Immigration : "Être français, ça s'hérite ou ça se mérite"... Le "8h30 franceinfo" de Thomas Ménagé
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Bonjour Thomas Ménager. Bonjour François de votre invitation. François Bayrou veut ouvrir un grand débat public sur l'identité française. Est-ce qu'il marche un peu sur vos plates-bandes au RN, le Premier ministre ?
Je pense qu'il y a une volonté de la part de M. Retailleau, peut-être de M. Bayrou, de donner des paroles douces à l'oreille de nos électeurs, à l'oreille des députés du Rassemblement National. Mais nous, on ne se contentera pas de blabla, de paroles. Ça fait des années, des décennies que l'on parle d'immigration. Il y a eu 114 textes depuis 1945. Il y en a eu un l'an dernier. Mais on voit bien qu'il y a une inaction de M. Retailleau, de tous les gouvernements successifs. Et nos électeurs, et nous, au Rassemblement National, en tant que premier groupe de l'Assemblée, on ne se contentera pas de paroles d'estrade, de tribunes, d'échanges sur les plateaux télé. Ce n'est pas l'idée.
L'idée, c'est d'aller au contact des Français, justement. Non, mais contact des Français, les Français, ça sera bien d'aller à leur contact. Nous, ce que l'on nous demande, ce que demande 7 Français sur 10, c'est-à-dire un référendum sur l'immigration. Les Français, ils ne veulent pas juste en parler. Ils veulent que ça change. Ils veulent qu'il y ait la fin de ce laxisme en matière migratoire. Ils veulent qu'il y ait un changement de cap des mesures très concrètes, du rétablissement de délicieux réguliers, à la fin de l'aide médicale d'État, en fassant par la fin du droit du sol.
Gérald Darmanin et Bruno Retailleau, ils posent clairement la question de restreindre le droit du sol à tout le territoire français. Ils veulent finalement comme vous. Ils parlent comme vous. Est-ce que ça ne va pas finir par vous invisibiliser, puis par séduire tout simplement vos électeurs, les électeurs RN ?
Nous, on se satisfait si déjà on arrive aussi à convaincre nos adversaires. On arrive à convaincre ceux qui, pendant des décennies, ont critiqué le RN, qu'entre vents et marées, on était les seuls à en parler.
Mais est-ce que le risque, ce n'est pas Nicolas Sarkozy 2007 ? C'est-à-dire comment il a récupéré, on va dire, les électeurs du RN, du Front National à l'époque ?
C'est le bon exemple, Nicolas Sarkozy. Je pense que les gens l'ont encore en tête. C'est-à-dire qu'on avait promis le Karcher, on a eu un filet d'eau tiède, il n'y a rien eu. En attendant, ils ont voté pour lui en 2007 de manière massive. Je pense que les Français ne se feront pas avoir plusieurs fois. Ils ont quand même une mémoire, une mémoire collective qui existe en la matière. Et puis, on le voit aussi, les chiffres. C'est-à-dire que M. Darmanin, M. Retailleau, on vente ce couple, mais les chiffres de M. Darmanin à l'intérieur ont montré une progression, une augmentation des délivrances de titres de séjour,
l'absence d'augmentation des exécutions. Une augmentation de 1,8%, ce n'est pas non plus une explosion. Alors que les Français attendent une baisse drastique. Et en revanche, il y a des expulsions qui sont en hausse, près de 26%, près de 27%.
Alors, sur quelques semaines, quelques mois, mais aujourd'hui, sur l'année 2024. Oui, sur les chiffres que M. Retailleau a donnés ce matin dans le JDD. Mais concrètement, il n'y a aucun changement fort en matière immigratoire. C'est-à-dire que là, on attend une loi. Ce serait une simple loi sur le droit du sol. Il n'y a rien eu. Il y a eu une circulaire de M. Retailleau. Cette circulaire, elle ne va faire qu'accentuer les régularisations. Elle ne va faire qu'augmenter les régularisations. Parce que quand vous donnez 7 ans à une personne, ce n'est pas l'idée. Oui, mais parce que c'est une fausse bonne idée. Je vais vous expliquer très clairement.
Quand vous donnez 7 ans à des personnes pour créer une vie privée et familiale avant d'être régularisée, et bien après, devant un juge, qu'est-ce qui se passe ? Sur la base de l'article 8 de la CEDH, on dit que la vie privée et familiale, aujourd'hui, est constituée en France et que la personne ne peut plus expulser. Donc aujourd'hui, ce que l'on attend, c'est un changement massif, un référendum et des vraies mesures. Parce que M. Retailleau, il a depuis des semaines, mais il n'y a même pas eu un projet de loi. Il n'a rien proposé.
Vous dites un référendum. Alors, quelle est votre question ? Ce c'est quoi ?
Nous, nous avons déjà un texte que nous proposons. Et les Français devront s'exprimer sur oui ou non. Voulez-vous approuver ce texte ? Et dans ce texte, il y a, par exemple, le remplacement de l'aide médicale d'État par l'aide médicale d'urgence, le rétablissement de la délité de l'eau régulier.
Mais le reste, ce n'est pas possible. L'AME, c'est un sujet social. Donc ça pourrait rentrer dans le champ référendeur. Mais le reste...
L'article 11. Vous savez, M. Schottel, qui était l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, dit que l'article 11 permet, bien entendu, puisqu'il permet de traiter par référendum des sujets économiques et sociaux, et que l'immigration, bien c'est un sujet qui touche tous les sujets en matière de services publics, d'économiques, de social, puisque ça touche le système social, l'hôpital, le logement, la sécurité. Et donc, bien entendu, on peut faire un référendum en posant une question simple, oui ou non, sur un texte avec un certain nombre de mesures, comme on l'avait fait en 2005 sur le référendum sur une constitution européenne.
C'est un texte global où vous l'approuvez, où vous l'approuvez. Le gouvernement n'en a pas l'air certain pour l'instant, en tout cas. Le droit du sol, ça touche moins de 40 000 personnes par an. Ça changerait quoi, finalement ? Qu'est-ce que ça va régler dans l'immigration illégale de le réformer ?
Vous savez, c'est un ensemble d'un arsenal juridique qu'il faut faire évoluer sur le groupement familial, sur tout ce qui peut donner un certain nombre de titres de séjour pour soins, sur l'aide médicale, sur le droit du sol.
Donc le droit du sol seul, ça ne sert à rien.
Mais le droit du sol, c'est une pierre à l'édifice. Bien entendu, ce n'est pas la solution miracle à tout. Mais ça envoie aussi un signal d'une philosophie, c'est qu'en France, pour être français, ça s'hérite ou ça se mérite. Soit ça s'hérite parce que vos parents sont français.
Donc vous dites que Gérald Darmanin, c'est une volonté.
Mais bien entendu, on ne peut pas donner, brader la nationalité française. On n'est pas français, on n'est pas dans cette nation comme ça, par hasard, simplement par le fait de naître sur le sol, sur le territoire. Dans tous les pays d'Afrique, dans tous les pays d'Asie et même dans des pays européens, je pense à l'Italie, il y a le droit de la filiation. Et si vous voulez accéder à la nationalité... Mais ce n'est pas que naître, c'est vivre aussi pendant 5 ans sur le territoire. Oui, mais ça ne suffit pas, vous savez, de se maintenir sur un territoire pour être pleinement français, pour aussi avoir les droits et les devoirs. Il faut aussi que l'assimilation soit faite.
Et donc, il y a un élément matériel pour être français. On se pose la question, qu'est-ce qu'être français ? Être français, c'est bien entendu un élément matériel, c'est avoir cette nationalité, mais aussi un élément immatériel, philosophique, d'amour de la nation, de sa culture, de sa civilisation, de son histoire.
Dernièrement, François Bayrou a été vivement critiqué, notamment par la gauche, pour avoir évoqué un sentiment de submersion concernant l'immigration. Conséquence, les socialistes ont déposé une motion de censure spontanée via l'article 49.2. Le texte portera sur la défense des valeurs de la République. Est-ce que vous voterez cette censure ?
Vous savez, nous, on est un groupe, donc on se réunira quand cette motion sera déposée. Elle n'est pas encore déposée, pour le moment, c'est une menace avec une date, mais pour le moment, ce n'est pas le cas. On verra, on se posera la question, parce que dans tous les cas, vous le savez, la censure, c'est clair, par la Constitution, on ne vote pas un texte, on ne s'associe pas, on ne s'allit pas, on n'est même pas souvent d'accord.
Vous dites, ce n'est pas grave si on mêle nos voix à la gauche, si on a envie de renverser le gouvernement Bayrou, on le fera.
Oui, on s'est toujours posé cette question. Nous, si on considère que M. Bayrou doit partir, ce gouvernement doit partir, et qu'on peut avoir mieux comme gouvernement, on se posera la question...
Mais est-ce que le moment est arrivé ?
Ça, ça sera la question qu'on se posera en réunion de groupe. Vous allez vous la poser d'ici dix jours. On se posera dans dix jours, on verra. La vraie question, ça sera de savoir si on peut avoir mieux. Parce que ce qu'on voit depuis le début, de M. Barnier à M. Bayrou, c'est que c'est les chaises musicales, on recycle les mêmes. Donc si c'est pour que Mme Borne ou M. Valls passent d'un ministère à un autre, il n'y aura pas de changement.
M. Barnier, vous faisiez des concessions. Ce n'est pas paradoxal, finalement, de vous tourner ou de laisser François Bayrou, qui lui, n'en fait aucune, puisqu'il a choisi les socialistes comme partenaire ? Vous aviez quelqu'un avec qui vous pouviez communiquer avant ?
Toutes les lignes rouges que l'on avait données à M. Barnier n'ont pas été remis dans le budget de M. Bayrou. Vous en avez eu trois sur quatre, c'est quand même pas mal. Il y a eu, bien entendu, grâce à la censure du Rassemblement national et grâce à ce que l'on a porté entre un premier groupe, la baisse de l'électricité de 15% au mois de février, la réindexation des retraites, l'absence de déremboursement des médicaments.
Donc aujourd'hui, le vrai sujet, c'est que je pense que tant qu'il n'y aura pas de dissolution, tant qu'il n'y aura pas de nouvelle majorité dans notre pays, que les Français pourront s'exprimer pour des nouvelles élections législatives, il n'y aura pas de changement des dirigeants, de la classe politique et il n'y aura pas de possibilité de changer de cap, c'est ce que les Français pourtant attendent.
Vous évoquiez le budget, on va y revenir dans quelques instants. Thomas Ménager avec vous, dans quelques instants, une minute après, le fil info de Magali Homo à 8h40.
Les négociateurs israéliens envoyés au Qatar pour discuter de la suite du fragile cessez-le-feu à Gaza, Benjamin Netanyahou a promis une nouvelle fois hier soir d'éliminer le Hamas et de ramener tous les otages. Le premier ministre israélien pressé par les familles alors que les trois hommes libérés hier matin sont apparus en très mauvaise santé. Des bouquets déposés dans un bois à Épinay-sur-Orge, en Essonne, non loin de là où a été découvert dans la nuit de vendredi à samedi le corps sans vie de Louise, 11 ans. L'enquête se poursuit alors qu'un couple a été interpellé puis relâché sans poursuite hier soir.
Les poids lourds n'ont pas le droit de circuler sur les routes nationales de Haute-Loire à cause du mauvais temps. Le département appelle également tous les automobilistes à éviter les déplacements. La Haute-Loire avec la Lozère et l'Ardèche, toujours en vigilance orange, neige et verglas. Un crunch au goût amer en rugby. Le 15 de France battu hier soir par les Anglais lors de la deuxième journée du tournoi des 6 nations. Ça s'est joué à un point près à la toute fin du match, 26-25. Les Bleus auront deux semaines pour digérer. Prochain rendez-vous le 23 février face à l'Italie.
France Info Nous sommes toujours avec Thomas Ménager, député Rennes du Loiret, porte-parole du groupe à l'Assemblée nationale. Dans le budget 2025, Eric Lombard a suspendu la mesure sur la TVA des auto-entrepreneurs. Leur revenu devait être assujetti à la TVA au-dessus d'un seuil de 25 000 euros par an. Vous demandez, enfin, il y a eu une demande d'abandon de cette mesure, sauf que, donc il y a une suspension, sauf que le 15 octobre dernier, le RN, vous, vous avez déposé un amendement qui allait exactement dans le sens du gouvernement, alors que vous dénoncez aujourd'hui cette mesure. Il n'y a pas une totale hypocrisie ?
Alors, nous, déjà, on s'est satisfait que M. Lombard ait entendu, puisqu'on a lancé une pétition pour demander un retour en arrière. Concernant cet amendement, pour que vos téléspectateurs comprennent bien, ce n'est pas un amendement du groupe Rassemblement national. Il y a eu quelques députés du Rassemblement national, pas Marine Le Pen, pas Jean-Philippe Tanguy, qui est en charge des sujets économiques, moi, à titre personnel, je ne l'avais pas signé, qui avait déposé un amendement pour changer un certain nombre des seuils.
Vous baissiez encore plus de seuils, hein ? Pour les seuils. C'était 18 750 euros.
Alors, ce n'était pas, je vous dis, un amendement du groupe en tant que tel, c'est un amendement de quelques députés d'individualité, mais quand on lisait l'exposé sommaire et l'exposé des motifs, c'était spécifiquement pour cibler les auto-entrepreneurs étrangers qui concurrencent nos entreprises. Dans tous les cas, cet amendement n'était pas un amendement du groupe Rassemblement national, et nous, on se satisfait aujourd'hui.
Moi, ce n'est pas un peu facile de dire ça, là.
Vous savez, il y a un droit d'amendement qui est libre. Il y a une ligne politique qui est celle du Rassemblement national de Marine Le Pen, de Jordan Bardella et du groupe, et quand ce n'est pas un amendement de groupe, il y a des possibilités de certains députés de porter une ligne sur certains sujets plus précis. Après, nous, ce que l'on demande pour les entreprises aujourd'hui, les artisans, les commerçants, au-delà du statut des auto-entrepreneurs, c'est aussi de réduire la pression fiscale sur les artisans, les commerçants, en supprimant la CFE, en baissant les impôts de production et en donnant de l'air sur les normes.
C'est ça ce qui intéresse les Français, et tant mieux, parce que le changement des seuils, ce n'est pas le moment. Aujourd'hui, quand un certain nombre d'auto-entrepreneurs aussi arrivent à vivre grâce à cela et à subvenir à leurs besoins.
Justement, vous dénoncez ce racket des indépendants. Vous dites quoi aux artisans qui subissent une concurrence déloyale, finalement ? Parce que faire appel à ces auto-entrepreneurs qui ne paient ni TVA ni cotisation, ça coûte moins cher aux Français.
C'est ce que je vous dis, c'est que plutôt que d'avoir ce côté où on va augmenter sur les auto-entrepreneurs, il faut surtout baisser de manière très drastique ce que nous proposons sur ceux qui sont en entreprise individuelle, ceux qui ont d'autres statuts, qui sont en SARL, qui ont des statuts qui sont plus assujettis. C'est la raison pour laquelle nous proposons une baisse des impôts de production, une suppression de la cotisation foncière des entreprises, et globalement, de baisser les charges sur nos entreprises.
C'est la raison pour laquelle on a censuré le gouvernement précédent, qui proposait de mettre fin aux exonérations de charges, notamment sur un certain nombre de basses salaires.
En ce moment, se déroule à Madrid le premier sommet de la droite nationaliste européenne, en présence de Marine Le Pen, mais aussi du hongrois Victor Orban, sous un mot d'ordre, « Make Europe great again ». Alors, ça reprend clairement le slogan de Donald Trump. Est-ce que Trump, c'est pour Marine Le Pen un exemple ou, au contraire, un contre-modèle ?
Alors, c'est un Américain, Trump, donc c'est absolument pas un adversaire ou un allié. Ça sera, sur certains sujets, un allié, sur d'autres, un adversaire. Il va nous faire beaucoup de mal en matière économique. Nous, nous ne l'avons pas soutenu, nous n'avons pas pris position dans ces élections américaines.
Mais justement, c'est un peu le paradoxe, on a l'impression que c'était un club de soutien, là, ce week-end, tous pour Trump, ou pas pour Trump.
Non, c'est un petit clin d'œil de l'organisateur, qui est Santiago Abascal, l'Espagnol, qui, en fait, aussi a un appel en disant, aujourd'hui, il y a, de l'autre côté de l'Atlantique, « Make America great again », il va falloir, nous, avoir une position équivalente de défense des intérêts européens, des intérêts des nations, de sortir d'une forme de naïveté en matière économique, puisque les Américains vont faire du protectionnisme, protéger leur industrie, leur emploi, mettre des barrières douanières. Il faut que les Français et les Européens sortent de leur naïveté et en fassent d'eux-mêmes pour protéger nos emplois, notre industrie européenne.
Mais hier, les intervenants qui sont venus à la tribune ont tous vanté, justement, la liberté d'expression de Donald Trump, ce modèle. Comment on peut se dire « patriote » et, justement, vanter ce modèle, alors qu'on sait que Donald Trump, avec des droits de douane, pourrait tout à fait mettre à mal l'économie française, par exemple ?
Mais je vous dis, on peut se dire que ce n'est pas un modèle qui va nous servir, mais qu'on doit faire de même, avoir le même patriotisme, avoir la même capacité sur les sujets régaliens que ce qu'a fait M. Trump avec la Colombie, qui a créé un bras de fer avec la Colombie en matière migratoire. Il faudra faire, nous, en France, demain, la même chose avec les Comores, avec l'Algérie.
Donc, il faudra, demain, développer et protéger notre industrie française, mettre un certain nombre de barrières douanières, avoir un rapport de force, parce qu'on ne peut plus être la seule zone au monde avec, d'un côté, la Chine et, de l'autre côté, les Américains, qui ne se protègent pas, qui laissent des accords de libre-échange, qui laissent notre marché ouvert à tout va, sans avoir des mesures de protection, puisque, au final, c'est nous qui en payons le prix aujourd'hui.
Quand Elon Musk pousse les électeurs allemands à choisir l'AFD, l'extrême droite allemande, contre la Scholf, aux prochaines élections, vous dites quoi ? C'est de la liberté d'expression ou c'est de l'ingérence ?
Alors, on est à la frontière entre les deux. Moi, je considère qu'il y a une forme d'ingérence. Et, heureusement, en France, notamment d'un point de vue financier, les élections ne peuvent pas être soumises à des ingérences, puisqu'elles sont protégées. Il ne peut pas y avoir d'argent étranger, d'entreprise, et que tout est encadré.
Il y a quand même eu des prêts contractés par le RN auprès de banques russes, à une époque.
Donc, c'est de l'argent qui venait d'étranger. C'était une banque privée, russe, mais qui était une banque, parce qu'aucune banque française, et ça reviendra le débat, de la Banque de la Démocratie refusait de prêter. Et on a remboursé. C'était un taux d'intérêt, je crois, de 7%. Donc, ce n'était pas un cadeau d'amis. Ce qui est certain, c'est qu'il faut qu'il y ait un certain nombre de limites, pas d'ingérences étrangères. Vous savez, nous, on est souverainistes, on défend la souveraineté de notre nation. Donc, quand des intérêts étrangers viennent influer sur des élections, on ne peut que le dénoncer et ne pas y être favorable.
Et juste rapidement, pourquoi il n'y a aucune relation personnelle ou même professionnelle entre Donald Trump et Marine Le Pen ?
Il y en aura une le moment venu, ou quand Marine Le Pen, en 2027, sera présidente de la République. Vous savez, je vous le dis, vous ne pouvez pas d'un côté dire que c'est un exemple, et je vous dis que ce n'est pas un allié, que c'est un Américain, qu'il y aura des points de convergence et des points de divergence importantes. Et le moment venu, nous, en tant que, je l'espère, à la tête de ce pays, il y aura des relations, comme il y en a avec tous les pays, et toutes les grandes démocraties, parce que les Etats-Unis sont une grande démocratie.
Thomas Ménager, le MRAP, le mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, vient d'effectuer un signalement auprès du parquet de sens contre le maire et reine de Piffon, Xavier Rosalie, pour provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence. Des dizaines de publications problématiques visant les musulmans, notamment, ont été repérées sur son profil Facebook. On a beaucoup parlé des brebis galeuses au moment des législatives, fustigées par Jordan Bardella. Elles sont encore dans vos rangs ?
Alors, je découvre, vous m'apprenez, cet élément. C'est un proche de Julien Oudou qui est des pédéliones. S'il y a, moi, je n'ai pas connaissance de ces publications, s'il y a un signalement, il y a la justice. S'il y a la justice, elle s'exprimera. Mais il y a encore du ménage à faire, donc ? Moi, je ne suis pas au courant, donc on aura peut-être l'occasion d'en être informé et le parti de se positionner sur cette question. Ce qui est certain, c'est que nous, on est toujours intransigeants.
Dès lors qu'il y a des propos qui sont contraires aux valeurs républicaines, aux projets que défend le Rassemblement national, que défend Marine Le Pen et Jordan Bardella, on l'a prouvé, on n'a pas la main qui crompe.
Donc vous pourriez l'écarter aussi, éventuellement ?
Aujourd'hui, je ne vais pas m'exprimer, je vous dis, je n'ai pas les informations, mais on a prouvé par le passé que nous souhaitions avoir des personnes qui sont dans la ligne du Rassemblement national et que nous n'avions pas la main qui tremblait quand il fallait le faire.
Très rapidement, 13 personnes vont être jugées en juin pour des insultes racistes et pour avoir participé à une vague de haine en ligne contre Aya Nakamura avant sa participation à la cérémonie des Jeux de Paris. Ce sont des internautes liés à l'extrême droite qui sont visés. Marine Le Pen avait évoqué une humiliation pour la France. Est-ce qu'elle n'a pas, elle aussi, à sa manière, participé à cette vague de haine ? Ou encouragé ?
Bien entendu, je dénonce ces propos haineux et racistes qui ont pu y avoir lieu et qui nécessiteront des condamnations très fermes parce que le défouloir sur les réseaux sociaux, comme certains l'utilisent aujourd'hui, n'est plus tolérable. Mais vous pouvez considérer qu'Aya Nakamura, qui, parfois, a l'utilisation de la langue française un peu étrange dans ses textes, n'était pas la meilleure artiste pour pouvoir... Elle évolue, la langue française, à travers les années. À un moment, c'est aussi des propos qui sont souvent vulgaires, qui ne sont pas forcément le meilleur exemple pour notre jeunesse. Et ce n'est pas parce que vous considérez qu'Aya Nakamura n'était pas le meilleur exemple.
En tout cas, elle a été saluée partout dans le monde. Oui. Moi, à titre personnel, je n'y voyais pas d'inconvénients. Mais ce que je veux dire, ce n'est pas parce que vous dites qu'Aya Nakamura n'était pas la meilleure artiste et que ce n'était pas le meilleur exemple à l'international que c'était un comportement raciste et qu'on peut approuver ceux qui ont eu des propos, des comportements racistes envers Aya Nakamura. C'est une artiste. Aujourd'hui, voilà, la discussion... Et elle a fait une belle chanson. Oui, c'est pas du goût de m'aménager.
Les goûts, les couleurs, vous savez, tout est dans la nature. Merci Thomas Ménager, député, porte-parole du RN à l'Assemblée Nationale. Merci Alix. Très bonne journée.
Thomas Ménagé