Macron, Hollande : Arnaud Montebourg s'exprime - C à Vous - 05/11/2020
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:05OuverteRéponse directe
Est-ce que vous lui avez parlé depuis ?
- 3:56OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron, le théâtre, devint peu à peu à mes yeux une sorte de Julien Doré de la politique. »
- 2:16Invité politiqueFait
« Quand vous voyez l'ensemble des discours d'Emmanuel Macron, vous avez à boire et à manger. »
- 2:23Invité politiqueFait
« Il est homme de gauche chez Hollande. Ensuite, il est souverainiste pendant le Covid. »
- 2:39Invité politiqueFait
« Mais qui est-il ? »
- 2:39Invité politiqueFait
« C'est une escroquerie politique du vide. »
- 3:12PrésentateurChiffre
« La suppression de l'ISF. »
- 3:36PrésentateurFait
« Un discours magistral et puissant, écrivez-vous, dans lequel on sentait une volonté désireuse de sculpter l'avenir. »
- 3:44PrésentateurFait
« La rupture vient dès l'automne 2012, quand le président vous lâche dans le dossier Arcelor Mittal à Florange. »
- 3:54Invité politiqueFait
« J'avais un grand respect pour la fonction, mais plus aucun pour l'homme. »
- 4:16Invité politiqueFait
« Emmanuel Macron et François Hollande, c'est le créateur et la créature. »
- 4:35Invité politiqueFait
« François Hollande les a abandonnés. Et Emmanuel Macron les a plutôt méprisés. »
- 4:42Invité politiqueFait
« Allez-vous payer un costard, traversez la rue si vous cherchez un boulot. »
Temps de parole
- Invité politique75 %
- Présentateur25 %
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C'est la querelle qu'on n'avait pas vu finir. Oui, querelle entre vous, Arnaud Montebourg et Julien Doré qui ne vous avait pourtant rien fait, en pleine paix, un bourg pif. Dans votre livre, l'engagement chez Grasset, vous utilisez son nom, son travail pour vous en prendre au chef de l'État. Vous faites notamment référence à cette chanson. Une reprise de Lolita, popularisée par Alizé et qui a fait connaître aussi Julien Doré. Vous, vous écrivez, Arnaud Montebourg, c'est ainsi qu'Emmanuel Macron, le théâtre, devint peu à peu à mes yeux une sorte de Julien Doré de la politique.
Ce sens aiguisé et obsessionnel de l'imitation et la pratique du recyclage perpétuel des textes des autres sont les caractéristiques de Julien Doré qu'on retrouve chez Emmanuel Macron. Des mots qui, selon vous, sont un hommage au travail de Julien Doré. C'est ce que vous avez écrit sur Twitter dimanche. Le chanteur vous a répondu avec humour. Il faut me laisser maintenant, madame. Est-ce que vous lui avez parlé depuis ? Il a raison.
Il faut le laisser maintenant. C'est vrai. Il n'est pas en cause. Je l'admire énormément. Il a fait un parcours extraordinaire. Et c'est ce parcours extraordinaire de ses débuts qui a inspiré mon portrait de M. Macron. Parce que Emmanuel Macron... Mais je ne pense pas que ce soit un compliment pour Emmanuel Macron. Si vous voyez ce que je veux dire. Mais pour Julien Doré, qui est un personnage extraordinaire, qui a brisé à toute vitesse les premières limites, les télécrochets, monté sur les pianos. Il réinterpréterait les textes. C'est exactement ce qu'a fait Macron. Ah bon ? Donc c'est un compliment pour Emmanuel Macron. Qui est un chanteur de variété.
Je vais vous dire, la différence entre Julien Doré et Emmanuel Macron, c'est que l'un est un chanteur de talent à sa place. Et l'autre, un chanteur de variété à l'Elysée. Je ne crois pas que ce soit si formidable comme compliment. Non, non. Qui ne fait que recycler les idées des autres. C'est ça. C'est ça. C'est-à-dire que finalement, quand vous voyez l'ensemble des discours d'Emmanuel Macron, vous avez à boire et à manger. Tout le monde y trouvera son compte et on ne sait pas où on est. Et Emmanuel Macron est l'homme qui se déguise. Alors, tantôt, il est homme de gauche chez Hollande. Ensuite, il est souverainiste pendant le Covid.
Il aime la démocratie participative pour se débarrasser des gilets jaunes. Ensuite, il se déguise en costume d'aviateur pour avoir l'air martial, etc. Mais qui est-il ? Donc, pour moi, c'est une escroquerie politique du vide. C'est-à-dire qu'on ne sait pas où on va. Et d'ailleurs, que ce soit dans les grands sujets de notre pays, à part quelques décisions qui ont été prises au début du quinquennat. Enfin, on pourrait parler d'un septennat parce qu'il a commencé, quand moi je suis parti, c'était il y a longtemps, en 2014. Ça fait presque 6 ans et demi, bientôt son septennat de pouvoir. Il était ministre de l'économie, il n'était pas président de la République.
Oui, mais il a quand même fait des choses qui ne sont pas restées. Donc, quels sont les actes qui ont marqué, finalement, cette période ?
La suppression de l'ISF.
Voilà. La suppression de l'ISF. Et... Voilà. C'est tout. Revenons à votre livre... Ça ne fait pas beaucoup pour un pays qui a besoin de se transformer.
Revenons à votre livre à Normandebourg. Le président, donc, on l'a compris, vous ne le portez pas dans votre cœur, comme François Hollande. Pourtant, vous avez cru un temps à ce que disait l'ancien président, notamment lorsqu'il n'était que candidat, la finance est mon ennemi, le meeting du bourget. Un discours magistral et puissant, écrivez-vous, dans lequel on sentait une volonté désireuse de sculpter l'avenir. Espoir vite déçu. Des promesses de la campagne ne sont pas tenues. Et la rupture vient dès l'automne 2012, quand le président vous lâche dans le dossier Arcelor Mittal à Florange. Vous laissez alors exploser votre colère devant le président, dans son bureau.
J'avais un grand respect pour la fonction, mais plus aucun pour l'homme. Est-ce que c'est encore le cas aujourd'hui ?
Écoutez, on ne s'est pas reparlé depuis... 2014, depuis votre départ du gouvernement. Donc, oui, je n'ai pas... Je considère que beaucoup de choses ont été englouties pendant cette période, qui d'ailleurs a un rapport avec la période que nous vivons. Pour moi, Emmanuel Macron et François Hollande, c'est le créateur et la créature. C'est le père et le fils, il ne manque plus que le Saint-Esprit. Mais ils se sont entendus, ils ont les mêmes réflexes. L'un, évidemment, a plus de style et de jeunesse. L'autre est plus roublard. Mais finalement, c'est la même famille. Et qui a fait quoi ? On a abandonné les gens. Alors, François Hollande les a abandonnés. Et Emmanuel Macron les a plutôt méprisés.
Allez-vous payer un costard, traversez la rue si vous cherchez un boulot. Vous connaissez les phrases mythiques, malheureusement, tristement légendaires du président. Et donc, on a, dans cette filiation-là, c'est ça que j'explore. C'est-à-dire, comment, dans ces sentiments que j'ai essayé de reconstituer, on observe, et c'est un peu ça, le lecteur, j'ai essayé de permettre aux Français, qui me liront, s'ils le peuvent, malgré la fermeture des librairies, pourront comprendre comment, finalement, on abandonne les gens. On abandonne les Français. Après leur avoir dit telle chose, on l'abandonne.
Et ça, c'est une mécanique du pouvoir qui fait que, pour moi, quand on a fait le tour, pendant deux ans et demi, dans des fonctions importantes, avec des responsabilités lourdes, à la fin, pour moi, dans le système actuel, les Français n'ont aucune chance d'être entendus. Sous-titrage Société Radio-Canada