservateurs jusqu'à l'ultradroite. Ce qui les rassemble philosophiquement est une conception naturaliste et essentialiste de la différence des sexes qui justifie l'andrine égalitaire et la soumission féminine à l'autorité masculine. D'où la détestation particulière vouée à l'étude sociologique et historique de cet ordre patriarcal. que l'on retrouve aujourd'hui dans la critique des études de genre renommée wisme.

Une détestation ancienne dont on été victime jadis, les femmes savantes, les précieuses ridicules, les bas ou encore les servelines des années 1900. Le pouvoir émancipateur de la lecture, de l'étude, de la recherche doit être combattu. Le revanchisme à l'égard de la réussite scolaire des filles ainsi que l'hostilité à l'égard des comportements culturels devenus massivement féminin et perçu comme dévirilisant comme la visite des musées ou la pratique de la danse sont des dimensions non négligeables du masculinisme.

Les masculinistes s'opposent aux droits des femmes, à tous les droits des femmes. L'égalité civile, le partage de l'autorité parentale et même le droit de vote sont actuellement remis en cause par des masculinistes trumpiste. L'enjeu est une restauration de l'autorité des hommes sur les femmes dans tous les domaines.

L'amplitude de cette remise en cause des droits des femmes est inédite. Elle inclut bien sûr le plus fragile des droits, les droits reproductifs. La position dite Prolif se combine avec des agendas natalistes, familialistes, populationnistes. le réarmement démographique ou ainsi toujours avec une régression des droits des femmes.

L'imaginaire sexuel de l'idéologie masculiniste doit aussi retenir l'attention. Étéré recentré, homophobe, viriliste, il est formaté par la pornographie et une culture du viol dont nous mesurons mieux aujourd'hui la banalité. Le droit au viol fait partie du discours masculiniste.

C'est un point crucial actuellement. organiser l'impunité des agresseurs et décrédibiliser la parole des victimes. Il n'est pas exagéré de relier masculinisme militant et féminicide comme l'a montré en France l'affaire Philetas en 2023.

On observe en ce moment l'extension sémantique du mot masculinisme pour rendre compte des violences masculines requalifié comme masculiniste. C'est sans doute une façon de souligner les enjeux de pouvoir et la dimension politique d'acte longtemps considérés comme de simples faits divers. Si l'antiféminisme n'est pas nécessairement misogène, le masculinisme l'est.

Il propage la haine des femmes et du féminin, synonyme de faiblesse ou au contraire de toute puissance. Dans les fantasmes de transhumanisme, de vie éternelle, de génisme, le féminin est plus que jamais du côté de la nature et de la finitude. Cette haine inclut haine du flou dans le genre, du cuir et de tout ce qui délivrisserait les hommes.

Le sens initial du mot, la pathologie n'a pas disparu. Si le masculinisme vise les femmes et les masculinés déviantes par rapport à la norme, il s'acharne en particulier sur certaines femmes en faisant converger différentes stigmatisations. Je nomme intersectionnalité DN ce point de rencontre.

Historiquement, il concerne massivement les femmes colonisées, les étrangères, les femmes juives, les femmes appartenant à des minorités religieuses, sexuelles de gens. C'est à travers l'objet de haine altérisé, méprisé, violenté que se dessine le suprémacisme masculin hétérosexuel si genre blanc est chrétien. Pendant longtemps, le masculinisme n'a pas constitué un mouvement en France.

L'antiféminisme était diffus et le droit protégeit les privilèges masculins. L'antiféminisme allait de soi dans les mouvements conservateurs et réactionnaires mixtes et féminins à l'époque de la première vague féministe. La France n'a pas connu donc contrairement à l'Angleterre ou à l'Allemagne des organisations antisufragistes.

L'influence de l'Église catholique était déterminante. Le discours antiféministe était un peu partout. Blag de comptoir, caricature, discours politique, romans, théâtre, films, œuvres savantes, publication pour la jeunesse.

L'évolution des meurs et des lois entre les années 60 et les années 80 changent la donne. En 1969, l'affaire du forcené de Cestas, ayant tué deux de ses enfants et un gendarme avant de se suicider, est un point d'origine. On compatit alors avec le meurtrier bouleversé par son divorce. en 1970 et fondé une première association pour la défense des intérêts des divorcés hommes.

Puis un mouvement de la condition masculine et paternelle se forme prenant deux voix. La défense de la condition masculine dans une perspective antiféministe et la défense de la condition paternelle au nom de l'intérêt des enfants et du modèle familial traditionnel. La victimisation des hommes et l'accusation portée contre la féminisation de la justice annonce le masculinisme d'aujourd'hui.

Contre les droits reproductifs, le combat continue encouragé de fait par l'Église catholique qui n'a pas bougé sur la contraception et l'avortement et qui prend un un tournant plus conservateur en rupture avec le progressisme de Vatican I en 2012-23. C'est la manif pour tous qui déploie sa contreoffensive contre les droits LGBT annonçant déjà son agenda antitransidentité. Les courants masculinistes contemporains ne revendiquent pas cette filiation.

L'anthropologue Mélanie Gourarier propose de désigner ainsi tout groupe organisé autour de la défense de la cause des hommes dans une confrontation rivalité avec le féminisme et les femmes. Cela inclutinisme associatif et un masculinisme en ligne, la manosphère. Cette mouvance est hétérogène.

Elle compte des mouvements religieux conservateurs. Certaines communautés du jeu vidéo, la communauté de la séduction, les séparatistes, les incelles. Le masculinisme associatif rassemble aujourd'hui quelques milliers d'adhérents.

Aurélie Fillo Chabo a compté 141 associations enregistrées au journal officiel entre 1996 et 2013. De quoi former des cadres des militants, la manosphère diffuse plus largement et c'est dû actuellement de très jeunes hommes faciles à manipuler alors qu'ils traversent un moment particulièrement insécure de leur existence. Il se trouve relié à des communautés misogynes et adoptent des comportements de harcèlement sur fond de déclinisme pour les plus âgés, de nihilisme pour les plus jeunes fascinés par le suicide et les meurtres de masse.

Il n'est pas pertinent d'analyser les sorts masculinistes comme une crise de la masculinité. Avec Francise Dupidi, je considère inadéquate cette notion tant la crise est permanente, mais aussi parce que c'est souvent une façon de reprocher au féminisme d'être allé trop loin. J'insisterai sur les deux phases du masculinisme.

D'une part, un masculinisme victimisant les hommes en inversant le rapport de domination, donnant l'image d'une masculinité défaite, malheureuse, frustré, à vide de revanche et d'autre part un masculinisme viriliste offensif nourri par divers fondamentalismes religieux. Enfin, n'oublions pas les femmes qui apportent leur soutien à cette cause antiféministe et prasculiniste acceptant toutes les remises en cause des droits acquis, y compris le renancement à leur citoyenneté au profit d'un vote familial avec tout de même une différence. Elles font moins d'usage de la misogénie que les hommes et n'ont pas les mêmes raisons d'agir.

L'antiféminisme féminin est un phénomène ancien mieux étudié aujourd'hui. En tout cas, les alliés femmes apportent bien sûr une précieuse légitimité au masculinisme. Pour conclure, il y a donc une permanence des discours opposés à l'émancipation des femmes et à l'égalité des genres.

Pour autant, les contextes vont leur donner plus ou moins d'intensité. Les moments de crise sont propices au baclashe. On pense à la crise économique, politique, sociale, internationale des années 30 et au rôle des guerres en amont et en aval.

On pense aussi aux années 80, les années Régan sur fond de mutation économique et social qui ont inspiré en 1991 à la journaliste états-unienne Susan Faloui son essai baclash popularisant la notion de retour du bâton. Sommes-nous dans un baclash ? Oui, au niveau mondial, sans conteste, dans un contexte anxiogène qui réunit tous les dangers.

L'équilibre des forces doit toutefois être regardé de près. Le féminisme au sens le plus inclusif intégrant les luttes LGBT n'a jamais été aussi puissant. Le féminisme d'État existe depuis plusieurs décennies.

La troisème vague en cours stimulée par l'onde de choc demi-tour est très forte. Mais avec un léger décalage, la RIPoste s'organise d'autant plus sérieusement que le contexte s'y prête et que nous sommes loin de la parité en politique. Les sorts des populismes fascistes donnent des possibilités concrètes de réalisation du baclage.

Pour le féminisme, la bataille semble perdue dans certains pays, mais la guerre continue. Je fais bien les mots de François Héritier et Michel Perot. Une révolte une révolution anthropologique est en cours.

C'est celle de l'égalité entre les femmes et les hommes, de la liberté de disposer de son corps et de la déconstruction du genre formatée par le patriarcat. Cette révolution n'est pas linéaire. Le baclage, s'il devait triompher en France, ne serait qu'un nouveau mouvement de recul. il aurait à faire face à des résistances déterminées.

Pour résumer et clarifier les termes, représentons-nous un triangle dont la base serait la société patriarcale, le fond sexiste de notre organisation sociale. Couche supérieure, la misogénie culturelle qui prospère dans ce type de société. Au-dessus, l'antiféminisme nécessaire quand une dynamique collective d'émancipation apparaît.

Le masculinisme est la dernière couche, la partie la plus émergée de l'iceberg de la domination masculine. Il paraît difficile de le contraire sans remettre en cause ses fondements culturels et sociaux, c'est-à-dire l'édifice tout entier. Merci.

Cher Christine, Cécile Simons, je vous passe la parole. Merci. Aujourd'hui, je ma prise de parole va se concentrer sur la façon dont le féminisme a évolué sur les réseaux sociaux puisque c'est ce quoi mes recherches portent et de l'impact que ces évolutions ont eu pour la lutte contre la radicalisation et contre les violences faites aux femmes.

Alors le masculinisme comme l'a souligné Christine Bard n'est pas nouveau et a une longue histoire idéologique et militante. Au cours des dernières années, néanmoins, le masculinisme s'est répandu de manière rapide et ces idées se sont diffusées sur les réseaux sociaux et les dynamiques qui soutendent ces diffusions, cette diffusion doivent être pris en compte pour informer les réponses politiques, technologiques et éducatives qui s'impose. Et je pense qu'il est important de souligner à quel point le paysage numérique du masculinisme a changé au cours des dernières années.

Il y a encore une quinzaine d'années, une quinzaine vingtaine d'années. Au début des années 2010 quand les communautés de la manosphère contemporaine, telle qu'on la connaît aujourd'hui, ont commencé à se structurer. On pouvait cartographier le masculinisme en ligne.

On pouvait nommer les sites, les groupes, les forums sur lesquels ces idées se diffusaient. on pouvait les compter et on pouvait assez facilement délimiter les contours de la manosphère car on en connaissait les sous-groupes, les Incell, les Mto, les PUP artists, les man's rights activists. Aujourd'hui, ces groupes existent toujours mais ils ont été dépassés par un écosystème masculiniste beaucoup plus large.

Et je pense qu'on ne peut plus vraiment cartographier le masculinisme ou le délimiter parce que les idées sont partout en ligne et qu'elles sont portées par des influenceurs qui proposent une grille de lecture de la société dans laquelle les hommes sont structurellement désavantagés et monille des solutions à cette à cette analyse enfose des solutions et je pense que les sorts des influenceurs au cours des 10 dernières années a vraiment transformé ce paysage masculiniste dans une logique qui se perpétu puisque le succès de ces influenceurs euh finalement suggère que les logiques commerciales des plateformes les favorisent et donc ce n'est pas surprenant qu'on en ait de plus en plus. Euh je pense aussi qu'il est important de souligner l'héritage de la pandémie qui a joué un rôle clé dans la diffusion de discours euh et de contenu complotiste et extrémiste auquel le masculinisme est lié et dans la diffusion plus générale de pensées antisystème qui sont aussi au cœur de la pensée masculiniste et notamment de l'idée clé du du red pill et de l'idée que les masculinistes révèlent une réalité cachée. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation où, comme l'ont montré de nombreuses études, il faut moins d'une demi-heure pour qu'un adolescent tombe sur des contenus masculinistes en ligne.

Ce sont souvent des discours masculinistes assez assez mainstream. Et une fois qu'on commence à cliquer sur ces contenus, c'est un véritable déluge et on s'en voit proposer de plus en plus et des versions de plus en plus extrême. Les parcours algorithmiques sont de plus en plus nombreux puisque maintenant que l'on cherche des contenus sur le sport, sur la politique, des contenus généralistes, des conseils en nutrition, quand on est un jeune homme en ligne, tous les chemins semblent mener au masculinisme.

Les idées masculinistes ont aussi été amplifiées par des podcasts où ces influenceurs apparaissent et des podcasts assez généralistes dont l'audience dépasse très largement les médias traditionnels. Le masculinisme est aussi au cœur de des nouveaux horizons technologiques. Alors que les IA génératives envahissent de plus en plus nos fils d'actualité.

Euh ces technologies propagent des contenus masculinistes. Euh à ce titre, par exemple, euh mes collègues et moi-même dans le cadre d'un rapport à paraître euh soutenu par le laboratoire pour les droits des femmes en ligne euh a démontré que par exemple en Pologne où les contenus masculinistes se se propagent rapidement, une partie considérable de ces contenus sont en fait générés par l'intelligence artificielle. Euh le langage du masculinisme est devenu le langage de la culture internet.

Donc lorsqu'on parle de mal alpha de mail, ce sont des termes qui sont utilisés par les adolescents, en tout cas dans les pays anglo-saxons. Donc les adolescents manient très bien ce langage. On voit aussi des contenus antiféministes qui sont de plus en plus proposés au aux jeunes filles comme on témoigne les sorts d'un mouvement comme les tradif dont on je pense minore aussi parfois l'importance.

Et cette diffusion de tous ces discours masculinistes témoigne d'une dilusion certe potentiellement, mais aussi d'une exposition plus large des hommes et des femmes à ces idées et donc euh témoigne aussi de points d'entrée multiples. Euh et je pense que alors que cette table ronde à vocation aussi a pensé à des solutions, je pense qu'il faut reconnaître à quel point l'exposition des hommes a été massive. Et il faut reconnaître que ils ont déjà été exposés à ces idées, ce qui ne veut pas dire qu'on ne peut pas être être résilient face à elle.

Je pense aussi que le il ne faut pas non plus se méprendre sur justement ces point d'entrée. Beaucoup la conversation publique a été très concentrée au cours des dernières années sur les communautés Incell et la sortie de la série britannique adolescence a contribué aussi à mettre en avant justement cette communauté. Et on peut s'imaginer que le masculinisme est un problème d'adolescents tout en oubliant les hommes plus âgés qui sont euh euh entraîné dans ces communautés.

Nous avons donc un écosystème idéologique de plus en plus diffus qui soutient un projet politique qu'il est, je pense, important de nommer et que je nomme et qui pour moi est un projet suprémaciste. Euh le masculinisme est bien sûr, comme il a été décrit précédemment, l'extension et le continuum de la misogénie ordinaire. Mais c'est aussi un projet qui soutient le droit des hommes à exercer un contrôle sur les femmes et à reprendre un contrôle perdu.

Et donc c'est à ce titre un projet réactionnaire qui soutient aussi toutes les politiques et toutes les mesures qui permettent cette prise de contrôle. Euh et ce projet idéologique à grande échelle a pu grandir euh grâce au renoncement des plateformes et grâce euh ou à cause du retard euh de régulation euh des plateformes. Euh les entreprises technologiques n'ont jamais euh mis la sécurité au cœur de la conception de leurs produits.

Elles ne se sont jamais attaquées aux problèmes architecturaux de leur plateforme qui recommandent des contenus à au minimum choquant euh ou polarisant voire extrémiste pour soutenir l'attention des utilisateurs. Elles ont aussi été réactives face aux problèmes de harcèlement et aux violences numériques qui ont émergé avec le masculinisme. Et je pense qu'à ce titre la le moment fondateur qu'a été la campagne de harcèlement du Gamer Gate est importante de mentionner parce que avant le Gamer Gate en 2014, beaucoup de femmes racisées avaient mis en avant les les violences dont elles étaient victimes et rien n'a jamais été fait par les plateformes pour pour prévenir cette violence.

Et le Gamer Gate a été vraiment la première campagne d'influence masculiniste qui a réussi sur un grand réseau social. Euh et euh les leçons du Gamer Gate n'ont pas été tirées. Euh des études euh ont montré par exemple que les contenus du du de l'influenceur masculinist Andrew Tight ont continué à circuler après la suppression de son compte en 2022 sur plusieurs plateformes.

Son compte a depuis été réinstauré notamment après le rachat de la plateforme X par Elon Musk. Euh et euh on voit aussi que euh de plus en plus les plateformes aujourd'hui euh montrent leur leur réticence à s'attaquer à ces contenus puisque par exemple l'entreprise MÉTA euh a réduit ses équipes de modération. Euh le masculinisme pose aujourd'hui de nombreux risques personnel, politique, démocratique voire géopolitique.

Pendant longtemps, on s'est beaucoup concentré sur le masculinisme comme menace terroriste et je pense qu'il y a un risque beaucoup plus large qui est associé au masculinisme, notamment la montée de de enfin la la prévalence de plus en plus forte de féminicides dont on arrive à retracer les origines à l'exposition euh des coupables à des contenus masculinistes. On l'a vu par exemple récemment avec le meurtre de plusieurs femmes au Royaume-Uni par Kyle Clefed qui avait regardé de multiples vidéos d'Andrew Tight avant avant les meurtres qu'il a commis. Et par ailleurs, ces féminicides ne sont souvent pas reconnus par les autorités comme étant des attaques extrémistes ou terroristes.

Donc, il y a beaucoup de débats sur la façon dont ces attaques doivent être qualifiées. Et par ailleurs, la diffusion large de ces contenus masculinistes peut conduire à un regain de violence hors ligne et en ligne de tout type dont on oublie souvent aussi de parler. Je pense par exemple ici au contrôle coercitif qui est complètement normalisé par ces influenceurs qui disent aux jeunes hommes qu'il est bien normal que leurs petits amis ne puissent pas aller à la salle de gym ou où qu'il faut contrôler leur téléphone.

Les violences numériques se sont en particulier accrues. On a tout un panel maintenant de violence numérique qui ont qui ont grandi en parallèle avec les sorts du masculinisme, que ce soit les deep fake pornographiques, que ce soit de nouvelles formes de harcèlement des femmes notamment dans la sphère publique, mais aussi des nouveaux horizons de violence numérique. Par exemple, la réalité virtuelle aujourd'hui est maintenant de plus en plus touchée par les types de violence qu'on a vu sur les réseaux sociaux. euh autant de autant de d'horizons de violence qu'on arrive pas à à réguler à temp.

Euh et euh à ce titre-là, toutes ces violences numériques sont devenues euh un outil d'invisibilisation et d'intimidation des femmes euh et de nombreux acteurs ont compris le potentiel et la force du masculinisme pour mener à bien leur projet. Ce sont souvent des des acteurs antidémocratiques, autoritaires voire extrémistes. De nombreux partis politiques de droites autoritaires ou d'extrême droites courtisent ces milieux.

Des hommes politiques apparaissent sur ces podcasts. De des influenceurs issus de mouvements extrémistes se réinventent en influenceur masculinistes puisque ces contenus marchent bien sur les réseaux sociaux. Et le masculinisme est donc le point d'entrée en ligne en tout cas et parfois hors ligne vers d'autres idéologies et c'est le point d'entrée qu'on sous-estime toujours.

Une étude du ST Britannique, the Institute for Strategic Dialogue a montré que les hommes, quels que soi les jeunes hommes, quel que soit leur obédience politique, se voi proposer des contenus masculinistes rapidement et qu'au bout de 2 jours, il tombe sur des contenus qui glorifient des dictateurs, des contenus d'extrême droite et d'autres types de contenus comme des vidéos par exemple de tueurs en série. Et les idées masculinistes sont de plus en plus aujourd'hui déployées dans des campagnes menées par des États, des partis politiques autoritaires comme on l'a vu par exemple en Inde, en Russie ou ailleurs. Alors que nous sommes dans une période d'action et de mobilisation contre les violences faites aux femmes, on je voulais m'interroger sur la façon dont on peut combattre ces idées masculinistes et je pense que la le masculinisme touche au fondement même des normes sociales et donc face à un mouvement organisé et amplifié sur les réseaux sociaux, il n'y a pas une seule solution mais je je voulais esquisser une piste de réflexion dans la sphère numérique et recommander voilà la perturbation des idées masculinistes.

Je pense que le masculinisme est un projet politique organisé qui bénéficie de la complicité des plateformes et qui mène une guerre d'influence et cette guerre a été beaucoup trop facile à mener pour eux et ceux qui se soucient de cette guerre d'influence doivent répondre et rendre la vie plus difficile à ces réseaux masculinistes. couper les moyens de commercialisation, a part le passé eu un impact considérable sur des influenceurs qui ont une un rôle prépondérant. Donc, il y a beaucoup d'influenceurs masculinistes dont on parlait il y a quelques années et qu'on ne voit plus.

Et la démonétisation a été un outil a été un outil très efficace. Il faut leur dénier les moyens d'influence qu'ils utilisent. Là où ils attirent l'attention, il faut détourner laattention et il faut euh appliquer euh des sanctions face aux plateformes car il y a beaucoup de de leviers d'action possibles et euh ces deviers d'action n'ont pas été euh n'ont pas été déployés.

Merci. On va poursuivre cette table ronde avec maintenant l'intervention de Pierre Gau. Allez-y.

Ah pardon, on a un petit film, un extrait de votre documentaire. Tout a commencé par un simple message. Je ne sais plus très bien ce que je faisais.

Je devais arroser mes plantes ou lire le journal. Mais bon, une chose est sûre, après avoir lu ce message, j'ai plongé dans une enquête qui m'a bien secoué. Pendant 9 mois, j'ai regardé des centaines de vidéos assez dark.

Une femme qui a couché déjà avec plus de c mecs, c'est une femme qui n'a aucune notion du respect de son corps. Certaines finissent même par devenir des poubelles asmes. J'ai appris à me battre comme un homme en pleine forêt.

Là, je vais te bloquer les mains. J'ai suivi des tutos pour devenir un mâle alpha. Et moi, je peux t'assurer que je suis la clé de ce changement.

Je me suis aussi fait insulter par un youtubeur un jour. Et j'ai même fini par draguer dans les rues de Paris. Non, je voulais juste te dire que c'était très joli.

Pourquoi j'ai fait tout ça ? Parce que j'ai infiltré ce qu'on appelle les masculinistes. Les femmes sont attirées par les hommes qui sont supérieurs à elles.

Oui, il y a des différences au niveau des salaires, mais ça s'explique aussi simplement parce que les femmes sont beaucoup moins ambitieuses que les hommes. Une femme, c'est [musique] comme du lait, faut vite le consommer avant la date de péremption. Alors qu'un homme, c'est comme du vin, ça va devenir un grand cru.

On va voir comment tu dois la punir lorsqu'elle te manque de respect. Tu dois la punir, tu dois te faire respecter. Ça veut [musique] dire que une femme qui vous fait une dinguerie, elle doit pas repartir vivante.

Revenons au point de vous allez poursuivre. Tout ça n'est pas très gué. Euh merci.

Euh je commencerai mon propos euh par une anecdote qui en fait n'a rien d'anecdotique. J'ai commencer à m'intéresser au mouvement masculinist il y a plus de 10 ans lorsque je débutais ma carrière de journaliste. Suite au cyberharcèlement de la journaliste Nadia Dame, je m'étais penché sur différents forums dont les membres étaient très véhéméments à l'égard des femmes.

Malgré une enquête de plusieurs semaines, le sujet que j'avais proposé à ma rédaction n'avait pas pu se concrétiser. Quand je me suis replonger quelques années plus tard dans les réseaux masculinistes pour le documentaire dont vous avez vu un extrait, tout avait changé. Euh les masculinistes n'étaient plus qu'entonnés à des forums obscurs.

Aujourd'hui, ils ont désormais des chaînes YouTube et des comptes sur Instagram et TikTok. Après plusieurs vidéos sur entre guillemets la nature des femmes, la vraie face des femmes, la dispar la disparition de la virilité, j'ai décidé d'enquêter sur eux. Pourtant très locas sur les réseaux sociaux, je me suis aperçu que les influenceurs masculinistes l'étaient beaucoup moins avec les journalistes.

Un seul avait accepté de me répondre après plusieurs demandes d'interview. Dans l'impasse, la seule solution pour continuer mon enquête était d'infiltrer leur communauté en me faisant passer pour l'un des leurs. Là, j'ai découvert, si je puis dire, l'envers du décor.

Une parole encore plus décomplexée, plus sexiste et encore plus violente à l'égard des femmes. J'éviterai ici de vous rapporter tous les propos dénigrants, toutes les insultes et théories en tout genre que j'ai entendu. Mon intervention devant se limiter à une dizaine de minutes.

Je n'en aurai de toute façon pas le temps. Une chose m'a cependant interpellé avant même d'accéder à ces espaces privés, leur prix. Un homme peut généralement choisir entre un abonnement mensuel et un abonnement annuel.

Cela peut aller de quelques dizaines d'euros jusqu'à plusieurs centaines d'euros comme les ebooks, les coachings et les formations vendues à l'unité sans l'accès à une communauté privée. Lors de mon infiltration, après avoir déboursé plusieurs centaines d'euros, un influenceur est allé jusqu'à me proposer une formation de 2000 € pour faire de moi un nouvel homme. Et j'ai bien entendu décliné la proposition.

La chercheuse qui intervient dans mon documentaire, Stéphanie Lami, qualifier les masculinistes de marchand de misère. La formule est à mon sens particulièrement juste car dans ces cercles, j'ai compris que le masculinisme est un business florissant avec pour fond de commerce le mal-être des jeunes hommes. Ces derniers font enfin foncent généralement tête baissée.

Ils pensent que ces formations et les les différents tutos sont une réponse à tous leurs mots. Ils se trompent. Les solutions avancées par les masculinistes ne sont en rien des remèdes miracles.

Au contraire, leur inefficacité pousse soit les individus à se radicaliser davantage, soit acheter d'autres formations. C'est un cercle, c'est le serpent qui se mort la queue. Une fois infiltré dans les cercles de discussion, une seconde chose m'a frappé, le nombre d'abonnés et leur âge.

Quand on enquête sur le masculinisme, il est très difficile de savoir précisément combien de personnes en France en sont des adeptes. Accéder aux communautés privées m'a permis de m'en faire une idée. La première que j'ai intégré comptait un peu moins de 700 membres seulement quelques semaines après son lancement.

J'ai fini par découvrir par découvrir pardon après plusieurs semaines d'enquête des cercles de discussion qui comptaient plus de 5000 membres uniquement français. Lorsque l'on s'inscrit se présenter est un passage obligé. C'est en parcourant les textes de chacun que j'ai remarqué que qu'une part non négligeable des membres étaient mineurs ou étaient de très jeunes adultes.

Par exemple, je à cette époque, j'avais pas encore 30 ans, je faisais partie des plus vieux. En parcourant ensuite les tutos proposés sur ces communautés, j'ai été étonné du fossé qui existe entre le discours public de ces influenceurs sur les réseaux sociaux et les propos qu'ils se tiennent sur leur communauté. Pour se distinguer de la masse, les influenceurs n'hésitent pas à recourir à des punchlines trash pour faire réagir, être relayué, partager et finalement être monté par l'algorithme.

C'est de cette manière qu'il gagne en visibilité et donc en abonnés. Les influenceurs sont toutefois astucieux. S'ils flent ave avec, il ne franch ils ne franchissent jamais la ligne rouge.

Ils auraient de toute façon trop à perdre. En revanche, sur le sur leur communauté privée, les influenceurs échappent à tout contrôle. À l'abri des regards, leur discours est bien plus violent.

Si je devais généraliser, je dirais qu'on apprend aux hommes à être dominants dans toutes les situations possibles, en séduction, dans leurs relations amicale, à leur travail, dans leur vie de couple et même dans leur sexualité. Peut-être même surtout dans leur sexualité. D'après cette logique, la femme doit être soumise en plus d'être douce, gentille et attentionné.

Si je reprends bien sûr leur vocabulaire, l'homme lui, se doit d'être fort, virile et autoritaire. Dans un vocal, un influenceur conseillait par exemple explicitement ses abonnés à je cite déglinguer bien fort sa partenaire. D'après lui, il s'agissait là de la méthode la plus efficace pour qu'une femme prenne du plaisir lors d'un rapport.

Une vérité, d'après lui inavouable. que les femmes ne pourraient pas assumer en société mais que l'influur que l'influenceur avait lui décelé mise à jour avec ses expériences. Celui dont je vous parle n'avait à l'époque que 25 ans.

Dans d'autres cercles, des influenceurs proment des clés de manipulation pour les hommes à l'égard des femmes. On joue entre guillemets à l'apprenti chimiste. C'est-à-dire que pour rendre une femme docile, on nous dit d'agir comme si.

Pour la rendre douce, il faut agir comme ça. Et pour avoir ses faveurs sexuelles et ben on nous donne directement une méthode. Ça va très très loin puisque dans des communautés de drague et de séduction que j'ai infiltré, le le on va dire le le chef de meut, le maître à penser, allait donner une technique allant jusqu'à tordre le consentement d'une femme lorsqu'elle refusait un rapport sexuel à la dernière minute.

Ce que eux ils appellent ce moment la last minute résistance. comme quoi il il conceptualise beaucoup il conceptualise beaucoup de choses. Lui avait une technique que bien sûr je ne dévoilerai pas pour pour tordre son consentement et parvenir à un rapport sexuel avec elle.

Tout ça est abject et effrayant. D'autant plus après que je me sois rendu compte que les abonnés de toutes ces communautés adhèrent à 100 % à ce que disent les chefs de meut. Aucune réserve ni opposition.

À la limite, seulement des questions leur sont posées pour qu'ils étaiillent leurs propos ou pour qu'il ou qu'ils analysent un cas personnel. Ces questions sont la sont la plupart du temps posées dans le cadre de réunion oral ou vidéo. Il s'agit là des moments phare dans la vie de de ces communautés car bon car bon nombre d'abonnés s'inscrivent pour y assister et avoir un accès direct aux influenceurs.

Les conseils qu'il prodiguent en terme de musculation, de drague ou encore de sexualité sont comme les tutos et les méthodes qu'ils enseignent. Ils sont pris au pied de la lettre et parfois même appliqués. Les abonnés suivent et adhèrent de manière inconditionnelle les propos du leader, y compris les plus délirants.

Lorsqu'un influenceur m'expliquait ainsi que le monde était gouverné par la matrice, c'est-à-dire par une élite luciférienne qui comprendrait les plus grandes fortunes du monde dont le but serait de nous anéantir personne ne s'ophusque aussi bien à l'écrit qu'à l'oral dans le chat. Pour ma part, je vous ai vu qu' je vous avoue qu'il m'a fallu quelques minutes pour prendre la mesure du discours complotiste et des rels antisémites que celui-ci comportait. C'est à la suite de cette réunion que j'ai compris que le masculinisme était une porte d'entrée à d'autres discours radicaux.

Les hommes qui adhèrent au cercles masculinistes sur lesquels j'ai enquêté le font pour s'améliorer en drague, pour comprendre les femmes et pour reprendre une de leurs expression, devenir la meilleure version d'eux-même ou faire partie du top 1 % des hommes. Mais en réalité, le discours qui se tient dans les communautés dépasse le cadre des relations hommes-femmes. Il véhicule aussi une haine de certains hommes, ceux qui sont à leurs aux yeux fragiles, les hommes sojas, mais aussi la communauté LGBT, les gauchistes, les végans, les étrangers et plus généralement les personnes racisées.

Un ancien Nsel qui témoigne dans le documentaire me confia lors de notre rencontre avoir adhéré à la théorie du grand remplacement alors qu'il alors même qu'il fréquentait des forums exclusivement Insel. Pour lui, les étrangers venaient, je je le cite encore une fois, lui voler les femmes françaises blanches. Cette inel repenti n'est pas un cas isolé.

J'ai moi-même été exposé durant mon infiltration à des tests d'extrême droite et antisémite. Quand on intègre les communautés masculinistes, on en vient à détester tout le monde et pas seulement les femmes. Pour conclure mon intervention, je me permettrai une note un peu plus personnelle car de cette nébuleuse, on n'en ressort pas indemne.

Malheureusement, même quand on est journaliste et qu'on intègre ces cercles de discussion dans le but de les documenter et de seulement comprendre ce qu'il s'y passe. Je n'ai pas fini par adhérer au discours masculiniste, ni à aucune de ces thèses, mais à l'issue de plusieurs mois d'infiltration, je me suis aperçu que j'étais comme désensibilisé. Une publication que j'avais vu au moment de débuter mon enquête ne m'forçait plus plus autant.

Pire, je me suis rendu compte que j'avais baissé ma garde malgré moi. Je devenais plus plus tolérant à leurs horreurs et à leurs violences. Il fallait par exemple que je m'y prenne plusieurs fois avant de percuter que ce que je lisais ou écoutais était une description d'une agression sexuelle ou pire relevé d'une incitation au viol.

Les idées masculinistes sont pourtant à des années lumières de mes convictions. Imaginez donc les hommes et notamment les plus jeunes qui s'inscrivent dans ces communautés dans le but de trouver des réponses. Bon bien Jeanne, [rires] je sais pas, je fais un standup de comédie peut-être.

Euh merci beaucoup. Euh donc en vous écoutant ce matin, on voit très clairement se dessiner les dimensions historiques, culturelles, numériques du masculinisme contemporain. Pour ma part, je voudrais ajouter un angle un peu transnational et géopolitique dans la discussion pour replacer le masculinisme dans l'architecture globale du mouvement antidroit.

Comme il a été dit, ce que beaucoup perçoivent comme une vague soudaine de baclash et en réalité le résultat d'une organisation patiente, d'une offensive construite sur plusieurs décennies appuyé sur une infrastructure politique. C'est le sujet de mon exposition aujourd'hui de thinkingtang, de réseaux parlementaires, de fonds privés, d'institutions religieuses dont la jeunesse doit beaucoup aussi au mouvement antiavortement américain une souche particulièrement résistance et résistante et expansionniste de l'antiféminisme. Le mouvement antidroit, pour cadrer la définition, désigne un ensemble hétérogène mais coordonné d'acteurs qui œuvrent à restreindre les droits humains, en particulier les droits sexuels et reproductifs, le droit des femmes et les droits LGBT, en utilisant le genre comme levier stratégique pour une réhiérarchisation sociale.

Partout et partout où je travaille, en Afrique francophone, en Amérique latine, aux Nations- Unies, on y retrouve la même grammaire idéologique. virilité en danger, contrôle des corps, obsession nataliste, sacralisation de la famille dite naturelle. Comme l'a très bien dit Christine Bar, il n'existe pas un masculiniste, mais des régimes masculinistes avec leurs cibles, leur moment de cristallisation, leur mode d'action.

L'un des moments charnaires de cette dynamique transnationale, c'est donc 1973 avec l'arré roiwade aux États-Unis qui légalise l'avortement. Ce n'est pas une parenthèse américaine, c'est le début d'un cycle mondial qui va transformer durablement les stratégies antidroits. À la minute où le droit à l'avortement est reconnu aux USA, un réseau d'acteurs s'organise avec des contentieux stratégiques, du lobbing, des attaques contre des cliniques, la création d'organisations juridiques, religieuses, médicales.

Certaines franches recours même à la violence ou au terrorisme. L'administration régane dans les années 80 donc qui capitalise sur le vote évangéliste, elle renforce ses organisations financièrement. politiquement qui à son tour radicalise leur discours antifemme, horribilise l'avortement et réoriente l'agenda politique autour des droits du fétus.

Mais surtout, elles internationalisent leurs opérations, elles les exportent aux Nations- Unies, en Europe, en Afrique, en Amérique latine. Leur premier succès majeur, en fait, il est dès 1984 avec la Global Gag qui coupe tous les financements américains aux organisations internationales qui travaillent de près ou de loin sur l'avortement. Donc dès le début, l'objectif est très clair.

Il ne s'agit pas seulement d'arrêter l'avortement aux États-Unis, mais partout en formant une internationale antiG. Un deuxième tournant historique, ça sera donc les années 90 avec les conférences onusiennes du KER et de Pékin que vous connaissez où les mouvements féministes notamment de Sul global obtiennent des avancées historiques. On reconnaît que l'avortement clandestin est une cause majeure de mortalité maternelle.

On encourage les États-membres à dépénaliser et on reconnaît enfin que le genre est une grille d'analyse fondamentale pour comprendre les rapports de pouvoir. Ces avancées déclenchent donc une réaction coordonnée réactionnaire avec le Vatican en tête qui forge alors l'expression d'idéologie de genre qu'on connaît plus sous la forme de théorie du genre en France présentée comme une menace civilisationnelle. À partir de ce moment-là, ce concept devient un outil de mobilisation politique récupéré par la droite chrétienne américaine, mais aussi relayé par des régimes islamistes à l'ONU, la Libye, l'Égypte, l'Iran, instrumentalisé par la Russie et consolidé via le Saint-Siège.

Et ce qu'on voit depuis les années 90, c'est vraiment l'émergence d'un lobby international profille qui voit donc dans le genre une menace existentielle à l'ordre naturel de l'Étatnation, de la souveraineté, de la famille, de l'héritage et de la culture. Depuis 20 ans, ces contreoffensives se multiplient, elles changent d'échelle. On voit apparaître une diplomatie anti-enre hyper professionnalisée avec des stratégies juridiques de haute précision, un entrisme dans les institution multilatérales, ce qui crée une paralysie normative, une multiplication de coalitions interreligieuses et de forum profie antienor avec un maillage permanent qui est fait dans les institutions multilatérales, pas juste à l'ONU, mais aussi à l'Union européenne et à l'Union africaine.

Dans ce paysage, des organisations qui étaient autrefois à la marge comme Citizen Go ou Ordis, un think Tank extrémiste euh polonais, sont devenus des institutions centrales, des machines professionnelles dotées de juristes, de communiquants et d'un financement massif comme l'a très bien dit madame Rossignol. En Europe, les financements antigenor ont cadruplé en 10 ans 1.18 milliards de dollars entre 2019 et 2023 venant de fonds religieux mais aussi de familles catholiques ultra riches, de milliardaires de la tech, les tech brow et de fonds publics en Hongrie et en Pologne.

Le rôle de la Russie bien sûr n'est pas du tout à sous-estimer. Un exemple qui cristallise très très bien cette idée de la formation politique, c'est le réseau politique des valeurs, donc le PNFV qui est aujourd'hui un des réseaux les plus sophistés de cette antidroite, de cet antienre international, pardon. C'est un espèce donc sophistiqué de mobilisation, de formation qui existe depuis 10 ans pour faire avancer le lobby profie aux Nations-Unies mais aussi ailleurs.

Il a d'ailleurs été dirigé par exemple par Catheline Novac l'ancienne président de la Hongrie ou par José Castateur du parti d'extrême droite républicain chilien qui est aujourd'hui candidat à la à la présidentielle. Le PNV, il est soutenu par exemple par la fondation Héritage, un sing tank républicain qui est à l'origine du projet 2025 dont je parlerai un petit peu plus tard ou encore Alliance Defending Freedom qui est un un organisation de défense chrétienne juridique à la tête de toutes les victoires ultraconservatrices aux États-Unis aujourd'hui qui a des bureaux et des succursales à Strasbourg, à Vienne, à Londres, à Genève euh et cetera. Donc le PNV à titre d'exemple, ils ont réussi à organiser au Sénat espagnol en décembre il y a 1 an un sommet, le sommet pour la vie et la liberté où il y avait plus de 300 parlementaires qui sont nus de 45 pays différents.

On y a vu le Parti Vox, Fratellit d'Italia, le Rassemblement national et des élus américains. Certains ont donc été amenés ensuite à Washington et là ils ont été charonnés par l'extrême droite américaine Alliance Defending Freedom, la fondation Héritage pour construire des plans d'action nationaux avec dans leur cœur la restriction de l'avortement, l'abolition de la GPA, la défense de la famille traditionnelle ou l'éradication du wisme. Le PNAV, c'est donc aussi une école de formation politique.

Ce qui est fascinant ici, c'est la méthode, c'est la façon dont les idées, les savoir-fa s'exportent, circulent. Le PNV forme des élus, il rédige des propositions, il crée des passerelles entre gouvernements et des fondations privées. On assiste donc à une consolidation d'un véritable réseau panatlantique d'acteurs ultraconservateurs qui sont très unifiés autour de ces paniques morales.

Les alliances entre le PNV, certains partis politiques et des ONG extrémistes montrent comment les groupes antienorre maximisent leur réseau pour relier le global au national et pour imposer une vision restrictive des droits humains un niveau très local. Il se rassemble. On a du mal à suivre le nombre de conférences et de rassemblement de l'extrême droite conservatrice qui ne fait qu'augmenter.

Sous le double mot d'ordre make America great again et make Europe great again, ces forces se coordonnent et leur élément de langage circulent à une vitesse vertigineuse. Dans ce paysage, je finirai par un dernier tourant historique pour moi, le projet 2025 qui marque donc un dernier basculement. le projet 2025, ce document donc de 900 pages qui est vraiment la matrice idéologique de l'administration Trump et qui décrit en fait la prise de pouvoir du prochain prochain président républicain et le mode opératoire en fait euh qui place le féminisme, l'avortement, les droits LGBT, l'antiracisme au cœur d'un agenda de désinstitutionnalisation de l'État fédéral avec des implications dévastatrices sur la santé mondiale à travers la décimation de USA ID et de l'architecture onusienne.

Mais il vise aussi à déconstruire des décennies de consensus scientifiques, à normaliser la désinformation et à l'institutionnaliser dans le processus bureaucratique et réglementaire. On parle ici d'éliminer des politiques de genre, de diversité et de droits reproductifs avec les conséquences dévastatrices que vous connaissez pour l'accès à l'avortement aux États-Unis aujourd'hui. Donc là, on n'est plus dans une stratégie de mouvement, on est dans une architecture d'État, dans une méthodologie qui est exportable et c'est ce mode opératoire qui fascine en large partie les mouvements antidroits dans le monde entier.

Aujourd'hui, d'ailleurs, la fondation, elle se voit désormais comme un centre d'exportation mondiale et elle agit comme un incubateur qui a ses visé en Europe. Elle était d'ailleurs en France pour une grande tournée il y a quelques mois. Il y a un excellent article dans le monde qui décrit tout tous les personnes qu'elle a rencontré.

Donc bien sûr, comme il a été dit avant moi, cette dans cette dynamique, les les récits masculinistes, il jouent un rôle central. On parle de masculinité confisquée par le féminisme, néoféminisme, féminisme excessif. Il fournissent vraiment le carburant émotionnel de l'agenda antidroit et légitime un projet de restauration qui est fondé sur la domination masculine présentée comme naturel.

La France n'est pas du tout en dehors du jeu de ce maillage transnational et de cette cette géopolitique antienre. Il y a 3 semaines ici à Paris, il y a une réunion stratégique pour lancer le Great Reset Européen, la grande réinitialisation, un projet de refondation illibérale de l'Union européenne inspiré du projet 2025 appuyé par la fondation Héritage pour affaiblir l'Union européenne, neutraliser ses mécanismes de protection de l'état de droit et reconfigurer les institutions autour d'un agenda anti-enre et antidroit. D'ailleurs, ils l'ont très bien dit, le walkisme a l'intérêt de nous fédérer, nous entre conservateurs et souverainistes.

Cet évement a été soutenu par des fingt tank polonais et hongrois, mais aussi par la bourse de Toville qui forme depuis 20 ans de jeunes français au sein des réseaux ultraconservateurs américains et les encourage une fois rentrés en France à faire ce qu'ils appellent de la métapolitique. En parallèle, on voit aussi des dispositifs comme le fond Péricles financé par Pierre Eddouard Sterrain qui financent des médias, des écoles de cadre, de formation politique. Tout ceux-ci ne sont pas des initiatives anecdotiques, ce sont des stratégies d'entrisme assué, coordonnées qui sont aujourd'hui pérennes.

Donc pour citer madame bar, une crise aussi récurrente, ce s'at plus une crise mais peut-être un état permanent. Alors la question n'est plus seulement comment lutter contre le masculinisme mais quel projet démocratique opposons-nous à ce système antidroit qui portera notre réseau politique des valeurs à nous ? Parce que ce que nous affrontons, c'est un projet de reconfiguration institutionnelle fondé sur la désinformation de masse, la capture des institutions internationales, du multilatéralisme, la formation de nouvelles de nouvelles élites politiques, l'érrosion des protections fondamentales.

Cela nécessite une approche qui est donc structurelle, une réponse démocratique, juridique. Il faut absolument réguler la désinformation et les discours de haine. Interdire la désinformation médicale, protéger les défenseuses du droit.

Et je sais que Lucy Daniel reviendra là-dessus. Et enfin, il faut une réponse politique collective. Nous devons investir dans nos capacités à nous saisir de ces gens de ces enjeux par de la formation, de la recherche, de la sensibilisation autant pour les cadres politiques que pour la société civile.

Il faut créer des cadres de concertation réguliers, pluridisciplinaires pour anticiper et répondre collectivement à ces offensives idéologiques, investir dans la connaissance, dans les contrediscours, financer la veille et le journalisme d'investigation. Enfin, il faut vraiment exposer les liens entre ces parties des thinking tank, les médias et construire un front uni contre le wokebashing et la théorie du genre. L'avenir de notre démocratie est en jeu.

Merci beaucoup. Je m'arrêterai là. Coucou.

Merci beaucoup Jean Fèz. Euh peut-être pour attraper au bon une des questions sur lesquelles vous avez conclu votre propos. Euh en il faut une réponse politique collective.

Bien, c'est justement ce que nous essayons de faire avec ce rapport de la délégation droit des femmes du Sénat qui est un rapport du Sénat d'ailleurs. Enfin, pour le moment, c'est rapport au début, on dit c'est rapport de la délégation droit des femmes mais après c'est un rapport sénatorial. Donc ça engage au-delà des membres de la délégation droits des femmes, ça engage d'institution et c'est justement pour chercher à élaborer une réponse politique qui inclut la question du masculinisme dans ce qu'est dans le projet global de de société. projet antidémocratique puisque le masculinisme n'est pas simplement le problème des féministes euh et c'est le problème en fait de tous les démocrates et de tous ceux qui sont attachés à l'égalité des des droits.

Euh je on va donner la parole à la salle à vous-même. D'abord peut-être aux collègues de la sénateur et sénatrices qui sont présents et à tous ceux qui sont là. J'ai Marie-Pierre Meier déjà sénatrice de la Drô et puis Olivia Richard sénatrice des Français de l'étranger.

Merci. Mais c'est un choc même si on en a entendu parler même si j'y reviendrai avec la délégation quand nous sommes allés à LCSW à New York, nous avons eu toute une réunion sur le sujet et là on a commencé à avoir l'ampleur. C'est un choc.

Donc merci de porter cela. Merci à la délégation. Je reprends les propos de Laurence et à la présidente qui a validé non seulement cette table ronde, mais surtout euh un mission là-dessus.

Je crois qu'il était essentiel qu'on s'en saisisse. Je suis devain sobre, j'ai fait une manifestation avec d'autres, avec un collectif contre les violences faites aux femmes cette semaine et j'ai dit textuellement qu'il nous fallait rentrer en résistance rien que parce que j'avais entendu ce qu'on avait vu à New York, ce qu'on avait entendu et ce que j'avais pu lire. Et je crois vraiment que nous devons rentrer et pas seulement nous les femmes, c'est toutes celles et ceux qui ne peuvent pas laisser faire cette régression des droits des femmes.

Je sais pas comment on va y arriver parce que de ce que vous avez dit, de ce que j'ai déjà entendu, la pieuvre est là, elle est présente au-delà des frontières. Elle est vraiment euh et invisibilisée quelque part, j'ai envie de dire. Donc, il va falloir, j'avais juste une petite question pour laisser la parole à mes collègues.

Je crois qu'il y a eu un règlement européen sur les services numériques qui vise une responsabilisation des plateformes sur leur contenu et qui applicable à partir de du depuis le 17 février 2024 à tous les acteurs en ligne sur le marché européen, je crois que s'appelle DSA. Considérez-vous que ce règlement est dans la dans sa forme actuelle adaptée pour lutter contre la prolifération des contenus sexistes masculinistes à l'encontre des femmes sur les réseaux sociaux. Merci.

Olivier Olivier Richard. Merci cher Laurence Rossignal. Merci madame la présidente, cher Dominique, merci beaucoup pour ces pour ces savantes explications.

La France a accueilli il y a quelques semaines le un sommet sur la diplomatie féministe pour porter des valeurs qui me paraissent à même de contrer ces discours-là. Euh plusieurs intervenants que j'ai pu entendre ont néanmoins euh souligné le manque de financement euh que nous avons euh nous euh de ce côté de l'axe par rapport euh à 1 milliard d' euh c'est considérable et euh une partie substantielle en Europe. Ni data, on parle très bien et explique la professionnalisation des des mouvements et leur surfinancement par rapport à des états qui sont exemples comme c'est le nôtre.

Euh une intervenante avait néanmoins souligné que euh il faut pas oublier que dans la plupart dans une majorité euh de moments électoraux dans le monde, nous gagnons encore. C'est les conservateurs ne gagnent pas tout. Est-ce que vous observez ça ?

Euh première question. Jeanphèse, vous avez souligné parmi d'autres le lien avec les mouvements d'extrême droite en France. peut pas m'empêcher de remarquer que lors de l'adoption de la proposition de loi sur le consentement dans le code pénal en France, les parlementaires et les députés RN qui ont pris part au vote ont tous voté contre.

Il y a peut-être eu quelques abstentions, mais donc aucun euh n'a voté pour. Est-ce que euh vous pensez que c'est un argument électoral à venir pour le Rassemblement national euh en France de séduire des électeurs qui sont peut-être inquiets par une déstabilisation des valeurs traditionnelles connues en France ? Euh on parle beaucoup de crise, nous sommes en crise, le monde connaît des crises géopolitiques qui inquiètent.

On commence à parler du service national et son retour en France. Il y a une inquiétude, je pense, de la jeunesse avec les angoisses environnementales. Est-ce que comment on parle aux masculinistes, aux jeunes surtout qui pourraient qui prennent cette pente là ?

Comment on s'adresse à eux et comment on pourrait s'adresser à leurs parents ? parce que je pense que il y a un sujet, il y a 1000 ça recoupe 1000 sujets, mais ça recoupe notamment le sujet de l'exposition des enfants aux écrans. J'ai pu grâce à Enfance, je salue Véronique Béchu qui est là aujourd'hui, faire assister à une intervention dans un collège et sur une classe de 30 élèves, 27, passer peut-être 4 heur par jour seul devant YouTube ou équivalent.

Comment on fait pour sensibiliser les parents et récupérer le rôle d'éducation peut-être qui serait utile en ce moment ? Merci. Bien, je la parole à Leerv, sénateur de Haute Savoie.

Merci madame la présidente. Moi j'avais une question assez générale puisque la question du rapport entre les religions et le masculinisme a été évoqué, on va dire de manière assez périphérique. Donc moi, je voudrais rentrer dans le vif du sujet.

On a parlé de de mouvement conservateur évangélique américain. On a évoqué parfois la question de l'église catholique. Moi, j'aimerais avoir des exemples précis concrets notamment sur l'église catholique d'un lien direct entre l'institution ecclésiale et le masculinisme.

Ça c'est quelque chose qui m'intéresse personnellement et et pas que personnellement également comme parlementaire. Et je vais mettre les pieds dans le plat. Y a-t-il un lien entre l'islam ou l'islamisme ou des mouvements radicaux islamistes et le mascisme aujourd'hui dans le monde ?

C'est la parole à nos intervenants après cette cette série de trois questions des parlementaires. Pour ceux qui seraient pas dans la salle et qui regardent la télé, à cet instant, les intervenants discutent entre eux pour savoir lequel des cartes va commencer les réponses. Alors, il y a plusieurs questions.

Je vais peut-être essayer de répondre à Non, mais vous pouvez prendre le le morceau de question qui vous convient tous. Voilà, comme vous voulez. Vous pouvez piquer euh alors euh sur euh euh l'impact sur les élections, on voit effectivement que euh moi je je pense que les réseaux masculinistes ont un impact sur les élections dans la mesure où on voit de plus en plus de partis politiques vraiment capter ces réseaux et on voit aussi de plus en plus certains partis parler de choses dont ils ne parlaient pas avant.

Et là je vais citer du coup un exemple. britannique. par exemple où j'habite euh euh le leader du parti Extrême droite Reform UK non seulement apparaît sur beaucoup de podcasts masculinistes ce qu'il ne faisait pas avant donc il y a une stratégie électorale mais par ailleurs récemment le parti Reform UK a commencé à remettre en question les les limites pour l'avortement pour avoir l'accès à l'avortement en terme de combien de à partir de combien de semaines on peut avoir droit à l'avortement ce qui était un discours qui n'était pas tenu avant au Royaume-Uni En tout cas, pas depuis plusieurs années, alors même que le Royaume-Uni est en train de de débattre de la enfin décriminaliser le est en train de débattre du de la décrimination de de l'avortement.

Donc, on voit ces impacts de plus en plus. On les voit aussi dans dans des pays par exemple comme la Pologne où on a à la fois des partis un parti d'extrême droite Conféderia qui qui voilà s'adresse à ces réseaux masculinistes en en plein essort. Mais on a aussi une difficulté à revenir sur des législations antiavortement extrêmes.

Donc moi, je vois euh je vois un impact grandissant euh sur les questions de régulation. Euh on a beaucoup de on a plusieurs législations et bon, il y a effectivement le DSA en l'Union européenne, mais on a aussi d'autres pays ont leur propre législation et ces législations là, elles mettent les plateformes face à leur responsabilité. Elle demande des comptes, enfin les plateformes doivent rendre des comptes sur euh la circulation des contenus sur leur plateforme et la façon dont ils s'adressent à la circulation de contenu néfaste.

Et néanmoins, ce qu'on voit aussi, c'est que les régulateurs ont un pouvoir dans les sanctions aussi qu'ils appliquent à ces plateformes lorsqu'elles n font pas assez. Donc on a aussi cette dimension là euh sur les questions. Moi, je vais peut-être m'arrêter là parce que je laisser la parole à d'autres.

Ouais. euh sur les questions de religion, euh il y a effectivement toutes sortes d'intersections entre certaines conceptions de la religion et les réseaux masculinistes. Moi, je ne suis pas par exemple spécialiste euh des questions euh d'islamisme radical ou de djihadisme, mais certains de mes collègues, par exemple, anciens collègues à l'Institute for Strategic Dialogue ont travaillé sur ces questions-là.

On le voit aussi euh dans la question par exemple du nationalisme hindou. Donc c'est pas la religion hindou mais c'est une certaine conception euh du nationalisme hindou. et on voit le le parti au pouvoir, le BJP euh aussi courtiser ses milieux masculinistes.

Donc c'est on a effectivement c'est pas euh c'est pas unilatéral dans les liens euh mais c'est pas tant la religion elle-même, c'est ça c'est une certaine conception de cette de ces religions. Oui. Et je pense qu'on peut se référer ici au triangle de madame Bar.

Je pense que le le sous-bassement euh de cette de cette culture misogine et euh et euh la base du triangle de la société patriarcale, il se retrouve euh à travers à travers toute religion. Enfin, moi qui travaille sur le droit à l'avortement, que ça soit du Népal à l'Équador, au Salvador, à Madagascar, on nous parle toujours euh d'une unicité de conservatisme aux religions spécifiques, que ça soit l'islam du Sénégal, le catholicisme au Mexique, enfin, on retrouve quand même les mêmes les mêmes traits euh et la même tendance de coersion reproductive. Euh il s'avère que en tout cas dans les instances multilatérales, c'est vrai que le le Vatican a euh institutionnalisé, énormément financé euh euh fédéré euh autour de euh de l'idéologie du genre et ça ça a été très très bien documenté euh notamment euh dans l'anthologie de madame Bar, mais mais ailleurs, il y a beaucoup de de textes officiels du Vatican qui décrivent bien comment la théorie du genre et l'avortement et l'homosexualité d'ailleurs sont des infractions à à l'ordre religieux.

Alors pour ce qui est du rassemblement national, je pense que c'est à ma connaissance le seul parti politique en France aujourd'hui qui va parler du poison wist quand même de la dictature LGBT. Ce que je comprends bien, mais ça vous le savez mieux que moi, c'est que il y a même une remise en question parfois des comptages du féminicide comme on a dit avant et de du genre en fait plus globalement euh avec un discours sur la protection des papas, la protection de la petite enfance pour pour retrouver un certain équilibre aussi entre entre parents en situation de de divorce et cetera. Le Rassemblement national est quand même le seul parti pour l'instant qui participe à la majorité de ces conférence internationale qui que nous suivons à EPAS et qui est très très actif au niveau de la Commission européenne pour organiser des colloques contre la gestation pour autruit contre l'idéologie W qui en a eu un qui qui a eu lieu il y a 2 semaines d'ailleurs à la Commission européenne organisé par une parlementaire européenne du Rassemblement national.

Donc oui, est-ce que ça est-ce que est-ce que le wisme le genre plus généralement va être une plateforme politique ? Est-ce qu'elle l'est déjà ? Est-ce qu'il faut y être particulièrement vigilant pour pour les élections 2027 ?

Oui. Est-ce qu'on perd à tous les coups ? Non.

Absolument. Et d'ailleurs, on l'a bien vu là aux États-Unis, à chaque fois qu'il y a eu des votes et des référendums sur pour élargir ou protéger l'accès à l'avortement par exemple dans certains États. On a eu des très très belles victoires récemment.

Donc bien sûr, la la défaite n'est pas n'est pas systématique. Je tout de suite ? Oui.

Oui. En réaction parce que j'aimerais bien qu'on m'explique la le lien qu'il y a entre le titre du colloque de ce matin, c'estàdire que sur le masculinisme et la GPA. Quel est le rapport qu'il y a entre les deux ?

Moi, je veux bien qu'on parle du contexte, il y a aucun problème, ça me pose pas de difficulté. Mais en soi, a-t-il un lien entre les mouvements masculinistes et l'opposition, la GPA ? Donc, je rappelle qu'elle est interdite en France.

Bah, il y a les groupes qui sont certains des groupes qui sont organisés contre la gestation pour autrui, contre la commercialisation de la reproduction sont aussi engagés dans la protection des fétus et des embryons et donc par extension sont très engagés dans la lutte contre l'avortement. Tout ça est très documenté. Je pourrais vous faire parvenir des rapports.

Moi, je vais répondre à le Curv sur ce sujet parce que effectivement effectivement dans les réflexions qui sont dans dans les courants les différents courants qui sont hostiles à une légalisation de la GPA, c'est-à-dire ce qui en France reviendrait à légaliser les conventions entre les mères porteuses et les parents d'intention comme voilà. Il y a deux raisons, il y a deux motivations qui sont pas les mêmes. Il y a une motivation féministe qui qui qui pense que la GPA en fait organisera la marchandisation de la fonction reproductive des femmes et qui en raison de la pauvreté spécifique des femmes sur la planète et des moyens des parents d'intention se traduira incontestablement par une surexploitation reproductive des femmes pauvres.

Ça c'est les courants féministes hostiles à la GPA. Et d'un autre côté, on observe aussi que dans les courants, comme vient de le dire Jean Éphèse à l'instant, hostile à la GPA, il y a une autre cohérence qui est la cohérence d'une hostilité à la fois au droits reproductifs, c'est-à-dire à l'avortement, à la pilule du lendemain, à la GPA et qui en fait considère parce que la cohérence de ces courants-là consiste à penser que l'alternative à l'avortement, c'est de mener une grossesse à terme et de confier l'enfant ensuite en vue d'adoption, ce qui est en fait pas tout à fait une GPA dans la nature commerciale mais qui est quand même la mise à disposition de la fonction reproductive des femmes et une atteinte à la à leur liberté de choix dans le but de confier des enfants à d'autres. Donc on croise la GPA euh parce que c'est un problème qui c'est c'est un sujet y compris chez les féministes d'ailleurs qui sont pour certaines bien embêtés par le fait que c'est devenu un outil euh de mélangé avec d'autres avec les pour les adversaires des des droits reproductifs et aussi un objet considéré comme étant un objet de domination de la fonction reproductive des femmes.

Donc voilà, je crois que j'ai à peu près expliqué pourquoi on rencontre la GPA dans différents endroits et des hostilités qui sont pas du tout fondées sur les mêmes postulat. Alors euh j'ai envie de défendre le rôle de l'éducation dans [rires] dans l'affaire et plus d'audace. dans dans une éducation non sexiste dès dès le plus jeune âge et on sait à quel point c'est c'est clivant et à quel point il y a des résistances aussi de des parents d'élèves.

C'est c'est compliqué depuis longtemps. Mais pour résister efficacement là à ce qu'il se passe, ça me paraît vraiment nécessaire d'être plus fa d'avoir beaucoup plus d'audace. Euh maintenant, est-ce que l'éducation seule suffit euh comme repost ?

Je ne crois pas parce qu'il y a une partie vraiment irrationnelle. Il y a les écrans, il y a quelque chose qui échappe aux parents, qui échappe à l'école euh et qui est hors de contrôle. Et et je pense qu'il y a aussi le on n' pas encore entendu le mot, mais ce côté décomplexé euh de l'offensive contre les misogyines, contre les les droits des femmes.

C'est c'est intéressant à creuser ce mot décomplexer le modèle qu'offre Trump et son langage, ce sexisme décomplexé sur la scène politique. À ce point-là, je pense que c'est vraiment sidérant et que ça ouvre les vannes, y compris pour des petits gamins de 12 13 ans qui vont se dire pourquoi pas tenir tête à à notre prof. Euh finalement, ce qu'elle dit, c'est peut-être aussi légitime que ce que moi j'ai vu sur les réseaux sociaux.

Et là, il y a il y a un grand grand sujet pour le monde de l'éducation et les valeurs qu'il qu'il a pour mission de défendre. Euh c'est c'est compliqué en ce moment, c'est compliqué. Donc je pense que encourager le monde enseignant à faire face avec davantage de formation, davantage de soutien, ça me paraît vraiment fondamental. et on a parlé de soutenir la recherche à l'université.

C'est c'est également très nécessaire de défendre les libertés académiques hein en en ce moment et toutes les formes de transmission des des savoirs universitaires vers tous les publics. Là en ce moment, je porte un projet de musée des féminismes à Anger à sa mesure. Voilà, c'est quelque chose qui peut qui peut aider, j'espère à créer une culture mixte et et à donner des oui une conscience de la mémoire. et de l'histoire des des luttes des femmes, mais euh c'est tellement insuffisant, mais ça n'existe pas.

Il y a aussi toute cette tradition de l'antiféminisme en France. On a un retard par rapport à à beaucoup de pays sur ce plan. Merci.

Je vais donner la parole à Jine Antoine qui est et puis Dominique Verrien, la présente Dominique Verrien d'abord et Jline Antoine ensuite c'était juste rapidement pour rebondir sur la question de Hervé mais là je m'adresse directement à Pierre Got est-ce que dans tous ceux que vous avez croisé il y a un moment ou un autre vous avez trouvé des traces de religion de quelque religion que ce soit d'ailleurs alors au cours de mon enquête il n'y a eu aucun lien avec la religion aucun C'est c'était pas il était pas question de ça que ce soit euh dans la parole des influenceurs sur les réseaux sociaux ou euh ou dans ce qu'ils disent dans leur communauté privée ou même les témoignages que j'ai eu de certains adeptes et notamment de mes entretiens avec certains incell. J'ai aucun de m'a parlé de religion. Et juste pour rebondir, vous me parliez vous parliez sur la déradicalisation.

Enfin, c'est le masculinisme a les mêmes ressorts selon moi en tout cas euh que le complotisme. C'est-à-dire que quand ça je l'ai je l'ai très bien vu, c'est-à-dire que en fait pour déradicaliser un là en l'occurrence un jeune masculiniste qui adhère à ces thèse là euh au fait faut avant tout l'écouter. Faut pas lui dire que il est dans le faux, qu'il a tort et cetera.

En fait, c'est comme un complotiste. Si on essaie de lui dire ça, plus il va se radicaliser, au plus il va vous prouver, il va essayer de vous prouver en tout cas que lui il est dans son droit et que il va recourir à des thèses pseudocientifiques pour étayer ses propos alors qu'il est dans le faux. Mais au fait, il faut faut parler avec eux et faut surtout les les questionner, faut les interroger sur ce qu'ils entendent, sur ce qu'ils écoutent. souvent ils ont ils ont la paresse par exemple au fait il se fait uniquement à la parole de de ce qu'on leur dit mais à aucun moment ils vont regarder par exemple les sources qui sont mentionnées dans les dans leurs tutos ou dans dans le bas dans la description des vidéos YouTube.

Et au fait, il faut leur dire et moi dans dans mes échanges en tout cas beaucoup je leur dis "Mais attendez euh vous vous croyez là ou mot pour mot ce qu'il vous dit et cetera, mais est-ce que au moins vous avez cliqué sur l'étude ou sur le lien de telle vidéo dans la bibliographie ?" En fait, c'est jamais le cas et c'est un début, c'est un début à une à une prise de conscience en réalité. Joseline, sénatrice de la Meuse.

Oui, merci madame la présidente. Merci madame la sénatrice organisatrice de cette table ronde. Et merci à nos intervenants.

Euh au-delà de tout ce qu'on a entendu et qui effectivement nous heurte profondément, j'ai été particulièrement heurtée par Pierre Ga mais pas par son reportage aussi par son reportage mais par cette simple réflexion qui dit à la fin euh je devenais insensible et quelque part je j'ai fini par être pris au piège quoi quelque part alors qu'il est en immersion, qu'il est journaliste, qu'il y va avec un recul, qu'il il se doit de prendre ce recul. Et ma question, elle était est-ce que vous avez fait une analyse sur vous-même après par rapport à cette emprise psychologique ? Parce que quand madame Richard pose la question "Qu'est-ce qu'on doit faire pour nos enfants Quand moi je vous entends alors que vous y allez avec toute tout votre recul de journaliste pour enquêter et que malgré cela, il y a un moment donné, il y a une part de vous dans votre inconscient enfin intellectuellement qui fait que vous absorbez comme une éponge et vous finissez par devenir un peu moins sensible.

Si j'ai bien compris, là ça m'interpelle profondément et je voulais savoir comment après on analyse ça et comment on réagit par rapport à ça parce que c'est quand même là c'est je trouve que c'est super inquiétant quoi. Voilà. Merci.

Si vous voulez répondre, vous êtes pas obligé de tout nous dire he plus. [rires] Non, il y a des choses que je veux pas dévoiler. Mais euh alors je je attention, j'ai j'ai pas absorbé leur contenu ni adhéré à aucune de leurs thèses.

C'est juste que à force de voilà, il y a une a une a un processus de désensibilisation et en fait un moment alors parce que là ça s'est fait sur la le long terme, il y a il y a un moment où on est moins vigilant à ce qu'on écoute et au fait on nous rabâche parce qu'au fait les masculinistes, il y a pas une profusion non plus de théorie, c'est toujours la même chose. C'est ça se compte sur enfin ça se compte sur les doigts de la main leur théorie hein. et parfois ils invent au fait qu' fait écho à quelque chose d'ancien.

Donc au fait à force de de de naviguer dans les différentes communautés, de passer d'influenceur en influenceur, on nous rabâche les mêmes choses et cetera. Et en fait, c'est ce sentiment là où on baisse nos vigilances parce que on connaît le le discours et on connaît même parfois les on en vient même à connaître les gimiques de certains influenceurs ou de certaines communautés. Et donc, on sait pertinemment que en débutant euh par un cas concret, on sait exactement où est-ce qu'il va arriver.

Et donc au fait, comment euh comment euh comment on fait après ? Euh bah déjà, je m'en suis rendu compte moi-même. Je m'en suis rendu compte de la première fois de par mes collègues, mes collègues qui m'ont qui m'ont interpellé, par mes proches aussi.

Euh et c'est eux qui euh qui ont tiré la sonnette d'alarme en premier et qui après euh on va dire a conduit à une prise de conscience de ma part. Et donc après au fait tout simplement bah il fallait il fallait réduire il fallait réduire la consommation de contenu. Euh même si je travaille toujours sur sur les questions des réseaux masculinistes.

Euh aujourd'hui je le fais avec précaution. Euh c'est-à-dire que je m'expose plus autant et je passe plus des journées entières à écouter ce qu'ils font. Donc c'est bête mais c'est ce que je faisais durant mon enquête.

Là, j'y vais à petite dose tellement c'est euh tellement on s'imprègne de ça en réalité. et le enfin l'experte là qui intervient dans le documentaire, elle donne un très très bon conseil, c'est-à-dire sur le ton de la blague, elle me disait à la fin de vos journées ou à la fin d'avoir parlé avec eux, après avoir parlé avec eux, il faut regarder des des vidéos de chat. Bon, elle a pas tort.

Elle a elle a pas tort et à plusieurs reprises, je me suis retrouvé à regarder alors des vidéos d'autres vidéos des vidéos de chien. Mais au moins ça vidait l'esprit quoi. C'est sera un objet d'une autre d'un autre rapport.

Madame la présidente donne bien son information sur les les les fait sédatives comparé des chiens et des chats. Euh et non, juste avant de passer le le relais à à ma collègue Annique Billon pour la l'animation de la table ronde suivante, peut-être dire une chose à Loï Carvé parce qu'on est tout au début de nos travaux sur et parce que je connais mon collègue sénateur et je connais aussi les convictions des uns des uns et des autres ici. on se rencontre pas ce matin tous autant qu'on est sur la question des religions.

Euh nous aborderons et nous nous aborderons plutôt nous serons confrontés à des informations sur euh le rôle des fondamentalismes religieux dans le dans dans les projets masculinistes et euh antidémocratique de manière euh très équitable à l'encontre des religions. peut-être quand même préciser une chose pour qu'il y ait pas d'ambiguïté entre nous. Euh les États théocratiques ont souvent mis en place des politiques discriminatoires à l'égard des femmes et des hommes.

Et n'oublions pas que le premier état, l'état l'état majeur en la matière, celui qui a organisé l'apparti de genre est l'Afghanistan. Voilà. Et je que sais que le Vatican a peu de responsabilité sur ce qui se passe en Afghanistan.

Voilà, on peut voilà et nous observerons comment les fondamentaux dans c dans les religions et l'usage qu'en font les courants les plus orthodoxes et traditionnalistes sont connectés non pas avec les groupus avec les groupes masculinistes ou les influenceurs mais donne une une un fondement de pensée qui va bien au-delà des influenceurs et qui pèse sur les politiques menées dans un certain nombre d'États, on évoque les États-Unis mais je pense que l'Afghanistan, l'Iran, voilà, on peut on fera la liste à un moment donné du rôle des fondamentalismes religieux sur les politiques et les choix des États. Voilà, ça me paraissait et je donne la parole Dominique à madame la présidente. [rires] Voilà, qui a un droit de parole constant qui la reprend mais surtout pour vous remercier ma chère Laurence pour cette première table ronde qui était effectivement très intéressante.

Alors bon, nous avions déjà entendu Jean Ephèse, nous connaissions les travaux de Christine Bar. Merci beaucoup à Cécile Simon et et j'allais dire merci à Pierre Ga même si je pense que alors on va regarder avec beaucoup plus de détails ce reportage mais clairement je suis pas sûr que il nous il nous plonge dans une vraie euphorie. Euh je vais donc maintenant passer la parole à à notre collègue Annique Billon pour introduire cette 2e séquence qui porte sur les stratégies et mesures mises en œuvre pour répondre au mouvement masculiniste et les combattre.

Et vous priez d'ors et déjà de d'excuser mon départ euh mais il faut que cette table ronde puisse se finir en prenant le le temps qui lui est nécessaire. Et donc je repasserai à ce moment-là la présidence à Anic Billon qui l'a occupé de nombreuses années. Donc il n'y a pas il y a aucun problème pour que elle puisse poursuivre.

Merci beaucoup madame la présidente. Donc merci à vous les intervenants de la première table ronde. C'était très intéressant et inquiétant à la fois.

Euh mes chers collègues, après avoir dressé ce panorama particulièrement instructif mais aussi inquiétant des mouvements masculinistes, il est nécessaire de comprendre quels sont les moyens d'action de ces mouvements et de réfléchir aux outils dont nous disposons pour pour contenir la diffusion des discours et la menace qu'il représente. À la lumière de cette première table ronde, plusieurs éléments rendent la lutte contre ces mouvements particulièrement complexes, que ce soit à l'échelle national ou internationale. D'abord, le masculinisme s'inscrit dans un véritable continuum de la misogénie, une galaxie au contour mouvant.

Nous manquons encore d'outils précis pour identifier et qualifier ces mouvements. Cela pourrait d'ailleurs constituer une première étape à savoir une meilleure connaissance et cartographie de ces mouvements. Ensuite, au niveau des organisations internationales, leur stratégie d'infiltration les conduit à adopter des discours eu fémininisés mais dont l'objectif est bien de revenir sur les droits des femmes.

Certains acteurs masculinistes opèrent ainsi via des coalitions antidroit. plus large. Enfin, les réseaux sociaux et les espaces numériques sont devenus leur terrain privilégié.

Les plateformes offrent aux influenceurs misogynes une visibilité considérable et les logiques algorithmiques enferme les utilisateurs dans des boucles de contenu qui les exposent encore davantage à ces discours. Pour autant, ne nous décourageons pas car les risques que font peser ces mouvements sont bien réels. Il est indispensable d'y répondre maintenant tout de suite.

Nous avons déjà évoqué les menaces en matière de recul des droits des femmes. J'aimerais également souligner deux autres dangers, la dérive sectaire et le risque terroriste. Dans son rapport d'activité de 2022-2024, la MIVILUDE, mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, indique de plus en plus de signalement concernent des domaines comme le bien-être ou le coaching ou de véritables gourous 2.0 tiennent des discours ouvertement masculinistes.

Si les violences masculinistes s'expriment d'abord par la diffusion de leurs idées dans leur forme la plus extrême, elles peuvent mener au passage à l'acte terroriste. En France, un premier attentat a été déjoué en mai 2024, suivi d'un autre en juillet 2025. Ces faits montrent que la menace n'est plus seulement théorique.

Face à l'ensemble de ces risques et tentative de remettre en cause les droits des femmes, que peut que pouvons-nous faire ? Pardon ? Il nous faut mobiliser l'ensemble des leviers à notre disposition et sans anticiper les échanges à venir, je voudrais mettre en avant trois pistes essentielles.

L'éducation. D'abord, notre délégation rappelle régulièrement l'importance d'une formation dès le plus jeune âge à l'égalité entre les femmes et les hommes. Or, force est de constater qu'aujourd'hui les moyens mis en œuvre en direction de de l'évars sont très insuffisants en comparaison des moyens et stratégies mis en œuvre par les mouvements masculinistes.

Le combat se fait donc à armes inégales. La régulation des plateformes ensuite car c'est là que se diffusent ces idées. Or, nous observons une forme de réticence, voire un recul dans les efforts de régulation.

Nous devons absolument inverser cette tendance. Enfin, la prise en compte du risque d'action violente et notamment du risque terroriste. La Suisse a par exemple intégré les mouvements Incells dans son plan d'action nationale, de lutte contre la radicalisation et l'extrémisme violent 2023-2027.

Cette reconnaissance devrait inspirer une réflexion européenne. Afin débattre ensemble de ces moyens d'action, je souhaite la bienvenue aux trois intervenantes de cette deuxième table ronde. Chan McLaren en visoconférence, cofondratice et coprésidente de l'association Stop Ficha, Lucy Daniel, experte plédoyer au sein d'Ekipop, association féministe de solidarité internationale et Alice Quaran, commissaire de police et chef des plateformes de l'OFAC, office antiybercriminalité.

Merci à vous mesdames pour votre présence ce matin, que ce soit en vio ou en présentiel. Et je vais laisser sans plus tarder la parole à Chanel Cléo McLaren, cfondatrice et coprésidente de l'association Stop Ficha qui est avec nous en visoconférence et j'espère que ça fonctionne. Je n'ai pas prévu de chanson.

Voilà. Merci à vous madame. Bonjour.

Merci beaucoup. Alors tout d'abord, est-ce qu'on m'entend bien ? Parfaitement.

Bon ben super. Alors je vais commencer. Euh donc bonjour à tous et à toutes.

Euh donc je suis Chanc McLaren. Je suis une activiste féministe experte sur les enjeux d'égalité de genre et de numérique. Euh je voulais vous remercier pour pour cette invitation aujourd'hui et donc je vais je vais commencer.

Donc j'ai créé en 2020 euh un mouvement social féministe qui s'appelle Stop Ficha en réponse à l'explosion des cybervolences à caractère sexité sexuel pendant le confinement. donc en France et donc le mouvement qui est ensuite devenu une association. Donc ça c'était en France mais j'ai très rapidement commencé à travailler à l'échelle européenne et internationale pour plusieurs raisons euh parce que finalement on s'est rendu compte que ce qui s'est passé en France donc l'explosion de la haine en ligne et des violences en ligne faites aux femmes et aux filles, c'était pas qu'une problématique française, c'était pas quelque chose qui nous touchait juste nous mais en fait ça touchait énormément d'autres pays.

Euh et donc finalement c'était une crise qui était c'était une crise internationale sur nos droits notamment dans l'espace numérique. Et donc j'ai commencé à travailler avec des activistes dans plusieurs pays. Euh donc nous en France, on a lancé le hashtag stop.

Au Portugal, c'était Nao Partyes. Euh au Maroc c'était Diafrasc. Euh donc avec des activistes et des associations euh d'Europe mais aussi du monde entier.

Donc très rapidement en fait on a commencé à travailler à cette échelle-là parce que l'espace numérique est en transnational les cybervalance le sont aussi mais aussi parce qu'on fait face à des multinationales du coup qui opèrent à l'échelle internationale. Donc les big tech les big plateformes les grosses plateformes et et donc face à il faut des réponses qui soient coordonnées à l'échelle européenne. Donc on l'a vu récemment avec le DSA et d'autres lois mais aussi à l'échelle internationale.

Donc voilà, ça m'a un petit peu amené à travailler à l'échelle à la fois française mais aussi internationale sur ces questions là. Donc j'ai un petit peu parlé de stop et je souhaite prendre un petit moment pour revenir dessus parce que c'est un lien en fait finalement avec le masculinisme. En fait, il faut pas décorréler les problématiques de violence en ligne avec les questions de masculinisme en ligne.

On voit on voit qu'en réalité c'est tout un écosystème et qu'il faut quand on parle de masculinisme en ligne, il faut parler des violences en ligne et de la haine en ligne à caractère misogyne. Donc l'histoire de Stop Ficha, c'est quelque chose qui est c'est quelque chose qui est né pendant le confinement d'avril 2020, quand le monde s'est s'est confiné, quand la France s'est confiné très rapidement donc nos vies en fait sont devenues numériques, tous nos espaces, tous nos discussions, nos liens sociaux en fait étaient sur nos sur nos téléphones, sur nos réseaux sociaux et donc c'est vraiment devenu nos espaces de communication et nos espaces publics. Très rapidement les violences les violences en ligne aussi augmenté.

C'est quelque chose qui aurait pu être prévu en fait. C'était prévisible, c'est même logique. Euh et ce qui s'est passé, c'est que très rapidement, au bout de quelques jours, je crois qu'au bout de 4 jours, euh ma petite sœur, elle m'a elle m'a alerté sur un compte Ficha qui avait été créé dans sa ville.

Euh et donc le compte s'appelait Ficha avec le numéro du département de la banlieue où elle était lycéenne. Et donc moi je j'avais 21 ans et je comprenais pas du tout ce que c'était qu'un compte Ficha. Et puis là, elle me montre euh je lui dis de me montrer et donc là, elle ouvre la plateforme Snapchat et euh je vois un compte qui donc du coup qui s'appelle Fich avec le nom du département et puis là je je tombe des nu parce que ce que je vois est est juste horrible.

Euh c'était des contenus intimes de filles de son lycée, mais aussi des lycées aux alentours, donc dans la même banlieue, mais aussi des femmes en fait, des mères au foyer. Euh donc c'était des contenus intimes divaiés avec leurs données personnelles tels que leur nom, leur prénom, l'adresse, euh les coordonnées des parents, la wasabi, enfin tout pour les retrouver, tout pour les humilier. Et donc à ce moment-là, je faisais je signalais, je signalais, je signalais mais il y a absolument rien qui se passait.

Et donc ma petite sœur et puis aussi ses copines qui étaient victimes de ses comptes étaient étaient dans un état bah de sidération complète. Moi quand j'ai vu ces comptes, les premières questions que je me suis posé c'est la première question c'est est-ce que ces filles font bien parce que c'est une violation extrême de nos droits mais aussi pourquoi est-ce que ces contenus sont en ligne ? Et donc ça, je pense que c'est une question qui va être intéressante à aborder ce matin.

Pourquoi est-ce qu'on autorise ces contenus à être en ligne et pourquoi est-ce que ce n'est pas pourquoi il y a une déférience dans la modération ? Et donc pourquoi est-ce qu'il y a une telle banalisation des violences faites aux femmes et aux filles dans l'espace numérique, de la haine sexiste en ligne et donc du masculinisme ? Et donc ça c'est l'histoire de de stop chat face à face à à ce compte là.

Dès le lendemain en fait c'est devenu viral. Il y a eu un compte par département, un compte par ville. Donc on a vu Ficha Marseille, Ficha 95, Ficha Havre, Fich à Lille.

En fait, c devenu viral, c'est devenu national finalement. Et donc face à ça, avec les victimes qui me contaient petit à petit, euh en fait c'était plus possible. Euh on signalait mais les plateformes ne réagissaient pas.

Donc on a lancé un hashtag qui est le hashtag stopshot pour venir former une vague plus grosse que que la leure et un petit peu créer un contre mouvement. À partir de ce moment-là, l'opinion publique s'en est saisie. Euh, il y a des ministres qui sont nécessais.

Je m'en Marlen Chiappa à l'époque qui avait communiqué sur la question et il y en a eu d'autres aussi. Et donc à partir de ce moment-là, les plateformes ont commencé à un petit peu modéré mais très rapidement les compte ficha ont émergé sur Telegram où Telegram là on est tombé sur en fait c'est un autre niveau. On est tombé sur des groupes où c'était de l'exploitation sexuelle pure et dure avec les contenus des filles qui étaient diffusés où Telégram modérait absolument pas mais aussi sur des groupes masculinistes en fait qui organisaient des raides euh de cib harcèlement contre les femmes et les filles qui étaient victimes de ces comptes-là mais aussi d'autres.

Et donc c'est là où pour la première fois, j'ai vraiment fait face à ce genre de groupe masculiniste et où j'ai réalisé qu'en fait les questions de violence en ligne, mais aussi les questions de masculines sont des violences et sont des délits qui sont organisés et qui sont collectifs. Voilà, on est en 2025 ans plus tard et 5 ans plus tard, forcé de constater que après l'explosion des comptes Ficha, le phénomène persiste puisqueaujourd'hui il y en a toujours. Il y a toujours des des comptes ficha, il y a toujours des questions de violence en ligne.

Pour l'année 2024, il faut que je fasse un point pour l'année 2025, mais pour l'année 2024, Stopsha a reçu plus de 400 signalements pour TikTok uniquement. Et donc l'âge moyen des victimes qui nous signalaient des contenus était de 15 à 16 ans. Euh et en fait les signalements ne démontr votre micro.

Est-ce que vous pouvez juste vous rapprocher un tout petit peu de votre micro s'il vous plaît ? Mettre le son plus fort en en en en séance aussi peut-être. Merci.

Sinon je vais mettre mes écouteurs. Alors j'arrive tout de suite. Peut-être que ce sera mieux.

Est-ce que c'est mieux ? Allez-y, allez-y, on va s'arranger. OK, très bien, ça marche.

Donc pour revenir sur ce que je disais, force, c'est de constater que 5 ans plus tard, en fait, les violences en ligne d'ordre sexuel sont toujours là, elles continuent de monter, mais en fait que ces violences forment une culture de la haine en ligne et de la haine misogyne en ligne qui devient finalement omniprésente et qui devient culturel car en fait les réseaux sociaux forment aussi notre culture et notre société. Ce qu'on voit en plus de cette culture, c'est que ça crée finalement un terrain fertile pour la haine, une haine misogyne qui peut tendre vers le masculinisme. Et depuis plusieurs années, on voit qu'il a une montée très inquiétante du masculinisme.

Ce que l'on voit et ce que j'aimerais dire, c'est que le masculinisme en fait, c'est une forme de radicalisme en ligne et il ne vient pas nulle part. Elle est structurelle. C'est pour ça que je parle beaucoup aussi des questions de violence en ligne.

C'est structurel car il s'agit de l'architecture et du business model des réseaux sociaux des réseaux sociaux qui tirent profit de la haine en ligne, des violences en ligne car ça génère de l'attention. C'est ce qu'on appelle l'économie de l'attention. Et donc si on veut s'attaquer aux questions de masculinisme au ligne, il faut s'attaquer au système qui est la manière dont les réseaux réseaux sociaux sont construits, sont façonnés.

Euh donc quand on parle de l'architecture des réseaux sociaux à laquelle il faut s'attaquer, nous on a on a créé un un terme qui est le mot cybersisme pour parler de cette architecture des réseaux sociaux qui est qui est construit en fait sur de la misogénie mais aussi pour s'interroger sur la manière voilà dont les réseaux sociaux sont en partie construit sur la mesogyogénie. Et donc il y a plusieurs choses à dire sur le cyberssexisme. Le premier c'est pourquoi est-ce que le cybersisme existe ?

C'est à cause du manque de femmes et de filles dans la tech. Ce qui a un impact sur les produits qui sont développés. C'est aussi euh à cause des algorithmes sexistes et discriminato discriminatoires.

Donc il y a plusieurs études qui ont été menées notamment en France qui ont démontré le rôle des algorithmes des réseaux sociaux tels que Instagram qui tendent à promouvoir un certain type de contenu euh pour les femmes. Donc en fait, on s'est rendu compte que les les algorithmes tendent à promouvoir, à booster les contenus de femmes qui sont blanches, fines et qui rentrent parfaitement dans les critères beauté, des critères de beauté qui sont en fait souvent inatteignables et qui sont biaisés. Et en Europe, il y a une étude qui a été menée qui démontre que 47 % des filles déclarent que les réseaux sociaux ont eu un impact sur leur santé mentale en raison de leur enés en raison pardon de la représentation des femmes et de nos corps en ligne.

Mais du coup, pourquoi faire ça ? parce qu'encore une fois ça rapporte de l'attention parce que on parle de multinationale, on parle d'entreprise et il faut rendre son contenu attractif et en rendant son contenu addictif notamment, on garde l'économie de l'attention. Donc c'est un petit peu comme une vitrine de magasin.

Notre fil d'actualité nous propose du contenu qui est attractif, qui suscite des émotions fortes et donc c'est pour ça que nos corps, les corps des femmes sont notamment hiérarchisés dans cette cet espace là. Donc là, je parle de ça, mais c'est pas décorrélé du sujet du masculinisme en ligne. C'est vraiment pour comprendre l'architecture des réseaux sociaux et du cybersisme qui permet le masculinisme en ligne.

Et donc ça a un impact sur la la reproduction des stéréotypes de genre. Ça a aussi un énorme impact sur la représentation des femmes et des filles, mais ça a aussi un d'énorme impact sur la misogénie et la égalité de genre en ligne, mais pas qu'en ligne, mais aussi dans l'espace physique. Une autre caractéristique de ce que c'est que le cyberssexisme, c'est le manque de modération des plateformes qui impacte tout le monde mais surtout les femmes et les filles qui se trouvent en première ligne et donc à la haine en ligne et aux questions de cybervolence.

Aujourd'hui, plus de 60 % des femmes dans le monde déclarent avoir été victimes de violence en ligne et elles sont 27 fois plus susceptibles de subir du harcèlement en ligne que les hommes. Et donc les plateformes disent avoir du mal à modérer, ce qui normalise les violences en ligne, les discours de en ligne et donc ce qui nous amène vers le masculinisme en ligne. Donc voilà, il me semblait important de revenir sur la notion de cybersisme parce qu'il faut prendre en compte la dimension structurelle de ça en terme de donc on voit que le cyberssexisme et le masculinisme en ligne sont une atteinte à nos droits et sont une menace en fait pour nos droits, nos sociétés et nos démocraties et aussi comment on fonctionne.

Et donc le rôle des plateformes dans la radicalisation et donc du cyber du masculinisme pardon est clé. Euh, il y a une enquête qui a été menée par le Wall Street Journal en 2021 qui a démontré que l'algorithme de TikTok tend à exposer progressivement les utilisateurs, donc au fur et à mesure de son utilisation, à des à des contenus de plus en plus extrêmes et radicaux, quel que soit finalement leur centre d'intérêt initial. Et il démontre aussi comment à partir d'un simple compte euh les utilisateurs pouvaient se retrouver rapidement être confrontés à des contenus la polyg suicide ou exposé à de la propagande néonazie ou à des contenus théoristes en ligne.

Il y a aussi une deuxième étude qui a été menée par l'université de Belfast qui a révélé qu'en moyenne les hommes sont exposés euh les jeunes hommes sont exposés à de tels contenus. Donc misogynes et masculiniste en moins de 20 minutes de navigation sur TikTok. On voit que le masculinisme en ligne est en pleine expansion tant dans l'espace numérique que les algorithmes ont un rôle à jouer.

Euh c'est en pleine expansion et ça présente plusieurs dangers. Euh au cours de ces dernières années, surtout très récemment, ces mouvements sont devenus extrêmement populaires et ont réussi à croître leur influence et à une échelle en fait qui est devenue extrêmement préoccupante et j'en parle en connaissance de cause parce que je je le vois dans le cadre de Stop Ficha dans le cadre des interventions que je fais mais aussi juste dans mon propre entourage comment ces contenus en ligne, les contenus misogynes en ligne, la culture misogyne en ligne et donc les contenus masculinistes en ligne commencent à impacter mon propre entourage et commence à réussir à convaincre euh les hommes mais aussi de très jeunes garçons et ça a un impact immense sur l'égalité de genre aujourd'hui. Le masculinisme en ligne contribue aussi à normaliser et rendre accessible acceptable finalement la misogénie contre lequel contre laquelle on s'est battu et contre laquelle on se bat encore aujourd'hui.

Donc ici on parle de d'un backlash d'un retour sur nos droits, une normalisation de la haine sexiste en ligne et du masculinisme en ligne au point où il y a des tendances en fait qui en émergent. Je vais citer une tendance et je regarde l'heure et je me rends compte que il faut peut-être que j'accélère, désolé. Euh mais il y a quelques mois, il y a une tendance qui a émergé sur TikTok qui était donc d'utiliser une tasse de café, donc l'emoji tasse de café et de le commenter sous les publications de de femmes, notamment sur TikTok et Instagram.

Et donc un emoji tasse de café, ça peut paraître super anodin mais c'était un message clé euh un peu comme un appel à solidarité. masculine face à des contenus de femmes pour se moquer et discréditer les femmes qui prennent la parole en ligne. Donc cet emoji finalement viser à symboliser le fait de siroter son café tout en gardant les femmes de loin en se sentant qu'elles sont stupides et manquent de bon sens.

Donc ça c'est on voit aussi que là les cyberolences sont un impact à notre liberté d'expression. Il y a plein d'autres exemples de tendance de haine sexiste en ligne, mais comme on l'a dit, encore une fois, c'est structurel. On parle de violence en ligne, de haine en ligne qui ensuite découle sur des communautés ou des mouvements masculinistes en ligne.

Et donc qu'est-ce qu'on qu'est-ce qu'on peut faire face à ça ? Donc évidemment, la première chose qui est à faire, c'est de mettre en place une véritable éducation à la vie affective et sexuelle. Euh sensibiliser aussi dès le plus jeune âge à la culture de l'empathie et de l'égalité de genre.

Il faut augmenter les moyens de la justice. Je pense qu'on le sait tous très bien dans cette salle. Euh il faut augmenter les moyens de la police numérique.

La gendarmerie numérique qui fait de l'excellent travail. Je pense aussi à l'OFmin. Il y a Faros qui souffre d'un manque de moyen énorme et qui nous inquiète énormément puisque Pharo c'est le portail de signalement de contenu illicite en ligne.

Aujourd'hui, on ne sait même pas combien ils sont exactement. Il y a un manque de transparence et il y a un manque de personnel. Euh des chiffres qu'on entend euh il y a un manque de personnel énorme.

Euh nous avons euh de du côté législatif, nous avons de très belles lois et en réalité voilà nous avons la loi la loi Senine et il s'agit d'une des lois les plus ambitieuses dans le monde en matière de régulation des plateformes numériques. Mais le manque de moyen fait barrage à sa mise en œuvre et inquiète et devrait nous alerter. Euh il y a autre chose qui faitage et c'est les tentatives constantes, la pression qui pousse à la dérégulation des plateformes numériques.

Donc en Europe, on a adopté le Digital Services Act euh en 2022, il me semble, pour réguler les plateformes numériques. Et le DSA représente finalement la première fois que des États sudis se sont unis et ont front commun pour réguler les plateformes numériques. Le DSA, c'est aussi la première loi transnationale en matière de numérique dans le monde et ça c'est très important.

Pourquoi ? Comme on l'a dit, comme l'espace numérique est transnational, alors nos réponses aussi doivent l'être et aussi parce qu'on fait face à des multinationales. Alors parfois les États quand elles font face auite, elles peuvent parfois être faibles malheureusement mais l'Union fait la force et c'est ce qu'on a pu voir à travers le DSA.

On est en 2025 et le DSA est actuellement dans le process d'être de de dans sa mise en œuvre. Et dans cette dynamique, la Commission européenne a ouvert des procédures contre certaines plateformes euh qui n'ont pas respecté le DSA ou qui n'ont pas pu voilà qui n'ont pas adopté les moyens pour s'y conformer. Et euh le DSA prévoit des amendes qui va jusqu'à 6 % du chiffre d'affaires mondial.

Donc, il faudra voir si bientôt des amendes vont être imposées aux plateformes, mais on voit déjà que certaines non TikTok et méta font face et et challenge un petit peu ces ces procédures. Les pressions dont je parle en fait, elles viennent de deux acteurs. Les premières le premier type d'acteur, c'est les plateformes numériques elles-mêmes qui contestent le DSA et qui contestent les procédures ouvertes.

Le deuxième type d'acteur, c'est les États-Unis. C'est un petit peu l'éléphant dans la pièce quand on fait des conférences en ce moment. Euh mais c'est c'est il faut il faut le dire, il faut le dire euh c'est les États-Unis qui protègent ces entreprises euh puisqu'en fait les entreprises contribue à à l'économie et aussi puisqu'il s'agit euh d'enjeux géopolitique.

Ces pressions en ce moment, on les voit actuellement et c'est intéressant qu'on en parle aujourd'hui parce que il y a un momentum euh ces dernières semaines à l'échelle de l'Union européenne. Donc le DSA et enfin ce qu'on voit c'est qu'en fait c que cet impact il a que cet impact à la fois des big tech du lobby des big tech mais aussi du lobby des États-Unis a un impact concret sur l'Union européenne parce que très récemment et donc il me semble que c'était la semaine dernière il y a eu le digital Omnibus qui a été publié par la Commission européenne. Ce Digital Omnibus, c'est un texte qui appelle à réouvrir plusieurs lois européennes pour lesquelles on s'est battu et pour le et sur lesquelles enfin pour lesquelles on est tant attaché comme le RGPD qu'on pensait qu'il ne serait jamais réouvert.

Euh ce Digital Omnibus vient appeler le Parlement européen à réouvrir euh l'AC le RGPD pour les simplifier. Et donc c'est vraiment le terme qui est utilisé, c'est la simplification. la simplification qui du coup signifie la dérégulation.

Et donc ça c'est un produit direct euh du lobby donc euh des plateformes numérique mais aussi des États-Unis. Donc en fait c'est des lois numériques qui sont là pour nous protéger conclure parce que comme il y a deux autres personnes qui interviennent et après il y a une autre table ronde. Donc est-ce que est-ce que vous vous pouvez conclure sur et vous répondrez peut-être aux questions s'il vous plaît madame.

Bien sûr. Et donc voilà, ça c'est des c'est des remises en question de nos lois numériques qui ont un impact sur nos droits qui ont un impact sur nos droits dans l'espace numérique et qui ont un impact sur les droits des femmes et des filles en ligne. Donc je pense que peut-être un appel, c'est dans le cadre de la séance d'aujourd'hui, c'est pour nous pays européen de faire bloc et de voilà de désolé, j'ai j'ai du mal à conclure mais voilà juste de ne pas céder et de continuer à protéger nos droits dans l'espace numé.

Voilà, je m'arrête là. Merci beaucoup et désolé d'avoir un petit d'avoir été un petit peu longue. Je vous remercie beaucoup madame pour cette intervention au titre de l'association Stop Ficha et je vais peut-être intervertir les prises de parole pour laisser la parole si ça vous convient Lucy Daniel à à la à Alice Quarant commissaire de police et chef des plateformes de l'OFAC anti l'office anti cybercriminalité pardon.

Et je vous demande juste 2 secondes pour saluer l'arrivée de Berérangère Couillard, présidente du Haut Conseil à l'égalité. Merci Berérangère d'être parmi nous et je voulais te saluer parce que comme je vais partir avant la fin. Merci.

Donc Alice Quaran, c'est à vous commissaire. Je tiens à remercier la délégation. A priori il est il est bon.

Pardon. Je tiens à remercier la délégation droits des femmes pour cette invitation et en premier lieu a indiqué que la question du démasculanisme est un enjeu qui nous préoccupe tous et en ce qui concerne plus précisément le ministère de l'intérieur auquel j'appartiens évidemment dans sa dimension reliée à tout ce qu'on va appeler les extrémismes violents. Et dans ce contexte-là, des travaux ont déjà été engagés depuis un certain temps, que ce soit par les services opérationnels ou de façon plus stratégique, par exemple sous l'églée au plan femme paix sécurité. qui est d'ailleurs dans la salle, madame Nathalie Pile.

Euh madame la sénatrice, vous avez évoqué tout à l'heure dans l'introduction la question du Far West sur les réseaux sociaux et c'est quelque chose qui revient très régulièrement dans les discours. J'ai l'honneur de diriger les deux plateformes de l'OFAC qui sont donc Phase et TZé. Et dans ce contexte-là, le rôle de Pharaos, c'est justement autant que faire se peut de ne pas laisser s'y installer l'impunité.

Je vous propose donc dans mon introduction puisque le le la question de cette seconde table ronde, c'est de d'évoquer les moyens qui sont à notre disposition pour pouvoir répondre à ces enjeux, de vous présenter le plus succintement possible le rôle de cette le rôle de cette plateforme qui est quand même relativement complexe. La première chose que je souhaite rappeler, c'est le fait que Pha, c'est un dispositif premièrement très atypique puisque pour avoir l'habitude maintenant avec mon poste de rencontrer un certain nombre de délégations européennes et internationales, on connaît très peu voire pas d'équivalent à notre dispositif. Et deuxièmement, un dispositif qui a beaucoup d'expérience puisqu'il a été ouvert au public en 2009. 2009, ça veut dire que les travaux pour le créer se situent entre 2006 et 2008.

Et pour rappel et pour contextualiser un peu l'arrivée de Facebook en France, c'est 2007. Donc il faut aussi savoir rendre hommage aux personnes qui nous ont précédé et qui ont su anticiper dans l'administration la prise en compte de ces nouvelles menaces. J'en viens à l'un des enjeux essentiels de Phase qui est la question de son périmètre.

Le périmètre de Pha qui est la plateforme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements, il est excessivement large puisque'en réalité, il comprend l'ensemble des contenus illicites publics sur internet. Et à cette définition générale, il faut souvent ajouter une longue liste d'exceptions. Une première exception qui est pour nous très importante et qu'on tient à rappeler à chaque occasion, c'est la question des annonces de suicide sur les réseaux sociaux puisque l'annonce d'un suicide n'est pas un contenu illicite en revanche, il est évidemment pris en compte par l'administration, par les forces de l'ordre et c'est Faros qui se charge de ce rôle particulièrement important puisque quotidiennement nous sommes saisis de signalement par les internautes qui nous indiquent sur tel ou tel réseau social sur ce site, une personne a l'air d'être dans un état de détresse psy psychologique indique qu'elle souhaite passer à l'acte et cette question du passage à l'acte est importante.

On y reviendra. Et donc nous enclenchons dans un tel contexte une procédure administrative d'urgence pour pouvoir identifier, localiser le plus rapidement possible la personne qui est derrière ces messages pour pouvoir envoyer les services locaux sur place. Ça c'est très important.

Pha est compétent pour les contenus publics et c'est ce qui va faire qu'une partie des phénomènes que nous avons évoqués ne va pas directement nous concerner puisqu'il y a beaucoup de choses qui se qui se s'intègrent dans des phénomènes de groupe privés euh ou de sites, on va dire très confidentiels qui ne seront accessibles plutôt de forums qui ne seront accessibles qu'à des personnes qui disposent d'un compte. En revanche, avec cette question de des contenus publics sur internet, on a déjà beaucoup à faire et vous pouvez vous douter que quand on dit l'ensemble des contenus illicites, ça va bien au-delà de la question du masculinisme puisqueévidemment nous sommes compétents pour tout ce qui va concerner le terrorisme, la pédopornographie, les trafics, les trafics d'êtres humain, tout ce qu'on peut trouver de pire sur internet, on y est confronté. Les agents que je dirige, ils sont confrontés quotidiennement.

Pha s composé de quatre entités spécifiques, de quatre unités. La première étant une unité qui est présente en H247, c'est-à-dire qu'il y a une prise en compte à tout instant, de jour comme de nuit, en semaine et en weekend, de toutes les situations qui nous sont signalées. Et parmi ces situations, on peut évidemment situer on peut évidemment citer les situations d'urgence vitale qui englobent donc tous les risques imminents d'atteinte à la vie qu'on peut avoir, que ce soit donc les annonces de suicide que j'évoquais juste avant. mais aussi évidemment des passages à l'acte d'attentat, par exemple, toutes les menaces d'attentat, des menaces de fusillade, des menaces qui vise des personnes dénommées et on va évidemment comprendre dans cette thématique la question des passages à l'acte, notamment d'Insell.

À côté de cette unité en age 247, nous avons un pôle judiciaire qui va être chargé d'identifier, de localiser, c'est-à-dire par le biais d'une première partie de procédure judiciaire, les personnes qui sont derrière les comptes qu'on nous signale pour pouvoir envoyer ces éléments au service territorialement compétent. Et cet enjeu là, il est très important pour nous puisque encore une fois, il s'agit de ne pas laisser s'installer une impunité planée entière sur internet. À côté de ces deux unités, nous avons évidemment et c'est l'occasion de le rappeler, une unité qui est spécialisée dans la lutte contre la haine en ligne et les discriminations puisque et ça a été réplé à de nombreuses reprises dans les interventions précédentes, il y a tout un enjeu autour des acteurs, autour des langages, autour des usages de verbes, de mots, d'expressions, d'emoji qui vont être employés pour essayer de d'éviter la modération des plateformes.

Et ces acteurs, ces langages, il faut les connaître pour pouvoir les comprendre. Une expression qui revient souvent qui est assez emblématique dans ce contexte là. Si on ne n'est pas conscient du fait que l'expression dragon céleste, ça va concerner les personnes juives, on va passer à côté d'un certain nombre de messages sur internet.

Mais ces exemplesl, on pourrait en citer jusqu'à non plus finir. Enfin, nous avons une cellule des mesures administrative qui va être chargé de mettre en œuvre les pouvoirs spécifiques de Pharaos puisque Pharaos dispose de prérogatives administratives. Et dans ce contexte-là, nous mettons en œuvre à la fois en s'appuyant sur le cadre juridique français mais également européen des mesures pour aboutir au retraits des contenus.

Et c'est l'enjeu d'une telle plateforme qui va permettre de centraliser tous ces signalements puisque on va à la fois s'appuyer à la répression de ce qui a été publié mais aussi faire en sorte de vrai à la protection du plus grand nombre en travaillant au retrait de ces contenus. J'ai oublié de citer une chose essentielle sur PhaOS, c'est la question de savoir qui peut l'utiliser, qui peut l'employer. Et là-dessus, c'est simple, tout le monde, mais ça va un peu plus loin que ça, c'est-à-dire tout internaute, quel qu'il soit peut aller sur la plateforme qui a été citée d'ailleurs par une des intervenantes et déposer un signalement.

Ça peut être fait de manière nominative, ça peut être fait de manière anonyme et c'est important pour nous puisque nous recevons parfois des signalements anonymes qui sont très importants. Mais nous sommes nous avons aussi évidemment des liens avec un certain nombre d'associations. C'est le cas de Stop Ficha par exemple ou enfance.

Nous avons un certain nombre de partenariats avec d'autres entités administratives, par exemple laadcra et nous sommes en lien avec un très grand nombre de services à l'échelle non pas seulement du ministère de l'intérieur mais de manière interministérielle puisque nous avons vocation à irriguer, on va dire un très grand nombre d'autres services avec les informations qui nous sont signalées. Je voudrais conclure par vous don en vous donnant un exemple récent de signalement qui a pu nous être donné et qui a qui s'inscrit parfaitement dans le thème de cette de ce colloque. C'était il y a quelques mois le signalement d'une jeune femme qui nous indique qu'elle est en lien avec un individu sur internet qui lui a fait part de ces de son adoration pour Elliot Roger qu'on a pas cité mais qui est très important dans la mythologie masculiniste qui est donc un celle qui ah oui vous l'avez cité pardon en introduction qui est passé à l'acte en 2014 et qui fa part de ses vélités meurtrières vis-à-vis d'une de ses camérades de classe qui aurait accusé à tort de viol plusieurs de ses amis donc on retrouve tous les thèmes qu'on a abordé.

Voilà. Et c'était particulièrement inquiétant puisque sans rentrer dans les détails du fait de la confidentialité des enquêtes, on avait quand même un très grand nombre de risques de de d'éléments qui laissaient penser un passage à l'acte ou un risque de passage à l'acte imminent. Nous avons déclenché une procédure d'urgence là encore pour pouvoir le plus rapidement possible identifier cette ce jeune homme qui a été interpellé dans son établissement, qui avait des armes sur lui et qui est toujours sous le coup d'une enquête judiciaire.

Ça permet d'illustrer à quel point le le ce ce type de menace est prise au sérieux par le ministère de l'intérieur parce que nous sommes conscients de tous ces enjeux et de toutes ces menaces. Et je conclurai, j'espère que j'ai pas été trop longue, en indiquant que donc Pharaos de par sa position est en première ligne avec un certain nombre d'autres services mais reste en première ligne face à ces phénomènes et plus particulièrement face au face à la radicalisation d'un certain nombre de discours, notamment en matière de haine en ligne. La force de cette unité, c'est qu'elle repose à la fois sur ses partenaires mais aussi sur les citoyens qui sont les premiers à nous envoyer leur signalement.

Merci beaucoup. Et bien écoutez, merci beaucoup pour ce témoignage, c'était très intéressant et je vais immédiatement céder la parole à Lucy Daniel qui est experte plédoyer pour Equipop. Merci.

Bonjour, merci. Merci beaucoup pour pour cette invitation. J'avais un peu anticipé pour être honnête au vu de profes interventions brillantes que un certain nombre de points auraient été anticipés.

Donc euh c'est très bien et je remercie euh euh particulièrement Chany pour euh euh l'identification de toutes ces pistes d'action. Euh donc je vais euh je vais peut-être une intervention plus courte et un petit pas de côté pour que ça soit euh bien complémentaire. Euh donc euh je suis effectivement euh responsable de ploï d'études chez IKIPOP, une association féministe et de solidarité internationale qui travaille notamment beaucoup sur les enjeux liés au baclash dont le masculinisme est une est une manifestation.

Et quand vous m'avez proposé donc cette table ronde sur les pistes d'action, j'ai pensé qu'il serait intéressant de nous demander aujourd'hui comment ensemble, mais aussi chacune et chacun dans ses responsabilités, ses fonctions, on pouvait agir pour une réelle prise de conscience collective de ce masculinisme et de ces dangers puisque c'est ça la condition de l'action. Euh vous l'avez dit, c'est un sujet qui commence à être débattu publiquement et donc euh je voudrais me demander avec vous euh comment bien poser les termes de ce débat aujourd'hui. Euh et ensuite euh je j'ajouterai peut-être quelques éléments sur euh les politiques euh publiques et les financements euh à mobiliser.

Je voudrais vous partager pour ça l'expérience des KOP puisque nous avons publié il y a 2 ans un rapport avec l'Institut du genre en géopolitique contré les discours masculinistes en ligne et il se trouve que ce rapport est celui qui a le mieux marché si je puis dire auprès des médias puisqueentre nos deux organisations, nous avons dû répondre je pense à une quarantaine de sollicitations médiatiques à ce sujet. Euh donc bien sûr, on a vu ça plutôt d'un bon œil puisque notre objectif c'était précisément de de sonner l'alarme et de faire parler des dangers du masculinisme. Mais euh cet engouement médiatique nous a aussi amené chez Kipop assez vite à nous poser des questions.

Comment utiliser ce ce cette mobilisation médiatique pour sensibiliser sur les dangers du masculinisme sans leur faire trop de publicité et comment dépasser l'objet de curiosité que peuvent être certains masculinistes et donner à voir le projet idéologique derrière cette mouvance. Je pense qu'on a trouvé un élément de réponse dans un concept qui est issu justement de notre pratique de la solidarité internationale qui est celui de ne pas nuire. Donc concrètement, comment est-ce qu'on peut faire pour parler du masculinisme s'ennuir précisément à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ?

Je pense que le premier élément et ça a été déjà bien développé par Christine Bar, c'est de bien nommer les choses. Si je vous partage mon expérience, moi à chaque fois que je réponds à des médias sur ces sujets, le premier message que je martelle, c'est que le masculinisme n'est pas le pendant du féminisme pour les hommes. Bon, ça nous paraît sans doute évident pour nous réunir aujourd'hui, mais je pense que c'est vraiment le premier élément de langage à apporter.

Euh ce sont deux mouvements totalement différents, on l'a suffisamment dit. Euh et l'abus de langage qui consiste à les mettre dos à dos euh est dangereux et c'est d'ailleurs un abus de langage qui est largement exploité par les masculinistes eux-mêmes. Donc de la même manière euh je pense que quand on invite euh des experts féministes sur un plateau ou dans une émission, cela ne veut pas dire qu'il faut en face y y opposer par exemple la la présence d'une d'une influenceuse proasculiniste.

Donc ça ce sont des des fausses équivalences qui qui faut je pense voilà contre lesquelles il faut qu'on qu'on se mobilise. Ensuite il faut bien sûr ne pas caricaturer. Ça a été aussi évoqué les les masculinistes.

Il n'y a pas vraiment de profil type de masculiniste. Il y a effectivement dans le cœur de cible des influenceurs en ligne une population assez jeune. Et les masculinistes, ce sont aussi des hommes qu'un cagénère en costard cravat dans des dans des cabinets politiques dans certains partis.

Ce sont parfois des femmes qui sont promasculinistes ou des milliardaires à la tête d'entreprise multinationales. Ensuite, il ne faut pas minimiser la gravité de ces de ce mouvement et je pense que ça a été très bien démontré à l'instant. C'est vrai que des fois on pourrait certaines vidéos, certains contenus prêtent à sourire parce qu'ils nous paraissent tellement ringar ou ou trancier.

Euh je pense qu'il y a parfois une utilité militante hein à faire de l'humour engagé sur sur ces contenuslà. Mais dans nos positions d'activistes, de de parlementaires ou de journalistes, je pense que il faut faire attention. Aujourd'hui, on on en est à 153 féminicides en France pour l'année 2025.

Donc c'est un sujet qu'il faut prendre très au sérieux. Et ensuite l'autre point qui va de paire, c'est de ne pas déresponsabiliser. Et ça c'est un équilibre qui est pas toujours facile à trouver.

Là aussi notamment dans dans l'exercice de l'interview mais qui auquel vous serez sans doute confronté dans vos avors dans vos travaux aussi parlementaire. Il y a il y a souvent l'idée que c'est la faute des technologies. Les technologies ne sont pas neutres, elles sont ce qu'on en fait.

Donc en l'occurrence c'est la responsabilité des dirigeants des bigtech. On a parlé de de renoncement. Moi, je pense que ces dirigeants sont plutôt maintenant même dans une stratégie complètement délibérée, proactive.

Elon Musk ne cache pas du tout maintenant ses ses affinités avec le masculinisme et avec un certain nombre de de parties d'extrême droite. On se souvient par exemple qu'il avait offert une carte blanche à la numéro 1 Alice Weidel du parti d'extrême droite en Allemagne pendant les élections. Donc là voilà, on est passé je pense à un nouveau stade du côté des des big tech et je pense aussi que d'une de la même manière qu'on ne doit plus parler d'hommes passionnels qui tueraient par amour, je pense qu'il faut faire attention parfois à ne pas angler toute l'analyse autour d'une souffrance réelle ou supposée des hommes qui parfois primerait sur la sécurité des femmes.

Et enfin ne pas dépolitiser, ça ça a été beaucoup dit aussi je pense ce matin. Donc rappeler que ce mascunisme existe et prospère parce qu'on est dans des sociétés patriarcales et qu'il y a vraiment un projet politique derrière ce mouvement. Donc qu'est-ce que ça veut dire maintenant pour nous dans nos différentes responsabilités euh pour les médias ? parce que je je crois que l'événement a été ouvert à la presse, mais c'est peut-être aussi un sujet que vous aborderez d'ailleurs dans dans vos dans vos dans vos travaux parlementaires.

Je vous invite à lire un rapport qu'on vient de publier hier avec un collectif journaliste qui s'appelle Prenons la une et une agence de formation féministe qui s'appelle la Frede et donc la le rapport journaliste et féministe mieux informé pour préserver la démocratie identifie justement des leviers d'action pour former dans les rédactions sur sur ces sujets-là. multiplier par exemple les postes de gender editor, appliquer le cadre légal sur les discours de haine dans les dans les médias et refuser, je dirais, une prétendue neutralité journalistique face à ce face aux masculinistes. Et pour les parlementaires, je pense qu'il y a un enjeu donc à renforcer, comme l'a dit Chany, tout l'arsenal politique, juridique et financier de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Je crois que vous allez bientôt examiner un projet de loi et une proposition de loi sur ces sur ces sujets. Donc, il faudra les les regarder bien sûr avec attention. On a parlé de la loi euh de 2001 sur l'éducation complète à la sexualité.

Euh et là je je pense notamment à la mobilisation du planning familial de Sidaction de SOS homophobie qui ont saisi le tribunal administratif euh pour non application de cette loi et euh le rapporteur public a reconnu d'ailleurs tout récemment une carence fautive de l'État en la matière. Donc il y a un vrai enjeu là aussi de de moyens. Euh il y a la régulation des bigch et euh je pense que ça a été euh ça a été bien couvert.

Et euh je voudrais aller aussi dans le sens de ce qui a été dit sur euh le euh le le fait de d'intégrer cette cette problématique dans la diplomatie féministe française. Effectivement, euh il y a un vrai euh rapport de force à installer avec ces bigtech, avec les États-Unis. Euh il y a peut-être des leçons à tirer euh de l'épisode qui a opposé la Cour suprême du Brésil à Elon Musk l'été euh l'été dernier.

Euh cette année, en tout cas la France, comme vous le savez, a adopté sa première stratégie internationale pour une diplomatie féministe. Donc vous avez maintenant euh en tant que sénateur et sénatrice un outil un texte de référence pour pour faire avancer les choses sur ces questions. Peut-être un autre élément que je voudrais partager, une autre alerte qui a été faite récemment par un certain nombre d'organisations comme le planning ou la fondation des femmes.

On a maintenant, si vous voulez, la confirmation que les algorithmes ciblent désormais les messages les messages féministe puisque la MTA a décidé de bloquer toutes les publicités sur les enjeux sociaux dans les dans la catégorie dans laquelle les droits des femmes ont été arbitrairement rangés. Euh donc il y a eu voilà des alires d'association qui voient leur contenu maintenant euh être euh déférencé, voire supprimés, qui n'ont plus de possibilité euh non plus de euh de d'avoir euh de la publicité euh sur ces contenus-là. Euh et dans le même temps, on voit effectivement euh des euh des attaques de plus en plus euh violentes, massives contre les associations féministes, contre les activistes féministes en ligne qui sont orchestrés par des mouvements masculinistes notamment.

Euh et ensuite, j'en viens à la bataille peut-être la plus importante et la plus actuelle pour vous. Euh c'est la bataille budgétaire euh puisque le projet de loi finance euh va arriver bientôt euh au Sénat. Euh selon la fondation des femmes, il faudrait 2,6 milliards d'euros pour accompagner les femmes victimes de violence en France aujourd'hui.

Euh les femmes qui portent plainte euh contre seulement 290 282 millions d'euros aujourd'hui consacrés à la lutte contre les violences. Euh donc on a un énorme un énorme fossé euh et en plus on est aussi dans un contexte de coupe budgétaire très forte dans le secteur associatif alors que les associations notamment féministes jouent un rôle de première ligne dans la prévention de ces violences, dans la sensibilisation, dans l'accompagnement des victimes et dans toutes les formes de résistance qui se mettent en place aussi face à ces mouvements masculinistes. Je vous renvoie aussi vers vers l'étude de la fondation des femmes auprès de 148 associations qui a révélé qu'une association sur deux disposit de moins de 3 mois de trésorerie par exemple ou vers le planning familial dont les financements ont été coupés dans dans certaines régions.

Il faut aussi soutenir les réseaux féministes et les activistes à l'international. On l'a dit, on est face à un mouvement qui dépasse largement les frontières et qui est organisé de façon transnationale. Or là aussi, on voit que les budgets ont été coupés ces ces deux ces deux dernières années.

Par exemple, le budget de l'aide publique au développement, donc qui est justement le le poste budgétaire qui permet notamment de financer l'action de de mouvement féministe à l'international. Euh ce budget a été coupé de façon très drastique de plus de 50 % entre euh 2024 et euh et 2026 pour la loi à venir. Donc euh ça c'est un point qui me paraît extrêmement important.

Euh et je je pense qu'il y a aussi un enjeu à porter cette question euh comme vous êtes en train de le faire au Sénat dans tous les partis dans tous les partis politiques. On a parlé du contexte en France au niveau du Parlement européen par exemple. on voit un certain nombre de partis politiques qui penchent de plus en plus vers l'extrême droite et et on c'est quelque chose qui est visible pour l'instant surtout je pense sur des questions climatiques mais c'est c'est une une rupture de cordon sanitaire qui touche aussi la question des de la place de la société civile en général et il serait je pense vraiment une erreur de penser que la question des droits des femmes restera épargnée encore longtemps par ce type d'alliance au Parlement européen.

Euh donc c'est c'était c'était le point que je voulais vous faire euh pour voir avec vous comment lutter contre cette international réactionnaire pour reprendre les mots du président Emmanuel Macron. Une une des conditions absolument nécessaires, c'est l'argent, c'est ses financements et on est vraiment dans ce sujet avec les débats budgétaires que vous allez que vous allez débuter. Et donc, je vous invite à faire vraiment tout votre possible pour éviter une situation où les où tous ces tous ces leviers seraient inactivable, faute de financement.

Je vous remercie. Et bien merci sincèrement à toutes les trois pour ces interventions qui viennent très bien compléter la première table ronde qu'animait ma collègue Laurence Rossignol. Je vais proposer qu'il y ait un échange avec la salle et bien entendu les participants de la première table ronde peuvent aussi intervenir dans ce cadre-là.

J'aurais pour ma part trois questions. J'ai évoqué dans mon propos liminaire la Milude et le rapport qui fléchait 2022 2024 euh la la sphère sectaire, on va dire. Donc quelles conséquences une fois qu'il y a un rapport, quelles ont été les mesures prises ?

Une deuxième question par rapport à Faros puisqu'on est en période budgétaire, vous venez de le souligner, est-ce qu'il y a suffisamment de moyens financiers et humains chez Faros ? Est-ce que votre périmètre d'action est suffisamment large pour combattre cela ? On a bien vu que la haine en ligne était quelque chose qu'on arrivait à combattre.

Lorsqu'on souhaite supprimer des contenus sur la haine en ligne, on y arrive. Lorsqu'on souhaite supprimer des contenus pour l'industrie de la pornographie, c'est plus compliqué. Qu'en est-il des contenus masculinistes ?

Et y a-t-il en en conclusion finalement, y a-t-il une véritable volonté politique ? parce que vous ressentez une volonté politique de combattre le masculinisme. Donc je vous encourage à noter les questions peut-être et puis je vais prendre toutes les questions, c'est en général plus efficace et vous pourrez répondre les uns les autres si vous le souhaitez.

Je cède la parole à notre collègue qui sera rapporteur de ce du rapport sur le masculinisme, Olivia Richard. Merci présidente. En complément, merci beaucoup madame Daniel.

Vous pouvez compter sur la mobilisation d'une grande partie des membres de la délégation droits des femmes du Sénat pour porter des amendements après l'impossible tenue. On nous répète beaucoup la difficulté la situation budgétaire de la France. On y sera jusqu'après Noël mais bon on fera notre maximum.

Euh madame Quiran, je me permets de vous poser deux questions et d'abord de dire, je pense que beaucoup partage ici l'admiration qu'on peut avoir pour les gens qui sont à Faros et qui toute la journée regardent des choses insupportables. On dira jamais assez à quel point c'est ça peut être difficile. Et donc merci.

Euh j'ai été alertée par une association euh qui est qui signale des contenus pour en obtenir le retrait à Phase que s'agissant de vidéos intimes sexuelles euh dont le partage n'a pas été consenti euh sur les réseaux, il leur été demandé une décision de justice pour acter le caractère non consenti du partage à partir du moment où la femme demande le retrait. Est-ce qu'on pourrait pas considérer que c'est déjà non consenti ? Première question.

Et la deuxième euh j'entendais il y a quelques jours que l'ARCOM avait demandé le retrait d'une d'un site en ligne. J'avais interrogé le gouvernement par une question écrite sur des morts violentes ou pas violent des gens qui mouraient en ligne et qui étaient diffusés. Et donc ma question comment vous articulez avec l'ARCOM pour le retrait des contenus mascul puisque c'est ça qui nous intéresse aujourd'hui ?

Merci. Merci à notre collègue Olivia Richard. Est-ce qu'il y a d'autres questions euh dans la salle ?

Oui madame. Merci. Euh c'est plus une remarque, une question que je me pose qu'une question qui attend une réponse.

Je fais partie deun génération un peu plus jeune qui a grandi avec TikTok, qui a grandi avec les influenceurs et je trouve qu'il y a une certaine normalisation de tout ça. Je trouve que quelque chose qui m'a marqué dans le documentaire de Pierre Gou, c'était cette ce masculinisme qui dit "Oui, mais c'est juste pour faire le buzz." Et c'est quelque chose que que je retrouve beaucoup et je trouve dans ma génération où on grandit avec des des clickbaits, des choses qui attirent le buzz, qui attirent le scandale et c'est comme si d'une certaine manière ça nous choquait de moins en moins puisqu'on est habitué en fait à des propos voilà un peu plus scandaleux pour attirer le buzz.

Et je me demande comment aujourd'hui on peut réussir à faire comprendre que c'est grave, que oui, peut-être que c'est juste pour le buzz mais que ça ne s'arrête pas là, que ça a des conséquences parce que c'est quelque chose aussi que je retrouve que j'ai déjà retrouvé dans la sphère privée où les gens sont pas spécialement alarmés par ce qu'il se passe euh mais juste voilà à dire que c'est de la bêtise et qu'il faut pas faire attention et on scrollle comme si c'était rien. et je me demande aujourd'hui comment s'adresser aux jeunes et leur faire comprendre que c'est bien plus grave et plus profond que ça en a l'air. Merci et bien merci beaucoup pour ce témoignage.

Alors, je vais vous laisser peut-être vous organiser qui vous pouviez vous présenter juste qui vous êtes ? Est-ce que vous êtes dans une association ou vous êtes invité par sénateur collègue de Lucide Kipop ? Très bien.

Merci à vous madame. Donc je vais vous laisser répondre et peut-être peut-être préciser que cette table ronde ces trois tables ronde successive c'est le démarrage aussi du travail qui sera fait par trois corpporteurs. Donc Olivia Richard, Béatrice Goselin et Laurence Rossignol.

Voilà, je vous laisse commissaire répondre. Commencer. Alors, pour des raisons que vous comprendrez évidentes, il m'appartient pas de me prononcer sur le budget du ministère de l'intérieur.

Euh ce que je peux vous indiquer à mon niveau, c'est que donc Pharaos, c'est une machine de flux et de quantité. Les chiffres des signalements qui sont effectués sont publics, hein, et ils sont en augmentation. L'année dernière, enfin en 2023, on était à plus de 211000 signalement, en 2024 à plus de 220000.

On les traite ces signalements. Euh le pardon, non, pardon, excusez-moi. Euh il y a le la question qui peut se poser, c'est par rapport à l'élargissement des compétences que nous connaissons depuis quelques années.

Pour vous donner un exemple concret, récemment dans le cadre de la loi visant à sortir la France du narcotrafic, nous avons eu une extension, alors je vais essayer de ne pas trop jargonner, mais une extension de l'article 6en de la LCen qui a conféré à Faros dans le cadre de ces pouvoirs administratifs qui sont et je le précise parce que c'est important évidemment mis en œuvre sous le contrôle de l'ARCOM avec lequel nous avons une relation partenariale extrêmement étroite puisque une personnalité qualifiée est désignée à l'ARCOM pour contrôler toutes les mesures mises en œuvre par Faros sur le plan administratif. Nous avons vu donc ce périmètre s'étendre encore pour englober de nouvelles matières. Il y a peut-être un enjeu à ce sujet-là.

Ces matières, je précise le périmètre de l'article 6rien. Il vise à la fois les contenus pédopornographiques, pédocriminels, les contenus terroristes, maintenant également les contenus en lien avec le trafic de stupéfiant. Dans le cadre de la loi Serren, une expérimentation en cours sur les tortures, les actes de barbarie.

Euh et donc il y a beaucoup d'enjeux par rapport à ces contenusl. Ça va me permettre de faire la transition avec une partie de la deuxième question qui concernait les contenus pornographiques. Il y a une chose très importante à Pha, c'est qu'il qu'il faut rappeler euh il y a une différence entre les contenus choquants et les contenus illégaux.

Et nous nous ne sommes compétents que pour les contenus illégaux et nous n'avons pas vocation du fait de notre positionnement à nous à nous prononcer et à prendre des mesures sur ce qui ne peut être sur ce qui ne peut être qualifié pénalement. Euh et c'est là où euh on va dire le se situent les limites de notre action. Et en même temps, c'est aussi très important puisque les pouvoirs administratif qui sont mis en œuvre par Faros ne sont pas anodin.

Euh concrètement, lorsque nous envoyons une demande de retrait pour qu'un contenu soit retiré dans le cadre de l'article 6-1, si ce contenu n'est pas retiré, nous pouvons mettre en œuvre à l'issue de 24 heures une mesure de blocage et en parallèle, il va y avoir une mesure de déférencement. Ça va me permettre de faire le lien là encore avec votre question. Euh madame la sénatrice sur le site que vous avez évoqué qu'on connaît très très bien à Faros.

Alors, loin de moi l'idée de vouloir pointer du doigt le législateur, mais ce qui s'est passé pour vous donner l'explication très concrète, c'est qu'au moment de la mise en œuvre de l'expérimentation sur les tortures et les actes de barbarie, il y a eu un petit souci dans la rédaction de l'article et du décret surtout et les mesures de blocage que nous mettons en œuvre normalement n'ont pas pu être intégré au dispositif, ce qui est bien dommage, ce qui est connu de longues dates par les administrations, l'ARCOM le sait aussi et c'est ça qui a conduit à la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. C'est-à-dire que ce site, nous avons effectué des demandes de retrait le concernant et comme le dit d'ailleurs dans son communiqué et la difficulté qu'on avait que pour ce site puisqu'il rentre dans la catégorie des tortures et des actes de barbarie, on ne pouvait faire que du dééférencement et pas du blocage. Et c'est bien dommage puisque c'est la mesure de blocage véritablement qui aurait été la plus efficiente.

Le problème de rédaction situe au niveau législatif ou au niveau réglementaire ? Alors ou est-ce que c'est le niveau est-ce que c'est le niveau législatif qui provoque euh la difficulté réglementaire ? J'ai un petit doute, c'est peut-être plus réglementaire effectivement mais j'ai tout ça don on a tout ça dans des notes et ça a été remonté de longues dates.

Je suis désolée de prendre la parole sauvagement, je comprends. Pouvez-vous nous expliquer la différence d'impact entre des rééférencements et blocage ? Oui, effectivement, c'est très important.

Euh alors là encore pour essayer de de vulgariser les choses, le dééférencement c'est en lien avec les moteurs de recherche. Et ce qui va se passer que quand vous allez sur internet et que vous ne connaissez pas le nom d'un site, vous allez aller sur le moteur de recherche, vous allez taper euh par exemple Site Gore et vous allez avoir une liste de résultats qui va apparaître à l'écran. Ces résultats sont les sites auxquels vous allez pouvoir accéder en cliquant sur le lien qui est indiqué.

Mais lorsque vous connaissez déjà l'adresse exacte du site auquel vous voulez accéder, vous n'avez pas besoin d'effectuer une recherche. Passer par les moteurs de recherche, vous allez directement entrer l'URL. Et c'est là que le blocage intervient.

Le blocage, lui ne s'adresse pas à la recherche, à la requête qui est effectuée par l'internaute. Il vise directement le site et le site d'ailleurs dans son ensemble. C'est une mesure qui est drastique, qui va conduire au fait que lorsque un site a été bloqué, les internautes qui souhaitent y accéder, pardon, les internautes qui souhaitent y accéder, au lieu d'être amenés par leur requête à ce site en question, vont aboutir sur une page du ministère de l'intérieur qui leur indique qu'ils ont essayé d'accéder à un site qu'il euh qui est interdit par exemple parce qu'il contient ce qui est sous le coup d'une mesure de blocage parce qu'il coûte des des contenus terroristes.

Ce blocage, il est effectué en lien avec les fournisseurs d'accès à internet et nous sommes en lien avec tous les fournisseurs d'accès à internet français à ce sujet. Merci. Euh peut-être Beranger Couiller, président du HE qui souhaitait intervenir.

Je profite de cette de ce moment, de ce colloque en effet pour pour pouvoir poser aussi une question qui je voilà qui me brûle les lèvres euh et qui renforce la question notamment qui a été posée par Annique Billon parce que en fait il y a un vrai sujet de retrait des contenus. Euh on a nous avons l'impression lorsque nous nous regardons et nous nous voyons les vidéos ou les propos masculinistes qu'ils n'ont pas le même traitement que des propos d'iracistes par exemple. Je m'explique.

Euh le regard euh lorsqu'il y a des propos racistes qui sont tenus euh sur les réseaux sociaux, euh il y a des retraits qui sont beaucoup plus rapides euh par rapport à des propos qui sont tenus par des personnes qui sont connues pour des influenceurs masculinistes qui du coup où il y a aucun retrait qui n'est qui n'est réalisé. Et pour le coup euh est-ce que c'est un sujet de légalité ou d'illégalité ? Euh comment on peut améliorer cela ?

Parce qu'en fait pour nous c'est assez insupportable euh que ça ne puisse pas être traité de la même manière. En tout cas ou alors c'est un sentiment et rassurez-moi. Je vais laisser euh Laurence Rossignol poursuivre sur le même sujet puisqu'il est question de de volonté politique et peut-être d'ajustement.

Non, mais je je comprends tout à fait euh le le cadre de votre de vos propos, madame la commissaire. Effectivement, il ne vous appartient pas, enfin vous n'avez pas la possibilité de vous prononcer sur les moyens euh qui sont d'évolu à Pharaos. Mais nous côté parlement, nous pouvons le faire parce que quand nous avons discuté de la loi Senine et en particulier à la suite du rapport sur l'industrie pornographique qu'avait produit la délégation de droits des femmes, dans les discussions que nous avons eu avec les différents ministères concernés, nous avons proposé d'étendre les pouvoirs de phase et ce qui nous a été souvent répondu, c'est que oui, théoriquement, on pourrait et même on devrait, mais que les moyens de Pharao ne permettent pas de le faire si ce n'est au détriment d'un certain nombre fonction de phase et en particulier de la lutte contre le terrorisme à laquelle nous sommes tous allégation droit des femmes parfaitement adhérentes et conscientes.

Mais je vais revenir sur cette affaire de contenu illégaux et contenu choquant parce qu'en réalité les contenus choquants sont très souvent illégaux et il pas tous mais beaucoup d'entre eux je pense et nous n'utilisons pas l'ensemble des ressources que le code pénal confie pour euh retirer faire retirer des contenus illégaux et choquants. tout ce qui par exemple relève de l'apologie, apologie du viol, apologie du sexisme qui sont par exemple dans de nombreuses vidéos porno. Mais nous n'utilisons pas les critères d'apologie par exemple ou de discrimination sexiste, racistes et homophobes qui sont présentes dans beaucoup de vidéos porno pour faire retirer des contenus ou même aller jusqu'au blocage des plateformes.

Donc en ce qui concerne la pédopornographie, on a tout été marqué par l'audition de vos collègue d'Europol qui indiquait que en ce qui concernait les contenus pédopornographiques et là encore je peux comprendre la la façon dont on est obligé de travailler avec les moyens qu'on a. C'est qu'il y a pas de il y a pas de de critique à l'encontre des fonctionnaires qui soient français ou ouens. On adapte ces ces ambitions à ces moyens.

Mais où le où situe-on la où situe-on la pédopornographie ? En fait, ça avait été assez clairement dit dans une audition d'abord au conseil d'égalité, c'est avant les poils pubiens et les seins pédopnographie va bien au-delà des poils pubs et des seins. Elles concernent l'ensemble des mineurs.

Donc vous notre capacité d'action est quand même totalement conditionnée par les moyens que nous pouvons que nous pouvons consacrer à la lutte contre ces contenus. Et ces moyens ne sont pas simplement une absence de référence dans le code pénal, c'est aussi une absence de moyens humain dans les services. Alors je je je vais me permettre de vous faire une réponse globale qui va concerner les plusieurs points qui ont été évoqués.

L'enjeu dans une grande partie des des sujets que vous évoquez, c'est en réalité la frontière entre l'administratif et le judiciaire. Et c'est là où euh les frontières de non traction vont être importantes puisqu'il y a quand même dans tout ça quelque chose qu'on a pas encore évoqué, c'est la question des libertés publiques et euh le le manières dont on va pouvoir aboutir à des retraites contenu sur internet. Il y a plusieurs manières aujourd'hui d'avoir des retraites de contenu sur internet.

La première qui se situe donc dans la phase préventive qui va être dans le cadre administratif. Je vais pas revenir sur la question des frontières entre le droit administratif et les enjeux du caractère administratif et du caractère judiciaire. Mais très concrètement, les pouvoirs que nous mettons en œuvre nous police sur des matières tel que l'on les a cité dans un cadre administratif doivent être pris avec beaucoup de précautions et c'est ce qui est rappelé à chaque fois puisqu'ils ne sont pas pris par un juge, ils ne sont pas mis en œuvre par un juge.

Et c'est là je pense que se situe le le l'enjeu crucial qu'on évoque. Les juges vont pouvoir avec leur position prendre des décisions qui vont être beaucoup plus larges que ce que nous nous faisons. Nous nous sommes gars d'un équilibre qui consiste à dire et vous voyez ce que je veux dire, on va jusqu'à un certain point mais ensuite ça nous relève plus notre sort parce que sinon on commence à prendre un prendre on va dire une ampleur qui peut poser des questions.

Et pour rebondir sur l'exemple que vous avez cité, je comprends que cela puisse que que ce qui a pu être évoqué par apparemment les collègues de d'Europol puisse être choquant et en réalité, il y a quand même un certain nombre d'éléments qui sont pris en compte à l'étude des contenus. Mais pour vous répondre avec un un un exemple inverse, on le sait et on l'a encore vu nous euh en interne il y a très peu de temps, euh on est saisi de signalement sur des contenus où on nous indique que les personnes sont manifestement mineures, elles ne le sont pas. Elles ne le sont pas parce que il y a aussi une recherche euh et c'est terrible de dire hein, mais il y a aussi une recherche et une présentation pas par les titres, pas par les mots, mais juste par le fait que certaines personnes vont avoir des traits plus juvéniles que d'autres.

Et dans la consommation de contenu que vous évoquez, de contenu pornographiques, on a des actrices parfaitement majeures qui vont avoir des traits qui peuvent laisser penser que et la difficulté c'est que Phase ne peut juger que sur les images. Nous ne pouvons pas, nous sommes compétents sur l'ensemble du territoire national. Nous ne pouvons pas nous projeter à droite à gauche pour aller faire les enquêtes.

C'est le haut de Pharaos, cet enjeu essentiel de l'orientation. Nous sommes d'une certaine manière une immense gare de triage qui vise à traiter les informations et à la et à les redistribuer à tous les services qui sont concernés. Et par ailleurs, nous travaillons très étroitement avec l'OFM qui a pu être cité.

Mais nous ne pouvons pas aller interroger euh les personnes, faire des auditions, revenir et ensuite dire "Nous avons établi de manière certaine cette situation et donc nous mettons en œuvre ses pouvoirs." C'est ça l'enjeu en réalité, c'est qu'on va pas outrepasser nos prérogatives parce qu'il y a quand même un enjeu judiciaire. Juste un mot sauvage parce qu'on est toutes des sauvages de la délégation de droits des femmes.

Juste un mot sur ce que vous évoquez les actri enfin les actrices entre guillemets majeures qui prennent des rôles de mineurs. C'està dire que c'est des femmes majeures qui sont déguisées en petites filles. C'est pas parce qu'il y a on a ça aussi mais ça avait été l'objet d'un débat au moment de la loi seraine d'amendement qui avait été rejeté.

Mais c'est juste on continuera. Voilà, donc vous avez terminé la réponse. Je vais peut-être rappeler la question qu'avait évoqué notre coprapporteur Olivier Richard sur le droit à l'oubli et notamment la demande de retraite de vidéos de la part de victimes, des vidéos sexuels forcément qui n'ont pas consentis.

Et je vais aussi laisser la parole avant que vous vous lanciez dans la réponse à Taima Saman qui souhaitait intervenir. Tema, pardon, Tema. Pardon, excusez-moi si j'ai écorché votre faut appuyer sur là.

Alors, c'est bien la peine d'être une spécialiste de la tech pour pas savoir appuyer sur un bouton. Franchement donc je suis avocate et je codérige en particulier un un groupe de travail sous l'églum sur la liberté d'expression à l'air du numérique. Et nos travaux consistent à dire on a quand même une problématique, vous l'évoquez madame la commissaire sur les questions des alors moi je n'aime pas l'idée des libertés publiques.

Je pense qu'elles sont individuelles en fait, mais donc on a un un sujet de liberté individuelle et notamment de ce que veut dire la liberté d'expression, mais à l'air du numérique, si on veut qu'elle perdure, il va falloir en redéfinir les règles. Et on a d'ailleurs un débat sémantique assez important sur les le l'encadrement de la liberté d'expression. On n'encadre pas la liberté de d'expression, elle est elle est le principe.

On en cadre ces contraintes qui sont et qui doivent être assez limitées. Et à l'air du numérique, il faut sans doute repenser la manière dont on gère ces problématiques pour faire société. Et quelles sont les contraintes que l'on a ?

Est-ce qu'elles sont suffisantes ? Comment on les organise ? surtout comment on les fait euh comment on les fait respecter.

Donc les conclusions de ce groupe de travail, donc il y a des universitaires, des avocats, des plateformes aussi et à peu près les représentants de toutes les organisations représentant des euh des populations qui sont protégées et qui donc font sont l'objet de restruction la liberté d'expression. Et donc on est arrivé à la conclusion. Alors en fait, on l'avait déjà en introduction, on le savait déjà hein, que nous avons un corpus législatif non seulement suffisant mais extrêmement lourd et que le fond de la problématique c'est son application.

Donc on a le code pénal, on a la loi 1881 dont je rappelle qu'elle pose le principe de la liberté et qu'elle ensuite identifie les contraintes et que le code pénal désigne nommément les contraintes à la liberté d'expression qui justifie qu'on pourrait qu'on pourrait les enlever. Et puis nous avons eu ensuite le le l'acte pour le pour le le le marché numérique unifié européen et son et son je l'appelle DSA, je sais jamais comment on l'appelle en français en fait. Et la loi Senine qui l'a mis et Oui, mais tu le dis en anglais aussi hein. [rires] Et la loi seraine et la loi seraine qui a été euh qui a été son implication.

Et c'était d'ailleurs très intéressant de voir que la loi seraine ne faisait que répéter des dispositions légales qui existaient déjà et qui n'étaient déjà pas appliquées. Donc comment est-ce que et je rappelle que le DSA n'a pour seul objectif non pas de redéfinir les contraintes à la liberté d'expression mais les conditions de pour les plateformes de pouvoir en gros hein de de les conditions pour les plateformes de gérer les contenus illégaux ou les contenus contraires à leurs conditions d'usage. sur le point que vous veniez d'invoquer, on les les contenus inappropriés peuvent faire le l'objet de conditions d'usage que les plateformes ont l'autorisation de retirer et donc l'obligation pour les plateformes de retirer, elles ont pas une obligation de contrôle général mais de retirer les contenus signalés.

Et c'est toute cette mise en œuvre qui a du mal à se faire parce que euh c'est tout un système en fait de déjudiciarisation et de désadministratisation que le DSA met en œuvre pour faire face à la masse et à l'ampleur et à la vitesse de diffusion des contenus. Et donc je je mets dans votre discussion le fait que c'est probablement là-dessus qu'il va falloir se battre sur les solutions pour pouvoir gérer ces contenus illégaux ou non souhaitables qui peuvent rentrer assez alors un contenu le l'apologie du viol ou euh ou de la violence c'est une infraction pénale he donc c'est illégal hein. Donc on est même pas dans le sujet de on peut pas alors par contre la la jeune femme qui fait 15 ans alors qu'elle en a 25 ben c'est légal.

Donc il faut réfléchir sur la façon dont on peut traiter un certain nombre de ces sujets. Et je voudrais faire deux propositions à cet égard. Si on prend la pornographie, ce qui m'a toujours choqué, c'est que la pornographie est probablement l'activité addictive avec une problématique sur les mineurs et dangereuse qui la seule activité qui n'est pas régulée parce que et non seulement elle est pas régulée, mais elle a quand même réussi un truc absolument génial, elle a réussi à s'incruster dans le principe de la liberté d'expression.

Donc euh c'est sans doute quelque chose auquel on pourrait réfléchir, mais il faut pas y réfléchir au niveau français, il faut réfléchir au niveau européen de on n'est pas des Américains, on n' pas l'amendement numéro 1 sur la liberté d'expression, on n' pas parfaitement le droit, il n'y a pas de liberté qui soit absolue, aucune. Donc on peut parfaitement y trouver en en encadrer un certain nombre de sujets. Et c'est au niveau européen qu'il faut faire sortir la pornographie de la liberté de circulation des services pour le faire rentrer dans les activités réguler et donc pouvoir trouver des moyens de pouvoir les euh euh de pouvoir faire returer les contenus qui sont euh euh qui sont non seulement illégaux mais encore vraiment vraiment pas souhait et c'est parce qu'elle n'est régulée qu'on pourrait le faire.

Vous avez le droit de fumer mais vous avez pas le droit de le faire dans n'importe quelle circonstan. Vous avez le droit de boire mais c'est pareil. Vous n'avez pas le droit de le faire dans n'importe quelle circonstan.

Vous avez le droit de jouer à des jeux d'argent, mais vous ne pouvez pas le faire dans n'importe quelle circonstance. la pornographie, ça devrait être la même chose. La deuxième chose et la deuxième proposition que je soumets à votre réflexion qui va être une des propositions du rapport définitif qu'on est en train de boucler, c'est que pour faire face à la à l'ampleur, la vitesse et la et la masse de ces contenus, on peut pas mettre ça sur le dos des polices, des forces de l'ordre ou des juges parce que même si on le souhaite, ça demanderait des tels investissements que ça paraît quand même assez vin. et qu'il faut aller au bout de l'encadrement la déjudicarisation et la proposition serait d'avoir une structure de juristes avocat juges à la retraite et qui s'ennuie et qui pourrait être formé à la liberté d'expression dans sa sophistication, dans sa dans sa dans sa finesse, hein.

Tout n'est pas interdit, même si ça vous déplaît, il faut accepter que l'autre puisse s'exprimer. Donc vous avez le droit de dire que finalement les femmes sont pas fréquentables parce que vraiment elles sont trop nounouilles. Vous avez pas le droit de dire que vous vous devez la cognier si elle vous manque de respect.

C'est pas plaisant d'entendre le premier, il faut pouvoir y répondre mais il faut il faut savoir interdire le deuxième. Et ça c'est des formations à avoir sur ces limites pour pas qu'on remette en cause la liberté d'expression et qui pourrai jouer un peu comme les les les avocats d'office ou les structures volontaires de pouvoir donner des recommandations aux plateformes pour pas les laisser décider toutes seules et ces recommandations leur le serveur de défense quand ça va devant le juge mais pourrai permettre de traiter à mon avis au moins 70 % des parce que on aurait des signalements plus efficaces et des décisions et moins d'hésitation pour pouvoir retirer ou pas les contenus illégaux quand ils sont à la frange entre l'illégalité et la problématique. Merci maître pour ces éclairages.

Concernant l'industrie de la pornographie, la délégation a mené des travaux extrêmement euh innovant d'ailleurs il y a quelques années et donc nous avons évidemment bien conscience de cela. Euh si vous le permettez, je vais laisser euh les trois euh membres de cette deuxè table ronde intervenir et ensuite on part passera à la conclusion puisqu'on a beaucoup déborté sur le temps et donc il faut laisser le temps aussi euh à ma collègue courrapporteur Béatrice Coselin et à la présidente du HE de s'exprimer. Merci à vous.

Est-ce que quelqu'un veut prendre la parole pour réagir ou uniquement réagir ou après on passe à la conclusion directement s'il y a pas d'autres prise de parole évidemment. Non, dans dans je pense que les les questions vous étaient surtout adressées. Juste du coup, moi je j'insisterai juste sur la sur la conduite de ces travaux.

Je pense à nouveau que regarder du côté du monde médiatique, ça peut être quand même assez intéressant si voilà si je pensais sur cette question. Si vous avez prévu des auditions ou autres, je pense que ça peut être intéressant de s'approcher peut-être de certains médias ou journalistes aussi. Merci beaucoup.

Peut-être commissaire sur le droit à l'oubli. la question de coprapporteur et peut-être la question de la présidente du H aussi à laquelle vous n'aviez pas répondu. Il y avait encore plusieurs questions et du ce que j'allais vous proposer en conséquence justement sur la question du droit à l'oubli qui est un enjeu essentiel pour nous.

Euh je comprends la jeunèse de votre question. Je je pense que je je sais ce qui s'est passé et en réalité, elle est plus complexe et plus technique que ça. Et peut-être que l'idéal ce serait qu'il ait, je sais pas si dans le contexte de votre rapport, vous avez la possibilité de venir nous rencontrer ou qu'on prenne un temps plus long pour échanger sur ces questions parce qu'en réalité il y a tellement de choses et tellement d'implications que c'est difficile de répondre sur des sujets aussi complexes en quelques minutes.

Et et juste pour conclure sur une autre question, je n'ai peut-être pas répondu à tout mais une autre question qui qui avait été posée sur la question de des contenus masculinistes. Pour revenir à l'enjeu du colloc, ça a été exposé par le journaliste monsieur Ga dans sa présentation. Il y a la question des discours publics et des discours privés et j'en reviens à notre périmètre.

Et ça c'est un enjeu très important parce que dans ce qui va être dit euh de manière publique et on sait que d'autres acteurs c'était fait les spécialistes de cette manière de flirter avec la frontière sans jamais y tomber ou alors de manière toujours très euh attentive. Il va y avoir une différence entre ce que nous nous allons voir et ce qui va être dit dans des milieux beaucoup plus privés. Et par ailleurs, il y a un enjeu aussi très important qu'il faut prendre en compte et je je m'arrêterai là, mais ça peut être un angle aussi pour votre rapport.

Il y a un enjeu, on a parlé de la question du numérique, il y a une sous-quion à cet enjeu, c'est la question de l'éphémérisation des contenus. Parce que on peut parler de retraite contenu, c'est une chose, mais lorsque les contenus sont dit en live, ils ont été dits, on va pas pouvoir les retirer. Est-ce qu'on agit dessus ?

Comment ? Voilà. Merci beaucoup, commissaire.

Je vous remercie euh tous les intervenants et intervenantes de ce matin à c c ces deux tables rondes et je vais sans plus tarder euh laisser la parole à Béatrice Coselin, vous l'avez compris, qui sera rapporteur sur ce travail qui démarre sur le masculinisme. On va essayer de se recentrer sur le sujet chers collègues. À vous.

Merci beaucoup madame Billant. Alors madame la chère Beréranger Couillère, madame la présidente du Haut Conseil à l'égalité, mes chers collègues et merci à vous toutes toutes et tous d'être là parce que c'était particulièrement intéressant. Alors moi qui suis que je découvre enf j'avais déjà découvert mais je je je commence à imaginer un peu l'ampleur du phénomène et je suis loin d'avoir je crois avoir vu les limites et en tout cas toutes tous les toutes les ramifications que ça peut poser dans la vie de tous.

Alors, nous arrivons donc au terme, ça a déjà été dit de cette matinée, consacrée à la montée des mouvements masculinistes dans le monde. Et je voudrais d'abord vous remercier d'être là, ce qui est fait. Grâce à vous, nous avons pu éclairer un phénomène encore mal compris, souvent minimisé et pourtant profondément structurant en raison de la remise en cause des droits des femmes qu'il portent.

Au fil des échanges, une une conviction s'est imposée et votre témoignage, monsieur Go, est édifiant voire glaçant et montre l'importance du phénomène. Le masculinisme n'est pas une simple réaction marginale ni une constellation d'attitudes individuelles esparces. C'est un mouvement structuré, internationalisé, financé, porté par des réseaux idéologiques transnationaux et qui s'inscrit dans un continuum allant de la remise en cause des droits des femmes jusqu'aux formes les plus extrêmes de violence radicale.

La première table ronde l'a montré avec force. Ces mouvements masculinistes sont multiples, pluriels, au contour parfois flou et c'est précisément cela qui les rend difficile à appréhender. Les incelles ou au MIGTO, des tradises, aux influenceurs qui monétisent la haine.

Ces groupes diverses dans leur divergent pardon dans leur formes mais convergent dans leurs idées et leurs objectifs. et la légitimation des discours antiféministes, la diffusion d'une vision hiérarchisée des sexes et la contestation des avancées destinées pour protéger les femmes. Nous avons aussi mesuré le rôle décisif des espaces numériques.

Le numérique est devenu le principal amplificateur de ces idéologies. Il offre des communautés d'adhésion et des modèles de virilité à l'opposé des valeurs d'égalité que nous promouvons. Et ces contenus viraux touchent particulièrement les plus jeunes, les plus fragiles aussi.

Ces espaces constituent aujourd'hui de véritables lieux de recrutement et parfois de radicalisation violente comme l'actualité récente l'a rappelé de manière alarmante. Cette deuxième table ronde nous a permis d'aborder la question essentielle de nos stratégies d'action. Les constats sont clairs.

La lutte contre ce mouvement exige une mobilisation globale cohérente et déterminée au niveau aussi bien national qu'européen et qu'international. Nous devons d'abord mieux connaître ces mouvements, leurs réseau, leur mode d'action, leur relais politique et médiatique. Et sans cette connaissance, aucune stratégie efficace ne pourra être mise en œuvre.

Nous devons ensuite agir sur le terrain numérique en exigeant des plateformes une responsabilité pleine et entière. Je crois que vraiment le nœud est là. L'absence de régulation ou les reculs que nous observons laissent proliférer des discours de haine et des mécanismes algorithmiques qui enferment leurs utilisateurs dans des spirales de contenu misogyne.

Nous devons aussi renforcer l'éducation à l'égalité dès le plus jeune âge et je crois en tant qu'enseignante que c'est vraiment le fondement même de cette lutte que nous devons engager aussi bien dans le plan sur le plan scolaire que sur le plan éducatif au niveau des familles. Les les efforts qu'on sentis aujourd'hui ne sont pas à la hauteur de l'ampleur et de la de l'ampleur de la menace. Pardon.

Face à ces mouvements hyper organisés et massivement financés, nos outils éducatifs doivent être mieux dotés, mieux développés et plus visibles. Dernier enseignement que nous devons intégrer pleinement, le risque de radicalisation et le risque terroriste lié à ces mouvements. Les exemples étrangers, notamment la démarche engagée par la Suisse, montrent qu'une prise en compte explicite de ces phénomènes dans les politiques de prévention de l'extrémisme violent est utile et il faut en la matière s'intéresser à l'ensemble du spectre au-delà du seul mouvement des incelles.

Ce colloque nous a rappelé que la montée des discours masculinistes s'inscrit dans un mouvement mondial plus large, celui du baclash qui cherche à remettre en cause ce qui a été conquis au prix de décennies de lutte collective. Nous en connaissons les ressorts, nous en voyons d'ors et déjà les dangers et nous en mesurerons demain les effets si on ne agit pas contre ce phénomène. C'est pourquoi il est indispensable de poursuivre ce travail, de l'amplifier, de maintenir la vigilance qui s'impose et ce sera l'objet de nos travaux que la délégation droits des femmes va amener à côté du mois de décembre.

Nous remettrons ensuite nos rapports notre rapport d'ici la fin du mois de juin 2026. Je vais sans plus tarder laisser la parole à notre dernière invitée madame Berérangère Couillard, présidente du 11 conseil à l'égalité entre les femmes dont les récents travaux ont apporter un éclairage précieux sur la montée en puissance des théroïdes masculinistes dans nos sociétés dans nos sociétés modernes. Pardon.

Merci madame la présidente, c'est à vous. Merci chers collègues. Merci euh à vous mesdames les sénatrices, mesdames et messieurs.

Bon, je tiens déjà à vous remercier pour l'invitation, d'inviter le Haut conseil d'égalité à intervenir lors de ce colloque, vous remercier pour l'organisation bien sûr de ce colloc qui a été très intéressant et il est absolument indispensable de parler de de ce phénomène, de le faire connaître parce que beaucoup ignorent évidemment ce phénomène et donc du coup mieux le comprendre, c'est aussi mieux agir. Je suis heureuse aussi d'être parmi vous aujourd'hui pour parler de l'activité du haut conseil d'égalité et particulièrement du sexisme, du masculinisme et des dangers qu'il représentent pour notre société tout entière. Notre rapport majeur de l'année 2025, celui de l'état des lieux du sexisme en France qui a été publié le 20 janvier dernier revient très largement sur de nombreux thèmes que nous avons abordé de près ou de loin ce matin.

Si son objectif initial est d'évaluer l'évolution du sexisme en France grâce à un baromètre et à des questions posées à plus de 3000 français, nous avons cette année poussé l'analyse encore plus loin. Nous avons constaté une forte polarisation de la société sur les questions d'égalité et du sexisme. Les jeunes femmes sont de plus en plus conscientes que leur vie au quotidien est plus difficile que les hommes.

Elles sont donc plus engagées sur ces questions, plus sensible au féminisme et au combat pour l'égalité des genres. À contrario, les jeunes hommes expriment un sentiment d'incompréhension des évolutions de la société, voire de rejet. Ils sont de plus en plus attirés par les par les idées sexistes et masculinistes.

Ce constat nous a poussé à étudier les raisons de cette polarisation. L'une de nos conclusions, c'est que l'éducation était l'un des piliers de ce sexisme persistant et qu'il fallait agir de toute urgence. Nous n'élevons pas nos filles et nos garçons de la même manière.

Et donc le haut conseil l'égalité appelle depuis de nombreuses années à l'adoption d'un programme d'éducation à l'égalité adapté à toutes les âges à tous les âges. Ces cours à la vie affective, relationnelle et à la sexualité dit EVARS permettront évidemment de sensibiliser les enfants et les adolescents à la connaissance de leur corps et au respect du corps de l'autre. Mais surtout, ils permettront de déconstruire les stéréotypes et les normes sociales inégalitaires qui favorisent ce sexisme.

Jusqu'à cette année, vous le savez, moins de 15 % des élèves en bénéficient alors même que ces cours ont été rendus obligatoires en 2001 à raison de trois séances annuelles pendant toute la scolarité de l'élève. Nous y sommes loin. Nous nous réjouissons donc que les différents ministres de l'éducation nationale aient déployé ce programme depuis la rentrée de septembre.

Nous serons bien sûr très vigilants au sein du haut conseil à l'égalité à son application réelle. Nous avons la conviction que c'est un levier d'une importance cruciale pour l'émancipation des enfants et pour atteindre une société égalitaire. Ce d'autant plus qu'en terme de mesures attendues 9 français sur 10 sont exprimés dans notre baromètre qui sont favorables à la mise en place de d'un tel programme.

Un chiffre qui démontre très clairement que l'opposition à ses cours est bruyante certes mais très minoritaire dans notre pays. C'est d'ailleurs la mesure la plus pébicitée dans notre baromètre. Elle est d'autant plus soutenue que 70 % des Français considèrent que c'est la mesure la plus efficace pour faire bouger les lignes.

Nous devons aussi embarquer les hommes dans ce combat. Nous n'arrivons nous n'arriverons pas à lutter contre le sexisme sans eux. Je le vois, vous le voyez, les publics lors de nos interventions sont trop souvent exclusivement féminins.

Les Français pensent à 65 % que les hommes ont une responsabilité directe dans le sexisme et 9 français sur 10 souhaitent qu'il s'engage. Ce sexisme ambiant qui persiste dans notre société, il alimente un autre phénomène dangereux qui fait de nombreuses victimes, la culture du viol. La commission violence faites aux femmes du haut conseil d'égalité s'est penché ces derniers mois sur la question du traitement judiciaire des viols et agressions sexuelles dans notre pays et il a rendu ses conclusions.

En France, d'après le service statistique du ministère de l'intérieur, 153000 personnes majeures se sont déclarées victimes de viol en 2022. 82 % des victimes de viol déclarées sont des femmes. Le viol est un fléau.

Il est l'incarnation la plus violente du patriarcat. Mais les violences sexuelles envers les femmes n'apparaissent pas spontanément. Elles ne viennent pas de nulle part, elles ne font pas partie de la nature humaine et ne sont pas non plus des pulsions masculines incontrôlables.

Leur origine est sociale. Cette culture du viol dont je vous ai parlé et qui perdure, elle a des conséquences très concrètes. Cela va de remarque de remarque anodine pour celui qui les prononce mais fatal pour les victimes jusqu'à des formules pour excuser les agresseurs et surtout une remise en cause permanente de la parole des femmes.

Vous devez vous dire que je m'éloigne du sujet. Pourquoi est-ce que je vous parle de tout cela ? Et bien simplement parce que cette sociétélà c'est la société que les masculinistes défendent avec détermination et force.

Ce contrôle des hommes sur les femmes, cette acceptation volontaire de la violence et de la domination exercée par les hommes sur les femmes, c'est le cœur de leur utopie. Ce sont ces fantasmes qui crient à plein poumon sur les réseaux sociaux à nos enfants, à nos garçons, à grand renfort de soi-disant formation pour devenir des malalpha et plutôt à apprendre pour apprendre à humilier les femmes au quotidien. Ce rapport sur l'état du sexisme en France publié en 2025 dressait déjà les conclusions d'une société qui changeait rapidement et radicalement.

Ce rapport évoquait alors les masculinismes. Des discours des antiféministes se sont durcis. leur action se multiplie et on assiste finalement à un renforcement des stéréotypes de genre dans l'espace public.

Ce sexisme, il nourrit des thèses masculinistes qui développe une vision inégalitaire et essentialisante des rapports femmes-hommes. Et ces discours masculinistes, il revendiquent comme un mouvement parallèle au mouvement féministe, comme si la haine des femmes et la promotion de la violence pouvaient être mise au même niveau que la lutte pour l'égalité et l'émancipation des femmes. Mais nous avons fait une erreur gravissime ces dernières années et plus largement depuis l'émergence des réseaux sociaux.

Les droits acquis ces dernières années et les relatifs progrès que nous avons obtenu ont pu nous faire croire que les masculinistes étaient anecdotiques. C'est faux. C'est un phénomène de masse protéi forme et porté par une pluralité des de vecteurs, réseaux sociaux, communautés en ligne, influenceurs, espace de sociabilité, mouvement citoyens anti-choix et ils sont nombreux.

Il y a peut-être même en France ce phénomène c'est même mu en action terroriste. C'est un phénomène général qu'il ne faut pas croire seulement animé par quelques figures montantes. Nous parlons ici de réseaux militants actifs de mieux en mieux financés par des fonds privés étrangers venant des différentes parties du monde et porté par des courants politiques conservateurs voire fascistes qui voit là une nouvelle corde à ajouter à leur arc anti-républicain.

C'est pour cela que je veux tout d'abord vous remercier d'avoir ouvert ce débat au Sénat, de travailler à mieux connaître ce phénomène et à trouver la meilleure façon de le combattre ou au conseil à l'égalité aussi nous sommes emparés du sujet. Nous sommes conscients de l'ampleur du phénomène et nous consacrerons notre rapport 2026 sur l'état du sexisme en France spécifiquement à ces mouvements en analysant leur leur idéologie, leur mode d'action et leur effet, nous avons intégré au rapport et au baromètres des éléments de mesure spécifiques permettant d'évaluer la porosité de la population au discours masculiniste et de mieux comprendre leur diffusion. Et je veux vous annoncer sans trop de surprise que ce rapport comportera un ensemble de recommandations spécifiquement dédiées à ce sujet à destination des pouvoirs publics afin d'apporter des réponses concrètes coordonnées et à la hauteur des enjeux.

Nous ne pouvons pas regarder le train passé. Nous ne sommes nous ne pouvons pas rester passifs face à ces discours et ces actions qui empoisonnent le cerveau de nos enfants et de nos adolescents et nous devons maintenant agir. Je vous remercie et encore merci pour l'organisation de ce colloque.

Merci beaucoup madame la présidente. Et bien il me revient de conclure à la place de la présidente Dominique Verrien qui a dû nous quitter tout à l'heure en cours de table ronde. Donc vous l'aurez compris le masculinisme c'est l'expression de la détestation des femmes.

Le droit des hommes à exercer un contrôle sur les femmes. La diffusion du masculinisme est massive et dangereuse pour notre société, pour notre démocratie, pour la vie en société, pour les valeurs de la République, mais aussi sa diffusion, elle est massive et elle est elle n'a pas de frontière. Et ça, vous venez à nouveau, madame la présidente, de l'exprimer.

Il y a urgence à agir. Le monsieur monsieur Goa tout à l'heure évoquait les jeunes publics. Il y a urgence à agir pour freiner, arrêter cette diffusion.

Euh ça touche les jeunes garçons notamment en forcément en en moment de leur construction. Donc urgence absolue, urgence aussi à prendre conscience, à nommer les choses, à se donner les moyens d'agir. Ces moyens, ils vont forcément de l'éducation à au blocage des sites avec de nombreuses pistes aussi qui ont été évoquées par vous, madame la commissaire tout à l'heure.

Donc ce sera, vous l'aurez compris, le travail de la délégation au droits des femmes dans les prochaines semaines avec nos trois rapporteurs Laurence Rossignol, Béatrice Coselin et Olivia Richard qui finalement ont fait une immersion ce matin pour démarrer ses travaux. Merci à tous et à toutes et je vous souhaite une excellente journée. Merci.

Merci.