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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 mai 2021 26 min

Passe d'armes entre Gérald Darmanin et Audrey Pulvar, élections régionales et pass sanitaire... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Olivier Faure. Bonjour à tous les deux. Hier soir était organisée la deuxième réunion des gauches. Plusieurs présidentiables l'ont ostensiblement boudé, ou en tout cas n'étaient pas là. C'était le cas d'Annie Dalgo, de l'écologiste Éric Piolle, du communiste Fabien Roussel. Qu'est-ce que vous leur dites ?

0:14
Olivier Faure

Non, d'abord ne faites pas de cette absence un phénomène. En fait, ils avaient tout simplement d'autres obligations. Et il y avait des communistes, des socialistes, des écologistes, des insoumis, des gens de génération. Bref, toute la gauche était présente à ce rassemblement. Et c'était un rassemblement utile. D'abord parce que c'est un moment où on peut continuer à se parler les uns et les autres, en dépit de nos différences. On en est là à gauche. On en est là à gauche, on en a toujours été là.

0:38
Présentateur

C'est bien quand on arrive à se parler.

0:40
Olivier Faure

Mais c'est toujours bien de se parler, oui. Oui, de continuer à chercher à se comprendre aussi. Et c'était une réunion où nous avons eu non seulement affaire entre nous, mais aussi avec la société civile organisée. Il y avait des plateformes citoyennes qui sont venues à la fois poser des revendications sur le fond, et d'autres sur la nécessité du rassemblement. Et donc c'était utile aussi parce que la gauche, ce n'est pas simplement des partis politiques.

C'est plus largement des gens qui ont envie de voir encore la France changer, qui pensent encore qu'on peut changer la vie, et qui donc viennent aussi peser leurs exigences à l'avis de ces partis politiques en disant « Vous n'êtes pas seul au monde, ce n'est pas simplement votre problème de boutique ». C'est un problème parce qu'aujourd'hui, on a un duel qui se profile, qui est un duel Macron-Le Pen, et nous n'en voulons pas, et c'est vous qui en serez responsable s'il ne se passe rien.

1:27
Invité

Avec ces réunions, vous avez l'impression d'avancer en route pour 2022 ? Parce que nous, de l'extérieur, on n'en a pas l'impression.

1:33
Olivier Faure

Écoutez, j'espère qu'au moment du résultat, vous me direz que ce n'était pas forcément sensible dès le départ, mais que ça finit par prendre. Et donc l'objectif aujourd'hui, c'est bien d'être prêt à l'automne prochain, et à avoir ce qu'on appelle un projet de gouvernement, un projet de coalition, qui permet de lier celles et ceux qui le voudront, et qui sont prêts à faire le chemin ensemble, parce qu'il y a aujourd'hui des défis gigantesques à relever. Le défi climatique, le défi social, le défi démocratique, et que ces questions-là ne peuvent pas être soumises à la bonne volonté, ou aux égaux des uns et des autres.

Il faut des gens qui acceptent l'idée que, dans un moment aussi compliqué que celui que nous vivons, il faut des gens qui soient à la hauteur.

2:13
Présentateur

C'est un programme commun, ou c'est un candidat, ou une candidate commun ?

2:17
Olivier Faure

Il faut d'abord un projet commun, et c'est le meilleur chemin pour arriver à un candidat commun. S'il n'y a pas de projet commun, il ne peut pas y avoir de candidat commun. Et donc moi je souhaite qu'on prenne les choses dans l'ordre, c'est-à-dire qu'on commence par se dire qu'est-ce qu'on veut faire ensemble pendant les 5 prochaines années, ça ne veut pas dire qu'on sera d'accord sur tout, il y a plein de sujets sur lesquels il y aura encore des divergences, mais il y a au moins un projet à réaliser pour les 5 prochaines années, et au bout, il faudra effectivement trouver une candidature commune pour la porter.

2:44
Présentateur

Alors parmi les sujets qui en ce moment divisent la gauche, où les gauches et la question de la police, Salia Braclia.

2:50
Invité

Oui, est-ce que cette réunion a été l'occasion de faire le point sur votre participation au rassemblement des policiers qui a eu lieu la semaine dernière ? Vous, vous y êtes allé, tout comme Yannick Jadot l'écologiste, le communiste Fabien Roussel, et pas la France Insoumise. Ça a été le choix de la France Insoumise de ne pas se rendre à ce rassemblement. Écoutez, Benoît Hamon, le dernier candidat socialiste à la présidentielle, il a réagi à la participation de la gauche à ce rassemblement des policiers.

Dans une manifestation dans laquelle les syndicats ont comme mot d'ordre la mise en cause de la justice, la fin de l'individualisation des peines, l'augmentation de la sanction pénale dont on sait qu'elle est parfaitement inefficace à lutter contre l'insécurité. La pression de la police sur la justice, ça, c'est pas le patrimoine ni intellectuel, ni politique, ni culturel de la gauche. Et donc quoi, Gérald ? Ce que moi je constate, c'est que la gauche n'avait rien à faire là. Mais absolument rien à faire là. La gauche n'avait rien à faire là, c'était une erreur d'y aller ?

3:44
Olivier Faure

Moi je pense, d'abord je respecte celles et ceux qui ne sont pas venus à cette manifestation. Je n'ai jamais accusé qui que ce soit, et je n'ai pas considéré que celles et ceux qui n'y venaient pas, étaient en fait anti-police ou anti-républicains, ce qui me paraît complètement absurde. Ensuite, quelles sont les raisons pour lesquelles je suis venu à cette manifestation, comme d'autres vous l'avez signalé à l'instant ?

Je l'ai fait parce que je pense que dans un moment comme celui que nous vivons, où cette profession est en deuil, où elle a à subir le terrorisme, la violence exacerbée, eh bien il était nécessaire de, à la fois, rendre hommage à la profession et lui dire qu'on était prêt à l'écouter. Je les ai rencontrés le lundi précédent, donc j'ai rencontré les syndicats, je leur ai dit ce que je pensais, je leur ai dit aussi ce qu'était notre propre façon de voir les choses. Il ne s'agit pas de s'aligner sur les revendications opposées par les uns et par les autres.

Et d'ailleurs, je note que dans cette manifestation, il y avait des gens très différents qui ont pris la parole et qui ont dit des choses aussi très différentes. Heureusement, tous les policiers ne sont pas contre la justice. C'est une impériorité que de penser que le problème de la police, c'est la justice.

4:46
Invité

Le problème de la police, c'est la justice. Vous, vous étiez où ? Vous avez applaudi ? Est-ce que vous avez décidé à ce moment-là de quitter le rassemblement ?

4:53
Olivier Faure

Certainement pas applaudir. J'étais en fait très très loin dans la foule. Et donc, j'étais coincé au milieu de la foule. Je suis resté jusqu'à la fin. J'ai écouté tout ce qui a été dit par les uns et par les autres. Et je peux vous dire qu'il y avait de grosses différences entre les différents orateurs. Même si, avec chaque orateur, il y avait des différences que je ne porte pas à leur revendication. Mais ce que je suis venu leur dire, c'est tout simplement que je veux ouvrir un dialogue avec eux. Je comprends qu'il y a des sujets et je ne veux pas continuer.

5:20
Présentateur

Est-ce que le dialogue, il se déroule forcément sous les fenêtres de l'Assemblée nationale ?

5:23
Olivier Faure

Écoutez, l'Assemblée, c'est tout simplement le lieu où on dialogue. C'est l'endroit où, en fait...

5:27
Présentateur

Oui, à l'intérieur de l'Assemblée, pas à l'extérieur.

5:30
Olivier Faure

À l'extérieur, on a le droit de... Ce n'était pas le 6 février 34. On n'était pas en train de marcher sur l'Assemblée en essayant de prendre le pouvoir.

5:37
Présentateur

Un rassemblement au caractère manifestement factieux.

5:40
Olivier Faure

Vous faites référence à la manifestation des ligues du 6 février 34. Oui, c'était les ligues fascistes qui marchaient sur l'Assemblée. C'est ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon au sujet de cette manifestation. Mais ça n'était pas le cas. Et franchement, j'étais dans cette manifestation avec des gens que j'ai rencontrés, avec qui j'ai parlé et qui ne me paraissaient ni hystériques, ni fascistes, qui me disaient même, au contraire, qui me disaient, écoutez, on est tellement content de voir qu'il y a des gens de gauche qui sont venus à notre rencontre, parce qu'on ne veut pas être dans un face-à-face avec l'extrême droite.

6:06
Invité

Sauf que, Olivier Faure, à ce même rassemblement, il y avait le Rassemblement National, Éric Zemmour, Philippe Devilliers. Ce n'est pas un problème de se rassembler pour une cause avec ces gens-là ?

6:15
Olivier Faure

Mais on ne s'est pas rassemblés. D'abord, ce n'était pas une manifestation à laquelle ils les appelaient. C'était une manifestation à laquelle ils sont venus aussi. Mais il y a d'autres manifestations dans lesquelles... Enfin, je vous rappelle que pour d'autres manifestations, je pense aux manifestations contre l'antisémitisme, par exemple, l'extrême droite était aussi dans la rue, et ça n'a pas empêché de défiler qui que ce soit. Et c'est bien normal. On ne peut pas empêcher qui que ce soit de défiler, ou de se manifester, ou de se rassembler.

6:38
Invité

Pourtant, la manifestation contre l'islamophobie en 2019, vous avez refusé d'y participer. Vous aviez dit, nous ne voulons pas nous associer à des individus qui ont des revendications qui ne sont pas les nôtres. Là, aux côtés de Philippe Devilliers, d'Éric Zemmour, du Rassemblement National, ce n'était pas un problème.

6:52
Olivier Faure

Mais d'abord, je ne savais pas, quand j'ai annoncé ma participation, qui viendrait à cette manifestation. Donc, ça n'était pas...

6:58
Invité

Oui, il l'a annoncé avant.

6:59
Olivier Faure

Non, mais la différence, c'est que... Là, je parle des organisateurs, en fait. Les gens qui organisaient, sur des mots d'ordre, qui étaient anti-républicains manifestement, à l'époque. Donc, il n'y avait pas de débat, en fait. Quand on dit qu'on est contre les lois de la République, je ne manifeste pas. En revanche, vous avez des gens qui disent, dans le cadre de la République, on n'est pas d'accord avec tel ou tel point. Je dialogue avec eux. Et pourquoi les agents du service public de sécurité seraient les seuls agents du service public avec lesquels on ne pourrait pas rentrer en dialogue ? J'étais avec les médecins, j'étais avec les infirmières, j'étais avec les pompiers.

Donc, j'étais là avec les policiers. Pas pour leur dire que j'étais d'accord avec ce qu'ils disaient, forcément. Je leur ai dit à chaque fois ce que je pensais. Mais, simplement, pour ouvrir un dialogue. Et ce dialogue, je crois qu'il faut le maintenir. Parce qu'il ne faut plus vivre avec cette opposition constante, permanente, entre police et justice. Faire en sorte que, ce qu'on appelle parfois le continuum, de manière plus impropre, la chaîne pénale, comment est-ce qu'on fait pour qu'en fait, il y ait de la fluidité entre deux services publics qui ont la même vocation qui est celle d'assurer notre protection ?

Et donc, moi, je crois au dialogue et je crois à la nécessité, y compris avec des gens qui ne sont pas d'accord avec vous, d'aller les voir et de leur dire, écoutez, il y a un chemin, peut-être pas celui que vous proposez, mais il y a un chemin.

8:14
Présentateur

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, invité de France Info, on s'interrompt quelques instants à 8h41 pour le Fil Info avec Mélanie Delaunay.

8:22
Invité

Air France, KLM, la Lufthansa, plusieurs compagnies aériennes se plient aux recommandations de Bruxelles et suspendent jusqu'à nouvel ordre le survol de la Biélorussie. L'Union européenne prépare de nouvelles sanctions économiques contre le régime d'Alexandre Loukachenko et ferme son espace aérien pour protester contre l'arrestation de l'opposant Roman Protasevich. Le but, c'est que la trêve dure entre Israël et le Hamas, le chef de la diplomatie américaine, entame une tournée au Proche-Orient. Anthony Blinken va rencontrer le Premier ministre israélien et le président de l'autorité palestinienne. Dans 15 jours, on pourra manger à l'intérieur des restaurants.

Avant de s'attabler, il faudra scanner un QR code avec l'application TousAntiCovid pour être inscrit dans un cahier de rappel numérique et être alerté en cas de contamination, détaille ce matin le secrétaire d'État au numérique, Cédric O, dans Le Parisien. En trois minutes, tout était redevenu comme avant, assure Karim Benzema. Il raconte dans l'équipe ses retrouvailles avec Didier Deschamps, l'attaquant sélectionné pour l'Euro de football, affiche son ambition, gagner un trophée avec l'équipe de France. France Info

9:26
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec le patron des socialistes Olivier Faure, il n'y a pas que les insoumis qui ont critiqué votre décision de participer à cette manifestation ou tout simplement la tenue de cette manifestation. C'est le cas également de votre propre candidate au régional en Ile-de-France, Audrey Pulvar, qui a qualifié ce rassemblement, je cite, de glaçant et d'inquiétant, elle l'a dit ce week-end, sur notre antenne, ce qui, dans la foulée, a décidé Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, à porter plainte contre elle. Est-ce qu'il est dans son rôle ? Absolument pas.

10:02
Olivier Faure

Vous imaginez que Gérald Darmanin est en fait le ministre chargé de la bonne tenue du bon déroulement des élections régionales et départementales du mois de juin. Et le même homme va maintenant se permettre de chercher à intimider une candidate pour des propos qui n'ont rien de diffamatoire. On a le droit dans ce pays, puisque nous sommes en démocratie, de prononcer un avis sur une manifestation qui s'est tenue, qui s'est déroulée. Et donc, quelle que soit l'opinion de Gérald Darmanin, il n'a absolument pas à intervenir sur ce sujet. Alors, il y a plusieurs propos qui, d'après Gérald Darmanin,

10:34
Présentateur

ont provoqué le dépôt de sa plainte. Ceux tenus, que j'ai rappelé brièvement il y a quelques instants sur notre antenne le week-end dernier, et d'autres propos d'Audrey Pulvar, c'était en juin 2020, lors de la... Il y a 11 mois. Il y a 11 mois. Donc, ils sont a priori prescrits, mais ça, on va laisser à la justice le soin de faire ce travail. Je voudrais vous les faire réécuter.

10:51
Olivier Faure

Oui, mais donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire tout simplement que vous avez un ministre traduisible devant la justice.

11:02
Invité

Il dit qu'ils vont appuyer les arguments, mais on va bien voir les écouter.

11:04
Olivier Faure

Et il le fait malgré tout parce qu'en fait, il est en train de faire une opération politicienne, une opération politique qui est gravissime. Vous ne pouvez pas, en démocratie, avoir le ministre chargé des élections qui se met à intimider tel ou tel candidat pour ses opinions. Ça n'est pas possible, ça n'est pas admissible. On écoute les propos

11:21
Présentateur

d'Audrey Pulvar, donc, en juin 2020, ceux qui lui valent, d'après Gérald Darmanin, la plainte aujourd'hui.

11:26
Invité

Non, toute la police n'est pas raciste, évidemment, mais oui, le racisme existe aussi dans la police. Le racisme dans la police, c'était, il y a 30 ans, l'assassinat, parce que c'en était temps, l'assassinat de Malik Ousekine. La violence et le racisme dans la police, c'était, il y a 15 ans, Zied et Bounar, pour lesquels nous attendons encore les excuses de la police. Le racisme dans la police, c'est évidemment, aujourd'hui, Théo, c'est évidemment, Adama.

12:03
Présentateur

Il y a des choses qui vous choquent, Olivier Faure,

12:04
Olivier Faure

dans ce que dit Audrey Pulvar ? Qu'est-ce que dit Audrey Pulvar ? Elle dit, en fait, que la police n'est pas raciste, mais qu'il y a du racisme dans la police. Elle dit aussi que Malik Ousekine,

12:16
Invité

c'est un assassinat.

12:17
Olivier Faure

Je pourrais dire qu'il y a aussi dans la police des gens violents, mais que toute la police n'est pas violente. Il y a évidemment, comme dans toutes les professions, des gens qui franchissent la ligne et qui, pour cela, doivent être condamnés. Pourquoi ? Parce que la police a des moyens qui sont totalement exorbitants par rapport aux droits communs, et ça suppose qu'on soit exigeant. On doit être exigeant avec les policiers, exigeant avec les magistrats, exigeant avec les politiques.

12:43
Invité

Audrey Pulvar, pardonnez-moi, les mots qu'elle choisit, Audrey Pulvar, ne sont pas anodins. Elle parle effectivement de Malik Ousekine, ce n'est pas un assassinat pour la justice, puisqu'on rappelle qu'un assassinat, c'est un meurtre commis avec préméditation, sauf que la justice, elle a condamné deux des trois policiers pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Donc le mot choisi, assassinat, n'est pas le bon. Concernant Zied et Buna, les deux policiers ont été définitivement relaxés pour non insistance à personne en danger. Et enfin, les affaires Traoré et Théo ne sont pas encore jugées. Est-ce qu'elle se trompe en utilisant ces mots ?

On sait, les mots ont une importance.

13:17
Olivier Faure

Elle exprime une opinion, la justice rancher pour certains cas, donc la justice est le dernier mot, mais ce que je vous dis là, c'est que les opinions sont encore de libre parcours. Et on a encore la possibilité d'exprimer des opinions dans ce pays. Même si elles sont

13:31
Présentateur

factuellement inexactes et qu'elles remettent en cause des verdicts qui ont été prononcés par le peuple.

13:35
Olivier Faure

Mais vous pouvez avoir, pardon Marc Fovell, mais enfin, ce ne sera pas la première fois que vous avez des gens qui ne tiennent pas contre un verdict et qui écrivent une opinion. On peut ne pas la partager. Ça ne justifie en rien le fait de lancer une campagne comme c'est le cas aujourd'hui par le ministre de l'Intérieur qui, je rappelle, est ministre des élections. Et donc, ça suppose que chacun se tienne. Et Jean Castex, aujourd'hui, devrait rappeler l'ensemble de ses ministres à leurs obligations. quand je vois que tous sont en campagne partout et qu'ils ne s'occupent plus de leurs dossiers et qu'ils font autre chose, ça m'inquiète.

Je me dis quand même que dans ce pays, le mieux à faire, c'est quand même d'avoir des gens qui sont à leur mission et qui s'y tiennent.

14:14
Présentateur

Cet après-midi, à l'Assemblée nationale, aura lieu le vote solennel sur le projet de loi pour la confiance dans la justice qui prévoit notamment la possibilité de pouvoir filmer des procès, la limitation dans le temps des enquêtes préliminaires, la généralisation des cours criminels. Les socialistes voteront-ils le texte ?

14:30
Olivier Faure

Non, parce que quand on veut rendre confiance dans la justice, le mieux est de ne pas couper le lien entre les citoyens et la justice. Or, que va-t-il se passer avec ce texte ? On va en finir avec ce qu'on connaît avec les jurys populaires, les jurys d'assises, qui vont être remplacés par cinq magistrats. Et donc, moi, je pense que c'est une mauvaise manière faite au lien entre la population française et la justice. On rend la justice au nom du peuple français et parfois, il arrive que ce soit le peuple français lui-même qui rende la justice. Et c'était un héritage que nous devrions préserver. Éric Dupont-Moretti

15:05
Présentateur

qui était contre l'expérimentation de ces cours criminels dit qu'il a changé d'avis parce qu'aujourd'hui, le taux d'appel, notamment après les décisions, est plus faible que dans les cours d'assises classiques. qu'il estime donc que c'est la preuve de leur efficacité puisque des deux côtés, on ne fait pas plus appel que quand ce sont des jurys populaires comme vous et moi qui tranchent.

15:24
Olivier Faure

Mais je ne vois pas le rapport. Et je vois surtout... Enfin, le seul rapport que je vois, c'est qu'entre l'Éric Dupont-Moretti avocat et l'Éric Dupont-Moretti ministre, il y a tout simplement quelqu'un qui est passé à autre chose et qui désormais défend ce qu'on lui demande de défendre. Écoutez, moi, je préférerais qu'il reste fidèle à ce qu'il a été et qu'il continue à dire que même si c'est imparfait, la justice rendue par le peuple français lui-même, c'est la meilleure façon de maintenir le lien des Français avec leur justice.

15:52
Présentateur

Et l'Éric Dupont-Moretti pour fendeur de Marine Le Pen, vous le trouvez comment ? Candidat au régional dans sa région ? Je ne sais pas

15:59
Olivier Faure

très bien comment comprendre cette candidature. Quand j'ai lu l'interview du JDD d'Éric Dupont-Moretti hier, j'ai surtout senti qu'il était le profondeur avant-hier. C'était férié hier. Oui, c'est vrai. C'était un petit décalage dans la lecture des journaux. Il était plutôt le profondeur on est bien en direct. Oui, je vous confirme on est en direct et on est bien mardi matin. Il est bien 8h49 et c'est bien Olivier Faure. Voilà, exactement.

Et donc, ce que je voulais vous dire c'est que j'ai surtout eu le sentiment qu'il était le profondeur de son vrai adversaire qui est Xavier Bertrand et qu'il cite à longueur de page et Sébastien Chenu qui est le candidat du RN était accessoirement sa cible. Et donc, c'est là où je me dis mais quel cynisme de la part de la République en marche et de ce gouvernement.

Vous vous rendez compte qu'en PACA les voilà qui expliquent qu'il faut absolument s'allier avec les républicains et les mêmes dans une autre région où le RN est très puissant les voilà qui se mettent à dire qu'il faut affaiblir le candidat de la droite pour pouvoir lui imposer un deuxième tour dans lequel il serait à ce moment-là la bouée de sauvetage et pour lui interdire l'élection présidentielle. On voit bien que c'est un jeu permanent avec le RN et que malheureusement ce gouvernement joue avec l'extrême droite. Il n'en est pas le meilleur rempart.

Il est celui qui s'est toujours servi de l'extrême droite comme d'une assurance vie parce que c'est sa meilleure façon son meilleur argument pour essayer de continuer à agglomérer des forces qui n'ont rien à voir les unes avec les autres ce fameux en même temps permettre de dire aux gens vous voulez lutter contre le RN la seule façon c'est la République en marche. Mais la vérité c'est que la République en marche ne cherche pas à faire barrage elle ne fait pas barrage et d'ailleurs la preuve c'est que depuis que le président de la République est président de la République le RN a cessé de monter.

17:43
Présentateur

Le fil info à 8h50 Mélanie Delonnet et on poursuit juste après avec vous Olivier Faure.

17:49
Invité

Des vêtements d'hiver qui n'ont pas été écoulés à cause des confinements d'autres marchandises invendues 36 000 petits magasins vont recevoir à partir d'aujourd'hui une aide au stock cela représente en moyenne 5 600 euros.

Un accord va être signé ce matin pour mettre fin à deux ans de combat les femmes de chambre de l'hôtel Ibis des batignols à Paris ont obtenu gain de cause leur cadence va être réduite leur salaire augmenté la crise politique au Mali et l'arrestation du président et du premier ministre de transition emmenés dans un camp militaire près de Bamako 9 mois après le coup d'état ce sont des changements au gouvernement qui déplaisent aux militaires à l'origine de ce coup de force le patron de Ryanair dénonce un acte de piraterie il pointe du doigt le KGB c'est un vol de cette compagnie qui a été forcé de se poser à Minsk conduisant à l'arrestation d'un opposant biélorusse l'Union Européenne ferme son espace aérien aux avions biélorusses et appelle les compagnies aériennes à ne pas survoler le pays France Info

18:47
Présentateur

le 830 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

18:52
Invité

toujours avec le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure plus de 23 millions de français ont reçu une première injection tous les adultes pourront se faire vacciner dès la semaine prochaine c'est 15 jours d'avance sur le calendrier initial est-ce que vous applaudissez le gouvernement pour cette accélération de la campagne vaccinale ?

19:07
Olivier Faure

j'applaudis toutes celles et ceux qui font en sorte que nous puissions aller plus vite et donc maintenant que le gouvernement a enfin compris l'intérêt de tout ça et bien je dis bravo très bien pourquoi vous dites enfin ?

parce que j'ai des souvenirs et je me souviens que le gouvernement avait commencé par beaucoup procrastiner et considérer qu'il n'y avait pas péril dans la demeure or la seule solution pour vaincre le virus c'est le freiner quand il va trop vite donc c'est parfois le confinement et c'est en même temps accélérer la vaccination et donc ce qui se passe aujourd'hui il y a des doses on est même aujourd'hui malheureusement avec des doses qui ne trouvent pas de preneur et donc il faut évidemment avancer accélérer et je disais merci donc à celles et ceux qui contribuent et je pense à la fois aux soignants mais je pense aussi aux collectivités locales qui ont été celles qui ont permis cette accélération et qui ont fait en sorte que des vaccinodromes se créent un peu partout et c'est très bien et merci à Pfizer et merci à Pfizer qui visiblement est en train de se faire attaquer par des complotes enfin par de je ne sais pas qui d'ailleurs je ne veux pas moi-même par une agence de communication assez mystérieuse qui a contacté pardon pour ceux qui n'étaient pas avec nos certains des influenceurs pour qu'ils dénigrent le vaccin je ne veux pas faire de publicité pour les uns et pour les autres mais j'ai été vacciné il y a 10 jours première dose avec Pfizer et j'en suis très heureux regardez je suis en pleine forme vous avez l'air en tout cas

20:25
Invité

il y a encore des personnalités même des personnalités politiques qui sont réfractaires au vaccin vous leur dites quoi vous ne donnez pas le bon exemple

20:32
Olivier Faure

je ne sais pas enfin qui vous pensez mais en tout cas je ne comprends pas Nicolas Dupoignan par exemple qui était sur ce plateau il y a quelques jours et qui nous a expliqué qu'il ne souhaitait pas se faire vacciner et bien libre à lui mais franchement au pays de pasteurs avoir des femmes ou des hommes politiques qui expliquent qu'on serait contre le vaccin ça me paraît juste incroyable on sait très bien que les grandes pandémies ont été vaincues grâce au vaccin il y a eu des accidents avec AstraZeneca par exemple avec des cas de thrombose c'est vrai mais entre le bénéfice et le risque mais quelle comparaison possible vous avez des centaines de milliers rien qu'en France plus de 100 000 morts et on voudrait comparer avec parfois quelques accidents malheureux et qu'il faut éviter à tout prix mais en fait qui sont sans comparaison donc qu'est-ce qu'on veut moi je veux l'immunité collective je veux que dans ce pays on puisse à nouveau vivre sans masque je veux qu'on puisse à nouveau dans les théâtres dans les cinémas sans avoir des jauges qui sont réduites je veux à nouveau qu'on puisse vivre tous ensemble tout simplement et donc quelle est la meilleure façon d'y arriver ?

et bien tout simplement de faire en sorte que nous nous protégions les uns les autres par la vaccination tant que nous ne serons pas avec l'immunité collective tant que le virus circulera il pourra muter et tant qu'il pourra muter nous serons en insécurité le pass sanitaire

21:45
Présentateur

qui arrive dans deux semaines pour pouvoir participer aux foires aux salons aux concerts qui réunissent plus de 1000 personnes il vous inquiète ou vous considérez qu'aujourd'hui il est fait en toute transparence et qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir sur l'aspect données privées de ce pass ?

22:00
Olivier Faure

non il n'est pas tout à fait transparent et d'ailleurs à l'assemblée en fait tous les groupes parlementaires y compris dans la majorité dans un premier temps avant d'être rattrapés par les bretelles et de changer leur vote c'est pas tout à fait sur ce point là qu'il y a eu un changement de vote c'était sur l'allongement la période de l'état d'urgence pas seulement il y avait aussi un débat sur le pass sanitaire et sur le fait qu'il est très flou que le texte qu'a voté la majorité est un texte qui renvoie en fait toute l'opérationnalité de tout cela au gouvernement donc c'est par décret en fait qu'on saura exactement ce qui est visé par le pass sanitaire donc le principe même d'un pass n'est pas forcément contestable il peut être s'il est simplement limité au fait de savoir si vous avez ou pas en fait été vacciné ou vous avez un PCR qui vous définit comme négatif ça peut se comprendre s'il est relié à d'autodonnées c'est plus compliqué quand je vois que c'est en fait sur l'application StopCovid qu'en plus on veut l'associer ben là il y a quand même quelque chose qui cloche et moi je ne voudrais pas que de fil en aiguille on en arrive désormais à une société où on est tracé je ne veux pas vous souhaitez pas

23:08
Présentateur

qu'on utilise

23:09
Olivier Faure

l'application

23:10
Présentateur

TousAntiCovid pour ce pass sanitaire non

23:13
Olivier Faure

ce soit un autre support je souhaiterais que ce soit si on veut avoir un pass il faudrait avoir un pass qui soit indépendant qui est simplement la même façon que vous avez votre attestation qui permet de dire que vous avez été vacciné qu'on puisse dire voilà je suis vacciné point ça suffit pas besoin d'avoir des données complémentaires pas besoin d'avoir votre je ne veux pas je vois bien que la tendance presque naturelle c'est de savoir de collecter le plus de données sur vous on en distribue tous les jours avec les GAFAM je ne veux pas qu'il y ait un jour l'Etat dispose de données qui pourraient être utilisées contre les intéressés eux-mêmes

23:46
Invité

Olivier Faure c'était une promesse qu'il a tenue Emmanuel Macron à participer au défi de McFly et Carlito est-ce que vous avez regardé la vidéo ?

23:55
Olivier Faure

D'abord mes enfants regardaient la vidéo ils m'en ont parlé j'ai regardé aussi

23:59
Invité

et ils vous ont dit

24:00
Olivier Faure

et ils m'ont dit que d'abord c'est pas parce qu'on regardait le Président qu'on était avec le Président et qu'ils avaient bien compris la différence mais ils ne veulent pas tellement me rassurer en général et la deuxième chose que j'ai ressenti en regardant tout ça je me suis dit bon d'abord très bel exercice de communication et bravo au conseiller qui l'a inventé imaginé mais derrière on voit bien que le Président cherchait à parler aux jeunes ce que je vois c'est que les jeunes auraient tellement aimé pouvoir parler au Président depuis un an ils auraient tellement aimé pouvoir lui dire que quand on a 20 ans quand on est étudiant et qu'on va à la soupe populaire c'est pas possible que ce problème qu'ils ont avec le logement c'est pas possible que tout ce qu'ils vivent depuis un an est insupportable

24:50
Invité

il a rencontré des étudiants il a rencontré des étudiants lors de la crise sanitaire il a même annoncé des besoins

24:56
Olivier Faure

quand je vois que nous réclamons nous depuis un an qu'il y ait la possibilité au moins de manière transitoire s'ils ne veulent pas le mettre de manière définitive au moins de manière transitoire le RSA pour les moins de 26 ans et que ça nous a été refusé systématiquement et qu'on voit que maintenant le candidat en Ile-de-France pour la République en marche lui-même dit il faudrait le faire alors qu'il a voté contre c'est quoi cette histoire c'est quoi ces gens qui vivent dans le cynisme le plus total en permanence donc très bien moi d'abord je les trouve plutôt drôles les deux là Maclay et Carlito et donc je trouve ça plutôt sympathique mais enfin le problème c'est pas d'avoir le président le plus cool de France c'est le problème c'est d'avoir le président qui comprend le mieux les jeunes de France et pour l'instant on n'y est pas encore on était bien en direct ce matin avec Olivier Faure

25:46
Présentateur

premier secrétaire du parti socialiste

25:47
Olivier Faure

merci et bonne journée à vous

Passe d'armes entre Gérald Darmanin et Audrey Pulvar, élections régionales et pass sanitaire... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Faure — Olivier Faure · Pourquijevote