Fatiha Keloua-Hachi : «La France Insoumise n’est pas un ennemi, pas même un adversaire»
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 63 %Attaque 19 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez un outil de prédilection ?
- 1:57OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'on vous racontait, dans votre famille, de l'histoire de l'Algérie, de l'immigration, de l'arrivée en France ?
- 3:01FerméeRéponse directe
Et vos parents sont arrivés en région parisienne, directement ?
- 3:19OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'aujourd'hui vous avez conservé de cette mémoire familiale ? Et peut-être d'ailleurs aussi dans votre manière de faire de la politique ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Lorsque vous étiez petite fille à l'école, vous étiez donc en Seine-Saint-Denis déjà.
- 5:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui a représenté l'école pour vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:50Invité politiqueFait
« Moi, j'ai eu la chance de prendre ce qu'on appelle un ascenseur social ou d'être transfuge de classe. »
- 9:31Invité politiqueFait
« On a cassé la mixité sociale à l'école. On l'a cassé de façon volontaire. »
- 9:49Invité politiqueFait
« Les établissements privés ou les établissements publics sans mixité, on va prendre un exemple, Louis-le-Grand, à Paris, ne sont pas obligés de créer de la mixité sociale dans leur établissement. »
- 10:23Invité politiqueFait
« Petite, comme je suis la dernière de la famille, c'est moi qui m'occupais de tous les papiers de mes parents. Je n'avais pas d'instruction en français, donc je m'occupais de ma famille. »
- 10:47Invité politiqueFait
« Ensuite, je suis rentrée à la Ligue des droits de l'homme à 17 ans. »
- 25:11Invité politiqueChiffre
« 80 voire 90% de ce qu'on propose est absolument identique. »
- 27:37Invité politiqueChiffre
« Je reçois une dizaine de témoignages par semaine qui concerne Bétaram. »
- 27:38Invité politiqueChiffre
« Je fais des articles 40, je dois en faire entre 5 et 7 par semaine. »
- 34:56Invité politiqueFait
« Un de leurs textes sera logement social uniquement pour les français. »
- 36:28Invité politiqueFait
« Marine Le Pen elle fait son beurre sur la préférence nationale ou la priorité nationale. »
- 37:02Invité politiqueFait
« En Seine-Saint-Denis, on a des communes qui ne construisent pas de logements sociaux et qui préfèrent payer des pénalités plutôt que de construire. »
Temps de parole
- Fatiha Keloua Hachi59 %
- Présentateur34 %
- ?7 %
≈ 46,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L
'atelier politique
avec
Frédéric Rivière.
Bonsoir et bienvenue dans l'atelier politique. Dans cette émission, nous essayons de prendre le temps de la réflexion, de l'analyse, de la mise en perspective, avec l'ambition de comprendre ce qui nous arrive et peut-être aussi ce qui s'annonce. Et ce soir, nous sommes avec Fatiha Keloua Hachi. Vous êtes député socialiste de la 8e circonscription de Seine-Saint-Denis. Avant d'entrer en politique, vous avez été professeur de lettres pendant près de 30 ans. A l'Assemblée nationale, vous êtes notamment engagé sur les questions d'éducation, ce qui est cohérent, de précarité étudiante et de violence scolaire. Bonsoir.
Bonsoir, merci pour l'invitation.
Cette émission est enregistrée, je vous le précise, dans les conditions du direct. Nous sommes ensemble pour à peu près 40 minutes. Vous allez donc avoir du temps pour développer vos idées. Et je vais vous soumettre à la question rituelle de cette émission, puisque dans un atelier, généralement, on trouve des outils. Est-ce que vous avez un outil de prédilection
?
Moi, j'ai un outil et on appelle ça un outil. C'est le stylo.
Alors,
dans mon milieu professionnel qui est l'enseignement, on appelle ça un outil scripteur.
Et
on dit aux enfants, prends ton outil scripteur pour lui expliquer que c'est un outil qu'il faut l'apprivoiser, qu'il faut savoir l'utiliser et qu'il est fait pour écrire.
Et
comment réagissent les enfants la première fois qu'on leur parle d'outil scripteur
? Oui, ils savent très bien que c'est un stylo, très vite. C'est une boutade.
C
'est pour un peu expliquer comment on utilise un stylo. En fait, la réalité, c'est que par exemple, un enfant
qui
a des problèmes de dysgraphie a beaucoup de mal à tenir un stylo.
Donc,
ça s'apprend.
Alors, vous avez grandi à Montreuil, dans une famille d'origine cabile, avant de devenir professeur de lettres. On en parlera. Qu
'est
-ce qu'on vous racontait, dans votre famille, de l'histoire de l'Algérie, de l'immigration, de l'arrivée en France
?
Pas grand-chose.
Pas
grand
-chose.
Moi,
j'ai eu des parents
très
traumatisés. Ils
sont arrivés
en quelle année, vos parents
?
Mon père est arrivé en 1917. Votre
père, en 1917 ? Mon père est né
en 1900, mon père.
J
'ai un
père qui m'a eu à 70 ans.
D
'accord.
Et ma mère est arrivée dans les années
50,
avant l'indépendance de
l'Algérie.
Donc, j'ai des parents qui sont venus en France plutôt jeunes, mais avec des valises de traumatisme. C'est-à-dire que moi, j'ai posé des questions très très vite. Et puis, j'ai eu d'autres histoires par bribes.
Par
bribes seulement. J'ai été pourtant très très curieuse et très friande de savoir d'où il venait. Mais c'est compliqué. Les familles, en tout cas algériennes, ont beaucoup de mal à parler de ce qu'ils ont vécu.
Et vos parents sont arrivés en région parisienne, directement ?
Non, mon père est d'abord arrivé dans le Bordelais, ensuite dans le nord de la France. Et il s'est installé à Paris dans les années, je dirais, 40.
Alors, malgré tout, vous avez appris des choses au fil du temps. Qu'est-ce qu'aujourd'hui vous avez conservé de cette mémoire familiale ? Et peut-être d'ailleurs aussi dans votre manière de faire de la politique
? Ce
que j'ai conservé, c'est que la colonisation a été un désastre.
Un
total désastre. Et je vais vous donner un exemple.
Mon
nom de famille.
Le
nom de mon père, c'est Kélois.
Or, c
'est un nom que les colons ont donné à mon père. Ça n'est pas le nom de mes ancêtres. Le nom de mes ancêtres, c'est Alouache. Et donc, les militaires sont venus dans le village de mes parents et ont décidé qu'on s'appellerait Kélois. Et ils ont donné des noms de famille à tous les villageois.
De
façon arbitraire. Avec transcription à l'état civil. Donc là, aujourd'hui, mon état civil, c'est Kélois. L'état civil de mon père aussi. Alors que la réalité, c'est que ce n
'est
pas mon nom de famille.
Et
donc, c'est très traumatisant pour un enfant de savoir qu'on nous donne un nom et c'est le nom de la colonie et pas le nom de mes origines, de mes ancêtres.
Lorsque vous étiez petite fille à l'école, vous étiez donc en Seine-Saint-Denis déjà.
Alors, moi, j'ai été très petite dans le 19e arrondissement.
Et
je suis arrivée à Montreuil en CM2, donc à 10 ans.
Est-ce que ce sont des souvenirs que vous partagiez avec des camarades de classe
?
Cette mémoire historique, familiale
?
Comme dans ma famille, c'était tabou. Moi, je pensais que c'était un sujet interdit et tabou. Et donc, j'en parlais pas du tout. Pas du tout, du tout. Ni à l'école, ni où que ce soit.
On
va dire que je me suis un peu ouverte à qui j'étais à l'adolescence.
Et
à Montreuil, il y a beaucoup d'enfants d'immigrés et beaucoup de cabines et d'Algériens. Et donc, il y avait la possibilité de discuter justement de nos origines. Mais je l'ai fait, je me suis autorisée de le faire qu'à partir de la quatrième, vers 13 ans.
Qu
'est-ce qui a représenté l'école pour vous
? Beaucoup
de choses. Beaucoup, beaucoup de choses. Justement, à l'école,
j
'ai eu le droit
de
développer
mes
pensées,
d
'exprimer aussi ce que je pensais, ce que je ressentais sur un sujet. Alors, je me rappelle, moi, d'un sujet qui était important en CE2, c'était la protection animale. Alors, tous les enfants adorent les animaux. Et nous, on avait un cochon d'Inde à l'école. Aucun parent ne voulait prendre le cochon d'Inde le week-end.
Et
ma mère adorait les cochons d'Inde. Et donc, elle disait, mais non, mais
un
animal, c'est un don de Dieu. Mais bien sûr qu
'on
va le recueillir. Moi, j'aime beaucoup les cochons d'Inde. Alors que c'était juste pour me faire plaisir. Et donc, à l'école, j'expliquais.
Je
disais, mais moi, mes parents peuvent le prendre tous les week-ends. Pourquoi les parents des autres ne le prennent pas ? Et j'ai compris qu'il y a des gens qui sont très égoïstes ou qui ont envie de vivre leur petite vie tranquille. L'enfant va à l'école, mais le soir, c'est fini. Moi, il n
'y a
jamais eu de faim à l'école. J'avais une enseignante qui venait à la maison,
à
l'école maternelle, qui offrait des cadeaux aux enfants. Et moi, je trouvais ça merveilleux. Je trouvais qu'il y avait une continuité qui était... Enfin, pour moi, c'était merveilleux, l'école.
Alors, c'est cet émerveillement que vous avez éprouvé, petite fille, à l'école, qui vous a donné ensuite envie de devenir à votre tour enseignante ?
Oui.
De
transmettre ce qu'on vous avait transmis ?
Oui. Et puis, j'ai eu un prof de français au collège. Je l
'ai
eu deux ans, en sixième et en troisième.
Et
ce prof de français, c'est le prof de français de ma vie, on va dire. Et il nous faisait des débats en classe.
Et
donc, avec des sujets d'actualité, des sujets diverses, et diviser la classe en deux. Est-ce que vous êtes pour ? Est-ce que vous êtes contre ? Et on devait avoir une vraie opinion, et la développer, l'argumenter, mais dès la sixième. Et ce prof de français, je l'ai rencontré à une réunion de prof quand moi-même, j'étais prof. Et aujourd'hui, j'ai des élèves qui sont devenus profs, et qui reviennent me voir en me disant « C'est grâce à vous, c'est parce que vous nous avez donné envie de... » Donc, c
'est
un métier vraiment passion, en fait.
Ce prof, il vous préparait déjà d'une certaine manière à une carrière politique, un peu. Vous apprenant le débat, la persuasion, l'argumentation, c'était un peu de cette nature, de cet ordre.
Oui, oui, oui.
Alors,
vous avez enseigné pendant près de 30 ans dans des établissements confrontés parfois aux difficultés sociales. Qu'est-ce que cette expérience vous a apporté dans votre réflexion sur le discours politique autour de l'égalité des chances
? D
'abord, moi, j'ai une grande, grande fierté
de
ne pas être une politique et de ne pas être que ça. Quand on enseigne, on commence sa carrière avec 3 francs 6 sous, on est au SMIC. Et au bout de 30 ans, je touchais 2600 euros par mois,
avec
un investissement incommensurable.
Donc,
aujourd'hui, je suis vraiment, vraiment heureuse d'avoir eu cette expérience. D'ailleurs, je suis en disponibilité, donc je suis prof encore.
Et
ça m'apporte à l'Assemblée nationale une base. Une base. Je suis députée de la Nation et je représente, quelque part, et la Seine-Saint-Denis, mais aussi le corps professoral. Donc, ça m'apporte quelque chose en plus.
Vous avez travaillé, et je le précieuse, on en a d'ailleurs parlé un petit peu avant le début de cette émission, vous avez travaillé sur la maîtrise de la langue. C'est une chose qui est importante pour vous. Vous avez travaillé aussi sur l'éducation prioritaire. Pourquoi, selon vous, ces politiques produisent encore des résultats aussi inégaux selon les établissements et les territoires ?
Alors, c'est bien que
vous
me posiez cette question. En fait, moi, j'ai eu la chance
de
prendre ce qu'on appelle un ascenseur social ou d'être transfuge de classe. C'est une réalité, c'est-à-dire que j'ai rompu quelque part avec une lignée qui était prédestinée à autre chose.
Aujourd
'hui, c'est plus possible. Et ça,
c
'est la personne... Pourquoi
c'est plus possible aujourd'hui ? J'ai
travaillé au Restora, la mission Grande Pauvreté, entre 2019 et 2022. Une mission sur laquelle on travaillait sur les 143 réseaux d'éducation prioritaire. Et le réseau, c'est de la maternelle au lycée. Donc,
j
'ai vu des milliers et des milliers d'élèves, des milliers de pratiques, des milliers de profs.
C
'est plus possible aujourd'hui. Pourquoi ? Parce qu'on a cassé la mixité sociale à l'école.
On
l'a cassé
de
façon volontaire. Et je vais vous donner un exemple. Les établissements privés ou les établissements publics sans mixité, on va prendre un exemple, Louis-le-Grand, à Paris,
ne
sont pas obligés
de
créer de la mixité sociale dans leur établissement. Et donc, ça donne une ségrégation qui est catastrophique.
Vous avez enseigné, on l'a dit, pendant près de 30 ans. Et puis, vous avez franchi, assez récemment finalement, à l'échelle de votre carrière, le pas politique. Qu'est-ce qui vous a convaincu que vous seriez, peut-être, je ne sais pas, plus utile ou différemment utile dans l'institution parlementaire
?
Alors, moi, j'ai toujours
eu
une mission d'être utile.
C
'est-à-dire que, petite, comme je suis la dernière de la famille, c'est moi qui m'occupais de tous les papiers de mes parents.
Je
n'avais pas d'instruction en français, donc je m'occupais de ma
famille. Ils savaient lire et
écrire, vos parents ?
Pas le français, du tout.
Oui, c'est ça. Non, non.
Ils ne l'ont jamais appris. Donc, je portais mes parents à bout de bras, alors que j'avais plusieurs frères et soeurs plus grands, mais je sentais que c'était mon rôle. Ensuite, je suis rentrée à la Ligue des droits de l'homme à 17 ans.
Et
à la Ligue des droits de l
'homme,
on vous apprend très vite qu'il y
a
une réalité. Et quand on fait des permanences, ce sont des gens qui ont des problèmes divers et variés. En Seine-Saint-Denis, le problème principal,
c
'est les logements, les papiers. Et puis, je suis rentrée dans beaucoup d'associations.
C
'est-à-dire que j'ai toujours eu besoin d'être utile. Mais, je suis une maman maghrébine et méditerranéenne. Je voulais être présente pour mes enfants, très présente. Et donc, j'ai enseigné, j'ai éduqué mes enfants. Et une fois qu'ils ont été indépendants, je me suis dit, je peux me permettre d'être utile autrement en politique. Mais c'est un peu une stratégie de vie. Vous
avez fait
un plan de carrière dont vos enfants étaient la priorité.
Totalement.
On va marquer une respiration musicale. avec un morceau que vous avez choisi. Vous nous direz après pourquoi, même si, en l'occurrence, on peut le comprendre assez aisément, puisqu'il s'agit d'Eryta Mitsuko, avec le titre qui les a rendus célèbres, Marcia Baila. On a appris il y a quelques jours la disparition de la chanteuse, Catherine Ringer. C'est pour ça que vous avez choisi ce titre ?
C
'était une manière de lui rendre hommage, en quelque
sorte ? Oui, oui.
Je lui rende hommage, mais je l'ai connue,
Catherine
Ringer. Catherine Ringer, alors, d'abord, Marcia Moreto, c'est une danseuse qui était amie avec Catherine Ringer et qui est morte à moins de 35 ans d'un cancer du sein. Et cette chanson, elle me touche énormément parce que c'est une chanson festive qui parle de la mort.
Et
donc, je trouve que Catherine Ringer et son groupe Eryta Mitsuko ont réussi de faire quelque chose d'incroyable, c'est-à-dire de parler de la mort et de faire danser les gens. Et Catherine Ringer,
elle
a habité Lélila, je crois que jusqu'à sa mort, elle a habité Lélila en Seine-Saint-Denis, mais elle a aussi habité Montreuil. Et donc, moi, j'ai grandi avec, dans mon adolescence, Catherine Ringer, qui était dans les bars de Montreuil, qui était tout à fait accessible.
Alors, pour la petite histoire, moi, l'Eryta Mitsuko, ça a été l'une des premières interviews que j'ai faites. C'était en 1984, à l'issue d'un concert de ce groupe qui était vraiment tout naissant dans une petite salle de concert, dont je ne me souviens plus le nom, mais c'était dans la ville de Mulhouse, en Alsace, dans le Haut-Rhin. Alors, vous avez donc été élu député et réélu en 2024, avec, je crois, un petit peu plus de 68% des voix, dans cette huitième circonscription de Seine-Saint-Denis.
C
'est un territoire dans lequel la gauche reste implantée, mais où le vote populaire est très disputé.
Qu
'est-ce que les électeurs vous demandent prioritairement de traduire en actes
? De
ne surtout pas être déconnecté.
Oui.
Alors, d'abord...
C'est une phrase qu'on entend beaucoup.
Ça a parlé de
la déconnexion des
élites
politiques, etc.
Bon, moi, j'habite dans la ville Ronis-sous-Bois depuis 30
ans. J'habite
à Ronis-sous-Bois depuis 1997. J'ai été prof dans ma propre ville
et
j'ai été élue dans une circonscription où la plus grosse ville, c'est Ronis-sous-Bois. Je connais beaucoup de villes Mont-Blois et de Gabignens et de Gabignennes parce que j'ai aussi corrigé les brevets des collèges dans ces deux villes. Donc, je connais les équipes éducatives, etc. Les gens, ce qu
'ils
me demandent, c'est « Fathia, t'es une élue de terrain. N'oublie pas que tu es une élue de
terrain.
» Donc, nous, ce qu'on veut, c'est qu'à l'Assemblée nationale, tu parles du handicap. Tu parles des petits salaires.
Tu
parles... Là, hier, il y a quelqu'un qui m'a dit « On veut que tu parles du prix de l'essence.
» Et
que tu te positionnes. Et que tu te positionnes fermement. Et que tu ne demandes pas de chèque
ou
d'aide comme ça, minime. Nous, ce qu'on veut, c'est ou le blocage des prix ou la disparition de la TVA. On ne veut pas de chèque. Le chèque, pour eux, c'est un peu rédhibitoire parce que c'est ridicule, c'est petit. Moi, j'écoute. Et pour l
'instant...
Bon, ça ne fait que 4 ans que je suis députée.
Je
pense que je ne
suis
pas déconnectée.
Et vous écoutez et vous répondez systématiquement à leurs demandes ou il peut vous arriver de leur dire « Écoutez, là, ce que vous me demandez. Moi, je ne
suis
pas d'accord. Ce n
'est
pas comme ça que je vois les choses. »
Ça m'arrive
tous les jours que je ne sois pas d'accord.
Et vous leur dites.
Et je leur dis. On a des discussions.
Mais
moi, je suis quelqu'un d'un peu têtu. C'est-à-dire que j'ai une idée, je vais jusqu'au bout. Mais j'aime bien m'imprégner de ce que me disent les gens. Donc, je prends, je prends, je prends. Je dis « Oui, je t'écoute. Je ne
suis
pas trop d'accord, mais je t'écoute quand même. J'écoute tout le monde. Et ensuite, je fais à ma sauce.
Pour
l'instant, ça plaît, ma sauce.
A
peu près.
» Le Parti Socialiste veut participer à une primaire pour la présidentielle de 2027 alors que plusieurs candidatures s'affrontent déjà à gauche. Comment éviter, selon vous, que cette primaire ne règle seulement une querelle de personnes au lieu de fixer une vraie ligne politique ?
Alors,
moi, je suis topiste. Je suis dans une espèce de nuage. Pourtant, j'ai les pieds sur terre. Mais je crois en la démocratie.
Et
je crois au débat démocratique. Et pour moi, il n
'y a
pas plus merveilleux
que
des gens
qui
s'affrontent sur des idées. Et c'est pourquoi, nous, à Ronis-sous-Bois, dans ma ville, on va organiser un débat de la primaire pour toute la Seine-Saint-Denis. Je pense que c'est une occasion incroyable de dire, voilà, la gauche est quand même un peu intelligente, elle essaie de faire quelque chose. Après, ça ne
veut
pas dire que ce candidat ira au second tour. Je ne présage rien de l'avenir. Mais le présent est important. Et le présent, c'est de dire que les socialistes, c'est quand même un grand parti. C'est un parti qui débat, qui essaie de trouver des lignes politiques communes ou différentes. Et puis, on verra les débats et télévisés et le débat, Ronis-sous-Bois, ce que ça donne.
Et
vous pensez que cette irruption des primaires depuis maintenant quelques années, tous partis confondus d'ailleurs, a été plutôt une bonne chose pour la démocratie ou que ça a bousculé la mécanique ordinaire et plutôt bien huilée qui prévalait auparavant
?
Alors, tout dépend de où on se place.
Si
on se place du côté des électeurs, je pense que c'est une bonne chose.
Les
électeurs, moi, j'ai vu de l'enthousiasme
dans
les primaires précédentes, notamment celle de 2006 ou 2007, celle de 2011. Il y a de l'enthousiasme. Les Français s'inscrivent, veulent participer, veulent écouter différents sons, de cloches, etc. Du côté interne, c'est-à-dire du candidat et de comment on fait émerger un candidat, là, franchement, je ne
suis
plus mesurée. Mais je n
'ai
pas d'opinion ferme et je préfère le dire clairement. Je ne suis pas contre la primaire ou je ne suis pas pour la primaire. Mais la primaire, c'est un outil démocratique qu'il faut s'en saisir.
Merci
d'être avec nous. Vous écoutez l'Atelier politique, émission réalisée par Mathias Golchani. Il est l'heure de faire un tour d'horizon de l'actualité. On se retrouve juste après pour la deuxième partie de notre émission.
L
'Atelier politique
avec
Frédéric Rivière.
L
'Atelier politique avec Fatia Kelwa-Hachi, députée socialiste de la 8e circonscription de Seine-Saint-Denis, professeur pendant près d'une trentaine d'années. Nous parlions juste avant les informations de la primaire. Olivier Faure, Raphaël Luxman, Jérôme Gage, Emmanuel Morel, les Ségolène Royales sont annoncés dans cette primaire. Mais il y en a un qui était également annoncé et qui finalement n'y sera pas. C'est le député socialiste Philippe Brun qui a été écarté à 5 minutes de la date et de l'heure fatidique pour déclarer sa candidature en raison des accusations portées par une de ses anciennes collaboratrices.
Philippe Brun conteste les accusations et dit avoir appris sa suspension avec stupeur jusqu'où un parti politique doit-il aller lorsqu'il reçoit ce type de signaux, ce type d'informations sur lesquelles d'ailleurs on ne sait pas grand-chose, il faut le dire, mais que les faits ne sont pas établis et pas jugés.
Oui, moi je ferai un parallèle avec l'éducation nationale.
Dans
l'éducation nationale on a une mesure conservatoire d'éviction d'une personne
accusée,
soupçonnée de commettre des violences ou autre.
C
'est important d'avoir ces mesures conservatoires. Ça ne veut absolument pas préjuger la culpabilité de la personne mais je pense que ça d'abord nous pour le parti socialiste ça veut dire quelque chose clairement de notre position féministe c'est-à-dire qu'une femme dénonce on prend en compte cette dénonciation je pense que c'est important de le faire
et
je trouve que c'est plutôt exemplaire.
Il
y a un deuxième problème c'est que cette primaire d'envoyer un candidat
à
la primaire qui ne serait pas totalement conforme aux grandes valeurs du parti socialiste aujourd'hui c'est un risque que le parti n'a pas voulu prendre moi je le comprends je ne présume absolument pas de la culpabilité de Philippe Brun Philippe Brun c'est quelqu'un que je connais bien je pense qu'il va trouver peut-être ses moyens aussi d'expliquer d'expliciter mais en attendant je pense que le parti a bien fait.
Mais en attendant donc il ne pourra pas être candidat à cette primaire il est suspendu du groupe à l'Assemblée nationale et même suspendu du parti socialiste alors évidemment c'est toujours extrêmement délicat ce sujet mais vous comprenez bien que si on prend des mesures conservatoires comme vous l'avez dit alors que les faits ne sont pas établis qu'ils ne sont pas jugés ça peut être un outil de destruction massive d'un adversaire politique.
Moi j'ai une confiance
en
mon parti
et
je pense qu'il y a des éléments suffisants pour avoir demandé cette mesure conservatoire j'en suis absolument persuadée parce que je ne pense pas qu'on fasse les choses à la légère
donc
maintenant je ne vais pas plus parler de ce sujet parce que franchement je ne le maîtrise pas
Est
-ce que ça ne risque pas malgré tout d'affaiblir la crédibilité de cette primaire cette affaire-là et puis de détourner l'attention de son objet initial vers cette affaire précise
?
Je ne l'espère pas je ne l'espère pas on a quand même des candidats on a peut-être aussi des projets différents il y a de quoi débattre réfléchir avancer
Alors
on parle de primaire autour du parti socialiste mais il y a un candidat de gauche qui lui est déjà très engagé dans la campagne et qui ne veut pas entendre parler de primaire c'est Jean-Luc Mélenchon qui est aujourd'hui une figure centrale y compris d'ailleurs dans les intentions de vote est-ce que la gauche pense aujourd'hui encore une fois autour du parti socialiste pense pouvoir remporter l'élection présidentielle sans accord avec la France insoumise
?
Je vais faire une réponse qui n
'est
pas du tout une réponse langue de bois je ne pense pas
moi
je ma vie je l'engage
contre
le rassemblement national
et
contre l'extrême droite et contre les idées d'extrémistes de droite je dis ça parce que tous ceux par exemple qui veulent déstabiliser l'état de droit qui veulent toucher à la constitution de façon dangereuse tout cela je les combats
tout
le reste tous les autres
pour
moi ce ne sont pas du tout mes ennemis même pas mes adversaires
c
'est à dire je peux travailler avec absolument tout le monde
que
ce soit la France insoumise mais que ce soit aussi le bloc central Pour
vous la France insoumise ne représente en aucun cas le moindre danger pour la France
Moi je ne le vois pas je ne comprends même pas qu'on puisse penser ça à l'Assemblée nationale on travaille ensemble et on vote la même chose on dépose les mêmes types de textes
Je vous pose cette question c'est pas moi qui le dis mais
vous savez
très bien qu'il y
a
y compris d'ailleurs au sein du parti socialiste des gens qui le disent que la France insoumise est un parti extrémiste qui a été encore une fois je mets les guillemets gangréné par l'antisémitisme
Alors moi j'ai du mal avec le fonctionnement de la France insoumise et
le
fait que le candidat ne soit pas désigné démocratiquement ça j'ai beaucoup de mal avec ça Par contre moi j'ai vécu des moments incroyables à monter la NUPES et le NFP et à travailler sur un projet commun même si c'était un projet de quelques pages la réalité c'est que 80 voire 90% de ce qu'on propose est absolument identique et donc il va falloir faire avec on ne
va
pas se mentir on ne
va
pas dire que les socialistes tout à coup vont inventer une nouvelle façon de faire de la politique de gauche alors qu'on vote avec les insoumis sur 80% des textes ce serait très bizarre donc moi je ne suis pas du tout d'accord de diaboliser la France insoumise je suis plutôt d'accord de dire qu'il y a un problème démocratique à la France insoumise et qu'ils doivent s'en rendre compte et même peut-être le dénoncer
eux-mêmes s'en sont
rendu compte ils ont été purgés comme on a dit
Alexis
Corbière
mais si de l'intérieur certains
pouvaient dénoncer aussi le processus enfin
moi je trouve que ça serait plus ils
l
'ont fait à
l'intérieur mais ils
ont été
mis à l'extérieur voilà vous parliez d'actions concrètes et de ne pas décevoir vos électeurs de rester connectés vous avez défendu le repas à 1 euro pour tous les étudiants c'était en 2023 puis vous avez déposé une nouvelle proposition de gloire en 2024 le premier texte avait été rejeté puis le second a été adopté par l'Assemblée Nationale c'est votre
puisque
vous êtes depuis assez peu de temps à l'Assemblée Nationale c'est votre titre de gloire pour l'instant c'est ce dont vous êtes le plus fier
oui
je suis très fière du repas à 1 euro mais il y a un goût d'inachevé avec ce repas à 1 euro parce que la réalité c'est que déjà
il a un goût le repas alors c'est une bonne chose
il a un goût il est équilibré et moi je voulais justement que les jeunes mangent des repas équilibrés donc c'est un angle de la bataille de la précarité étudiante mais en réalité il y en a d'autres il y en a un énorme qui est le logement et
il va falloir s'y ater et pas seulement pour
les étudiants d'ailleurs
donc
vous voyez que je suis toujours un peu dans la lutte inachevée la bataille inachevée
alors il y a un autre sujet sur lequel vous avez beaucoup travaillé c'est les violences scolaires puisque les révélations sur Notre-Dame de Bétaram ont conduit l'Assemblée Nationale à créer une commission d'enquête que vous avez présidée en 2025 sur le contrôle de l'Etat et la prévention des violences dans les établissements scolaires publics comme privés la commission a auditionné près de 140 personnes
et
étudié environ 10 000 documents avec le recul quel manquement de l'Etat vous apparaît le plus difficile à justifier
?
Bon d'abord j'aimerais commencer par parler des victimes c'est important pour
moi
encore aujourd'hui je reçois une dizaine de témoignages par semaine
qui
concerne Bétaram qui
concerne les violences dans les établissements scolaires
et
je fais des articles 40 je dois en faire entre 5 et 7 par semaine
c
'est colossal
c
'est assez et ça fait quand même plus de un an que la commission est terminée
il faut préciser
l'article 40 c'est à dire que vous faites un signalement à
la justice ce qu'un
élu est tenu de faire d'ailleurs
lorsqu'il
est informé
donc je fais un signalement au procureur de la république qui me répond souvent il y a des faits avérés les témoignages sont terrifiants bon donc
une
fois qu'on a dit ça
il
y a des manquements de l'état et pour moi ma maison c'est l'éducation nationale et
il y a
de gros manquements de l'éducation nationale notamment lorsqu'un un enseignant ou quelqu'un de l'équipe éducative
est
par exemple en mesure conservatoire
il
ne devrait pas pouvoir enseigner dans une autre académie or on a vu que ça a été le cas très souvent
c
'est à dire que le jeu des mutations et des déplacements le dossier
ne
suit pas donc une personne qui est accusée soupçonnée vous savez que la justice est lente donc on ne sait pas s'il est vraiment coupable
et
parfois il est même vraiment coupable responsable peut aller enseigner ailleurs
et
donc il y a de sortes d'agresseurs en série
qui
vont d'un établissement à l'autre et ça ça existe dans l'éducation nationale alors il y
a
eu un travail de fait du ministère de la justice récemment pour avoir une possibilité de suivre le dossier d'une personne de A à Z mais je trouve que
et
puis il y a un gros sujet sur les écoles privées et sur les inspections des établissements privés en France où il n'y a pas d'inspection il n
'y
a pas d'inspection
mais
ce dont vous parliez c'est à dire quelqu'un qui est soupçonné ou même avéré enfin dont les comportements ont été avérés et qui passe d'un établissement à l'autre d'une académie à l'autre ça ça relève de quoi c'est de l'ordre de la négligence de l'ordre du dysfonctionnement c'est incompréhensible quand même et vous avez parlé des victimes dès le début pour les parents ça peut rendre fou ça quand même d'entendre des choses pareilles
en
fait en France on a encore des difficultés de mettre en relation
les
différents ministères
de
travailler entre le ministère de la justice le ministère de l'éducation le ministère de l'intérieur et donc les fichiers communs ils commencent à exister je ne
dis
pas qu'il n
'y a
pas eu un énorme travail de fait depuis quelques années et encore plus depuis Bétarame
mais
il faudrait que ce soit parfait il faut vraiment que tout soit concordé concordant
aujourd
'hui les victimes de Bétarame
elles
se sont organisées mais combien de victimes en France ne se sont pas organisées en association
il
y en a beaucoup il y en a partout
dans l'affaire des agressions sexuelles dans le périscolaire parisien qui est aussi d'une ampleur invraisemblable ce sont pour vous les mêmes failles les mêmes erreurs qui sont à l'oeuvre
oui
ce sont les mêmes erreurs sauf que là à Paris ça dépend d'une collectivité
dans
l'éducation nationale c'est peut-être encore plus construit parce que là c'est un ministère avec 12 millions d'élèves donc plus compliqué mais bien sûr en fait
en
France
il
va falloir peut-être changer de paradigme et protéger les enfants
et
s'organiser tout organiser pour protéger les enfants
on va évoquer un peu l'Europe puisque lors de son discours sur l'état de l'union ce mercredi la présidente de la commission européenne Ursula von der Leyen a présenté
une
Europe confrontée à un monde qu'elle a décrit comme ouvertement hostile elle propose notamment un conseil de sécurité européen associé à l'Union européenne au Royaume-Uni à l'Ukraine au Canada et à la Norvège est-ce que la France doit pousser cette Europe de la défense qui est un peu une arlésienne ou est-ce qu'elle doit d'abord se préoccuper de préserver sa propre capacité d'action militaire et diplomatique
je
ne
suis
pas sûre que Ursula von der Leyen soit la porte-voix de tous les pays européens je vous le dis parce que son discours avait l'air d'étonner certains et certaines notamment sur la possibilité d'intégrer plus ou moins le Canada
maintenant
est-ce qu'il faut une Europe défensive il faut le travailler pour moi la défense c'est important c'est important d'avoir une Europe forte
une
Europe qui a une voix qui porte dans le monde mais la réalité elle est loin d'être celle-là aujourd'hui
et
puis pour le Canada moi j'ai été assez surprise parce que
il y a deux choses
parce que là on parlait de ce conseil de sécurité mais elle a effectivement évoqué un statut de membre associé pour le Canada ça révèle quoi que l'Europe ne sait plus où elle habite
alors
là ça serait vraiment une Europe très élargie
et
la difficulté c'est que les frontières canadiennes sont avec les Etats-Unis
et
que les intérêts des Canadiens sont très mixés aux intérêts des Américains quand on voit le nombre de familles d'entreprises qui sont américano-canadiennes elles sont très très très nombreuses donc je pense que c'est une difficulté après est-ce qu'elle a voulu dire Canada ou Canada et Québec ou Québec ça je ne sais pas je sais que le Québec est très inquiet
très
très inquiet moi je suis allée au Québec il y a quelques mois où bon pour l'anecdote dans les cafés il n
'y
avait plus d'américano ils ne voulaient plus appeler ça un américano et ça veut dire quelque chose sur la mentalité où ils sont devenus les défenseurs de la langue française et de la culture française plus plus ils
n'étaient pas
les derniers sur le sujet les
Québécois ils font des lois de protection de la langue en
deux ans il y
a
eu plein de lois sur la protection de la langue française
et ça
veut dire quelque chose je pense que Madame Van der Neyen quand elle propose quelque chose il faut vraiment que tous les pays membres soient bien concertés
alors
je disais on a abordé comme ça très rapidement la question du logement vous en parliez pour les étudiants revenons-y puisque le 13 septembre dernier à Hénin-Beaumont lors de sa rentrée Marine Le Pen a placé ce sujet au cœur de sa pré-campagne présidentielle elle propose de donner la priorité aux français pour l'accès au logement social de leur réserver les aides personnelles au logement et d'abroger la loi de solidarité et renouvellement urbain la loi qu'on appelle SRU est-ce que la gauche aujourd'hui peut laisser le Rassemblement national parler seul de cette question du logement
bien
le Rassemblement national d'abord c'est leur grand sujet la préférence nationale depuis 30 ans
qu'ils ont rebaptisé priorité
moi
je je
précise c'est comme certains continuent
de dire le front national l'honnêteté oblige à dire qu'aujourd'hui c'est le Rassemblement national et qu'ils ont supprimé
préférence
pour dire priorité
donc
préférer les français c'est leur thème systématique depuis Jean-Marie Le Pen
par
contre bien sûr là je ne
sais
pas si vous avez vu mais sur la niche parlementaire un de leurs textes sera logement social uniquement pour les français on verra ce qu'on fera de ce texte le problème c'est que ce sujet il revient beaucoup pourquoi il revient et pourquoi le Rassemblement national le met comme le sujet des présidentielles parce qu'il n
'y a
pas de logement
parce
qu
'il
n
'y a
pas de logement en France il y a très peu de construction mais
en vérité si on regarde les chiffres il y a beaucoup de logements sociaux en France mais les personnes qui peuvent y prétendre sont très nombreuses
moi je ne parlais pas des logements sociaux
je
parlais du logement
en général
les
constructions de logements elles sont très lentes très très lentes pourquoi parce qu'il
y
a beaucoup de freins notamment sur le plan d'urbanisme et puis ensuite il y
a
un frein sur le prix des matériaux et ensuite il y
a
un frein et donc les bâtisseurs ont beaucoup de mal à faire un projet de A à Z sur un parc de logement
ça
c'est une réalité puis la deuxième réalité
c
'est que les demandeurs de logements sociaux sont très très très nombreux pourquoi
parce
que en fait les gens n'ont pas de revenus suffisants pour aller vers le privé
et
pourquoi parce que clairement l'inflation est devenue galopante c'est à dire que
moi
mon salaire de prof 2500 euros j'arrivais à payer la cantine de mes enfants aujourd'hui j'ai des collègues profs qui me disent mais moi je ne peux pas payer 8 euros de cantine ou 6 euros de cantine donc
ça
veut dire clairement que la France s'est paupérisée le français s'est paupérisé et donc Marine Le Pen elle fait son beurre sur la préférence nationale ou la priorité nationale mais je crois que le terreau
est
fertile pour elle parce qu'il n
'y a
pas assez de logements par contre la loi SRU moi là je ne
la
suis plus et là je ne suis plus je ne comprends plus le rassemblement national
je
le précise en un mot c'est une loi qui contraint dans les communes de plus de 3500 habitants je crois les maires à avoir un quota de 25
%
de logements sociaux mais certains peuvent ne pas le faire et payer une sorte d'amende
là je ne la suis plus parce que nous par exemple en Seine-Saint-Denis on a des communes
qui
ne construisent pas de logements sociaux et qui préfèrent payer des pénalités plutôt que de construire et pourtant il y
a
un besoin énorme donc là il va falloir qu'elle s'explique pourquoi elle ne veut pas s'il n'y
a
plus de loi SRU il y a beaucoup de communes qui ne construisent plus rien du tout
on
a terminé cette émission d'un mot si vous deviez dire qui sera au deuxième tour
de
cette élection présidentielle
un
homme de gauche
oui
mais il y aura deux personnes au deuxième tour
ah
donc
un
homme de gauche dans les deux
un
des deux sera de gauche
oui
et l'autre
je ne suis pas devin
et
l'autre ça sera peut-être une femme
peut
-être
ouais merci
Fatiha Kelo-Hachi merci d'être venue à l'atelier politique cette émission est à retrouver sur le site internet de RFI ou sur l'application Pure Radio tout de suite un nouveau point sur l'actualité
et
ensuite vous avez rendez-vous avec Laurence Alloir pour Musique du Monde bonne soirée à la semaine prochaine
l
'atelier politique
sur
RFI retrouvez l'intégralité des podcasts RFI sur l'application RFI Pure Radio
Fatiha Keloua Hachi