Soigner le cancer : le pari de Justin Eyquem / La France à court d'eau ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[musique] Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue à 28. Je suis très heureux de vous retrouver et je ne suis pas le seul.
Regardez qui est là, la belle équipe au complet. Bonsoir à vous. Bonsoir.
Jeirie. Et l'actualité du jour et bien c'est la sécheresse, une situation exceptionnelle et très préoccupante, a déclaré la ministre de la transition écologique pile au moment où la loi sur l'urgence agricole arrive à l'Assemblée nationale et forcément on reparle des mégabassines. Nous ne sommes pas d'accord.
Nous ne serons jamais d'accord pour une privatisation de l'eau et le fait que certains puissent collecter l'intégrité de l'eau au détriment des autres, c'est-à-dire pomper la nappe fréatique, en garder le contenu dans une espèce de grosse citerne hein, pour que tout le monde comprenne bien ce dont ce dont on parle et ensuite puisse refacturer aux autres la consommation de cette eau. Alors, faut-il stocker l'eau ou moins on consommait ? La France est-elle véritablement au bord de la sécheresse ?
Nous en débattrons. En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui aiment ventiler de la chronique pour rafraîchir l'atmosphère à savoir Marge Adelson et Théophile Cossa. Au programme ce soir, Marjorie.
Et bien, Donald Trump vient de recevoir un prix, un nouveau prix, un trophée. Alors, c'est pas le prix Nobel de la paix, mais il y a quand même de la dorure et c'est quand même ironique. Bien rassuré enc.
Et vous, Théophile ? Il a fait podium hier lors de la 10e étape du Tour de France. C'est le nouveau chouchou de tous les amateurs de cyclisme.
Paul Sex, 19 ans seulement. Voilà, on va se demander comment est-ce qu'il peut faire pour être aussi bon. aussi précoce, aussi talentueux, c'est le nouvel espoir français, le phénomène Paul Sex.
Je vous raconte comment ça marche. Et oui, on vous retrouve en fin euh d'émission. Car avant ça, parlons d'une bonne nouvelle.
Et oui, ça peut surprendre hein d'avoir d'un coup une actualité qui donne de l'espoir et pourtant et bien c'est une réalité. La lutte contre le cancer fait actuellement des pas de géants comme cette simple injection qui suffirait à rebooster nos cellules pour lutter contre l'agressivité de la maladie. Telle est l'idée portée par le généticien français Justin Ekem. une vraie révolution dont il vient nous expliquer les détails et c'est tout de suite dans 28 minutes. [musique] [musique] Bonsoir Justin IEM.
Bonsoir. Vous êtes généticien et immunologiste à l'université de Californie San Francisco. Je vous présente l'équipe de 28 minutes.
Bonsoir Valérie Brochard. Bonsoir. Bonsoir.
Bonsoir Fanny Veille. Bonsoir. Alors Justinem, euh vous êtes au côté de la prénobel he de chimie Jennifer Dunna.
Vous avez élaboré une nouvelle méthode pour lutter contre le cancer grâce à l'ingénierie des cellules immunitaires. Jusque-là, je pense que j'ai Bon, on va parler de tout ça dans un instant. Mais juste avant, on a l'impression que concernant la recherche contre le cancer, on est en train de vivre un vrai tournant.
Ça fourmile dans tous les sens. Pourquoi en ce moment ? Pourquoi maintenant ?
Je dirais qu'il y a beaucoup de technologies qui sont développées euh et la combinaison de ces technologies qui nous permettent non seulement de mieux comprendre le cancer mais aussi de développer soit des molécules ou des cellules comme dans mon cas par exemple pour pour traiter le cancer euh arrive maintenant à fruition et donc je pense que c'est vraiment la convergence de toutes ces technologies qui qui font ça. Alors on va parler justement de vos recherches dans un instant mais on va voir Justinem pourquoi vous avez le profil idéal pour nous parler de ce sujet et c'est signé Mathilde Bayot. [musique] Justin Ekem, vous êtes généticien et vos travaux sont en train de révolutionner la lutte contre le cancer et de redonner l'espoir aux malades.
Pour transformer nos globules blancs en armes de destruction des cellules cancéreuses, vous avez le profil idéal. Justin KEM, plus jeune déjà, vous étiez décidé à dépasser les limites. À Bordeaux, où vous grandissez, vous performez au 400 m E au décathlon.
Plusieurs fois médaillé aux championnats nationaux, vous avez même été membre de l'équipe de France au championnat d'Europe junior et espoir en 2003. J'ai battu mon record de 300, un problème donc c'est vraiment c'est vraiment génial. Et vos réussites académiques à l'école Agroparitech vous forcent à laisser [musique] l'athlétisme pour la bio-ingénierie.
Passé par l'Institut Pasteur, vous partez ensuite pour les États-Unis à New York au côté du chercheur Michel [musique] Sadelin, pionnier des immunothérapies. Pour moi, c'était un rêve et une évidence. Il fallait que je fasse mon post-doctorat avec lui.
Vous travaillez ensemble sur cette technique qui consiste à prélever des lymphocytes T, un type de globule blanc pour les modifier génétiquement en laboratoire. Ces nouvelles cellules appelées caré sont réintroduites dans le corps et vont identifier et retirer les cellules cancéreuses. Mais cette technique nécessite du temps et surtout [musique] beaucoup d'argent.
Et c'est [musique] là que vos travaux révolutionnent la recherche. Avec la Nobel de chimie Jennifer Dunna, vous avez expérimenté la possibilité de modifier des globules blancs invivaux [musique] directement dans le corps du patient grâce à une simple injection de particules. Votre méthode, en plus de réduire les délais et les coûts, serait plus [musique] sûre et précise.
Les tests sur les rongeurs sont probants, notamment sur la leucémie, mais aussi des tumeurs malines, plus rares, les sarcomes. Depuis 2019, vous développez cette [musique] trouvaille au sein de votre laboratoire à l'université de Californie à San Francisco en lien avec une start-up en biotechnologie que vous avez cofondé. Un premier essai clinique est prévu en 2027.
Alors Justin Ikem, on vient le voir donc vous travaillez donc sur ce processus donc de carter donc de rebooster des cellules pour qu'elle lutte contre le cancer. Vous avez publié justement vos conclusions dans le magazine Nature et à ce propos beaucoup de journalistes et de scientifiques ont parlé de révolution. Est-ce que vous reprendriez ce terme de révolution sur par rapport à votre traitement ?
Euh on appellera ça une révolution, je dirais quand ça marchera chez le patient. Euh pour le moment, c'est encore c'est encore chez les souris. Donc c'est une étape très importante.
On a aussi démontré que ça marchait chez le singe. Donc c'est une étape intermédiaire avant d'aller chez l'homme qui est essentielle. Donc je suis optimiste.
Mais pour pas de révolution, faudra faudra traiter des patients. Mais alors qu'on comprenne bien votre technique puisque la thérapie à la base c'est de prendre des cellules, les modifier en laboratoire et les réinjecter. Vous ce que vous proposez c'est de le faire directement à l'intérieur du corps humain.
Concrètement comment ça marche ? Alors les challenges pour faire ça, c'est d'arriver à designer un vecteur qu'on puisse injecter directement dans le sang, qui puisse trouver les lymphocytés, les ingénurer, pas les autres cellules. Donc juste pour expliquer lymphocité, donc ce sont les voilà des cellules particul cellules immunitaires.
Voilà, ça fait partie c'est un des bras de notre système immunitaire qui vraiment a la capacité de tuer et aussi organiser d'autres cellules immunitaires pour arriver à détruire le cancer. Voilà. OK.
Et euh et donc euh l'idée c'est au lieu de les prendre en dehors du corps et tout ce process du temps, coûte beaucoup d'argent, c'est de faire une simple injection comme un vaccin par exemple qui irait directement trouver lymfocyté et les modifier. H en une seule injection, on pourrait guérir du cancer potentiellement. Oui, parce que c'est ce que vous essayez de faire.
C'est ce qu'on fait parce qu'on on travaille avec ce qu'on appelle une thérapie vivante. C'est-à-dire que ces lymcés ont la capacité de tuer les tumeur mais aussi d'organiser donc le système immunitaire autour de lui et de proliférer et persister pendant des décennies potentiellement. Alors, vous l'avez dit, c'est un traitement qui actuellement existe mais qui coûte très cher.
Le fait que ça soit une injection, on imagine que les coûts seraient réduits. Est-ce que vous con est-ce qu'on peut aujourd'hui déjà établir imaginer un prix pour cette injection ? Alors, ce dont je peux parler, ce sont les coûts de production ou alors on passe de coût de production à plusieurs centaines de milliers d'euros euh à plusieurs milliers ou dizaines de milliers maximum.
Ah oui, d'accord. Donc c'est une division par 10 potentiellement. Et aujourd'hui si cette injection là, vous avez parlé en effet pour attaquer tous les cancers, est-ce que attaquer les cancers, est-ce qu'ils sont valables justement pour tous les cancers ou alors seulement certaines formes de cancer ?
Alors, pour le moment, il y a eu des preuves de concepts qui ont été faits euh dans des types de cancers qu'on dit liquides qui sont dans le sang. Euh mais aussi, on essaie d'aller contre les cancers type solides qui sont considérés plus complexes. Ça demande un petit peu plus d'ingénierie.
Euh, mais dans notre papier, on a on a fait des démonstrations que ça pouvait potentiellement marcher. Juste un mot, un cancer complexe, c'est quoi ? C'est un alors par exemple une tumeur solide, par exemple des cancer du pancréas ou du poumon ou du foie euh qui ne sont pas en circulation et moins accessible.
Euh et donc il y a plusieurs barrières pour arriver à à à soigner ces cancers-là. euh non seulement arriver à pénétrer dans le cancer, mais aussi il y a le cancer arrive un petit peu euh à créer un environnement où les lymphocités ne marche pas très bien. Et donc, il faut arriver euh plusieurs niveaux d'ingénierie qu'on est capable à faire aujourd'hui, hein, euh à pour les rendre plus fortes et à résister à tous ces signaux qui essayent euh d'éteindre la réponse immunitaire.
Vous parliez d'essais sur les souris, sur les singes même. Qu'est-ce qui vous manque pour passer au aux humains ? Alors maintenant, on est juste à l'étape d'arriver à produire des très très grandes quantités de vecteurs de qualité qui qu'on appelle en GMP.
Donc c'est des qualités qui peuvent être injectées chez le patient. Et donc là, on travaille sur ce sur ce process et toutes les aspects régulatoires où on doit avoir donc aux États-Unis la FDA FDA qui qui doit nous donner l'autorisation de commencer un essai clinique. Et donc, on travaille là-dessus et on espère être en clinique d'ici la fin 2027.
Alors, fin 2027, mais concrètement un traitement pour les malades, on peut déjà l'espérer, on peut déjà imaginer une date ou pas ? Oui. Alors, malheureusement les c'est toujours trop long hein, mais en général ça prend à peu près 10 ans entre un essai clinique de phase 1 et ensuite une mise sur le marché euh si c'est ensuite pris par des euh par des boîtes pharmaires des laboratoires.
Alors, on va le voir justement, vous avez parlé de boîtes pharma justement de ce fameux secteur privé et on va le voir avec vous FC. La recherche médicale est aujourd'hui portée justement par des acteurs privés. Oui.
À commencer par votre start-up Azalea Thérapeutics. Alors, le plus grand marché de l'industrie pharmaceutique aujourd'hui, c'est celui de l'oncologie justement. Alors, d'après euh l'Institut IGIA, leader mondial de la recherche clinique et de la donnée de santé, les dépenses mondiales aujourd'hui en oncologie représentait en tout cas l'année dernière près de 300 milliards de dollars et d'ici 3 ans, elle pourrait grimper à plus de 440 milliards.
Les grands groupes, les biothèques, les laboratoires privés espèrent donc chacun prendre leur part de ce marché en pleine expansion, tiré notamment par l'augmentation du nombre de patients et le prix des traitements. Et c'est vrai aussi pour d'autres secteurs de l'industrie pharmaceutique. Par exemple, la biothèque parisienne Bionira Pharma fondé il y a à peine 10 mois a levé 143 millions d'euros pour mettre au point une biothérapie contre les maladies inflammatoires chroniques.
Autre exemple, la start-up Montpolieren con 16500 € levés là pour lutter contre une autre maladie musculaire, celle-là qu'on appelle la myopathie. Justin pourquoi cet engouement du privé dans la recherche médicale ? Alors, on [grognement] a toujours eu hein de cet engouement, mais disons que aujourd'hui, comme je disais au début, l'accès à des nouvelles technologies euh la meilleure compréhension de maladie qui autrefois on comprenait pas les origines euh permettent de développer des nouveaux médicaments aussi euh comme la population devient plus âgée et qu'on arrive à soigner certaines maladies qui ne l'étaient pas avant ou certaines maladies qui étaient avant l'étal maintenant sont des maladies dites chroniques.
Donc ça demande en fait plus de thérapie des gens qui vivent plus longtemps et plus de thérapie qui puissent ensuite soigner quand dans dans les cas de rechute par exemple. Et donc c'est pour ça qu'il y a vraiment cet engouement mais et aussi cet accord entre recherche académique et recherche privée car toutes ces recherches privées en général viennent au début de recherche académique. Mais et ça veut dire aujourd'hui concrètement que le travail que vous avez effectué aux États-Unis vous ne pourriez pas le faire en France ?
Si je pense que je pourrais le faire en France. Euh après, aux États-Unis, ce qui se passe, c'est qu'il y a un vrai accord entre les institutions universitaire, la philanthropie qui est culturellement aux États-Unis est très importante, les fondations et l'industrie pharmaceutique ou et disons que tout le monde travaille ensemble et aide à accélérer vraiment les développements, surtout les développements translationnels, c'est-à-dire aller dans les cliniques qui coûtent énormément d'argent. C'est c'est un peu ce qui se passe avec le c'est ce qu'on essaie de créer en tout cas en région parisienne avec le le Paris sa clé center cluster cancer voilà qui se veut devenir un pôle d'excellence.
Est-ce que ça ça pourrait vous faire revenir en France ? Alors je connais très bien le le Paris saclé cancer cluster et les acteurs qui ont poussé là-dessus. Je suis en discussion, je suis en discussion avec eux et euh je pense que c'est vraiment un excellent euh un excellent progrès.
On voit que ils mettent justement ensemble les pièces du public et et du privé pour essayer de travailler plus ensemble. Donc je pense que ça va dans le dans le bon chemin. Euh pour le moment mon laboratoire aux États-Unis, mais j'aimerais bien un jour rentrer en France.
Oui. Et bien écoutez, c'est ce qu'on vous souhaite hein, peut-être en tout cas voilà prochainement en France. Merci beaucoup en tout cas Justin qui aime d'être passé par le plateau de 21 venu venir nous expliquer cette et bien technologie peut-être révolutionnaire puisque le terme était employé par certains.
Merci beaucoup. Allez, passons maintenant à notre débat. Après les canicules, voici le temps des sécheresses.
Actuellement, ce sont 99 départements français qui sont placés sous surveillance pour d'éventuelles restrictions d'eau si la situation venait à s'aggraver. Un record depuis 2013. Le manque de pluie assèche les nappes fréatiques.
Les grosses chaleurs mettent nos robinets sous pression en raison d'une consommation d'eau supérieure à la moyenne. Alors, comment adapter le pays au manque d'eau qui vient ? Le stockage peut-il être une solution alors que revient cette semaine au Parlement la loi d'urgence agricole sur fond de polémique ?
Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swedem. [musique] La France suffoque et les cours d'eau aussi. Christophe Beltran est à la tête de l'organisme en charge du canal du [musique] Midi.
Avec la sécheresse, l'irrigation est devenue un caspête. On sent bien qu'il y a des tensions qui se génèrent autour de la ressource à nous. Donc l'enjeu pour nous, comme pour le monde agricole, c'est d'avoir la gestion la plus rigoureuse, la plus transparente et la plus parsimonieuse possible pour arriver justement à répondre à l'ensemble des enjeux sur des saisons qui sont de plus en plus compliquées à terminer pour l'ensemble des acteurs.
Adopté par le Sénat, la loi d'urgence agricole revient à l'Assemblée nationale cette semaine. En prévoyant d'assouplir les installations de bassin et en prévoyant de doubler la superficie dédiée au stockage d'eau, elle crée des réactions contrastées. Les agriculteurs applaudissent mais certains spécialistes dénoncent un raisonnement à court terme.
On va pas dans le bon sens parce que il faut de la sobriété. Ça veut dire produire pareil mais avec moins d'eau. Il faut qu'on puisse partager les usages et anticiper.
Commencer à diversifier nos cultures. Pour les détracteurs [musique] du texte, c'est tout le rapport à l'eau qui mériterait d'être repensé plus profondément. D'autant que de nouveaux acteurs ont fait leur apparition. a commencé par les centrales nucléaires qui pompent aussi de l'eau pour refroidir certaines de leurs installations. [musique] Ce weekend, trois d'entre elles ont dû mettre à l'arrêt des réacteurs.
Hit autres ont dû réduire leurs activités [musique] pendant le pic de chaleur. Les data center 352 à ce jour en France nécessitent aussi de l'eau pour fonctionner de façon optimale. Un développement qui inquiète [musique] certains défenseurs de l'environnement comme Camille Étienne.
Imaginez qu'on construit partout sur le territoire et qu'on devient de plus en plus dépendant. Notre pays, nos systèmes financiers devient dépendant de ces data center et de l'IA qu'on en découle. Imaginez donc à un moment donné, on a une quantité d'eau limitée et qu'on doit décider qu'est-ce qu'on fait ?
Est-ce qu'on donne à l'agriculteur qu'elle a ou est-ce que on coupe d'un coup tout notre système financier qui dépend de ça ? [musique] Alors, la France est-elle bientôt à cours d'eau ? Faut-il partager l'eau ?
Et comment ? Faut-il en stocker ou bien changer nos habitudes ? Le pays a-t-il une réelle vision de la gestion de l'eau ?
Voilà. Et pour en débat de ce soir, nous recevons Agnè du Chat. Bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes directrice de recherche au CNRS et hydrologue. Et selon vous, se préparer à la sécheresse, c'est réduire les usages inutile de l'eau et cesser d'en dégrader la qualité.
Et pour ça, dites-vous, certaines pratiques agricoles et d'aménagement du territoire doivent changer. À vos côtés, Simon Porcher. Bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes professeur de sciences de gestion à l'université Paris-Duphine, auteur de Nous sommes fait d'eau, l'avenir d'une ressource vitale publiée aux éditions Les corps conducteurs. Selon vous, le risque de coupure d'eau potable est réel et les restrictions individuelles ne sont pas symboliques du tout, mais le premier consommateur reste l'agriculture avec des cultures comme le maïs qui demandent énormément d'eau.
Et puis Agnager Runaché, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes député ensemble pour la République, ancienne ministre de la transition écologique, également ancienne ministre délégué à l'agriculture.
Selon vous, les restrictions d'eau vont se multiplier, sauf si on s'y prépare vraiment. On ne peut pas, dites-vous, se passer de stocker l'eau, mais cela doit se décider collectivement. Et pour entamer ce débat, c'est avec vous Valérie et la photo du jour.
Oui, Jean-Mthieu, ce que vous voyez là, c'est un bras de Loire presque entièrement avalé par le sable près de Varade en Loire Atlantique. Une image qui a beaucoup fait parler he ce weekend dans les JT nationaux jusque chez nos amis belges, le fleuve royal séché. Sauf que ce serait peut-être d'après certains spécialistes de la zone et bien un phénomène banal.
Ce bras secondaire, s'assèche régulièrement en été tandis que le chenal principal, lui reste en eau. Mais l'image n'est peut-être pas si trompeuse qu'elle en a l'air en juillet, hein. Le débit du fleuve est tombé autour de 135 m³ par seconde à Montan sur Loire contre 262 en juin.
En réalité, ce qui est exceptionnel cette année, c'est la précocité et l'intensité de l'étiage. Agnè ducharne dans cette image, est-ce qu'il faut voir un simple spectacle estival de la Loire ou au contraire le signal d'un fleuve désormais soumis à des sécheresses hors norme ? Pour moi, c'est dans ce que vous venez de dire, c'est vraiment la précocité qui est notable.
Donc c'est un paysage qui sans doute est classique plus tard dans la saison à cet endroit. Et vraiment là, on est très en avance en particulier par rapport à 2022 en ce qui concerne les évolutions des débits dans beaucoup de régions en France, les assec des cours d'eau et et aussi les arrêtés de restriction en eau. On est en en avance de 15 jours à 1 mois par rapport à 2022 qui était la plus grosse sécheresse depuis 1976.
Oui. Justement juste sur le sujet d'aujourd'hui, on parle en effet de jamais vu depuis 2012. Vous parliez de 76.
C'est vrai que là, est-ce qu'on vit quelque chose, un été là historique concernant la sécheuse ? Euh alors oui, mais malheureusement, j'ai tendance à vous dire que des étés historiques, enfin des records, on va continuer d'en battre parce que une des principales raisons de la situation qu'on qu'on vit en ce moment, c'est le réchauffement climatique et tout le monde est au courant qu'il n'est pas en train de s'arrêter. Bien au contraire, au contraire, il s'accélère.
Oui, je voulais vous parler aussi des nappes fréatiques. Le 1er juillet 2026, 93 % des niveaux sont en baisse et 54 % des points d'observation sont sous les normales mensuels. Agnè Panier Runacher, comment c'est possible alors que on se disait que finalement depuis 2022, elles elles sont aujourd'hui dans niveau plus satisfaisant qu'en 2022.
On parlait justement de 2022. Comment c'est possible de parler de de cette situation aujourd'hui ? Mais en fait cette situation et euh madame vient de l'exprimer très clairement, c'est la dérivée du détraquage climatique parce que je pense qu'il faut vraiment euh c'est détraquage.
Oui. le le dérèglement climatique est peut-être plus précis comme image que le réchauffement climatique. Parce que moi dans dans le la circonscription où j'habite, le Pas de Calé, le réchauffement climatique, ça paraît sympathique pour un département du nord, mais c'est pas du tout sympathique.
C'est-à-dire que vous avez des aléas, des événements qui sont de plus de plus en plus détraqués. Vous avez trop d'eau l'hiver, vous n'avez pas du tout assez d'eau l'été. Et face à ça, effectivement, ce sont des politiques de moyen long terme qu'il faut déployer, c'est-à-dire pas des choses qui s'improvisent en On a, je le rappelle, porté le varen de l'eau en 2022 qui prévoyait justement pour les agriculteurs un plan en 3 ans qui veillait notamment à faire évoluer les pratiques agricoles, aller rechercher les variétés qui étaient les plus résistantes à la sécheresse, à s'interroger à ce qu'on pouvait continuer à produire sur certains territoires.
Je pense à l'oxyanie qui est particulièrement en détresse hydrique et où c'est difficile de dire qu'il y a plus d'eau l'hiver et moins d'eau l'été parce que là il y a carrément plus beaucoup d'eau du tout et donc on voit bien que cette transformation elle doit être accompagnée au côté des agricoles. En effet 99 départements hein de toute façon aujourd'hui donc c'est assez important et en effet c'est Borch qui peut frapper et c'est vrai d'une réaction mais tout à fait normale. On a passé un hiver excessivement plus vieux.
Il a plus, il a plus et on s'est dit bah ça recharge une africa. Comment on peut basculer d'un coup comme ça dans le rouge ? Effectivement ce qui est significatif cette année 2026 par rapport à 2022, par rapport à 1976, c'est qu'on a eu beaucoup de pluie en hiver. 40 jours de pluie d'affilé.
On avait des inondations sur tout l'ouest de la France. Ça a rechargé les nappes. C'est pour ça qu'elles prennent du temps à se vider, qu'elles sont plutôt bien chargées malgré les trois canicules qu'on vient de vivre.
Mais derrière, on a ces trois périodes de canicules. On a eu pas beaucoup de pluie aussi en avril, donc la végétation était déjà sèche avant les canicules et donc on connaît des périodes de sécheresse. Et puis quand il fait sec, on a chaud, les plantes ont soif donc il faut plus arroser.
Nous-même on utilise beaucoup plus d'eau, on a + 50 % plus 100 % d'utilisation d'eau sur certains réseaux d'eau potable et donc ça crée une demande supplémentaire. Mais justement vous parliez des particuliers et moi je voulais vous emmener à avance dans les Alpes maritimes où l'eau est désormais sous surveillance. Depuis samedi, un arrêté préfectoral limite certains usages comme l'arrosage, le remplissage des piscines, le lavage des voitures.
Une contrainte vécu comme une évidence pour certains de ses habitants. Si tout le monde se met à arroser toute la journée les les jardins, ben je pense que c'est c'est ça permet pas d'économiser l'eau. Surtout que là, en plus, il fait très chaud.
Donc en période de sécheresse, je pense qu'il faut l'économiser. Donc je trouve que c'est une c'est une bonne chose. L'eau, on en a besoin quoi.
C'est vital. Donc c'est à ne pas gaspiller évidemment. Ouais.
Même s'il y avait pas cet arrêté, je pense que chaque individu, il faut absolument qu'il fasse attention. Simon Porchet, ces restrictions, elles sont vraiment utiles, efficaces ou elles sont totalement symboliques ? Non, c'est utile parce que ça permet d'utiliser moins d'eau potable surtout, hein, parce que là, on veut sécuriser l'accès à l'eau potable pendant tout l'été.
Et donc, on dit aux gens, "N'arrosez pas avec de l'eau potable, neyez pas vos voitures avec de l'eau potable, vous êtes en perte de restriction." Et puis on dit aussi aux agriculteurs, attention, n'utilisez pas d'eau pour irriguer, surtout parce queon a besoin de sécuriser l'eau, la ressource pour l'accès à l'eau potable derrière. Donc c'est utile évidemment.
Le problème, c'est qu'on peut pas gouverner la France et gouverner l'eau d'une manière générale à coup d'arrêter restriction. Euh il faut avoir une vision un peu plus de long terme pour mieux partager l'eau et éviter au maximum ses restrictions. Donc il faut vraiment se poser la question de la hiérarchisation des usage, la manière dont on peut stocker un maximum d'eau quand il pleut aussi hein pour pouvoir la réutiliser en été et puis d'équiper nos logements pour réutiliser les eaux grises, les eaux de la douche dans les toilettes par exemple et utiliser l'eau de pluie pour arroser son jardin.
Alors espagnché, la ministre actuelle justement de la tradition écologique affiche donc aujourd'hui une priorité pour dire il faut garantir l'accès à l'eau potable. C'estàd qu'on en est là aujourd'hui en France de se dire que il peut y avoir un risque pour une partie du territoire demain ou là vraiment cette semaine par exemple de ne plus avoir d'eau potable. En tout cas, il y a un risque que quand vous ouvriez votre robinet, il n'y ait plus d'eau qui coule parce que la ressource est en grande souffrance et qu'il faudra acheminer de l'eau par un autre moyen.
Certains villages aujourd'hui sont dans cette situation sur le territoire français. Ce n'est pas propre à la France en France. Oui.
Oui, c'est ce qui est pas rien. C'est pas propre à la France he la question du dérèglement climatique, elle concerne aujourd'hui tous les pays du monde et ces questions d'accès à l'eau potable sont de plus en plus pregnants. Ce qui est nouveau, c'est que ça touche un territoire qui est habitué à avoir un climat tempéré et que ça touche des parties de territoire.
Là, vous mettiez en évidence les Alpes Maritimes. Moi, je suis d'origine méditerranéenne, mais les Alpes Maritimes, on a toujours quand même vécu avec les incendies, la chaleur, la question. Ça regardez, on voit la région de Limoge, on voit la creuse, on est en très grande difficulté et ça c'est totalement totalement inédit.
Et c'est là où effectivement on va devoir créer des changements d'habitude et on doit embarquer tout le monde. Donc oui, il va falloir partager l'eau. Oui, il faut un plan à long terme.
Et effectivement c'est pas par arrêter, c'est pas par décret. Et si j'étais taquine, ce n'est pas avec une loi que l'on résout ce type de problème. C'est effectivement en portant des projets dans la concertation et en faisant en sorte que tout le monde prenne sa part de l'effort.
Mais Agnè du charne qu'on comprenne bien cette carte, la situation est la même partout. toutes les zones sont touchées par la sécheresse ou quand même il y a des différences dans les régions ? Ben, il y a des différences, c'est la la gradation des couleurs, c'est-à-dire euh la sévérité des arrêtés d'interdiction est liée euh même si c'est pas euh des règles mathématiques parce que c'est des décisions humaines par les préfets qui amènent à ces cartes, mais la l'intensité de de des restrictions sont liées à la à la diminution au niveau faible des ressources qui est différent et ben dans le limousin ou dans le pas de calais.
Mais par contre par si on prend l'exemple du limousin, c'est pas du tout nouveau. Enfin 2022, on avait des situation analogue. C'était pareil en fait.
Salut forché pour qu'on sache exactement de quoi on parle. Qui consomme aujourd'hui le plus d'eau en France ? Et question dans la question, qui en pompe le plus ?
Est-ce que c'est pas la même chose ? Expliquez-nous. Alors effectivement, il faut différencier prélèvement et consommation.
Prélèvement, ça veut dire qu'on prélève de l'eau, mais qu'on la restitue ensuite au milieu. Et quand on regarde les prélèvements, ce sont les centrales électriques qui prélèvent le plus d'eau. Quasiment la moitié de l'eau prélevée en France, c'est pour refroidir les centrales électriques.
Si on regarde les usages économiques, d'ailleurs, 80 % de l'eau prélevée en France, c'est pour produire des biens agricoles ou industriels ou pour refroidir les centrales. Et l'eau du robinet, c'est seulement 20 % des prélèvements. Après, quand on regarde les consommations, les consommations, c'est l'eau qui est prélevée mais qui n'est pas restituée au milieu parce que c'est incorporé dans un produit.
Et là, c'est l'agriculture qui prélève qui consomme, pardon, 61 % euh de l'eau qui est qui est prélevée. Parce que l'agriculture a quelque chose de particulier. Toute l'eau qui est utilisée est absorbée par les plantes.
Donc, elle est absorbée par les plantes. Alors, les plantes peuvent transpirer derrière mais en tout cas l'eau n'est pas restituée directement au milieu. Oui, c'est ça.
Mais ça veut dire aussi une hachée, est-ce que c'est il faut changer finalement ce modèle agricole parce qu' apparemment il est trop gourmand en eau. Faut le changer. Alors, il faut le faire évoluer.
Mais je vais vous donner un exemple. Autant en Occitanie, il va falloir se poser la question de la poursuite de certaines cultures puisque la ressource est en train de diminuer. Autant dans le département dont je suis euh dans lequel je suis député, la question de l'irrigation va se poser puisque nous n'avions pas besoin euh d'irrigation et et que là euh vous ne pouvez pas faire de la culture, vous ne pouvez pas faire grandir des plantes sans eau.
Donc c'est un sujet qui est beaucoup plus complexe. On n pas du tout entre blanc et noir, on est vraiment dans des nuances de gris et ça doit être porté au niveau territorial. Ensuite, il y a des méthodes.
On sait que certaines variétés sont plus résilientes, moins consommatrices d'eau. On a toujours cette question du maïs qui est très consommateur d'eau. Il y a la manière aussi dont on pratique l'irrigation.
Quand on fait du goutte à goutte, c'est pas tout à fait la même consommation que quand on fait ce qu'il y a sur l'image derrière vous. Oui. An je vois ne pas être d'accord avec ce que Runaché.
Un point qui me semble manqué dans le paysage, c'est le fait que quand l'irrigation euh consomme 61 % des ressources en eau de la France, ça se produit dans 3,5 % du territoire. Et dans ces territoires-là, en fait, la pression sur la ressource est énorme. Et si on fait euh les calculs correctement, on réalise que les prélèvement en eau qui sont faits pour l'irrigation dans les territoires irrigués, ça représente des volumes qui sont supérieurs à la recharge des nappes, mais supérieur de beaucoup en fait.
Ce qui explique en fait partiellement les sécheresses de ces territoires. C'est-à-dire que l'irrigation intensive en tout cas, celle qui notamment vise à irriguer le maïs contribue notablement aux sécheresses. Et là, c'est l'histoire du cercle vicieux et des irrigants qui ben quient la branche sur laquelle ils sont ass qu'est-ce qu'on fait ?
On arrête le maïs en France. Moi je pense qu'il faut réellement y songer. Oui.
Ouis. C'est mon porch. C'est possible ça ?
Oui. Bah on passe au sorgot mais en fait un peu alors le sorgo c'est une autre plante hein. Voilà.
Bien sûr. Ouais. On on peut passer sur d'autres plantes, on peut passer sur des cultures qui résistent mieux aux sécheresses et puis effectivement, on peut aussi améliorer la technologie.
Alors, le goutte à goutte, on peut le faire surtout pour les arbres, pour les pomiers par exemple. C'estàd juste le goutte à goutte, qu'est-ce que c'est exactement ? C'est une une forme d'irrigation.
On envoie la goutte le plus proche de la plante de manière à ne pas gaspiller d'eau. On va pas asperger de de l'eau partout pour faire comme s'il pleuvait. Donc ça ça fonctionne très bien.
On le fait beaucoup en France en réalité he sur pour pour les arboriculteurs par exemple. Ça permet d'économiser l'eau, ça permet de diminuer de 10 à 40 % hein le le l'utilisation d'eau dans dans des exploitations agricoles. Ça s'accompagne souvent de stations météo aussi hein qui permettent de faire des meilleures prévisions météo et puis aussi de sondes qui calculent l'humidité dans le sol de manière à ce qu'on rende la goutte d'eau plus efficace.
Mais attention à toutes ces t tous ces mécanismes, toutes ces solutions techniques parce que souvent ça entraîne un effet rebond. Si je vous sécurise, si je vous permets d'économiser de l'eau, en fait vous allez dire bon bah en fait je vais produire plus, je vais utiliser la même autant d'eau qu'avant. Je vais ouvrir le robinet et je vais produire plus d'eau avec plus de goutte à goutte tout simplement.
Donc faut éviter ça. Il faut avoir évidemment un usage sobre. Alors l'autre l'autre, je voulais juste qu'on avance un tout petit peu avec l'autre poids lourd qui est donc le le nucléaire.
On a commencé à à l'évoquer aussi avec les avec les centrales. Anagurinaché, est-ce que la la planification énergétique française a sous-estimé la dépendance du nucléaire ? Non, pas du tout.
Alors l'avantage avec le nucléaire, c'est que c'est une énergie qui est tellement sécurisée entre guillemets que c'est une des premières société EDF qui dispose d'un plan d'adaptation au changement climatique que la question de la consommation de l'eau, elle est tout à fait adressée pour la planification de nouveaux réacteurs nucléaires et qu'aujourd'hui aujourd'hui à l'arrêt et 8 au ralenti. Voilàit ça a été prévu ça. Mais ça ça ne pose pas de problème.
C'està-dire, vous n'avez pas de tension aujourd'hui sur la production énergétique. Vous n' avez zéro tension et c'est normal et c'est pour ça aussi que l'on dit qu'il faut développer les énergies renouvelables et c'est pour ça que le photovoltaïque ça tombe assez bien parce que ça produit très bien l'été donc et que le couplet avec des stockages permet de soulager les réacteurs nucléaires. Donc sur la question de l'énergie, je dirais qu'on a plutôt un peu d'avance.
On doit améliorer euh les prélèvements d'une part et euh les la consommation d'eau. Et vous savez que les quatre premiers euh réacteurs à venir vont être construits en bord de mer. Donc euh il présentera pas de de difficultés.
En revanche, il y a deux réacteurs à buger sur lequels les études de l'eau sont très complètes et se poursuivent précisément pour sécuriser cette ressource. Et puis n'oublions pas que notre système énergétique contribue à gérer l'eau. C'est notamment toute la chaîne de barrage qui existe et qui ont aujourd'hui un usage de plus en plus important en terme de en temps d'inondation et en temps de sécheresse.
Mais est-ce que ça veut dire là quand on en parle, on voit l'agriculture, on voit aussi donc l'énergétique. Est-ce qu'on a basé finalement trop notre modèle sur l'eau ? Euh on en est très dépendant en tout cas.
Moi, je rejoins assez largement madame Panier Runaché sur le diagnostic présent, mais je pense qu'il manque encore une fois un élément dans le paysage, c'est que le climat d'aujourd'hui n'est pas le climat de demain. Et le climat de demain, ça va être plus chaud et plus sec en été dans notre territoire. Donc en fait les arrêts centrales trois à l'arrêt 8 au ralentis aujourd'hui mi-juillet déjà il y en aura davantage dans un mois et puis dans 10 ans au mois de juillet et au mois d'août il y en aura encore davantages qui seront à l'arrêt très certainement.
Donc la la plusvalue on va dire de de l'électricité nucléaire qui est soi-disant d'être non intermittente à mon avis c'est quelque chose auquel il faut renoncer. Ouais. Alors, je je pense pas peut-être très rapidement.
N'oublions pas que les maintené dans les centrales nucléaires. Donc, vous avez une saisonnalité d'utilisation des centrales nucléaires et c'est précisément la force d'un mix énergétique qui ne repose pas que sur le nucléaire qui est la force aussi de notre pays. Alors, on vient de parler justement de l'agriculture, on vient de parler du nucléaire, mais figurez-vous qu'il y a un nouveau grand consommateur d'eau qui est actuellement présent et qui fait son entrée d'une manière assez fracassante.
Ce sont les data centers, soit les centres de données en fait. Et oui hein, souvenez-vous ces grands hangar remplis de serveurs qui forment en quelque sorte la colonne vertébrale de notre internet, de l'intelligence artificielle, du cloud. Alors, quel rapport avec l'eau ?
Ben, d'abord pour fonctionner, ces serveurs ont besoin d'électricité. Or, pour la produire, on l'a vu, les centrales nucléaires ont besoin d'eau. Ensuite, pour éviter que les puces de ces serveurs ne chauffent trop parce qu'on les sollicite en utilisant internet, bien, il faut les refroidir.
Pour les refroidir, là encore le plus souvent, et bien ça passe par des circuits d'eau froide. Des chercheurs ont calculé en 2025 qu'envoyer 10 à 15 questions à Chat GPT consommer environ 1 L d'eau, soit les grandes bouteilles d'eau qu'on trouve en supermarché. Les chiffres en plus doivent être mis à jour puisqu'ils ils ont été mesurés sur une ancienne version de l'application aujourd'hui peut utiliser.
En France, l'autorité de régulation des communications électroniques estime que ces centres de données ont consommé en 2023 681000 m³ d'eau, soit environ 272 piscines olympiques d'eau. J'ajoute potable sans méthode unifiée de calcul. Il faut se reposer donc sur les données he livrées par les géants de la tech eux-mêmes.
Exemple Google. 3e sur le marché du cloud en pointe sur le terrain de l'IA avec Jemini et bien Google dit avoir consommé 30 milliards de litres d'eau en 2024 environ 12000 piscines olympiques rien que pour le refroidissement de ces serveurs. problème supplémentaire, la quasi-ttalité de l'eau qui est utilisée justement pour refroidir et bien n'est pas recyclée puisqu'elle s'évapore et à cela il faut en plus et enfin ajouter le fait que les data center se multiplient pour répondre à des besoins d'une IAG de plus en plus performante et qu'une grande partie de ces infrastructures sont en plus construites dans des zones déjà en stress hydrique.
Simon Porscher, quand on met tout ça bout à bout, sachant qu'on manque déjà d'eau, on est en train d'en parler, ça veut dire quoi ? Qu'on va droit dans le mur ? Euh ça veut dire qu'il faut avoir vraiment faire de la planification là parce que les data centers ça utilise énormément d'eau.
On parlait de Google 30 milliards de litres c'est la consommation d'eau de d'une ville d'un million d'habitants de d'eau potable. Donc c'est énorme. Euh c'est avant en plus le développement de de l'intelligence artificielle générative.
Donc on a besoin de data center parce qu'il y a une question évidemment de souveraineté mais un data center ça utilise beaucoup d'eau pour refroidir mais en plus ça utilise beaucoup d'eau parce que il faut le connecter à l'électricité et donc ça utilise beaucoup d'électricité et il faut de l'eau aussi pour refroidir les centrales électriques. Donc beaucoup d'ailleurs de projets de data center demandent à être rattachés directement à des centrales nucléaires pour utiliser énormément d'électricité. Donc il y a une question qui se pose.
Amsterdam a fait un moratoire sur la construction de data center justement pour sécuriser l'eau potable. Au Texas, on a fait passer une loi en 2021 qui permet de couper l'électricité des data center en cas de manque de ressources en eau. Donc il y a vraiment une question politique qui se pose et de positionnement des data center pour ne surtout pas les mettre dans des zones en stress hydrique.
Alors justement Jar cette semaine Assemblée nationale on parle de cette planification d'eau avec cette loi d'urgence agricole he pour répondre en souvient aux manifestations des agriculteurs des agriculteurs pardon il y a plus d'un an. Est-ce que cette loi va véritablement changer aujourd'hui ? Et bien notre manière de gérer l'eau, de s'attaquer à ce problème aujourd'hui qui est quand même vital pour nous ?
Bah, il me semble que c'est pas du tout l'objet de cette loi. L'objet de la loi d'urgence agricole, c'est de faciliter l'accès à l'eau pour les gros irrigants. Point.
C'est tout. Et puis par ailleurs de de aussi de faciliter la dégradation des captages pour l'eau potable puisque seuls les plus pollués feraient maintenant l'objet d'une protection. Euh et c'est ça c'est vraiment l'eau que vous moi, nous buvons tous enfin tous les Français.
Ouais. Agn Espagier Runaché, vous êtes d'accord avec ça ? Est-ce que stocker l'eau, c'est aggraver la situation ?
Alors, [rires] vous avez plusieurs versions de ce projet de loi et c'est là où ça devient un tout petit peu complexe. Vous avez une version qui a été votée à l'Assemblée nationale qui était, on va dire, raisonnable et vous avez une version qui a été votée au Sénat qui est déraisonnable dans euh sa sa rédaction actuelle. Pourquoi elle est déraisonnable ? parce qu'en gros, elle organise le fait que les irrigants sont prioritaires dans les usages de l'eau par rapport aux autres.
Et d'ailleurs même le MEDEF qui n'est pas connu pour son militantisme environnemental échangé a parlé d'accaparement. Absolument. Euh donc effectivement là, il y a tout un travail qui est mené au sein de ce qu'on appelle la commission mixte paritaire.
Elle se réunit demain mais les négociations sont en cours en ce moment. et euh de l'enfer au paradis. Il y a quelques amendements.
Si on utilise ou si on prélève trop l'eau au moment où il y en a pour arriver finalement au débarrage de l'été où on aura plus d'eau, effectivement on partagera la misère. C'est ça qu'organise en quelque sorte cette loi. Et bien écoutez, on va suivre ça et ces débats avec intérêt notamment.
J'imagine qu'on reviendra dessus vu la situation de cet été. En tout cas, merci à vous trois d'être venus débattre ce soir sur le plateau de 28 minutes. Dans un instant, il sera l'heure de retrouver les chroniques de Marjor Adelson et Théophile Costa.
Nous verrons que Donald Trump n'est pas vraiment fan oui de la récompense qu'il a reçu concernant son action en Iran avant de nous intéresser au Tour de France et au phénomène Paul Texas. Un français en pleine forme pour soigner et bien notre blouse faute balistique une petite grippe espagnole comme ça en plein été c'est beta mais avant cela, retrouvons Victor de Kiver l'ambassadeur de la culture générale ce soir. Vous dîner moins bête et une vraie question si vous passez à table peut-on mourir d'avoir utilisé une fourchette ?
Peut-on mourir d'avoir utilisé une fourchette ? question vous paraît farfelue et pourtant en 100 Maria Argiropouina la [musique] niè de l'empereur byzantin Basil I épouse le fils du Doge de Venise. [musique] Mais quand elle débarque dans la ville avec une innovation, elle va choquer tout Venise.
Maria refuse de manger avec ses [musique] doigts. Elle préfère utiliser une fourchette en or. Scandale absolu.
Utiliser un ustensile en métal pour porter la nourriture à sa bouche, c'est d'une prétention insupportable. À l'époque, on mange avec les mains nobles comme rôurier. [musique] Quelques années plus tard, Maria meurt dans sa vingtaine, prématurément donc.
Et pour un célèbre théologien de ce temps-là, il n'y a aucun doute, c'est un châtiment divin. Maria a été puni pour sa vanité. Et oui, utiliser des fourchettes en métal artificiel au lieu des doigts donnés par Dieu, c'est un affront fait à la nature et donc au créateur. [musique] Pourtant, au 14e siècle, tout change en Italie.
Les pâtes se développent massivement et la fourchette devient indispensable. [musique] Car essayer de manger des spaghettis avec les doigts, vous allez comprendre. Mais en Europe, la résistance persiste.
En Angleterre, au 17e siècle, on considère qu'il est plus virile de manger avec les doigts. La fourchette, c'est précieux et snob. Heureusement, deux Italiennes vont changer la donne.
Bon et [musique] For d'abord qui en 1518 épouse le roi de Pologne et introduit la fourchette à la cour. et Catherine de Médicis en 1533 qui débarque en France avec ses fourchettes en argent, [musique] ses cuisiniers italiens et ses artichauds. Voilà comment progressivement la fourchette devient symbole de raffinement en Europe.
Au 19e siècle, avec la production de masse, elle se démocratise. Les manuels de savoir-vivre dictent désormais comment la tenir. En France, les dents [musique] pointent vers le bas.
Une convention pratique pour distinguer la table française de la table anglaise où c'est l'inverse. Sinon, vous risquez de finir en enfer comme Maria. Voilà, vous dîner moins bête.
Merci Victor de Killer, un homme très élégant hein que je connais personnellement, je peux le garantir en tout cas. Allez, il est temps de retrouver Margerie Adelson et Théophile que ça pour vos chroniques. On commence avec vous Margerie.
On le sait, Donald Trump aime beaucoup les prix et justement il vient là de recevoir une grosse récompense. Oui, après le très controversé prix de la paix donné par la FIFA, le président américain a un nouveau trophée arrangé dans son armoire, enfin plutôt dans son salon. Le voici. 3 m de haut, de la dorure et bien sûr le chiffre numéro 1 marqué dessus.
Bref, un style à la fois discret et épuré. On dirait une coupe sportive. Mais cette fois-ci, promis, la FIFA n'a rien à voir.
Comme l'explique le Washington Post, ce monument a été installé au National Mall, c'est pas très loin de la Maison Blanche. Il vise à récompenser l'investissement de Trump sur la scène internationale. Trophée de participation à la guerre en Iran.
Peut-on lire ? Évidemment, c'est ironique. On doit se tropher moqueur à un collectif d'artistes anonymes Secret and Shake que l'on pourrait traduire en français par la poignée de mains secrète.
C'est leur nom. Alors, de quoi remercie-t-il Donald Trump exactement ? Et bien de son engagement enthousiaste dans cette guerre.
Il y a même une petite appréciation comme à l'école, je vous la lis. Alors que certains se préoccupent de la stratégie militaire, de diplomatie ou de résultats tangibles, le président Trump a fait preuve du courage de participer, quel que soit le résultat final. Voilà, c'est la médaille en chocolat mes versions géopolitiques.
Un trophée qui arrive toutefois à point nommé pour questionner la politique du président américain alors que le protocole d'accord de paix avec l'Iran a été signé, souvenez-vous, en grande pompe à Versailles il y a un mois. Ce trophée pose une question : Quand reste-t-il aujourd'hui alors que les hostilités entre les deux pays ont repris ? Alors, ce collectif d'artistes en est pas à son coup d'essai.
Non. Et Donald Trump est devenu leur cible ou leur mus préféré. C'est une question de point de vue.
Il y a quelques mois, les artistes de ce collectif s'étaient cette fois lancé dans une sculpture inspirée du film Titanic. Sur le modèle de Kate Winsley et Leonardo DiCaprio, on y voyait Trump et Epstein en lacé, une manière de dénoncer les liens entre le président et le criminel sexuel. Alors à l'époque cette œuvre, elle avait été très commentée, mais cette fois-ci cette coupe a fait réagir notamment du côté de la Maison Blanche.
La porte-parole Anna Kelly dénonce des artistes sans talent qui devraient s'abstenir de donner leur avis sur la politique étrangère. Les États-Unis, affirment-ell, ont atteint tous leurs objectifs dans cette opération iranienne. Bon, quoi qu'il en soit, cette coupe, elle restera exposée pour 7 jours.
Mais après, et bien tout comme les Bleus, pas sûr que Donald Trump ramène la coupe à la maison. C'est pas très sympathique he vraiment Margerie en tout cas voilà ça sera pour la prochaine fois nous en tout cas on ne sait pas si pour Donald Trump ça sera la prochaine fois non plus merci beaucoup en tout cas Margerie alors on va essayer de se consoler justement de cette soi-disante déf parce que ça n'a pas existé hein voilà dans un autre monde. Théophile le jeune coureur français Paul c'est que ça s'est offert hier son tout premier podium lors de la 10e étape du Tour de France et alors lui il nourrit lui aussi hein les espoirs de tous les passionnés de cyclisme.
Dites-nous le phénomène Paul Sex marche. Il a seulement 19 ans et bat déjà des records de précocité. Rendez-vous compte, c'est le plus jeune participant au Tour de France depuis 1937 1,86 kg.
Longéine. Ça c'est ce qu'on appelle un physique de grimpeur redoutable dès que la route prend de la pente mais pas seulement. C'est simple, il est à l'aise partout.
Rouleur, grimpeur, puncheur, même en épreuve du contre la montre dont il a été champion du monde junior, il développe une puissance phénoménale. Vous savez comment le surnommait son premier entraîneur ? Trois poumons.
Ah oui ! Et attendez, il a le physique, la résistance à la fatigue, la capacité de récupération, OK, mais aussi le mental et [raclement de gorge] le goût pour ce qu'on appelle attaquer. Alors attaquer, vous savez, c'est lorsqu'on s' on accélère comme ça pour s'échapper du plateau, on se met en danseuse comme ça juste avant l'arrivée, c'est toujours le meilleur moment parce que il a l'air inoffensif hein, comme ça le petit Sexas avec sa tête d'ange.
Attention, comme dit le directeur sportif de son équipe Décathlon CMA CGM, des gars comme ça, tu les croises dans la rue, ils sont super gentils, poli, tu les mets sur un vélo, ce sont des animaux, des pitbulles. D'ailleurs, personne ne l'avait vu venir tellement c'est allé vite. En mars dernier, il était encore quasiment inconnu, né à Lyon dans une famille qui n'a rien à voir avec le vélo.
C'est son grand-père qui lui donne le virus en regardant le tour chaque été. 2023, il rejoint l'équipe d'écathlon. Il passe pro fin 2024, il gagne le tour de l'avenir en 2025, c'est un peu l'antichambre du Tour de France et puis alors 2026, c'est le décollage.
Sep victoires dont la fameuse Flèche Wallon en Belgique où il grimpe le mur final en 2 minutes 43 secondes, mieux que le meilleur temps de l'immense star actuel, Tadei Pokchar, quadruple vainqueur du Tour de France. Tour de France. Et justement alors comment ça se passe pour Paul Sex ce Tour de France là 2026 ? et ben plutôt pas mal pour un petit gars qui n'avait jusqu'à la semaine dernière jamais disputé plus de 8 jours de compétition de suite dans sa carrière.
Leader he de son équipe. Il a fini donc 3e de l'étape mardi derrière le Sloven Pokacha et le le belge et Venou. Il est actuellement 5e au classement général.
Et si le roi Pokatchar pour l'instant domine, Paul Sex a peut-être déjà gagné le plus important, l'amour du public. Pas un virage où on ne voit pas une pancarte avec son nom. On l'attend depuis Bernardino, disent certains.
Bernardino, le quintuple est dernier vainqueur français du tour. C'était en 1985. Et quand on sait que Ino n'a couru sa première grande boucle qu'à seulement 23 ans, tous les espoirs sont permis pour Sexas pour cette année et surtout les suivre.
Oui, surtout les suivants. C'est toujours ce qu'on se dit. C'est comme le foot he, vous voyez.
Surtout les suivantes. Merci beaucoup à vous deux. Merci mes amis à suivre sur après votre épisode d'animation intitulé de chat.
Et oui, retrouver alors ça n'a rien à voir George Clounet en DRH nomade prêt à changer de vie et on le suit totalement indire de Jason Retman. À voir sans faute. Nous on se retrouve bien sûr demain 20h05.
Tchus. [musique]
Agnès Pannier-Runacher