Mesures sanitaires, vaccination, célébration de la mort de Napoléon... Le "8h30 franceinfo" d'Alexis Corbière
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8.30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Jean-Jérôme Bertolus, chef du service politique de France Info. Bonjour Jean-Jérôme. Bonjour, bonjour à tous. Notre invité et député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis, bonjour Alexis Corbière. Bonjour, bonjour à tous. Merci d'être sur France Info ce matin. Plus d'attestations dans le cadre des nouvelles règles de confinement, si on peut le dire comme ça, mais un justificatif de domicile. Alors finalement, ça s'est fait très rapidement. L'exécutif a changé de formule hier. C'est un retour à la raison, au bon sens.
Quelle complexité. Franchement, Castex égale complexe. On avait du mal à y croire. C'est presque drôle. Moi, peut-être ai-je moins de capacité que l'ensemble des citoyens, mais la conférence de presse que j'ai écoutée l'autre soir, sur le coup, je n'ai pas bien compris. Et après avoir bavardé un peu autour de moi, beaucoup de gens n'y comprenaient trop rien. Alors, sur l'histoire des déplacements, on a vu, on a le droit à 1 km, 10 km, 30 km, avec son chien, pas son chien, etc. Enfin, tout ça est d'une complexité absolue. On ne comprend pas très bien. On ne sait pas très bien ce qui a changé. Certains commerces ont fermé, mais là encore, la liste des commerces qui devaient fermer a évolué.
On avait évoqué les coiffeurs qui fermaient. Finalement, ils ouvrent. Bon, et il y a aussi le sentiment général qu'on nous annonce que la situation est grave, et elle l'est. Je peux en témoigner de ce que je vois, moi, en Saint-Saint-Denis. On va en parler. Qu'il faut prendre des mesures, mais en gros, il faut quand même continuer à aller travailler. Beaucoup de gens autour de moi, moi, qui suis dans un département populaire, ceux qui travaillent, qui font la manutention sur les chantiers, ça continue comme avant.
Cette philosophie-là, vous la comprenez ou pas ? La quelle ? Essayez de freiner l'épidémie sans enfermer, sans confiner strictement.
Non, mais il faut casser la circulation du virus. Il y avait le testé, tracé, isolé dont on avait parlé. Mais moi, je vais vous dire, je ne connais personne qui a eu le Covid à qui on a proposé un isolement. Quand vous avez, comme chez moi, des gens qui ont une surpopulation dans les logements, c'est le cas dans les quartiers populaires, on devrait proposer, je suis aussi, moi, porte de Bagné, où il y a beaucoup d'hôtels qui travaillent peu actuellement, pour réquisitionner des hôtels, pour proposer à des gens, ce qu'ils doivent être mis, ce qu'on appelle une quarantaine, les 12-14 jours, éventuellement, d'être mis dans un endroit où ils pourraient sortir du milieu familial.
Oui, mais dans l'immédiat, dans l'immédiat, qu'est-ce qu'il fallait faire ? Parce que c'est vrai que le gouvernement tente, on va dire, un confinement, une troisième voie, quoi. C'est-à-dire prendre des mesures sanitaires tout en laissant respirer les gens, parce que les gens en ont marre, c'est ce que constate le gouvernement. Donc, qu'est-ce qu'il aurait fallu faire ? Ne rien faire ?
Non, je ne dis pas qu'il ne faut rien faire. Il faut, genre là, la politique de vaccination, déjà, plus de vaccins. Non, mais c'est le fond du problème. Si l'on dit, deuxièmement, pourquoi en sommes-nous là ? C'est qu'encore et toujours, je sais que ça n'est pas la seule solution, mais nos capacités d'accueil à l'hôpital public n'ont pas été augmentées depuis un an. Faut-il répéter à ce micro qu'il y a 7400 lits qui ont été supprimés depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé en responsabilité ? Ça, ce sera après, non ? Non, mais ça fait un an que ça dure et quand je dis ça, on me dit c'est après, machin. Je veux être concret.
À Bondy, ville de Saint-Saint-Denis, on est en train de fermer l'hôpital Jean-Verdier. Les urgentistes nous disent, si on ne ferme pas, il y a 50 lits qui peuvent être réouverts de réanimation. Ne fermons pas cet hôpital. De la même façon qu'il y a un hôpital à Paris, l'Hôtel-Dieu, qui est en situation d'être fermé aussi. Mais là, vous dites quoi ? En urgence, il faut rajouter des lits dans les hôpitaux ? Attendez, moi, je ne me prends pas pour l'organisateur. Je n'ai pas tous les éléments. Ce que je veux dire, c'est que je suis prêt à faire confiance. Mais beaucoup de gens sont lassés parce que ça fait un an que ça dure et que chaque fois, on ne sait pas quel est le plan général.
Alors, moi, je dis à tout le monde à ce micro, soyez prudents, évidemment. Ce n'est pas la question. Il faut respecter les mesures qui sont... Les gestes barrières. Les gestes barrières, les personnes âgées. Il faut évidemment se vacciner. Mais quand ça fait deux mois qu'on dit aux personnes âgées de se vacciner. Et que les prises de rendez-vous sont extrêmement longues. On va en parler peut-être, M. Bertolus. Que j'habite une ville. Moi, dans ma circonscription, deux villes. Montreuil, Bagnolet. Bagnolet, 35 000 habitants. Il n'y a pas de centre de vaccination. Il y a 40 villes de... Vous voulez qu'on en parle maintenant, peut-être ?
Non, non, non. Je voudrais, justement, par rapport à ce plan de vaccination, Emmanuel Macron, effectivement, le 29 janvier dernier, contre l'avis d'une bonne partie du corps médical, des experts, avait dit « On ne reconfine pas ». À la grande surprise, également, d'une partie de la classe politique. Vous trouvez qu'il a, finalement, raté son pari par rapport aux annonces d'hier ou par rapport au rythme du plan vaccinal ?
Moi, je crois qu'il a raté son pari. Je crois que tout le monde le constate. Parce qu'il était même question, à l'époque, que vers le mois d'avril, ça irait mieux, avait-on dit. Et on approche du mois d'avril, et ça ne va pas mieux. Alors, qu'est-ce que c'est qui n'a pas marché ? Beaucoup de choses, je viens de le dire, notamment...
Mais le gouvernement, il maintient l'objectif des 10 millions de Français vaccinés mi-avril, les 10 millions de Français les plus fragiles.
On verra. On en est à 5 millions. Moi, je vais prendre un pays que je connais parce que ma belle famille habite, le Chili. 10 millions d'habitants, 66 millions en France. Ils sont, eux aussi, à 5 millions de vaccination. Et laissez-moi vous dire que le Chili n'a pas notre infrastructure de service public. C'est un pays terrible, très inégalitaire.
Donc, on est très mauvais sur la stratégie vaccinale.
On n'est pas bon. Mes beaux-parents ont été vaccinés. Ils habitent en Amérique du Sud, deux mois avant. Mes propres parents qui habitent une ville de France en province. Et comment vous l'expliquez ?
La Seine-Saint-Denis, la petite particularité, vous êtes député de la Seine-Saint-Denis. Je le rappelle, la Seine-Saint-Denis, le département le plus peuplé de France, le plus jeune également aussi, et la lanterne rouge en matière de vaccination. Comment vous l'expliquez ?
Alors, on me répond. Bon, ben oui, c'est normal, M. Corbien, parce que comme vous êtes plus jeune, il faut moins vacciner. Bon, dont acte. Sauf qu'on est aussi le département où il y a le taux de mortalité le plus important. Le département le plus touché par le virus. Donc, il ne faut pas seulement avoir le critère, selon moi, de l'âge des habitants, mais aussi tenir compte du fait que, parce que les habitants de mon département sont aussi ses premiers deux corvées, ceux qui vont travailler, ceux qui se déplacent le plus, il faut en tenir compte. Jusque-là, rien n'avait été fait, il n'y avait pas cette dose. À tel point qu'au mois de janvier, M.
le préfet de Seine-Saint-Denis me contactait comme député en me disant, j'aurais reparlé de ma circonscription, il va y avoir, M. Corbière, trois centres de vaccination. Quatre jours après, on me dit, il n'y en a plus qu'un. D'accord ? Un seul centre de vaccination. Donc, il y a des choses qui ont dysfonctionné, manifestement, par rapport à une faiblesse d'une nombre de doses qui étaient annoncées, qui n'ont pas eu lieu, donc il n'y a pas assez de doses de vaccins. Je reprends l'exemple de tout à l'heure. Le bilan, c'est 40 villes de Seine-Saint-Denis, il n'y en a que 21 qui ont un centre de vaccination. J'entends dire qu'on va utiliser le Stade de France comme un centre de vaccination.
D'ici quelques jours, comme un grand vaccinodrome. Alors, c'est spectaculaire, vive, mais moi, ça ne règle pas mon problème, qu'à l'heure actuelle, les gens qui habitent, pour ceux qui nous écoutent de toute la France, peut-être qu'ils ne voient pas le département, mais la partie où je suis allée en Seine-Saint-Denis, c'est beaucoup plus compliqué que d'aller à Paris ou ailleurs. Donc, et surtout, ça ne règle pas les centres de vaccination de proximité. Quelqu'un de 80 ans, il ne va pas se balader, aller au Stade de France, qu'il met une heure, une heure et demie pour pouvoir y aller quand on habite chez moi.
Bref, j'ai peur qu'il y ait un affichage avec cette histoire, pas une réelle augmentation du nombre de doses. Et le problème du nombre de doses, me semble-t-il, c'est aussi, sans doute, que les choix qui ont été faits, mais ça c'est au niveau européen, d'achat en masse de vaccins, ça a dysfonctionné. Il y a certains vaccins qu'on n'est pas allés... On va y revenir.
On va en parler et on va y revenir. Dans une seconde, Alexis Corbière, juste après le fil info, parce qu'il est 9h moins 20. Voici Olivia Chandiau.
Le mari de Magali Blandin, mis en examen pour meurtre sur conjoint, cet homme de 45 ans a reconnu avoir tué son épouse, disparu depuis un mois et dont le corps a été retrouvé hier près de Rennes. Il est placé en détention provisoire. Le couac autour de l'attestation de sortie pour les zones confinées, elle a finalement été supprimée, a annoncé Matignon, pour toute sortie dans un rayon de 10 km autour du domicile. Un justificatif et une pièce d'identité suffisent. Après 11 ans sans remporter le tournoi des 6 nations, voilà le 15 de France, toujours dans la course au titre, grâce à sa victoire hier face au Pays de Galles. Victoire sur le fil, 32 à 30, grâce à un essai marqué à la 82e minute.
Et pour remporter le tournoi, il faudra tout donner contre l'Ecosse vendredi prochain et s'imposer avec 21 points d'écart et le bonus offensif. Et puis, en Ligue 1, le numéro 2 et le numéro 3 du championnat s'affrontent ce soir. L'Olympique lyonnais reçoit le Paris Saint-Germain à 21h en clôture de la 30e journée.
C'est Alexis Corbière qui est l'invité du 8.30 France Info ce matin, député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. On parlait de la compagne de vaccination en France, des problèmes d'approvisionnement en vaccins. Est-ce que d'après vous, ça c'est une responsabilité française, européenne peut-être, vous l'évoquiez à l'instant, ou des laboratoires eux-mêmes ?
C'est l'étroi en général. C'est-à-dire que M. le Président de la République était rentré dans la discussion avec des phrases qui plaisaient à mes oreilles. Il faut sortir les vaccins du marché et en faire un bien commun mondial. Pardon, vous disiez ? Un bien commun. Voilà, un bien commun. Moi, ça me parle. Je crois que tout le monde s'accorde à dire, quelle que soit la manière dont on veut organiser la société, qu'il y a des choses, peut-être, à un moment donné, qu'il faut extraire des règles du profit. Et notamment, quand certains ont inventé un vaccin, bravo à eux, que la recherche a permis cela, eh bien, ça ne doit pas être quelque chose qui devient une marchandise.
Et pourtant, c'est le cas. À tel point que, je voyais quelques chiffres, il y en a d'autres qui peuvent être parlants, mais aujourd'hui, les 13% de la population mondiale qui vit dans les pays les plus riches consomment 51% des vaccins. Et que vous avez des pays, selon la richesse du pays, qui quasiment n'ont aucun vaccin. Je crois que c'était même la présidence de l'OMS qui s'est indigné qu'il y a un des pays les moins favorisés. Il y a 25 doses seulement pour tout le pays.
Donc vous dites que les brevets devraient être gratuits, c'est ça ? C'est ça. À disposition de tous.
Écoutez-moi bien, j'espère que personne ne va être effrayé, mais ça s'appelle une licence libre. Ça existe. Depuis 1925, dans le droit international, c'est possible dans certaines conditions. Et ça a eu été évoqué à l'époque de la circulation du VIH. Ça avait permis, les États-Unis avaient menacé certaines firmes qui, du coup, avaient fait baisser les prix. On peut le faire, sauf que l'OMS se réunit, les instances internationales se réunissent. Et alors, ça permettrait quoi ? Que l'on produise plus de vaccins en France, tout de même. Peut-être, mais il y a aussi des problèmes de concurrence. Mais moi, je veux dire...
Non, mais ce que je veux dire, c'est que ces grands groupes qui ont inventé le vaccin souvent ont bénéficié de financements publics. La Commission européenne a donné 2 milliards d'euros.
On va vous dire oui, vous leur prenez leur brevet, mais la prochaine fois, ils ne travailleront plus avec vous.
C'est ce que répond le gouvernement. Non, alors déjà, nous, moi, je ne suis pas pour tout le temps piquer les brevets, mais là, on vit quelque chose quand même qui est une pandémie qu'on a rarement vue. On est de la même génération les uns les autres. Depuis la Seconde Guerre mondiale, on n'a jamais vécu une chose pareille. 100 000 morts, c'est ça ? Enfin, pardon, beaucoup plus que ça. Aujourd'hui, à travers le monde, évidemment. Plus de 90 000 en France. Voilà. Donc, on est 90 000 en France et plusieurs millions à travers la planète.
Donc, on peut imaginer qu'à ce moment-là, pour que le monde de demain ne soit pas le même monde que l'aujourd'hui, que personne ne s'enrichisse sur le dos du Covid.
C'est un débat qui a eu lieu depuis plusieurs semaines. Oui, et il ne donne rien.
Et notamment à l'occasion d'une réunion. Dans l'immédiat, qu'est-ce que vous dites par rapport à la France et l'Allemagne ? Non, mais j'aimerais terminer cet argument parce que M. Véran a manqué de bonne foi. Et c'est mon ami François Ruffin, à mes côtés, à l'Assemblée nationale, qui a interpellé le gouvernement. Qu'a fait la France dernièrement à l'occasion d'une réunion de l'Organisation mondiale du commerce ? Est-ce que la France est montée au créneau pour qu'éventuellement, il y ait cette licence libre sur le vaccin ? Non, la France a fait l'inverse. D'accord ? Elle n'a pas accompagné les pays qui demandaient cela. C'est un problème. Et ça révèle un peu la double parole présidentielle.
Et ça participe à ce sentiment général, on en revient par notre discussion, que les gens en ont assez. On ne comprend pas où ça va. On a un flot de paroles par moments.
Est-ce qu'il fallait suspendre l'AstraZeneca pendant quelques jours ? Qui t'a créé une défiance vis-à-vis de ce vaccin ?
Ou un surcroît de défiance ? M. Bertolus, moi je ne peux pas m'opposer au principe de précaution. Bon, après c'est un peu bizarre comme ça a eu lieu. C'est-à-dire que finalement la France, certains pays commençaient à avoir des doutes, la France ne lâchait pas. Puis quand Mme Merkel et l'Allemagne a pris position, dans l'heure qui a suivi, on a emboîté le pas à l'Allemagne. Bon, moi surtout, ce que je pense, c'est que, bon, je fais confiance à la science, je ne suis pas un obscurantiste, j'invite ceux qui...
Et c'était du ressort de l'Europe ? Ou c'était du ressort de la France ? Sous-entendu, finalement, on attend une expertise de l'Europe. On n'aurait pas pu la voir en France, cette expertise ?
Ben là, de toute façon, c'est la France, finalement, qui a pris position. Il n'y a pas eu de réponse coordonnée par rapport à ça. Ça doit nous amener à quelle conclusion qu'il est bon, qu'il y ait un portefeuille de vaccins le plus large possible, qu'il ne faut pas faire d'idéologie par rapport à ça. Nous, quand on met dans le débat certains vaccins de certains pays, on rit en disant, c'est parce que vous avez des amitiés avec ces gouvernants, ce qui n'est vraiment pas le cas. Mais les Russes ont fait un vaccin, les Chinois ont fait un vaccin. J'évoquais mes beaux-parents qui viennent d'Amérique latine. C'est Sinovac qui les a vaccinés.
Il faut que la France achète, par exemple, du Spoutnik. En tant que l'Amérique, elle l'a laissé. En tant que l'Allemagne pourrait acheter.
Oui, mais pourquoi pas ? Ben, vous voyez, c'est le paradoxe. C'est que c'est les libéraux allemands qui ont l'air d'être moins idéologiques, idéologues que ça. Et je ne suis pas pour que nous nous alignions, notamment sur des grands groupes américains qui sont en train de faire des profits là-dedans. Vous voyez ? Mais cassons cette idée, surtout, qu'il doit y avoir cette logique des groupes liés à des multinationales qui vont être des profiteurs de la crise, s'enrichissent sur le dos des citoyens. Et enfin, pour terminer sur ce point complexe, mais quelle tristesse.
Et c'est la conséquence de politique publique ou d'affaiblissement de politique publique que la France, pays de pasteurs, n'a pas réussi à faire un vaccin. Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est le problème ? Vous pouvez vous poser la question. Pourquoi, par exemple ? Non, mais le groupe Sanofi, notre grand groupe pharmaceutique, est un groupe qui a un fonctionnement extrêmement lié à des logiques d'argent. Il y avait 11 centres de recherche. Il n'y en a plus que 4 aujourd'hui qui sont ouverts. Il y en a plus que 3 prochainement. C'est un groupe qui fait des milliards de profits, qui reverse des sommes significatives à ses actionnaires et qui va encore licencier.
Alors que précisément, on a besoin d'un grand groupe pharmaceutique qui fait de la recherche, qui ne cherche pas à faire du profit et à reverser toujours de manière plus importante.
Donc vous dites qu'il faut sortir la recherche ? Et il faut aider l'Institut Pasteur.
Oui, j'espère que tout le monde en tire la conclusion qu'il y a des choses fondamentales dans ce pays qui doivent échapper aux règles de l'argent, notamment la recherche scientifique, notamment l'Institut Pasteur à Lille. Il faut les aider. Ils sont en train de chercher de trouver, ou du moins, ils ne sont pas encore tout à fait, mais ils sont sur un possible médicament, un remède. Mais j'ai vu que le président de la République a demandé à ce que des grands groupes privés viennent apporter de l'aide financière à l'Institut Pasteur. C'est à l'argent public de pouvoir aider ça. Nous en gaspillons en donnant à des grands groupes, de manière générale, à travers des politiques de crédit d'impôt.
D'un mot, parce que vous abordez beaucoup de thèmes, beaucoup de sujets. Non, mais ce que je veux dire, c'est qu'il y a une logique. Moi, je ne veux pas seulement prendre... Mais est-ce que, Alexis Corbière, vous demandez, par exemple, un débat au Parlement ? Il y aura effectivement des discussions la semaine prochaine au Parlement, mais est-ce qu'il vous semble que vous, les élus de la nation, vous êtes assez tenus au courant, tenus au courant, c'est au minimum, et associés aux décisions ? Non.
Non, non. Et c'est pourquoi je vous réponds, c'est-à-dire que la chaîne de décision, la planification n'a pas lieu. Moi, comme député, je ne me place pas au-dessus des citoyens, mais quand on est député, officiellement, on représente... Eh bien, on n'est associés à rien. Rien. Et le débat que vous évoquez, il y en a eu plusieurs, c'est plus une espèce de question-réponse, souvent avec beaucoup de langue de bois, qui nous est laissée pendant une demi-journée. Ce n'est pas ça, un débat. Ce n'est pas un moment où il y a différentes stratégies qui sont mises sur la table et où on échange et on en choisit un. On n'a rien à craindre de la publicité des débats.
On est en guerre, dit-on, mais le vaccin n'est pas un ennemi qui changerait de stratégie en fonction de la nôtre. Donc, on peut discuter. Et à quoi on assiste ? Un rétrécissement de la prise de décision. C'est la Ve République, dans tous cas de plus caricaturale, la monarchie présidentielle. On a l'impression, parfois, que c'est Macron, de ce que nous raconte la presse, qui va prendre la décision. Et on en vient au point que vous, moi, tout le monde, on est suspendu à 18h, 19h à dire qu'est-ce qu'on va nous annoncer ? On ne sait pas trop, d'ailleurs, où est-ce que c'est discuté. Le Conseil des ministres n'est même plus le lieu de décision. L'Assemblée, vous l'avez dit, ne l'est pas.
Et on a ce conseil... Enfin, Jean Castex a reçu les parlementaires,
les députés et les sénateurs. Nous, on en a ras-le-bol
on n'y va quasiment plus parce que ce genre de réunion, si on est réunion, je vais le dire vulgairement, pipeau, uniquement, on a un petit point d'info où on n'en sait pas plus que ce que l'on fait. C'est-à-dire que nous, le pire, c'est que pourquoi on a cette attitude ? C'est que quand vous y allez, à la fin, il dit il y a eu consensus il nous a fait le coup notamment sur certaines prises de décision à propos des élections. J'ai consulté les partis parce qu'ils voient bien ce qui monte dans le pays. Et nous, on n'a pas envie d'être non plus la caution de ces prises de décision à quelques-uns. Bon, surtout ce que je souhaite c'est que nous aurions tout à gagner.
Il y a un débat et c'est normal pour qu'il y ait un consentement aux décisions qui sont difficiles. On réduit quand même nos libertés publiques. On aurait tout à gagner à ce qu'on puisse avoir
une discussion assez large. Dans une telle situation d'urgence où on voit les courbes des contaminations qui peuvent effectivement s'emballer très très rapidement vous pensez qu'on doit quand même prendre le temps ? Plus que jamais.
Plus que jamais. Attendez, j'espère. Il ne faut pas banaliser le fait qu'on ne vous laisse plus sortir, qu'il y a des choses qu'on ne peut plus faire, qu'il y a des commerces qui sont fermés, qu'il y a des affinités.
Et le fait que les urgences et les services de réanimation se remplissent à très grande vitesse. En ce moment, là maintenant.
Non, mais on constate il y a un an quand vous, moi on s'est confiné il y avait une acceptation générale parce qu'on se disait il y a un coup dur là et tout. Mais là, ça ne cesse chaque fois de rebondir. Et on a même l'impression qu'on n'est pas sorti de l'auberge comme dirait l'autre. A tel point qu'on discute du fait qu'au mois de juin des échanges électorales sont prévues et on commence à dire est-ce qu'on va pouvoir les tenir ? Et vous commencez à dire quoi ? Qu'il faut qu'elles se tiennent ? Ah ben j'en sais rien. Je n'en sais rien moi.
Et les deux législatives il y a deux législatives partiaires et là
le 4 avril. Une importante à Paris
une importante dans le Nord.
Nous ce qu'on dit depuis le début c'est qu'une élection n'est pas seulement le moment où on vote c'est aussi la capacité de faire campagne. Et s'il n'y a pas de capacité de faire campagne il y a un problème sur cette élection. Mais en même temps au vu du flou généralisé qui a lieu attention à ne pas prendre l'habitude non plus que ce qui est quand même au moment où le peuple souverain s'exprime soit mis sous cloche. Parce que là il commence à y avoir un problème de fond.
Mais comprenez moi j'ai pas tous les éléments sur la table parce qu'on voit bien que ça évolue au fur et à mesure et on ne sait pas aussi quelle capacité le gouvernement véritablement je vous ai évoqué la question des hôpitaux la question des vaccins il met véritablement un oeuvre pour changer les choses.
Bien. Alexis Corbière on va reprendre cette discussion ensemble dans une minute juste après le fil info Olivia Chandu à 9h10.
La situation s'annonce très difficile en France en raison du variant anglais l'avertissement d'Arnaud Fontanet membre du conseil scientifique dans le journal du dimanche. Pour lui il faut étendre les nouvelles restrictions à l'ensemble du territoire il estime par ailleurs qu'il faut attendre deux ou trois semaines pour voir si ces mesures sont efficaces. Et justement si vous vivez dans un des 16 départements reconfinés vous n'avez finalement pas besoin d'une attestation pour vous promener ou faire vos courses à moins de 10 km de chez vous trop longue et trop complexe à les supprimer.
Un mois après sa disparition le corps de Magali Blandin retrouvé hier matin en Ile-et-Vilaine son mari s'accuse du meurtre cet homme de 45 ans a été placé en détention provisoire et mis en examen. En rubis pas de grand chelem pour le pays de Galles dans le tournoi des 6 nations le 15 de France s'est imposé hier soir 32 à 30 cette victoire permet au bleu de rester dans la course pour le titre et pour remporter le tournoi il faudra battre l'Ecosse ce sera vendredi prochain avec le point de bonus offensif et 21 points d'écart.
France Info
Le député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière est l'invité du 830 France Info ce matin Jean-Jérôme Bertolus
Question politique mais question d'histoire politique faut-il célébrer le bicentenaire de la mort de Napoléon le 5 mai prochain c'est la volonté du chef de l'Etat Emmanuel Macron qu'est-ce que vous en dites ? Moi ce que je ne comprends pas
et ce à quoi je m'oppose c'est que ce soit le président de la république au nom de la république qui rend dommage Au nom de l'Etat ?
Oui au nom de la république parce qu'il est président qu'il le fasse que les choses soient claires moi je suis professeur d'histoire il faut parler d'histoire c'est évident nous devons transmettre à nos enfants l'histoire du pays dans sa totalité et Napoléon Bonaparte a toute sa place là-dedans qu'il y ait des débats actuellement il y a 4 voire même 5 grandes expositions à Paris autour de Napoléon donc on en parle qu'il y ait des émissions du service public que vous que la télé nous fassent des émissions sur Napoléon oui mais l'idolâtrie la napoléonatrie que j'entends commence à m'agacer
que Napoléon ait créé l'Etat moderne et qu'un chef d'Etat lui le célèbre effectivement
de 6 ans après ça vous choque c'est-à-dire que le problème c'est que le président de la république doit-il rendre hommage à un homme qui a fait un coup d'Etat contre la république le 18 brumaire un homme qui sur des questions des grandes avancées qu'avait fait la révolution française parce qu'on ne comprend pas Napoléon si on ne comprend pas qu'il y a eu la révolution française qui en matière notamment d'avancée sociale les a fait reculer de liberté publique on nous évoque le code civil de Napoléon mais sur le droit des femmes il est en recul par rapport aux avancées de la révolution française sur la question des enfants naturels qui avaient des droits sur la révolution française il est en recul sur par exemple le débat a déjà eu lieu sans moi mais sur l'esclavage grande avancée de la révolution française 1794 abolition d'esclavage il rétablit par la force l'esclavage ensuite sur beaucoup d'aspects j'évoquais sociaux les relations entre par exemple les travailleurs et le patron c'était dans le code civil et bien c'est le maître qui gardait en quelque sorte des droits supérieurs sa parole était plus forte que l'ouvrier on pourrait continuer comme ça
alors que fait-on d'une figure pareille ? qu'est-ce qu'on en fait d'une figure comme ça ? et bien on en parle
les historiens nous en parlent on organise des débats on fait des expositions on fait des livres que les éditeurs travaillent évidemment que les uns les autres on converse mais qu'on arrête
mais on ne célèbre pas on ne commémore pas
mais qu'est-ce qu'il va dire ?
parce qu'après c'est ça qui m'intéresse c'est l'usage public et des politiques de la part de l'histoire de l'histoire c'est-à-dire l'usage politicien de l'histoire et moi ce que je vois bien venir c'est qu'Emmanuel Macron va vanter le bonapartisme c'est-à-dire ce grand personnage des grands hommes font l'histoire non monsieur Macron c'est les peuples qui font l'histoire c'est les peuples c'est pas un grand homme qui nous a sauvés c'est un mouvement qui s'appelait la révolution française qui a proclamé des droits qui ne sont d'ailleurs toujours pas en application réellement et dans ce parcours difficile il y a eu des avancées et des reculs et Napoléon à un moment donné certes empêche le retour de l'ancien régime des têtes couronnées mais met en place un système qui ne peut nous satisfaire avec notamment un empire l'empire et la république c'est pas la même chose une noblesse nouvelle qui est mise en place quand Napoléon prend le pouvoir dans certains pays il met des membres de sa famille et puis je le répète il va être évidemment un facteur de guerre il n'en est pas le seul responsable mais à travers toute l'Europe et sur la question d'avancer ne serait-ce que même la déclaration des droits de l'homme et du citoyen n'est pas en application sous l'empire napoléonien tout ça on doit le raconter et ce qui m'agace et pourquoi je monte au créneau c'est que je vois bien de quelle manière le président de la république veut utiliser cette histoire pour se grandir en quelque sorte et se draper dans une forme de continuité ce qui me semble être une aberration sur le plan historique laissons les historiens parler et cessons cette idolâtrie autour de ce personnage parce que derrière ça c'est aussi et je conclue cette idée du bonapartisme qui en 2021 ou 2022 pourrait être la solution l'homme autoritaire le grand homme au dessus des différences du peuple qui va nous rassembler avec un gouvernement qui limite la liberté publique y compris Napoléon avait limité la liberté de la presse
on vous a entendu Alexis Corbière retour à l'histoire immédiate mais il s'agit aussi de république Mélanie Luce la présidente de l'UNEF le syndicat étudiant le deuxième syndicat étudiant a admis qu'il y avait en son sein des réunions non mixtes racisées écoutez la réaction de Christophe Castaner c'est le patron de la république en marche à l'assemblée l'UNEF en fait a fait un choix pour survivre d'un clientélisme indigéniste exacerbé totalement scandaleux et aujourd'hui l'UNEF n'est plus représentatif de la vie étudiant mais il cherche à survivre en prenant des clientèles par segments et je trouve ça pathétique de toute façon c'est la plus mauvaise façon de faire du vivre ensemble que d'imaginer qu'on puisse effectivement tenir des réunions interdites aux blancs et imaginons aussi qu'on interdise aux noirs qu'on interdise aux femmes et ça arrive Le ministre de l'éducation nationale de son côté Jean-Michel Blanquer parle de racisme et veut porter l'affaire en justice
Moi je dis au fou de la part de tous ces gens j'ai vu la droite l'extrême droite par même de dissolution de l'UNEF Oui Eric Ciotti souhaite la dissolution Et l'extrême droite aussi Moi je dis déjà défense de l'UNEF quel que soit ce qu'ils font Vous étiez d'ailleurs Oui moi j'ai été j'ai passé ma jeunesse et beaucoup de gens et je pense qu'il va y avoir une riposte claire de la part de gens qu'on soit d'accord ou pas Mais pourquoi quel que soit ce qu'ils font Non mais attendez que ce qu'ils font actuellement là déjà je voudrais dire qu'il y a une défense me semble-t-il fondamentale d'être inquiet du fait qu'ils se discutent la possibilité on me dit que ça n'aura pas lieu mais de distouper d'une organisation syndicale de jeunesse c'est quand même grave que ce débat est lieu et comme ministre même considère qu'il y aurait du fascisme Et vous dites que la gauche doit être solidaire De quoi parlons-nous ?
Il ne peut pas y avoir de dérive De quoi parlons-nous ?
Parce que je me suis renseigné Moi je ne suis pas pour les réunions qui seraient comme dit Castaner qui n'a pas l'air de grand chose interdites aux blancs ou je ne sais pas quoi Mais que les choses soient claires C'est de la sociologie Ce n'est pas des réunions de direction C'est des groupes de parole Ça a déjà eu lieu vous savez dans les années 70 dans le mouvement féministe qui considérait que les femmes victimes d'une oppression souvent parce que les hommes parlent beaucoup les hommes ont le pouvoir les hommes ont des manières de couper la parole qui sont insupportables et les femmes trouvaient que c'était utile de se parler entre femmes notamment pour faire un peu le point et après éventuellement dire Monsieur Bertoluz vous-même vous occupez un peu trop la place et faites attention qu'il y a la moitié de l'humanité qui est une femme Ça a été utile De la même façon il y a des gens qui se considèrent à tort ou à raison et souvent à raison comme étant quand je dis à tort d'ailleurs pour la formule mais subissant une oppression Est-ce qu'il faut pour autant interdire aux autres
d'assister à ces discussions à ces séances-là par exemple ?
De ce que j'ai compris les réunions sont ouvertes ces groupes de parole sont ouvertes à tous ceux qui se sentent victimes de discrimination D'accord ? Donc elles ne sont pas fermées mais elles sont ouvertes à ceux qui se sentent victimes de discrimination Je vais être honnête avec vous Moi Alexis Corbien je ne me suis jamais considéré comme victime d'une discrimination en raison de la couleur de ma peau Peut-être être intéressé
au fait d'entendre ceux qui le sont
Alors c'est précisément ces groupes de parole permettent après à ce que dans un cadre collectif la parole soit rapportée Mais des gens considèrent pour des raisons sociologiques c'est de la sociologie je ne sais pas si c'est efficace mais ça n'a rien de fasciste que de dire que les gens qui sont victimes d'oppression se réunissent entre eux pour discuter et comprendre quels sont les mécanismes de ces discriminations on peut être d'accord ou pas d'accord on ne les pratique pas à la France Insoumise je suis plutôt d'accord avec vous avec l'idée que je suis favorable à des réunions ouvertes à tous mais que les gens montent dans les tours en expliquant que ça ce serait anti-républicain j'entends même dire que la non-mixité ne serait pas républicaine je rappelle à M.
Blanquer que l'école de la 3ème République au point de départ elle n'était pas mixte et que encore aujourd'hui M. Blanquer est allé à l'école de la Légion d'honneur à Saint-Denis qui est une école réservée aux filles d'accord ? ça ne le choque pas par contre non mais tout ça n'est qu'une manœuvre pour ne pas parler de quoi ? de la pauvreté en milieu étudiant de la précarité
ce matin vous avez une parole très forte sur l'UNEF est-ce que ça veut dire que la gauche dont une bonne partie des dirigeants sont passés par l'UNEF va montrer plus ces prochains jours sa solidarité vis-à-vis du syndicat
je le souhaite je le souhaite et je pense que quels que soient les désaccords qu'on peut avoir sur telle ou telle méthode quand il s'agit dans ce pays de monter au créneau contre une enrénation syndicale qui a beaucoup apporté à l'histoire sociale de ce pays à l'heure où les étudiants sont précarisés dans la pauvreté qu'on menace de dissoudre nos associations et que monsieur Blanquer ose parler de pente fasciste lui qui franchement n'a jamais été exemplaire ni sur la république ni sur la lutte contre le racisme je suis inquiet de ce climat et j'attel à tous à se rassembler
merci beaucoup Alexis Corbière excusez-moi d'avoir invité
du 8.30 France Info ce matin il n'y a pas de mal
Alexis Corbière