Antisémitisme : la charge d'Aurore Bergé contre La France insoumise
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Madame la première ministre, ministre d'État, cher Ellisabeth Borne, mesdames les députés chers Carolinead, cher Constance le Griff, monsieur le délégué interministériel cher Mathias H, madame monsieur pilote des groupes de travail Marianne Matarbon Richard Sangor. Mesdames et messieurs et membres des groupes de travail, représentant de culte, magistrats, avocats, représentants d'association de fondation, directeur d'établissement, chercheurs, enseignants. Mesdames et messieurs, je veux saluer évidemment le travail remarquable des deux groupes de travail ainsi que l'engagement de toutes celles et ceux qui ont contribué à ces assis.
Ce que vous nous avez livré ce matin, c'est un appel à la responsabilité. Le 7 octobre 2023, 50 français ont été assassinés parmi plus de 1200 hommes, femmes et enfants dans les attentats terroristes perpétrés par le Hamas en Israël. Le président de la République l'a dit avec clarté : "Ce fut le plus grand massacre antisémite de notre siècle.
Toutes les démocraties ont eu à affronter un regard massif d'antisémitisme et la France n'a pas été épargnée. Ce qui se dresse devant nous, ce n'est pas une vague, c'est une lame de fou. Ce qui nous menace, ce n'est pas une convulsion, c'est un risque de réenracinement profond et durable.
Il y a l'antisémitisme qui frappe, celui qui tague, qui insulte, qui crache, qui attaque, qui incendie, qui blesse, qui viole, qui tue. Il y a aussi l'antisémitisme d'atmosphère, celui qui s'installe au quotidien, qui invite à ne pas faire de vagues, qui impose aux victimes de le silence et de disparaître. L'antisémitisme enferme nos concitoyens juifs dans des sentiments de peur, de solitude et d'abandon.
Et face à lui, il n'y a pas d'ambiguïté possible. L'antisémitisme ne se débat pas, il ne se comprend pas, il se combat. La réponse de la République est donc un refus en bloc total absolu et elle doit s'incarner concrètement à travers trois boussoles claires.
La fidélité absolue à nos principes et nos valeurs universalistes, la lucidité face à toutes les formes de haine antijuive et la transmission comme rempart durable contre l'air. Trois boussoles pour tenir dans la tempête. Universalisme.
D'abord, l'esprit de ce rapport est résolument universaliste et profondément républicain. Et ce choix fait sens car le débat existe. Faudrait-il découper en tranche la lutte contre les haine ?
Faudrait-il déléguer un monopole de la lutte antiraciste à un tel, de la lutte contre l'antisémitisme à un autre ? Je ne crois pas. Je suis même convaincu du contraire.
Dans un moment une histoire où tant de force nous pousse à nous séparer, nous fragmenter et nous opposer, rien ne serait pire que d'accréditer l'idée d'une compétition entre les luttes et entre les victimes. Ce serait un aveu d'échec et une source de grands dangers. La République lutte contre toutes les haines puissamment et en même temps.
Elle ne reconnaît aucune communauté puisqu'elle n'en connaît qu'une seule, la communauté nationale au sein de laquelle chacun de nos compatriotes doit pouvoir vivre l'identité qu'il choisit ou non de se donner. Car ce que nous défondons, c'est une idée exigeante de la France, celle de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, celle de la loi de 1905 qui établit la laïcité comme le socle garant de la liberté de conscience et de l'égalité de tous devant la loi. Lutter contre l'antisémitisme, c'est défendre la liberté de vivre dans tous les territoires de la République, d'être reconnu, d'être protégé sans peur pour soi, pour ses enfants, pour ceux qu'on aime.
C'est défendre l'égalité de tous nos concitoyens dans leur dignité et dans leur droit. dans leur mémoire et dans leur histoire, c'est défendre la fraternité, cette responsabilité collective qui nous relie, qui nous oblige, qui affirme que la haine de l'autre est toujours la défaite de tous. Et c'est défendre la laïcité non comme une interdiction, mais comme une protection, un bouclier commun, une liberté, un espace où chacun peut croire ou ne pas croire sans jamais avoir à se justifier.
Et c'est pourquoi aucune forme de haine ne peut être tolérée. Je veux rendre ici hommage à Abouakar C assassiné la semaine dernière dans une mosquée lieu de prière. L'effroid est immense et l'émotion totale.
À sa famille, à ses proches, à nos compatriotes musulmans, la nation toute entière adresse son soutien, sa peine et sa solidarité. qu'elle prenne la forme de la haine antimusulmane, de la haine antijuive ou antichrétienne. Les haines antireligieuses, comme toutes les formes de haine n'auront jamais leur place en France.
La réponse de notre République est claire et elle tient en un mot : l'intransigence. Intransigence contre toutes les formes de haine. Intransigence sans exception, intransigence sans hiérarchie.
Car chaque fois qu'en France on est ciblé pour son identité réelle ou supposée, son nom, son apparence, c'est toute la République qui va et nous ne laisserons pas la République vaciller. Parce qu'être républicain, c'est être acteur, c'est refuser l'indifférence, ce poison qui gangraine notre société et permet aux injustices de prospérer. C'est s'engager clairement et sans ambiguïé pour défendre notre démocratie et en réaffirmer ses valeurs.
Car si nous cédons à l'essentialisation, si nous cédons au piège du repris, si nous laissons s'installer l'idée que celui qui souffre est légitime à se battre seul alors que nous avons déjà alors nous avons déjà cédé quelque chose de fondamental, le sens même de notre République. Depuis quand faut-il être juive pour dénoncer l'antisémitisme ? Depuis quand faut-il être victime pour avoir à s'indigner ?
Depuis quand faut-il être soi-même concerné pour vouloir agir ? La lutte contre la haine, c'est bien un combat universel et rappelez cela, c'est notre première boussole. Notre deuxième boussole, c'est la lucidité.
C'est regarder le réel en face. Et voilà le deuxième grand mérite de ce rapport. Il dit les choses scientifiquement, sereinement.
Il pose des chiffres et des mots sur le réel. Et le réel, ce sont d'abord des chiffres alarmants. 1570 actes antisémites recensés en 2024 dont 2/ tiers sont les attentes aux personnes. 62 % des actes antireligieux concentrés sur moins de 1 % de la population française, les Français juifs.
La maison brûle et nous ne regarderons pas ailleurs. Et chacun connaît ici la grande vigilance de Bruno Rotaillot à la tête du ministère de l'intérieur. Le réel, c'est la prévalence d'un antisémitisme d'extrême droite et l'explosion d'un antisémitisme d'extrême gauche selon une courbe en U que vous décrivez avec beaucoup de pertinence.
Le réel est une fracture générationnelle qui risque de devenir un fossé si nous ne nous dressons pas. Le réel, ce sont les ravages du complotisme et la caisse de résonance que lui offrent les réseaux sociaux faisant de la lutte contre la haine en ligne une exigence de notre siècle. Le réel, c'est à risque d'un alliat scolaire à l'œuvre depuis plusieurs décennies déjà. de même qu'un alli territorial qui voit les juifs quitter certains quartiers pour en préférer d'autres plus sûr au fond le réel c'est cette capacité redoutable de l'antisémitisme.
Il mute il s'adapte il épouse les codes de son époque. Aujourd'hui, il prend le plus souvent la forme de l'antitionnisme de la haine des complexés d'Israël. Seul état au monde visé par une telle obsession.
Critiquer la politique d'un gouvernement est un droit absolu. Personne ici ne le remet en cause. Mais diaboliser, essentialiser nos compatriotes juifs en les rendant coupable par procuration.
Un conflit se sit à 4000 km de là, c'est leur planter une cible dans le dos. Et cela, il faut le dire clairement, ça suffit. L'antisémitisme d'aujourd'hui ne se cache plus.
Il parade même, il s'exprime, il se revendique, il cherche à se rendre fréquentable, légitime, cool. Mais l'ine n'est jamais cool. Et je vais le dire très clairement, la responsabilité historique de l'extrême gauche dans le réharcinement de l'antisémitisme est écrasante, accablante.
Je l'ai dit, je le répète et je l'assume. Depuis le 7 octobre 2023, cette responsabilité tient en trois lettres : LF I. Un parti politique qui a fait de la haine d'Israël non pas un dérapage mais bien une stratégie électorale.
Les parlementaires de la nation s'improvisent géopoliticien appellent à je ne sais quelle libération du fleuve à la mer mais qui au fond ne connaissent du Jourdain que la station de la ligne 11 du métro parisien. Des élus de la République qui ont choisi la compromission avec l'islamisme politique, culturel, identitaire. En 2025, il n'y a pas de combat contre l'antisémitisme sans combat contre l'islamisme qui porte la haine du juif dans son code génétique.
Cela aussi, il faut le nommer. Le courage, ce n'est pas le vacarme. Le courage, c'est dire les choses calmement, lucidement, fermement.
Ce n'est pas stigmatisé une religion qui a autant de place que les autres dans notre République, ni plus ni moins. C'est nommé une idéologie. Et une idéologie, elle n'a pas de droit.
Oui, l'antisionisme est devenu le cheval de 3 de l'antisémitisme. C'est pourquoi vos travaux sont si précieux. Proposez notamment la création d'un nouveau délit relatif à la provocation, à la destruction ou à la négation d'un état internationalement reconnu comme le prévoit la proposition loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme portée par Caroline Yad.
Je soutiens cette proposition. Vous recommander par la voix d'une circulaire générale de politique pénale de reprendre la définition de l'antisémitisme adopté par l'alliance internationale pour la mémoire de l'holocaustera et plus encore de s'inspirer des exemples qui l'accompagnent. J'y suis favorable pleinement parce que cette définition permet de traquer la haine là où elle se cache, dans les ambiguités de langage, dans les insinuations, dans les discours pseudopolitiques.
Chaque acte, chaque insulte, chaque menace, chaque haine camouflée doit être identifiée, caractérisée, reconnue et sanctionné implacablement. Aujourd'hui, des contenus antisémites ou racistes circulent librement sur des sites hébergés à l'étranger, sous couvert d'anonymat, d'opacité ou de frontières numérique. La France ne peut pas devenir un marché libre pour la haine importée.
Je suis donc favorable à ce que les responsables de ces organes de presse ou plateformes numériques, même étranger, puissent être poursuivis. Vous posez également le débat de la loi de 1881. Cette question de la sortie des cinq in affractions à caractère raciste et antisémie du droit de la presse pour les intégrer dans le droit pénal général, je le sais, ne fait pas consensus.
Mais ce n'est pas le consensus que je recherche, mais l'efficacité face au fléo sous nos yeux. Alors pour ma part, je ne doute pas qu'il y aura du débat y compris au sein du gouvernement qui suis extrêmement favorable. Notre arsenal doit évoluer en 2025.
Qui peut comprendre que l'on traite des propos racistes et antisémites comme des opinions en lieu et place de délit ? Enfin, il n'y a pas de lutte durable contre l'antisémitisme sans transmission et ce doit être notre troisème bousseur. Transmettre, c'est armer l'esprit contre les falsifications, contre les manipulations, contre la haine qui avance masclé.
C'est donné à chaque enfant de France les repères nécessaires pour comprendre, pour décrypter, pour résister. Et l'éducation oui est notre première ligne de défense, mais aujourd'hui le risque est grand que ce pilier vacile. Le constat est clair.
Nos enfants sont à la fois victimes et auteurs. Victime de l'ignorance, de la banalisation et des reprises identitaires. Auteur aussi par mimétisme, par provocation, sous l'influence d'un climat numérique qui préfère le clash à la nuance.
Ce faossé générationnel, c'est un fait et ce serait une erreur majeure de le taire ou de le minimiser. Mais ce n'est pas une fatalité et je refuse l'idée d'une génération qui se serait perdue par principe. Pour cela, il faut lui parler, il faut lui transmettre.
C'est pourquoi lutter contre l'antisémitisme est une mission éducative avant tout. Ce n'est pas seulement sanctionner les actes, c'est prévenir les dérives avant qu'elles ne s'enracine. C'est enseigner à distinguer la vérité historique du mensonge numérique.
C'est replacer nos valeurs comme des remparts vivants, pas des slogans vives. C'est le temps des professeurs. Et pour cela, nous devons plus que jamais, comme le fait Ellisabeth Borne avec beaucoup de force et beaucoup de courage, soutenir et accompagner nos enseignants et l'ensemble des professionnels de l'éducation nationale et de l'enseignement supérieur.
Nous avons aussi la nécessité de leur donner des outils adéquats. À ce titre, vous avez formulé de nombreuses propositions en matière de formation initiale et continue que j'accueille très loin probablement. Je pense par exemple à cette proposition d'inclure dans les concours de recrutement des enseignants des épreuves spécifiques sur la lutte contre l'antisémitisme et tous les racismes, car l'éducation contre les haines est au cœur de la mission de l'école.
Je pense également à cette idée forte, la création d'un Institut national de formation et de recherche sur le racisme et l'antisémitisme avec des postes dédiés comme cela existe déjà au Royaume-Uni ou en Allemagne. La France ne peut pas rester en retrait. Aujourd'hui, les rares recherches existantes reposent trop souvent sur la seule énergie de personnes engagées, passionnées mais isolées.
Nous devons assumer pleinement ce devoir de connaissance, de veille et d'analyse. Mais la bataille de la transmission ne se limite pas à l'école. Elle se mène aussi et évidemment dans l'enseignement supérieur.
L'université devrait être d'abord le lieu du débat et de la nuance, de la confrontation d'idées, de la liberté intellectuelle. Jamais celui de l'intimidation et de la peur. Ce climat n'est pas une opinion, c'est une menace et nous devons y faire face.
Je dois dire que les images de cet enseignant de Lyon I menacé dans son amphithéâtre sont absolument insoutenables. Elles disent tout de ce nouvel antisémitisme qui intimide, qui censure, qui pourchasse pas seulement les juifs, mais tous ceux qui en républicain refusent de se soumettre aux narratifs idéologiques de nouveaux ancissémites. Je veux dire ici tout notre soutien à Fabrice Balanche, la place de l'État est toujours au côté des enseignants qui transmettent, pas des individus encagoulés qui les menacent.
Car oui, dans la France de 2025, des agents publics sont menacés, insultés, attaqués pour ce qu'ils incarnent, l'État et pour ce qu'ils exerce la misère service public. C'est pourquoi je soutiens pleinement votre proposition de permettre à l'administration de déposer plainte en lieu et place de l'agent lorsqu'il est victime d'une agression raciste ou antiséménite. De la même manière, et je le dis avec force, la protection fonctionnelle ne peut plus être une faveur discrétionnelle.
Elle doit devenir un droit clair, automatique, obligatoire. On ne laisse pas seul ceux qui enseignent, ceux qui protègent, qui soignent, qui rendent justice. Enfin, il nous faut le dire avec lucidité et vous l'avez fait.
Le devoir de mémoire malheureusement ne suffit plus. Il demeure essentiel mais il ne suffit plus à lui seul pour parler à des générations qui ne seront plus en contact avec les témoins directs de la choa. Il ne suffit plus face à ceux qui instrumentalisent la choa pour en relativiser la portée.
Il ne suffit plus face au récit concurrent qui incarne le soupçon, la confusion, le brouillage. Le devoir de mémoire est indispensable mais il doit se doubler d'un devoir de compréhension, d'un devoir de vigilance, d'un devoir d'intelligence en élevant les consciences et en posant des repères. En cela, la transmission est essentielle et c'est aussi notre responsabilité.
Mesdames et messieurs, l'heure aujourd'hui est à la décision, à l'action et à la fermeté et le gouvernement sera au rendez-vous. Nous allons former pour éclairer. Nous allons transmettre pour armer les consciences.
Nous allons sanctionner pour protéger. Nous allons soutenir pour ne laisser aucun citoyen seul face à la haine et surtout nous allons tenir tenir notre ligne, tenir notre parole, tenir la République. Oui, nous pouvons gagner le combat contre l'antisémitisme si notre nation toute entière se réveille.
Si notre nation comprend que ce combat n'est pas celui des justes, pardon, n'est pas celui des lui seul, mais celui des justes de tous ceux qui refusent que la haine gagne et que la République se couche parce qu'il est minuit moins le quart mais quand il est moins quart, il n'est toujours pas trop tard. Alors, il faut le faire et le faire maintenant. Je vous remercie.
Aurore Bergé