CORONAVIRUS : L'entraide doit être notre étendard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 8:00OuverteÉludée
Est-ce que vous avez été consulté par le gouvernement sur la tenue du premier tour des municipales ?
- 9:00RelanceRéponse partielle
Le Président a affirmé l'inverse dans son allocution ce soir.
- 10:00OuverteRéponse directe
Réaction sur la fermeture des crèches, écoles et universités : proportionné ?
- 12:00OuverteRéponse directe
Pas de panique votre appel ce soir, est-ce que vous l'avez trouvé rassurant le Président ce soir ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:10Locuteur 2Fait
« Un monde est mort. Celui qui faisait une confiance aveugle au libre échange, au point qu'on a cru qu'on pouvait se passer de produire nous-même les médicaments dont on a besoin. »
- 0:30Locuteur 2Promesse
« Il faut que toutes les mesures de chômage technique donnent lieu à une compensation à 100 % sur les salaires. »
- 1:00Locuteur 2Promesse
« La loi, qui rendait plus difficile l'accès aux indemnisations de chômage soit reportée. »
- 3:00Locuteur 2Fait
« Ce que nous voyons en Italie et dans quelques autres pays doit nous tenir lieu d'avertissement. »
- 6:00Locuteur 2Fait
« J'ai recommandé aussi qu'il rencontre les syndicats. »
- 7:00Locuteur 2Fait
« Il faut que les plus faibles socialement soient aussi ceux qui soient les mieux protégés. »
- 9:00Locuteur 2Fait
« On nous a parlé de toutes sortes de choses qui avaient leur intérêt mais à aucun moment on ne nous a demandé notre avis sur l'organisation des élections. »
- 11:00Locuteur 2Fait
« Si les enfants ne sont ni à la crèche, ni à l'école, ni au collège, ni au lycée c'est qu'ils vont être à la maison et ils ont besoin de la présence des adultes. »
- 13:00Locuteur 2Fait
« Tous les gosses à la maison c'est quelque chose. D'autant qu'on dit que les enfants sont porteurs sains. »
- 14:00Locuteur 2Fait
« Le pire pour nous tous c'est la panique. »
- 15:00Locuteur 2Fait
« Ce système est absolument inapte à s'occuper d'une planète où il y a 7 milliards d'habitants. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Un monde est mort. Celui qui faisait une confiance aveugle au libre échange, au point qu'on a cru qu'on pouvait se passer de produire nous-même les médicaments dont on a besoin. Un monde est mort, celui qui croyait que l'on pouvait détruire tous les habitats naturels sans qu'il y ait ensuite des conséquences sur les épidémies mondiales.
Un monde est mort, celui où l'on croyait que la France pouvait se dispenser de son indépendance dans les secteurs clés de sa vie. Un monde est mort, celui où l'on croyait que le marché devait remplacer l'hôpital public. Dans cette circonstance, il faut que nous manifestions une discipline de comportement exemplaire.
Ce moment n'est pas celui de la polémique. L'épidémie n'en est qu'à son début et nous auront bientôt un pic beaucoup plus élevé que ce que nous connaissons. Ce que nous voyons en Italie et dans quelques autres pays doit nous tenir lieu d'avertissement.
C'est pourquoi le devoir personnel conduit à cette cohésion et le devoir politique de même. J'invite tous ceux qui ont confiance dans ce que nous leur disons, nous autre les insoumis, à chercher par tous les moyens à se rendre utile, à agir dans les solidarités concrètes pour les plus faibles, les plus isolés, les plus démunis. Je les appelle à renoncer définitivement à toute trace de cet égoïsme social qui a accablé notre pays, et à être entièrement dans la solidarité.
Je pense que les pouvoirs publics doivent comprendre que dans la mesure où ni la production ni les échanges ne s'interrompront, il faut qu'il y ait une mobilisation sanitaire au niveau social. C'est-à-dire dans les entreprises, là où les travailleurs, les salariés sont en état d'évaluer les meilleurs moyens pour freiner et ralentir la propagation de l'épidémie. C'est sur cette mobilisation qu'il faut compter avant tout pour protéger le pays.
Il faut que les plus faibles socialement soient aussi ceux qui soient les mieux protégés. En particulier il faut que toutes les mesures de chômage technique donnent lieu à une compensation à 100 % sur les salaires. Il faut que la loi, qui rendait plus difficile l'accès aux indemnisations de chômage soit reportée.
Ainsi que toutes les mesures de même nature qui, hier encore, paraissaient évidentes à tous ceux qui pratiquaient cette politique de la dureté, de l'égoïsme, de la compétition de chacun avec tout le monde. Dans ce grand moment de notre vie collective il faut savoir dépasser ce qui, d'une manière ou d'une autre, pouvait limiter notre capacité à nous entraider. L'entraide est la clé du succès et de l'avance pour l'avenir.
L'entraide. Ce mot doit devenir notre étendard comme celui de l'intérêt général et de la protection des biens communs. C'est de cette façon que le meilleur de nous-même servira au meilleur de notre futur possible.
À cet instant, le Président a estimé que la vie politique normale pouvait continuer. Si ça veut dire les élections, nous nous en remettons à l'évaluation qu'il en a et aux moyens qu'il a d'apprécier la situation que nous-même nous n'avons pas. Mais alors là aussi il faudra le faire dans des conditions de discipline et de respect des consignes sanitaires qui nous sont données.
Voilà pourquoi nous le ferons, nous le ferons bien, et nous le ferons pour montrer qu'en toute circonstance, quoi qu'il arrive et quel qu'en soit les périls nous sommes un peuple libre et nous vivons en démocratie. Voilà les mots que je voulais prononcer, en rappelant que tous ceux qui ont confiance dans notre parole, que le moment n'est pas celui de la polémique. C'est le moment de la solidarité, de la cohésion et du devoir personnel individuel de respecter les consignes et de se porter au secours de ceux qui sont les plus dans le besoin de l'entraide.
Ceux qui sont les plus isolés, les plus affaiblis, les plus abandonnés. C'est à eux que doivent aller toutes nos priorités. Voilà, merci. - Est-ce que vous avez été consulté par le gouvernement, par Emmanuel Macron lui-même, sur la question de la tenue du premier tour des municipales dimanche ou pas du tout ? - Merci de poser la question parce que j'ai été surpris quand j'ai entendu dire que nous avions donné notre avis, non on ne nous l'a pas demandé.
On nous a parlé de toutes sortes de choses qui avaient leur intérêt mais à aucun moment on ne nous a demandé notre avis sur l'organisation des élections. Et personne ne l'a donné. - Le Président a affirmé l'inverse dans son allocution ce soir. - Peut-être lui a t'on fait un rapport erroné de ce qui s'est dit ce matin.
Moi j'ai été content d'entendre un écho de ce que, pour ma part, j'ai pu dire concernant les indemnisations de chômage. J'ai recommandé aussi qu'il rencontre les syndicats. Je pense qu'il n'y a pas de mobilisation dans ce pays qui soit sérieuse et en profondeur sans que les salariés n'y participent.
Parce que l'essentiel de la vie du pays reste encore au travail. Et par conséquent il faut parler avec ceux qui sont directement sur le terrain. Pas seulement dans le secteur de la santé publique qui évidemment est décisif, mais là où sont les gens qui travaillent.
Et je pense que ce serait une bonne chose si dans chaque entreprise et partout où il y a un lieu de travail, les salariés se réunissaient, se concertaient pour savoir comment on s'y prend, parce que c'est eux qui le savent. On ne peut pas prendre de mesures abstraites du dessus. De ça, oui on en a parlé ce matin, mais des élections non. - Peut-être juste une réaction sur la principale mesure du Président ce soir : la fermeture des crèches, écoles, collèges, lycées, universités.
Est-ce que ça va dans le bon sens, est-ce que c'est proportionné comme décision ? - Proportionné moi je n'en sais rien, je sais comme tout le monde qu'on va vers une progression de l'épidémie dans le pays, ça c'est certain. Si ils prennent ces mesures je pense qu'on doit tous faire le pari de la confiance dans le bien fondé des décisions qui sont prises.
Il n'y a pas de raison de penser que des décisions absurdes soient prises ou je ne sais quoi de cette nature. Alors, évidemment c'est un défi gigantesque parce que si les enfants ne sont ni à la crèche, ni à l'école, ni au collège, ni au lycée c'est qu'ils vont être à la maison et ils ont besoin de la présence des adultes. On peut donc penser qu'il y aura une assez ample désorganisation de la production dans le pays et de, en général, la vie commune du pays.
C'est pourquoi je disais qu'il faut se rendre utile, déjà on a évoqué le cas des personnels de santé, il faut qu'ils puissent aller travailler sinon tout est perdu. Il faut donc que tous ceux qui le peuvent viennent à la rescousse. Ceux qui sont en état de faire de la garde d'enfant, ceux qui sont en état de participer à des équipes dans ce domaine le fassent pour que nous lissions le plus le choc que va recevoir le pays.
Parce qu'en effet, vous avez raison, ce n'est pas une petite décision. Tous les gosses à la maison c'est quelque chose. D'autant qu'on dit que les enfants sont porteurs sains.
Quand ils le sont. Nous saurons vite où on en est parce qu'on connaît la dangerosité de l'épidémie, on sait à peu près à quelle proportion de morts une épidémie peut conduire, et si les chiffres sont supérieurs à ce qu'on prévoit c'est qu'on a sous-estimé au départ la contamination. On ne le souhaite pas mais une fois qu'on l'observera il faut le faire avec sang-froid parce qu'encore une fois le pire pour nous tous c'est la panique.
C'est le moment où les gens pensent que chacun va trouver sa petite règle et sa manière de s'en sortir sans tenir compte des autres. Alors là tout est perdu. C'est pourquoi les appels à la discipline ne sont jamais de trop.
Et que c'est notre responsabilité, surtout les gens comme nous qui sommes des opposants extrêmement déterminés et organisateurs en général de toutes les résistances à toutes les consignes qui sont données, que dans la circonstance on fasse un appel à la discipline, à la cohésion parce que nous ne sommes pas des aventuriers. Nous sommes liés à la vie de la patrie comme tout le monde. - Pas de panique votre appel aussi ce soir, est-ce que vous l'avez trouvé rassurant le Président ce soir ?
C'était l'objectif aussi. - Je ne suis pas bon juge parce que je l'écoute avec la précision de ce qu'il dit. Quand je l'écoute évidemment je me rends compte qu'il ne parle pas la langue qu'il connaît.
Depuis deux ans et demi nous ne l'avons entendu parler que de compétition, de compétitivité, de libérer les énergies des uns contre les autres, nous avons entendu dire pis que pendre de tous les systèmes collectifs de solidarité et tout à coup ce soir nous voyons quelqu'un qui va jusqu'à aller chercher les slogans de François Mitterrand pour parler aux Français : "la France unie", etc. On l'a entendu à des moments prononcer l'arrêt de mort d'un monde et d'un modèle. Et ce modèle ne se relèvera pas.
Parce que les êtres humains sont ainsi faits qu'ils obéissent aux consignes, à un monde quand il leur semble légitime. Mais là nous voyons à nu que tout cela est une folie. Que le libre-échange généralisé ne mène nulle part, le protectionnisme est une nécessité absolue, cette fameuse Union Européenne n'est bonne à rien, sinon à voir les Allemands refuser d'envoyer des masques à des Italiens, des Italiens s'enfermer parce qu'ils ne savent plus qui va les aider et c'est les Chinois qui viennent.
Il faut quand même se rendre compte du tohu-bohu que ça crée. Et puis comme toujours, ce sont les plus fous qui mènent le bal, ceux qui se mettent à vendre des actions et à ruiner les économies de leur pays, qui tout d'un coup donnent le rythme de la panique et de la catastrophe. C'est eux qui créent la panique.
C'est un événement historique. Nous vivons une grande page d'histoire parce que nous avons tout ça sous les yeux et croyez moi, de ce qu'on a pu voir dans le passé, ce système est absolument inapte à s'occuper d'une planète où il y a 7 milliards d'habitants. Et il est en train de le montrer.
Donc voir le Président de la République changer de chasuble et mettre des habits qui ne sont pas les siens, pour des gens comme nous, sur le plan philosophique c'est le signal de sa déroute totale. Pas la sienne personnelle, ce n'est pas le sujet, mais de tout ce qu'il incarne, de tout ce qu'il a voulu représenter : ces gens qui soit-disant réussissaient tandis que les autres n'étaient rien. Et bien justement c'est ceux qui ne sont rien qui aujourd'hui sont tout.
Oui, ça c'est un grand moment de notre histoire, bien sûr. On ne sait pas ce qui suivra, quelle va être l'ampleur et la mortalité que va déclencher cette épidémie, mais en tout cas on connaît déjà au moins un mort : c'est le système libéral.
Jean-Luc Mélenchon