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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 juillet 2022 26 min

Discours de politique générale, affaire Abad et pouvoir d'achat... le "8h30 franceinfo" d'Aurélien Pradié

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Aurélien Pradier. Bonjour. A 15h cet après-midi, ça sera à suivre sur France Info, Elisabeth Borne prononcera son discours de politique générale. Vous avez déjà dit chez les Républicains que vous restiez dans l'opposition constructive le cas échéant. Quels sont d'abord les mots-clés peut-être que vous attendez de la part de la Première Ministre ? C'est moment où vous allez tendre l'oreille, vous allez vous dire tiens, elle est en train de nous parler.

0:26
Aurélien Pradié

Je vais l'écouter de bout en bout avec respect parce que je suis un Républicain et que je respecte la Première Ministre. Pour le reste, je ne fonctionne pas aux mots-clés. D'ailleurs, les Français non plus ne fonctionnent pas aux mots-clés. Ce que j'attends, c'est une méthode. C'est bien beau de nous expliquer depuis plusieurs semaines qu'on va co-construire, qu'on va partager le travail, qu'on va mieux écouter les oppositions. Tout ça, c'est des histoires pour endormir les enfants. Concrètement, qu'est-ce qu'on fait ? Sur quel sujet on avance ? Nous avons fait des propositions. On n'est pas dans une opposition stérile, bête et méchante comme d'autres.

Nous avons adressé par la voix de notre président de groupe, Olivier Marlex, il y a quelques jours à la Première Ministre, une série de propositions extrêmement concrètes sur lesquelles nous avons dit « Voilà ce qui nous permettrait d'avancer dans l'intérêt du pays ». Mais je veux insister sur un point. Que vos éditeurs comprennent bien que la déclaration de politique générale, c'est une déclaration de politique générale. C'est donc un acte politique du gouvernement. Et c'est tout à fait légitime que les oppositions s'opposent à un discours de politique générale. Si ce n'était pas le cas, nous serions rentrés au gouvernement.

1:19
Locuteur non identifié

Mais est-ce que vous allez vous y opposer, puisque par exemple, vous avez décidé de ne pas voter la motion de censure présentée par les groupes de gauche de la NUP ?

1:28
Aurélien Pradié

Oui, mais ça, ça me paraît aussi une évidence de clarté. Nous ne soutiendrons pas la politique générale du gouvernement parce que la question est de savoir si nous avons confiance en ce gouvernement. Je n'ai pas confiance en ce gouvernement. Et ça me paraît être mon droit le plus strict. Vous savez, ce qui est insupportable dans notre démocratie pour les responsables politiques, mais aussi pour les citoyens, c'est de n'avoir désormais que deux choix. Ou bien vous êtes dans le camp de la raison, le camp d'Emmanuel Macron, ou bien vous êtes dans le camp des extrêmes.

Eh bien moi, je considère que mon boulot de politique, c'est de desserrer cet étau et de dire « Je n'ai pas à choisir entre un camp et un autre. Mon camp, c'est celui des Républicains ». Il n'est pas question de voter la motion de censure avec les Insoumis et Jean-Luc Mélenchon. Enfin, tout ça n'aurait pas de sens. Vous savez, dans une période compliquée, il faut des positions claires et simples. Je ne soutiens pas le gouvernement, mais je ne soutiens pas non plus le projet politique de la NUP. Nous n'avons pas déposé une motion de censure parce qu'on ne veut pas bloquer le pays. Ce que nous voulons, c'est faire avancer les choses dans l'intérêt des Français.

2:19
Locuteur non identifié

Mais vous votez, en revanche, pour des vice-présidents du Rassemblement national à l'Assemblée nationale. Donc, en fait, votre ligne, vous dites qu'il faut être clair, votre ligne, c'est on ne mêle jamais ses voix, la droite républicaine, avec la NUP, mais on mêle ses voix à celle du Rassemblement national.

2:36
Aurélien Pradié

Eh bien non. Vous me posez la question à moi, personnellement. Je peux vous attester que moi, personnellement, je n'ai pas voté pour les vice-présidents pour d'autres candidats que mes candidats. Je n'ai pas donné ma voix à un seul candidat du Rassemblement national, ni de la NUP. C'est ma position, c'est ce que j'ai fait et je suis plutôt heureux et peut-être fier de l'avoir fait.

2:54
Locuteur non identifié

Et vous regrettez éventuellement que certains de vos collègues du groupe LR et eux mêlaient leur voix à celle du Rassemblement national ?

3:01
Aurélien Pradié

Chacun prend ses responsabilités. Moi, il n'est pas une seule seconde question, pour quelque raison que ce soit, que je mêle mes voix à des femmes et des hommes politiques avec lesquels je ne partage pas le projet. C'est simple, basique, et c'est ce qui me permet, ce qui me semble être le plus utile pour comprendre notre démocratie.

3:17
Présentateur

En tout cas, vous l'avez dit, pas de motion de censure des Républicains parce que vous ne voulez pas, dites-vous, bloquer le pays. Vous n'avez pas non plus souhaité rejoindre le gouvernement, ce qu'a regretté Emmanuel Macron, le président. Pourquoi ne pas avoir saisi cette main tendue, en quelque sorte ? C'était le moment peut-être d'avancer vos idées et de les porter jusqu'au gouvernement.

3:36
Aurélien Pradié

Vous savez, ça fait maintenant un peu plus de 5 ans que je suis député, j'ai fait un mandat, j'ai été réélu par mes concitoyens. Si je n'ai pas rejoint Emmanuel Macron, c'est pour des raisons fondamentales. Son projet de société n'est pas le mien. Je considère qu'Emmanuel Macron porte un projet de société qui laisse trop de monde sur le bord du chemin. Un projet de société fataliste qui ne veut pas en réalité changer les choses. Je trouve qu'il a une vision de la société injuste. Et donc, il n'y a pas d'injonction à être avec ou contre. On peut, dans notre démocratie, sereinement dire qu'on ne peut être ni NUPS, ni Front National, ni proche d'Emmanuel Macron.

4:10
Présentateur

Mais vous auriez pu amender son projet en rejoignant le gouvernement, justement. Peser encore plus sur la ligne.

4:16
Aurélien Pradié

Non, tout ça, ce sont des blagues. Vous savez, tous ceux qui ont trahi leur famille politique pour un poste, un gyrophare sur la voiture, vous expliquent qu'ils l'ont fait pour faire progresser leurs idées. Ce n'est pas vrai du tout. Pas une seule de ces idées n'a progressé. Mais il y a une autre raison plus fondamentale à cette résistance que j'assume totalement politique. C'est une volonté de retrouver des repères dans notre démocratie. Si demain, les uns et les autres, nous effaçons les clivages politiques, si nous nous mêlons les uns aux autres, alors les seuls qui incarneront des convictions dans ce pays, ce sont les extrêmes. C'est déjà ce qui se passe aujourd'hui.

Et lorsque nous sommes quelques-uns à résister aux tentations de la coalition, aux tentations de l'effacement des clivages, nous ne le faisons pas pour nous par réflexe sectaire. Nous le faisons aussi pour que les Français continuent à avoir un vrai choix et que notre démocratie ne pourrisse pas par l'extrémisme.

5:03
Présentateur

Ce remaniement a été marqué notamment par l'exclusion de Damien Abad, qui était le président du groupe LR dans la précédente mandature, qui avait rejoint le gouvernement, cette fois-ci écarté parce qu'il est notamment visé par une plainte pour tentative de viol. Vous-même, vous dites que vous aviez reçu des signalements le concernant quand il était encore chez les Républicains. Quel signalement précisément ?

5:25
Aurélien Pradié

Non, je vais être extrêmement précis. Je n'ai jamais reçu de signalement pour ce qui me concerne. J'ai su que Damien Abad avait eu des propos déplacés avec une des collaboratrices de notre groupe politique.

5:36
Présentateur

Et qui s'en était émue ?

5:38
Aurélien Pradié

Elle-même s'en était émue, avait demandé à ce que nous ne disions rien pour la protéger. Et moi, je n'ai pas l'habitude de violer la parole d'une femme. Je lui ai demandé des explications à Damien Abad, en tête à tête, sur les mots qu'il avait prononcés. Il m'a dit d'abord qu'il ne les avait pas prononcés, ensuite qu'il s'était excusé, ce qui veut donc dire qu'il les avait prononcés. Je n'ai jamais eu écho d'autres affaires que cela.

6:01
Locuteur non identifié

Donc, il n'y a pas eu de suite à ça. Finalement, vous avez écouté la parole de cette femme, vous avez écouté Damien Abad et ses excuses, et circulé. Il n'y a plus rien à voir.

6:12
Aurélien Pradié

Non, je ne vous laisserai pas dire cela. D'abord parce que ce combat, c'est mon combat. Celui de la protection des femmes depuis des années. Qu'ensuite, cette femme-là a su se défendre face aux mots qui auraient été prononcés. Je parle de mots. C'est déjà beaucoup, mais je ne parle pas d'actes plus graves comme il y en est accusé aujourd'hui. Et cette femme-là nous a demandé, pour sa protection, de ne pas parler tant qu'elle n'avait pas fait le choix de parler. Moi, je respecte la parole des femmes et j'ai tout fait depuis des mois pour que cette femme puisse parler librement, ce qu'elle a fini par faire d'ailleurs. C'est ça, le travail d'accompagnement que l'on doit faire.

C'est un travail de respect. Pour le reste, je veux en tirer une conclusion générale de la situation de Damien Abad. bien mal acquis ne profite jamais. Il se trouve que Damien Abad a commis, au-delà des fautes dont il est accusé, une faute politique et morale majeure qui est d'avoir trahi ses amis politiques, d'avoir joué avec ses amis politiques pour obtenir un poste dans le camp, plutôt, pardon, dans le gouvernement d'Emmanuel Macron. Quand vous réussissez trop vite, trop mal, ça ne vous profite jamais. Il n'a aujourd'hui plus d'amis pour le défendre. Pas ses amis qu'il a trahis, pas les amis qu'il a rejoint qui ne lui font aucune confiance.

C'est le sort de tous ceux qui trahissent leurs convictions. Pour que ce soit bien clair,

7:28
Présentateur

les Républicains n'étaient au courant que de la plainte verbale d'une seule femme qui se plaignit des mots de Damien Abad. En aucune façon de geste de Damien Abad. Non,

7:39
Aurélien Pradié

en aucune façon de geste. J'ai découvert dans Mediapart les affaires dont il est accusé et les nouvelles affaires qui sont dévoilées aujourd'hui. Je le redis, sur ce sujet, c'est un des combats que j'ai toujours porté, que je continuerai à porter. Mais en tout cas, les Républicains

7:53
Présentateur

ont découvert cette affaire.

7:56
Aurélien Pradié

J'ai découvert ces affaires dont il est accusé avec la présomption d'innocence qui s'applique. Maintenant, c'est à lui de rendre des comptes devant la justice.

8:03
Présentateur

Aurélien Pradi, on va parler dans un instant justement des propositions que vous avez faites et de celles retenues ou pas par le gouvernement. D'abord, le fil info, 9h20, Edouard Marguier.

8:12
Invité

Nice est la première ville à remettre le masque obligatoire dans les transports en commun. C'est ce qu'annonce le maire Christian Estrosi. Décision prise également dans d'autres villes de la métropole niceoise face à la remontée du Covid. C'est 120 000 nouveaux cas qui sont enregistrés chaque jour en moyenne en France depuis une semaine. La CGT Cheminot demande sur France Info une hausse générale des salaires pour continuer à vivre. La CGT fait partie des quatre syndicats qui appellent à la grève aujourd'hui à la SNCF en cette veille de vacances scolaires. Il faudra faire avec trois TGV sur quatre en moyenne, deux TER sur cinq. Le pouvoir d'achat il en sera question devant le Parlement.

Elisabeth Borne prononce son discours de politique générale. C'est à 15h devant l'Assemblée nationale puis 21h devant le Sénat. Plusieurs centaines de salariés licenciés chez Scopelec, le sous-traitant d'Orange l'annonce ce matin. La perte d'un contrat avec l'opérateur menace 800 personnes. L'enfer du Nord sur le Tour de France. Cinquième étape avec des pavés aujourd'hui. 157 kilomètres entre Lille et Arambert. Le belge Wood von Aert est toujours en jaune.

9:18
Présentateur

France Info. Le 8.30 France Info. Laurin Sénéchal. Jean-Jérôme Bertolus.

9:27
Locuteur non identifié

Avec notre invité Aurélien Pradié, député du Lot, secrétaire général des Républicains. Numéro 2 du parti républicain. Hier, Emmanuel Macron a réuni une partie du gouvernement à l'Elysée pour finaliser le projet de loi sur le pouvoir d'achat qui sera présenté jeudi en Conseil des ministres et qui vous sera présenté à l'Assemblée le 18 juillet. Est-ce que le gouvernement en fait va en quelque sorte compter sur votre bienveillance ? C'est ce que pense Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement.

10:00
Invité

Quand il s'agit d'augmenter les pensions de retraite pour 15 millions de retraités, plus de 60 euros nets par mois en moyenne, je vois mal qui s'y opposerait.

10:07
Locuteur non identifié

Il égrène Olivier Véran les propositions qui sont contenues dans ce projet de loi, la revalorisation effectivement des prestations sociales, la ristourne de 18 centimes sur l'essence, autant finalement de mesures qui peuvent être positives pour les Français. Comment pourriez-vous vous y opposer ?

10:30
Aurélien Pradié

Si les mesures sont positives pour les Français, on ne s'y opposera pas. Et vous les jugez

10:33
Locuteur non identifié

comme telles ou pas ?

10:34
Aurélien Pradié

Je ne sais pas, je n'ai pas vu le texte. Vous vous rendez compte quand même qu'en termes de méthode, on a un petit sujet. Moi, je veux bien qu'Olivier Véran nous fasse des mamours depuis quelques semaines en nous disant vous allez voir, on va co-construire, discuter. Nous n'avons pas le texte aujourd'hui. Il faut que nos auditeurs le comprennent. On découvre tous les jours dans la presse le texte. Si on veut co-construire comme les Allemands, puisqu'on en parle beaucoup, il faudrait que nous ayons le texte pour avancer.

10:55
Locuteur non identifié

Est-ce que vous souhaitez, ça c'est un point très important, Orléans Pradié, est-ce que vous souhaitez qu'après le Conseil des ministres de jeudi, vous soyez...

11:03
Présentateur

C'est demain, je précise.

11:04
Locuteur non identifié

Demain. Oui. Est-ce que vous soyez, que vous soyez effectivement, eh bien on va dire, sollicité par le gouvernement pour discuter des différentes mesures ?

11:14
Aurélien Pradié

Tout ce que je vais vous dire vous paraîtra peut-être un peu technique, mais c'est quand même fondamental si on veut rentrer dans une nouvelle version de notre démocratie parlementaire. Le texte, nous devrions l'avoir construit ensemble avant le Conseil des ministres, puisque c'est au moment du Conseil des ministres que le coup est parti, si vous me permettez cette expression.

Et c'est pour la raison pour laquelle d'ailleurs, depuis déjà une semaine, nous les Républicains, nous avons adressé au gouvernement une série de propositions sur les carburants, sur la baisse de la CSG, sur la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé, par exemple, qui fait partie aussi pour nous des mesures de pouvoir d'achat fondamentales et de dignité et de justice sociale, un certain nombre de mesures en disant au gouvernement sur ce sujet, nous sommes prêts à vous suivre. Je n'ai pas le sentiment que le gouvernement ait lu les documents que nous lui avons envoyés.

Et le petit manège d'Olivier Véran qui consiste à dire moi je suis là pour discuter, pour dialoguer, pour co-construire, mais enfin c'est ça, circuler et il n'y a rien à voir, pardonnez-moi, mais ce n'est pas comme ça que les choses vont avancer.

12:08
Présentateur

Mais les choses ne sont pas forcément figées. En fait, ce que vous voudriez, c'est qu'il n'y ait plus que des propositions de loi dorénavant, plus de projets de loi. C'est-à-dire que l'Assemblée soit la seule à proposer des textes et non plus le gouvernement.

12:18
Aurélien Pradié

Non, il faut évidemment qu'il y ait des projets de loi et pas seulement des propositions de loi venues de l'Assemblée nationale. Je dis simplement qu'en termes techniques, lorsque le texte est déjà verrouillé par le gouvernement, lorsqu'il arrive sur la table de l'Assemblée nationale...

12:30
Présentateur

Il n'est pas forcément verrouillé, c'est ce que dit le gouvernement.

12:32
Aurélien Pradié

Il est techniquement verrouillé puisqu'il y a un certain nombre de mesures que nous ne pouvons pas, nous les députés, ajouter pour des règles constitutionnelles, notamment ce qu'on appelle l'article 40, qui fait qu'on ne peut pas engager de nouvelles mesures qui provoqueraient de nouvelles dépenses, même si on en donne les recettes. Donc, il y a tout un champ des sujets que nous ne pourrons pas avancer. Et je fais une proposition à Olivier Héran, puisqu'il semble tendre la main. S'il le fait sincèrement, je lui fais une proposition. La déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé. Plus d'un million de nos concitoyens qui sont concernés.

Une mesure de justice sociale et une mesure de pouvoir d'achat.

13:04
Présentateur

Emmanuel Macron avait semblé d'ailleurs le promettre sur ce plateau. C'est sur votre plateau

13:09
Aurélien Pradié

qu'il ne l'avait pas semblé le promettre, qu'il l'avait promis. Moi, j'ai bien entendu la promesse. Allons-y. Allons-y dès ce projet de loi. Sauf qu'il faut que le gouvernement l'intègre. Si le gouvernement l'intègre, nous, les députés, nous n'aurons pas de moyens de forcer la main. Et donc, je dis à Olivier Véran et à tous ceux qui semblent beaucoup nous aimer en ce moment, allez-y, nous vous suivrons.

13:26
Locuteur non identifié

Est-ce qu'en matière de pouvoir d'achat, vous avez fait effectivement des propositions, est-ce qu'il faut baisser les charges sur les salaires pour tous les salariés et de combien ?

13:37
Aurélien Pradié

Sur la question des salaires, on a un sujet d'urgence et un sujet de long terme. Le sujet d'urgence, c'est de pouvoir augmenter immédiatement le revenu des classes moyennes. Chez les Républicains, nous pensons que c'est en baissant massivement le nombre de charges qu'on parvient à augmenter le salaire net. C'est notre proposition. D'autres pensent que c'est en augmentant mécaniquement le salaire net.

13:54
Locuteur non identifié

De combien alors ?

13:56
Aurélien Pradié

Il faut que nous puissions arriver à 1 500 euros, je pense, de salaire net pour les classes moyennes.

14:01
Présentateur

C'est le même résultat finalement que ce que d'autres. Oui, c'est le même résultat que ce que d'autres,

14:04
Aurélien Pradié

mais avec une méthode différente. Moi, je ne crois pas à l'augmentation mécanique du SMIC. Je pense que le SMIC a joué son rôle pendant des années permettant de tirer les salaires par le haut. Je pense qu'aujourd'hui, le SMIC consiste à tirer les salaires par le bas. Donc, j'ai un désaccord politique. Mais en revanche, là où je n'ai pas de désaccord politique avec certains de mes opposants politiques, c'est sur l'objectif d'augmenter le revenu de ceux qui travaillent. C'est un sujet fondamental. Mais ce sujet, c'est aussi un sujet de long terme. Je fais partie de ceux qui pensent que nous devons revoir totalement la construction de nos salaires dans notre pays.

Je pense qu'aujourd'hui, les salaires ne sont plus accordés au mérite, à ce qu'est la réalité des emplois. Lorsque nous avons aujourd'hui des aides à domicile, lorsque nous avons aujourd'hui des professionnels de santé qui ont des salaires extrêmement bas, et qu'à côté de cela, nous avons des femmes et des hommes qui, en l'espace d'une journée, sont capables, par pure spéculation financière, de gagner des centaines de millions d'euros, je considère que nous avons un problème de cohésion sociale au-delà même d'un problème économique. Ça, c'est un chantier dont la droite républicaine devrait s'en paraître.

15:08
Locuteur non identifié

Justement, vous dites, effectivement, il faut d'abord baisser les charges. Est-ce qu'aujourd'hui, la réponse au problème de pouvoir d'achat des Français, c'est uniquement l'État ? Est-ce que les entreprises ne doivent pas, aujourd'hui, augmenter à leur tour les salaires ? Sûrement que certaines

15:23
Aurélien Pradié

peuvent le faire, d'autres ne peuvent pas le faire. Moi, ce que je veux, c'est que les Français aient une solution. On peut se faire plaisir en disant, il faut que les entreprises augmentent les salaires. Si elles ne peuvent pas le faire, elles ne le feront pas. Et beaucoup d'entreprises ne peuvent pas le faire aujourd'hui. Mais dans la question que vous posez, il y a un autre sujet, qui est celui aussi de faire la distinction dans cette période de crise entre les entreprises qui souffrent, les entreprises qui ont de vraies difficultés économiques, qui ne pourront pas augmenter les salaires, et celles qui gagnent beaucoup d'argent. Et celles qui en profitent, vous voulez dire ?

Oui, celles qui en profitent, sûrement. Moi, je suis assez d'accord avec ce que le président de la République a dit lorsqu'il était loin des frontières de la France, en parlant des profiteurs de guerre. Le problème, c'est qu'Emmanuel Macron, il fait souvent le gros bras quand il est en dehors des frontières de notre pays. Quand il revient, il est petit bras. Sur ce sujet, posons-nous les questions immédiatement.

16:09
Présentateur

Est-ce qu'il faut donc taxer les superfois ? C'est l'expression utilisée par l'ERN. D'abord, il faut constater la situation.

16:18
Aurélien Pradié

Y a-t-il aujourd'hui des entreprises qui, passez-moi l'expression, se gavent sur le dos de la crise ? Si c'est le cas, on doit les identifier immédiatement. Nous avons des outils dans notre pays qui permettent d'identifier ceux qui feraient des marges excessives.

16:29
Locuteur non identifié

Bruno Le Maire a demandé un rapport à l'inspection des finances.

16:31
Aurélien Pradié

Il le faut immédiatement. Et ceux qui seraient dans cette position-loi doivent être sanctionnés. Ou sanctionnés par des règles, parce que nous pouvons fixer des règles sur des marges abusives, mais aussi par une taxation particulière.

16:43
Présentateur

Vous êtes d'accord là avec le Rassemblement National ?

16:46
Aurélien Pradié

Le Rassemblement National est d'accord avec moi, je n'en sais rien. Mais quand il s'agit de considérer que notre économie doit être juste, je pense que personne ne peut être en désaccord. J'ajoute un autre point. Dans l'inflation que nous connaissons, notamment sur les produits alimentaires, il nous faut en urgence distinguer ce qui relève d'une inflation justifiée, parce qu'une conjoncture pousserait à l'inflation, des matières premières qui manqueraient par exemple, et l'inflation purement spéculative. Il n'est pas question en période de crise d'avoir une inflation spéculative. Ce que je vous dis au fond, c'est une vision de l'économie assez juste.

Moi je ne suis ni un BA sur les mécanismes économiques, ni un communiste en puissance. Je souhaite juste que notre économie soit juste parce que c'est une nécessité économique, mais aussi une nécessité politique et de cohésion sociale.

17:32
Présentateur

Aurélien Pradié, invité de France Info, vous restez avec nous. On jette juste un coup d'œil sur le fil info puisqu'il est 9h moins 10. Voici Edouard Marguier.

17:38
Invité

Avant le discours de politique générale de la Première Ministre, le député insoumis, Adrien Quatennens, dénonce un gouvernement illégitime. Elisabeth Borne ne se soumettra pas à un vote de confiance des députés. L'Union de la gauche déposera une motion de censure. Sur France Info, de son côté, Aurélien Pradié, député Les Républicains et secrétaire général du parti, attend une méthode. Le masque de nouveau obligatoire dans les transports en commun à Nice à partir de lundi. Dans tout le réseau de la métropole, le maire Christian Estrosi le décide face à la 7ème vague de l'épidémie en France.

La djihadiste Émilie Koenig, mise en examen et incarcérée à son retour en France, cette recruteuse de Daech présumée fait partie des rapatriés du camp de Syrie. 35 enfants et 16 mères de famille. Sur France Info, son avocat affirme qu'elle veut coopérer avec la justice. Une deuxième chance pour avoir son bac. Début du rattrapage aujourd'hui pour ceux qui ne l'ont pas eu du premier coup. C'est le cas de la majorité. 86% de taux de réussite. C'est moins que ces deux dernières années marquées par le Covid et la réforme blanquière. Pour le président de la métropole de Bordeaux, les Girondins sont condamnés à mort.

Réaction après la relégation confirmée en nationale la 3ème division pour raisons financières.

18:57
Présentateur

France Info Le 8.30 France Info, Lorrain Sénéchal, Jean-Jérôme Bertolus. Toujours avec Aurélien Pradier, député LR du Lot et secrétaire général du parti Les Républicains. À part l'urgence du pouvoir d'achat dont on parlait à l'instant, il y a des nuages qui s'amoncèlent sur le front de la santé avec cette épidémie de Covid qui revient sur le devant de la scène en ce début d'été. François Braune, le nouveau ministre de la Santé qui est médecin urgentiste, était hier justement auditionné à l'Assemblée. Il a fait le point sur cette épidémie.

19:28
Invité

Les sous-variants d'Omicron BA4 et BA5 qui sont désormais les souches virales majoritaires provoquent une résurgence épidémique sur l'ensemble du territoire national. Nous enregistrons de l'ordre de 120 000 cas en moyenne cette dernière semaine avec un nombre de cas qui devraient légèrement dépasser les 200 000 ce soir.

19:47
Présentateur

Ce sont des chiffres évidemment impressionnants. Je précise que ça grimpe aussi à l'hôpital mais que pour l'instant, en soi critique, on reste autour de 1 000 personnes soignées et qu'il n'y a pas encore de vagues de décès. Mais pour autant, Aurélien Pradiès, est-ce qu'il n'est pas temps de prendre des mesures pour freiner cette épidémie ?

20:05
Aurélien Pradié

Je ne sais pas de quelles mesures parlons-nous. Il y a des mesures auxquelles je serai sûrement opposé et d'autres auxquelles je serai favorable. Mais je voudrais vous soumettre une réflexion qui est la réflexion d'un député de la Nation sur ces sujets. Moi, je ne souhaite pas que notre pays s'habitue à des privations continues de liberté. D'abord, je ne le souhaite pas parce que ça ne ressemble pas à notre pays. Il y a un moment où il faut en sortir et prendre les risques nécessaires pour en sortir. C'est un arbitrage politique mais aujourd'hui, la question de la manière dont on vit les uns avec les autres est une question presque aussi importante que la question de la santé publique.

Et donc, ça implique peut-être sûrement de lever beaucoup de restrictions, de ne pas revenir à un centre de restrictions.

20:44
Présentateur

Alors, ça sera le cas je précise puisque le 31 juillet, c'est la fin de la loi sur l'état d'urgence sanitaire et un nouveau texte est en préparation qui ne reprend plus aucune des mesures. Par exemple, on ne parle plus de passe sanitaire au cinéma, au restaurant, ce ne serait même plus une arme que pour utiliser le gouvernement.

21:01
Aurélien Pradié

Encore heureux parce qu'il faut en sortir. Ce qui nous guette et je l'ai souvent dit de grave dans notre pays, c'est une forme d'accoutumance aux privations de liberté, aux restrictions, aux contraintes. Et je comprends que d'un point de vue de santé publique, on puisse se dire au fond, il faut prendre le maximum. nous devons aujourd'hui aussi nous poser la question de la manière dont nous vivons les uns avec les autres.

21:20
Locuteur non identifié

Mais vous, en tant qu'élu de la nation, précisément, alors vous dites non, pas de retour au masque obligatoire. C'est ce qu'on entend à travers effectivement ce que vous dites. On entend aussi finalement qu'on doit vivre avec ce virus, c'est la septième vague de Covid. Mais est-ce que vous ne craignez pas quand même son impact, cette vague, cette nouvelle vague sur un hôpital décrit par le nouveau ministre de la Santé comme un hôpital à bout de souffle ?

21:45
Aurélien Pradié

Oui, mais pour cela, il faut réparer l'hôpital. Il faut réanimer l'hôpital. Et ce n'est pas parce que les uns et les autres ont cassé l'hôpital depuis des années, tout le monde en est responsable d'ailleurs, que l'on doit aujourd'hui se dire que parce que notre hôpital est cassé, on devrait prendre des mesures sanitaires extrêmement contraignantes. Réparons notre hôpital. Et alors, nous pourrons sûrement soulager les Français dans un certain nombre de restrictions. Mais je vous le redis, je sais que parfois c'est un peu compliqué à expliquer.

Mais sur la question du port du masque, sur la question du pass, sur la question de la réintégration des soignants, il faut que nous mesurions aujourd'hui sereinement à quel point ce virus a fait du mal d'un point de vue sanitaire, a fait aussi beaucoup de mal d'un point de vue social. Et je pense qu'il est temps aussi...

22:26
Locuteur non identifié

Il faut réintégrer les soignants.

22:27
Aurélien Pradié

Je le pense.

22:28
Locuteur non identifié

Ceux qui ne sont pas vaccinés, ceux qui ont été...

22:30
Aurélien Pradié

C'est mon point de vue personnel. Mais je ne souhaite pas que nous soyons une société qui durablement punisse les uns et les autres sur des sujets comme cela. Mais ces soignants, ils ont quand même

22:41
Présentateur

est-ce que c'est logique quand on est soignant de refuser un vaccin qu'on est appelé à inoculer à des millions de Français ? Je ne sais pas.

22:49
Aurélien Pradié

Moi-même, j'ai poussé à la vaccination. Moi-même, j'ai poussé pour que nos soignants se vaccinent tous. Et ce n'est pas le vaccin

22:55
Présentateur

qui nous a permis de sortir de... Mais je ne veux pas

22:58
Aurélien Pradié

d'une société qui punisse en permanence certains de ses citoyens. Vous comprenez ce que je veux dire ? C'est ça qui me terrifie aujourd'hui beaucoup. Et je ne suis pas le seul. Je vois des observateurs, des sociologues, des responsables politiques et pas parmi les plus fous nous dire aujourd'hui attention à la société qu'on nous prépare. Je veux ajouter une chose. Tout cela est en train de provoquer une lame de fond plus grave encore qui est sûrement la déresponsabilisation. Lorsque vous assistez à une société comme nous le faisons, sûrement légitimement depuis plusieurs mois, alors vous déresponsabilisez les citoyens individuellement.

Et moi, je vais vous dire, ça va vous paraître curieux, mais ça m'interpelle de voir que désormais, partout où je vais, il y a des affichettes pour m'expliquer comment je dois me laver les mains. Ça vous paraît peut-être absolument dérisoire. Ça m'interpelle d'aujourd'hui entendre les uns et les autres me dire si je dois ou pas porter le masque. Je sais que tout ça est peut-être confortable au fond, qu'on nous dise comment on doit vivre, mais je pense que ça nous déresponsabilise. Et à cet égard, peut-être est-ce que je suis vraiment libéral en réalité.

23:59
Locuteur non identifié

Alors justement, puisque vous parlez de votre positionnement politique, Christian Jacob a lâché les rênes du parti auquel vous appartenez. Je le rappelais tout à l'heure, vous êtes numéro 2 effectivement de LR. C'est maintenant Annie Gennebard, l'ancienne vice-présidente de l'Assemblée nationale qui est de manière intérimaire à la tête de LR. Il y aura un congrès à l'automne. Assez rapidement, est-ce que vous allez être candidat à la direction du parti de la droite républicaine ?

24:27
Aurélien Pradié

Je n'en sais rien. Si je le savais, je vous le dirais. Je suis tout à fait honnête. Mais il y a deux questions que je me pose. D'abord, est-ce que nous avons aujourd'hui la possibilité de reconstruire un chemin pour la droite ? Je le crois. C'est un chemin populaire. La droite doit redevenir une droite populaire. Parler de tous les sujets, de la jeunesse, de l'écologie, de la société de surconsommation, tous ces sujets que nous avons abandonnés. C'est ce que je fais depuis 5 ans avec plusieurs de mes camarades. Est-ce que j'ai envie de continuer à le faire ? Évidemment, sinon je ne ferai pas de politique. Je fais de la politique pour porter des idées auxquelles je crois.

Est-ce que ça passe par la présidence d'un parti politique ? Vous savez, j'ai 36 ans, je suis député de mon pays, je viens d'un environnement qui ne faisait pas de politique. La République m'a tout donné. Est-ce que c'est une étape trop rapide ou pas ? Je n'en sais rien.

25:11
Locuteur non identifié

Vous prendrez votre décision quand ?

25:13
Aurélien Pradié

Je la prendrai durant l'été, mais je veux qu'elle soit collective. Moi, j'ai été un garçon assez individuel depuis des années. Je veux que cette aventure soit collective. Vous n'irez pas seul, en tout cas. Pardon ? Vous n'irez pas seul ? C'est ce que vous dites ? Non, je n'irai pas seul, ce qui est un changement dans mon tempérament. En tous les cas, je veux me battre pour des convictions auxquelles je crois et je ne suis pas à l'Assemblée nationale pour enfiler des perles.

25:32
Présentateur

Aurélien Pradié, merci beaucoup. Vous n'excluez pas d'être candidat à la présidence du Parti des Républicains. Merci et bonne journée à vous. Merci à vous.