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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 22 août 2024 21 min

Nouveau Front populaire à Matignon : "C'est s'exposer à une censure immédiate", juge Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Alexis Morel, le 6-9.

0:07
Aurore Bergé

Bonjour Aurore Berger, ministre délégué, démissionnaire chargé de l'égalité femmes-hommes, député ensemble pour la République des Yvelines, invité d'Inter ce matin, chères auditrices et auditeurs, le standard est ouvert, 0145 24 7000, pour vos questions ou vos messages sur l'application France Inter. Aurore Berger, ça fait donc presque 7 semaines que les législatives ont eu lieu, toujours pas de gouvernement ce matin, cette pause interminable est-elle digne d'une démocratie mature ?

0:34
Présentateur

Dans beaucoup de démocraties matures et très proches de nous géographiquement, créer des coalitions ça dure beaucoup plus que quelques semaines, ça peut durer des mois, certains cas, ça peut même durer des années. Ça n'a jamais été le cas en France.

Ça n'a jamais été le cas en France parce qu'on n'a jamais eu cette configuration politique à l'Assemblée nationale en France, où personne aujourd'hui n'est en capacité de dire j'ai une majorité à moi tout seul, et donc la question qui se pose, et c'est la question qu'a posée le Président de la République et qui reçoit les présidents de partis et de groupes à partir de demain, c'est si personne n'est en capacité d'avoir une majorité absolue, qui en tout cas n'a pas face à lui, demain, une majorité qui le censurera, il y en a dont on sait qu'il serait censuré immédiatement, et d'autres qui peuvent espérer au contraire créer des coalitions.

1:15
Aurore Bergé

On va revenir sur les scénarios de coalitions. Peut-on quand même mettre la France sur pause pendant 7 semaines, quand une nouvelle crise agricole menace, que l'hôpital est à nouveau en tension maximale, qu'on prépare une rentrée scolaire, je ne parle même pas du budget 2025, bref, quand les urgences s'accumulent.

1:29
Présentateur

Mais on est encore au travail, et vous le savez, c'est-à-dire qu'on n'a pas le droit de créer un nouveau projet de loi, par exemple, parce qu'on n'a pas cette légitimité-là, évidemment, qui serait une légitimité politique. Par contre, gérer les urgences, on a des enjeux, par exemple, sanitaires, qui peuvent exister. Le ministre de la Santé, il est évidemment à sa tâche et au travail pour gérer ces urgences sanitaires. continuer dans la droite ligne de ce qui avait été anticipé pour préparer la rentrée scolaire de nos enfants. Évidemment, c'est le travail qui est mené, et ainsi de suite. Donc, tout ça, c'est évidemment ce qu'on fait.

On l'a fait d'ailleurs dans le cadre budgétaire, parce qu'on est tenu par des délais qui sont ceux de la Constitution.

2:03
Aurore Bergé

Mais ça ressemble à quoi, le quotidien d'une ministre démissionnaire ? Vous allez à votre ministère le matin ?

2:09
Présentateur

Je vais à mon ministère le matin. J'ai encore, évidemment, une équipe qui travaille autour de moi. C'est la gestion à la fois de ce qui est essentiel pour la vie du ministère, en lien avec nos administrations, évidemment. Et on a des enjeux. On a été à pied d'œuvre sur la gation de la lutte contre toutes les formes de violences et violences sexuelles, notamment pendant la période des Jeux olympiques, et demain, pendant la période des Jeux paralympiques, parce qu'on sait que, malheureusement, on peut avoir des cas extrêmement graves. Donc, on était évidemment présents en lien avec le ministère intérieur. C'est ça, concrètement.

Par contre, ce n'est pas de nouvelles initiatives politiques, parce que cette légitimité, ce sera celle du prochain gouvernement.

2:46
Aurore Bergé

Et pourtant, il y a eu une initiative budgétaire pour ce gouvernement, certes démissionnaire, mais toujours en poste. Gabriel Attal propose un budget pour 2025. C'est une première sous la Ve République pour un gouvernement démissionnaire. Ça ne vous pose pas un problème démocratique ?

3:00
Présentateur

Mais oui, le problème démocratique de se dire qu'on a des délais constitutionnels qui font qu'au 1er octobre, quoi qu'il arrive, quel que soit le gouvernement, l'Assemblée, le Parlement, devra être saisi d'un budget et devra pouvoir en débattre. Et on s'est bien vu la configuration de l'Assemblée nationale que, de toute façon, ce budget sera sans doute le budget le plus discuté de l'histoire de la Ve République, parce que le futur gouvernement s'exposerait sinon à une censure immédiate.

3:26
Aurore Bergé

Envoyer des lettres plafond, dire qu'il y aura 10 milliards d'économies en tenant compte de l'inflation, ça, ça relève des affaires courantes ?

3:31
Présentateur

On a fait la redite, en vérité, du budget de 2024. Il n'y a pas de nouveauté dans ce budget-là. On n'a pas dit, attention, on va ici augmenter la dépense ou au contraire la réduire plus que nous ne l'avions fait, parce que, justement, on considère qu'il n'y a pas la légitimité, comme vous dites, politique démocratique, d'aller au-delà. Par contre, il y a la nécessité institutionnelle, quand même, qui est encore la nôtre aujourd'hui. Et là, vous citiez d'autres démocraties, dans d'autres démocraties, quand pendant des mois, des mois, vous négociez pour que des coalitions puissent exister, alors que nous, ça fait six semaines, pendant des mois, vous négociez, il ne se passe quoi ?

Il ne se passe pas plus rien. Le pays continue quand même, heureusement, à fonctionner et à tenir debout. Et bien, c'est ce qu'on doit, évidemment, faire pour les Français.

4:14
Aurore Bergé

Le Président, vous le disiez, consultera les chefs de partis et de groupes parlementaires demain et lundi. C'est un peu comme s'il avait gagné ses élections et que tout dépendait encore de lui en termes de calendrier. Mais a-t-il encore la légitimité d'être le maître des horloges ?

4:29
Présentateur

C'est le Président de la République, constitutionnellement, qui doit nommer un Premier ministre. Il ne vous aura pas échappé que la tasse, elle est un petit peu plus compliquée que d'habitude, parce qu'encore une fois, il n'y a pas une majorité claire, évidente, naturelle qui se dégage. Donc, la seule question qui doit être posée, à mon sens, demain, au Président de groupe, au Président de parti, et ensuite lundi, c'est que vous n'avez pas de majorité, puisque personne ne peut revendiquer en avoir une. Est-ce que, par contre, vous avez une majorité contre vous ?

Est-ce que si, moi, Président de la République, je nomme quelqu'un issu de vos rangs Premier ministre, est-ce que vous tenez plus de 48 heures, plus d'une semaine, plus de 15 jours ? Parce que c'est ça, le risque. Le risque, c'est l'instabilité politique et institutionnelle permanente. Je ne crois pas que ce soit ce que souhaitent les Français. Le Président de la République, il est garant de l'unité, de l'ordre, de la stabilité aussi du pays.

5:13
Aurore Bergé

Mais là, vous parlez de règles constitutionnelles, j'entends bien. Moi, je vous parle de logique électorale, de légitimité politique. Quelle légitimité il a le chef de l'État aujourd'hui pour, finalement, choisir son candidat ?

5:23
Présentateur

Mais ce n'est pas lui qui choisit son candidat, mais c'est lui qui, constitutionnellement, doit pouvoir nommer. Et je suis désolée de vous dire, parce que c'est la réalité des chiffres, qu'aujourd'hui, personne ne peut revendiquer une victoire en disant « Regardez, ça y est, nous sommes le bloc Mais ça, à la limite, c'est le problème

5:38
Aurore Bergé

des partis qui candidatent, pas du chef de l'État. »

5:41
Présentateur

Oui, mais c'est à lui de choisir, puisque constitutionnellement, c'est à lui de dire « Voilà celui ou celle qui est le plus à même demain, à défaut de rassembler une majorité, de ne pas avoir face à lui une majorité qui lui serait hostile. » Parce qu'encore une fois, j'entends la fable qui veut nous être racontée par le Nouveau Front Populaire. Nommer demain quelqu'un issu du Nouveau Front Populaire, sachant deux critères. Un, qu'ils disent aujourd'hui que les membres de la France Insoumise seraient des membres du gouvernement, c'est s'exposer à une censure immédiate.

Le Bloc Central l'a dit, la droite l'a dit, donc ils savent qu'ils ne tiennent pas plus de 24 heures en ayant des membres de la France Insoumise en leur sein. Et en plus, ils ne peuvent pas revendiquer la victoire. Encore une fois, je me souviens, il y a trois mois, ils nous disaient illégitimes quand on était 250 députés dans le Bloc Central. Ils sont aujourd'hui 193 et ils disent qu'ils ont gagné. En l'occurrence,

6:30
Aurore Bergé

ils sont les plus nombreux.

6:32
Présentateur

Oui, mais ils n'ont pas de majorité et ils nous disaient illégitimes quand nous étions 250. Ils sont 193. Vous voyez bien quand même le paradoxe.

6:39
Aurore Bergé

Moi, j'invite surtout... Sur le fond, on va revenir sur le NFP, juste sur le fond, est-ce que le chef de l'État est prêt, selon vous, à se voir imposer une politique qui n'est pas la sienne ? Parce que c'est tout l'enjeu et ça devrait être la logique issue du résultat des législatives. Ce n'est pas arrivé en tête.

6:53
Présentateur

Non, mais le président de la République l'a dit, il a même écrit dans sa lettre aux Français. Il a reconnu la défaite de manière claire. Il l'a dit, il l'a écrit. Donc, il n'y a aucune ambiguïté. En aucun cas, ni moi, ni aucun membre du gouvernement n'avons jamais, ça aurait été un comble, revendiqué une quelconque victoire. Ça n'est pas le cas. La question, c'est qui peut s'élargir ? Quand vous dites, notamment le NFP, c'est tout notre projet, rien que notre projet, et il n'y aura aucun compromis avec personne, vous n'êtes pas en capacité de vous élargir. Vous n'êtes pas en capacité de compter plus que les 193 députés que vous avez. Alors, sauf qu'au NFP...

Et ça veut dire que vous exposez à la censure immédiate.

7:29
Aurore Bergé

Sauf que ces derniers jours, ça bouge un peu. On lit, on écoute Lucie Castet qui nous dit on sait bien qu'on a une majorité relative, il faudra faire des pas vers les autres. On n'est plus vraiment justement sur tout le programme, rien que le programme. On a des débuts de main tendue. Vous les saisissez ou pas ?

7:43
Présentateur

Sur le fond, je ne les vois pas. Quelles sont les propositions supplémentaires, complémentaires qui ont été faites par le nouveau Front Populaire ? Là, moi, je ne les vois pas en termes de main tendue. En tout cas, il y a une ouverture

7:54
Aurore Bergé

sur le compromis sur leurs propositions.

7:57
Présentateur

Et deuxième élément qui est pour moi le plus important, c'est qu'elle n'a pas renoncé, le NHP n'a pas renoncé à la participation au sein du gouvernement demain de la France insoumise. Moi, j'appelle les sociodémocrates à passer des tweets aux actes. C'est bien de tweeter et en permanence de s'indigner de l'énième proposition délirante de Jean-Luc Mélenchon qui n'a plus aucune légitimité politique. Il n'est pas patron de parti, pas patron de groupe, pas député, pas élu local. Il n'a plus aucune légitimité politique.

8:22
Aurore Bergé

En l'occurrence, il ne fait pas partie des premiers ministrables.

8:25
Présentateur

Mais tant qu'il ne rompt pas avec la France insoumise, il s'expose à la fois, je trouve, à une part de déshonneur mais au-delà de ça, à une censure immédiate qui serait en projet.

8:32
Aurore Bergé

Vous voteriez la censure contre un gouvernement qui comprendrait des ministres et des filles ?

8:37
Présentateur

Immédiatement.

8:38
Aurore Bergé

Immédiatement.

8:39
Présentateur

Mais pourquoi ? Parce que je considère qu'après ce qui s'est passé avec Adrien Quatennens, je considère qu'après ce qui s'est passé quand on n'est pas capable de reconnaître que le Hamas est une organisation terroriste, je considère qu'après ce qui s'est passé encore récemment quand on appelle à la destitution du président de la République, chaque jour, on franchit une ligne rouge.

8:54
Aurore Bergé

C'est le premier groupe de gauche au sein du NFP. Ils ont une légitimité électorale.

8:57
Présentateur

La légitimité électorale d'être un des groupes de l'Assemblée nationale, en effet, mais dans ces cas-là, au sein du groupe Ensemble pour la République, nous sommes plus nombreux en nombre de députés qu'eux. Donc vous voyez, les légitimités, elles peuvent être revues en fonction du point de vue. Moi, je considère surtout que les propos qui sont les leurs, les actes qui sont les leurs, la manière avec laquelle ils exercent la politique sont en permanence des lignes rouges qui ont été franchies. Ce n'est pas juste moi qu'il dit, ce sont justement des députés, des maires, des élus de gauche qu'ils disent. Moi, encore une fois, je les appelle à passer des tweets aux actes.

Je les vois tweeter contre la France insoumise, je ne les vois pas rompre avec la France insoumise. Je crois que certains peut-être sont prêts à le faire qu'ils le fassent vraiment et qu'ils puissent travailler avec les sociodémocrates.

9:39
Aurore Bergé

Vous avez un espoir de désarimer le parti socialiste du NFP encore ?

9:42
Présentateur

Mais je crois que c'est souhaitable et d'ailleurs, quand ils l'ont fait au moment des européennes, j'ai l'impression que ça leur a plutôt porté chance d'ailleurs. J'ai l'impression qu'ils n'ont pas eu besoin de la France insoumise au moment des élections européennes pour devenir le premier bloc de gauche et j'ai l'impression qu'ils ont mené une campagne avec des différences évidentes avec celles que nous avons menées mais une campagne qui était une campagne honorable sur le fond et sur la forme. Donc ça veut dire que c'est possible. Je lis aussi ce que dit Raphaël Glucksmann qui a mené cette campagne au moment des élections européennes.

Donc moi, je pense qu'on a des sociodémocrates sincères qui ne se reconnaissent pas dans les outrances systématiques de la France insoumise et cette volonté d'ailleurs de division systématique de la France insoumise. Il est un opposant politique donc ce serait compliqué qu'il dise oui au président de la République. En revanche, ce que je note, c'est qu'au sein du bloc de gauche, lui considère que c'est un déshonneur de s'allier avec la France insoumise et avec Jean-Luc Mélenchon et tant mieux.

10:36
Aurore Bergé

Alors, quelle coalition possible pour vous ? Est-ce que c'est forcément d'abord vers les LR que les macronistes doivent se tourner ?

10:43
Présentateur

Ce qui est intéressant puisque vous m'aviez dit au début que finalement c'était inutile ces dernières semaines. Moi, je ne vais pas considérer que ces dernières semaines étaient inutiles notamment parce que justement on a des gens qui ont fait des pas notamment vers nous. Je vois la droite qui en effet a fait un pacte législatif en proposant qu'on puisse travailler ensemble. Moi, ce que j'espère, c'est que ça puisse s'élargir encore avec des sociodémocrates qui encore une fois ne se reconnaissent plus dans les outrances de la France insoumise.

Mais ça veut dire qu'on voit qu'on a un bloc central, qu'on a la droite qui est en capacité qui elle n'est pas liée par une quelconque alliance contre nature qui est libre de ces mouvements, qui est libre demain d'entrer dans une coalition gouvernementale ou sans participer à un gouvernement pouvoir soutenir une initiative puisque c'est plutôt ce qu'a laissé entendre le renvoquer.

11:28
Aurore Bergé

On n'ira pas dans un gouvernement avec vous.

11:30
Présentateur

Lui, en tout cas, non, mais j'entends un certain nombre de personnalités de droite, d'élus de droite être en capacité de le dire, de grands élus locaux notamment, sans doute forcément peut-être des parlementaires, mais ça veut dire qu'on a cette possibilité nous de s'élargir et vous n'aura pas échappé puisque vous faites beaucoup de mathématiques ce matin, que le bloc de droite et le bloc central sont plus nombreux que le nouveau Front Populaire.

11:52
Aurore Bergé

Vous parliez de discussion pendant cette semaine-là. Ça discute en ce moment en coulisses ? Parce qu'il y a des envois de lettres, des échanges, pas vraiment d'ailleurs, des échanges épistolaires, mais on discute en coulisses, il se passe des choses ?

12:03
Présentateur

Mais heureusement que les gens discutent. Heureusement qu'on est quand même dans un pays démocratique et civilisé qui fait que non seulement on peut s'écrire parce que la France est un grand pays épistolaire, mais qu'au-delà de ça, on est en capacité de se parler et d'échanger. Et moi, j'échange autant avec des élus d'ailleurs venus de la droite qu'avec des sociodémocrates qui ont peut-être enfin envie de rompre avec la France.

12:21
Aurore Bergé

On ne fait pas semblant de discuter là. Les consultations, par exemple, à partir de demain, ce n'est pas pour faire semblant.

12:26
Présentateur

Je ne crois pas, non. Je crois que c'est nécessaire et utile. Mais la question que j'ai posée, est-ce que si demain, moi, président de la République, je nomme quelqu'un issu de vos rangs, est-ce que vous savez garantir non pas que vous aurez une majorité puisque personne n'en est capable, en tout cas une majorité absolue, mais que vous ne serez pas censuré dès le lendemain ? Parce que si vous êtes censuré dès le lendemain, tout ça, finalement, c'est que du vent. Ça veut dire que les propositions qui sont mises sur la table, les propositions de réformes qui sont mises sur la table ou de dépenses ici nouvelles ou autres, eh bien, en vérité, n'existent pas.

Donc, ça veut dire que chacun doit revenir à la raison. La raison, c'est que personne n'est en capacité de revendiquer une quelconque majorité ni une quelconque victoire à l'issue des législatives et ça suppose du compromis. Mais ça veut dire qu'il faut aussi borner ce compromis par des lignes rouges à la fois sur avec qui on est prêt à gouverner et puis jusqu'où on est prêt à aller sur le fond.

13:15
Aurore Bergé

Parlons un peu casting. Avec quelle figure à la tête de ce gouvernement potentiel ? Vous, vous êtes très pro Xavier Bertrand ?

13:20
Présentateur

Je ne suis pas pro X ou Y. J'entends que certains ont fait presque un acte de candidature et tant mieux qu'on ait des hommes et des femmes qui aient envie aussi de devenir Premier ministre dans notre pays. Après, c'est la décision souveraine qui sera celle du Président de la République évidemment sur la base justement des consultations sur la base de qui n'a pas une majorité contre lui qui le censurait des lendemains. J'aimerais surtout au-delà du casting qu'on parle du fond justement parce que je crois que c'est ça qui est important. On a des messages clairs qui nous ont été envoyés à tous d'ailleurs quels que soient nos territoires pendant ces élections législatives.

On a 11 millions de Français, 11 millions de Français qui ont voté pour le Rassemblement National. On ne va pas faire semblant quand même. C'est un fait politique majeur.

14:00
Aurore Bergé

Ça veut dire que la ligne politique doit se droitiser ? Mais ce n'est pas ce que je dis.

14:04
Présentateur

Ça veut dire qu'il faut juste être lucide sur le vote des Français et sur les raisons qui ont poussé à ce vote. On a parlé surtout du pouvoir d'achat donc ça veut dire la question des salaires et de la nécessité de l'augmentation de ces salaires. C'est pour ça que je crois beaucoup à l'idée d'avoir une conférence sociale avec l'ensemble des partenaires sociaux qui puissent démarrer très vite à l'automne de manière à ce qu'on parle de cette préoccupation qui est je crois la préoccupation principale aujourd'hui des Français.

14:26
Aurore Bergé

C'est aussi la préoccupation de Lucie Castex quand on cite ses priorités pouvoir d'achat, service public je crois aussi que c'est la vôtre il y a donc des points communs.

14:34
Présentateur

Mais encore une fois moi je ne la connais pas donc je n'ai pas de sujet personnel ou d'inimitié ni d'amitié personnelle avec elle. Je crois que comme beaucoup de Français je ne la connais pas. La question elle n'est pas là. La question elle est est-ce que si demain elle est nommée elle tient plus de 24 ou 48 heures alors qu'elle n'a pas de majorité pour mais qu'elle a sans doute une majorité contre elle et jusqu'où est-elle prête à aller ? Est-ce qu'elle est prête à renoncer à la participation de la France insoumise ou pas ?

Je ne l'ai toujours pas entendu le dire et en effet sur le fond je crois qu'il y a cette nécessité de continuer à renforcer nos services publics comme nous l'avons fait évidemment sur des priorités essentielles sur l'école et sur la santé et sur l'ensemble des services publics de proximité. Je crois qu'on a ce qu'on veut préparer comme monde pour nos enfants.

Moi je suis préoccupée par la baisse de la natalité je crois que c'est un sujet majeur qui doit nous préoccuper par la question de la dépendance et du bien vieillir qui préoccupe nos familles par la question du dérèglement climatique par des enjeux de valeur comme la question de la lutte contre toutes les formes de violences notamment faites aux femmes faites aux enfants la lutte contre l'antisémitisme alors qu'on a vu le regain malheureusement d'antisémitisme dans notre pays c'est ça dont je crois qu'il serait urgent de pouvoir discuter.

15:41
Aurore Bergé

Un mot encore du casting avant de passer à autre chose on a entendu parler à gauche de Bernard Cazeneuve ces derniers jours surprise du maire socialiste de Saint-Ouen Karim Boamran ça c'est le candidat de gauche un peu idéal pour vous Karim Boamran anti-LFI

15:52
Présentateur

J'ai pas un candidat ni de droite ni de gauche idéal moi ce que je veux c'est qu'on puisse garantir de la stabilité et de l'unité pour ce pays ce que je ne veux pas c'est qu'on se retrouve dans une nouvelle crise institutionnelle voire politique avec demain encore une fois des gouvernements qui seraient renversés toutes les semaines tous les 15 jours parce que je crois que ça ne serait pas souhaitable et ça veut dire que vous n'avez plus aucun processus législatif qui peut aboutir ça veut dire que les sujets auxquels on croit on ne pourra plus en discuter à l'Assemblée Nationale parce qu'il tomberait systématiquement toutes les semaines ou tous les 15 jours je ne crois pas que ce soit souhaitable on a montré pendant les Jeux qu'il y avait parfois de l'unité qui pouvait prévaloir ce serait bien que cet esprit-là puisse quand même perdurer

16:34
Aurore Bergé

Aurore Berger quoi qu'il arrive quel avenir vous voyez vous au macronisme et à son parti au parti Renaissance aura-t-il un avenir ce parti une fois qu'Emmanuel Macron ne sera plus au pouvoir

16:44
Présentateur

Pourquoi n'en aurait-il pas ?

16:45
Aurore Bergé

Parce qu'il s'est construit autour d'Emmanuel Macron

16:47
Présentateur

Une mort programmée Vous savez il y a ceux qui disaient en 2017 qu'Emmanuel Macron ne serait pas candidat qu'ensuite il n'obtiendrait pas ses parrainages qu'ensuite il ne passerait pas la barre du premier tour qu'il ne serait pas élu qu'il n'aurait pas de majorité qu'il ne serait pas réélu en 2022 Premier président de la République à avoir été réélu sans sortir de cohabitation et avec une majorité en effet relative mais une majorité tout de même qui est tenue pendant deux ans et qui a permis que des réformes majeures avec lesquelles on peut avoir des désaccords mais des réformes majeures soient adoptées donc il a fait cette démonstration-là et ça veut dire que collectivement on a réussi à faire cette démonstration-là Est-ce que les Français veulent revenir à un débat qui serait uniquement un débat de clivage droite-gauche ?

Je ne crois pas et je crois que les partis eux-mêmes sont traversés par cette volonté-là de dépassement

17:29
Aurore Bergé

Quel avenir pour Renaissance ? Ce matin Elisabeth Borne lance un peu la guerre de succession puisque l'ancienne première ministre annonce cette candidate à la direction de Renaissance s'il y a un congrès cet automne Vous la soutiendrez ?

17:41
Présentateur

Elle aura tout mon soutien Ce n'est pas une guerre de succession C'est juste une vie normale d'un parti politique et démocratique et qui élit lui son secrétaire général Je crois qu'elle a démontré qu'elle a été ministre première ministre Elle a été réélue députée dans un territoire très difficile qu'elle a disputé face au rassemblement national et je crois qu'on a besoin de cet esprit collectif et de cet esprit de rassemblement

18:03
Aurore Bergé

Vous dites que ce n'est pas une guerre mais elle nous dit si Gabriel Attal est candidat il devra forcément quitter le poste de président du groupe à l'Assemblée ça donne un peu le ton

18:08
Présentateur

Non mais ce n'est pas une guerre tout simplement parce qu'encore une fois elle n'anticipe pas un calendrier c'est prévu qu'il y ait une élection J'ai eu l'honneur d'être présidente de groupe Je sais l'engagement qu'il faut pour l'aide et je sais qu'on ne peut pas l'être à mi-temps C'est un temps plein et je crois que Gabriel Attal on a de la chance qu'il soit président de groupe Il a souhaité l'être et je crois qu'il souhaite surtout le rester et je crois que ce serait bien que justement les deux anciens premiers ministres ou futurs anciens premiers ministres dans le cas de Gabriel Attal puissent être à la fois président de parti et président de groupe je crois que ça envoie aussi un signal

18:38
Aurore Bergé

Et en termes de ligne politique l'avenir de Renaissance c'est justement la ligne de Gabriel Attal ou celle de Gérald Darmanin ?

18:45
Présentateur

Mais c'est justement ce qu'on doit discuter quand on a un congrès d'un parti politique c'est la ligne politique qui doit prévaloir au-delà de la personnalité qui doit ensuite réussir à l'incarner La force d'Elisabeth Borne c'est qu'elle a réussi à incarner dans une majorité qui était déjà relative la question du compromis et je crois encore une fois que l'esprit de nuance la question du compromis ce n'est pas des gros mots en politique c'est plus difficile que l'outrance en fait beaucoup plus difficile à construire

19:09
Aurore Bergé

Et vous, quelle place vous souhaitez prendre dans cette réorganisation du parti ?

19:13
Présentateur

En tout cas moi je serai aux côtés d'Elisabeth Borne pour mener cette campagne continuer à me déplacer dans les territoires moi je suis retrouvée dans les territoires justement nous n'avons plus nous de députés issus du bloc central parce que c'est là où en priorité on doit aller justement pour mener des combats qui sont des combats politiques sur des thématiques dont je vous parlais qui me paraissent absolument déterminantes

19:33
Aurore Bergé

En parlant de combat à venir est-ce qu'on ne va pas tout droit finalement vers une nouvelle dissolution en juin 2025 ?

19:38
Présentateur

Je ne crois pas et je ne l'espère pas et je crois surtout que si chacun est obsédé en tant que député par sa future réélection dans un an si jamais nouvelle dissolution voire dans deux ans voire dans trois ans ce qui est certain c'est que personne n'a intérêt au compromis parce que évidemment vous expliquez à ceux qui vous ont élus sur un territoire de droite que vous allez peut-être faire des compromis avec la gauche sur un territoire de gauche que vous allez peut-être faire des compromis avec la droite vous n'y avez aucun d'intérêt électoral mais si on veut dépasser cet intérêt électoral il faut se mettre dans l'optique qu'il n'y aura pas une nouvelle dissolution et que nous n'avons pas d'autre choix que d'arriver à créer cette coalition et à réussir à travailler ensemble en se mettant d'accord sur le fond évidemment et sur les sujets qui sont importants

20:15
Aurore Bergé

Dernier mot Orberger vous avez parlé du succès des JO il y a les paralympiques qui arrivent est-ce que cette crise politique en pleine rentrée ne risque pas de gâcher ces jeux paralympiques dont la réussite est tout aussi importante en matière d'inclusion

20:26
Présentateur

d'accessibilité ? Vous avez vu d'ailleurs qu'on a toujours parlé de manière commune des jeux olympiques et des jeux paralympiques on n'a jamais dissocié les deux il y a pour la première fois un relais de la flamme paralympique qui va pouvoir démarrer à partir de la semaine prochaine la billetterie a explosé

20:42
Aurore Bergé

Vous ne craignez pas la concomitance la crise politique Jeux paralympiques ?

20:44
Présentateur

Moi je crois surtout que pour la première fois on a parlé quasiment autant des jeux olympiques des jeux paralympiques j'ai vu le changement de regard j'ai vu le changement des publicités c'est très intéressant de voir que pour la première fois on a des athlètes paralympiques qui sont au coeur de ces images-là de l'imagerie de la fête populaire sur la cérémonie d'ouverture il y avait des athlètes olympiques et paralympiques parce que ce sont des athlètes à part entière j'ai eu la chance d'en rencontrer certains d'entre eux ce sont des athlètes exceptionnels par leur résilience par leur histoire par leur courage je suis très rassurée de voir la billetterie qui a explosé je crois que ça c'est un très beau signe

21:14
Aurore Bergé

Et les médias et Radio France seront aussi au rendez-vous de ces jeux paralympiques Merci beaucoup Aurore Berger invité de France Inter ce matin Aurore Berger