Des lignes rouges ne doivent pas être franchies dans le budget ! - Philippe Ballard (LCP)
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 49 %Défensif 21 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:39OuverteRéponse directe
Quel mot pour qualifier ce budget ? Vous avez voté contre.
- 5:52RelanceRéponse partielle
Pourquoi avoir voté contre alors que vous avez fait passer des mesures ?
- 7:35FerméeÉludée
Êtes-vous favorable au Frexit ?
- 8:25OuverteRéponse directe
Ce budget est-il celui de la gauche pour vous ?
- 10:18OuverteRéponse directe
À quoi sert ce débat s'il est rejeté ?
- 14:01OuverteRéponse directe
Sur quoi peut-on négocier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:54Locuteur 9Chiffre
« Les députés du Rassemblement national et du Nouveau Front populaire ont adopté par amendement presque 35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires. »
- 3:38Locuteur 6Fait
« On veut sortir de l'Europe, de l'autre on veut l'enfer fiscal. »
- 11:00Locuteur 8Chiffre
« La taxe Zuckman, les 2% sur les milliardaires qui ont plus d'un milliard pour cent de patrimoine, il faut évaluer réellement. »
- 16:45Locuteur 10Fait
« Il y a des lignes rouges à ne pas franchir dans ce budget. »
- 23:55Locuteur 3Chiffre
« 500 à 800 millions d'euros seront nécessaires, réduisant alors les économies espérées sur les retraites à 3 milliards d'euros. »
- 27:40Locuteur 10Chiffre
« On va emprunter sur les marchés financiers l'an prochain 325 milliards d'euros. »
- 27:45Locuteur 10Chiffre
« En 2027, quand on devrait arriver au pouvoir, premier poste budgétaire, ça sera le remboursement de la dette, 80 milliards. »
- 32:48PrésentateurChiffre
« Ça fait 4 milliards, tout ça ? »
- 33:11Locuteur 10Fait
« de la folie d'augmenter les charges sur les bas salaires. »
- 33:46Locuteur 8Fait
« Les charges sociales sont aussi des cotisations sociales et qu'à force de les baisser, on a un hôpital public qui est en train de crever. »
Temps de parole
- Présentateur51 %
- Locuteur 812 %
- Locuteur 1010 %
- Locuteur 410 %
- Locuteur 55 %
- ?4 %
- Locuteur 34 %
≈ 18,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Pendant des années, ils se sont mobilisés pour voter pour les textes du gouvernement. Mais cet après-midi, pas une voix ne manquait dans les rangs macronistes pour voter contre le budget 2025. Et fait de la nouvelle donne à l'Assemblée nationale, le volet recette de la loi de finances a tellement été réécrit en séance par la gauche avec le soutien ponctuel du RN qu'il n'était plus Macron compatible. Alors à quoi servent toutes ces manœuvres et à l'arrivée, quel budget pour la France ? Bonsoir Violette Spilboux. Bonsoir. Merci d'être là. Vous êtes député ensemble pour la République du Nord. Vous débattez avec deux de vos collègues ce soir. Philippe Ballard, bonsoir. Bonsoir.
Bienvenue député Rassemblement National de l'Oise. Bonsoir Laurent Baumel.
Bonsoir.
Bienvenue à vous député socialiste d'Indre-et-Loire.
Et
puis Benjamin Morel m'accompagne ce soir parce qu'on a besoin d'un constitutionnaliste, d'un politologue, professeur de droit public à l'université d'Assas pour décrypter tous ces inédits constitutionnels dans cette nouvelle Assemblée. Alors qui a voté pour et qui a voté contre ? Le récap de Valérie Brochard pour commencer.
Bonsoir
Valérie. Bonsoir Myriam. C'est historique. Un budget rejeté. Rejeté Myriam par le socle commun. Regardez les résultats du vote annoncé par la vice-présidente de l'Assemblée nationale il y a deux heures à peine.
L
'Assemblée nationale n'a donc pas adopté,
s
'il vous plaît, l'Assemblée n'ayant pas adopté la première partie du projet de loi de finances pour 2025, l'ensemble du projet de loi est considéré comme rejeté. Tout le bloc central s'était donné rendez-vous vers 17h30 aujourd'hui pour, vous l'avez dit, voter contre son propre budget. Alors son propre budget, vous le savez Myriam, oui et non. La copie originale proposée par le gouvernement était très largement remaniée par l'Assemblée pour trouver des sous. Les députés du Rassemblement national et du Nouveau Front populaire ont adopté par amendement presque 35 milliards d'euros d'impôts supplémentaires, une hérésie pour les élus du bloc central.
C'est trop et c
'est
beaucoup trop. Ça s'ajoute d'ailleurs à une copie gouvernementale qui était déjà lourdement chargée en impôts et en taxes. Quand on ouvre la boîte de pendants fiscales, on a du mal à la refermer. Et ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale, c'est qu'on a eu une alliance entre l'extrême droite et l'extrême gauche, un gaucho-lepénisme fiscal qui a conduit à augmenter massivement les taxes dans ce budget. C'est évidemment inacceptable pour nous.
Alors entre la version du gouvernement et la mouture de l'Assemblée, on est passé de l'austérité d'un premier ministre de droite au programme promis par la gauche, profitant de la présence plutôt rare des élus macronistes. Eh bien le Nouveau Front populaire a pu faire adopter entre autres un impôt sur le patrimoine des milliardaires et une taxe sur les super dividendes des grands groupes. Mais de son côté, le Rassemblement national a aussi fait passer une taxe étendue sur le chiffre d'affaires des géants du numérique et puis la suppression de l'article prévoyant les prélèvements pour la contribution de la France à l'Union européenne.
Cette dernière mesure étant probablement euro incompatible d'après le rapporteur du budget Charles de Courson. Mais qu'importe, les oppositions jubilent. Le président de la commission des finances,
l
'insoumis Éric Coquerel, se dit, regardez, satisfait d'avoir trouvé des dizaines de milliards de recettes nouvelles. Les oppositions triomphent dans une relative indifférence du gouvernement qui n'a pas franchement l'air de s'inquiéter outre mesure à en croire le ministre du budget.
Le
débat parlementaire permet aussi de faire tomber les masques et de démontrer que d'un côté, on veut sortir de l'Europe, de l'autre, on veut l'enfer fiscale. Moi, je crois que le texte d'équilibre du gouvernement, il est justement,
au
contraire, non seulement une réponse raisonnable, responsable de réduction de nos déficits publics, mais aussi du maintien de notre activité dans notre pays.
– Il
est plutôt serein, Laurent Saint-Martin, maintenant que la copie de l'Assemblée est rejetée. C'est la version Barnier qui va débarquer au Sénat, vous le savez, majoritairement, majoritairement à droite. À l'issue d'une commission mixte paritaire, le gouvernement pourrait rattraper certaines mesures et se rapprocher de sa copie initiale. Mais si les deux chambres n'arrivent pas à se mettre d'accord ou si les délais sont dépassés, eh bien le Premier ministre pourrait aussi dégainer le fameux 49.3, l'article 49.3 de la Constitution, et ainsi faire adopter son budget sans vote.
Bref, entre les oppositions qui ont le champ libre et le gouvernement qui joue la montre, voilà comment on arrive à un budget totalement incompréhensible pour les Français. – Merci beaucoup, en tout cas c'était très clair. L'Assemblée est illisible, mais Valérie Brochard, elle est très claire. Merci beaucoup Valérie. Pour commencer, je vais vous demander un mot pour qualifier ce budget. Ça permettra de comprendre un peu vos votes. On entendait budget Frankenstein, hérésie fiscale, justice fiscale. Quel est votre mot ? Vous avez voté contre ce budget, Violette Spilbou, pour le qualifier.
–
Fouillis. Fouillis parce qu'aujourd'hui, quand on est en circonscription, moi à Lille tout le week-end, et qu'on discute avec les habitants, on voit bien que la nature du débat budgétaire, la multiplicité des amendements, les différents temps de discussion qui se sont mélangés entre le projet de loi de finances, le projet de loi de financement de la sécurité sociale, les débats en commission, eh bien tout le monde est perdu.
– C'est
fouillis, mais ce
n
'est pas le trop-plein fiscal,
l
'overdose. Je suis étonnée parce que j'entendais votre collègue Mathieu Lefebvre, c'est plutôt le désordre.
– Vous
avez voté contre, moi j'ai voté contre parce que je considère à la fois que annuler la contribution à l'Union européenne, c'est aller à l'envers de tout ce que nous devons faire aujourd'hui pour sauvegarder la souveraineté française. On voit ce qui se passe en Chine, aux États-Unis, les menaces qui sont envers la souveraineté européenne. Et donc le sujet de l'Europe, le sujet du matraquage fiscal avec toutes les nouvelles taxes qui ont été inventées par le NFP, effectivement ça ne pouvait pas passer pour moi et pour nombreux de mes collègues dans l'hémicycle. – Philippe Ballard, alors on entend fouillis, on entend matraquage, ils n'étaient pas votables en l'État.
Ce qui peut étonner, c'est que vous, vous avez voté un certain nombre de mesures dans ce budget, notamment des hausses d'impôts pour les plus riches, pérennisés, pour les entreprises également, sur le capital,
et
puis à l'arrivée, vous votez contre. Alors pour ceux qui nous regardent, pourquoi
? –
Alors il faut différencier un peu tout. Alors je voudrais juste revenir sur ce qui m'a dédié, c'est
que
c'est vrai que ça peut paraître un peu illisible pour nos concitoyens, mais enfin il y a une responsabilité de ce qu'on appelle le bloc central qui était souvent absent. Ce qui fait qu'on n'a pas pu parer la dinguerie fiscale du nouveau Front populaire. Alors si je devais employer deux mots, parce qu'il y a deux budgets en fait, c'est le budget
de M. Barnier. – Donc dinguerie, j
'entends déjà, fiscale.
–
Pardon ?
– Dinguerie, fiscale, voilà votre mot. – Ah oui, dinguerie, fiscale,
donc il y a soit le budget de M. Barnier, donc celui-là, il n'y avait pas de rupture, on faisait comme s'il n'y
avait
pas eu d'élection européenne et pas d'élection législative. Et puis de l'autre côté, vous avez ce budget qui a été rejeté à juste titre, parce que oui, il y avait de la dinguerie fiscale. Et quand j'entends les éléments de langage de Laurent Saint-Martin ou de Mathieu
Lefebvre,
si la fiscalité, nous on était pour la baisser, je vais vous donner trois exemples concrets. Alors ça ne plaît pas, mais c'est comme ça, les 5 milliards d'économies pour le budget de
l
'État, notre contribution à l'Union européenne, le malus
sur l
'automobile ou les taxes très importants sur l'électricité.
– Sur le malus automobile,
c
'est en l'État, non alors c'est compliqué, ça a été rejeté par une majorité de députés, mais maintenant que le texte est rejeté, on ne sait pas ce qu'il va en devenir, et de la même manière sur l'électricité. En revanche, un mot quand même sur la question de la contribution de la France à l'Union européenne. Vous êtes favorable au Frexit ? Vous avez changé
?
– Non,
mais pas du tout. Vous savez, il
y a
des pays, et pas des moindres, l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, eux, ils ont obtenu une ristourne à leur contribution, parce que c'est un calcul tout simplement par rapport au PIB de chaque pays. Eux ne payent pas ce qu'ils devraient payer, alors que la France, nous, on paye ce que l'on doit payer. On demande une ristourne, comme d'autres pays, l'Allemagne,
les Pays-Bas… – Mais au
final, à la faveur
de tous ces manœuvres, c'est toute la
contribution qui a été supprimée.
–
Ah
bah oui, mais là, c'est pas de tout fait, là, pardon. Mais là, c'est un tour de passe-passe. Nous, on a obtenu 5 milliards d'euros. Et du coup, le socle commun, et la gauche, je crois, mais je ne suis pas sûr, ont voté. Mais alors, ils ont tout rayé, en fait. Donc on arrive à zéro contribution
française
au budget de l'Union européenne. –
Moins de
milliards de la France à Bruxelles, mais continuer à payer pour l'Europe. C'est pas simple à comprendre. Laurent Baumel, finalement, au fond, c'est le budget de la gauche, pour vous, qui a été rejeté aujourd'hui ?
–
Bon, d'abord, on est sur LCP. Je pense que ce qui est intéressant, ce n
'est
pas de refaire le débat, on vient de l'avoir pendant des semaines, mais peut-être de faire un peu de pédagogie. – Je vous en
prie,
vous êtes là pour ça. –
La situation. Moi, j'aurais une approche qui est moins négative. Je pense que ça ne sert à rien de dire aux Français, c'est fouillis, c'est le bazar, et d'entretenir un peu ce sentiment négatif, qui, dans le fond, n'aura comme conséquence que de l'anti-parlementarisme, que nous ne souhaitons pas. En réalité, ce à quoi nous avons assisté, c'est à une première étape de reparlementarisation de notre régime. Alors, elle est complexe, parce qu'effectivement, il n
'y a
pas de majorité dans le Parlement.
Le
gouvernement n'a pas de majorité.
C
'est ça, la réalité. C'est un gouvernement minoritaire. – Il a
une
majorité relative,
la plus
grande des petites majorités, on
pourrait dire. – En réalité, M.
Saint-Martin peut faire aujourd'hui un peu comme s'il était tranquille, parce qu'il dispose,
malgré
cette reparlementarisation, d'un outil
du
parlementarisme rationalisé qu
'est
le 49.3, qui peut déclencher à tout moment, et tant que le Rassemblement national décide tactiquement de ne pas le censurer, parce qu'on voit bien que c'est tactique, il peut finalement être tranquille. Mais la réalité, c'est que nous avons déjà été dans une première étape de ce que serait et de ce que sera, à mon avis, à un moment ou à un autre, un vrai régime parlementaire. Et donc, dans un vrai régime parlementaire, vous pouvez avoir à un moment donné, du fait des forces en présence dans l'hémicycle, des évolutions, des corrections importantes de la copie gouvernementale. C'est ce qui s'est passé,
parce
que les macronistes n'étaient effectivement pas très présents.
C
'est une des raisons. Parce que des fois, le Rassemblement national a laissé passer des mesures fiscales pour ensuite les contester. Enfin, il les a laissé passer dans l'hémicycle. Et puis à l'arrivée aujourd'hui, où tout le monde était là, il y a eu une conjonction de la droite, du centre droit et du Rassemblement national pour rejeter la copie finale. Mais la gauche,
elle a fait son travail.
Alors, on va voir Benjamin Morel, qui va nous expliquer pourquoi, finalement, c'est la copie initiale du gouvernement qui part au Sénat et pas celle qui a été rejetée. Éric Coquerel, le président insoumis de la Commission des finances, parle de plus de 70 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Le rapporteur général du budget, Charles de Courson, lui dit, avec tout ce qui est inconstitutionnel, tout ce qui est invalidé parce que ça n'est pas eurocompatible, c'est beaucoup moins, c'est 12. Et Laurent Saint-Martin dit, c'est 35 milliards de plus d'impôts en plus, sachant qu'au final, il faut trouver 60 milliards. Donc en plus des 60 milliards.
Vous comprenez que ça, c'est incompréhensible ?
Parce que les chiffrages ne sont pas si simples que ça à faire. La taxe Zuckman, les 2% sur les milliardaires qui ont plus d'un milliard pour
cent
de patrimoine, il faut évaluer réellement. Bon, voilà, on n'a pas fait les études d'impact. Parce qu'on n'est pas, encore une fois, dans un
système... C'est
anxiogène, les Français, les milliards ont
un question, ça va les impacter, c'est des impôts. Je ne sais pas
qui va être anxieux. Quand on parle de la taxe Zuckman, on parle des gens qui ont plus d'un milliard de patrimoine. Personnellement, dans ma circonscription,
je
n'en ai aucun.
Donc
je ne
sais
pas qui va être anxieux à cette idée, honnêtement. Bon,
alors on va voir. On va voir ce qui va se passer et au fond, ce que vous attendez. Parce qu'il
y a
trois forces que tout oppose. Chacun a des lignes rouges et peut-être, je dis bien peut-être, on peut parvenir à un compromis. On verra. Benjamin Morel, c'est inédit. C'est complètement inédit ce qui vient
de se dire.
C'est mon mot à moi, vous voyez, vous ne me l'avez pas demandé, mais c'est en effet inédit. Alors les consolistes sont ravis parce que l'inédit, entre guillemets, ça produit un certain nombre de choses que l'on découvre. Et en effet, ça induit une transformation quand même profondément du régime. Qu'est-ce qui va se passer ? Puisque je crois que c'était un peu votre question.
Tout
à fait.
On a un texte qui va être le texte initial du gouvernement qui va être envoyé au Sénat. Ce texte initial, le gouvernement va tenter malgré tout de l'amender, de le modifier. Les annonces qui ont été faites, notamment par exemple sur les retraites concernant ce qu'évoquait Laurent Wauquiez, ça va être en fait des amendements du gouvernement qui vont être déposés sur le PLF ou sur le PLFSS pour parvenir à trouver malgré tout des troupes dans la majorité. Parce que ce qui est en train d'être fait est potentiellement dangereux. Que faisait par exemple Michel Rocard ? Premier budget, il le fait passer, il a une majorité, les centristes acceptent de voter le budget. Mais ensuite, ça ne marche pas.
Donc que font les gouvernements minoritaires ? Ils font un 49 à l'inéa 3. Et le 49 à l'inéa 3, ce n
'est
pas le texte du gouvernement sec. C'est le texte du gouvernement avec des amendements, dealés avec les oppositions et surtout avec sa majorité, pour que la motion de censure ne passe pas. Là, l'Assemblée nationale n'aura mis aucune ligne dans le budget final. On aura une commission mixte paritaire, mais il faut bien comprendre que la commission mixte paritaire et le passage au Sénat ne fait pas que le budget ne
va
pas revenir ici. Après la commission mixte paritaire, on va avoir un retour à l'Assemblée nationale. Et là, il faudra en effet trouver une majorité pour que le gouvernement ne soit pas censuré sur un 49 à l'inéa 3. Autre point de procédure,
si
jamais la commission mixte paritaire échoue, cette députée, cette sénateur, on revient à quoi
?
En théorie, on revient au
texte.
Nouvelle lecture à
l'Assemblée et
au Sénat ?
Théoriquement,
on
revient au texte qui a été adopté à l'Assemblée. Il n
'y a
pas de texte. Donc en effet, c'est un grand reset. On recommence la
procédure budgétaire.
On recommence de la copie de départ de Michel Barnier ?
Exactement. C'est-à-dire que le gouvernement ne peut pas se payer le luxe, un, d'une commission mixte paritaire qui échoue, et il ne peut pas ensuite se payer le luxe, si elle réussit, d'un 49 à l'inéa 3 qui échoue, parce qu'à ce moment-là,
il n'y a plus de gouvernement.
Donc ça veut dire que malgré tout, ça négocie. On peut dire ça ?
Ça négocie parce que le gouvernement n'est pas sorti de l'auberge. En effet, là, entre guillemets, la situation va être beaucoup plus facile au Sénat. Mais les risques qui pèsent sur ce budget, ils sont encore extrêmement, extrêmement importants.
Alors, un débat pour rien à l'Assemblée ou pas ? Alors moi, je ne trouve pas... Et après, vous allez nous dire sur quoi ça peut négocier. Mais déjà, sur cette partie Assemblée, il y a beaucoup de travail qui a été fait. À la fin, c'est rejeté. Et finalement, la balle est dans le camp des sénataires. À quoi sert-il ce débat ? Alors déjà, un débat, moi, je trouve que ça sert. On voit le débat qu'on a pu avoir en commission sur la culture, l'éducation, les associations, le sport. Un débat, ça nous enrichit. Ça nous permet d'apprendre aussi sur les positions des autres. On n'est pas expert dans tous les domaines.
En tout cas, moi, je trouve qu'on a eu en commission, en tout cas dans la commission où j'étais avec Philippe Ballard, éducation, affaires culturelles. Un débat de bonne qualité. Vous
n'avez même
pu voter des dispositions.
Ce
que disent les députés de la gauche sur les sujets culturels
ou l'éducation populaire. À quoi ça sert ? Où est le sens politique ? Il y a beaucoup de gens qui n'étaient pas là dans votre camp.
La deuxième chose, c'est qu'au cours de ces débats, on a pu faire passer un certain nombre d'amendements qui se sont faits remarqués par d'autres collègues. Moi, je prendrais l'exemple de la suppression de la licence 3 pour les microbrasseries. C'est bien sûr un cas particulier du Nord, mais finalement dans l'Est et dans toutes les régions de France il y a ces producteurs qui aujourd'hui ont besoin de pouvoir vendre leur production sur le lieu de production.
Donc vous êtes accrochés à vos amendements qui ont été adoptés et puis rejetés finalement.
Ils sont rejetés, mais le combat n'est pas fini. Moi, je considère aujourd'hui que je dois avoir des relais au Sénat. J'ai discuté avec Dany Wetterblay de ma région, de mon département du Nord, avec d'autres sénateurs que je vais aller solliciter et puis avec le gouvernement.
Donc vous n'avez pas, Violette Spilboul, l
'immense sentiment d'inutilité qu'on recueille off, comme on dit, c'est-à-dire en dehors des caméras. Il y a des moments
où on peut avoir le
doute. On a un combat global qui est au niveau de ce bloc central et je crois qui est partagé par de nombreux députés, c'est de ne pas augmenter le coût du travail sur les bas salaires parce que ça viendrait obéir l'activité qui va venir aux entreprises. Nous, ce qu
'on
ne veut pas, c'est que les investissements en France soient freinés, que les embauches soient freinées. Et aujourd'hui, nos entreprises sont tétanisées de ce qui se passe. Donc là, il va falloir rassurer. Et c'est aussi un combat qu'on va continuer d'avoir, à la fois avec le relais des sénateurs et auprès des différents membres du gouvernement. Alors, il y a une logique de donnant-donnant. Vous nous avez parlé du coût du travail. On va y revenir. C'est central. C'est dans le budget de la sécurité sociale. Au RN, qu
'est
-ce que vous attendez précisément ?
De la discussion au Sénat ? On a trois sénateurs.
Non, mais
pas au Sénat.
On attend des... Comme on
le comprend, on entend très clairement les ministres se positionner. On va parler des retraites.
Vous
pouvez nous en dire un mot dans un instant. Mais qu'à partir du Sénat, mais en même temps que le Sénat, il y a aussi des discussions qui sont en cours pour arriver à une commission mixte paritaire conclusive. Vous, vous attendez quoi
? Mais
on attend... Jordan Bardella et Marine Le Pen l'avaient dit dès le 29 août, quand ils avaient rencontré Emmanuel Macron. Ils l'ont redit au Premier ministre. Il y a des lignes rouges à ne pas franchir dans ce budget. Alors, vous parlez des retraites. Effectivement, il y a ce dossier des retraites. Il y a les taxes sur l'électricité, par exemple. Il faut redonner du pouvoir d'achat aux Français. Donc là, ce sont des lignes rouges. Et ensuite, on verra quels amendements... On a eu 40 amendements qui ont été votés dans l'hémicycle.
Ce qui en soi est
historique.
Pardon ?
Ce
qui en soi est historique pour
le parti. Il
y en a eu zéro dans la dernière législature. Quand on passe de zéro à 40, ça fait une très forte progression par définition. Donc on verra quels sont les amendements qui potentiellement sont retenus
par le gouvernement. Vous réservez aussi le droit de
décider, parce que vous êtes en position d'arbitre, sur l'éventuelle censure, une fois la copie revenue du Sénat, une fois le texte décidé ou pas, conclusif ou pas, de censurer ou pas. Vous ne
pouvez
rien nous dire avant.
Alors, avant
la censure, on ne votera pas pour. Vous ne pouvez pas nous dire la liste des mesures qui fait que
vous ne censurerez pas.
On ne les connaît pas. Donc c'est un peu compliqué. Nous,
on peut fixer des lignes rouges.
Voilà,
il est
évident qu'on ne votera pas pour, puisqu'on est dans l'opposition, contrairement aux troupes de M. Wauquiez qui ont changé casacques en cours depuis leur élection. Et on verra la
solution. Vous
assumez une part de position stratégique jusqu'au bout
?
On attend le texte final. Du coup, s'il va dans l'intérêt de la France et des Français, une abstention, pourquoi pas ? Si ce n'est pas le cas, ça sera contre. Laurent
Bommel, on va regarder ce que ça donne à l'antenne en infographie l'hémicycle de ce rejet. C'est très clairement une alliance entre la droite républicaine, les macronistes et le Rassemblement national. Ce budget, marqué très à gauche, la marque du programme du NFP, il est rejeté par cette alliance-là. Qu'est-ce que ça dit de la suite ? Est-ce que ça vous inquiète quant à l'avancée de vos propositions à gauche
? D
'abord, je redis ce que je disais il
y
a quelques minutes. C'est que les Français n'ont pas souhaité qu'il
y
ait une majorité absolue dans cette Assemblée.
La
réalité. Tout à fait. Ce
n
'est pas nous qui créons un désordre. Il y a une situation électorale qui est issue des urnes. Les Français ne voulaient plus que le président Macron gouverne. Ils n'ont pas voulu que le Rassemblement national ait eu une majorité absolue, mais ils n
'ont
pas décidé non plus. C'est un fait de donner au NFP une majorité absolue.
Le Front
républicain a
donné
naissance à cette situation. Mais
lui-même, il est divisé en deux parties. Donc vous avez trois blocs dans l'Assemblée nationale.
C
'est une réalité politique. Qui produit effectivement une situation parlementaire et institutionnelle complètement nouvelle, inédite. Alors il reste cette histoire du 49-3 qui permet éventuellement à un gouvernement ultra-minoritaire, qui n'a en réalité aucune prise sur la réalité de ce qui se passe au Parlement, malgré tout à la fin, de pouvoir essayer de faire passer son budget tant qu'il a deux
groupes
sur trois qui décident de ne pas le censurer. Voilà en gros la lecture de la situation.
Donc
on va voir maintenant ce qui se passe. On va terminer cette période budgétaire. Nous,
ce
qu'on espère, comme tout le monde, c'est que ce qu'on a pu voter, ce qu'on a pu imprimer dans la version initiale, il y
ait
des choses qui restent. En matière de justice fiscale, en matière de restauration, par exemple, des moyens des collectivités locales.
Vous avez vu ce qu'a dit Laurent Saint-Martin au Modem, qui faisait cause commune avec la gauche. Modem, c'est votre camp, le socle commun, le centre allié des macronistes et du groupe Horizon d'Edouard Philippe. Il dit que le gouvernement, sur la contribution au plus aisé, est favorable à une prolongation tant qu'elle sera nécessaire.
On
n
'est pas sur la pérennisation que vous avez votée, mais une prolongation.
Je
ne doute pas qu'il y aura des choses qui seront reprises. Et puis, comme tout le monde, on évaluera à la fin l'ampleur de ce qui a été repris, conservé, gardé.
Il
y
a quand même pas mal de sujets, je trouve, finalement, au cours de ce débat, qui ont été assez consensuels.
En
commission de développement durable, il y a eu tout un sujet sur les inondations, la prévention des risques.
Et
ce qui est arrivé dans le Nord-Pas-de-Calais, mais ce qui est arrivé aussi dans le Sud et en Espagne, montre que le pays est réellement sous cette menace des conséquences du réchauffement climatique. Et donc, le sujet de renforcer la prévention avec la surveillance des cours d'eau, c'est des coûts d'appareils, de modernisation, de digitalisation, de tout ce qui est surveillance et prévisibilité des modèles, pour avoir moins de dégâts et moins de coûts de réparation. Eh bien, ça, ça a été assez consensuel. Ça fait partie du PLF côté dépenses.
Mais nous espérons tous, et je crois qu'on est de nombreux groupes, à ce que ces amendements qui renforcent ce budget-là par rapport à la première copie sur la partie environnement-écologie, eh bien, puissent passer. Donc,
je
crois qu
'il
y
aura
quand même, et Laurent Saint-Martin l'a redit très clairement dans son allocution tout à l'heure, des amendements qui vont être repris, y compris dans les discussions avec le Sénat. C'est
-à
-dire que le gouvernement va les redéposer, compléter son projet initial. Donc, le gouvernement va se faire, quelque part, le porte-voix de certains groupes et de son socle commun dans l'hémicycle du Sénat. Donc, on comprend qu'il y
a
une logique du donnant-donnant pour bâtir des compromis avec le socle commun et avec les autres groupes pour éviter la censure après le 49.3. Donc, je crois, les Français ont bien compris qu'il sera déposé in fine. Sur les retraites, Laurent Wauquiez s'est invité sur le plateau du 20h de TF1 hier soir pour annoncer l'abandon du gel des pensions de retraite prévues dans le budget de la Sécurité sociale. Toutes les retraites seront revalorisées au 1er janvier. De la moitié seulement de l'inflation, les petites retraites, elles seront complètement protégées. Explication Baptiste Gargichartier.
Il
y a quelques semaines encore, tout semblait ficelé pour l'exécutif. Cette
indexation, elle est due. Simplement, on va la différer de quelques mois. Cet effort, il sera juste.
Alors que le gouvernement actait une revalorisation des retraites en juillet, l'exécutif se retrouve une nouvelle fois dos au mur. Hier soir, Laurent Wauquiez prend tout le monde de court et son annonce n'est pas passée inaperçue.
Il y
aura
bien une revalorisation des retraites dès le 1er janvier pour toutes les retraites.
Elle
sera à peu près de la moitié de l'inflation.
Il
n'est donc plus question d'un report. Sachant qu'au 1er juillet, la revalorisation complète devrait avoir lieu pour les retraites les plus modestes. Des annonces, mais pas sans conséquence. Le patron de la droite se retrouve sous le feu des critiques avec une question. Aurait-il qu'on circuitait le gouvernement par ambition personnelle
?
A Bercy, on condamne la méthode. Dans un SMS adressé à son groupe, Antoine Armand contre-attaque. J'ai découvert comme vous la manœuvre de Laurent Wauquiez, dit-il, et m'en suis ouvert franchement auprès du Premier ministre.
Mais
ce matin, Laurent Saint-Martin, ministre du budget, temporise.
Ce qu'on a vu hier, on ne l'avait jamais vu avant. Eh bien, peut-être que nous avons aussi besoin de démontrer davantage que l'évolution de ce texte vient des compromis entre le gouvernement et les parlementaires du socle majoritaire.
Compromis, concertation, des formules reprises répétées ces derniers mois.
Mais
la posture de Laurent Wauquiez agace et crispe le socle commun, où chacun y va de son commentaire.
J
'étais étonné que Laurent Wauquiez se fasse le porte-parole
du
gouvernement.
J'ai trouvé ça extrêmement décalé. C'est quand même très surprenant de voir un président de groupe politique revendiquer une victoire pour lui seul.
Alors, cet après-midi, dans l'hémicycle, le Premier ministre se justifie. Pour
dire la vérité, votre groupe tout premier a porté ce sujet des personnes âgées.
Suite à cette annonce, 500 à 800 millions d'euros seront nécessaires, réduisant alors les économies espérées sur les retraites à 3 milliards d'euros selon le ministère du Budget.
Bonsoir Corentin Le Fur et merci d'être avec nous depuis la salle des 4 colonnes de l'Assemblée. Vous êtes député de la droite républicaine des Côtes d'Armor. Mais pourquoi diable ? C'était Laurent Wauquiez qui a fait cette annonce et pas Michel Barnier.
C
'est un combat qui portait, qui était très important pour notre famille politique.
C
'est Laurent Wauquiez et la droite républicaine qui, les premiers se sont sélés jugés, avaient alerté Matignon, avaient alerté les ministres sur cette mesure qui nous semblait injuste, en particulier pour les petites retraites. Donc ce combat, il l'a porté en premier et d'autres groupes, évidemment, l
'ont
porté également. Mais je pense que c'était important de montrer que les groupes politiques, le Parlement, les députés, par CIP, essayent d'enrichir le texte. Et donc c'était assez logique que ce soit Laurent Wauquiez qui l'annonce.
Est-ce
que ce n'est pas une mesure purement et simplement électoraliste ? Les personnes âgées, traditionnellement, sont de droite. Est-ce que les retraités sont vraiment les boucs émissaires des déficits, après tout, d'autres catégories comme les ménages, les entreprises sont largement mises à contribution
?
Moi, ce que je vois, j'ai une circonscription où j'ai énormément de petites retraites, des retraites de l'agriculture, des aides-soignantes, des ouvriers, des gens qui avaient des petites retraites et pour qui cette revalorisation, elle était indispensable. Donc oui, c'était indispensable. C'est des gens qui ont souvent des retraites modestes, qui ont des soucis de pouvoir d'achat, qui sont à l'euro près. Donc pour ces personnes-là, pour ces petites retraites, c'était évidemment essentiel qu'on ait ce geste et moi, je m'en réjouis. Ce n
'est
pas une mesure électorale, c'est une mesure de pouvoir d'achat pour des gens qui le méritent.
Les petites retraites seront protégées complètement. Il n'y aura pas de gel de leur pension. En revanche, pour toutes les autres, est-ce que finalement, la mesure est vraiment avantageuse pour les retraités les plus aisés ? Je m'explique. Vous allez sous-indexer les retraites sur un an au lieu de les désindexer sur six mois.
Ça
revient au même, non
? Ça
revient. La différence, c'est qu'ils sont revalorisés tout de suite. Ils n
'ont
pas six mois d'attente. Mais sur l'ensemble de l'année, en effet, ça revient au même. Le sujet, le combat, nous, c'était sur les petites retraites. C'est finalement ces petites retraites qui étaient le plus concernées et qui méritaient une avancée, un geste, des gens qui ont bossé toute leur vie. Et c'est sur la retraite de base, sachant que les plus grosses retraites ont aussi des retraites complémentaires qui, elles, sont revalorisées. Donc finalement, moi, en effet, j'aurais préféré que ce geste soit sur toutes les retraites. Mais c'était essentiel déjà qu'on ait ce signal, cette avancée sur les petites retraites.
Et
c'est pour ça qu
'on
s
'est
mobilisés.
Bien compris. Dernière question. Tout ça coûte un milliard. Où vous les trouvez pour compenser ?
Nous, on propose des économies très, très, très précises, notamment dans la sphère administrative, sur la bureaucratie. On a proposé, notamment sur les opérateurs de l'État, on a vu qu'on a eu une inflation des défenses des agences et des opérateurs de l'État. Et on propose des économies conséquentes directement là. Finalement, on propose moins d'agents publics dans les opérateurs de l'État, dans les administrations centrales et davantage sur le terrain, dans les écoles, dans les hôpitaux.
Merci beaucoup, Corentin Le Fur. Est-ce que le compte y est pour vous sur les retraites, Philippe Ballard ? Est-ce que ça suffit pour ne pas censurer avec des petites retraites qui aussi font partie de votre électorat,
qui
seront complètement protégées
?
Mais moi, j'écoutais Laurent Wauquiez hier devant ma télé, comme beaucoup de gens, je me suis dit mais de qui se moque-t-on ? Alors bon, déjà, Laurent Wauquiez qui annonce cette mesure, enfin là déjà, moi je me suis interrogé, mais de qui se moque-t-on ? Enfin, ils vont perdre du pouvoir d'achat, on va faire extrêmement simple, y compris les petites retraites, il va falloir attendre le 1er juillet prochain pour une deuxième revalorisation, mais qui ne compensera pas la perte de leur pouvoir d'achat. Enfin, pardon, mais on se moque du monde, tout ça donc pour 300, 400, 500 millions d'euros, 800 millions
d'euros. 800 millions, près d'un milliard. Je
finirai par là, mais attendez, on parle du budget, il faut juste avoir les deux, trois chiffres présents à l'esprit, on va emprunter sur les marchés financiers l'an prochain, 325 milliards d'euros. Il n
'y a
pas un pays d'Europe qui fait pire. On a emprunté 275 milliards. En 2027, quand on devrait arriver au pouvoir, premier poste budgétaire, ça sera le remboursement de la dette, 80 milliards. Voilà, bilan de 7 ans de macronisme.
Bon, donc ça ne suffira pas, en tout cas, en l'État, c'est largement insuffisant sur les retraités pour assurer une non-censure. Grosse victoire de Laurent Wauquiez, ça c'est indéniable. Écoutez, on a été nombreux à porter ce sujet. Dès le début, quand on a vu l'annonce de la première copie de Michel Barnier dans laquelle il y avait un gel des retraites, on s'est mobilisés. Donc il y
a
eu des amendements de notre groupe, il y
a
eu une mobilisation de la droite républicaine. Et là, on est partiellement soulagés, c'est-à-dire déjà de voir qu'il y a plusieurs groupes à l'Assemblée qui sont d'accord sur une chose, c'est qu'il ne
faut
pas toucher aux retraites. Après, ça va partir au Sénat de la même façon.
Il ne faut pas toucher aux petites
retraites. Et aux petites retraites. Les retraites plus larges,
plus aisées, les pensions, elles seront forcément
touchées. Certains disent, moi j'ai dans ma circonscription des gens qui m'ont écrit en disant, vous savez, nous, si on a une grosse retraite, ce n'est pas grave pour nous. Ce qui est important, c'est pour les petites retraites. Donc on sent cet esprit de solidarité nationale. Simplement, il faut veiller à ce que ça aille jusqu'au bout. Il faut veiller à ce que la façon dont c'est traduit dans le PLFSS ne fasse pas qu'en 2026, ça recule encore par des systèmes de sous-indexation. Donc on va être vigilant sur ce point-là. Donc vous
prenez le
point,
même si c'est Laurent Wauquiez
qui bombe le
temps à TF1. Bien sûr, c'est
pour les gens qui, chaque jour, ont besoin ou chaque mois d'avoir 20, 30, 40, 50, 100 euros de plus. Et aujourd'hui, le compte n'y est pas encore. Laurent Baumel, la gauche, comment elle réagit ? C'est impossible, en fait, de taxer les retraités dans notre pays. Franchement, à chaque tentative, impossible. C
'est pas mon sujet. Autant j'ai été positif tout à l'heure sur la lecture de ce que nous venons de vivre, autant là, je vais vous dire, on est dans ce que la Ve République fait de pire en termes de mise en scène.
C'est
-à-dire ?
Parce que vous avez un gouvernement qui annonce des restrictions
violentes. Puis
après, vous avez le chef du parti du Premier ministre qui arrive et qui dit « Ah ben, il faut corriger parce que vous vous êtes pas rendu compte, mais c'est très dur pour les petites retraites, là, tout ça.
» Mais c'est qui le patron
entre les deux, là ?
En séance, il dit « Ah ben oui, vous avez raison, je vous ai entendu. » On va rappeler, cher collègue, que les Républicains font 5%. Oui. M. Wauquiez
fait 5%. C'est lui qui va dans un vateur. C'est quand même original comme situation. Ah ben
oui, je vous ai entendu. Et donc là, ce soir, c'est une grande victoire pour les retraités grâce à Laurent Wauquiez. Bon, de qui se moque-t-on ? Honnêtement, tout ça, c'est ce que la Ve République produit de pire.
Ah, alors ça, c'est intéressant. Est-ce qu'on avait vu ce genre de choses ?
Au
fond, c'est la République des partis, c'est Laurent Wauquiez, fort de sa victoire, chef d'un parti, qui permet au Premier ministre d'exister, qui va au fond faire l'annonce à la place du Premier ministre.
Oui,
c
'est-à-dire que sans Laurent Wauquiez, il n'y a plus aujourd'hui de gouvernement. Donc, souvenez-vous, tout à
l
'heure, je parlais de Michel Rocard. Comment on faisait avec les 49 alinéa 3 sous Michel Rocard ? Vous donniez des amendements aux communistes, vous donniez des amendements aux centristes et ils rentraient dans leur circonscription en disant, vous savez, on n
'a
pas censuré Michel Rocard, mais il y
a
une raison. On a obtenu tel et tel amendement. Là, le fait qu'on n'utilise pas le 49 alinéa 3 fait que les députés qui vont entrer en circo ne pourront pas avoir leur amendement qu'ils auront obtenu dans le texte final. Il va bien falloir qu'ils donnent une raison à leurs électeurs pour ne pas censurer. En faisant ça, qu'est-ce qu'il fait, Laurent Wauquiez ? Il dit à ses électeurs, avec en effet une surreprésentation de l'électorat retraité dans le vote LR, regardez, on n
'a
pas servi à rien. Regardez, ce budget, c'est un peu le nôtre et si jamais on ne censure pas in fine Michel Barnier, c'est qu'on a obtenu de vous protéger. Nous sommes le bouclier qui vous protège et donc dans 8 mois, s'il
y a
une dissolution, n'oubliez pas de re-voter pour moi.
Et voilà, il fait de la
politique. Il fait de la politique mais c'est pour Laurent
Wauquiez. Et il
prépare 2027.
Pour Laurent Wauquiez comme pour Michel Barnier, aujourd'hui, une garantie de survie.
Alors on va terminer avec l'autre négociation plus ou moins en coulisses puisque Laurent Saint-Martin, ministre du Budget, a clairement dit ce matin qu'il faut qu'il y ait moins d'économies faites sur les allégements de charges. Ça, c'est vraiment le totem de la Macronie. Vous vous battez pour obtenir, on parle même de but de guerre dans ce budget, qu'on n'augmente pas le coût du travail. Comment vous allez négocier ça ? Est-ce que c'est déjà un bon signe
?
Le bon signe,
c
'est qu'effectivement, la taxation qui avait été augmentée sur les entreprises n'aura pas lieu dans ce budget. Et c'est important parce qu'on a un signal qu'on envoie à la fois aux investisseurs qui, depuis des années, réinvestissent, réindustrialisent la France et puis aux entreprises qui créent des emplois, qui embauchent, on sait qu'on a
plein
de
métiers. En pleine
crise économique,
ce
n'est peut-être pas le moment de
leur demander
davantage. Et donc,
effectivement,
dire les salaires au SMIC ou un peu plus élevés que le SMIC, on va réaugmenter les charges, c'était un très mauvais signal. Donc, je pense qu'à la fois les commerçants, les artisans, les TPE, les start-up vont se mobiliser comme elles le font. auprès
des sénateurs, auprès des sénateurs, auprès des gouvernements,
et
qu
'on va
l
'obtenir. Parce que si on ne revient pas sur les charges... Il y a pas mal de propositions. Il y en a notamment sur la dépense centrale de l'État, effectivement, comme d'autres collègues. On sait qu'il y
a
des économies aussi dans les doublons et le millefeuille. Ça fait 4 milliards, tout ça ? Il faut que ça soit plus porté sur les territoires et en local. Moi, je sais qu'à l'écoute des maires, on est bientôt au Congrès des maires la semaine prochaine. Il va y avoir ce débat budgétaire aussi sur moins de budget dans les services centraux de l'État et plus de budget déconcentré sur les mairies, les intercommunalités.
Très, très
rapidement, sur le coût du travail, ça sera oui, vous accompagnez
le blog central ? C'est
de la folie d'augmenter
les charges sur les
bas salaires. Oui, clairement. Moi, sur la transcription, il y a des artisans, un, deux salariés,
ils
me disent « Moi, je suis obligé d
'en
licencier, donc voilà, il n
'y
a aucune boussole.
» Là, vous accompagnez la demande des macrolistes. Ça n'a pas été fait. On va
s'arrêter là parce que c'est sûr qu'il y aura beaucoup de négociations en coulisses. On va évidemment suivre un peu de plus loin, forcément, ici à LCP, côté Assemblée, ce débat qui part au Sénat. Tout ça se terminera par un 49.3.
Mot de
la fin. C
'est une évite.
C
'est clairement un 49.3 avec la question de « Est-ce que la motion de censure passera ou pas ? » C'est le pari de Michel Barnier.
Merci beaucoup.
Est
-ce que je peux juste rappeler vraiment
d'un mot parce que notre
habité s'impatiente ? Il
est là. Les
charges sociales sont aussi des cotisations sociales et qu'à force de les baisser, on a un hôpital public qui est en train de crever.
C'est dit. On continuera forcément d'en parler de ce budget. C'est une évidence.
Je
vous remercie d'avoir été sur le plateau de LCP.