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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 10 novembre 2022 5 minAutoproduitFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & international

Nucléaire dans le plan de relance européen : amendement adopté ! Malgré l'opposition Verts-LREM

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:39Invité politiqueFait
    « Le nucléaire n'était inclus que par un angle très restreint, qui était celui de la production d'hydrogène. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « Le nucléaire est la production d'électricité la plus décarbonée qui soit, plus décarbonée que l'éolien ou le solaire qui, en plus, n'a pas besoin, comme eux, du gaz ou du charbon comme énergie de complément. »
  • 4:44Invité politiqueFait
    « Si nous voulons faire baisser les prix, il ne faut pas seulement continuer notre débat nécessaire sur les règles du marché européen, mais il faut aussi relancer la production par tous les moyens possibles. »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy100 %

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François-Xavier Bellamy

Bonjour à tous, très heureux de partager avec vous une très bonne nouvelle. Nous terminons notre session plénière à Bruxelles, en format réduit, et nous avons pu faire adopter aujourd'hui, un amendement dont je vous avais déjà parlé, pour favoriser le développement, la reconstruction de la filière nucléaire en France, et dans d'autres pays européens.

À l'occasion du plan Repower EU, qui a été mis en œuvre par la Commission, pour mobiliser plus de 210 milliards d'euros, pour pouvoir augmenter les capacités de production d'énergie en Europe, j'avais déposé, dans la commission ITRE, la commission dont je suis membre, qui s'occupe des questions d'industrie et d'énergie, cet amendement qui voulait inclure la filière nucléaire dans ses financements possibles. Le nucléaire n'était inclus que par un angle très restreint, qui était celui de la production d'hydrogène. Et c'est seulement à cette condition-là qu'il était possible de mobiliser des fonds pour pouvoir financer le développement du nucléaire.

Mais nous avons besoin du nucléaire, pas seulement pour produire de l'hydrogène. Nous en avons surtout besoin, c'est son usage majeur, pour produire de l'électricité.

Et dans un moment où l'électricité manque, et où elle va manquer longtemps sur le continent européen, à cause des défauts d'investissements, à cause des erreurs politiques qui ont été commises au cours des dernières années, il est absolument fondamental que nous puissions faire de l'électricité, avec tous les moyens possibles, en particulier avec cette filière qui garantit une production décarbonée, une production pilotable et une production maîtrisée ; qui garantit aussi, évidemment, notre indépendance et donc notre souveraineté. Aujourd'hui, cet amendement a été adopté en plénière. Le chemin aura été long.

Il aura fallu plusieurs mois de travail, et les dernières semaines ont été particulièrement intenses, parce que cet amendement, qui avait été adopté dans la commission dont je suis membre, avait été rejeté par d'autres commissions parlementaires. Il a fallu tenter de convaincre, de trouver des alliés et de réussir à créer une coalition autour de ce, de ce point politique majeur. Et désormais, c'est acquis, c'est gagné. Et je crois que ce sera un vrai atout, bien sûr pour l'Europe, un vrai atout pour le climat, mais aussi un vrai atout pour la France, de pouvoir compter sur ces financements pour pouvoir accompagner la reconstruction de nos capacités de production nucléaire.

Je termine en disant que, malheureusement, ce résultat s'accompagne aussi du constat que nous faisons désormais de manière récurrente : alors que le nucléaire est la production d'électricité la plus décarbonée qui soit, plus décarbonée que l'éolien ou le solaire qui, en plus, n'a pas besoin, comme eux, du gaz ou du charbon comme énergie de complément. Alors que le nucléaire doit faire partie - c'est ce que le GIEC lui même dit - des solutions pour le climat, les Verts ont voté contre notre amendement, et non seulement ont voté contre notre amendement, mais avait fait de cet amendement un vote "clé" !

Parce que cet amendement a été adopté, ils ont décidé de voter contre Repower EU dans son ensemble ! C'est là qu'on voit encore une fois les limites d'une idéologie qui, malheureusement, ne cherche pas réellement à préserver la planète, mais qui cherche d'abord à détruire nos capacités de produire, à détruire nos capacités de retrouver la prospérité dont notre continent a besoin. Et puis, malheureusement, il y aura eu une étrange coalition autour de cet amendement, puisque nos collègues de la République en Marche ont également massivement décidé de s'y opposer.

Il aura fallu donc que notre amendement pour défendre le nucléaire, cette source de production bas carbone, soit soutenu par la totalité de notre groupe, le PPE, ce dont je suis très heureux. Une immense majorité de notre groupe a soutenu notre projet, mais aussi une grande partie des socialistes, une partie des groupes qui sont à notre droite, contre cette étrange opposition qui associe les Verts, l'extrême gauche, et puis les députés de la majorité présidentielle en France. Voilà, chers amis, heureux de vous dire que le travail que nous menons porte des résultats.

Il arrive souvent de se plaindre, et de s'indigner de ce que la politique européenne ne va pas toujours dans la bonne direction. Et nous avons raison parfois d'être en colère contre certaines injustices, contre certains manquements, qui sont parfois incroyablement graves dans leurs conséquences. Nous sommes aujourd'hui à la veille d'une crise majeure, car cette crise de l'électricité, cette crise de l'énergie, elle n'a pas encore vraiment commencé sur notre continent. Elle va évidemment accompagner notre hiver, mais surtout l'hiver prochain et ceux qui suivront. Et nous voyons déjà, aujourd'hui, l'explosion des factures d'électricité pour les communes.

Je citais en plénière hier le cas de Neuilly-sur-Marne, dont le maire Zartoshte Bakhtiari a vu les factures d'électricité être multipliées par 32. Elle touche évidemment les entreprises, qui aujourd'hui réfléchissent de plus en plus à délocaliser ou à arrêter leur production. Et je vois remonter de toutes parts des messages d'alerte de PME, de TPE, d'artisans, de commerçants, mais aussi de grands groupes industriels qui craignent de ne pas pouvoir continuer à produire en France, à produire en Europe.

Si nous voulons faire baisser les prix, il ne faut pas seulement continuer notre débat nécessaire sur les règles du marché européen, mais il faut aussi relancer la production par tous les moyens possibles, et en particulier cette production décarbonée qui nous rend notre souveraineté, celle qui passe par la filière nucléaire. Et c'est une belle bataille gagnée aujourd'hui en ce sens. J'espère que nous pourrons continuer de vous annoncer de bonnes nouvelles. Nous travaillons sur bien d'autres textes aujourd'hui, autour de ces questions d'industrie et d'énergie qui sont cruciales pour notre avenir. Merci encore, à très bientôt.