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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 2 septembre 2026 18 minAutoproduitActualité / polémiqueEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

RN : pourquoi de nouveaux électeurs se rallient à Marine Le Pen

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d'entraver cette victoire de second tour de Marine Le Pen. D'où cette efflorescence des sondages de second tour. Qu'est-ce que Quel est le quelle est la fiabilité d'un sondage de second tour ?

Oh, pour l'instant faible parce que on ne sait pas par définition quels seraient les équilibres enregistrés au premier tour et donc les transferts entre le premier et le second tour. Donc tout ça donne pour l'instant uniquement euh un rapport de force à l'instant. Mais que se passera-t-il ?

En mai prochain, les choses peuvent énormément changer. Euh, Raphaël Gluxman remonte dans les dans les sondages. Il pourrait enrayer la dynamique Mélenchon s'il remportait la primaire.

Alors pour Oui. Oui. S'il remporte la primaire, il y aura un effet primaire comme il y en a souvent.

D'autre part, on s'aperçoit que quand vous prenez la chaîne des sondages, et bien Gluxman peut dans certains cas dépasser sensiblement les 11 12 % qui sont ce à l'heure actuelle, c'est le niveau auquel il est mesuré. C'est bien sûr beaucoup mieux que madame Hidalgo qui n'atteignait pas les 2 % en lors de la dernière élection présidentielle de 2022. Donc il y a une légère dynamique oui euh de Raphaël Gluxman.

Cependant aujourd'hui, il est encore légèrement derrière euh Jean-Luc Mélenchon. C'est la gauche protestataire qui pour l'instant continue à établir son empire sur la gauche. H mais euh une enquête justement réalisée cet été montré que les électeurs de gauche, parmi les électeurs de gauche, il y a un groupe qui domine, c'est le le groupe du vote stratégique, c'est-à-dire le groupe de ceux qui votent pour le gagnant, celui qui en ou celle qui a une chance à gauche d'être d'être au deuxème tour.

Est-ce que ce groupe qui votait Mélenchon finalement pourrait basculer vers Gluxman ? Alors, il est en érosion ce groupe quand vous regardez l'évolution sur les deux dernières années. C'est un groupe depuis 2024 qui est en érosion.

Pourquoi ? Parce que l'image de Jean-Luc Mélenchon s'est tellement dégradée qu'il n'a plus du tout la position qu'il avait en 2022, c'est-à-dire une position relativement centrale dans l'espace des gauches où il pouvait attirer toute une série d'électeurs socialistes, d'électeurs écologistes. Cette phase là semble terminée.

Mais attention, si Mélenchon nous habitue à être en tête de la gauche, vous pouvez avoir très bien des électeurs de gauche qui en traînant les pieds euh et bien voilà. euh se retourneront peu à peu vers Jean-Luc Mélenchon. Autre point chez Jean-Luc Mélenchon, j'en profite, euh on voit un un activisme euh notamment euh de Bali Bagayoko et de ses profils hein, de ces élus euh issus de ce qu'on appelle la diversité.

Euh justement essayer de mobiliser les banlieux pour voter pour Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que Mélench pourrait réussir ce paris qu'on pourrait appeler un paris de Trump à l'envers ? Le paris de Trump en 2016, c'était de changer les paradigmes du vote en faisant voter des gens qui n'avaient jamais voté.

Et est-ce que cette cet activisme dans les banlieux pourrait provoquer une modification des dynamiques de vote et en particulier à gauche ? C'est en effet le pari de Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire de mobiliser électoralement ce qu'il appelle la Nouvelle-Fance, c'est-à-dire cette alliance incertaine des jeunes, des femmes euh et des Français issus de de l'immigration. C'est un paris transformer l'intersectionnalisme finalement en force électorale.

En force électorale. Euh quand on regarde les dernières élections municipales, il a pu réussir cela dans certaines communes de banlieu mais il faut pas oublier qu'à l'élection présidentielle c'est l'ensemble du pays qui vote et que donc ce Paris sera pour lui beaucoup plus difficile à réussir. Et ça n'est pas avec cette Nouvelle France qu'il gagnera hein.

Il faut qu'à cette nouvelle France s'ajoute, j'allais dire une France de gauche traditionnelle. Cette France de gauche traditionnelle, elle n'est pas convaincue par les excès de Mélenchon. Si euh Mélenchon arrive à mobiliser cette Nouvelle France comme vous dites, est-ce que ça provoque déjà en réaction une mobilisation d'une France qui refuse cette Nouvelle-Fance ?

Et est-ce que cette France qui refuse Nouvelle-Fance a une force capable, enfin en tous les cas en capacité de faire échec ? Alors sur le papier aujourd'hui quand vous regardez les enquêtes d'opinion, une majorité des Français ne se retrouve pas dans ce schéma de la Nouvelle-France. Pour eux, c'est pas ça la France, hein.

Euh nous ne sommes pas dans des sociétés qui sont des sociétés multiculturalistes dans lequelles euh ce type de modèle euh peut opérer, avoir un attrait. Euh là, nous sommes au fond dans une vieille culture euh qui reste encore une culture à dominante républicaine euh à dominante ou l'unité euh du peuple ne se fait pas euh autour d'un agglomérat de minorité, hein. Donc pour l'instant, euh il peut agiter ça pour mobiliser Jean-Luc Mélenchon.

C'est pas ça qui lui ouvrira les portes d'une vocation majoritaire pour l'emporter. Vous venez de publier, enfin vous avez publié pendant l'été un vraiment une note très intéressante pour la fond concernant le Rassemblement national qui s'appelle d'un parti de protestation et un parti dominant. Tout est intéressant dans votre titre et dans le sous-titre sur la dynamique électorale du rassemblement national.

Jeis qu'on justement à travers l'actualité, on regarde un petit peu tout ça. D'abord, première question, est-ce que l'éviction de François Durvis peut nuire à la candidature de Marine Le Pen ? Non, je ne crois pas.

Vous savez, c'est un, j'allais dire, un événement qui touche le microcosme euh des conseillers de candidats ou de potentiels candidats puisque cet homme est en fait un polytechnicien euh qui travaille pour le RN depuis pas mal d'années et qui s'était beaucoup rapproché de monsieur Bardella. Voilà, ça reste un épi phénomène qui ne va pas déséquilibrer les choses. Simplement ce monsieur ne se retrouve pas en effet dans les positions de Marine Le Pen, particulièrement ses positions sur la retraite et la ligne qui n'est pas une ligne foncièrement libérale.

On l'a vu dans la timidité avec laquelle les patrons ont reçu madame Le Pen. Alors justement, il y a plusieurs choses par rapport à ça. Pascal Perinot.

D'abord question sur l'histoire de la retraite. Quel est l'intérêt électoral du RN à s'accrocher à la retraite à 60 ou 62 ans ? C'est clair et net.

L'électorat populaire si vous voulez ce qui a fait que l'on parle électorat populaire par exemple si le RN changeait de pied en voudrait au RN. Ah oui, certainement. Certainement parce que la retraite est un enjeu pour eux tout à fait essentiel.

Euh il faut savoir que cet électorat populaire, c'est ce qui fait que l'on parle aujourd'hui euh de l'électorat du Rassemblement national comme un électorat qui pourrait devenir majoritaire au second tour. Et donc Marine Le Pen est là, contrairement à monsieur Bardella, elle prête une oreille extrêmement attentive à ce qui se passe dans cet électorat populaire. Faut pas oublier que c'est une femme qui est une élue des de ces régions du nord Pascalis qui sont des régions profondément populaires.

C'est pour elle un baromètre qui est un baromètre tout à fait essentiel. Hm. Euh alors justement sur les questions économiques, on a entendait une petite pique de Gabriel Etal rencontre de Marine Le Pen et du Rassemblement national lors du débat des candidats à la présidentielle à la au rassemblement des entrepreneurs français jeudi dernier euh en disant l'écran de fumée Bardella est euh terminé.

Euh est-ce que le procès alors il y a derrière ça le procès en crédibilité de Marine Le Pen en matière économique ? Question un peu provoque. Est-ce qu'il est pas pipé ?

J'entendais vendredi Geoffre Route Bieux déclarer que l'avantage des trois candidats du bloc central est qu'il connaissaiit le monde de l'entreprise. Quand on regarde le pédigré des trois candidats du Bloc central, à part Bruno Rotaillot et le P du fou et encore c'était un engagement associatif même si c'était une vraie entreprise mais à quelle entreprise a appartenu Gabriel Atal en dehors de la section haute scène du PS et puis en plus et et après les différents partis d'Embel Macron et le conseiller d'État Édouard Philippe a-t-il d'autres expériences entrepreneuriale qu'un exercice à l'afriqueuse avec Jal Darmanin ? Oui, mais mon cher Vassan, nous sommes en France et en France en effet le poids de la haute fonction publique dans nos élites et pas simplement nos élites politiques, nos élites économiques et cetera reste un poids massif, y compris des élites qui se définissent comme libérales.

Bien sûr, bien sûr, bien sûr. Et et cela pèse énormément sur les comportements, les attitudes. Cependant, il faut bien reconnaître que dans ces candidats du bloc central élargi qui va de la droite conservatrice de LR jusque, j'allais dire presque aux marches de la gauche social-démocrate, il y a une série de femmes qui sont tout même très sensibles aux demandes des entreprises.

Et on le voyait dans les réactions euh du président du MEDF euh jeudi dernier. Les patrons sont tout de même beaucoup plus sensibles au discours de monsieur Atal, de monsieur Retaillot. et et de monsieur Édouard Philippe qu'au discours de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon.

Est-ce qu'il n'y a pas un yatus entre en tout cas c'est ce qu'on entend au RN est-ce entre le haut patronat et la base patronale ? Oui, bien sûr, la taille de l'entreprise est extrêmement importante euh parce que là, dans les moyennes et grandes entreprises, euh j'allais dire l'ouverture au candidats du bloc central euh est importante. On le voit dans les sondages euh d'intention de vote lorsqu'on regarde par exemple les scores euh en particulier d'Édouard Philippe.

En revanche, chez les dans les les TPE, les toutes petites entreprises et là vous avez un score qui est un score le pénist qui parfois atteint ce qu'il peut atteindre dans les couches populaires, c'est-à-dire des 40 % hein. Et ça c'est un vieux vote que l'on appelait jadiste le vote pourjadiste. C'est une constante d'ailleurs historique hein dans cette droite de la droite française.

Je reviens à votre à votre note pour la fond. Est-ce que la force de la dynamique Renne est l'envie de la part d'une partie de l'électorat modéré d'abord et avant tout de changer ? Oui.

Alors, si vous voulez, dans cette note, je distingue différents types de population. Une population qui est qui est hostile, qui ne votera jamais euh jamais jamais jamais pour l'instant pour l'instant qui n'a jamais voté puisque je prends toutes les élections depuis 2017. hein, jusqu'à 2024 et je suis les mêmes électeurs, hein.

Donc là, il y a bon les les il y a les fidèles, ceux qui votent tout le temps, hein. Et puis il y a la population des épisodiques, ceux qui votent de temps en temps, puis de temps en temps, ils oublient de voter et cetera et une population très intéressante, ceux qui en 2024 se sont rallés, c'est-à-dire ceux qui font la dynamique actuelle et ce qui est très et cette dynamique repose sur ce ralliment. Alors euh cette dynamique qui repose sur ce ralliment, sur ces fameux ralliers, elle a une couleur tout à fait spécifique.

Elle est constituée beaucoup de femmes, de personnes âgées euh de couches moyennes et supérieures et de diplômés. C'est-à-dire que là, on s'aperçoit que dans la période tout à fait récente, le RN et Marine Le Pen, comme monsieur Bardella euh ont la capacité maintenant de trouver une dynamique euh de trouver un ressort extrêmement important dans des couches qui jusqu'alors ne votaient jamais pour le RN puisque ces ralliés de 2024 étaient des gens qui n'avaient jamais voté RN auparavant. Est-ce que euh le fait que Jordan Bardella passe au second plan Oui.

Derrière Marine Le Pen ne va pas enrayer cette dynamique des radillons. Alors, je ne le crois pas profondément. à la marge peut-être peut-être parce qu'on entend j'étais prêt à voter à Bardella mais je voterai pas pour Marine Le Pen.

Moi, je crois que le désir de faire turbuler le système de renverser la table estelle et le pouvoir de conviction des autres candidats est tout de même extrêmement faible pour l'instant. Euh ces deux éléments font que euh je crois personnellement euh que l'attirance euh l'attirance pour Marine Le Pen sera presque aussi importante que l'attirance pour Bardella. Est-ce à dire Pascal Perinot que dans ce ralliment, dans cette dynamique du ralliment, ce qui prévaut c'est le changement, la volonté de changement plus que la compétence des personnes en question.

Bien sûr, c'est évident parce que si l'on prend la compétence, il est évident sans être désagréable avec ces extrêmes que la compétence jusqu'à maintenant est assez faible. Quand ils ont prouvé leurs compétences, c'était éventuellement dans des petites communes et encore, c'est contesté, pas dans des départements, pas dans des régions et jamais au plan au plan gouvernemental. Donc la compétence reste une compétence faible.

En revanche, la volonté, la mauvaise humeur est telle que cette mauvaise humeur l'emporte. Et cette mauvaise humeur, elle profite à qui ? Aux deux extrêmes, Mélenchant Le Pen.

Oui, mais ce qui est intéressant notamment dans votre analyse, c'est que on est sorti nor de la de l'épur protestataire. Oui, parce que et paradoxalement ce que vous êtes en train de me décrire, c'est [rires] précisément la dynamique d'un mouvement protestataire. Alors dégagiste, j'allais dire les deux semelles.

Bien sûr, le fond le fond [rires] de l'air si vous voulez reste un fond de l'air protestataire mais peu à peu, avec le temps, ce parti s'est installé dans ce que la position de ce que j'appelle un parti dominant. Il y a eu au début de la 5e République le parti gauliste et néogoliste. Ensuite, il y a eu les socialistes dans les années 80 puis au moment de la cohabitation Jospin Chirak.

Et et il faut constater quand vous dépassez les 30 % à peu près toutes les élections que vous installez au cœur du système, vous devenez de fait un parti dominant. Est-ce que l'évolution du RN vers un parti dominant, on fait pour autant un parti de gouvernement ? Pour l'instant non.

Quand vous regardez, c'est l'enquête se fraess pour le journal Le Monde, quand vous regardez ça sur la longue période, oui, l'image de parti de gouvernement s'est améliorée. Mais euh ce parti a encore à faire ses preuves, hein. C'est-à-dire que toute une partie de Français qui même éventuellement pourraient voter ou déjà voté pour le RN s'interroge toujours sur sa capacité à gouverner.

Hm. À quand datez-vous euh ce basculement d'une partie de l'opinion h vers le ralliment ? Ah, c'est ancien, c'est plus ancien qu'on veut bien le croire.

Euh c'est dès les années euh 2022, à partir du moment où Marine Le Pen pèse pèse 44 % si ma mémoire est bonne au second tour, qu'elle n'est plus très loin de la barre des 50 % que ce basculement se fait. Est-ce que je précise ma question, ce sera ma dernière. Est-ce que euh précisément euh on on le date pas peut-être des législatives de 2022 et surtout de l'automne 2022 où Emmanuel Macron a été réélu au soulagement d'une partie de certaines de certaines élites mais qui s'aperçoivent à ce moment-là.

Il y a la menace d'ailleurs d'un blackout électrique dans les mois qui viennent, dans les mois qui suivent que le roi est est un peu nu. Oui, en effet, cette présidentielle de 2022 est une présidentielle étrange. Euh pas de campagne, euh un président qui a été en effet extrême extrêmement peu présent sur l'Assine nationale parce qu'il était euh légitimement euh très occupé euh par l'affaire euh par l'affaire ukrainienne.

Et puis ensuite, il y a une séquence qui est une séquence catastrophique marquée en particulier par la cohabitation. Et là, à ce moment-là, le roi est véritablement nu. Mais la prochaine échéance, elle ne se passe plus dans la perspective Macron puisque Macron ne sera pas candidat et que les héritiers pour l'instant euh à des degrés divers euh sont euh ou bien Gabriel Atal qui pour l'instant ne performe pas dans les intentions de vote.

Édouard Philippe qui performe davantage et qui continue à faire la course en tête et d'une certaine manière aussi. Bruno Rotaillot. Merci beaucoup.

Pascal Pinot, votre note est à retrouver, elle est passionnante sur le site de la Fondapol et justement vous analysez en détail tous ces segments électoraux et toute cette dynamique électorale. On y reviendra bien