Retraites : pour Retailleau, "il vaut mieux un vote que le 49.3, et un 49.3 que pas de réforme du tout"
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France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le sénateur LR de la Vendée, président du groupe LR au Sénat. Question réaction 01-45-24-7000 et application France Inter. Bruno Retailleau, bonjour. Bonjour Nicolas Demorand, bonjour Léa Salamé. Et bienvenue au micro d'Inter en ce jour où la fameuse commission mixte paritaire s'apprête à plancher sur la réforme des retraites avant d'entrer dans les considérations politiques, avant de sortir les calculettes pour compter les voix. Un mot sur les deux mois qui viennent de s'écouler. Deux mois de manifestations contre la réforme des retraites, il y en a encore aujourd'hui en France.
Deux mois pendant lesquels l'opinion n'a pas varié dans son refus de la réforme. Deux mois où l'Assemblée n'a pas voté le texte mais où vous, les sénateurs, l'avez fait. Qu'est-ce qui a dysfonctionné, déraillé selon vous pendant ces deux mois ? Quel regard portez-vous sur cette période ? D'abord vous parlez de déraillage. Moi j'ai vécu, j'étais proche de François Fillon, la réforme de 2010. Je me souviens au mois d'octobre, il y avait eu 3 millions de manifestants. Il n'y a pas de réforme où on demande des efforts qui ne se traduisent par des fortes contestations. C'est la première chose.
Je pense que ce qui a pu, si j'en dis, perturber l'acceptabilité de cette réforme, c'est sans doute le changement de pied d'Emmanuel Macron qui nous avait expliqué pendant tout un quinquennat que ce n'était pas nécessaire de repousser au-delà de 62 ans. Et je pense que là encore, ça a pu, si j'ose dire, introduire de la friture sur la ligne, évidemment. Parce que c'est un changement de pied, c'est un tête-à-queue.
Bruno Retailleau, vous rentrez quand au gouvernement ?
Je vous vois venir, Léa Salamé, je n'y rentrerai pas, voyez.
Parce que depuis deux mois, vous êtes celui qui a le mieux défendu cette réforme des retraites. Parce que c'est notre réforme.
Parce que je pense qu'ils ne le feront pas. Mais je ne le fais pas pour eux. Je ne le fais pas pour eux, je le fais pour l'intérêt national. Cette réforme, nous l'avons conçue, votée depuis quatre années au Sénat. De quoi aurions-nous eu l'air si, après l'avoir votée pendant quatre ans, sous prétexte que c'est Mme Borne qui la présenterait, brutalement, nous aurions retourné notre veste ? Moi, je ne suis pas... Voilà, je me souviens de la chanson de Jacques Dutronc. On n'est pas des girouettes. Et je pense que ce qui abîme le plus la politique, c'est l'inconstance. C'est précisément des têtes à queue, c'est précisément des ixags.
Il y en a des girouettes dans votre parti ?
Je reprends vos termes. Je vais vous dire, la girouette, c'est une figure assez banale de la vie politique, Léa Salamé. Bien sûr, parce que je pense qu'on vit un moment donné où, je l'observe moi, les convictions deviennent tellement fluides, voyez, que l'opportunisme se répand. C'est dommage. Girouette et calculette, à l'heure où nous parlons, il n'est pas certain que le gouvernement ait une majorité pour voter ce texte. Et ça, c'est à cause des députés LR. Il en faut 40 pour que le texte passe. Et pour l'instant, le compte n'y est pas. Sur 61 LR à l'Assemblée nationale, entre 17 et 19 seraient contre. Entre 5 et 8 seraient indécis.
Est-ce que vous avez la certitude, Bruno Retailleau, que les LR seront au rendez-vous en nombre suffisant ? Et que dites-vous ce matin à vos collègues députés LR qui hésitent ou qui sont hostiles ? Sur la certitude, je n'en ai pas. Je ne peux pas en avoir parce que moi, je préside un groupe qui est celui du Sénat. Je fais confiance à Olivier Marlex, mon collègue, à Éric Ciotti, notamment pour qu'il puisse continuer à convaincre les collègues. Mais aujourd'hui, ce matin, moi, je n'ai aucune certitude. On verra après la commission mixte paritaire si elle est conclusive, si ça peut bouger des voix.
Maintenant, ce que je dis à celles et ceux qui sont réticents à voter ce texte, encore une fois, c'est que la politique, c'est une ligne claire. Et qu'il faudra expliquer aux Français qu'après, il y a quelques mois, aux côtés de Valérie Pécresse, mais après avoir soutenu un report à 65 ans, brutalement, on change le pied. Et ce que je leur dis aussi, parce que je sais que c'est difficile, et je sais que certains sont sincères, et qu'ils ont, dans leur circonscription, une très grosse pression. Je leur dis qu'en 2030, la France sera le pays d'Europe. Vous m'entendez ? Le pays d'Europe où on partira le plus tôt en retraite.
La France, en 2030, sera le pays d'Europe où le régime de carrière longue sera le plus avantageux. Je pense qu'on aura un Français, une Française sur 4 ou 5 qui partira et qui bénéficiera de ces régimes.
Oui, Bruno Retailleau, sauf que vous leur dites ça depuis des semaines et des semaines à votre groupe, et que vous nous dites ce matin, on est dans le money time, c'est maintenant en fait, c'est maintenant parce que c'est demain que le vote est censé avoir lieu. Et vous nous dites, on n'est pas sûr, globalement, pour la faire courte, il y a 61 députés à l'air, il en faudrait pour que ça passe 35, c'est ça, à peu près ? Au moins 35. Au moins 35. Et vous nous dites, ce matin, on ne les a pas.
On n'est pas sûr de les avoir, en tout cas. En tout cas, moi, vu du Sénat, je n'ai pas de certitude. Simplement, Elisabeth Borne...
Vous êtes inquiet, on va la faire courte.
Bien sûr, je suis inquiet. Mais il y a aujourd'hui un événement qui sera important, c'est la commission mixte paritaire. Il est évident que si elle n'est pas conclusive, c'est mort, le 49.3 s'impose. Si elle est conclusive, on peut imaginer qu'un certain nombre de députés, parce qu'on tiendra compte des avis des uns et des autres, et on va enrichir, évidemment, le texte, le texte peut bouger avec une commission mixte paritaire jusqu'au dernier moment, on peut encore bouger quelques voix. Simplement, ce que moi je dis ce matin, j'avais eu cette expression, ce sera ou bien la roulette russe, un jeu de hasard, ou bien la grosse bertha.
Il ne faut pas non plus que ça se transforme en roulette belge, où il y a, vous savez...
Roulette belge, c'était mort de toutes les manières.
Exactement, c'est-à-dire que dans le barilet, la roulette russe, il n'y a qu'une seule balle, la roulette belge, c'est qu'il y a une balle, à chaque, il y a six balles, si je veux dire. À chaque trou. En tout cas, ce que je pense, et si j'étais à la place, je ne le suis pas, la première ministre, je pense que, et vu de mon point de vue, c'est que, bien sûr, qu'il vaut mieux un vote. Il vaut toujours mieux un vote, en termes de légitimité, que le 49.3. Mais il vaut mieux, finalement, le 49.3, que pas de réforme du tout. Voilà, donc c'est un arbitrage qui est sans doute compliqué.
Vous lui dites ce matin, si jamais elle vous écoute, je ne prendrai pas de risque, c'est ça ? Non, si ce soir... La réforme est trop importante à vos yeux, 49.3.
Alors, la réforme est importante, je redis que la réforme, enfin, 150 milliards de déficit, de plus en plus de retraités, de moins en moins de cotisants, elle est fondamentale, donc il faut la faire passer du stèle utilisé le 49.3. Vous, vous lui dites ce matin,
pardon, j'essaie de lire dans le non-dit, c'est-à-dire que vous espérez encore qu'il se passe quelque chose dans la commission mixte paritaire. Peut-être qu'il lâche les 43 ans, c'est ça qu'on attend pour convaincre quelques personnes chez vous, mais globalement, vous lui dites c'est très improbable d'utiliser, madame la première ministre, le 49.3. C'est ça que je comprends ?
Je pense que la commission mixte paritaire, nous avions travaillé d'arrache-pied toute la journée, et je pense que cette commission mixte paritaire, si elle est conclusive, comportera de bons arguments pour convaincre un certain nombre de députés. Mais si ces députés-là, de toute façon, ne veulent pas voter, c'est-à-dire que s'ils nous emmènent en bateau depuis le départ en disant parce qu'ils ont déjà obtenu pas mal de concessions du gouvernement, donc à un moment donné, ceux qui ont obtenu ces concessions, ils doivent prendre leurs responsabilités et la politique, ce sont des choix. Mais au bout du compte, si ça doit être au prix de la réforme, bien sûr qu'il faudra utiliser un 49.3.
Le 49.3 est parfaitement démocratique, et j'observe que ceux qui le contestent le plus, ce sont eux qui ont voulu bloquer à l'Assemblée et au Sénat le vote. Pas nécessairement. Laurent Berger, Bruno Retailleau, voit dans le 49.3 un vice démocratique, une hypothèse incroyable et dangereuse. Vous lui répondez quoi ? Je lui réponds que moi je suis gaulliste, que la constitution de la Vème République a un certain nombre d'outils pour éviter des blocages. Et je lui réponds encore une fois, c'est ce que j'étais en train de vous dire, vous avez notamment la NUPES et les filles à l'Assemblée, qui a guignolisé l'Assemblée nationale, mais qui a tout fait pour éviter un vote.
Vous savez que l'obstruction, finalement, c'est un 49.3 à l'envers. Ce sont des parlementaires qui s'auto-appliquent, qui s'auto-désaisissent du vote. Or, un parlement, ce n'est pas un groupe de parole. On est élu député ou sénateur, pas seulement pour discuter. On est élu pour voter. Voilà. Après un débat, évidemment. Mais je pense, et je le dis à Laurent Berger, pour lequel j'ai de l'estime, il vient de l'Ouest que moi, et je lui dis que non, non, non, le 49.3 est un outil constitutionnel et par conséquent démocratique.
Les spécialistes de l'opinion, Jérôme Fourquet lundi à ce micro, mais aussi Brice Teinturier, disent si cette réforme passe, et encore plus si elle passe au 49.3, elle suscitera amertume, ressentiment, colère dans un pays qui est déjà fracturé. Vous assumez qu'il faut payer ce prix après deux ans de Covid, alors qu'il y a la guerre en Ukraine, alors qu'il y a une inflation qui ne cesse de monter. Ce n'est pas grave. Il y a l'amertume et la tristesse. Ça passera ?
Vous m'avez connu dans d'autres interviews à Suicro, et j'ai toujours été, vis-à-vis d'Emmanuel Macron, un opposant absolument résolu. Je suis toujours cet opposant-là. J'estime que cette réforme est d'intérêt général. J'estime que si on veut sauver le régime par répartition, le régime par répartition, c'est plus que des retraites, que d'assurer une garantie pour les retraités, et pour nos jeunes, pour qu'il n'y ait pas de retraite à payer, la nôtre et la leur. C'est ce lien qu'on a entre les générations. Écoutez, la France, vous le disiez, elle est archipélisée, elle est morcelée.
Le régime par répartition est sans doute le seul lieu où on peut concrétiser, matérialiser ce lien qu'on a entre nous. Cette espèce de dépendance, cette partie liée.
Mais c'est ce que disait Jérôme Fourquet. Il disait que les Français étaient extrêmement attachés à notre système de retraite. Peut-être que c'est le seul lieu, le seul endroit où on est à peu près d'accord de ce système par répartition. Mais on est aussi... Et moi qui suis de droite... Mais 70% de ces Français sont opposés à cette réforme et aux 64 ans. Mais bien sûr,
parce qu'il y a un effort, parce que le rapport au travail est difficile, parce que le travail ne peut pas assez. C'est ce que je pense fondamentalement. On a bercé avec des boniments les Français d'une petite musique avec d'abord François Mitterrand la retraite à 60 ans, les 35 heures. On leur a dit « Brave Jean, dormez tranquille, moins vous travaillerez et mieux vous vous porterez. » Le résultat, c'est que le niveau de vie, la richesse par habitant s'est effondré en France. Voilà, par rapport aux pays européens. Et on s'appauvrit, c'est le déclassement. Moi je pense qu'il faut sauver le régime des retraites par répartition.
J'observe, tout à l'heure je parlais de la réforme Wörth-Fillon de 2010. La gauche ne l'a même pas remise en cause. Non seulement elle ne l'a pas abrogée, elle en a fait plus avec la réforme touraine. 43 annuités, 43 alors que les Français entrent sur le marché du travail à 22 ans. 22 plus 43 égale 65 ans. Chacun est capable de faire de l'arithmétique. Bruno Retailleau, la commission mixte paritaire qui se réunit donc tout à l'heure, se réunit à huit clos, comme le veut la règle rappelée par Yael Brown-Pivet qui a insisté sur la confidentialité des débats.
La chef des insoumis à l'Assemblée, Mathilde Panot, qui sera à la CMP, à la commission mixte paritaire, dénonce une démocratie de couloir. Rien de bon ne peut sortir d'une réunion à huit clos. A défaut, un live tweet s'impose. Que vous inspire la méthode ? Oh, c'est la méthode, comment dirais-je, de guignolisation de la vie politique. Elle parle de démocratie et des couloirs et elle veut une démocratie spectacle. La commission mixte paritaire, là aussi, elle est prévue par la Constitution et c'est une réunion intéressante. J'y ai participé à plusieurs reprises, sept députés, sept sénateurs et c'est quelque chose de très souple. Mais c'est le huis clos.
Si vous faites entrer les caméras, si vous faites entrer les caméras, je vais vous dire, vous faussez justement ce huis clos, c'est-à-dire qu'il n'y a plus des échanges qui sont des échanges naturels, spontanés. On est sur des effets de manche. Au contraire, c'est ce qui fausse vraiment la démocratie. Moi, je pense que la société du spectacle, c'est l'inverse, précisément, de la démocratie.
La CMP, un mot important, va étudier notamment le CDI senior qui est un point que vous avez fait rentrer, que vous avez fait voter la majorité sénatoriale, c'est-à-dire la majorité droite. Hier, avant-hier, Gabriel Attal à votre micro disait je suis contre et on va le sortir. Enfin, il ne disait pas on puisque le gouvernement ne fait pas partie de cette CMP, mais enfin, ils ont des relais, on va dire. Ils n'en veulent pas dans ce texte-là. Ils disent que c'est une mesure qui est trop coûteuse.
Très bien. D'abord, elle n'est pas trop coûteuse puisque le gouvernement, je conteste formellement, dit qu'il y a des dépenses et il oublie les recettes. Quand vous avez 100 000, 100 000 seniors qui sont au chômage et qui retrouvent l'emploi, c'est 1 milliard dans les caisses de l'État. Je pense qu'au contraire, c'est une mesure qui rapportera. Ensuite, je le dis au gouvernement, je l'ai déjà dit, c'est clair, il n'y aura pas de CMP conclusive sans CDI senior.
C'est une ligne rouge ? Si le CDI senior sort ce soir du texte,
vous ne votez pas ? On nous a fait le reproche de créer un effet d'aubaine. Mais je le redis, le CDI senior n'est pas fait pour des gens qui seraient déjà dans l'entreprise et qui basculeraient sous cette forme de CDI avec une exonération pour les entreprises. Là, il y aura un effet d'aubaine. Le CDI senior est fait pour remettre en emploi des gens qui sont au chômage et qui ont au moins 60 ans. On ne peut pas reculer de deux ans et ne pas se préoccuper justement de l'emploi des seniors.
J'espère que le gouvernement vous écoute ce matin.
Je vais vous dire, il a plutôt intérêt de m'écouter et sa majorité devra nous écouter. Il n'y aura pas de CMP conclusive si on passe, si j'ose dire, par la porte le CDI senior. Pas pour une question de doctrine politique. C'est simplement qu'on veut un outil. Il y a un index, c'est une statistique. On veut plus pour aider les gens qui arrivent à 60 ans qui sont au chômage. On veut faire quelque chose pour leur tendre la main. C'est tout. C'est du bon sens. On passe au standard d'Inter où nous attend Anne. Bonjour Anne. Oui, bonjour. On vous écoute. Oui, vous m'entendez ? Parfaitement bien. Je vous téléphone. En fait, j'aurais voulu savoir ce que pensait M.
Retailleau de l'article du Figaro paru le 10 mars dont le titre était Oui, la réforme des retraites vise à rassurer les marchés financiers. Merci Anne pour cette question. Bruno Retailleau vous répond. Anne, le premier objectif de cette réforme c'est de sauver le régime de retraite par répartition. Mais je sais qu'il y a beaucoup de gens qui nous accusent de faire du fétichisme comptable. Ceux qui se moquent des chiffres, finalement, des déficits, se moquent des Français. Parce que derrière les chiffres, il y a des déficits. Derrière les déficits, il y a l'argent du travail des Français et derrière cet argent-là, il y a la peine des Français.
Donc il faut assumer que cette réforme est aussi une réforme à visée budgétaire parce qu'on doit combattre, on doit combattre de toutes nos forces les déficits. Écoutez, on va avoir 3 000 milliards de dettes. Ceux qui vous disent que des déficits, qu'il ne faut pas se préoccuper des chiffres, vous mentent. Vous-même, vous gérez votre propre budget et vous le gérez correctement parce que vous savez bien que si vous ne le gérez pas votre budget, votre famille en subira les conséquences. Ce qui vaut pour quelqu'un, pour un individu, vaut aussi pour une nation. Didier Ostandard, Didier nous appelle d'Angers. Bonjour, soyez le bienvenu.
Bonjour à tous. On vous écoute. Monsieur Retailleau écoute une valeur qui s'appelle l'honnêteté. Donc ma question c'est de savoir est-ce que c'est honnête de mener une réforme qui est une réforme de société à la schlag, c'est-à-dire dans un délai aussi court, alors qu'il aurait fallu peut-être y passer beaucoup plus de temps afin de faire une réforme qui soit pérenne parce que là, je ne suis pas sûr que dans quelques années, j'ai de revenir dessus. Il fallait totalement changer le système de retraite. La deuxième chose, c'était de, est-ce honnête, de transformer les trimestres accordés aux femmes pour la maternité, la naissance des enfants et les remplacer par de l'argent.
Je ne connais pas dans mon entourage de femmes, dans mes amis, ma femme, des couples qui font des enfants pour une histoire d'argent. C'était la moindre chose comme reconnaissance à notre société. La troisième chose, c'est un petit fin d'œil en ce qui concerne la roulette russe. Oui, il y a sûrement une balle qui va partir mais cette balle, elle s'appelle le RN. Tout aura été fait pour que ça se passe comme ça.
Merci Didier pour ces trois interventions. La première, c'était sur le temps pour faire une telle réforme que Didier décrit comme une réforme de société. Didier a raison. Je pense qu'il aurait beaucoup mieux valu que le gouvernement. Il y a déjà eu un premier quinquennat de gâchés avec un système universel à points qui ne fonctionnait pas et je pense que si on s'était accordé plus de temps, on aurait autant de contestations. Je pense que, oui, ça aurait été mieux, je l'accorde à Didier. La deuxième question ? C'était sur les femmes et les trimestres supplémentaires. Sur les femmes, c'est un point très très dur qui sera un point de la commission mixte paritaire ce matin aussi.
Pourquoi est-ce que nous avons voulu introduire des éléments de politique familiale ? Tout simplement parce qu'un régime par répartition, c'est un régime à dimension démographique que les natalités sont en train de s'effondrer mais surtout qu'il y a un paradoxe et que les femmes qui ont travaillé et qui ont cotisé une carrière pleine avec les deux ans de plus de report de l'âge légal se voyaient écraser justement les fameux trimestres pour leur maternité. Donc on a voulu compenser par une surcote ce moyen-là. Je pense que et encore une fois il ne peut pas y avoir de système intergénérationnel s'il n'y a pas une solidarité aussi. Et le troisième point porté sur le rassemblement national
Et à la fin c'est Marine Le Pen qui gagne. Voilà.
Mais c'est le risque. Mais c'est le risque. Le parti de Marine Le Pen est un parti démagogique. Sur les retraites d'ailleurs on voit bien qu'elle se rapproche de LFI. de l'extrême gauche. Il y a deux logiciels qui sont des logiciels assez communs sur l'aspect économique et social. Mais justement moi je le dis aussi à mes amis c'est pas en voulant concurrencer sur le plan de la démagogie le rassemblement national qu'on arrivera à quelque chose parce que sur le registre de la démagogie franchement ils seront toujours meilleurs que nous et c'est très bien ainsi.
Un petit mot juste une réaction le journal L'Incorrect faisait sa une début mars sur un entretien croisé entre le responsable de la jeunesse LR chez vous le responsable reconquête Zemmour et le responsable RN en disant il faut couper le cordon entre nous. Vous appréciez comment ce chose-là ? Il faut couper le cordon ?
Pardon j'ai lu parce que quand j'ai vu quand on m'a rapporté cette une tout de suite je suis allé lire cet entretien la formule le cordon est l'éditorial du journal et le choix du titre du journal. Simplement simplement je veux dire que la démocratie c'est le débat personne n'a reproché à Rachida Dati d'être allé l'été dernier débattre avec LFI. Simplement j'ai vérifié que Guillaume Carayan ne franchisse pas une ligne rouge et il a bien redit notre politique notre ligne d'indépendance totale vis-à-vis notamment du rassemblement national.
Et puis un livre qui sort cette semaine c'est celui d'Éric Zemmour Le Figaro publié Les Bonnes Feuilles hier il révèle que Laurent Wauquiez aurait songé à se présenter en tandem avec lui c'est ce que dit Zemmour en tout cas si tu y vas tu auras besoin d'un type comme moi si j'y vais j'aurais besoin d'un type comme toi il aurait pensé à un tandem est-ce que c'est quelque chose qui vous surprend ?
Oui c'est quelque chose qui me surprend parce que à l'époque j'avais moi-même envisagé une candidature je discutais avec Laurent Wauquiez et il ne me semblait pas vouloir y aller d'ailleurs il n'y est pas allé donc
Vous pensez que Zemmour ment ?
Non je ne sais pas du tout
Il dit aussi qu'il a pris un petit déjeuner avec vous il dit aussi qu'il a pris un petit déjeuner avec vous
c'est public
il n'y a pas de soucis et que vous regardiez sa candidature avec sympathie
Je lui ai dit je connais depuis longtemps Éric Zemmour il est plus journaliste et il a voulu prendre un petit déjeuner et c'est avec joie que j'ai pris ce petit déjeuner il m'a posé la question de sa candidature je lui ai dit écoute si tu fais 5 ou 6% ce sera déjà bien Mais il a fait 7 Il a fait 7 c'était pas mal franchement je ne pensais pas qu'il franchirait les 5 lorsqu'on a eu ce petit déjeuner Une question sur l'application de France Inter de Salvatore les LR ont été ridiculisés ils ont été laminés à la présidentielle laminés aux législatives et ils se disent maintenant légitimes pour cette réforme c'est une honte Bruno Retailleau Non mais je suis respectueux de tous les avis et je sais mieux que quiconque l'état de faiblesse dans lequel nous sommes nous avons perdu 10 millions d'électeurs depuis 2007 10 millions d'électeurs j'ai toujours voulu vis-à-vis de ma famille politique leur dire qu'il fallait revoir notre logiciel mais pour autant nous sommes des élus nous sommes légitimes et même si je suis dans l'opposition vous voyez j'essaie d'être utile et j'essaie de servir les français selon mes convictions du mieux que je le peux
Deux autres questions d'actualité pour terminer après la faillite de plusieurs banques américaines est-ce que vous redoutez un mouvement de contagion vers les systèmes bancaires européens et français ?
Non parce qu'on a des systèmes prudentiels c'est-à-dire de sécurité on a eu balle 1 balle 2 balle 3 et on a des ratios prudentiels qui sont très très exigeants un contrôle de la banque centrale européenne qui est assez sourcilleux et je ne crains pas ce genre de contamination je ne vois pas de risque systémique les banques françaises sont solides et je crois non franchement il ne faut pas affoler les français avec cette possibilité là qui me paraît aujourd'hui très lointaine Bruno Retailleau vous le savez l'inflation alimentaire bat des records plus 14,5% en février sur un an sans doute plus 10% à venir le gouvernement a mis en place un trimestre anti-inflation en collaboration avec la grande distribution est-ce suffisant ?
Est-ce que ça va dans le bon sens ? Non mais ça va dans le bon sens ça va dans le bon sens j'avais observé moi d'abord Systému Intermarché Carrefour etc ils ont mis à disposition de leurs clients des systèmes à 2 euros etc pour que les français les plus modestes puissent acheter des produits du quotidien mais ça ne va pas dans le bon sens dans la mesure où il y a des questions structurelles et qu'on est encore une fois sur du sparadrap je pense que d'où vient l'inflation l'inflation elle vient de l'argent magique on a déversé un argent fou de façon disproportionnée L'inflation
elle vient de la guerre
en Ukraine attendez elle a plusieurs origines elle a l'origine d'une création monétaire de la banque centrale incontrôlée sans rapport avec la production quand vous avez une quantité de production qui est finie et beaucoup beaucoup plus d'argent les prix montent donc 1 le désendettement pour la France ça sera une façon de lutter à long terme vis-à-vis de l'inflation 2 la souveraineté pourquoi est-ce que l'électricité était si chère parce qu'elle était rare pourquoi était-elle rare parce que Emmanuel Macron et François Hollande ont s'abordé la filière nucléaire on a s'abordé notre souveraineté on est en train de le faire comme on l'a fait sur l'industrie c'est en train de se passer je vous le dis sur l'alimentaire il y a 10 ans 6 milliards dans notre balance des paiements plus 6 milliards d'euros cette année ce sera sans doute négatif voilà ça c'est la souveraineté et puis il y a le travail je veux dire que il faut assumer de dire aux français si on veut augmenter notre pouvoir d'achat si on veut augmenter notre niveau de vie il faut mettre plus de travail dans la machine économique nous sommes le pays d'Europe où on travaille le moins non pas parce que les français seraient paresseux pas du tout c'est qu'on a des problèmes nos jeunes entrent plus tardivement sur le marché du travail parce que nos formations doivent être à revoir et il y a la question des seniors et c'est bien pour ça que la réforme des retraites va augmenter le taux d'emploi augmenter le nombre de français en âge de travailler qui sont au travail parce que sinon et c'est un des problèmes de la paupérisation des français comme il y a peu de français en âge de travailler qui travaillent il y a une lourde charge que supportent ces français qui travaillent pour les dépenses publiques collectives une dernière chose 7000 tonnes de déchets s'accumulent dans les rues de Paris suite à la grève chez les éboueurs la CGT reconduit le mouvement jusqu'au 20 mars êtes-vous favorable à la réquisition du personnel pour enlever ces tonnes d'ordures oui je suis favorable à la réquisition on va avoir un problème et des risques pour la salubrité publique et peut-être même tout simplement pour la santé je suis favorable à la réquisition on doit pouvoir trouver je suis attaché évidemment c'est un droit constitutionnel au droit de grève de manifester mais avec des limites c'est tout merci Bruno Redaillot président du groupe LR au Sénat merci d'avoir été à notre micro
Bruno Retailleau