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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 25 mars 2022 24 min

Marion Maréchal : "Une majorité de Français ont à la fois le souci de la fin du mois et la fin de la France"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Nicolas Demorand, Yael Goz, le 7-9. Mais oui, avec Yael Goz, nous recevons ce matin dans le grand entretien la fondatrice de l'Institut de Sciences Sociales, Économiques et Politiques de Lyon, soutien du candidat Éric Zemmour dans cette élection présidentielle. Question et réaction, amis auditeurs, au 01-45-24-7000 et sur l'application France Inter. Marion Maréchal, bonjour et bienvenue sur France Inter. Merci d'être à notre micro ce matin.

Avant de parler de la campagne électorale et de la position dans laquelle se trouve Éric Zemmour à deux semaines du premier tour, commençons évidemment par l'Ukraine et l'intense mouvement diplomatique d'hier avec les sommets de l'OTAN et du G7, le Conseil européen se poursuivant aujourd'hui. Dans la palette des sanctions économiques à sa disposition, l'UE n'a toujours pas appuyé sur le bouton de l'embargo total sur le gaz et le pétrole russe. Est-ce que vous vous en réjouissez ce matin ? Si vous voulez, le problème c'est la question de l'alternative.

C'est toujours pareil, c'est que pour mettre en place cette sanction sur le principe, encore eut-il fallu avoir des alternatives qui soient satisfaisantes et qui ne soient pas trop douloureuses pour les économies et les peuples européens. Or à l'heure actuelle, ce qui semble être un constat partagé, alors c'est moins vrai pour la France mais c'est plus vrai notamment pour l'Allemagne, c'est qu'il n'y a pas d'alternative satisfaisante à court terme en tout cas.

1:21
Marion Maréchal

Même si on achète en commun du gaz comme on l'a fait pour les vaccins à colis dans l'Europe ?

1:25
Présentateur

Le problème c'est qu'au gaz russe en particulier, alors c'est moins vrai pour le pétrole où les alternatives sont un petit peu plus simples, mais sur le gaz russe, l'alternative c'est le gaz naturel liquéfié dont on sait qu'il est évidemment plus coûteux. On sait qu'avant même la guerre russo-ukrainienne, il y avait déjà une tension sur le marché de l'offre et de la demande. Or ce GNL comme on l'appelle est aujourd'hui davantage orienté vers l'Asie, donc ça voudrait dire risquer une guerre commerciale avec l'Asie si on réoriente ce gaz vers nous.

Par ailleurs, on peut se poser la question aussi de l'origine, on sait qu'il y a un certain nombre de pays qui ne sont pas non plus des grandes démocraties parmi les fournisseurs éventuels de ce gaz.

2:00
Marion Maréchal

Si on résume, il n'y a pas d'embargo, tant mieux, c'est ce que vous dites ce matin ?

2:02
Présentateur

Ce que je dis c'est que le problème c'est qu'il faut pouvoir prendre des sanctions qui ne soient pas non plus trop douloureuses pour les peuples et les économies européennes. Or en ce qui concerne le gaz en particulier et le pétrole dans un second temps, à court terme, malheureusement, ça me paraît délicat. Emmanuel Macron a promis de continuer à fournir des armes défensives et l'état à l'Ukraine, mais il précise avec une ligne rouge qui est de ne pas être que belligérant de ce conflit. Quelle est votre position là-dessus ? Est-ce qu'on doit continuer à armer la résistance ukrainienne ?

Alors de ce point de vue-là, moi je ne suis pas tout à fait d'accord, car je crois que la France n'est pas en guerre directement avec la Russie, même si ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas avoir une solidarité médicale, sanitaire, humanitaire, diplomatique avec l'Ukraine. Non, pas militaire, parce qu'évidemment, à partir du moment où on envoie des armes, quel que soit ce type d'armes, on devient de fait co-belligérant.

2:52
Marion Maréchal

Pas en droit international, il y a une nuance.

2:54
Présentateur

Oui, il n'y a peut-être pas en droit international, mais de fait, on se met quand même partie prenante dans un conflit sur le plan militaire. Or, l'armée et le matériel militaire ne doit selon moi être mis en place que quand il y a les intérêts directs de la France qui sont menacés.

3:09
Marion Maréchal

Vous dites comme Jean-Luc Mélenchon, en fait, il disait hier soir, si les Français veulent des gens qui livrent des armes à l'Ukraine et entrer en guerre, qu'ils ne votent pas pour moi. Vous vous rejoignez sur cette position non-militariste ?

3:19
Présentateur

Je pense que de ce point de vue-là, en effet, le risque est d'alimenter une escalade. Or, en plus, on sait qu'à partir du moment où on envoie des armes, quels que soient d'ailleurs les pays concernés, et qu'on arme les civils, il y a également un risque de dérive et d'escalade qui peut nuire à d'éventuels recours diplomatiques futurs. Et donc, je ne crois pas que ce soit le rôle de la France aujourd'hui d'aller vers ce terrain. Je crois qu'on est plus utile sur le plan de la médiation, de la diplomatie, d'être un acteur important là-dessus, de continuer évidemment à être plutôt un vecteur de rapport entre l'Ukraine et la Russie au regard de la place particulière de la France.

Mais je ne crois pas que nous ayons intérêt... Que l'Ukraine soit écrasée militairement par la Russie ? Ce n'est pas le sujet, si vous voulez, aujourd'hui. C'est le sujet en ce moment ? Oui, c'est le sujet pour, évidemment, les Ukrainiens. Mais je crois que la France et le rôle de la France là-dessus, c'est plutôt, au contraire, d'essayer de garder le rapport pour que nous puissions arriver à une solution de paix. Ce n'est pas en envoyant des armes qu'on réglera le problème de l'escalade militaire. Et donc, à partir de là, je pense qu'en effet, la meilleure des solutions, c'est de ne pas devenir co-belligérant dans cette guerre.

4:25
Marion Maréchal

On a bien compris, mais la guerre rebat les cartes et les positions de certains candidats. Faut-il ou non sortir du commandement intégré de l'OTAN ? On a vu que ça avait bougé cette semaine chez Fabien Roussel, le candidat communiste. Pas maintenant, disait-il à ce micro lundi. Ultérieurement, a répondu hier soir Marine Le Pen, on ne va pas le faire alors qu'il y a la guerre en Europe. Et vous, Marion Maréchal, qui parlez au nom d'Éric Zemmour, on sort du commandement intégré de l'OTAN maintenant ? On attend ? On le fera un jour ? On ne le fait pas ?

4:51
Présentateur

Alors, si vous voulez, il y a plusieurs niveaux de réponses en ce qui concerne la guerre en Ukraine. Il y a les réponses immédiates et les réponses de long terme. Je crois que si aujourd'hui, la foi de la France a été relativement affaiblie ces dernières années, c'est non seulement parce qu'elle a affaibli son outil militaire depuis de nombreuses années qui fait qu'elle n'est plus un interlocuteur respecté de ce point de vue-là ou en tout cas pris au sérieux, puisque nous sommes ultra dépendants à bien des égards et notamment sur les munitions d'autres puissances et nous l'avons vu notamment au Mali.

5:15
Marion Maréchal

La question c'est qu'on sort de l'OTAN.

5:16
Présentateur

Mais je vais vous répondre. Et c'est aussi parce que nous avons une voie qui est considérée comme noyée derrière la diplomatie, pseudo-diplomatie européenne et derrière notamment l'OTAN qui évidemment à travers cette structure militaire est aussi une forme de diplomatie perçue à l'international comme alignée derrière les Etats-Unis. Donc moi ce que je crois, c'est qu'il faut en effet tendre vers la sortie du commandement intégré de l'OTAN. Ce qui est sûr, c'est que de toute façon, ce n'est pas une décision qui se prend comme ça. Il est évident que la guerre russo-ukrainienne risque de durer peut-être encore quelques semaines ou quelques mois, j'espère le moins longtemps possible.

Et à partir de là, il faudra de toute façon amorcer cette décision, mais cette décision, elle ne se fera pas du jour au lendemain dans tous les cas.

5:58
Marion Maréchal

Est-ce que ça veut dire qu'on connaissait une utilité actuelle à l'OTAN ?

6:01
Présentateur

Mais je pense que de toute façon, l'objectif de la France à terme, c'est de sortir de ce commandement intégré de l'OTAN pour envoyer un signal qui est celui d'une diplomatie non alignée, c'est-à-dire une diplomatie indépendante qui ne se confond pas avec les intérêts américains, ce qui ne nous empêche pas d'ailleurs de garder des liens au sein de l'OTAN pour, évidemment, avoir des complémentarités sur le plan de la défense ou sur le plan de l'outil militaire. Comme nous l'avons toujours fait, nous avons des alliés. Il n'est pas question de renoncer à ces alliances.

Il est question simplement de reconstituer l'appareil militaire français et d'avoir une voie indépendante qui nous permette de compter dans ce monde multipolaire qui est en train d'émerger. Puisque sur la guerre russo-ukrainienne, l'une des premières leçons qu'on peut tirer, c'est quand même que des grands pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil ou d'autres puissances émergentes ou même un nombre significatif de pays en Afrique ne sont pas aujourd'hui alignés sur le bloc occidental en ce qui concerne le conflit russo-ukrainien.

Et donc la conclusion, c'est qu'il est plus utile que jamais que la France garde une voie indépendante pour permettre de se trouver entre ces différents blocs qui émergent et ne pas se laisser enfermer dans un seul. Marion Maréchal, la pression monte sur les entreprises françaises encore présentes en Russie. Au champ, le roi Merlin, Décathlon, Danone, Lactalis, le président Zelensky, dans son intervention devant le Parlement français, en a cité un certain nombre et n'a pas mâché ses mots. Quelle est votre position sur ce sujet ? Renaud, nommément cité, a annoncé suspendre ses activités en Russie. Est-ce que c'est une bonne décision selon vous ?

Est-ce que ces entreprises doivent plier bagage ? Alors là, pour le coup, je pense que ça relève de leur liberté individuelle. S'il y a des entreprises qui ont le souhait et la possibilité financière, la capacité financière de pouvoir le faire, qu'elles le fassent. Mais je ne crois pas qu'il faille l'imposer. Tout simplement parce que déjà, rappelons-le quand même, ces entreprises n'appartiennent pas à Poutine ou aux élégarques russes. Donc je veux dire, le procès qu'il aurait fait aujourd'hui de servir le pouvoir russe, à mon avis, est un procès injuste. C'est d'abord un service qu'elles rendent à la population, un service commercial.

Par ailleurs, les premiers qui paieront cela, ce sont évidemment les salariés sur place qui n'ont rien demandé, voire les salariés français. Et n'oublions pas par ailleurs que lorsque Renault prend cette décision, il m'apparaît logique que derrière, elle ait nécessairement besoin éventuellement de l'aide de l'État français, donc du contribuable français. Donc ce ne sera pas non plus totalement neutre de ce point de vue-là. Donc je crois que là-dessus, Mais vous ne voyez pas de problème éthique à rester sur place pour une entreprise quand on voit qu'il y en a tant d'autres, notamment américaines, qui ont pu quitter instantanément la Russie ?

Je trouve qu'en l'occurrence, une fois de plus, c'est un procès qui m'apparaît injuste parce que je ne crois pas que ces entreprises servent le pouvoir russe. Je pense qu'elles apportent un service à la population, qu'elles emploient des personnes au sein de la population, mais je ne crois pas qu'elles se fassent des financeurs de la guerre comme je ne l'ai pu entendre. Donc je pense qu'une fois de plus, c'est une décision individuelle, il faut leur laisser la liberté. Mais si cela implique pour certaines la faillite, parce que c'est vrai que ça peut être les mettre en grandes difficultés financières, je ne vois pas à quel titre il faudrait leur imposer cette faillite.

9:00
Marion Maréchal

Petite archive, Marion Maréchal, vous avez déclaré en juin 2021 à propos de Vladimir Poutine sur la chaîne TV Liberté. Je trouve que c'est un tacticien géopolitique phénoménal. Dîner avec Poutine, je pense que ça fait partie des choses à faire dans une vie. Vous rediriez la même chose aujourd'hui ?

9:14
Présentateur

Mais je ne regrette pas parce que oui, de fait, je pense que Vladimir Poutine est un tacticien géopolitique. On ne peut pas lui enlever ça. Et lorsque j'ai été interrogé là-dessus... Ce n'est pas un criminel de guerre. Non, mais l'idée que j'avais en tête... C'est un tacticien géopolitique ou un criminel de guerre. Je vais vous répondre, mais l'idée que j'avais en tête, c'était plus que je trouvais ça intéressant de pouvoir découvrir ce qu'il y avait dans la tête de Vladimir Poutine. Ce n'était pas un acte de, je ne sais pas, de complaisance ou de soumission ou de fascination comme je ne l'ai pu entendre. En 2014,

9:39
Marion Maréchal

quand vous allez en Crimée à la conférence Yalta, c'est pas un... Juste après l'annexion par les Russes, ce n'était pas un acte de soutien au régime de Poutine.

9:46
Présentateur

Non, j'avais quitté la politique à ce moment-là. J'y suis allée parce que ça m'a permis notamment de contracter des liens avec un certain nombre de pays africains qui étaient présents à cette époque et notamment sur le plan universitaire pour l'ISEP à l'époque. Donc, ce n'était pas un geste politique. Ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, je crois que le procès en poutinisme est un procès de mauvaise intention. Je crois qu'on peut aujourd'hui considérer que dans ce conflit, il y a eu deux étapes.

Il y a eu une première étape d'escalade, de menace, de responsabilité de part et d'autre qu'on peut analyser et il y a la deuxième étape qui est l'étape de la guerre où il y a la responsabilité de Poutine qui est absolument manifeste et qui ne fait pas débat. Et ce n'est pas parce qu'on a voulu expliquer ou nuancer la première étape des responsabilités et des raisons pour lesquelles on en est là que nécessairement on justifie aujourd'hui ce que fait Vladimir Poutine. Mais vous gardez tacticiens, géopolitiques, phénoménales plutôt que criminels de guerre ou autres ? Si vous voulez, c'est une analyse, ce n'est pas un compliment en tant que tel. Les criminels de guerre,

10:45
Marion Maréchal

vous ne pouvez pas le dire ce matin ?

10:46
Présentateur

Non, mais moi, je n'ai pas de souci avec ces débats sémantiques mais c'est juste que ça fait une semaine qu'on a l'impression que...

10:50
Marion Maréchal

C'est plus que de la sémantique.

10:51
Présentateur

C'est un peu de la sémantique. Je vais vous dire pourquoi parce que ça fait une semaine qu'on tourne autour du pot sur ces qualificatifs. Je ne suis pas sûre que ce soit ça qui arrête les bombes à Kiev. Après, criminels de guerre, moi, je n'ai pas de problème sur le principe à ce qu'ils puissent être qualifiés de la sorte. Mais criminels de guerre, c'est une définition juridique pour le coup. Donc, ça répond à des critères très précis. Il y a une enquête de la Cour pénale internationale qui est en cours. S'il s'avère que les spécialistes et les juristes attestent qu'il y a eu des crimes de guerre, il faudra qu'ils soient évidemment condamnés. Il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus.

Mais je n'aime pas, si vous voulez, l'espèce de course à l'escalade verbale à laquelle on assiste qui n'apporte pas grand-chose sur le plan du règlement de ce conflit. On va parler d'un autre mot. Venons-en à la campagne électorale. Lundi, Éric Zemmour a annoncé la création s'il était élu d'un ministère de la remigration. Terme emprunté à la droite identitaire. Il veut expulser 500 000 personnes en 5 ans. Clandestins, délinquants, criminels, fichés S. Assumez-vous le choix de ce mot remigration pour commencer, Marion Maréchal ? Oui, parce que j'assume l'action qu'il y a derrière.

C'est-à-dire le fait de créer un ministère qui soit dédié à la mise en place et à l'application certaine d'un certain nombre de mesures qu'il avait d'ores et déjà annoncées d'ailleurs depuis plusieurs mois sur l'expulsion d'un certain nombre d'étrangers qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire. Et on pense notamment à ceux qui ont été condamnés, délinquants et criminels. Ça fait à peu près 80 000 par an. Les 25 % de détenus étrangers actuellement en prison. On pense aux 4 000 fichés S. radicalisés. On pense aux centaines de milliers de clandestins qui sont aujourd'hui sur le territoire.

On sait aujourd'hui que les obligations de quitter le territoire français sont appliquées à peu près à hauteur de 20 %. Donc il y a une vraie défaillance. Et donc dédier un ministère à cela permet d'obtenir l'objectif chiffré qui n'était pas de 500 000 de mémoire mais plutôt d'un million sur l'ensemble du quinquennat.

12:35
Marion Maréchal

Ça varie entre vos collaborateurs.

12:37
Présentateur

Oui, voilà. 500 000, un million. Mais les mots ont un sens et une définition. La remigration dans l'idéologie de cette partie de l'extrême droite c'est le retour des immigrants et de leurs descendants dans leur pays d'origine. C'est l'idée qu'il existerait sur le sol français des gens qui, du fait de leur origine extra-européenne ne serait pas assimilable. Je cite là le spécialiste de l'extrême droite Jean-Yves Camus. Sauf que ce n'est pas du tout la définition qu'en a donnée Éric Zemmour. Mais c'est le mot. La remigration c'est le retour au pays d'un certain nombre de personnes étrangères qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire français. Donc en fait

13:12
Marion Maréchal

ils rebaptisent le ministère de l'Intérieur ?

13:14
Présentateur

Ça n'est pas autre chose. Ça n'est pas autre chose.

13:16
Marion Maréchal

Mais pourquoi deux ministères alors ?

13:17
Présentateur

Précisément parce qu'on voit bien qu'il y a une défaillance majeure aujourd'hui

13:24
Marion Maréchal

qui corrigera le ministère de l'Intérieur qui ferait mal son boulot ?

13:27
Présentateur

Non, qui serait complémentaire. Deux ministères pour la même chose. Qui serait complémentaire tout à fait. Qui serait complémentaire pour avoir un ministère dédié des moyens dédiés et une attention particulière et une efficacité diplomatique plus importante. Parce que vous savez que l'un des problèmes qu'on a sur le retour des étrangers sur les territoires c'est notamment la mauvaise volonté d'un certain nombre de pays qui ne donnent pas les visas consulaires. Et donc ça appelle une transversalité et donc des moyens particuliers.

13:49
Marion Maréchal

Ça fait trois minutes qu'on parle de remigration et de ce ministère.

13:52
Présentateur

C'est vous qui me posez la question.

13:53
Marion Maréchal

Parce qu'en fait dans votre équipe de campagne Guillaume Pelletier nous l'a confié votre bras droit c'est pour qu'on reparle de nous Éric Zemmour parce que ça ne va pas bien même si c'est un bad buzz c'est un buzz donc on parle de nous. C'est pour ça que vous sortez ce ministère de la remigration.

14:07
Présentateur

Moi je ne suis pas du tout aligné là-dessus. C'est la com ou pas ? Est-ce que c'est la com Marion Maréchal ? Mais ce n'est pas du tout de la communication. D'ailleurs je n'ai pas vu Guillaume Pelletier tenir ce genre de propos publiquement. Donc je ne sais pas d'où les tenez ça me paraît un peu surprenant parce que moi j'ai assisté

14:19
Marion Maréchal

Donc un bad buzz est un buzz ?

14:20
Présentateur

J'ai assisté à la conversation en l'occurrence qui a amené à cette décision et c'est une question d'efficacité politique ce n'est pas une question de buzz politique et en l'occurrence je pense que c'est un marqueur important d'Éric Zemmour qui fait sa distinction par rapport aux autres c'est qu'il a décidé de mettre ce sujet de l'identité de la sécurité de l'immigration au cœur de sa campagne il tient cela jusqu'au bout et à ce titre il annonce aujourd'hui des objectifs chiffrés qui sont une grande différence avec le bilan aujourd'hui migratoire d'Emmanuel Macron qui lui pour le coup a accordé plus de 2 millions de titres de séjour en 5 ans sur le territoire Avec Emmanuel Macron on a 2 millions de titres de séjour accordés à des extra-européens et avec Éric Zemmour on aura 1 million d'étrangers qui retourneront dans leur pays à l'issue du quinquennat Et donc pour être clair remigration ce n'est pas le retour des immigrants et de leurs descendants dans leur pays d'origine ce n'est pas du tout le cadre qui est donné à ce terme pour reprendre le sens originel du mot tel qu'il a été défini dans la droite identitaire C'est une des définitions qui a été donnée mais ce n'est pas du tout celle aujourd'hui d'Éric Zemmour et ce n'est pas du tout l'esprit de son annonce Quand on regarde ces derniers mois Marion Maréchal Éric Zemmour est parti de zéro Il est monté à 16 en octobre 2021 descendu à 15 en février à 11 en mercredi dans un sondage Ipsos à 9 dans le dernier baromètre Opinion Way vous passez de 0 à 16 puis de 16 à 9 pourquoi ?

Que s'est-il passé ? Quelle analyse faites-vous de cette courbe-là ?

Alors je pense qu'il y a plusieurs raisons mais c'est vrai que déjà indéniablement la guerre a rebattu les cartes on ne peut pas dire l'inverse on a une campagne qui est quand même relativement écrasée on a du mal à pouvoir présenter un certain nombre de sujets autres que les questions diplomatiques ou énergétiques donc c'est vrai que là-dessus il y a une forme de frustration on voit bien aussi qu'il y a un refus du débat non seulement de la part d'Emmanuel Macron mais même de l'ensemble du gouvernement qui refuse qu'on puisse faire un état des lieux du bilan et donc discuter débattre en détail des propositions qu'ils font Est-ce qu'il n'y a pas

16:21
Marion Maréchal

autre chose Marion Maréchal ? Marine Le Pen a démarré dès septembre sur la question du pouvoir d'achat elle s'est dit l'intuition c'était que le pouvoir d'achat serait le sujet dominant de la campagne vous êtes partie sur l'identité est-ce que c'est lié à ça ? à cette mauvaise appréciation de l'automne ?

16:34
Présentateur

Je pense que d'ailleurs les sujets ne s'annulent pas je pense qu'ils se complètent et comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire la majorité de français ont à la fois le souci de la fin du mois si je puis dire et la fin de la France donc je crois qu'au contraire il faut savoir garder un équilibre de ce point de vue là même si le sujet économique est devenu évidemment mécaniquement plus prégnant il faut quand même rappeler aux français que c'est pas parce que aujourd'hui il y a ce sujet énergétique qui est particulièrement douloureux pour beaucoup de français précaires que le reste disparaît or nous sommes aujourd'hui face à d'autres crises notamment sur le territoire qui sont des crises sécuritaires communautaristes avec le développement de l'islamisme qui ne disparaîtront pas au lendemain de l'élection et climatique entre autres choses et donc à partir de là je pense qu'il est sain qu'il y ait des candidats comme Éric Zemmour qui continuent de dire cela et de le rappeler parce que sinon la gueule de bois électorale risque d'être compliquée au lendemain de l'élection

17:27
Marion Maréchal

Pourquoi ressusciter le trocadéro dimanche ce sera votre démonstration de force dans cette dernière ligne droite de la campagne avant vous deux candidats l'ont fait Nicolas Sarkozy en 2012 François Fillon en 2017 ça porte pas un peu malheur ce trocadéro pourquoi ressusciter cet endroit ?

17:41
Présentateur

Au contraire ça va être la conjuration de la malédiction on va dire ça comme ça mais je crois que ce sera un très très bel événement qui se veut finalement le lancement de la dernière ligne droite de la campagne qui s'inscrit dans une dynamique très générale puisqu'il y a à peu près 100 meetings qui sont prévus partout en France en parallèle

17:57
Marion Maréchal

Très beau mais très cher on parle d'un million d'euros pour Trocadéro

17:59
Présentateur

Je ne suis pas dans le secret des dieux Je ne gère pas les finances du tout de la campagne je ne peux pas vous renseigner là-dessus

18:05
Marion Maréchal

Vous avez confiance en Olivier Hubeda le logisticien en chef ?

18:08
Présentateur

Manifestement en tout cas ce qui est sûr c'est que les mobilisations sont assez exceptionnelles sur le terrain d'ailleurs c'est ce qui est flagrant c'est que Eric Semmel Juste un mot parce que son entreprise

18:19
Marion Maréchal

je vous pose la question son entreprise a fait faillite en 2017 Olivier Hubeda il n'a plus le droit il n'a plus le droit de diriger une entreprise pendant 10 ans

18:25
Présentateur

Vous m'emmenez sur ce thème comme si c'était le sujet central de la campagne C'est l'organisation d'une campagne c'est important Très bien mais ce que je veux dire c'est qu'aujourd'hui on ne sait pas le sujet le sujet c'est de savoir si ce meeting sera un succès il y a un départ de la deuxième partie de campagne et je crois qu'il sera un événement important qui va permettre de redynamiser la dernière ligne droite j'en suis absolument convaincue et vous verrez il y aura des dizaines de milliers de personnes quoi qu'il en coûte Eric Zemmour est le seul vous savez les cadres des campagnes électorales sont très très cadrés sur le plan économique on ne fait pas ce qu'on veut donc je crois que jusqu'alors il n'y a aucun problème tout est respecté dans les règles de l'art rassurez-vous Marion Maréchal votre tante Marine Le Pen est en dynamique dans les sondages qui la donnent qualifiée pour le second tour ne regrettez-vous pas de l'avoir quitté pour rejoindre Eric Zemmour non je ne regrette pas du tout je pense que je suis à la place où je dois être c'est un choix avant tout de conviction que j'ai fait je retrouve dans Eric Zemmour non seulement la ligne que je défendais déjà à l'époque quand j'étais au Rassemblement National cette volonté d'unir les droites qui aujourd'hui se manifestent à la fois dans l'électorat d'Eric Zemmour mais aussi dans ses équipes on retrouve des gens de LR des gens du RN je vois bien qu'il y a aussi un cordon sanitaire qui s'effrite face à lui avec notamment des personnes comme Eric Ciotti François-Xavier Bellamy qui est le chef de la délégation LR au Parlement Européen ou d'autres sénateurs et élus LR qui ont d'ores et déjà dit qu'en cas de deuxième tour Emmanuel Macron-Zemmour il voterait pour lui et pour moi ce sont des victoires symboliques et politiques

19:48
Marion Maréchal

seulement s'il est au deuxième tour sinon il reste LR et il soutient Pécresse

19:51
Présentateur

oui très bien mais ce que je veux dire c'est que tous ces indices-là toutes ces victoires-là me font dire qu'avec lui l'histoire de la recomposition politique française peut être amorcée ce que malheureusement je ne crois pas avec le RN pour avoir déjà joué l'élection deux fois et connaître la fin de l'histoire d'ailleurs malheureusement Emmanuel Macron est assez satisfait de cette situation parce qu'il sait qu'il n'y a pas d'inconnus et que le scénario est maîtrisé avec Éric Zemmour c'est pas la même histoire c'est certain on va passer au standard où nous attend Christophe bonjour bienvenue Christophe oui bonjour j'ai une question pour votre invité j'aimerais savoir pour 2027 le nom de la candidate d'extrême droite est-ce que ça sera Zemmour ou est-ce que ça sera vous merci Christophe pour cette question alors elle est courte elle est claire et on a déjà engendé l'élection alors 2027 exercice de prospective déjà alors je récuse totalement le terme d'extrême droite première pire en réponse et deuxième réponse évidemment on n'est pas du tout en 2027 donc je veux dire personne ne se pose cette question à l'heure actuelle et donc elle m'apparaît un petit peu décalée là on est un peu concentré sur déjà le premier tour des élections de 2022 si vous permettez

21:01
Marion Maréchal

mais vous pensez aussi à la suite vous disiez on peut recomposer avec Éric Zemmour les législatives arrivent derrière cette semaine après la présidentielle

21:08
Présentateur

il est évident quand on fait de la politique on se projette vous aurez un minimum

21:11
Marion Maréchal

de 50 circonscriptions

21:12
Présentateur

c'est jamais une élection je vais vous répondre mais c'est jamais une élection et tout s'arrête c'est la dynamique qui a été créée depuis quelques semaines avec un parti qui a 110 000 adhérents qui arrive aujourd'hui à un score quand même notable qui va donc compter durablement dans la vie politique j'espère bien qu'il sera le pôle central leader de la droite dans les années à venir dès les législatives

21:31
Marion Maréchal

donc comme partenaire de Reconquête le parti d'Éric Zemmour vous voulez combien de circonscriptions d'investiture ?

21:36
Présentateur

j'ai pas négocié un nombre de circonscriptions c'était pas du tout l'esprit dans laquelle je suis venu en tant qu'allié et j'espère en effet avoir une place dans le cadre d'une grande coalition qui se traduirait par la volonté finalement d'une majorité présidentielle hétérogène c'est l'esprit d'Éric Zemmour de dire je rassemble des sensibilités différentes avec leur liberté moi je m'inscris là-dedans donc évidemment que la présidentielle est l'étape fondamentale une première étape qui détermine tout le reste mais que c'est une construction sur le long terme bien sûr

22:03
Marion Maréchal

on brûle les étapes c'est vrai donc Éric Zemmour vous le souhaitez au deuxième tour on a bien compris mais si ce n'était pas le cas duel Macron-Le Pen Marine Le Pen vous choisissez qui ?

22:13
Présentateur

moi je l'ai dit très clairement il est évident que je ne vais pas voter Emmanuel Macron et donc je voterai pour Marine Le Pen alors c'est ma décision personnelle je ne préjuge pas de celle des autres

22:20
Marion Maréchal

Macron-Mélenchon vous faites quoi ?

22:22
Présentateur

alors ça c'est une bonne question parce que Mélenchon me terrifie Emmanuel Macron a un bilan absolument déplorable

22:29
Marion Maréchal

vous n'avez pas réfléchi à cette hypothèse encore ?

22:33
Présentateur

je ne sais pas ce que je ferais je ne sais pas ce que je ferais mais c'est vrai que celle-là ce serait un choix absolument atroce

22:37
Marion Maréchal

pouvez-vous vous réconcilier avec Marine Le Pen après la présidentielle ?

22:42
Présentateur

il n'y a rien de personnel dans cette histoire sincèrement c'est une question vraiment de politique moi je suis une femme de 32 ans j'ai été engagée politiquement j'ai envie de pouvoir servir mon pays utilement donc je vais là où j'ai le sentiment d'être le plus utile et où je me sens le plus à l'aise je me sens le plus à l'aise dans la manière et la vision aujourd'hui d'Éric Zemmour pour la France et dans sa manière de penser la politique une question rapide de Françoise sur l'application d'Inter Éric Zemmour et vous vous réclamez des valeurs chrétiennes or vous avez vidé les valeurs chrétiennes de l'évangile c'est une pure hérésie dit Françoise que pouvez-vous lui répondre rapidement ?

je ne sais pas à quoi elle fait référence en l'occurrence donc ça va être difficile de lui répondre mais bon j'imagine que c'est relativement à l'immigration parce que c'est souvent ce qui revient vous savez dans la doctrine sociale de l'église puisqu'on va sur ce terrain-là le premier rôle du politique c'est de défendre le bien commun et donc la charité d'État ne se confond pas avec la charité individuelle très concrètement c'est-à-dire que si demain vous tombez sur une personne un migrant admettons qu'il est en difficulté dans la rue vous allez lui venir en aide à titre personnel mais en revanche le rôle d'un État c'est de garantir la sécurité l'harmonie la cohésion de la société et à ce titre l'église ne dit pas du tout qu'il ne faille pas réguler l'immigration

23:55
Marion Maréchal

et d'un mot très court puisqu'on parle d'église vous irez le 7 avril à Veselet la basilique de Veselet il y a une marche qui est prévue d'Evric Zemmour pour aller maintenant vers ce pèlerinage chaque année c'est l'idée c'est ça

24:05
Présentateur

je ne sais pas parce que j'ai entendu en l'occurrence qu'il y avait un certain nombre de choses à l'étude pour le 6 et le 7 mais rien n'est confirmé aujourd'hui donc je ne peux pas vous dire ce qu'il en sera merci Marion Maréchal d'avoir été à notre micro ce matin France Inter