Sécheresse : les pluies du moment ne répondent pas au très grand déficit mais limitent les consommations
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Chapitres
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Questions et réponses
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Ces précipitations seront-elles suffisantes alors que des restrictions d'usage de l'eau potable sont en vigueur ?
- 0:25OuverteRéponse directe
Est-ce que vraiment Thierry Pé, il y a un risque en approvisionnement d'eau potable chez les Normands ?
- 0:29OuverteRéponse directe
Est-ce que ce n'est pas pour nous faire peur tout cela ?
- 0:44OuverteRéponse directe
C'est le niveau crise, sécheresse, et ça ne fait que s'aggraver avec ce temps sec qu'on a eu cet été ?
- 1:05RelanceRéponse directe
Ça ne suffit pas vraiment ?
- 1:35OuverteRéponse directe
Ces préfectures ont pris des mesures, des interdictions, c'est indispensable pour préserver la ressource ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55Invité politiqueChiffre
« l'année 2026 est l'année la plus sèche depuis l'année 2076 de triste mémoire pour les anciens de nos territoires. »
- 1:51Invité politiqueFait
« On n'a pas d'autre choix quand on n'a plus la ressource disponible. »
- 1:58Invité politiqueFait
« Le seul levier que nous avons, c'est de jouer sur les consommations »
- 2:05Invité politiqueFait
« je rappelle qu'en France, l'usage prioritaire de l'eau, c'est avant tout l'alimentation d'eau potable des personnes. »
- 4:49Invité politiqueChiffre
« le Calvados est alimenté pour 80% par des eaux souterraines et que les eaux souterraines tiennent encore. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Les grosses averses courtes, malheureusement, ruissellent beaucoup. »
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La sécheresse sévit toujours en Normandie, mais la pluie fait son retour. Ces précipitations seront-elles suffisantes alors que des restrictions d'usage de l'eau potable sont en vigueur ? On va poser la question à notre invité Thierry Pé, hydrogéologue et maire de Malherbe-sur-Ajon dans le Calvado. S'il répond à vos questions Jean-Baptiste Marie. Bonjour Thierry Pé. Bonjour.
Je précise que vous êtes aussi président du syndicat mixte de production d'eau potable du secteur de votre commune. Alors est-ce que vraiment Thierry Pé, il y a un risque en approvisionnement d'eau potable chez les Normands ? Est-ce que ce n'est pas pour nous faire peur tout cela ?
Non, il y a réellement un risque sur l'approvisionnement en eau, particulièrement dans l'ouest du département qui est géologiquement moins pourvu en eau que le reste du département.
C'est le niveau crise, sécheresse, et ça ne fait que s'aggraver avec ce temps sec qu'on a eu cet été ?
Bien sûr, et c'est surtout le temps sec qui s'est installé depuis le mois de mars, puisqu'on constate que l'année 2026 est l'année la plus sèche depuis l'année 2076 de triste mémoire pour les anciens de nos territoires.
Alors on le dit dans la météo depuis hier, la pluie fait son retour, on l'a aussi vu pour ceux qui étaient levés tôt ce matin. Ça ne suffit pas vraiment ?
Non, en aucun cas, les pluies que nous avons en ce moment ne peuvent apporter une réponse au très grand déficit qu'on a enregistré depuis le mois de mars. Par contre, ça a un effet très positif sur le fait que ça limite les consommations, et que c'est sur ce point-là que nous avons à travailler particulièrement dans les semaines à venir.
Alors justement, les autorités, préfectures, Calvato-Sorne-Manche, au regard de la situation hydrogéologique de notre territoire, ces préfectures ont pris des mesures, des interdictions, c'est indispensable pour préserver la ressource ?
On n'a pas d'autre choix quand on n'a plus la ressource disponible. Le seul levier que nous avons, c'est de jouer sur les consommations, et donc ça doit passer par des restrictions de consommation aux usages qui sont considérés comme prioritaires, et je rappelle qu'en France, l'usage prioritaire de l'eau, c'est avant tout l'alimentation d'eau potable des personnes.
Et forcément, c'est efficace parce qu'on consomme moins d'eau ?
Oui, le fait de consommer moins d'eau, c'est tirer moins sur les réseaux. Les châteaux d'eau se vident moins vite, et donc on préserve la ressource disponible plus longtemps.
Est-ce que c'est aussi aux normands, aux français, de s'adapter, de changer un petit peu le logiciel ? On se rappelle, il y a quelques années, quand il y avait des menaces sur l'approvisionnement en électricité de la France, le gouvernement avait incité à vraiment se réduire au strict minimum, à éviter aussi quelques carrefours d'utilisation importants. Il faut avoir aussi le même état d'esprit pour l'eau ?
Je crois que c'est une évidence. De toute façon, ne serait-ce qu'en termes de responsabilité vis-à-vis des ressources de notre planète, l'eau n'est pas infinie, la ressource en eau n'est pas infinie, il faut faire avec la ressource dont nous disposons, et donc il est de la responsabilité citoyenne de chacun de faire très attention au geste qui est devenu très simple, d'ouvrir son robinet chez soi, alors qu'il y a seulement 50 ans, lorsqu'on devait aller chercher l'eau et faire un effort pour aller chercher l'eau, le rapport à la ressource était complètement différent.
Thierry Pé, hydrogéologue et maire de Malherbe-sur-Ajon, est l'invité d'ici matin. Vous êtes maire, je le disais, est-ce que ce message-là est bien reçu par vos administrés ? On sait que les maires aussi ont un rôle d'information à la population ?
Oui, nous informons notre population avec les leviers que nous avons, soit via les réseaux sociaux, ou via de l'information, le bouche à oreille. La commune elle-même fait très attention à la ressource utilisée pour notamment nos espaces verts. On a réduit et on suit de près les arrêtés, mais nous essayons d'informer au mieux nos administrés.
Alors vous êtes hydrogéologue de formation, Thierry Pé, cela a été votre métier. Est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu à quoi on peut s'attendre sur les prochains mois ? Qu'est-ce qu'il faut ? On le rappelle, c'est en hiver que les nappes se rechargent. Vous l'avez aussi dit en début de l'entretien, des secteurs du Calvados, je pense notamment au Bocage-Virois, où là il n'y a pas de nappes, ce sont des retenues d'eau. Donc qu'est-ce qu'il faut pour qu'on soit un peu plus tranquille sur l'ouverture du robinet ?
Immédiatement, il faut souhaiter qu'à l'automne, les perturbations d'ouest se réinstallent sur le nord de la France, puisque c'est tout le nord de la France qui est touché, de manière à ce qu'au moins nos rivières se remettent à couler. Mais il faut aussi souhaiter qu'il y ait des pluies significatives pour que nos nappes se rechargent. Heureusement, le Calvados est alimenté pour 80% par des eaux souterraines et que les eaux souterraines tiennent encore. Mais si on n'avait pas les pluies à l'automne, alors il faudra avoir de très grandes inquiétudes pour l'été prochain.
Thierry Pé, est-ce qu'une grosse averse, mais courte, suffit ou pas ? Ou est-ce qu'il faut que ce soit plutôt dans la durée ? Non, il faut que ce soit dans la durée.
Les grosses averses courtes, malheureusement, ruissellent beaucoup. Et il faut essayer le plus possible de garder l'eau qui tombe chez nous. Et c'est toute la problématique que nous connaissons dans le Calvados, qui est un département littoral près de la mer. Lorsqu'une goutte tombe, elle part rapidement à la mer. Donc ce qu'il faut, c'est au maximum, par des mesures d'aménagement, essayer de garder l'eau le plus longtemps chez nous. Et c'est décrit dans de nombreuses études, revenir à reconstituer nos zones humides, qui sont des éponges naturelles et qui permettent de garder l'eau.
Notamment pour les agriculteurs en profession particulièrement touchés à ce temps sec comme d'autres. Mais on l'a évoqué aussi sur cette antenne, notamment hier matin. Merci beaucoup Thierry Pé, hydrogéologue, maire de Malherbe-sur-Ajon. C'est près de Villers-Bocage, en Calvados, de nous avoir éclairé sur cette question ce matin. Bonne journée. Merci. Une interview à retrouver sur ici.fr. seperti tout.
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