Mobilisation du 17 octobre : "C’est une volonté insurrectionnelle !" (Benjamin Camboulives)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:00OuverteRéponse directe
Est-ce que les forces de l'ordre sont inquiets au sujet de cette journée du 17 octobre ?
- 1:47OuverteRéponse directe
Est-ce que vous partagez le constat d'Alliance sur les injonctions contradictoires ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez le sentiment qu'il y a une confusion qui explique aussi que ça se passe pas très bien sur le terrain ?
- 6:01OuverteRéponse directe
Est-ce que quand on voit cette colère dans la rue, est-ce que vous analysez ça comme une volonté insurrectionnelle ?
- 7:51OuverteRéponse directe
Vous allez jusque là vous aussi vous là ce à quoi on est en train d'assister ?
- 10:04OuverteRéponse directe
Est-ce que vous partagez ce constat d'un mouvement de colère ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:37Fait
« Il faut quand même comprendre que ces violences, elles sont le fruit de tout ce que le politique ne règle pas, notamment sur la crise d'autorité, mais aussi sur le sentiment d'impunité quand on s'en prend aux forces de l'ordre. »
- 1:11Fait
« Ce sont des gens qui menacent directement la sûreté de l'État. On a ce sujet-là qui est posé sur la table qui est un sujet éminemment politique de stratégie de bordélisation de la rue. »
- 1:47Fait
« Il y a quand même un petit moment qu'on a remarqué qu'on avait absolument aucun contrôle sur cette violence. »
- 2:22Fait
« Tous les policiers sont en colère. C'est pas une histoire de syndicat. »
- 2:57Fait
« On est envoyé comme de la chair à canon, c'est tout. »
- 3:31Chiffre
« 7000 interpellations. Je crois que c'est 24 personnes qui sont en en prison aujourd'hui. »
- 14:28Alice de BritoChiffre
« En 10 ans de mandat d'Emmanuel Macron, c'est 35 % d'augmentation du coût de la vie étudiante. »
- 18:02Florient TardifFait
« Depuis 1975, grosso modo, on a décidé de ne plus investir dans notre jeunesse. »
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Nous sommes connectés avec Benjamin Camboulif. Bonjour, vous êtes porte-parole du syndicat alternative police. On vient d'entendre le gouvernement et en particulier le premier ministre qui craint des débordements, des violences pour le la mobilisation qui aura lieu samedi prochain, le 17 octobre. Est-ce que vous aussi, est-ce que les forces de l'ordre sont inquiets au sujet de cette journée de samedi ? Bonjour. Évidemment, évidemment qu'on est inquiet là. en tant premier ministre qui explique qui redoute donc des violences pour samedi. Bon, j'ai envie de vous dire sans sans rire quoi. Il y a quand même un petit moment qu'on a remarqué qu'on avait absolument aucun contrôle sur cette violence. On a un état qui est spectateur des violences, qui n'a pas la capacité bien de les
arrêter. Il faut quand même comprendre que ces violences, elles sont le fruit de tout ce que le politique ne règle pas, notamment sur la crise d'autorité, mais aussi sur le sentiment d'impunité quand on s'en prend aux forces de l'ordre, quand on s'en prend à l'État, à travers nous he parce que le flic prend des pierres mais c'est l'état qui est visé hein. Ce ce schéma là, il vient du politique mais la seule réponse du politique c'est d'envoyer ces forces de police au front se faire défoncer parce que c'est littéralement ce qui se passe. On va atteindre le millier de blessés manifestement samedi, hein. C'est à ça qu'on en est réduit. Et pour autant, il y a toujours pas de perspective de sortie de de crise. Et pourquoi est-ce qu'on est inquiet ? Ben c'est notamment
pour ça. C'estàdire que les les rendez-vous sécuritaires s'enchaînent. Mais pourquoi est-ce qu'il y a pas de perspective de sortie ? Parce que c'est pas une histoire de lycéen, c'est pas une histoire d'étudiant, ce sera même pas une histoire de gilet jaune. Le concrètement, on a des gens qui veulent faire tomber le pouvoir, qui s'emprennent encore une fois aux forces de l'ordre pour atteindre l'État. Et ça, c'est une volonté insurrectionnelle. Ce sont des gens qui menacent directement la sûreté de l'État. On a ce sujet-là qui est posé sur la table qui est un sujet éminemment politique de stratégie de bordélisation de la rue. Et c'est pour ça que l'inquiétude, elle est sur le très long terme parce qu'on en a à minimage jusqu'aux élections même après selon les résultats et que mes collègues
ne tiendront pas dans les conditions qui sont aujourd'hui, c'est impossible. Justement Benjamin Cambouliv, les policiers, on l'entend, sont en colère et en particulier le syndicat Alliance qui a annoncé le dépôt d'une plainte contre l'État pour mise en danger de la vie d'autrui. Il dénonce les conditions dans lesquelles les forces de l'ordre interviennent depuis le début de de le début de ce mouvement lycéen. Il critique, je cite, des injonctions contradictoires, des consignes jugées pas assez claires qui exposeraient les policiers à des risques sur le terrain. Vous, vous ne faites pas partie de ce ce syndicat alliance, mais qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que vous partagez leur constat ? Alors ce que je peux vous dire c'est que tous les policiers sont en colère. C'est
pas une histoire de syndicat. Tous les policiers sont sur le terrain, en prennent plein la gueule, sont utilisés en effet le gouvernement et le ministre de l'intérieur par exemple sont responsables de de d'ordre de consignes qui ne sont pas clairs, qui ne sont pas bien appliqués, pas bien répercutés. Est-ce que vous avez le sentiment qu'il y a une confusion qui explique aussi que ça se passe pas très bien sur le terrain ? C'est pas un sentiment. On est envoyé comme de la chair à canon, c'est tout. ou comme de la chair à canon d'une part encore une fois parce qu'on peut rien régler sur les problèmes de fond et comme fusible parce que le policier il se retrouve sur le terrain, il fait face à une violence qui est folle mais lui non seulement il risque pour lui mais il
risque aussi au niveau administratif au niveau judiciaire donc oui c'est un peu compliqué évidemment quand on vous dit qu' il faut être là pour régler les problématiques de violence urbaine parce qu'on parle de violence urbaine on parle de rétablissement de l'ordre c'est des scènes de chaou urbain auquels sont confrontés des collègues qui sont blessés par centaines bientôt par milliers et pour autant non il n'y a il n'y a pas de possibilité d'agir dans le sens où quand vous au contact. Attention, il faut surtout être dans la retenue, il faut même être dans l'empathie. Donc là, c'est quand même, on touche au sublim quand on demande aux policiers d'être dans l'empathie quand on a mis le blessé bientôt. Et puis à côté de ça, ben vous avez malgré tout une action de police qui n'a de sens que
si la justice amène une sanction par la suite. Là, regardez simplement les chiffres, on est environ 7000 interpellations. Je crois que c'est 24 personnes qui sont en en prison aujourd'hui. 7000 interpelles, 24 personnes en prison. Donc vous voyez bien que le ratio euh met le policier en danger tout le temps parce que notre action n'a pas de de sens si elle n'est pas redoutée. Au bout d'un moment, vous savez quand on parle de la peur du gendarme, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que l'action de police et l'action de justice doivent faire peur, doivent dissuader. Nous, ils savent très bien que la police est dans la retenue parce qu'on lui demande de l'être de il faut dans dans l'empathie, faut pas être trop dur, vous vous comprenez ? Alors que j'ai un collègue sur lave de mardi qui
s'est pris un pavé dans les parties génitales. Voilà. Voilà le un exemple parmi tant d'autres violence qu'on se prend. Mais non, il faut pas faut pas répondre surtout faut pas répondre et puis il faut que la justice elle demeure dans l'éducatif en permanence. Donc autrement dit, on a une violence qui explose. L'État en perd le contrôle et dit lui-même qu'il est pas capable de la refrainer. Si l'État avait la possibilité de calmer ses violences, vous doutez bien qu'il le ferait. Mais avec une police dans le retenu et une justice dans l'éducatif, non, on peut pas le faire. Merci beaucoup. Merci Benjamin Cambouliv d'avoir été avec nous et nous avoir apporté votre point de vue sur France info cet après-midi. Bonjour Pablo Piot Vivien, merci d'être avec nous cet
après-midi. Rédacteur en chef de la revue Regarde qu'on entend la colère de tous les policiers hein, visiblement là c'est le syndicat alliance qui porte plainte contre l'État mais tous les policiers globalement sont en colère estiment qu'ils n'ont pas les moyens de répondre à la violence dans la rue. On entend ce policier qui nous dit il y a une volonté insurrectionnelle. Ça va durer des semaines et des semaines. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que quand on voit cette colère dans la rue, est-ce que vous vous analysez ça comme une volonté insurrectionnelle ? Insurrectionnelle, je pense que le mot peut être utilisé effectivement le mot d'insurrection. Moi, j'utiliserai plutôt le mot de soulèvement. Vous savez aujourd'hui c'est les c'est les 100 ans de la naissance de Fouco et de Michel
Fou le philosophe et il a beaucoup travaillé sur cette notion de soulèvement dans des termes qui sont assez intéressants parce que là ce qu'on voit ce que dit ce syndicaliste policier lui il a un prisme c'est en gros le prisme de l'État c'est le prisme du maintien de l'ordre l'ordre même avec un grand haut son objectif c'est la conservation des institutions de la façon dont fonctionne la société et il s'inscrit dans cet endroit-là vous avez la gauche qui a une grille de lecture marxiste en disant bon ben voilà la révolution prolétarienne elle commence par la mise en question de cet ordre bourgeois et on va renverser les institutions. Ce que dit Michel Fouco et je pense que c'est tout à fait applicable à ce à ce au mouvements sociaux au pluriel que donc c'est ça ce que j'allais vous dire
pour vous là il s'agit d'un mouvement collectif du de cette fameuse agrégation des colères à laquelle on assiste. C'est un soulèvement. Il y a un soulèvement. D'ailleurs, l'histoire de France comme l'histoire du monde est faite de de soulèvements. Donc là, on est dans un mouvement historique. Bien sûr, on est dans un on est on est dans des on est forcément on est nécessairement dans des cycles historiques et là on est dans un moment de soulèvement dans l'ampleur et les conséquences. Ce que je trouve ce que je trouve le plus intéressant c'est que euh et j'en fais partie d'ailleurs très souvent on se dit quelles sont les revendications en fait de ces soulèvements et on se demande bah comment leur apporter des réponses et cetera. Or, ce que nous enseigne euh
Fouo, c'est de dire en fait avant que de regarder les revendications, euh voyons l'expérience en fait que font ces gens euh collectivement euh qui se soulèvent. Leur expérience, c'est l'expérience de l'ingouvernabilité. C'est-à-dire de dire au bout d'un moment, nous sortons dans la rue, euh nous sommes euh des lycéens euh nous devrions aller euh au lycée et nous disons "Non, nous n'irons pas au lycée." Nous sommes des travailleurs et des travailleuses et nous disons "Non, nous n'irons pas travailler." Et ce que nous faisons, c'est nous faisons une expérience collective euh de dire le pouvoir, ce pouvoir qui est extérieur à nous, nous lui disons que nous sommes des individus, des sujets libres. Et cette première expérience, je pense qu'elle est fondamentale pour comprendre
en fait ce qu'il se passe. Et après à partir de là, il se crée euh des euh dynamiques. Mais la la première chose, la chose la plus importante, c'est la question du soulèvement. Et d'ailleurs, on l'a vu dans les gilets jaunes. Au départ, les gilets jaunes, ils sont arrivés avec des revendications euh qui étaient liées en fait à une mesure qui avait été prise par le gouvernement. Et puis très rapidement, on a vu évoluer en fait ces revendications parce que précisément c'est l'expérience d'être tous ensemble dans une situation d'agouvernabilité qui permet en fait la création d'une direction. Florient Tardif, bonjour, merci d'être avec nous. Journaliste politique à Paris Match. Quelle est vous votre analyse ? Est-ce que vous partagez ce constat d'un mouvement d'une colère là ? Ce ce
policier qu'on avait à l'instant parle d'une volonté insurrectionnelle. Vous allez jusque là vous aussi vous là ce à quoi on est en train d'assister et puis évidemment tout le monde poe au 17 octobre. Vous pensez que c'est ce à quoi on assiste en ce moment en France ? D'une partie du mouvement. Oui. Je ne sais pas si cette volonté insurrectionnelle est assumée par l'ensemble des des lycéens qui qui manifestent. En revanche, je suis tout à fait d'accord sur sur cette théorie des des cycles. On pourrait citer Polibanacyclose avec ces ces régimes qui contiennent en eux leur leur propre fin. Tout simplement parce que à un moment donné la démocratie peut basculer dans ce que ce que ce que Polybe appelait à l'époque l'loccratie, c'està-dire le pouvoir de
de la foule. Je pense qu'on en a une représentation maintenant depuis euh depuis un certain nombre d'années à présent, tout simplement parce que il y a une fatigue démocratique aujourd'hui dans notre pays. Il y a quelques jours, euh je crois que c'est Jean-Pierre Afarin euh qui euh qui euh parlait de de rage. Moi, je préfère le mot fatigue lorsque l'on voit effectivement une partie de cette jeunesse qui manifeste et je fais bien le distingo entre parfois les images qu'on qu'on nous présente où il y a parfois des manifestants, parfois ce que j'appelle les professionnels de la casse, notamment les les black et je fais bien la la distinction même si c'est euh ces deux mouvements euh que l'on voit parfois ensemble dans dans
dans ces manifestations euh qui ne sont pas présents dans ces manifestations pour des mêmes raisons peuvent parfois partager un même objectif de faire chuter le pouvoir. Donc dire que là quand on parle du du 17 octobre, ça veut dire que c'est amené à se poursuivre. Si on est dans cette là, on parle de des vacances scolaires. Est-ce que ça va s'apaiser ? Est-ce que les réponses du gouvernement ? Là, on sait qu'il y a un appel à la grève le 5 novembre. Donc là, ce que ce qu'on décrit, c'est un mouvement très profond qui pourrait donc durer. Qu'il y ait une fatigue démocratique dans notre pays profonde, oui, on en a des exemples récurrents. On citait tout à l'heure la crise des gilets jaunes, ça a été un exemple. On cite aujourd'hui ce qui se passe dans
notre pays concernant ce mouvement des lycéens où il commence à y avoir des corps qui s'ajoutent à ce à ce mouvement-là. D'où cette manifestation notamment du du 17 octobre qui prend une résonance particulière dans dans le pays. C'est un exemple également de cette fatigue démocratique. Le fait qu'il y a de plus en plus de de Français qui se tournent vers les deux extrêmes, que ce soit l'extrême gauche ou l'extrême droite qui porte des projets euh radicaux. On on on peut le dire, c'est aussi le signe d'une certaine fatigue démocratique dans notre pays. Donc oui, pour le coup ça euh ça je rejoins ce qui a été dit. Magic Kat, bonjour notre éditorialiste, enfin notre journaliste politique euh à France Info, on a entendu l'inquiétude du gouvernement à la fois sur la
violence, sur les débordements, mais on on pense aussi à une inquiétude plus politique avec les répercussions que ça peut avoir, l'ampleur que ça peut prendre et l'effet de contagion et de cette fameuse convergence des luttes. C'est ça qu'on est en train de redouter en ce moment à la tête de l'État. Oui. Et l'exécutif s'est emparé du sujet du 17 octobre parce que nous sur sur les plateaux depuis mi-septembre, on sait qu'il il y avait une mobilisation qui était prévue le le 17 octobre. Le rappeler à nos téléspectateurs parce qu'on on sait pas d'où vient ce mouvement du 17 octobre. Initialement c'est ce qu'on appelle une traî TikTok. C'est-à-dire que sur c'est sur le réseau social TikTok, il y a un jeune homme d'une vingtaine d'années qui s'est filmé et qui a dit "C'est plus possible, c'est
prix du carburant, il faut sortir dans la rue le 17 octobre prochain." C'était le 11 septembre. Il a il appelait donc à manifester le 17 octobre. Le gouvernement prend le sujet très au sérieux. vous dire que du côté du ministère de l'intérieur, on nous a expliqué tout à l'heure que ce matin le ministre de l'intérieur Laurent Nulz, a réuni directeurs généraux, le préfet de police et service,
d'ultra gauche et des mouvements aussi d'extrême droite puissent infiltrer le mouvement. Et puis euh demain, Laurent Nunè va réunir en en visioconférence euh les préfets sur le même sujet en en ce qui concerne le nombre de mobilisation parce que c'est toute la question vu qu' on n' pas euh une organisation comme la CGT qui appelle à des manifestations partout en France, euh c'est c'est assez plus c'est assez nébuleux. On sait pas précisément combien il y a de manifestation. Le ministère de l'intérieur dit qu'à ce stade, il y a 250 actions qui sont envisagées et une soixantaine de manifestations sont en cours de structuration. Je suis allé sur le site, il y a un site qui répertorie les les mobilisations. Il y a plus de 1049 mobilisations qui sont qui sont listées sur ce site. Et ce qui est
intéressant de de regarder parce que la la principale revendication, c'est la hausse des prix du carburant, c'est qu'il y a des mobilisations euh près de dépôts pétroliers ou encore de station service. Alors, on parle de cette mobilisation, de cette colère qui s'exprime et ça a commencé il y a presque un mois maintenant avec donc cette colère des des lycéens qui se qui se poursuit. Nous sommes connectés avec vous. Alice de Brito, bonjour. vous êtes vice-présidente de l'UNEF. Merci d'être avec nous cet après-midi. Évidemment, depuis tout à l'heure, on parle de cette date du samedi 17 octobre. Évidemment, vous appeler les lycéens à aller sur les ronds-points, à aller dans les manifestations, dans toutes les mobilisations, partout en France, de se joindre à ce mouvement du 17 octobre.
Alors nous on appelle pas que les lycéens se joindre à ça, on appelle les étudiants, l'ensemble de la jeunesse. Bon, évidemment, je pas porte-parole des lycéens, mais ils appellent avec nous à la manifestation de 14h en République et un peu partout en France à ce genre, à ce mouvement-là parce qu'aujourd'hui, en réalité ce mouvement du 17 octobre, il se crée sur des bases de de ralbol de politique austéritaires, de politique de case des services publics, de cas social et ça s'inscrit complètement dans le mouvement des jeunes et des lycéens et des étudiants qui aujourd'hui expriment leur leur ralbol de 9 ans de fausses promesses de case de de nos services publics, pardon, et que évidemment nous, en tout cas, on sera dans la rue le le 17 octobre pour se battre justement
contre ces politiques gouvernementales là. Et qu'est-ce que vous attendez très concrètement ? Là, par exemple, on sait qu'à 17h30 tout à l'heure, il y a les syndicats représentants des lycéens qui doivent rencontrer pour la troisème fois le ministre de l'éducation nationale. Qu'est-ce qu'ils peuvent obtenir ? Qu'est-ce qu'ils doivent obtenir ? Qu'est-ce qu'il calmeraiit la colère des jeunes qui sont aujourd'hui dans la rue ? B Alors ça c'est très simple. Ce qui calmerait la colère aujourd'hui des des des lycéens et des étudiants qui sont dans la rue et de l'entièreté des jeunes qui sont dans la rue aujourd'hui, c'est pas juste des réponses du gouvernement de se mettre autour de la table, de dire qu'on va discuter et de nous faire peut-être une ou deux fausses promesses
ou de nous parler sur sur la la surface des problèmes et pas de rentrer dans le fond des problèmes. Nous ce qu'on veut aujourd'hui c'est des mesures concrètes, c'est que il y ait réellement de l'argent qui soit mis dans la table. C'est pour ça qu'on a sorti avec l'entièreté de l'insert syndical étudiante lycéenne une plateforme revendicative. On a 10 revendications qui sont très claires. On veut 10 milliards d'euros euh d'urgence pardon pour l'enseignement supérieur et les lycées. Et nous ça aujourd'hui on les on les veut. C'est possible de les avoir hein. Faut pas dire que l'argent existe pas. En réalité l'argent existe. On est dans une période budgétaire. le gouvernement est en train de faire des choix budgétaires qui sont en réalité pas uniquement des choix comptables,
mais aussi des choix politiques. Et nous ce qu'on leur demande et ce qu'on veut que le gouvernement fasse, c'est que pour une fois euh en 9 ans euh de pouvoir, ils fassent le choix politique d'investir dans leur jeunesse. Donc là, ça veut dire que quand tant qu'il y aura pas ces 10 milliards sur la table, leouver le le mouvement peut durer même après les vacances scolaires. Parce que on disait, le gouvernement espère peut-être que ces vacances de la Toussin permettent une pause et de calmer un peu les choses. tant qu'il y aura pas ces 10 milliards, en fait, c'est la seule condition que vous attendez si je comprends bien. Mais nous nous ce qu'on veut, oui, c'est des mesures c'est des mesures concrètes et pour le coup, enfin le gouvernement peut dire tout ce qu'il veut sur les
vacances. De toute façon, ça fait déjà 3 semaines qu'ils disent tous les jours que le mouvement s'essouffle et que le lendemain le mouvement leur prouve leur prouve qu'ils ont tort. Euh nous euh on s'arrêtera pas après les vacances, on s'arrêtera quand on aura des mesures concrètes. Et de fait euh ça fait 9 ans euh qu'aujourd'hui à la rentrée tous les ans, on a des étudiants, des lycéens qui se mobilisent pour les mêmes revendications, pour les mêmes raisons. Aujourd'hui, on a un ralbol absolument énorme de ces fausses promesses du gouvernement qui à chaque fois pour calmer les mobilisations nous ont promis Mons et merveilles et on a jamais rien vu arriver sur la table. Donc aujourd'hui, tant qu'on aura pas une vraie mesure qui est qui est chrée qui est brise de brit, ça vous a pas enfin
évidemment il y a la présidentiel en 2027. Est-ce que vous pensez pas que c'est à ce moment-là que les choses peuvent se jouer là avec un gouvernement qui n'a pas de majorité, qui a du mal à faire passer un budget, est-ce que vous pensez vraiment qu'il y aura là un résultat à très court terme, sachant qu'il y a une présidentielle dans 6 mois ? Ah mais pour nous, on peut pas attendre la présidentielle. Enfin, on le voit bien aujourd'hui parce qu'on parle de de violence. On parle de violence policière et cetera, mais la vraie violence aussi, c'est euh de laisser des jeunes euh ne pas savoir comment se nourrir à la fin du mois, ne pas savoir comment payer leur loyer à la fin du mois, ne pas savoir comment se soigner à la fin du mois. Euh c'est la vraie violence, c'est
euh des services publics qui sont euh complètement détruits. C'est euh d'avoir des lycéens qui arrivent en cours et qui n'ont pas de prof pendant toute une année alors qu'ils ont le bac à la fin de l'année. Enfin, c'est c'est ça aussi la vraie violence euh euh aujourd'hui des mesures gouvernementales. Et de fait euh euh on peut pas attendre 6 mois encore quand on a des jeunes, des lycéens, des étudiants qui n'ont pas de prof, qui sont qui sont extrêmement précaires. Enfin, pour rappel, en 10 ans de mandat d'Emmanuel Macron, c'est 35 % d'augmentation du coût de la vie étudiante. Et non, on peut pas attendre. Et le gouvernement en fait, ça c'est des responsabilités qu'il aurait dû prendre bien avant. Et si on on doit faire sortir des milliers de jeunes dans la
rue juste pour qu'il se posent les questions de de peut-être faire quelque chose, il y a un réel problème. Et nous ce qu'on veut c'est qu'aujourd'hui le gouvernement prenne ses responsabilités. ces gens ont le pouvoir entre les mains, qu'il s'en sais et qu'il pour une fois fent un bon choix politique qui est d'investir dans la jeunesse. Merci beaucoup Alice de Brito d'avoir été connecté avec nous cet après-midi sur France info. Florient Tardi, vous vouliez réagir ? Non, peut-être poser une question tout simplement parce que non mais elle a raison raison sur le fait que depuis de nombreuses années, mais pas que depuis une dizaine d'années, depuis 1975, grosso modo, on a décidé de ne plus investir dans notre jeunesse. Mais pourquoi ? Tout simplement parce que on
a une population vieillissante et les choix successifs des gouvernements, que ce soit celui d'Emmanuel Macron, mais on pourrait remonter à François Hollande, à Nicolas Sarkozy et cetera, ont été plutôt de préparer au vieillissement de la population, parfois au détriment effectivement d'investissement concernant notre jeunesse, mais pas que. Et là, je vais remettre sur le le devant de la table les différentes réformes des retraites qui ont parfois été proposées ces ces dernières années qui ont suscité de fortes mobilisations ces ces différentes réformes des des retraites. Mais pourtant à un moment donné, si on souhaite investir dans notre jeunesse, il va falloir changer les systèmes, le
système concernant la la réforme des retraites actuelles, mais pas que. euh quand on voit le j'entends tout à fait ce qui ce qui vient d'être dit et bien évidemment qu'on peut qu'on peut critiquer et je suis pas du tout là pour défendre ce qui a été fait euh ces 10 dernières années. Mais moi ce qui m'intéresse par rapport euh à ce mouvement euh lycéen, c'est que à un moment donné, il faudrait peut-être qu'on se pose la question, il y a 200 milliards, on parle beaucoup du budget euh de l'éducation nationale. Le budget de l'éducation nationale, c'est aux alentours de 90 milliards. Il y a 30 milliards qui va pour les retraites des enseignants. et en partie parfois c'est un sujet au cœur du débat public. Moi, je trouve que c'est plutôt assez normal compte tenu du fait que le budget de
l'éducation nationale ne sert qu'à une seule chose, c'est-à-dire qu'à payer les professeurs. Tout le reste, le bâti, les équipements et cetera, ça passe notamment par les collectivités territoriales. Mais grosso modo, lorsque l'on prend l'ensemble des dépenses de l'État français en direction de l'éducation et je prends l'ensemble de l'éducation, c'est 200 milliards d'euros. comment dans notre pays on arrive à investir 200 milliards d'euros et à se retrouver dans une telle situation. Tout simplement parce que ce n'est pas un problème d'argent, c'est un problème d'efficacité des politiques publiques telles qu'on les met en place depuis euh plusieurs années et d'efficacité euh des moyens qui sont investis dans notre jeunesse. On peut pas avoir 200 milliards d'euros qui sont
investis dans l'éducation nationale et ne pas se poser la la la question est-ce que le système n'est pas en train de s'effondrer ? tout simplement parce que l'argent n'est pas mis au bon endroit. Est-ce qu'on pourrait pas avoir une réflexion globale sur par exemple la la manière dont est organisé l'enseignement à partir de de la première et jusqu'à la terminale ? ne pas s'inspirer par exemple des euh des Britanniques. Les Britanniques par exemple euh ils ont à il y a déjà eu une réforme là des dernières années, c'est la réform ou mais elle est beaucoup plus loin. Elle est beaucoup plus loin. Aujourd'hui en France, il y a 900 heures euh de cours qui sont euh qui sont donnés, il me semble, dans dans le secondaire. Chez nos voisins, c'est 700 heures. Est-ce que un moment donné, on peut pas
réduire le nombre de matières ? C'est-à-dire donc potentiellement donner à des professeurs de plus amples moyens pour enseigner dans de meilleures conditions. Non, mais il y a une vraie réflexion, je pense, à un moment donné, à avoir sur de vue.
Sébastien Lecornu