Lieux culturels fermés : le sénateur Patrick Kanner dénonce "une forme d'acharnement"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Est-ce que pour éviter une troisième vague, vous soutenez les décisions du président de la République et du Premier ministre ?
- 1:20ComplaisanteRéponse partielle
Ces incohérences, Patrick Cannaire, le président considère en fait que c'est plutôt parce que nous avons mieux géré que nos voisins européens.
- 1:52OuverteRéponse directe
Patrick Cannaire, y a-t-il matière à se féliciter tout de même sur la gestion de ce reconfinement limité ?
- 3:06OuverteRéponse directe
Un mot sur le sport, vous avez été ministre des sports. La ministre des sports confirme que les activités sportives pour les mineurs pourront reprendre en intérieur. Comment est-ce qu'on fait du judo, par exemple, sans se toucher ?
- 4:22OuverteRéponse directe
Que pensez-vous du choix de laisser les théâtres et les cinémas fermés ?
- 4:54RelanceRéponse directe
Diriez-vous qu'il y a, au fond, une vision derrière ces choix difficiles ? D'une certaine façon, les salles de spectacle non essentielles, les grands magasins essentiels ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« Oui, je les soutiens parce que je pense qu'il faut mettre la protection sanitaire des Français en avant, avant toute autre préoccupation, naturellement. »
- 2:01Invité politiqueChiffre
« Il est clair que nous sommes passés, au moment de la crise et du pic de la deuxième vague, nous sommes passés de 50, 55 000, 60 000 cas par jour à 10, 12, 13 000 depuis hier soir. »
- 7:00Invité politiqueChiffre
« Je vous rappelle qu'à la fin du quinquennat précédent, à l'époque de Marisol Touraine, on était à 750 millions de masques chirurgicaux et qu'on est tombé à 50, 60 millions de masques parce qu'on a détruit des masques soi-disant périmés. »
- 5:05Invité politiqueFait
« Il y a une forme d'acharnement. Une forme d'acharnement, je crois qu'il faut voyer les mots « jus » à l'égard du monde de la culture. »
- 6:36Invité politiqueFait
« Nous avons découvert, la commission d'enquête, par ses moyens d'investigation, qui sont exceptionnels. Il a réussi à découvrir des mails, des échanges de mails entre M. Salomon et l'agence Sécurité France, Sécurité Sanitaire France, qui montrent justement qu'il n'a pas donné les bonnes consignes. »
- 7:00Invité politiqueFait
« Je vous rappelle qu'à la fin du quinquennat précédent, à l'époque de Marisol Touraine, on était à 750 millions de masques chirurgicaux et qu'on est tombé à 50, 60 millions de masques parce qu'on a détruit des masques soi-disant périmés. »
- 10:30Invité politiqueFait
« Je pense que nous avons en tant que politique une complarité. Il faut rassurer les Français. »
- 12:19Invité politiqueFait
« La question des violences sur les Black Blocs doit être totalement circonscrite. Je pense qu'il ne faut pas mélanger ces manifestations pour défendre les libertés individuelles et les libertés collectives avec des personnes qui ne respectent pas les règles de la République, les valeurs de la République. »
- 14:03Invité politiqueChiffre
« Les libertés liés notamment à l'utilisation massive des ordonnances, 67 ordonnances dans des domaines qui relèvent de la loi et notamment individuelles et libertés publiques, ont été prises par le gouvernement. »
- 15:11Invité politiqueFait
« Alors, nous avons un texte aujourd'hui de 51 articles. Certains articles sont utiles, disons-le, notamment, je pense, à l'accadrement du financement des cultes. »
- 20:46Invité politiqueChiffre
« Alors, concrètement, les pots cassés vont être par le sport professionnel. Ce sont des recettes, des centaines de millions d'euros de recettes qui ne reviendront pas dans les caisses et l'accord qui a été trouvé permet simplement de limiter la casse. »
- 24:17Invité politiqueFait
« Alors, je considère qu'il faut réparer une anomalie démocratique qui s'est déroulée en 2015, à savoir que la gauche a disparu des radars de la région et va disparaître pendant cinq ans à ce stade. »
Temps de parole
- Patrick Kanner57 %
- Présentateur14 %
- Présentateur 213 %
- Invité11 %
- ?3 %
≈ 20 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour
à tous, bienvenue dans le 8.30 France Info, à mes côtés Myriam Ancawa, bonjour Myriam. Bonjour Mathéo, bonjour à tous. Journaliste à la chaîne parlementaire, notre invité ce matin, via un logiciel d'appel vidéo bien connu, est président du groupe socialiste au Sénat. Bonjour Patrick Kenner.
Bonjour Madame.
Le gouvernement a donc décidé de sauver Noël, mais pas le nouvel an, couvre-feu à 20h à partir de mardi soir, sauf pour la soirée du 24 décembre. Est-ce que pour éviter une troisième vague, vous soutenez les décisions du président de la République et du Premier ministre ?
Oui, je les soutiens parce que je pense qu'il faut mettre la protection sanitaire des Français en avant, avant toute autre préoccupation, naturellement, mais comme n'importe quel citoyen est en tant que responsable politique, parfois je m'étonne de l'incohérence des décisions. Voilà, passer Noël en famille et ouvrir, y compris en permettant des déplacements après le couvre-feu, qui sera instauré partout ailleurs au niveau de la chronologie des événements, c'est un peu curieux, et liquider, permettez-moi l'expression, le 31 décembre, qui est aussi une fête importante pour énormément de nos concitoyens. Donc voilà, il y a des incohérences.
Alors ces incohérences, Patrick Cannaire, le président considère en fait que c'est plutôt parce que nous avons mieux géré que nos voisins européens. C'est pour ça que nous serions plus cléments, notamment la soirée du réveillon de Noël. On va écouter le chef de l'État. Nous avons mieux géré, en tout cas, ce reconfinement que l'Italie ou l'Allemagne. Emmanuel Macron s'est exprimé hier depuis Bruxelles.
Nous
avons réussi à beaucoup mieux maîtriser l'épidémie. Ce qui fait qu'aujourd'hui,
nous
sommes l'un des pays d'Europe qui maîtrise le mieux l'épidémie.
Et
c'est un fait.
Alors, Patrick Cannaire, y a-t-il matière à se féliciter tout de même sur la gestion de ce reconfinement limité
? Il
est clair que nous sommes passés, au moment de la crise et du pic de la deuxième vague, nous sommes passés de 50, 55 000, 60 000 cas par jour à 10, 12, 13 000 depuis hier soir. Donc, bien sûr qu'il y a un progrès. Et donc, il faut s'en féliciter, comme l'a fait le président de la République. Simplement, aujourd'hui, nous avons une population française qui souffre énormément de ce confinement, de ces limitations aux libertés individuelles. Et l'appel qui est lancé, finalement, par chacun d'entre nous à la présidence, à l'exécutif, c'est « Sachez assouplir quand cela est nécessaire ». Alors, les mesures qui sont prises offrent des perspectives
pour
les stations de ski,
qui
vont
venir
leur télésiège le 7 janvier prochain, si tout va bien. Je m'en fiche, il n
'y
a pas de malentendus. Simplement, la question qui est posée, c'est que ça ne peut pas exonérer le gouvernement de ses responsabilités antérieures. Regardons devant nous, naturellement, il faudra bien faire le bilan quand même.
On
va reparler, de toute façon, de la commission d'enquête du SELA dans un instant, Patrick Cannaire,
et
de la culture. Mais un mot sur le sport, vous avez été ministre des sports. Vous parliez des décisions incohérentes. La ministre des sports, Oxalama Racineanu, dit hier soir sur France Info, confirme que les activités sportives pour les mineurs pourront reprendre en intérieur. Mais en respectant les gestes barrières, et donc en n'étant pas au contact. Comment est-ce qu'on fait du judo, par exemple, sans se toucher
? Vous
savez, ça fait partie de ces messages un peu infantilisants qu'on envoie aux Français. C'est tout juste si on ne vous dit pas comment il faut s'habiller pour pratiquer tel sport. Depuis maintenant plusieurs mois, le gouvernement essaye d'inculper la manière dont ils doivent vivre. Je pense qu'il faudrait faire plutôt appel à leur sens des responsabilités. Et il est vrai qu'en intérieur, faire des sports de combat, c'est impossible sans pouvoir être en contact. Alors on peut faire de la musculation,
on
peut faire, entre guillemets, des assouplissements, mais pas plus que cela. Donc
le
langage porté
par
la ministre des Sports n'est pas compréhensible par les clubs. J'aurais préféré plutôt qu'on donne des moyens, notamment au secteur associatif, qui souffre énormément aujourd'hui par la perte de licenciés, mais aussi par la perte de bénévoles, parce qu'il n'y a plus aujourd'hui de contrat aidé dans les clubs sportifs français. Et
la culture, alors, que pensez-vous du choix de laisser les théâtres et les cinémas fermés ? On va peut-être écouter un représentant de ce monde-là, directeur de théâtre à Rouen, David Bobet, ne comprend pas.
Un
sentiment d'injustice très grand. Pourquoi les lieux de culte et pas les lieux de culture ? Pourquoi des queues immenses chez Zara et pas de possibilité d'accueillir du public dans des théâtres, dans des protocoles sanitaires extrêmement stricts, qui avec une jauge limitée, respectent vraiment les consignes de sécurité ?
Des
théâtres qui n'ont jamais été des lieux de contamination ?
Diriez-vous qu'il y a, au fond, une vision derrière ces choix difficiles ? D'une certaine façon, les salles de spectacle non, non essentielles, les grands magasins essentiels
? Il
y
a
une forme d'acharnement. Une forme d'acharnement, je crois qu'il faut voyer les mots « jus » à l'égard du monde de la culture. Pourquoi, très concrètement, permettre, et heureusement, les transports parfois saturés, je pense au Métro Paris, par exemple, ou le RER, ou les métros en province de Lille, se retrouver à empêcher les cinémas de fonctionner, les théâtres de fonctionner, les musées de fonctionner ? Je ne comprends pas. Il y a là vraiment, tout à l'heure je vous parlais d'incohérence, il y a là vraiment une incohérence, une injustice, une forme d'acharnement,
et
le gouvernement se trompe
sur
ce dossier-là, parce que chacun sait que tous ses propriétaires, ses gestionnaires de salles de spectacle, de salles de culture, ont fait d'énormes efforts pour préserver les conditions sanitaires. Donc faisons leur confiance,
faisons confiance.
Justement, parlons du Sénat, où vous officiez, Patrick Cannaire, la commission d'enquête du Sénat sur la gestion de la crise sanitaire, à câble, Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, l'accuse d'avoir fait pression sur un rapport d'expert qui contredisait sa décision sur la commande de masques. Accusation démentie, totalement démentie, par le directeur général de la Santé. Seul un juge pourra trancher finalement ce litige et cette parole-contre-parole ?
Alors,
vous savez, M. Salomon est venu en audition au Sénat devant la commission d'enquête sous serment. Nous avons découvert, la commission d'enquête, par ses moyens d'investigation, qui sont exceptionnels. Il
a
réussi à découvrir des mails, des échanges de mails entre M. Salomon et l'agence Sécurité France, Sécurité Sanitaire France, qui
montrent
justement qu'il n'a pas donné les bonnes consignes. Peut-être même qu'il a voulu écraser un rapport, écraser un rapport permettant de reconstituer un stock d'un milliard, grosso modo, de masques chirurgicaux. D'ailleurs, ils sont accablants. Les chiffres sont accablants. Je vous rappelle qu'à la fin du quinquennat précédent, à l'époque de Marisol Touraine, on était à 750 millions
de
masques chirurgicaux et qu'on est tombé à 50, 60 millions de masques parce qu'on a détruit des masques soi-disant périmés. Il fallait reconstituer le stock. Et pour des raisons budgétaires, très clairement. Et donc, cela implique la stratégie budgétaire de la ministre. M. Salomon a pris une initiative, je pense, malheureuse de ne pas reconstituer les masques. Donc, cela, c'est un constat. Nous donnons finalement un constat. Nous ne sommes pas des juges
du
Sénat. C'est à la justice éventuellement, s'il y a des recours, de poursuivre cette investigation en tant que telle. Donc, le Sénat a fait son travail, comme ça, sur l'enquête. Et on est dans une enquête très célèbre du nom d'un ancien collègue du président de la République.
Vous restez évidemment avec nous, Patrick Cannaire. Jusqu'à 9h, on a encore beaucoup de thèmes à voir avec vous. Et j'en profite, on est aussi parfois un peu nous-mêmes victimes collatérales de l'épidémie de Covid. Vous êtes à distance et parfois, il y a des petites coupures dans la liaison avec vous. On prie nos téléspectateurs et auditeurs de nous en excuser. Il est 8h41. Diane Ferschit, le Filinfo.
L
'épidémie de coronavirus 13400. Nouveau cas détecté hier, chiffre stable. Le nombre d'hospitalisations en réanimation diminue légèrement. À partir de mardi, le couvre-feu des 20h prendra la suite du confinement. Un deuxième confinement qui a mis dans le rouge beaucoup de commerce, estime sur France Info. L'économiste Anne-Sophie Alsif, ça se traduit, selon elle, par davantage de faillites. Et aux Etats-Unis, les premiers vaccins contre le coronavirus seront administrés dans moins de 24 heures, déclaration de Donald Trump, alors que le vaccin de Pfizer et BioNTech a obtenu une autorisation en urgence.
Dans l'immédiat, 3 millions de doses vont être directement expédiées du laboratoire vers les hôpitaux, les pharmacies, ainsi que vers des sites mis en place par les Etats. 7 membres présumés de l'ultra-gauche, mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes, interpellés en Dordogne et en Ile-de-France, les enquêteurs n'excluent pas la préparation d'une attaque contre des forces de l'ordre, de quoi fabriquer un engin explosif a notamment été retrouvé. L'accord doit encore être validé, mais le conflit entre Mediapro et la Ligue de football professionnelle est en passe d'être réglé.
Le groupe sino-espagnol accepte de verser 100 millions d'euros à la Ligue contre l'absence de poursuites judiciaires. Invoquant la crise sanitaire, Mediapro n'a pas payé ses échéances pour les droits télé. La super cagnotte de l'euro-million remportée en France, jackpot de 200 millions d'euros. Le gagnant a désormais 120 jours pour se faire connaître auprès de la Française des Jeux.
France
Info.
Le 8.30 France Info avec Patrick Caner et Myriam Ancaouar. Allez-vous vous faire vacciner, Patrick Caner, y compris avec le vaccin Pfizer ou AstraZeneca à l'ARN messager
? Oui,
avec une petite réserve. C'est que j'ai été touché par
le
19 en mars dernier. Donc je porte encore des anticorps et j'en suis très heureux.
Je
souhaite que dans ce type de situation, nous puissions alerter les 4, 5, 6 millions de Français qui ont fait la Covid sur l'opportunité et les risques en la matière. Mais sur le principe, naturellement, je me ferai vacciner si tout cela est réglé.
Et les responsables politiques, le président de la République, doit-il montrer l'exemple devant les caméras ? On sait que les anciens présidents américains vont le faire.
Écoutez, c'est à lui d'en décider. Je ne suis pas son membre en la matière. Je pense que nous avons en tant que politique
une
complarité. Il faut rassurer les Français. Et je pense que pour rassurer, il faut montrer effectivement que nous n'avons pas peur d'éventuelles conséquences de vaccins. Très honnêtement, je pense que l'équilibre entre l'avantage
et
les gens pèse beaucoup plus sur les avantages. Et j'en suis très heureux. Je pense qu'il faut une immunité population nationale.
Et
ça,
c
'est très important.
Rassurer les Français, ça aurait été aussi de leur proposer un vaccin français. Puisque les enquêtes d'opinion le montrent, ils sont plus pronds à accepter ce vaccin s'il était français. Ça, ce ne sera pas le cas puisque Sanofi, Fleuron français de l'industrie pharmaceutique, a été obligée d'accepter une forme d'échec, retard sur le vaccin. Le premier échec sur les vaccins sera donc français. C'est un échec aussi politique d'une certaine façon.
Vous
savez, dans la
France,
on a vécu beaucoup d'échecs. La stratégie testée, tracée, isolée a un échec, notamment sur l'isolement, mais aussi beaucoup sur le traçage. Donc la France peut se réjouir d'avoir peut-être au moins le cas aujourd'hui que ses voisins européens ont
été
dit au début de notre entretien. Mais sur bien d'autres aspects, nous ne sommes pas les meilleurs, loin de là.
Plusieurs centaines de Français, Patrick Caner, vont encore manifester aujourd'hui contre la proposition de loi sécurité globale. elle va arriver au Sénat au début 2021, on va en parler ensemble. Mais en attendant le Sénat, en attendant qu'elle soit réécrite, les opposants descendent dans la rue. Est-ce qu'ils ont raison de continuer à manifester, ces opposants ? Et comment sortir aussi, sachant que le cortège à Paris est auto-officiellement interdit aujourd'hui, de la spirale de violences qui accompagne désormais quasiment chaque manifestation dans la capitale depuis trois ans
?
La question des violences sur les Black Blocs doit être totalement circonscrite. Je pense qu'il ne faut pas mélanger ces manifestations pour défendre les libertés individuelles et les libertés collectives avec des personnes qui ne respectent pas les règles de la République, les valeurs de la République.
Et
donc là, je demande la plus grande fermeté,
c
'est tolérance avec les Black Blocs. Malheureusement, ce n'est pas la première fois, pas la dernière fois que nous aurons malheureusement ce type de débordement, surtout, disons-le, à Paris où il y a une organisation spécifique. Moi, je demande au ministère de
l
'Intérieur de faire non seulement de la répression pendant les manifestations,
mais aussi
de la vigilance avant les manifestations. Il faut prévenir ces incidents. Ils font besoin de ce fameux article 24 de la loi de sécurité globale, qui a été rajouté, je le rappelle, par le ministère de l'Intérieur dans le cadre d'une proposition de loi. Est-ce qu'on avait besoin aujourd'hui d'une manifestation alors que le pays
doit
être, sur le plan économique, doit faire face à une crise sociale et se prépare à une crise sanitaire
qui
est en cours ? Est-ce que cela a été utile ? On a l'impression qu'on a voulu agiter un chiffon rouge pour courir après les discours peut-être les plus durs en termes de valeurs régaliennes, alors que ce n'est pas la préoccupation des Français. Donc,
je pense que la raison...
On
comprend bien que
vous militez pour la suppression de cet article 24. D'ailleurs, il arrive au Sénat.
On
verra le sort que vous lui réservez à la Haute Assemblée. De façon plus générale, pensez-vous qu'il y a une atteinte manifeste et grave aux libertés dans ces temps de crise sanitaire et face à la menace terroriste ? Beaucoup de vos collègues à gauche parlent même de dérive autoritaire.
Oui,
les libertés liés notamment à l'utilisation massive des ordonnances, 67 ordonnances dans des domaines qui relèvent de la loi et notamment
individuelles
et libertés publiques, ont été prises par le gouvernement. Encore une fois, préserver la santé des Français en limitant leur liberté de circulation. On peut l'entendre, mais avec des limites qui soient contrôlées par le Parlement. Et aujourd'hui, le Parlement, disons-le clairement, n'est pas bien traité. Nous sommes associés, mais
nous avons
le pouvoir finalement de contrôler l'action du gouvernement. Et notamment, et sans rentrer dans un détail de technique parlementaire, nous n'avons
pas
de ratification sur les ordonnances, ce
qui
veut dire que le Parlement n'a pas les moyens de vérifier comment la loi a été utilisée, comment les ordonnances ont été utilisées. Donc, je le regrette profondément.
Alors, il y a un autre texte qui va arriver au Sénat, sous peu, ex-projet de loi séparatisme, désormais le projet de loi confortant les principes républicains selon la nouvelle nomination officielle.
Est
-ce que vous voterez ce texte ? Est
-ce
que vous voterez pour ce texte ? Est-ce que vous le trouvez équilibré ? Ou
liberticide ? Ou les deux ? Alors, nous avons un texte aujourd'hui de 51 articles. Certains articles sont utiles, disons-le, notamment, je pense,
à
l'accadrement du financement des
cultes.
Il y a des trous dans la raquette. Et ce texte, manifestement, apporte des réponses, en espérant naturellement qu'il ne soit pas contraire à la liberté de culte. Il y a des réponses aussi en matière
de
protection, notamment des femmes. Je pense au fameux certificat de virginité
qui
sera prohibé.
Donc,
des choses qui peuvent être votées. Par contre, moi, je regrette énormément qu'on s'attaque aux conséquences et notamment au séparatisme qui est prôné par des prêcheurs de haine qui s'attaquent à des proies, notamment dans les quartiers prioritaires de la ville. Et j'ai été aussi ministre de la ville. Par contre, je ne vois rien. Je ne vois rien
sur,
finalement, l'explication, sur les causes, sur le terreau. Il n'y a pas de bienveillance à l'égard de ces quartiers. La politique de la ville a été quasiment enterrée. Vous
mettez
notamment le fameux rapport Borloo. Et moi, je regrette qu'il n
'y
ait pas un équilibre.
Le gouvernement
promet un texte ultérieur sur la question de l'égalité des chances et la question de la mixité sociale sur le logement. D'un mot, vous parlez d'une seule voix, désormais, sur la laïcité. Vous a longtemps reproché une forme d'ambiguïté, de manque de clarté sur ce sujet.
Je voudrais simplement terminer en disant qu'il n'y
a
pas de république forte sans république bienveillante. Et si ce texte
est fort
à l'égard du séparatisme, il ne peut pas se limiter à cela. Vous évoquez un texte sur de nouvelles, je dirais, chances sociales pour les quartiers. Tant mieux. Mais ce texte, nous n'avons pas vu encore une seule ligne. Donc, manifestement, ce gouvernement Emmanuel Macron marche d'abord sur sa jambe droite avant de penser à sa jambe gauche. Le en même temps n'existe pas en la matière. Sur la laïcité, je crois que nous avons été clairs.
Nous avons
anticipé à la fameuse marche contre l'islamophobie. Et c'était un très bon choix d'Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. Et pour nous, la laïcité est entièrement liée, une confusion avec le message des socialistes depuis notre histoire, très concrètement. Nous considérons effectivement, comme le disait très simplement Aristide Briand, que la loi protège les révolutions, mais la religion n'a aucun cas dicté la loi. C'est dans cet équilibre que nous pourrons travailler et fonctionner ensemble. C'est une nation digne, une nation surtout qui respecte l'ensemble de ses concitoyens.
Patrick Cannaire sur France Info, le fil info de 8h51, c'est avec Diane Verschitt.
Le
laboratoire Pfizer envoie 3 millions de doses de son vaccin anti-Covid à travers les Etats-Unis. Les premières vaccinations auront lieu dans moins de 24 heures, a déclaré Donald Trump. Le vaccin de l'alliance Pfizer-BioNTech a obtenu une autorisation en urgence des Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie. En France, après les annonces du Premier ministre, la colère ne faiblit pas dans le secteur de la culture. Les musées, salles de cinéma et de spectacle ne rouvriront pas. Avant au moins le 7 janvier, le comédien et directeur de théâtre Charles Berling veut engager un recours, un référé, liberté.
Et pour lutter contre l'épidémie, l'épidémiologiste Philippe Amouyel souligne sur France Info le rôle de l'application Tous Anti-Covid. Il faut, selon lui, augmenter le nombre d'utilisateurs de cette application d'ici le 24 décembre. C'est une remarque de sa professeure d'anglais sur le port du masque qui a, semble-t-il, provoqué l'altercation. Une adolescente de 13 ans mise en examen pour menace de mort à Béziers.
Elle
a insulté et menacé son enseignante, mais aussi la principale adjointe de son collège, ainsi qu'un surveillant. Lors de son interpellation, la jeune fille avait un couteau sur elle. Saint-Etienne et Angers font match nul, zéro partout en ouverture de la 14e journée de Ligue 1 de football. L'onzième rencontre sans victoire pour les Verts. À suivre ce samedi, Marseille-Monaco, c'est à 17h. Et puis, le déplacement de Montpellier à Lens à 21h.
Patrick Caner, notre invité sur France Info, Myriam Ancawa.
Patrick
Caner, la jeune Mila, toujours menacée de mort, a été mise à distance de son lycée militaire pour des raisons de sécurité, explique le ministère des Armées. Son père est furieux. Il estime, dans une lettre publiée dans le point, que l'armée l'a lâchée parce qu'elle serait trop dangereuse. Qu
'est
-ce que vous en pensez ?
Je crois que là,
on
a manifestement le signe d'une société qui ne fonctionne pas bien. Je crois que le père a raison, ce père a raison de dire que finalement, on est en train peut-être de ne pas considérer que les
Armées
soient la plus protraite
de
ses serviteurs. Voilà, c'est tout ce que j'ai en matière.
Patrick
Caner, tout autre chose cette semaine et c'était même hier. Encore une fois, je m'adresse notamment à l'ancien ministre des Sports.
On
est peut-être face à une des pires catastrophes financières, industrielles dans l'histoire du sport et de l'audiovisuel français avec Mediapro qui va s'arrêter, qui n'a plus les moyens de payer les droits de la Ligue 1 à la Ligue de foot professionnelle. La chaîne Téléfoot va émettre au moins, dit-elle, jusqu'au 23 décembre, mais sans doute s'arrêter peu de temps après. C'est un fiasco. Qui est responsable ? Est-ce que c'est le gouvernement qui n'a pas été assez vigilant ? La Ligue de foot professionnelle qui n'a pensé qu'à faire monter les enchères et surtout, qui va payer les pots cassés
?
Alors,
concrètement,
les pots cassés vont être par le sport professionnel. Ce sont des recettes, des centaines de millions d'euros de recettes qui ne reviendront pas dans les caisses et l'accord qui a été trouvé permet simplement de limiter la casse. Moi, je regrette que la Ligue professionnelle n'ait pas finalement assorti son accord avec Mediapro de minimum de sécurité financière. Et aujourd'hui, on se retrouve sinon dans une arnaque, en tout cas devant une situation qui pénalise l'ensemble du sport professionnel. Dans ce cadre, je ne jette pas la pierre au gouvernement.
Le gouvernement ne peut pas en permanence se mêler d'affaires qui relèvent d'une gestion privée, contractuelle entre la Ligue et un fournisseur, donc Mediapro. Donc, c'est un échec, un échec collectif. La reconnue, il faut vite en sortir.
C'est une
question alternative. En tout cas, trop d'argent en circulation sur la retransmission des matchs peut aboutir à
ce,
finalement, de fiasco. Je reprends votre attention sur enchaire en la matière. Le sport professionnel devrait comprendre aujourd'hui qu'il y a des règles à instaurer pour éviter de désagréments. Plus que d'un désagrément, c'est une véritable catastrophe économique.
Regardons un peu plus loin pour terminer cette interview. Patrick Cannaire au PS des voix s'élèvent pour une candidature d'Aninalgo en 2022. Est-ce que c'est votre cas ? Est-ce qu'il est temps qu'au fond, les leaders socialistes fassent entendre dans cette course qui a commencé pour la présidentielle
? Vous
savez, Emmanuel Macron a été élu non
pas sur
la théorie, mais quand même sur une illusion. Certains pensaient élire un nouveau Madès France, et ils ont élu un Giscard d'Estaing, peut-être même plus libéral que le président aujourd'hui défunt. Donc,
il
y a une place extraordinaire à prendre pour la social-démocratie à laquelle j'appartiens, c'est-à-dire permettre, finalement, à un État de fonctionner en croyant à la force de son intervention et à la justice sociale. Aujourd'hui, sur la Convention climat, M. Macron est en train de rouler dans la farine des 150 citoyens qui ont fait des propositions et qu'ils traitent de mauvaise manière, très simplement de manière désobligeante pour être sur un langage diplomatique. Donc, oui, la social-démocratie a une place en portant des idées comme la République jusqu'au bout, la justice sociale, bien sûr, et aussi le combat écologiste.
Et pour cela, Mme Hidalgo, comme d'autres, fait partie, pour moi, des candidatures,
des
incarnateurs, mais des incarnations sur la base d'un projet, d'une stratégie électorale. À ce stade, il faut encore travailler notre projet, il faut affiner notre stratégie électorale, il faut une incarnation. Un Hidalgo, mais comme d'autres, pourra, je crois, porter cette fonction essentielle. Il est encore temps pour la gauche de se redresser. Nous avons une bonne séquence au municipal. Il faut la poursuivre sur les échéances départementales
et régionales. Et
au régional,
puisque
les prochaines échéances,
ce
sont les régionales, le PS est en train d'opérer une forme de revirement ou même une révolution stratégique importante en renonçant au front républicain, notamment dans les Hauts-de-France. Vous poussez ce scénario. Ça veut dire que, si vous êtes troisième et que le Rassemblement national est premier, vous ne vous désisterez pas ? Vous l'assumez
?
Alors, je considère qu'il faut réparer une anomalie démocratique qui s'est déroulée en 2015, à savoir que la gauche a disparu des radars de la région et va disparaître pendant cinq ans à ce stade. Et donc,
il
est hors de question que cela puisse se poursuivre. Que chacun prenne ses responsabilités. Et je le dis au président de la région, qui n'a pas voulu dans l'accord républicain en 2015, que s'il est en tension de le faire, il faudra le faire. Mais dans toutes les hypothèses, la gauche sera présente entre 2021 et 2027 à la région des Hauts-de
-France.
La région des Hauts
-de
-France qui est présidée par Xavier Bertrand. Merci beaucoup Myriam Onkawa. Merci Patrick Cannaire. Et encore une fois, désolé auprès de nos téléspectateurs et auditeurs pour les petites coupures de son que nous avons subies pendant l'interview.
Patrick Kanner