Européennes: l'interview de Marion Maréchal sur BFMTV en intégralité
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C'est sûr.
Il est 18h18 et nous recevons dans BFM Story Mario Maréchal. Bonsoir. Bonsoir. Tête de liste reconquête aux élections européennes. On va vous interroger avec Naïla Latrousse, la chef du service politique de BFM TV. Rebonsoir Naïla. Et on va commencer avec ce qui se joue en ce moment, la présence du président ukrainien en France. Il vient d'arriver à l'Elysée où il doit s'entretenir avec Emmanuel Macron. Ils tiendront une conférence de presse commune aux alentours de 19h. Au lendemain de ces annonces fortes du président français, la cession de Mirage 2005 et la formation de soldats ukrainiens, il a répondu Emmanuel Macron aux demandes de Zelensky. Est-ce qu'il a raison de franchir ce cap ?
Non, je ne le crois pas. Depuis le départ, Emmanuel Macron avance d'escalade en escalade. Souvenez-vous le récit de départ. On nous expliquait qu'il n'y aurait d'abord que des armes défensives, puis des armes offensives. On nous expliquait qu'il n'y aurait pas de frappe sur le sol russe. Aujourd'hui, c'est envisagé et permis. On a même envisagé l'envoi de troupes, qui n'est toujours pas exclu. Donc moi, je vois la pente dangereuse vers laquelle nous entraîne le président de la République, qui consiste pas simplement à soutenir l'Ukraine, mais à prendre le risque d'une cobelligérance qui pourrait demain nous mettre face à la Russie avec un risque de riposte.
Alors moi, ce que je dis, et je répète sur ce sujet, c'est que la priorité du président français, avant d'avoir la prétention d'apporter la paix par-delà nos frontières, serait d'abord de garantir la paix civile sur le territoire français. Voilà, parce que je crois que c'est ce qu'attendent les Français en priorité. quand ils voient par exemple en Nouvelle-Calédonie un territoire au bord de la guerre civile et une paix qui ne sont pas remis.
Restons sur le conflit ukrainien, pour mettre fin à cette guerre. Quel serait le bon équilibre ?
Pourquoi je vous dis ça ? Parce que c'est très important, y compris d'ailleurs sur les questions européennes. Parce qu'à travers ce sujet de l'Ukraine, on parle beaucoup du projet d'Emmanuel Macron, d'une armée européenne, d'une diplomatie européenne. Mais ce qu'il faut dire d'abord aux Français, c'est qu'aujourd'hui nous avons une armée qui est dans une telle situation qu'elle ne serait même pas capable de pouvoir assurer la sécurité des Français en cas de guerre de haute intensité.
Donc pardonnez-moi, mais avant d'envoyer des avions, des troupes, des formateurs, commençons déjà par nous donner les moyens d'avoir une armée digne de ce nom qui nous permettra d'avoir une diplomatie digne de ce nom. Donc on garde nos munitions, on n'aide pas les Ukrainiens ? Écoutez, moi, je n'ai pas du tout changé d'avis sur le sujet depuis le départ. J'ai dit qu'évidemment, il fallait pouvoir aider l'Ukraine sur le plan humanitaire, logistique, financier. Mais depuis le départ, je dis qu'il ne faut pas en effet prendre le risque d'entrer en guerre face à l'Ukraine. Vouloir soutenir l'Ukraine ne doit pas signifier faire la guerre à sa place.
Je pense que c'est la position raisonnable que devrait tenir la France.
Mais on ne fait pas la guerre à la place de l'Ukraine. Comment doit-on l'aider ? De quelle manière ?
Permettez-moi quand même d'exprimer un regret. Parce que depuis le début de cette campagne, on a énormément parlé de l'Ukraine, et c'est légitime et à juste titre, dans les débats européens. On a consacré de très très très longues heures à cela. Mais nous sommes à quelques heures, malgré tout, de la fin d'une campagne officielle pour une campagne qui est décisive. Voilà, décisive pour les Français. Est-ce que je peux regretter ? C'est un sujet de campagne ? Non, pas tant sur le principe, excusez-moi, de la présence de Vladimir Zelensky à l'Assemblée nationale ou à l'Elysée, mais sur le moment.
Voilà, parce qu'aujourd'hui, tout le temps qu'on consacre à parler, évidemment, de la guerre russo-ukrainienne, qui est un sujet important, c'est du temps qu'on ne consacre pas à un autre sujet important, qui est quand même celui de quelle Europe volons-nous le 9 juin prochain ? Tout de même, est-ce que vous l'admirez, ce président Zelensky ?
Est-ce que si vous aviez été député, vous l'auriez applaudi à l'Assemblée nationale ?
Il me reste aujourd'hui, dans votre antenne, 8 minutes de temps de parole pour cette interview. Je suis candidate à l'élection européenne. Mais répondez à mes questions, et votre temps sera respecté. J'ai fait un long débat chez vous, j'ai parlé pendant une heure du sujet russo-ukrainien, je pense m'être exprimé très largement. Mais vous ne répondez pas à ma question, et après on passera à la suite. Non, parce que je veux parler des élections européennes. Est-ce que vous l'admirez, oui ou non ? Je veux parler des élections européennes. On va en parler, mais répondez juste à cette question. Non, madame, je veux parler aujourd'hui des élections européennes.
En raison du temps de parole, vous choisissez vos questions ? Non, mais c'est important, parce que, vous voyez, là on parle de cela, mais vous n'avez pas parlé à un seul moment du projet d'Emmanuel Macron pour l'Union européenne. Vous n'avez pas parlé à un seul moment du fait que cet homme veut un super État fédéral européen, veut une armée européenne, veut une diplomatie européenne, veut un président européen, veut un ministre des Affaires étrangères européen, veut une Europe à 37, parce qu'il y a du droit de véto de la France, parce qu'il y a de la condition de la paix. C'est ça qui va se jouer. Et d'ailleurs, parlons-en, puisque derrière le sujet russo-ukrainien,
Et de notre dernier sondage, s'il vous plaît, notre dernier sondage, Elab.
Oui, notre dernier sondage, effectivement, publié ce soir, sera le dernier publié par Elab et BFM TV avant le scrutin, où l'on voit, j'allais dire, la dernière cristallisation, même si les électeurs disent qu'ils peuvent encore, pour certains, changer d'avis au cours des quelques heures qu'il reste avant le vote de dimanche. Jordan Bardella du Rassemblement National, qui fait toujours la course en tête à 32%, le double de Valérie Ayet, la candidate d'Emmanuel Macron. Raphaël Glucksmann, qui, chez nous, gagne quelques couleurs, qui en perd chez d'autres. Et votre liste, Marion Maréchal, qui gagne 0,5 points à 5,5%, tout juste au-dessus du seuil de qualification.
Est-ce que vous êtes sûre d'avoir des élus dimanche soir ? Oui, permettez-moi de faire un peu de pédagogie sur ce scrutin. Je pense que c'est important, parce qu'en effet, c'est un scrutin proportionnel à un seul tour, il y a un seul vote, un seul jour, que pour avoir des élus, il faut passer la barre des 5%. Vous venez de le dire, en dessous de 5%, c'est zéro élu. À partir de 5%, c'est 5 élus, puis un élu par 1%. Donc moi, j'ai un petit message à faire passer aux électeurs. Et dans ce combat, il y a une marge d'erreur, c'est-à-dire qu'il faut être au-dessus ou qu'il faut être en dessous ? Non, mais tout est possible, mais les sondages ne sont pas les suffrages.
Je pense que les dernières élections européennes nous en ont fait la démonstration. Donc, je veux dire, qui se déplace pour voter aura des élus, et nous pourrions avoir des surprises dimanche prochain. Maintenant, ce qui est vrai, c'est qu'il y a des gens qui hésitent, encore aujourd'hui, à droite, avec les LR. Ce que j'ai envie de dire à ceux qui pourraient hésiter avec les Républicains, c'est que s'ils votent aujourd'hui pour les Républicains, eh bien, ils votent pour la majorité actuelle au Parlement européen. Ils votent pour un parti qui sont alliés aux socialistes, aux macronistes, derrière Ursula von der Leyen, et qui sont donc comptables du bilan européen aujourd'hui.
Sur Jordan Bardella, Éric Zemmour dit que c'est un vote bidon. Juste, je finis là-dessus. Sur les Républicains, c'est un parti qui prépare également un accord de gouvernement avec Emmanuel Macron au moment de l'élection. Mais parlons de vous ! J'ai une question, Marion Maréchal. Je suis d'accord, mais si vous me posez deux questions en même temps... Oui, effectivement, mais juste une question.
Dimanche, votre famille politique, elle va faire 32% ou 5% ?
Vous n'en savez rien, déjà, on verra bien. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que moi, je crois que nous aurons des élus. J'en suis même convaincue.
Non, mais vous voyez à quoi je fais référence. Votre famille politique, elle fera 32% ou 5% ?
Madame, vous savez quels seront les résultats du 9 juin prochain ? Moi, je ne sais pas encore. Ce qui est sûr, c'est qu'évidemment, a priori... Mais si on regarde les intentions de vote. Oui, mais ce que je veux dire, j'allais vous répondre. Le gouvernement national, a priori, d'après tous les sondages, sera très largement en tête. Donc moi, ce que j'ai envie de dire, c'est aux gens qui hésitent entre eux et nous, c'est que plutôt que d'éluer un 31e ou un 32e député RN, eh bien, il vaut mieux donner le pourcentage qui pourra faire la différence à Reconquête et nous permettra justement d'avoir des élus.
Parce que je crois que les intérêts de la France et des Français seront d'autant mieux défendus que ces deux forces politiques, avec leur différence et leur singularité, soient présentes au Parlement européen et soient amenées d'ailleurs à travailler ensemble sur des votes communs. Ce sont des alliés. Ce sont des alliés, donc. Je le souhaite en France et vous allez travailler ensemble, ce sont des alliés. Moi, je travaillerai avec toutes les forces politiques qui nous permettent de construire des minorités de blocage ou des majorités de projets pour défendre justement la vision de l'Europe telle que je la défends.
Mais pourquoi je vous posais la question ? Parce que votre seul député européen, il a été élu avec le Rassemblement national, Nicolas Béogne.
Oui, d'accord, très bien, Madame. Et en effet, c'est la première fois que Reconquête se présente aux élections européennes. Donc c'est logique que nous n'ayons pas encore eu la possibilité d'être représentés au Parlement européen par nos propres moyens.
Est-ce que le chemin inverse est possible ? Le chemin inverse. Est-ce que vous pourriez suivre la même trajectoire que Nicolas Béogne ?
C'est-à-dire, je vais aller à Reconquête parce que j'y suis déjà. Non, aller au Rassemblement national. Non, je n'ai pas l'intention d'aller au Rassemblement national. Vous savez, j'ai rejoint Éric Zemmour en 2022 à l'élection présidentielle. Et si je suis là aujourd'hui, c'est parce que je considère être au meilleur endroit pour défendre les idées auxquelles je crois, qui ne se confondent pas avec celles du Rassemblement national. Nous n'avons pas le même programme économique, par exemple. Nous sommes un parti moins étatiste, moins fiscaliste, et très engagé dans la lutte contre la cisterna. Nous n'avons pas les mêmes positions sur les sujets de société. Nous sommes très engagés.
Mais aujourd'hui, vous pouvez dire, dans 5 ans, ça n'arrivera jamais, je ne retournerai jamais au Rassemblement national ?
Je n'ai aucune intention de retourner au Rassemblement national. Je suis tête de liste aujourd'hui pour Reconquête. Et je défends des idées qui sont les miennes. Et j'essaye de convaincre les électeurs de la nécessité d'avoir un parti de droite authentique qui ne baisse pas les yeux devant l'islamo-gauchiste, qui ne baisse pas les yeux devant le terrorisme intellectuel, ou devant parfois les intimidations médiatiques, pour défendre leurs convictions. Et je crois que pendant cette campagne, nous en avons fait la dénonation.
Mais pourquoi je vous pose la question, Mario Maréchal ? Parce que lorsqu'on pose la question à Marine Le Pen, parce que les journalistes sont très intéressés par des choses qui n'intéressent pas les Français. Ni non, c'est intéressant. Votre trajectoire et votre avenir politique, je pense que ça intéresse les gens. Je vous assure que pour y avoir répondu très longuement, je préférerais parler des sujets. Marine Le Pen, elle répond à ce sujet, elle ne dit pas oui ou non. Elle dit si ma grand-mère avait des roulettes, ça ferait un bel autobus.
Madame, vous savez quelle est la première préoccupation des Français pour ce vote aux élections européennes ? Le pouvoir d'achat. Non, c'est l'immigration. Et l'immigration. C'est l'immigration. Et vous voyez, je pense que ce serait plus intéressant d'expliquer aux Français la manière dont nous souhaiterions nous pouvoir renforcer les frontières de l'Union européenne pour permettre justement de répondre à cette angoisse existentielle qui a des conséquences très lourdes au quotidien sur le plan sécuritaire, sur le plan du terrorisme, sur le plan du remplacement culturel et de la disparition de l'identité de la France.
Donc moi, je vous le dis, si je suis candidate aujourd'hui, ce n'est pas à faire du commentaire sur qui que quoi, qui va où. Si je suis là aujourd'hui, c'est d'abord pour porter un projet et m'engager auprès des Français à défendre leurs frontières européennes.
Il faut qu'on aille aux Pays-Bas parce que le temps passe très vite, malheureusement. Ce qu'il faut rappeler, c'est que si les Français votent dimanche, aux Pays-Bas, les Néerlandais ont déjà commencé à voter. On va rejoindre dans un instant Christophe De Vogue, qui est historien, directeur scientifique de la Fondapol et spécialiste des Pays-Bas. Alors, on le rejoindra dans un instant parce que la connexion est mauvaise, peut-être sur les rapports entre le Rassemblement National et Marion Maréchal, Neila.
Et même entre Marion Maréchal et Éric Zemmour, ça fait partie, vous dites, les sujets qui intéressent les journalistes, c'est un sujet qui a... Ah oui, ça m'intéresse. Si, on peut le dire, pour le moins, alors Marion Maréchal, ça a pour le moins pollué une partie de votre campagne.
Non, mais dans les articles, les relations écrits par vos confrères que vous êtes les seuls à lire.
Et qui sont nourris par des gens qui figurent sur votre liste ou qui figurent dans votre entourage ou qui figurent dans l'entourage d'Éric Zemmour.
Je suis très contente de consacrer les dernières minutes à quelques heures d'une élection à ce genre de choses. Vraiment, je trouve ça lamentable. Madame Maréchal, pour bien, je trouve ça lamentable. Ça intéresse sans doute vos électeurs. Je trouve ça lamentable. Non, ça nous intéresse vous. Je veux dire, ce qui intéresse vos électeurs, c'est de savoir qu'est-ce qu'on peut faire demain au Parlement européen. Moi, ce que j'ai envie de dire aux électeurs... Et de savoir que la solidité de votre parti... Ce qui ne vous intéresse pas du tout, c'est qu'on peut renverser la majorité au Parlement européen. C'est qu'on peut avoir une majorité de droite.
C'est qu'on peut sortir de la vente de la Lyon. C'est important aussi la manière dont votre campagne s'est passée et votre équipe de campagne. On lit partout que plus ça va, moins ça se passe bien. Ce qui est important, c'est pas de savoir avec qui je dîne le dimanche soir ou quel rapport j'ai avec ma tante Marine Le Pen. Ce qui est important, c'est de savoir ce qu'on va faire demain au Parlement européen. Est-ce qu'on va réussir à battre l'actuelle coalition de centre et de gauche ? Est-ce qu'on va réussir à battre le groupe d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'on va bloquer le pacte vert qui a réalisé la décroissance agricole ? Est-ce qu'on va renforcer les frontières ?
Est-ce qu'on va avoir aujourd'hui une politique commerciale qui nous protège face à la guerre économique avec les Etats-Unis et la Chine ? Excusez-moi, c'est ça le sujet.
Mais qu'est-ce qui se passe si vous n'êtes pas élu, Marion Maréchal ? Quelles conséquences, quelle leçon vous allez en tirer ?
Madame, si je suis devant vous à subir cette interview particulièrement désagréable, c'est parce que je veux défendre des idées. Et donc les idées, les défis que je dois relever ne s'arrêteront pas le 10 juin, quel que soit le résultat de ces élections. Et donc je continuerai évidemment à me battre pour les défendre et pour faire en sorte que les idées auxquelles je crois soient un jour au pouvoir pour défendre les Français. Donc s'il n'y a pas d'élu, il n'y a pas de séparation ? Il n'y a pas de départ de reconquête ? Mais de quoi vous me parlez ? Mais à quel moment on parle de départ ? Excusez-moi, mais je ne comprends pas en fait quelles sont vos obsessions.
Je vais vous dire, demain, nous aurons des élus. Parce que je vais prendre le parti optimiste, là où vous êtes pessimiste, tous les sondages aujourd'hui nous donnent à plus de 5. Et donc nous donnent des élus. Maintenant, l'autre défi, moi, que j'ai envie de relever dans ces élections, au-delà du fait d'avoir des élus, c'est que j'espère que nous réussirons à battre la liste de LFI, qui aujourd'hui est un poison pour la démocratie, un poison pour la France, qui n'a fait dans cette campagne que souffler sur les braises de la haine anti-française. C'est fini jusqu'à l'antisémitisme. Et donc, je vais vous dire, j'invite tous les électeurs de droite à se porter.
J'ai envie de vous dire, j'ai envie de vous dire.
Marion Maréchal